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Accueil du site > Actualités > Economie > La bombe atomique des années 80 est en train d’exploser la (...)

La bombe atomique des années 80 est en train d’exploser la planète

Les mécanismes économiques créés par l’industrie High Tech des années 80 sont en train d’avoir des conséquences planétaires désastreuses. Pour le moment, les politiques ne font qu’accentuer les causes tout en faisant croire qu’ils gèrent les conséquences. Il est temps d’inverser cette situation avant qu’il ne soit trop tard.

Telle la rupture entre la bombe classique, qui avait des effets limités, et la bombe atomique, le néocapitalisme des années 80 nous a fait passer, sans s’en apercevoir, d’un système d’exploitation limité à une explosion économique totale.

 

Le moteur du système

Le fonctionnement du système capitaliste est basé sur la création de valeur. Cette création est issue de l’exploitation du travail.

Dans le système classique, cette création de valeur s’effectuait à partir de la création de biens matériels. Pour faire simple, un travailleur fabrique des chaises. La plus-value est réalisée par la différence entre le coût du travailleur qui lui permet de survivre, et est fonction du temps de travail accomplie (mais ne représente qu’une partie de ce temps), et la valeur ajoutée via son travail, valeur qui se concrétise par du temps de travail. La plus-value est donc directement liée au temps de travail, elle ne peut jamais lui être supérieure : c’est la plus-value réelle.

Dans le néocapitalisme, la création de valeur se réalise à partir de la conception. Un ingénieur travaille sur un logiciel. Comme le travailleur classique, il a un coût proportionnel au temps de travail, même si son niveau de compétence est pris en compte. La valeur ajoutée n’est pas liée au temps de travail, mais à la qualité de conception, d’information, intégrée dans le produit, qu’est le logiciel. Une fois créé, celui-ci peut être dupliqué indéfiniment, et la plus-value n’est plus liée au temps de travail, elle est complètement dé-corrélée : c’est la plus-value imaginaire.

Le premier bénéficiaire de ce néocapitalisme a été Bill Gates, dont la fortune n’a pas fait débat pendant des décennies.

Les conséquences primaires

Dans un premier temps, les entreprises « high tech » ont vu leurs taux de profit monter de façon considérable. Mais le capitalisme reposant sur la concurrence, y compris au niveau du capital, les entreprises classique ont dû s’aligner, même si les conditions de création de plus-value, donc de profit, n’avaient rien à voir (puisqu’elles produisaient des biens réels).

Les grandes entreprises se sont donc aligné de deux façons :

. Intégration de la part ingénierie, marketing, de plus en plus importante

. Abaissement spectaculaire des coûts du travail réel en délocalisant

Par ailleurs, d’autres domaines que l’informatique ont créé des conditions du néocapitalisme, dont par exemple l’agriculture, où Monsanto grâce aux OGM peut créer de la plus-value imaginaire : il crée de la plus-value imaginaire grâce au brevet qui est intégré et répliqué des millions de fois.

Les conséquences secondaires

Le système économique a été profondément bouleversé par ces nouveaux mécanismes, et a notamment eu pour conséquence la dévalorisation du travail, et la mise au chômage massive des travailleurs industriels autrefois intégrés dans le tissu occidental, dont bien sûr a souffert l’Europe.

Par ailleurs l’arrivée au pouvoir de gouvernements ultra-libéraux a accentué le phénomène par la privatisation de l’économie, laissant libre-court aux mécanismes précédents à une vaste échelle, et par la destruction de l’État providence qui constituait une sorte de matelas d’atténuation social. Ils étaient encouragés à cela par la rentabilité extrême des entreprises, ce qui semblait justifier leur prise de pouvoir politique.

Les conséquences financières

Mais le résultat global a rapidement été que la perte générale de la valeur du travail réel a eu pour conséquence un appauvrissement de la population, ayant pour effet un rétrécissement de la clientèle potentielle des néocapitalistes.

La solution a court terme a été le recours aux crédits, avec les suites que l’on connaît. Les ménages appauvris ont continué leur ancien train de vie sur base de l’endettement, les entreprises pouvaient continuer à croître, encaisser leurs profits toujours croissants, enrichissant de façon fabuleuse les hauts dirigeants.

Les conséquences planétaires

La crise a momentanément mis fin à ce mécanisme, jusqu’à ce que les États viennent remplacer les banques, afin de continuer à alimenter le système. Mais ce mécanisme a lui même ses limites, celui de la solvabilité de ces États.

Par ailleurs, via les lois liberticides, la destruction complète des restes de l’Etat providence, l’impossibilité à terme d’action sociale et sociétale par les banqueroutes étatiques, les politiques, au lieu de corriger les effets de cette bombe économique, accentuent son effet par leurs politiques, à la fois par ignorance et par intérêt personnel de se situer du côté des profiteurs.

À terme, nous risquons donc :

. De voir des politiques toujours plus antisociales destinées à augmenter ce qui ne peut plus l’être, à savoir la productivité du travail ;

. D’assister à une banqueroute généralisée, une mise au pas des populations par des lois de plus en plus liberticides ;

. De voir des États décréter l’état d’urgence pour réprimer les émeutes suite à la destruction sociétale en cours ;

. D’assister au chaos dans l’économie-monde, à une catastrophe globale inédite.

Le chemin nécessaire de la raison économique

La seule voie possible paraît être de calmer le cœur de la bombe économique actuelle, à savoir la création de la plus-value imaginaire. Tout le reste semble du bavardage sur le sexe des anges.

Cette voie, serait celle de la redistribution. Redistribution d’autant plus légitime que ce sont des idées qui sont exploitées, idées qui sont le fruit de non seulement du concepteur payé plus ou moins bien et probablement licencié dès sa création mise sur le marché, mais également de l’humanité toute entière dans son histoire, depuis la création de l’alphabet jusqu’aux sciences actuelles les plus pointues.

La proposition que je fais ici, est de créer une taxe importante (de l’ordre de 80 %) sur la plus-value imaginaire, et ceci non seulement au niveau français, mais au niveau mondial.

Ceci ramènerait de l’attrait pour les entreprises classiques, redonnant de la valeur au travail réel, et surtout limitant la suraccumulation du capital, augmentant par ailleurs la productivité du capital en diminuant celle du travail conceptuel.

D’autres propositions peuvent être faites en parallèle, comme le retour aux services publics, une redistribution des richesses, le contrôle des banques, etc. Mais je pense que ce sont de mesures sur les effets et non les causes.


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26 réactions à cet article    


  • Pyo123 19 décembre 2009 15:05

    J’ai toujours du mal à comprendre ce type de raisonnement : toujours s’accrocher à la mondialisation… Mais pourquoi ?
    Tous les français sont d’accord avec le mécanisme néolibéral [et à sa contrepartie indispensable : la mondialisation] tel que vous le décrivez (les hommes sont des marchandises) :
    -Il permet de disposer d’une maison (d’une voiture…) avant de l’avoir payée… (sans argent virtuel, pas de crédit à tout bout de champ).
    -Les individus sont beaucoup plus « libres » : ils ne sont plus obligés de rester dans leur village toute leur vie (il faut que les individus soient mobiles, sinon aucune délocalisation n’est possible).
    -Ils ne sont plus obligés de conserver une culture (avoir une culture c’est être obligé de rester cantonné à cette culture, alors que si la culture disparaît… à nous la liberté). La culture empêche l’homogénéisation (un grand marché est un marché homogène, ie : mondial)
    -L’autosatisfaction est phénoménale (le néolibéralisme s’appuie sur l’assouvissement des instincts humains, quantifiés, soupesés et exacerbés). Le rêve, institutionnalisé, subit le même sort. Le « je veux » est très facilité. Axiome : on peut faire penser n’importe quoi à un individu si on sait comment l’enrober dans une autosatisfaction, un rêve ou ses propres « singularités ».
    -Il est possible de gagner de l’argent sans aucune relation avec le travail fourni (boursicotage, spéculation [sous toutes ses formes : revente d’une maison…], mais aussi emplois surpayés au vu du travail fourni)… Bien sûr la contrepartie est que les autres sont encore moins payés de leur labeur. Le seul problème est alors de se trouver dans le bon camp ! Axiome : faire croire à l’individu qu’il est mieux que les autres et que « lui » peut arriver au sommet (rêve) permet de lui faire gober toutes les injustices imaginables.

    Chaque « avantage » se paye en contrepartie.
    On ne peut espérer le beurre, l’argent du beurre et la crémière.

    PS : ce n’est pas une bombe… Juste une fuite en avant dont tout le monde se satisfait.
    Vive l’Europe (ie : mondialisation en langage courant) et le multiculturalisme néolibéral (ie : aculturalisme en langage courant).

    Pyo


    • Mmarvinbear mmarvin 19 décembre 2009 16:03

      « J’ai toujours du mal à comprendre ce type de raisonnement : toujours s’accrocher à la mondialisation… Mais pourquoi ? » : La mondialisation permet de faire bénéficier à d’autres pays moins développés de l’expansion économique. Lors de la phase de transition, il y a evidemment une disproportion entre le prix des marchandises selon leur lieu de production. Au consommateur de réfléchir et d’acheter un produit fabriqué dans sa zone de vie (mais plus cher...) s’il veut favoriser l’emploi.

      A terme, deux facteurs tendront à supprimer ce différentiel : l’évolution naturelle qui poussera les ouvriers peu qualifiés à avoir un meilleur salaire, (y compris en Chine : les industriels gagnent l’arrière pays car les salaires des ouvriers de Shenzen et Shangai entre autre sont trop couteux à leurs yeux...) et la raréfaction du pétrole, qui fera s’envoler les couts du transport, poussant les industriel à relocaliser la production au plus proche de la consommation.

      « Tous les français sont d’accord avec le mécanisme néolibéral » : Faux. Et ne confondez pas libéralisme et néolibéralisme. Cela n’a rien à voir !

      "-Il permet de disposer d’une maison (d’une voiture…) avant de l’avoir payée… (sans argent virtuel, pas de crédit à tout bout de champ).«  : Ce n’est pas une nouveauté ! Le crédit immobilier a toujours existé dans le monde moderne ! La capacité à emprunter auprès des banques est elle limitée par ta capacité à rembourser. Les organismes de crédits eux sont à éviter, mais de toute façon, la responsabilité première de ne pas emprunter plus que l’on ne peut rembourser vous incombe en premier lieu !

       »-Les individus sont beaucoup plus « libres » : ils ne sont plus obligés de rester dans leur village toute leur vie (il faut que les individus soient mobiles, sinon aucune délocalisation n’est possible)«  : La liberté de mouvement est un droit fondamental. Au moyen age ce droit n’existait pas d’autant plus que la structure largement agricole de la société ne le permettait pas. Revenir sur ce fait ne me parait pas être un progrès.

       »Ils ne sont plus obligés de conserver une culture«  : Non, chacun peut se faire sa propre culture. Les traditions se perdent mais d’autres apparaissent. La culture est comme l’Homme ou une Langue : elle change, elle évolue, sinon elle se sclérose puis elle meurt.


       »on peut faire penser n’importe quoi à un individu si on sait comment l’enrober dans une autosatisfaction, un rêve ou ses propres « singularités »«  : C’est le principe de base de la publicité... A toi de garder ton cerveau en ordre de marche...


       »Il est possible de gagner de l’argent sans aucune relation avec le travail fourni«  : C’est le néolibéralisme, ça, oui. Vous vous en plaignez mais en même temps vous en rêvez en secret car vous votez pour celui qui favorisera ce système ( »Ensemble tout est possible ! Travaillez plus pour gagner plus !", il vous a bien baisé en tout cas...), ou alors vous ne votez pas mais ainsi vous laissez celui qui en veut le faire et gagner...


    • Croa Croa 19 décembre 2009 23:01

      à MMarvin,

      Non le consommateur n’a pas le choix, c’est un sujet manipulable à loisir !

      Les gouvernement ont, de leur coté le devoir de protéger l’activité. La mondialisation est forcément illégitime.


    • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 19 décembre 2009 16:37

      Je n’avais pas évoqué de manière explicite la mondialisation dans mon article, si vous le lisez bien (hormis l’aspect délocalisation qui est une conséquence du phénomène).
      Mais la liaison avec la mondialisation est intéressante.

      En effet, les principales industries à créer de la plus-value imaginaire ont toutes été « Etats-uniènes ».

      • Microsoft par ses logiciels,
      • Monsanto par ses brevets et l’impossibilité de replanter sans passer par lui,
      • Nike, en vendant très cher des chaussures fabriquées à très bas coût grâce au marketing de la marque, 
      • j’ajouterai peut être google, par le développement d’un logiciel de recherche qu’il fait payer non aux utilisateurs, mais aux clients que sont les entreprises via la pub.

      Il est clair que ces entreprises ont intérêt à développer la mondialisation, mais en fait pas trop la concurence, car cela leur permet de maintenir des prix élevés et d’assurer leur taux de profit élevé. D’ailleurs les Etats-Unis ne sont pas des vecteurs aussi assidus que l’Europe de l’Ultra-libéralisme, étant ouverts chez les autres et fermés chez eux avec une politique assez keynésienne.

      Les conséquences dramatiques, outre le fait que l’endettement remplace le salaire, ce qui ne peut pas durer, vient de la perte de la valeur humaine par l’absence de besoin de main d’œuvre. Les décideurs économique, dans leur cynisme, considèrent qu’ils n’ont plus à payer pour un stock de main d’œuvre désormais inutile quoiqu’il arrive.

      On peut partager ce cynisme si l’on est du bon côté. Mais la très grande majorité de la population ne l’est pas. Par contre, elle est désinformée sur les mécanismes en court qui la broient à plus ou moins long terme. D’autant que la plus-value imaginaire est issue de l’usurpation, de l’exploitation en tout cas, du plus intime de ce qui constitue la nature humaine, à savoir la pensée.


      • Marc Bruxman 19 décembre 2009 18:36

        "par l’absence de besoin de main d’œuvre. Les décideurs économique, dans leur cynisme, considèrent qu’ils n’ont plus à payer pour un stock de main d’œuvre désormais inutile quoiqu’il arrive.« 

        En soit il y a un truc très clair, il faut encourager les gens à être capable d’innover. Maintenant si ce n’est pas possible effectivement leur utilité économique est fort limitée. On n’y peut pas grand chose. Mais on peut investir intelligemment dans l’éducation pour que les gens soient en mesure de créer plus de high-tech. Ce qui est plus intelligent que de financer la fac de socio. Maintenant effectivement le »benet« est perdant dans cette histoire. De même que le »pécos" l’a été lors de la révolution industrielle. C’est l’évolution humaine et elle va dans le sens de réalisations toujours plus fantastiques...

        La surproduction prévue par Marx est bel et bien la. Ce qu’il n’avait pas prévu c’est que l’on aurait crée l’innovation pour rendre obsolète le trop plein et la mode pour exclure une partie des marchandises du circuit des biens vendables. De cette façon on améliore énormément la qualité des biens à notre disposition.

        « On peut partager ce cynisme si l’on est du bon côté. »

        Ne pas le partager revient à passer du mauvais coté. Et vous ne le voulez pas.


      • Gandalf Tzecoatl 21 décembre 2009 22:48

        Il est temps d’innover, Bruxman, ton libéralisme darwinien ne vaut plus un clou.

        Un petit tour en fac de socio pour se remettre au goût du jour ?


      • vin100 19 décembre 2009 17:10

        C’est dommage que l’article commence bien et se perde un peu ensuite dans des solutions dont ont a bien vu historiquement qu’elle ne tenaient pas la route.

        Effectivement il y a actuellement un retour en arrière historique, une féodalisation de la planète avec des groupe financiers, ou grands Seigneurs qui mettent en coupe réglée, l’économie planétaire, les Etats devenant des rois cul nu et sans moyen devant pleurnicher pour survivre.
        C’est la situation qui existait au début du Moyen Age avant que les Rois, fédérent et n’unifient les contrées et les Pays, ancêtres de nos Nations.

        La Responsabilités des états, des rentes de situations corporatistes et du manque de courage sans compter la collusion des politiques avec les milieux économiques est aussi une des causes de la ruine des ces Etats qui avaient été le grand Reve libérateur depuis la chute des Anciens Régimes.

        Alors la solution , je ne sais, pour autant ce qu’il en sera, même si je ne crois pas aux programmes élaborés plus haut.

        Cette économie et Finance virtuelle devant en même temps assurer ses arrières, il y a aujourd’hui une captations des richesses naturelles, des terres ou l’ont transforme aujourd’hui les agriculteurs autrefois propriétaires en simples opérateurs.
        LA moitié des terres agricoles sur l’Ile des Madagascar achetées par un groupe financier étranger. Il en est de même pour les terres d’Europe de L’Est ou même en France.

        LA Révolution, un jour de tous les chassés des terres ne sera plus possible car la population est devenue urbaine.
        LA Révolution urbaine ?
        Guère plus possible, la plupart d’entre nous étant tenus par des Crédits qui nous mettent a la rue si nous ne pouvons les honorer.
        Tout le monde est ficelé.

        Rien n’est jamais foutu, mais je ne crois pas que l’on est encore trouvé la solution.


        • Croa Croa 19 décembre 2009 23:17

          La dette est effectivement le meilleur moyen de coercition inventé par l’homme pour soumettre l’homme.

          C’est pourtant une vaste escroquerie tout à fait illégitime. Les établissements prêteurs ne possèdent en réalité pas l’argent et n’ont pas légitimité de battre monnaie : ceux qui auraient ce devoir (nos gouvernements) laissent faire, tout simplement !


        • Marc Bruxman 19 décembre 2009 18:18

          La vrai cause de la dévalorisation du travail industriel c’est la surproduction et rien d’autre. N’importe qui peut produire une paire de baskets et innonder le basket. Et donc l’objet paire de baskets ne vaut plus rien. C’est un succès que nous devons à l’ére industrielle. De même que nous devons à la révolution verte de ne plus trop regarder la valeur de ce que nous mangeons.

          Dès lors, il faut non pas créer de la valeur artificiellement mais en soustraire, c’est à dire sortir du marché tout ce qui a été surproduit. Si une paire de basket n’est plus à la mode, elle ne vaut plus rien, parce que la mode fonctionne en excluant. De même pour l’innovation, le coeur de notre métier est avant tout d’exclure ce qui n’est plus « à la pointe ». Ce faisant nous captons de la valeur.

          Le génie de cette nouvelle économie (car il y a bien une nouvelle économie) c’est d’avoir compris que la valeur ne résidait plus dans l’économie physique et que la seule façon de nous en sortir était de capter de la valeur par l’innovation. Taxez cela, et votre avantage compétitif sur la chine n’existe plus. Votre niveau de vie sera oblitéré.

          Lorsque vous payez 100 € une paire de Nike, 2 € servent à la fabriquer, 30 € à la concevoir et la marketer, le reste à la distribuer. Cela ne changera pas si vous taxez le marketing et l’ingénierie. Il y aura toujours 2 € pour ceux qui produisent. Parce que c’est ce que ca vaut. L’innovation détruit la valeur des choses anciennes. Elle détruit la valeur de ce qu’elle a elle même construit. C’est un processus qui ne peut ni ne doit jamais s’arrêter sinon l’économie dans son intégralité s’effondre. C’est un processus qui ne s’arrêtera que lorsque l’homme aura atteint le stade de « la singularité » c’est à dire le moment ou les machines seront devenues plus intelligentes que l’homme. Il n’y a rien à y faire. Juste profiter des pouvoirs extraordinaires que nous donne la technologie.


          • Proudhon Proudhon 19 décembre 2009 19:31

            Ce qui est relativement incroyable avec les gens comme vous c’est qu’ils croient que les gens vont se laisser baiser indéfiniment.
            Les gens comme vous vont finir dans des prisons dorés,car ils ne pourront plus sortir de chez eux sans se faire tuer par les hordes populaires laissées àl’abandon et toutes vos armés spécialement entraînées àl’élimination seront impuissantes devant le flots incessant des laissés pour compte.

            C’est ce monde que vous voulez pour vos enfants ?


          • Eloi Eloi 19 décembre 2009 23:47

            @ Marc Bruxman

            Votre discours est sensé, mais je crois que vous oubliez la composante « contexte » dans votre dissertation. Je veux dire par contexte qu’en période d’abondance, certes, les biens essentiels (nourriture, basket, logement) ne valent pas grand’chose.

            Néanmoins, à la moindre annonce de pénurie, cette valeur montera en flèche et selon des mécanismes absolument non-linéaire : le prix de la nourriture pour votre fille vaut bien un prix inestimable, et probablement la mort de ceux qui vous empêchent de vous nourrir. Il en sera de même pour le pétrole si le rythme de sa raréfaction est supérieur au rythme de l’innovation pour son remplacement.

            Je veux dire que même si la valeur de la nourriture, de l’électricité et des basket est nulle aujourd’hui, en cas de problème : piraterie, manque de pétrole, crash bancaire ou tout autre, leur prix peut devenir excessif et conduire à la destruction de la société.

            Une culture (un Etat) doit prendre en compte se risque et favoriser des activités non rentables mais stratégiques ! Simplement pour sa simple préservation ! Qu’en France, l’état ne cherche pas à garder une industrie de l’I-phone est une erreur conjoncturelle mais peut s’excuser ; elle perdrait son agriculture ou ses aciéries (ce qu’elle est en train de faire), ce serait une erreur grave !

            Je ne comprend toujours pas pourquoi les libéraux n’évoquent jamais l’aspect stratégiques ! On vend des gadgets à l’Arabie Saoudite qui nous vend du pétrole ! Qui tient l’autre par les couilles ? Cet aspect stratégique biaise le modèle libéral, et plutôt qu’essayer vainement de plier la réalité à ce modèle, mieux vaudrait le prendre en compte pour perfectionner votre modèle.


          • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 19 décembre 2009 19:16

            à Marc Bruxman

            Vous êtes « Schumpeterien » : le côté positif de la destruction créatrice via l’innovation.

            Mais je suis convaincu que le stade actuel va au-delà, et constitue une menace majeure.

            Par ailleurs, les conséquences de la destruction n’ont pas été minces dans l’histoire, produisant des millions de morts via deux guerres mondiales, puis la guerre froide.

            Certes, à chaque fois, l’innovation a fait un bond en avant, mais à quel prix ?

            Qu’est-ce qui change avec le nouveau mécanisme ? L’inutilité économique d’une partie croissante de l’humanité, avec ses conséquences désastreuses, et l’yper-accumulation de richesses pour quelques uns, dont, quoique vous en pensez, je ne fais pas partie (vous peut-être êtes vous multimilliardaire, et tant mieux pour vous).

            Ce sera désastreux non pas simplement pour les « gogos », laissés de côté par une mondialisation heureuse pour la plupart, mais pour l’ensemble de l’humanité, car le but de l’humanité n’est pas d’enrichir une petit minorité en délaissant la masse grandisante de la poputaltion, voire la planète elle-même.

            L’innovation doit avoir un sens, ne pas être un but en soi, mais avoir une utilité humaine.
            Je donnerais pour cela un exemple technique.Les constructeurs automobiles ont envisagé, envisagent, la direction « by wire », c’est-à-dire non mécanique, mais via des réseaux.
            Quel est l’avantage pour l’utilisateur ? quasiment aucun. Par contre, des bureaux d’étude vont plancher sur ces projets, et le prix de ces véhicules s’en ressentira. Une clientèle aisée se précipitera sur cette innovation par désir de distinction, mais cette énergei aurait pu être utilisée à des fins beaucoup plus utiles, comme le développement de systèmes de transport plus efficaces et moins dévoreurs d’énergie que la voiture.

            Ce qui prime, c’est l’espoir de réalisation de profit, sans que ni les conséquences humaines, ni l’utilité fondamentale, ne soient envisagées. Cette logique inhumaine est à terme condamnée, et c’est elle qui nous mène à une banqueroute généralisée et un clash écologique majeur.

            Il est temps de préserver l’avenir de technocrates dont l’échéance vient rapidement à terme. C’est une question de survie.


            • ddacoudre ddacoudre 19 décembre 2009 19:31

              bonjour JP

              globalement je partage ton analyse, le problème vien essentiellement de la plus value imaginaire, sauf que beaucoup de chose sont imaginaires à commencer par la monnaie. pourtant sans cet imaginaire là qui focalise seulement des atavismes innés, aurions nous pu les remplacer par la raison. l’histoire semble nous dire que non.

              trouver des solutions est faire comprendre à des dominants tyranniques qu’ils doivent abandonner leur source de pouvoir sur l’ignorance de ceux qui collaborent à l’établissement de leur puissance. même la démocratie et l’instruction ne nous à pas préservé de cela. la solution apparaîtra quand ils seront atteint par les dégâts de la bombe. chaque fois que je dis cela çà me désole, mais je pense que c’est à tord que vous croyaient que c’est la raison qui commande. si nous avions conscience que ce n’est pas le cas, alors comme l’on fait tant d’homme qui se sont opposé à la doctrine admise nous pourrions poser les base d’un changement, qui n’aurait pas pour mission de tuer les tyrans, mais seulement les faire muter sans m^me qu’ils s’en aperçoivent.

              mais nous pouvons être plus radical en redonnant le pouvoir aux politiques pas au marchands. mais ce n’est pas sur cette voie que nous sommes.

              cordialement.


              • Stoïque 19 décembre 2009 21:50

                Bon article sur les causes et les enchainements des problèmes actuels mondiaux, notamment la crise économique engendrée par la plus-value imaginaire de la Finance.
                L’Affairisme est devenu le maître de la planète et pour les puissants économiques bien cachés derrière les pantins que sont les dirigeants des Etats, rien ne compte plus que leurs petits jeux sordides d’amasser de plus en plus de puissance, d’argent et de pouvoir.
                L’échec de la Conférence de Copenhague, générée par la puissance des lobbyes manipulant les chefs de gouvernements mondiaux, est la preuve du jour, s’ajoutant aux autres anciennes déjà connues.
                Ces puissants économiques, « marginaux » d’un nouveau type, sont très certainement déconnectés des impératifs qui devraient permettre une meilleure voie à l’humanité et il semble bien que personne ne pourra les mettre aux pas, si ce n’est qu’une catastrophe mondiale naturelle ou un soulèvement généralisé, supporté par des corps armés...
                Des impôts importants ou des changements importants économiques ne seront jamais acceptés par ces grands seigneurs. Il faudra les déboulonner de leurs tours de verre. Je ne vois malheureusement qu’un putch militaire mondial pour arriver à le faire, car jamais les peuples n’auront assez de clairvoyance et tous en même temps pour élire et soutenir dans le temps des dirigeants qui ne seraient pas manipulés par ces puissants et qui auraient fort à faire pour leur faire face.


                • Croa Croa 19 décembre 2009 22:53

                   La plus-value imaginaire ce serait plutôt l’usure, non ? smiley

                  Celle que l’auteur cite n’est pas imaginaire, anticipée plutôt (un peu comme qui dirait, la peau de l’ours dans la fable.) C’est du risque certes, mais pas comparable à la pression monétaire due aux dettes. Par ailleurs c’est la pression à l’endettement qui génère ce genre d’aventures. La cause profonde de la crise qui vient reste bien l’usure CQFD !

                  La création de valeur par endettement, jeux de bourse et transactions monétaires est purement virtuelle d’autant que l’argent n’est pas une richesse, seulement une image de la richesse qui pourrait tout à fait se révéler mirage. Bien sûr que tout ça se paiera un jour, mais tant qu’il y a des pigeons ça pourra durer longtemps... Quoique ?


                  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 19 décembre 2009 23:42

                    Le terme « imaginaire » par rapport à « réel » ne signifie pas que c’est dans l’imagination. C’est bien de la création de valeur, mais du genre qualité d’information, donc quelque part non vraiment quantifiable de façon certaine, et non pondérée par le temps.

                    Pour bien l’appréhender on peut donner l’exemple de 2 entreprises. L’une (A) est donneur d’ordre pour la création d’un logiciel. L’autre (B) le crée. Le logiciel appartient à A et est conçu par B.
                    B reçoit de A le prix du logiciel créé. Elle paie les concepteurs. La différence entre les deux constitue sa plus-value. C’est de la plus-value réelle dans la mesure où elle ne la réalise qu’une fois en liaison avec le temps de travail accompli.
                    B par contre, n’a pour l’instant rien réalisé du tout (elle a investi). Le logiciel lui appartenant, elle peut le revendre à de centaines, voire des millions de clients. Sa plus-value n’est plus liée au temps de travail. Elle est liée à la qualité du logiciel, son caractère innovant, etc. Elle peut être quasi-infinie.

                    J’emploie le terme imaginaire un peu au sens des nombres complexes, en mettant l’accent sur le fait qu’elle n’est liée ni à un support physique, ni au temps (la compétence du créateur a plus d’importance que le temps qu’il passe à créer), mais à une qualité de conception, ou d’information. Si un terme plus adéquat peut être employé, je suis preneur.

                    Quant à l’usure, elle ne crée pas de valeur, elle spolie celui qui s’y laisse prendre. Celui qui achète son écran plat, ou sa belle automobile, à crédit, devra rembourser bien plus qu’il ne l’aurait fait sinon, mais cela ne change la valeur ni de la TV, ni de la bagnole.


                  • Eloi Eloi 20 décembre 2009 00:14

                    @ l’auteur

                    ne pourrais-t-on pas compléter votre propos en évoquant, plutôt qu’« imaginaire » et « réel », plutôt le coût de la reproduction d’un « objet » ?
                    * le coût de reproduction d’un objet artisanal est le même que le premier modèle
                    * le coût de reproduction d’un objet industriel baisse effectivement pas le fait que les machines, étant meilleures répétitrices, peuvent dupliquer un objet de manière « facile »
                    * le coût de reproduction d’un logiciel est le coût de l’énergie qu’il faut pour inscrire le code sur le disque dur.

                    en résonnant par l’absurde : si l’on pouvait fabriquer des objets par la lumière (imaginons que l’on sache renverse E=mc²), le coût de reproduction d’un objet industriel ne serait-il pas celui du code ?

                    Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais de cette façon, on arrive en pensant « coût de reproduction » à relier les différents « objet » : objet en bois, objet fabriqué à la chaîne, objet en électricité dans un disque dur de manière « continue », plutôt qu’imagine ou réel.

                    D’autant plus que dans le talent et l’exercice de l’artisant, il y a plus ou moins le même travail « intélectuel » (virtuel) que pour l’ingénieur, finalement.


                  • moebius 19 décembre 2009 23:04

                    "Le fonctionnement du système capitaliste est basé sur la création de valeur. Cette création est issue de l’exploitation du travail.< !—[if !supportEmptyParas]—>< !—[endif c’est discutable, le fondement du capitaliste est plus surement basé sur la capitalisation c’est a dire sur l’accumulation. Vous confondez création de valeur avec production, non pas de valeurs mais de biens matériels. La capitalisation ne peut concerner en dernier recours c’est a dire quand la valeur est réalisé que de la matiére


                    • moebius 19 décembre 2009 23:06

                      la plus value imaginaire... c’est rien. L’usure est une forme de la réalisation de la valeur


                      • Croa Croa 19 décembre 2009 23:33

                        Bon... Admettons alors que « valeur » n’est pas richesse mais argent ou liquidité. (Tiens un truc qui peut apporter au capital !)

                        Tout comme ces camelotes périssables, richesses d’un temps ayant autorisé création de valeur, alors qu’elles ne sont plus : Quelqu’un s’est fait rouler,là !


                      • moebius 19 décembre 2009 23:11

                        la création de valeur par le jeux ou la prise de risque n’a absolument rien de virtuel. Ce qui serait virtuel ici ce serait de réver de gagner pour par exemple ne pas prendre le risque de perdre, ou réver de gagner mais ne pas avoir ou ne pas vouloir prendre les moyens de prendre le risque


                        • moebius 19 décembre 2009 23:17

                          pensez que le virtuel va produire de la valeur est une idiotie pure. C’est la valeur (réalisée) qui peut produire de la valeur virtuel et cette valeur à son tour se réalise ou non. C’est comme la mayo ça prend ou ça ne prend pas


                          • moebius 19 décembre 2009 23:26

                             et que ça ne prenne peut ou non prendre et dépend de facteurs subjectifs comme le mimétisme des acteurs économiques. Quand on parle de plus value imaginaire on ne comprend pas bien. Dans image il y’a mirroir et la bourse est un mimodrame


                            • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 20 décembre 2009 11:04

                              Merci pour vos remarques.

                              La distinction réel / imaginaire, n’est effectivement pas entièrement pertinente.

                              Étant donné que la distinction entre les deux types de plus-value vient de sa dépendance, ou non, au temps, il faudrait plutôt utiliser les termes de « temporel » et « atemporel ».
                              C’est plus juste par rapport à l’exemple des 2 entreprises dont l’une sous-traite à l’autre. Par ailleurs, cela fait également entrer dans ce type de plus-value les réseaux, type France Telecom. En effet, la quantité de travail de France Telecom n’est pas dépendante du temps passée sur ses lignes. Par contre, il peut facturer le temps, ou ce qu’il veut, à son aise. Et le client se découvre avec une dette de 100 000 euro ou plus sans que cela n’ait coûté 1 centime de plus à FT !

                              De toute façon, le système financiaro-industriel a un temps d’avance sur nous pour créer de nouvelles trappes à finances, et de nous dépouiller progressivement de nos vies. Mais il est malgré tout important d’en découvrir les mécanisme profonds mis en œuvre.

                              J’ai essayé d’analyser ce qui se produit sous nos yeux, et je pense que nous vivons une crise bien plus grave que celle de 1929, par ces nouveaux mécanismes. Bien entendu, je n’ai pas évoqué ici le monde des trouvailles purement financières, qui constitue un autre gouffre !


                              • Gandalf Tzecoatl 21 décembre 2009 22:46

                                @L’auteur, vous faites la même analyse que moi en août :

                                "Dès lors, en plus de l’aliénation du fruit du travail contre salaire, le salarié se passe aussi des fruits d’un travail qui puisse être reproduit sans lui, à la faveur du capitaliste. Or, le salarié, se passant de la rente de son travail au profit du détenteur d’un travail automatisé, fait l’impasse sur une rente dont il devrait être le bénéficiaire, et qui de surcroît est la source de son chômage ou de celui de ses semblables. Par ailleurs, il se passe ceci : deux détenteurs de travail automatisés (les capitalistes s’entend) se faisant concurrence détruisent la valeur associée, du moins dans un idiome libéral, où la concurrence fait baisser les prix. Ce qui permet, toujours au même libéral de proclamer que "la machine ne crée pas de valeur". Sans doute dans le repère ortho-normé qu’il a choisi, mais très certainement elle détruit du travail.

                                Pour condenser le propos, si le travailleur s’aliénait au XIXème le fruit de son travail contre salaire, au XXIème, il s’aliène également de plus en plus son travail, à terme, contre salaire, du moins dans toute tâche d’automatisation, voire pérenne."

                                http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/d-autres-capitalismes-59892

                                Oui, le socialisme a encore perdu une manche, c’est évident. Tout simplement parce que les modes de fonctionnement les plus simples dominent, tels le darwinisme social de Bruxman.

                                Et toujours pour Bruxman, il s’agit bien d’innovation, et non d’invention. Effectivement, le secteur privé invente peu, mais capte essentiellement les inventions publics, les parant d’innovation afin de se les approprier.

                                Figurez-vous que des semenciers vont jusqu’à élaborer des pommes de terre transgéniques avec un transgène strictement sans aucun intérêt afin de s’approprier une variété et d’en faire son monopole. Bref, la finalité du secteur privée n’est pas d’innover, mais de s’approprier l’innovation (si possible d’autrui et à moindre coût) et de la vendre.

                                Cela me fait bien rire tout ces libéraux qui critiquent les coûts du CERN et du LHC : Le CERN devrait toucher des royalties sur toute technologie www pour bien faire comprendre à certaines petites têtes bien légères les vrais prix, qui n’ont strictement plus rien à voir avec les prix du marché.


                                • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 19 janvier 2010 23:45

                                  Marx avait prévu la banalisation du travail bien avant que les ordinateurs ne soient inventés. . . et c’est encore par le socialisme que les États sauront reprendre du poil de la bête. Et Dieu n’a toujours pas dit son dernier mot. Les innovations viennent le plus souvent des organisations par qu’il y a une complexité inérante au développement de nouveaux produits et les gens en place tirent un profit démesuré d’un statut que d’autres ont bien voulu leur donner. Un gouvernement mondial devra travailler à redonner un juste équilibre entre la rémunération du travail et les privilèges qui découlent d’un poste.
                                  Pierre Boisjoli
                                  Le conseiller divin
                                  le seigneur des seigneurs
                                  le roi des rois
                                  le prince de la paix

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