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La bombe atomique des années 80 est en train d’exploser la planète

Les mécanismes économiques créés par l’industrie High Tech des années 80 sont en train d’avoir des conséquences planétaires désastreuses. Pour le moment, les politiques ne font qu’accentuer les causes tout en faisant croire qu’ils gèrent les conséquences. Il est temps d’inverser cette situation avant qu’il ne soit trop tard.

Telle la rupture entre la bombe classique, qui avait des effets limités, et la bombe atomique, le néocapitalisme des années 80 nous a fait passer, sans s’en apercevoir, d’un système d’exploitation limité à une explosion économique totale.

 

Le moteur du système

Le fonctionnement du système capitaliste est basé sur la création de valeur. Cette création est issue de l’exploitation du travail.

Dans le système classique, cette création de valeur s’effectuait à partir de la création de biens matériels. Pour faire simple, un travailleur fabrique des chaises. La plus-value est réalisée par la différence entre le coût du travailleur qui lui permet de survivre, et est fonction du temps de travail accomplie (mais ne représente qu’une partie de ce temps), et la valeur ajoutée via son travail, valeur qui se concrétise par du temps de travail. La plus-value est donc directement liée au temps de travail, elle ne peut jamais lui être supérieure : c’est la plus-value réelle.

Dans le néocapitalisme, la création de valeur se réalise à partir de la conception. Un ingénieur travaille sur un logiciel. Comme le travailleur classique, il a un coût proportionnel au temps de travail, même si son niveau de compétence est pris en compte. La valeur ajoutée n’est pas liée au temps de travail, mais à la qualité de conception, d’information, intégrée dans le produit, qu’est le logiciel. Une fois créé, celui-ci peut être dupliqué indéfiniment, et la plus-value n’est plus liée au temps de travail, elle est complètement dé-corrélée : c’est la plus-value imaginaire.

Le premier bénéficiaire de ce néocapitalisme a été Bill Gates, dont la fortune n’a pas fait débat pendant des décennies.

Les conséquences primaires

Dans un premier temps, les entreprises « high tech » ont vu leurs taux de profit monter de façon considérable. Mais le capitalisme reposant sur la concurrence, y compris au niveau du capital, les entreprises classique ont dû s’aligner, même si les conditions de création de plus-value, donc de profit, n’avaient rien à voir (puisqu’elles produisaient des biens réels).

Les grandes entreprises se sont donc aligné de deux façons :

Intégration de la part ingénierie, marketing, de plus en plus importante

Abaissement spectaculaire des coûts du travail réel en délocalisant

Par ailleurs, d’autres domaines que l’informatique ont créé des conditions du néocapitalisme, dont par exemple l’agriculture, où Monsanto grâce aux OGM peut créer de la plus-value imaginaire : il crée de la plus-value imaginaire grâce au brevet qui est intégré et répliqué des millions de fois.

Les conséquences secondaires

Le système économique a été profondément bouleversé par ces nouveaux mécanismes, et a notamment eu pour conséquence la dévalorisation du travail, et la mise au chômage massive des travailleurs industriels autrefois intégrés dans le tissu occidental, dont bien sûr a souffert l’Europe.

Par ailleurs l’arrivée au pouvoir de gouvernements ultra-libéraux a accentué le phénomène par la privatisation de l’économie, laissant libre-court aux mécanismes précédents à une vaste échelle, et par la destruction de l’État providence qui constituait une sorte de matelas d’atténuation social. Ils étaient encouragés à cela par la rentabilité extrême des entreprises, ce qui semblait justifier leur prise de pouvoir politique.

Les conséquences financières

Mais le résultat global a rapidement été que la perte générale de la valeur du travail réel a eu pour conséquence un appauvrissement de la population, ayant pour effet un rétrécissement de la clientèle potentielle des néocapitalistes.

La solution a court terme a été le recours aux crédits, avec les suites que l’on connaît. Les ménages appauvris ont continué leur ancien train de vie sur base de l’endettement, les entreprises pouvaient continuer à croître, encaisser leurs profits toujours croissants, enrichissant de façon fabuleuse les hauts dirigeants.

Les conséquences planétaires

La crise a momentanément mis fin à ce mécanisme, jusqu’à ce que les États viennent remplacer les banques, afin de continuer à alimenter le système. Mais ce mécanisme a lui même ses limites, celui de la solvabilité de ces États.

Par ailleurs, via les lois liberticides, la destruction complète des restes de l’Etat providence, l’impossibilité à terme d’action sociale et sociétale par les banqueroutes étatiques, les politiques, au lieu de corriger les effets de cette bombe économique, accentuent son effet par leurs politiques, à la fois par ignorance et par intérêt personnel de se situer du côté des profiteurs.

À terme, nous risquons donc :

. De voir des politiques toujours plus antisociales destinées à augmenter ce qui ne peut plus l’être, à savoir la productivité du travail ;

. D’assister à une banqueroute généralisée, une mise au pas des populations par des lois de plus en plus liberticides ;

. De voir des États décréter l’état d’urgence pour réprimer les émeutes suite à la destruction sociétale en cours ;

. D’assister au chaos dans l’économie-monde, à une catastrophe globale inédite.

Le chemin nécessaire de la raison économique

La seule voie possible paraît être de calmer le cœur de la bombe économique actuelle, à savoir la création de la plus-value imaginaire. Tout le reste semble du bavardage sur le sexe des anges.

Cette voie, serait celle de la redistribution. Redistribution d’autant plus légitime que ce sont des idées qui sont exploitées, idées qui sont le fruit de non seulement du concepteur payé plus ou moins bien et probablement licencié dès sa création mise sur le marché, mais également de l’humanité toute entière dans son histoire, depuis la création de l’alphabet jusqu’aux sciences actuelles les plus pointues.

La proposition que je fais ici, est de créer une taxe importante (de l’ordre de 80 %) sur la plus-value imaginaire, et ceci non seulement au niveau français, mais au niveau mondial.

Ceci ramènerait de l’attrait pour les entreprises classiques, redonnant de la valeur au travail réel, et surtout limitant la suraccumulation du capital, augmentant par ailleurs la productivité du capital en diminuant celle du travail conceptuel.

D’autres propositions peuvent être faites en parallèle, comme le retour aux services publics, une redistribution des richesses, le contrôle des banques, etc. Mais je pense que ce sont de mesures sur les effets et non les causes.

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