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Accueil du site > Actualités > Economie > La capitalisme peut-il être moral ?

La capitalisme peut-il être moral ?

Le capitalisme est le système de production et d'échanges de biens marchands dans lequel celui qui dispose d'un capital de départ vise à maximiser son profit propre (privé) en faisant usage du travail ou des services de salariés qui vendent ou louent leur force de travail au profit de qui les emploie et les paie, à savoir de qui dispose par son propre fonds ou par emprunt d'un capital financier pour ce faire.

Le profit privé, plus value ou bénéfice ou intérêt du capital investi, est donc le seul but du capitaliste, comme la maximalisation de son salaire celui du salarié, (ce qui implique un conflit ouvert ou latent entre profit et salaire ). Ainsi le capitalisme transforme le capital investi est une relation sociale d'exploitation entre la capital et la travail en vue du profit du capitaliste. De ce fait, le capitalisme instaure le règne de l'égoïsme dans les relations économiques et des rapports sociaux de production et d'échange qui en découlent procèdent. En cela le capitalisme n'est pas et n'a pas à être moral au sens d'altruiste. Mais la notion de morale est ambiguë : On peut distinguer 2 sens dans l’usage que l’on fait de ce terme

1) Soit le terme de "morale fait référence à une vision de la relation aux autres purement altruiste, selon des valeurs qui visent à instaurer des rapports généreux et désintéressés (et donc gratuits) entre les hommes et qui exigent le sacrifice consenti (obligation) de tout ou partie de l’intérêt personnel au profit des autres et de la communauté, voire de l’humanité toute entière. C’est la morale "religieuse" de l’altruisme ou amour universel, qui fonde la charité et la compassion. Ou bien elle fait référence à la tentative rationnelle de Kant pour qui la morale concerne le sphère de l'action par devoir et non pas celle de l'intérêt et/ou du désir qui ne peut qu'être "conforme"à la morale, à savoir respecter les droits et la dignité d'autrui, sans être morale en elle-même. Le capitalisme ne peut être moral selon la vision rationnelle de Kant, mais n'est pas forcément immoral. Le capitalisme dans le meilleur des cas ne peut être qu'a-moral c'est-à-dire conforme aux règles intéressées de la réciprocité universelle contractuelle.

Si, pour Kant, le capitalisme est compatible avec la moralité à la condition que chaque partenaire de la transaction et du contrat commercial ou de travail respecte sa parole propre et les droits d'autrui, il n'en est pas de même du point de vue d'une morale chrétienne qui fait de l'amour universel (absolu chez Dieu) et de la charité les fondements de la morale. Ces deux valeurs fondamentales ne s'incarnent que dans le don gratuit, sans revendication, même cachée, d'un retour ou d'une réciprocité matérielle ou affective. L'attitude morale consiste à renoncer à tout espèce d'égoïsme ou d'intérêt personnel jusqu'au sacrifice de soi dans l'amour de Dieu et des autres dont le Christ, fils de Dieu et Dieu incarné, est l'icône et le modèle absolu. En cela le capitalisme, voire le commerce marchand, est, pour un chrétien authentique, à l'exemple même de la passion (sacrifice) et du message du Christ, doublement immoral : 

Son but est le profit égoïste financier dans la compétition, voire l'exploitation et donc la négation de l'amour désintéressé envers autrui. La charité dans le contexte du capitalisme n'est jamais que l'alibi et le masque trompeur de l'égoïsme qui cherche à se légitimer aux yeux de ses victimes. L'hypocrisie et le détournement du Christ sont donc plus immoral encore en cela que l'injustice et le refus d'amour de l'autre qu'incarne le capitalisme dans les faits prétend se justifier au nom même de la liberté personnelle par le recours au don hypocritement désintéressé du riche au profit des pauvres dans le but de masquer l'injustice de la domination du riche sur la pauvre en le transformant en assisté dépendant de ce prétendu don.

- Son moyen est la compétition pour le profit privé, c'est-à-dire la concurrence libre et non-faussée.  Ce moyen unique génère et exacerbe l"égoïsme individuel aux dépens des autres en faisant du don une mystification morale ou un alibi pour le commerce. Mais plus encore en faisant des désirs somptuaires (voire la pub) et de la consommation auto-valorisante la source du seul sens possible de la vie ici-bas, il dissout tout espèce d'altruisme sincère sauf à en faire une occasion de se faire valoir aux yeux des autres pour en profiter. Donner pour recevoir telle est la règle du commerce et le don en apparence gratuit appelle nécessairement un contre don en faisant à autrui obligation de rembourser la dette matérielle et morale ainsi consentie. Le don apparemment charitable est perverti ou converti en dette perpétuelle, en assistance liberticide de l'autre, par la culpabilité permanente qu'il entretient chez l'autre qui ne peut la rembourser, e,n obligation, voire en allégeance vis-à-vis du bienfaiteur.

En cela le capitalisme est profondément immoral, car il est, par principe, incompatible avec les valeurs chrétiennes. Se dire chrétien et pratiquer le capitalisme, c'est dévoyer le christianisme en son essence idéale. Pire encore, c'est tenter de justifier le capitalisme au nom de la liberté personnelle. Ce qui est proprement diabolique, car cela revient est assurer la triomphe de la liberté égoïste de chacun contre la liberté des autres dans le refus de toute solidarité et de la fraternité humaine aimante. 

Si le capitalisme est anti-chrétien dans son but et ses moyens, un chrétien authentique ne peut être qu'anti-capitaliste. C'est pour cela que le christianisme authentique ne peut considérer comme moral que le communisme universel intégral, c'est bien ce que l'on voit dans les actes des apôtres concernant les premières communautés chrétiennes dans lesquelles tout appartenait à tous et où la redistribution était de l'ordre du partage et du don de la communauté à chacun . Marx reprendra cette utopie communiste en refusant le propriété privée des moyens de production et d'échange et plus largement en prévoyant l'abolition dans la société réconciliée, égalitaire, sans riches ni pauvres des relations monétaires et commerciales. Il ne convient pas d'abolir la religion chrétienne a-t-il dit, mais de la réaliser pratiquement en ce monde par la révolution communiste, c'est-à-dire par l'abolition de la propriété privée des moyens de productions et d'échange pour en faire la propriété de tous ceux qui créent et consomment les richesses produites dans l'égalité de fait et non seulement de droit selon le principe, à chacun selon ses besoins ! Le capitalisme est par nature immoral car il est fondé sur la recherche du profit sans limite, c'est-à-dire l'avidité, voire la cupidité des plus riches et l'exploitation de l'homme pauvre , transformé en simple moyen de production, par l'homme riche. Il est aussi immoral en cela que, par la publicité omniprésente dans l'espace social, il tend à faire de tous des consommateurs frénétiques pour lesquels les désirs matériels égocentriques, narcissiques, l'emportent sur l'amour et le partage. Il aggrave nécessairement les inégalités qui lui sont nécessaires pour vivre, du fait que la hausse du taux de profit, voire son maintien, dans la mesure où il tend à baisser, implique la hausse du taux d'exploitation afin de l'emporter dans la concurrence (ex : réduction des salaires moyens dans la monde et délocalisation).

Mais il est clair que la morale chrétienne (ou communiste ou même kantienne) est utopique car trop ambitieuse pour être humaine, elles ne vaut que pour des saints religieux ou purement rationnels ou des moines vivants hors du monde ou coupés de la société réelle et/ou pour des hommes qui n'existent pas, dès lors qu'ils seraient dépourvus de désirs propres et surtout de tout narcissisme ! Sans parler du salut post-mortem, rien ne dit que les plus saints ou déclarés tels renoncent à tout intérêt personnel ne serait-ce que le sentiment auto- valorisant (dignité et estime de soi) de faire le bien autour d'eux en servant Dieu.

De plus cette vision de l'amour universel et sacrificiel de soi ne fait pas d'autrui nécessairement une personne libérée de la dette à l'égard de l'acte d'amour et de générosité dont elle est l'objet ainsi que du sentiment de culpabilité qu'engendre l'inégalité dans le pouvoir de répondre, à son tour, à la mesure de cet amour infini : Elle crée les conditions d'une dépendance permanente aux autres et à Dieu liberticide dès lors que la liberté est aussi d'agir pour soi comme fin, à savoir pour ses propres fins. Elle sacrifie le liberté individuelle réaliste à une exigence utopique et impraticable de solidarité infinie. Elle fait de l'égoïsme le contraire de la liberté en faisant de l'altruisme une libération de soi alors que c'est dans le bon l'usage de cette passion qu'est l'amour de soi que peut s'inscrire une authentique et réaliste solidarité entre des personnes libres

 

2) Soit le terme de morale fait référence à des valeurs universelles en droit susceptible de promouvoir l’entraide et la coopération pacifique, donc la concorde civile. C’est la morale politique de la justice dans le respect la liberté et des intérêts individuels. Elle promeut des règles de comportement qui rendent possibles l’accord durable entre des partenaires en vue de la promotion de leurs intérêts mutuels. Il vise la confiance des partenaires les uns vis-à-vis les autres qui passe par le respect des contrats et des droits des parties contractantes, sans souci de l’universel humain, ni valeurs ou principes d’action transcendant le jeu des intérêts particuliers. C’est la morale économique des affaires et du droit y afférant (sans jeu de mot).

Il est clair que le capitalisme, du point de vue de ses finalités, n’a rien à faire de la notion de la morale purement altruiste ; sa visée c’est le profit de ceux qui investissent et le moyen, la satisfaction des clients et le contexte, la plus ou moins libre concurrence (le but étant pour chaque entreprise de détenir le monopole ou la position hégémonique ou au moins dominante sur le marché)

 Si le capitalisme n’a pas à être moral au sens 1, doit-il et peut-il l'être au sens 2 ? 

Certainement oui, sauf à perdre la confiance indispensable à son fonctionnement efficace (ex : l’importance de l’image de marque et de l’honnêteté commerçante et contractuelle), mais ce sens 2 relève de la responsabilité de la politique au sens démocratique du terme, car le capitalisme est spontanément anti-concurrentiel, voire mafieux, donc injuste, en vue de faire le maximum de profit. La démocratie est donc le moyen d’obliger le capitalisme à être moral au sens 2 (justice sociale), sauf à s’auto-détruire et à accepter la violence comme mode normal des relations entre les hommes .En l’absence de religion compensatrice politiquement dominante la violence civile est en effet la conséquence nécessaire de l’injustice sociale. Mais lorsque celle-ci , par défaut de la politique, devient insupportable, la violence sociale risque alors de prendre la forme de la violence religieuse : le pire de toute car marquée par le délire de l’absolu.

Donc si le capitalisme n’est pas spontanément moral au sens 2 et il est absurde de demander qu’il le devienne par lui-même, c’est à la puissance publique de le contraindre à l’être en vue de la paix civile. Le capitalisme démoralise spontanément la société au sens 2. En cela s'il est par nature au moins amoral au sens 1, mais il devient immoral au sens 2 si on le laisse faire (ou si on ne régule pas son fonctionnement en vue de réduire les inégalités). La capitalisme a besoin d'une morale libérale et soucieuse du droit contractuel, ce qui n’est pas négligeable en cela qu’elle fait du contrat et non de la violence physique ouverte la norme des relations humaines (Le commerce vaut mieux quel la razzia et le meurtre). 

La morale publique et laïque (ou mieux la justice sociale) et les droits des hommes relèvent de l’autorité de la politique et non de l’économie (capitaliste fractionnée ou d’état, comme l’expérience historique l’a montré). 

Laissons donc le sens 1 à la foi religieuse privée, il ne peut valoir comme valant pour tous dans une société pluraliste et libérale (donc démocratique), sauf à vouloir abattre elle-ci par une révolution qui instaurerait un état totalitaire qui prétendrait opérer une révolution morale de l’économie par la force, à savoir une révolution idéologique ou culturelle totalitaire, n'hésitant pas à utiliser la terreur physique ou religieuse. Contentons nous de viser à contraindre démocratiquement, par le droit du travail et les luttes sociales, le capitalisme à adopter des règles de fonctionnement qui l'oblige à prendre en compte la réduction des inégalités sociales de droit et de fait .

La question de savoir comment le faire dans un monde capitaliste irréversiblement sans frontières est l'enjeu du débat politique dans lequel l'internationalisme doit prendre le pas sur la nationalisme, encore plus aujourd'hui que du temps de Marx. Ce n'est pas gagné, comme le montre le succès relatif du Front national en France et de ses frères jumeaux en Europe. 


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31 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 11 mars 2011 08:20

    À l’auteur :

    « Le profit privé, plus value ou bénéfice ou intérêt du capital investi, est donc le seul but du capitaliste, comme la maximalisation de son salaire celui du salarié, (ce qui implique un conflit ouvert ou latent entre profit et salaire ) ».

    Un intellectuel contemporain estime que, dans le Capitalisme, la contradiction entre le capital et le travail, avec son corollaire, la lutte des classes, a été résolue.
    Au contraire, un autre penseur, contemporain également, diagnostique qu’il est mystificateur de croire qu’au sein du Capitalisme, il y a compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité.

    Ce conflit entre « profit » et « salaire » peut être résolu.
    Pour un Nouvel Ordre Socio-Économique Français Équitable !



    • JL JL 11 mars 2011 08:50

      Le conflit ouvert ou latent entre profit et salaire est contourné par la fuite en avant :

      - La fuite en avant à court terme par la délocalisation vers des pays pauvres. Cette « solution » est en passe d’être épuisée.

      - La fuite en avant pas la robotisation et l’accroissement des gains de productivité :

      cette « solution » mènera fatalement à une victoire à la Pyrrhus du capital qui veut croire que les machines remplaceront les hommes. Cette idée est spécifique de la classe possédante qui n’a jamais travaillé, au sens de produire des richesses.

      Je n’appelle pas travail l’activité qui consiste à faire de l’argent avec de l’argent, ni richesse le profit. Pour désigner le profit je préfèrerais un terme péjoratif. Je cherche. 


    • joelim joelim 11 mars 2011 10:58

      Profitage.


    • JL JL 11 mars 2011 08:41

      Cet article est mal écrit, et les faute de frappe en rendent la lecture difficile. Je ne vais pas lister.

      Pour commencer je ne suis pas d’accord avec cette phrase : « Le profit privé....seul but du capitaliste, comme la maximalisation de son salaire celui du salarié » (SR). Dire que la maximalisation de son salaire est le seul but du salarié, est extrêmement réducteur vis-à-vis de ces personnes. SR est méprisant ou ignorant.

      Sur le fond : l’auteur (SR) commet un sophisme énorme quand il fait l’apologie du mondialisme qui serait la solution pour moraliser le capitalisme, ce que n’ont pu faire les nations ! En effet : plus le champ d’application est vaste, et moins la démocratie est efficiente, c’est une règle incontournable, et les capitalistes le savent bien J’ignore si Reboul le sait ou s’il n’est qu’un perroquet, et je ne veux pas le savoir. Le problème c’est que si on laisse faire ces gens là, leurs idées empoisonnent les esprits en vertu du principe de « Qui ne dit mot consent ».



      Pour finir, il est utile de rappeler ce qu’en duit un vrai philosophe :

      « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’Etat ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas…. C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique. » (dernier paragraphe de son excellent ouvrage : "Le Capitalisme est-il moral ?’ édité en 2006 au Livre de Poche, 6 euros).(André Comte-sponville)


      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 mars 2011 09:12

        Vous m’opposez ce texte de ACS alors que ma position est philosophiquement (pas forcément politiquement) très proche de la sienne ! (Relisez moi plus attentivement...)



        Aucune solution nationale n’est possible pour traiter des questions internationales, qu’elles soient économiques (il n’y a pratiquement plus de capitalisme français !) sociales ou écologiques.

        Ceci dit, la question d’une démocratisation mondiale des échanges économiques reste posée et sur ce plan rien n’est gagné comme je l’indique dans ma conclusion. Ce que je sais c’est que la nationalisme est, à coup sûr, perdant pour traiter des problèmes mondiaux...

        Quant aux fautes de frappe, je vous les laisse en pâture. Nul, sans relecture par une instance indépendante, n’en est exempt. Tout éditeur vous le dira. mais je vais m’efforcer de les corriger dans mon site, merci donc de votre « amicale critique »...





        • JL JL 11 mars 2011 09:32

          SR,

          Plutôt que d’argumenter dans le sens que vous souhaitez, je me permettai de copier coller ici la réflexion que m’ont inspirée de matin les lectures simultanées de votre article et celui de JJR : « Qu’est-ce que l’ultralibéralisme », une réponse qui serait à votre article la réponse du berger à la bergère. Voici :

          On pourrait dire que l’ultralibéralisme c’est la doctrine qui accorde aux personnes morales les mêmes droits qu’aux personnes physiques. Vu ainsi, les entreprises sont comme des citoyens, et les multinationales, des citoyens cosmopolites (*).

          Une personne physique a des besoins et des désirs spécifiques qui ne sont pas ceux des personnes morales. Quels sont les besoins et désirs d’une entreprise ? Faire du profit et seulement du profit.

          L’autre caractère du libéralisme, c’est de déclarer que « greed is good »
           !

          Freud disait : l’enfant est un pervers polymorphe. Une entreprise est un enfant qui n’a qu’un seul désir : faire du profit, mais de façon non limitée, ni quantitativement, ni qualitativement.

          Il en résulte que ce « désir » des entreprises se heurte aux désirs et besoins des personnes physiques : et c’est là que le bât blesse dans un affrontement récurrent des pots de fer ( les entreprises ) contre les pots de terre ( les citoyens). Rappelons à ce sujet que les actions de groupes (les class actions US) sont interdites par l’UE.

          Dans cet affrontement inégal, et du fait que le profit est déclaré bien suprême, c’est toujours l’entreprise qui gagne et rogne petit à petit les droits et libertés des personnes physiques.

          Ainsi, le libéralisme a institué des « citoyens monstrueux » qui ont tous les droits, partout, en vertu du principe que c’est « pour notre bien », et réduit rédhibitoirement et inexorablement les droits et libertés des individus lambdas que nous sommes.

          (*) « Au Chili, pour parler de la compagnie minière Los Pelambres, la multinationale Luksic à capitaux japonais et chiliens, on dit « la Minera ». Comme on disait jadis « la Frutera », au Guatemala ou au Costa Rica, pour la United Fruit Company. La Minera a acheté populations, médias et élus. Le maire de Salamanca la décrit comme « un bon citoyen de sa commune »  


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 mars 2011 12:46

          Je ne vois pas en quoi nos positions divergent sur le fond, à savoir que, livré à lui-même, le capitalisme est nécessairement immoral.


        • JL JL 11 mars 2011 13:03

          Ne vous faites pas passer pour plus bête que vous ne l’êtes, SR : nos positions divergent sur le fait que ce que vous proposez comme solution est pour moi un remède qui aggrave le mal.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 mars 2011 14:37

          Quelles sont vos solutions ? je ne peux vous répondre sans le savoir !


        • JL JL 11 mars 2011 14:53

          Sauf erreur, SR, on discutait ici de votre article.

          Mes solutions ? Prenez votre courage à deux mains, et consultez mes articles et mes 14 000 commentaires disponibles sur ce site. Vous commencerez à vous en faire une idée.

          En deux mots : réhabiliter l’Etat, les services publics, l’impôt progressif sur le revenu, la démocratie, taxer les patrimoines individuels inutiles à la collectivité et protéger les patrimoines collectifs, ... etc

          Consultez le programme du Front de Gauche, lisez cet excellent petit ouvrage paru aux éditions « Mille et une nuit » : « Ne soyons pas des écologistes benêts » écrit par un collectif : Aurélien Bernier, Michel Marchand et le M’PEP (Mouvement politique d’éducation populaire). « Militants associatifs ou politiques, les écologistes benêts sont ceux qui voient le monde à travers la seule crise environnementale, en oubliant la crise sociale (DCB, YAB, ...). « Pourtant l’effondrement financier de 2008 aurait dû les réveiller ... Eh bien non, ils défendent le capitalisme vert qui permet à l’ordre économique mondial de se faire une nouvelle jeunesse. »Nous ne devons pas nous laisser berner. C’est bien à une réorganisation politique qu’il faut œuvrer. Cela passe par des prises de position claires : contre l’OMC, pour un protectionnisme écologique et social à l’échelle des Etats, pour un nouvel internationalisme. » L’ouvrage, très bien documenté fait une analyse de la situation actuelle, u critique du mondialisme et évoque des solutions, notamment proches de la Charte de la Havane qu’ils décrivent comme diamétralement opposée aux directives de l’OMC et de l’UE. Dit autrement, l’OMC et l’UE font tout le contraire de ce qu’il conviendrait de faire si la planète était gérée par des gens responsables."

          Ou plus court, si vous êtes pressé : faire le contraire de ce que préconisent les ultralibéraux.


        • Robert GIL ROBERT GIL 11 mars 2011 10:13

          voici un article qui analyse differentes formes de pensée, faites votre choix...

          http://2ccr.unblog.fr/2010/11/16/le-communisme-le-fascisme-leglise-et-le-capitalisme/


          • JL JL 11 mars 2011 11:47

            Robert Gil,

            on peut dire que le libéralisme comme l’église promet de bonheur, mais toujours pour demain.

            Le fascisme est l’avenir du capitalisme, puisque le capitalisme débridé nous fait passer inexorablementr d’une société de consommation à une société de production : le règne de la consommation de gré ou de force, ostentatoire ou contrainte.

            Nous ne sommes même plus des dindes à qui l’on demande de voter pour la Noël mais des oies qu’il convient de gaver tant qu’elles ont encore peu ou prou de ressources pour payer.


          • xbrossard 11 mars 2011 10:21

            @l’auteur


            se demander si la capitalisme est moral, c’est comme si un disciple de Moise lui aurait demandé, alors qu’il descendait du mont Sinai, si dieu autorise le meurtre...

            L’amoralité, c’est un des critères qui caractérise le capitalisme ; tout comme d’autres idéologies « totalitaire », le capitalisme se base sur une mécanique pseudo-scientifique qui pour marcher, DOIT évacuer toute idée de morale, et donc de choix, et considère ses agents (les êtres humains) comme des éléments simplement réactifs, dont le comportement est parfaitement évaluables.

            Le capitalisme, comme le communisme, est le magnifique exemple des ravages du scientisme pur et dur, qui considère que tout les problèmes pourraient être résolus en négligeant complètement la réalité humaine....tout comme en mécanique on ne tient pas compte des forces du frottement pour étudier des effets, en économie on ne tiens pas compte de « l’humanité » de ses sujets, à savoir les comportements non mécaniques des êtres humains...

            ce n’est pas le capitalisme ou le communisme ou d’autre théories économiques qui sont immorales, c’est le fait de vouloir les appliquer de force, c’est faire croire (par les plus forts) que comme la théorie est « scientifique », il est normal que les pauvres soient à la place où ils sont (la fameuse « TINA » des néo-libéraux), et que pour que le monde aille mieux, il faut appliquer cette théorie la plus complètement possible. 

            C’est pourquoi par exemple on continue à enfoncer la Grèce en utilisant un remède pire que le mal en continuant à l’endetter...

            Quelque part, continuer à se demander si le capitalisme est moral ou pas, c’est perdre son temps, c’est un peu imaginer une société utopique en sachant qu’elle ne pourra jamais être appliqué.

            Il vaudrait mieux passer son temps à se poser la question : pourquoi la majorité d’entre nous continue à cautionner un système qui à terme va écraser une majorité de plus en plus importante de personnes ?


            • philouie 11 mars 2011 13:24

              "se demander si la capitalisme est moral, c’est comme si un disciple de Moise lui aurait demandé, alors qu’il descendait du mont Sinai, si dieu autorise le meurtre...« 

              Salam,

              Je sais bien que c’est complétement hors sujet mais faites vous référence à cet épisode suivant la descente du sinaï ? :

              Exode 32-25 »[moïse] leur dit : - Voici ce qu’ordonne le seigneur, Dieu d’Israêl : « Que chacun de vous prenne son épée, passez et repassez d’un bout à l’autre du camp et tuez vos frères, vos amis, vos voisins ». Les lévites obéirent à Moïse, si bien que trois mille Israélites moururent ce jour là "....

              Philouie


            • xbrossard 11 mars 2011 14:43

              @philouie


              non pas du tout, c’est complètement inventé de ma part....c’était pour montrer que il ne sert à rien de questionner ce qui l’essence d’un mème, puisque son essance le caractérise

              d’un autre coté, votre anecdote est amusante puisqu’elle montre que l’on a beau théoriser quelque chose (« tu ne tueras point ») on atteint rapidement limite de la théorie quand elle va à l’encontre de notre désir de puissance....

            • philouie 12 mars 2011 10:20

              Salam

              merci pour votre réponse.
              Je me rends compte après coup que bien au contraire ma remarque est complètement dans le sujet « le capitalisme peut-il être moral ? » Puisque cette séquence est celle où Dieu chatie les israélite pour avoir adoré le veau d’or.
              La réponse de la bible est ici , non le capitalisme n’est pas moral , il est même mortel pour l’homme.
              On ne peut adoré Dieu et le fric.
              D’un coté un chemin de vie, de l’autre la destruction.

              philouie


            • Jordi Grau J. GRAU 11 mars 2011 10:29

              Bonjour.

              Votre article est riche et intéressant, mais je ne le trouve qu’à moitié convaincant. Je suis d’accord sur un point essentiel : le capitalisme est spontanément en opposition, non seulement à toute morale altruiste, mais aussi à une morale « susceptible de promouvoir l’entraide et la coopération pacifique ».

              Voyons maintenant nos points de désaccord.

              1. Je ne suis pas sûr qu’il faille mettre à part les morales altruistes. En réalité, aucune morale n’est purement altruiste. Tout homme cherche à réaliser ses désirs. Ces derniers peuvent être égoïstes ou altruistes, mais ce sont toujours les désirs d’une personne. Ainsi, en étant altruiste, on réalise aussi son propre but. D’ailleurs, que dit Kant ? Traite toute personne - que ce soit toi ou un autre - comme une fin en soi, et pas comme un simple moyen. Pour Kant, le respect doit aller à tout autre humain, y compris à soi-même.
               
              Il en va de même pour le christianisme. Si le commandement suprême est « Aime ton prochain comme toi-même », alors il s’ensuit logiquement qu’on ne peut bien aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même. Enfin, la morale communiste n’implique aucunement l’immolation des individus à la communauté. Pour Marx, la société communiste sera une libre association d’individus, non un kholkoze stalinien.

              2. Puisque les morales « altruistes » tiennent aussi compte de l’intérêt personnel, il n’est pas sûr qu’elles soient aussi irréalisables que vous le dites. Si le christianisme et le communisme ont échoué à créer une société vraiment morale, c’est parce qu’une minorité a utilisé ces deux doctrines à des fins idéologiques, pour asservir les masses en leur faisant croire que leur devoir était de se sacrifier à une idole (Dieu, l’Eglise, Staline, le Parti, etc.).

              3. Je relève une contradiction (au moins apparente) dans vos propos. Vous dites que le capitalisme suppose une « concurrence libre et non faussée » puis, un peu plus bas, vous concédez que la concurrence est en fait plus ou moins libre, car chaque entreprise a pour but « de détenir le monopole ou la position hégémonique ou au moins dominante sur le marché ».

              4. Vous appelez à un encadrement démocratique du capitalisme. L’intention est louable, mais elle me paraît peu réaliste. Pourquoi les capitalistes ont-ils consenti dans l’histoire à modérer leur avarice ? Pourquoi y a-t-il eu d’importants progrès sociaux aux 19ème et 20ème siècles ? Parce qu’il fallait couper l’herbe sous le pied des révolutionnaires. Bismarck, les travaillistes anglais, la droite gaulliste ont consenti à des compromis historiques parce qu’il fallait sauver le système. Ainsi, les réformes sociales-démocrates ont-elles vu le jour sous la pression de mouvements révolutionnaires. Depuis que ces mouvements se sont affaibli, la sociale-démocratie est devenu social-libéralisme, et les réformes sont devenues des régressions.


              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 mars 2011 14:29

                Excellent commentaire auquel je vais m’employer (tenter) de répondre point par point.


                1) Il est discutable d’affirmer que la morale chrétienne ne soit pas sacrificielle de ses désirs propres au profit de l’amour du prochain et de Dieu (ce qui est tout un pour un chrétien). Le péché, le mal originel, est inscrit, pour le christianisme, dans l’amour de soi, appelé « orgueil » et exige le sacrifice de soi et le renoncement soi (humilité). La charité chrétienne ne commence pas par l’amour de soi-même mais par l’amour du prochain, à l’image du sacrifice consenti du Christ pour sauver l’humanité par delà (de) la mort.

                Ceci dit il y a un narcissisme masqué (dénié) du chrétien qui consiste à s’aimer soi-même au service de Dieu et du prochain en vue de son salut post-mortem. Mais la culpabilisation et la condamnation (au sens littéral) de la recherche du bonheur (ou désir) propre (dit égoïste) ici-bas, comme manifestation d’orgueil, est permanente dans la tradition chrétienne. 

                2) Il faut donc distinguer une morale altruiste sacrificielle par rapport à une morale altruiste qui fait de la recherche du bonheur réciproque ou mutuel ici-bas une condition du bonheur personnel, mais il ne s’agit plus de morale religieuse dès lors qu’elle ne relève d’aucun commandement divin et de l’espérance en un salut post-mortem. Cette morale n’est en rien absolue : elle est relative, humaniste ou libérale en tout cas immanente et suppose la volonté de justice et d’intérêt mutuel ou général donc l’exigence de politique libérale et de droits universels. 

                3) En effet le capitalisme est traversé par le conflit entre la nécessité globale de la concurrence au niveau macro-économique et le désir de monopole au niveau micro-économique. C’est pour quoi le politique doit intervenir macro-économiquement pour réguler la libre concurrence (il n’y a pas de liberté sans règles du jeu), non faussée par le désir et le danger permanent monopolistique spontané de chaque entreprise.(« le renard libre dans le poulailler libre » est le contraire de la liberté économique : il génère la dictature du fort sur le faible, voire l’élimination de ce dernier) 

                4) En effet l’encadrement démocratique du capitalisme, à l’échelle mondiale, reste à penser. J’ai l’intention de publier un prochain article sur le sujet, mais je peux dire, dès maintenant, que toute tentative de nationaliser ce problème est vouée à l’échec, de même que toute tentative de réduire les droits démocratiques, y compris dans le domaine économique, me semble porter le danger totalitaire (de droite ou de gauche) comme les nuées portent l’orage. 

                Les luttes (de classes) pour la justice sociale et l’écologie s’inscriront dans un projet internationaliste ou seront écrasées et/ou détournées et trahies par des régimes plus ou moins totalitaires de type socio-nationalistes.



              • Marc P 11 mars 2011 16:52

                Pour un chretien qui croit à la vie éternelle, ne pas tout faire pour la faire advenir, c’est se faire violence, ce que vous appelleriez se « sacrifier »... tout est à l’envers, puisqu ils sont riches de leur pauvreté......Meme si aux yeux des autres ils se sacrifient... à leurs yeux ce sont les autres qui son sacrifiés au nom des valeurs du monde...


              • PhilVite PhilVite 11 mars 2011 10:50

                « La morale publique et laïque (ou mieux la justice sociale) et les droits des hommes relèvent de l’autorité de la politique et non de l’économie (capitaliste fractionnée ou d’état, comme l’expérience historique l’a montré). »

                Hélas, c’est là qu’est l’os !

                Quand le politique (par la faiblesse et la médiocrité de ses acteurs) n’est plus qu’une marionnette de l’économique (par la puissance de son porte-monnaie), alors le capitalisme déraille et massacre la piétaille. C’est ce qu’on vit aujourd’hui.


                • Marc P 11 mars 2011 10:53

                  Bonjour,

                  1) N’oublions pas la main invisible (en Anglais, je crois qu’on dit la main « cachée »-« hidden »- c’est un peu différent....) dont la cécité de fait loi... (bon, pas toujours, c’est pour faire un « bon » mot...

                  2) Adam Smith a mené la vie d’un saint ou presque... (se ruinant dans des dons charitables)... mu par l esprit d’un christianisme ardent...

                  3) L’économie en soi comme trop souvent la religion est du domaine de César ; c’est l’amour pour son prochain (ou l’altruisme) qu’on mobilise pour la mettre en oeuvre ou la gérer qui la rend chrétienne, voire musulmane ou bouddhiste en esprit, avec toutes les imperfections qu’on sait...

                  4) la foi s’auto-alimentant en règle général, les effets prodigieux sont accessibles ou perceptibles à celui qui y croit avant de les expérimenter, ou qui les recherche ardemment et sincèrement avec une bienveillance sans bride... (pour le croyant leur expérience est l’effet d’une grâce). Mais bien sûr les effets des intentions et des motivations de l’esprit de l’amour ou de la volonté de faire advenir un monde meilleur sont visibles et perceptible par tous y compris rationnellement... il s’agit d’une dispsosition d’esprit...  smiley

                  Quand à la définition du travail... Elle est encore en chantier puisqu’on y travaille...

                  Cordlt

                  Marc P


                  • Marc P 11 mars 2011 11:25

                    « les effets »prodigieux« sont accessibles ... » :

                    il s’agit des effets prodigieux de la foi ou de l’amour favorisant une économie équitable (morale), efficace et procurant la satiété matérielle, affective, psychique ou mentale....

                    pardon pour ce manque de clarté...


                    • DG. DG. 11 mars 2011 12:28

                      le capitalisme est anti-moral par nature, car c’est un système autonome qui se nourrit de lui-même, ce qui implique qu’il ne peut que croitre ou mourir.
                      autrement-dit c’est un système totalitaire par essence.

                      contrairement au libéralisme, qui pose la question de la moralité dans l’acte économique, soit comme cause soit comme effet, mais toujours du point de vue économique, chose que l’on peut retrouver chez Bastiat par exemple.


                      • eric 11 mars 2011 14:57

                        J’ai craque en route mais est ce bien important. La production de biens marchands ? Aux etats unis, les services c’est a peu prêt 80 du PIB, alors ces questions ne sont elles pas un peu marginales dans une économie moderne ?
                        Les actionnaires s’adjugent en France de l’ordre de 5% de la VA après impôts en dividendes. Est ce moral, immoral, significatif par rapport aux autres 95% ?
                        Prenez une banque. Service qui bosse avec pour l’essentiel de l’argent qui ne lui appartient pas. Les actionnaires, qui ne détiennent en propre qu’une très faible fraction de l’argent géré, sont contraint de payer des fortunes la force de travail pour espérer avoir les meilleurs. Beaucoup de gens considèrent comme immorales, les rémunérations que la force de travail arrive ainsi a exploiter a ses propriétaires capitalistes. Faut il s’en indigner, s’en réjouir ? Conclure que force de travail ou capital, l’homme n’est pas moral ? QUe le christianisme n’est pas compatible avec l’homme ? La, oui, il y a une piste. D’ailleurs, c’est ce que dit la bible. Incapable par nous même du moindre bien...et les chrétiens qui s’en remettent a la grace de Dieu.


                        • agent orange agent orange 11 mars 2011 16:20

                          @ l’auteur

                          Avez-vous essayé le « fordisme » ?


                          • JL JL 11 mars 2011 17:24

                            « Mahatma Gandhi, que pensez vous de la civilisation occidentale ? » Gandhi : « je pense que ce serait une bonne idée. »


                            • GéraldCursoux AnnO’Nyme 11 mars 2011 20:23

                              Il n’y a pas de moral là dedans ! Qu’est-ce que le capitalisme ? En agriculture la « semence » est la production non consommée qui est replantée pour produire de nouvelles récoltes ; le « rendement » exprime le rapport entre ce qu’on récolte et ce qu’on plante. Dans l’industrie et les services on appelle « capital » (Le Robert) la part de la production de biens et de services non consommée qui est investie pour produire de nouveaux biens et services ; le « retour sur investissement » exprime le rapport entre ce qui est produit et ce qui est investi. Y a-t-il une autre façon de produire des biens et des services que celle consistant à utiliser un « capital » ? Non. La question de savoir qui doit détenir le « capital » est essentiellement politique ; l’autre question de la juste répartition de la richesse produite une fois assurée un « juste retour sur investissement » est aussi politique. Mais quelques soient les réponses que l’on donne à ces deux questions, on vit bien dans un système capitaliste. Que celui qui en connaisse un autre lève le doigt !


                              • Dogen 11 mars 2011 20:43

                                « Le capitalisme est le système de production et d’échanges de biens marchands dans lequel celui qui dispose d’un capital de départ vise à maximiser son profit propre (privé) en faisant usage du travail ou des services de salariés qui vendent ou louent leur force de travail au profit de qui les emploie et les paie, à savoir de qui dispose par son propre fonds ou par emprunt d’un capital financier pour ce faire. »

                                Le capitalisme est un systeme economique grace auquel tout individu peut utiliser une somme d’argent (appelee capitale) qu’il possede ou qu’il empreinte, pour effectuer une activite commerciale ou industrielle lui permettant d’offrir un emploi et un salaire a d’autre personnes, et de creer des richesses pour son pays tout en realisant un profit pour lui meme, generant ainsi des gains pour toutes les parties impliquees.

                                Ma definition est aussi valable que la votre, vous en conviendrez.
                                C’est incroyable a quel point une simple et juste definition peut servir de vecteur a tout un systeme de pensee.

                                Personnellement, lorsque je sais, par la lecture d’une simple definition, ce que va dire l’auteur, je me mefie.


                                • Dogen 11 mars 2011 23:23

                                  @Jean-Pierre L

                                  « Ce conflit entre »profit« et »salaire« peut être résolu.
                                  Pour un Nouvel Ordre Socio-Économique Français Équitable ! »

                                  La tentative est louable, mais visiblement, les auteurs de ce projet ne connaissent absolument rien a l’economie...

                                  A titre d’exemple, la valeur reel de leur allocation mensuel en 2109, si on retient une inflation annuelle raisonable de 3.5%, est de 30 euros...

                                  Ca va pas sortir grand monde de la misere ;)


                                  • ddacoudre ddacoudre 12 mars 2011 00:00

                                    bonjour sylvain
                                     à ta question je répondrais oui, sauf que le commerce est devenue l’illusion où l’homme peut exercer ces instincts dominateur.
                                    depuis longtemps nous avons construit des dominants systémiques, dont la religion en est un au même titre que celui que nous avons fondé en la loi du marché.
                                    il semble que la loi du marché s’émancipe de la régulation de la compétition par le fameux moyen de la responsabilité morale de l’entreprise, nous avons, comme dans d’autres domaines, humanisé un outil.
                                    l’entreprise n’est qu’un dominant systémique par lequel l’on justifie d’abandonner pour raisons économiques les règles morales qui sont la marque d’une civilisation pour sortir non de l’animalité mais du cloaque engendré par la sédentarisation et la concentration humaine.
                                    la SA est devenu l’instrument de la « déresponsabilisation » des propriétaires. la SA est le dominant et les hommes ne sont que des valeurs ajustables, à ton déjà vu un conseil d’administration condamné.
                                    je cite toujour l’’exemple de elf, c’est l’entreprise qui a étét condamné, elle a inscrit la facture dans le compte des charges, et c’est le client qui paiera et non les actionnaires véritable patron.
                                    là aussi nousavons un modèle de comptabilisation dominant qui n’est qe le produit de la manière dont nousavons consu nos relations sociale et économique.
                                    de l’antiquité à1804 la relation du travail est du servage, donc de la relation contrainte hérité de la position doinant dominé structuré par la naisance souvent comme dans la grèce antique.

                                    à partir de 1804 nous passons au louage de la force de travail et passons à la notion de contrainte volontaire, sans que cela change la relation dominant dominé, et nous savons que seul le conflit antagoniste nourri par la république et la laïcité ont permi aux capitaliste de s’inscrire dans une croissance. lucrative.
                                    doncà aujourd’hui nous avons passer l’hommes au second plan il est soit le gestionnaire des dominants systèmiques, soit sont salariés volontaire.
                                    nous ne sommes pas sorti de notre comportement instinctif dans la relation au travail alors que civilement nous moralisons nos relations sociale par le principe républicain et laïcque.
                                    c’est cela qui ous reste à faire dans le domaine économique, mais cela implique de modifier un certain nombre de modéle de comptabilisation, ou modifier nosrelation pour que ces modèles se modifient en reproiduisant nos comportements, de la même manière qu’ilse sont construit en les copiant.

                                    Nous pouvons convenir que lorsqu’un particulier prend l’initiative d’un investissement créatif, il est normal qu’il dispose des revenus et profits de ce dont il est le propriétaire.

                                    Mais lorsque son projet doit utiliser l’aide de tiers, alors c’est lui qui est demandeur ; et c’est une évidence que de comprendre que sans ces aides, il ne parviendrait pas à ses fins.

                                    De fait une collaboration s’impose, et si le propriétaire veut être le maître absolu de ses décisions, s’il veut disposer du fait du prince, alors il doit rester seul. Dans tous les autres cas il y a une collaboration à imaginer pour que le propriétaire conserve les profits de son investissement et atteigne ses buts, sans s’approprier ceux générés par les tiers. L’histoire de l’impuissance collective a conçu des maîtres plutôt que des guides. Le reconnaître ne la rend pas irréductible ; et si le code civil a analysé en 1804 la « marchandisation » de la force de travail comme du « louage de service », donc du marchandisage, je pense que depuis 1804, il est intervenu bien des événements culturels (développement des sciences) qui nous permettent de concevoir notre activité de travail complexes entre adultes culturalisés, comme une relation humaine, et non un conflit d’intérêt.


                                    cordialement.


                                    • velosolex velosolex 15 mars 2011 19:53

                                      Capitalistes et pornographes se contrefoutent bien de la morale.
                                       Mieux, leur jouissance s’élabore dans la transgression, et dans la recherche de la domination.

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