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La Chimie verte

La raréfaction du pétrole dans le monde au-delà du Peak Oil ( 2040 à mon humble avis) va créer des problèmes plus ou moins faciles à résoudre en fonction des applications différentes du pétrole. Nous avons vu que, pour tout ce qui est production d’énergie pour le chauffage ou l’industrie, un cocktail de production d’électricité à base d’énergies renouvelables (éolien, solaire, géothermie, biomasse), de gaz, de charbon et de nucléaire devrait suffire à satisfaire l’accroissement de la demande. Pour les transports, le problème est beaucoup plus épineux, car l’électricité ne se transporte pas et ne se stocke pas. Il faudra donc soit produire des carburants synthétiques - et les méthodes existent à partir du gaz ou du charbon-, soit s’orienter vers un autre carburant transportable comme l’hydrogène.

Il est un autre domaine qui posera problème et dont on pous parle peu, qui est celui de toute une gamme de produits chimiques, actuellement élaborés à partir de coupes pétrolières bien définies, les naphtas, qui sont des combinaisons dans certaines proportions de différents types d’hydrocarbures légers, saturés ou insaturés (butane, propane, éthane, éthylène, propylène, etc.). Ce sont, en particulier, les matières plastiques de tous types, dont notre industrie ne saurait se passer, et de manière plus générale toute la chimie organique, c’est-à-dire celle du carbone et de l’hydrogène, qui dérivent de ces grands intermédiaires. Et à partir de cette chime organique, les produits pharmaceutiques, qui en sont une branche.

Il faut donc trouver de nouvelles sources de carbone, disponibles en large quantité et pas chères car ces produits, par leur adossement au pétrole, sont actuellement peu coûteux. La réponse vient des produits agricoles et de la biomasse.

La biomasse, ce sont tous les résidus de végétation qu’on trouve dans les champs et les forêts sans les utiliser. Elle existe en quantité mais a un inconvénient, c’est que le carbone y est présent sous forme de lignine, qui est un hydrate de carbone compliqué et difficile à transformer pour les produits qui nous intéressent.

Les autres composants utilisables dans une plante sont les sucres et l’amidon, qui sont présents à des taux divers suivant les plantes considérées. La betterave est particulièrement riche en sucres, et le maïs en amidon. Autre familles de produits pouvant être utilisés pour des applications non alimentaires, les oléagineux.

Les grands de la chimie ont tous des programmes de recherches en place pour trouver les composés de demain qui permettront de remplacer les produits multiples de tous les jours qui dérivent du pétrole. C’est néanmoins une tâche très complexe, qui prendra une trentaine d’années et qui aura des implications pour les productions agricoles elles-mêmes. Il faudra en effet faire pousser les plantes anciennes ou nouvelles qui auront des applications dans cette chimie verte.

Quelques difficultés sérieuses à prévoir :

-Les chercheurs ne pensent pas,en l’état actuel de leurs recherches, pouvoir trouver des alternatives à tous les produits issus du pétrole comme certains plastiques à haute performance. Il faudra sans doute réserver le pétrole à certaines applications chimiques qui ne seront pas remplacables. Ces utilisations se trouveront en compétition avec l’application la plus difficile à remplacer, celle des transports.

-Il n’est pas certain que les surfaces agricoles disponibles sur le globe permettent de répondre à tous les besoins. Celle des productions agricoles pour nourrir une population en augmentation constante, celle des biocarburants et, donc, celle des produits agricoles à application non alimentaire.

- L’eau nécessaire pour toutes ces nouvelles productions agricoles sera-t-elle suffisante ? Il faudra en tous cas introduire la composante "consommation d’eau" dans le choix des plantes nouvelles ou anciennes à exploiter pour ces nouvelles applications.

À suivre…

 


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3 réactions à cet article    


  • HKac HK 21 décembre 2005 12:34

    Bonjour,

    Oui vous posez de bonnes questions. La crise des énergies fossiles ne se résout pas uniquement aux activités de transport, de climatisation et de chauffage.

    La civilisation industrielle, dans ses moindres aspects, actuelle est assise sur le pétrole. Le pic pétrolier n’arrivera probablement pas subitement. Des signes avant-coureurs se manifesteront. Certains marchés du pétrole seront plus tendus que d’autres au fur et à mesure des difficultés d’extraction du pétrole (schistes bitumineux, off-shore de plus en plus profond...). Il y aura peut-être donc une succession ou une collision de crises sporadiques. Et tout cela sur quelques décennies !

    Nos économistes ont cette sorte de « myopie marketing » qui ne consiste qu’à voir les effets les plus directs liés au pétrole. Vous soulignez for pertinemment que l’accroissement du substitut végétal au pétrole demandera un apport nouveau en eau. Nous avons là un cas assez typique de « systèmique » où le pétrole, risque non seulement de générer sa propre crise, mais risque d’entrainer d’autre crises imprévisibles telles que :
    - la nécessité de trouver de nouveaux territoires agricoles (au dépends de quoi ? des espaces sauvages ? de populations qui ne pourront pas se défendre ?),
    - le partage de l’eau et la création de barrages de retenue qui traversent plusieurs pays,
    - la multiplication de centrales nucléaires et donc l’accroissement de la probabilité d’un accident majeur de type Tchernobyl ou Three Miles island,
    - une fracture encore élargie entre les pays riches et les pays pauvres.
    - ...

    Comme quoi, à notre époque et selon la théorie des dominos, une crise peut engendrer une série entière de défis à relever dans un monde de plus en plus instable. A titre personnel, je n’entrevois aucune solution miracle de type « soft ». La possibilité d’un changement de paradigme civilisationnel planètaire n’est pas exclu avec peut-être la nécessité d’envisager une nouvelle voie dans le développement de l’humanité à l’échelle planétaire. Je vous recommande la lecture suivante extraite d’un livre The Long Emergency, un extrait disponible sur le magazine Rolling Stone et dont l’auteur est JAMES HOWARD KUNSTLER. Bonne journée à tous.


    • Neuromancer (---.---.25.218) 21 décembre 2005 20:49

      Le pétrole, et son utilité essentielle au fonctionnement de nos industrie, donc de notre mode de vie, ne constitue pas la cause d’une crise qui s’emballe. La science améliore quotidiennement les rendements d’exploitation des gisements pétroliers, et on commence pas exploiter de nouveaux puits, auparavant non rentables, comme les sables bitumineux de l’Alaska.

      Le prix du pétrole augmente, mais on peut toujours en acheter. Les prix continueront donc d’augmenter, mais en douceur, de telles sortes que de nouvelles formes d’énergie deviendront plus rentable, et remplaceront graduellement le pétrole. L’économie, avec l’appui de nouvelles percées technologiques, aura le temps de s’adapter. Il n’y aura pas de crise, pas de révolution de pensée.

      Il se pourrait bien que ce soit l’électricité notre nouvelle forme d’énergie. Les sources d’électricité deviennent multiples (panneaux solaires imprimés sur les vêtements, par exemple). Récemment, une société japonaise a annoncé la création d’un nouveaux type de batterie, qui se recharge à 80% de ses capacités, en quelques secondes.

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