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Accueil du site > Actualités > Economie > La Chine fait des affaires, pas de l’humanitaire !

La Chine fait des affaires, pas de l’humanitaire !

« L’Afrique est-elle un continent à la dérive ? Ne recèle-t-elle pas en elle des ressources morales et matérielles pour en finir avec les fléaux qui l’accablent ? N’est-elle pas capable de se gérer sur les plans politique, économique, social et culturel ? Comment l’Afrique peut-elle se révéler au monde sous son meilleur jour ? », s’interrogeait Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, lors d’une journée thématique consacrée à l’Afrique - 7 décembre 2005 - et organisée par la Cade (Coordination pour l’Afrique de demain). Au cours de cette même rencontre, Michel Rocard n’hésitait pas à déclarer que « les grands investissements des multinationales dans le pétrole ou les ressources du sous-sol n’ont aucun effet d’entraînement car elles ne font pas travailler de sous-traitants et elles ne créent pas de valeur ajoutée locale. Il estimait absurde le dogme du libre-échange qui ne doit pas être un tabou : « [...] il faut remplacer le libre-échange par l’autosuffisance alimentaire et par le développement autocentré ». L’appel du président sud-africain Thabo Mbeki au continent noir : « ne pas se plier à un nouveau colonialisme au profit de la Chine assoiffée des matières premières africaines » est-il suivi d’effets ?

Plus de 60% de la population africaine ont moins de 24 ans. Ce groupe représente un pourcentage croissant de la population. Au cours des dix à vingt prochaines années, l’explosion démographique exercera des pressions sur l’emploi, l’éducation, les services de santé, ainsi que sur la reconnaissance et le leadership des collectivités.

L’eau abonde en Afrique, mais elle est mal répartie. Plus de 300 millions de personnes n’ont pas accès à une eau salubre et à des services d’assainissement adéquats. Près de la moitié de la population souffre de maladies hydriques. L’accroissement de la population, l’industrialisation, la désertification, des pratiques agricoles non durables et les changements climatiques épuisent les ressources en eau.

Les défis de l’Afrique

· Un Africain sur deux vit avec moins d’un dollar américain par jour ;

· 45 millions d’enfants africains ne vont pas à l’école ;

· Plus de 26,6 millions de personnes sont porteuses du VIH ;

· Un Africain sur cinq est touché par un conflit ;

· 14 pays souffrent d’une pénurie d’eau et 11 autres s’ajouteront au nombre d’ici 2025 ;

· Environ 500 millions d’hectares, dont 65% servent à l’agriculture, souffrent de la dégradation depuis 1950 ;

· L’Afrique compte 13% de la population mondiale, moins de 1,6% du commerce mondial et moins de 1% des investissements mondiaux.

Ces statistiques pourraient repousser les investisseurs. L’Afrique ne reçoit que 1% de tous les investissements directs étrangers dans le monde. Qu’est-ce qui attire la Chine en Afrique ?

La Chine a découvert un marché presque sans limites pour ses produits bon marché, alors que des pays riches en pétrole comme le Nigeria et l’Angola peuvent lui fournir des ressources naturelles permettant d’alimenter sa croissance. La Chine puise une part importante des matières premières et de l’énergie qui nourrissent sa forte croissance économique. Selon l’agence Chine nouvelle, en 2006, les échanges commerciaux avec l’Afrique ont atteint 55,5 milliards de dollars, une hausse de 40% par rapport à 2005, selon des chiffres du ministère du Commerce. D’après l’agence, les investissements chinois cumulés sur le continent ont atteint 6,6 milliards de dollars. Le gouvernement chinois envisage par ailleurs de signer des accords d’exemption de dettes de 33 pays africains lourdement endettés et parmi les moins avancés : dette qui devrait donc être annulée avant fin 2007.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, Hu Jintao a fait du continent africain une de ses priorités en matière de coopération. Le président chinois Hu Jintao entame sa deuxième tournée en moins d’un an et sa troisième en Afrique depuis son arrivée au pouvoir. D’ici le 10 février, il aura traversé au pas de charge huit pays d’Afrique : Cameroun, Namibie, Seychelles, Liberia, Zambie, Mozambique et enfin le Soudan. Soucieux de montrer que les relations sino-africaines ne se réduisent pas à des rapports de convoitise, Hu Jintao propose cinq milliards de dollars de prêts et de crédits au continent, ainsi que le doublement de son aide. Le président chinois s’est rendu à ce jour au Cameroun et au Liberia : il a annulé la dette du Cameroun envers Pékin et promis près de 100 millions de dollars de crédits et de prêts bonifiés.

La générosité chinoise a des limites. Selon une étude de la Fondation Friedrich Ebert, la valeur des importations de la Chine vers le Cameroun ont été croissantes de 2001 (34 millions de Fcfa) à 2004 (67 milliards de Fcfa), en passant par 2002 (45 milliards Fcfa). En contrepartie, les exportations du Cameroun à destination de la Chine ont stagné respectivement à près de 21 et 20 milliards en 2003 et 2004. Que ce soit en 2003 ou en 2004, la balance commerciale entre la Chine et le Cameroun a été largement déficitaire pour le Cameroun et bénéficiaire pour la Chine.

La Chine a annulé la totalité de la dette du Liberia, soit 15 millions de dollars. Peu après son arrivée à Monrovia, M. Hu Jintao s’est entretenu avec son homologue libérien, Ellen Johnson Sirleaf, qui a dit souhaiter « mettre (sa) population et (ses) jeunes au travail. Mais pour cela nous avons besoin du soutien de capitaux et d’investisseurs privés. Nous comptons donc sur vous et votre pays pour nous aider dans cette voie  ».

C’est le passage de Hu Jintao au Soudan qui suscite le plus de réactions. Le nouveau secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait demandé au président chinois de soulever la question de l’envoi d’une troupe mixte de l’ONU et de l’Union africaine au Darfour lors de son passage à Khartoum. Avant le début de la tournée africaine de Hu Jintao, un responsable aux Affaires étrangères chinoises avait affirmé que son séjour au Soudan « ne renforcera pas seulement les relations bilatérales mais aussi la paix et la stabilité dans la région ». Dans le communiqué distribué par la délégation chinoise aux journalistes à l’aéroport de Khartoum, il n’était plus question que de consolider les relations amicales et la coopération entre la Chine et le Soudan. « Le Darfour fait partie du Soudan et c’est à vous de résoudre le problème  », aurait dit Hu Jintao au président Omar Hassan al Bachir. Le président chinois est en voyage d’affaires et il vient de le rappeler de façon brutale en négligeant les appels de la communauté internationale sur la question du Darfour : le Soudan vend une grande partie de son pétrole brut à la Chine, dont l’économie en pleine expansion consomme beaucoup d’énergie, et lui achète des armes.

Le commerce entre la Chine et le Soudan s’est rapidement développé. Au cours des onze premiers mois de l’an dernier, il a atteint 2,9 milliards de dollars. La Chine, qui absorbe 60% de la production pétrolière soudanaise, est déjà le premier partenaire économique étranger du pays. La China National - Petroleum Corporation (CNPC), possède 40 % des actions de la Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), qui elle-même contrôle deux des plus importants gisements pétroliers dans le Haut-Nil occidental, au Soudan. La Chine a accepté d’accorder au Soudan un prêt sans intérêt de 12,8 millions de dollars américains et un don de 5,1 millions pour divers projets.

De nombreuses organisations des droits de l’homme ont dénoncé les activités des compagnies chinoises qui ont provoqué des expulsions en masse des populations civiles par l’armée soudanaise. Les Chinois
- ils sont quelques milliers dans la région - ont notamment construit le pipe-line qui relie les champs pétroliers du sud à la mer Rouge et achèvent un barrage sur le Nil. Des milliers d`expatriés chinois travaillent aussi dans le bâtiment.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Li Zhaoxing, interrogé, lors de sa tournée en Afrique du 31 décembre au 7 janvier dernier, sur le rapprochement de Pékin avec des pays accusés de violations des droits de l’homme, notamment le Soudan et la République centrafricaine, avait répondu : « Savez-vous ce que signifient les droits de l’homme ? C’est fondamentalement le droit de survivre et de se développer  ». Le ministre chinois vient d’effectuer une visite au Bénin, en Guinée équatoriale, en Guinée-Bissau, au Tchad, en République centrafricaine, en Érythrée, et au Botswana.

La Chine s’installe en Afrique sans prendre en compte les questions des droits de l’homme ou les facteurs écologiques. Elle démontre une non-ingérence et une indifférence complète à l’égard de ces réalités en négociant directement avec des despotes africains qui apprécient le fait qu’aucune condition ne soit exigée aux relations bilatérales, comme c’est souvent le cas avec les pays occidentaux. La Chine s’impose en Afrique par le principe d’investissements paraissant fort généreux.

Certains observateurs voient une forme d’exploitation dans les relations établies par le géant chinois avec des pays comme la Guinée-Bissau. Ils estiment que les cadeaux chinois - la construction du Parlement et de maisons pour les dirigeants de l’armée à Bissau - ne sont que la contrepartie de traités maritimes récents liant la Chine à l’ancienne colonie portugaise. John Blacken, ancien ambassadeur des États-Unis en Guinée-Bissau, estime que la Chine a pêché pour 85 millions de dollars (64 millions d’euros) de poissons dans les eaux territoriales de la Guinée-Bissau. Le Parlement n’a coûté que 6 millions de dollars (4,5 millions d’euros). Le gouvernement de Guinée-Bissau « ne semble pas comprendre qu’il se fait systématiquement voler  ».

Selon les statistiques du Centre d’investissements de la Zambie, environ 200 compagnies chinoises se sont installées dans ce pays depuis 1964 dans les secteurs de l’exploitation minière, du textile, de la construction, des finances, de l’agriculture, de la santé et de la restauration. Avec un montant de 500 millions de dollars fin 2006, la Chine est arrivée en troisième position dans les investissements en Zambie, après l’Afrique du Sud et la Grande-Bretagne. Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays sont passés de 20 millions de dollars dans les années 1990 à 300 millions de dollars en 2005.

La coopération entre la Guinée équatoriale et Pékin date de 1970. En février 2006, un accord de partage de production pétrolière a été signé entre Malabo et une société chinoise. C’est dire que cette coopération s’est renforcée depuis que la Guinée équatoriale s’est hissée au rang de 3e producteur de brut d’Afrique subsaharienne. La Chine a accordé à Malabo - l’an dernier - des crédits pour plus de 2 milliards de dollars destinés à des secteurs de développement qui devaient être identifiés par le gouvernement équato-guinéen.

Le modèle chinois du « win-win » (gagnant-gagnant) - ce nouveau jeu économique où, selon Pékin, il n’y aurait a priori aucun partenaire perdant - ne serait-il, finalement, qu’une nouvelle forme de néocolonialisme drapé des illusions d’un développement Sud-Sud ? «  Dans les années 1980, écrivait Jean-Christophe Servant, du mensuel Le Monde diplomatique, en mai 2005, alors que le Nord et l’URSS se retirent de l’Afrique et que l’aide occidentale au développement chute de moitié, Pékin maintient ses liens. Mais, abandonnant l’exportation de sa boîte à outils révolutionnaire, la Chine se consacre désormais à l’essor de son commerce extérieur et de ses investissements à l’étranger. Lorsque la géopolitique de l’après-guerre froide et l’évolution incertaine du Proche-Orient ramènent les pays du Nord en Afrique, notamment pour diversifier leurs approvisionnements pétroliers, elle est déjà devenue l’« usine du monde » et convoite les matières premières du continent. [...] Dans de nombreux pays en crise ou en délicatesse avec la diplomatie occidentale, Pékin engrange les fruits de sa doctrine de non-ingérence dans les affaires intérieures. Les relations avec le Soudan - au ban des Nations unies en raison, notamment, de la situation au Darfour - sont exemplaires d’une stratégie sans états d’âme. Pour la Chine, nous explique Mme He Wenping, directrice adjointe du département relations internationales de l’Institut des études africaines de la faculté des sciences sociales de Pékin, "la protection des droits de la personne ne saurait contraindre l’exercice de la souveraineté nationale." Il ne fait aucun doute que les succès rencontrés par Pékin en Afrique ont bénéficié de cette vision, même si ce n’est pas l’unique point commun [que la Chine partage avec ses] partenaires africains ».

Monsieur Hu Jintao

Élu président de la République populaire de Chine en 2003, Hu Jintao est secrétaire général du comité central du PCC, vice-président de la commission militaire centrale du PCC et président de la commission militaire centrale de la République populaire de Chine.

Fils de commerçants, né le 21 décembre 1942 à l’ouest de Shanghai, à Jixi, province de l’Anhui, Hu Jintao, il adhère au parti communiste chinois (PCC) en avril 1964. En 1992, Deng Xiaoping s’intéresse à lui de près et décide de le propulser vers le sommet. Hu Jintao est surtout connu pour son rôle dans les massacres de manifestants dans la région autonome du Tibet en 1989, alors qu’il en était l’administrateur, et la main qu’il a parfois eue très lourde à l’égard des médias. Il a créé au sein du PCC un département de la propagande pour contrecarrer les assauts de la presse libérale.


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39 réactions à cet article    


  • ZEN zen 6 février 2007 11:39

    Article intéressant et bien informé.

    Il arrive à Rocard de dire des choses sensées... :

    « les grands investissements des multinationales dans le pétrole ou les ressources du sous-sol n’ont aucun effet d’entraînement car elles ne font pas travailler de sous-traitants et elles ne créent pas de valeur ajoutée locale. Il estimait absurde le dogme du libre-échange qui ne doit pas être un tabou : [...] il faut remplacer le libre-échange par l’autosuffisance alimentaire et par le développement autocentré ».,cite l’auteur

    Qu’il en parle à l’OMC...


    • chiche (---.---.226.221) 6 février 2007 14:19

      plus d’infos sur www.sauverledarfour.org


      • pragma (---.---.185.228) 6 février 2007 15:48

        La France a trois armes, pour combattre cet état de fait : la repentance, le droit d’ingérence et la bien-pensance ... En Afrique, il y a de plus en plus de Jaunes, et de moins en moins de Noirs : ils viennent en France ! Un constat, simplement...


        • Rdlm (---.---.114.107) 6 février 2007 19:39

          En 20 ans la chine a sorti de la pauvreté pas loin de 500 milions de chinois soit pas loin de la population totale de l’afrique !

          Et si grace à la chine les africains sortaient de la pauvreté (oui, je sais, il y a de la corruption en Afrique mais pas plus qu’en Chine) ?

          Ah non, j’oubliai, un africain qui travaille c’est un français de plus au chomage à cause des délocalisations !

          Merde, quoi ! Faut savoir ce que vous voulez ! Aider les pauvres à rester pauvre comme la France sait si bien y faire et vous donner bonne conscience en donnant 10euros aux victimes du tsunami, soit sortir les pauvres de la misère ce qui signifie perdre des emplois en france et/ou payer plus d’impot et/ou gagner moins d’argent...

          La liberté ? heu, entre manger et la liberté de la presse, je choisi manger (de toutes façons, je sais pas lire) !


          • Alex (---.---.173.172) 6 février 2007 19:45

            Tout cela est très intéressant. Très bon article. On devrait aussi entendre plus souvent parler de ce que fait la France en Afrique, qui n’est pas bien mieux que ce que fait la Chine. C’est même plus hypocrite d’ailleurs, car la Chine n’affiche pas de prétention humanitaire et ne cache pas trop les points noirs de ses relations avec l’Afrique. Alors que derrière les beaux discours de notre cher président, il y a les soutiens aux pires dictatures d’Afrique (Togo, Congo, Gabon... la liste est longue !), validations d’élections truquées, aide au développement détournée, domination économique par la dette, l’OMC, les privatisations... Le néocolonialisme en somme.


            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 6 février 2007 19:58

              Il est clair qu’il existe une approche différente, voire fondamentalement opposée, entre la Chine et la France. La Chine n’aborde pas, dans ses relations d’affaires, la question des droits humains (non-ingérence). La France est intervenue en Afrique en arbitre régional (pour des raisons humanitaires ou pour des raisons de stratégie nationale ?).

              Ne pas investir pour des motifs de lutte à la corruption ne ferait pas très sérieux au vu de ce qui se passe ailleurs dans le monde. Elle n’a de leçon à donner à personne au chapitre des droits humains. Et elle n’en donne tout simplement pas. Sagesse orientale ? La Chine se garde bien de se placer dans cet engrenage. Elle n’a, pour ainsi dire, pas d’émotions dans les affaires !

              Pierre R.


              • Makan (---.---.1.178) 6 février 2007 20:53

                Tous ces articles sur la Chine et l’Afrique ne sont-ils pas révélateurs d’une certaine nervosité de l’Occident face à la montée en puissance de l’Empire du Milieu ?

                L’Occident a eu le temps de faire ses preuves en Afrique. Il faut reconnaître que ses méthodes ne marchent pas sur ce continent. Peut-être que c’est la faute à nous Africains, mais je pense qu’il est temps qu’on essaie autre chose.

                Le monde multipolaire tant réclamé par M. Chirac est peut-être entrain de naître sous nos yeux. Mais peut-être ne le rêvait-il pas de cette manière... Personne en Occident n’avait imaginé que ce monde-là signifierait l’émergence d’une puissance économique et militaire rivale, qui ne respecterait aucune des règles (vérités ?) dictées par ceux-là qui dominent la planète depuis quelques siècles déjà.

                Il paraît que les Chinois disent : « Puissiez-vous vivre en des temps intéressants ! ». Je suis très heureux d’assister à ce match même si je suis conscient du risque d’être plus le ballon qu’un joueur. smiley


                • oj (---.---.130.154) 7 février 2007 01:20

                  la chine est millénaire et n’a guere d’histoire démocratique. Qui pourrait donc affirmer que développant sa puissance de manière fulgurante sur le monde elle le deviendrait soudainement. pas moi ! Cette Chine reste un formidable système, fort de 1,3 milliard de travailleurs soumis culturellement et psychlogiquement à cette machine de guerre qui va maintenant se répendre sur la planète. Certains le disent différemment : une dictature de 1,3 milliard de sujets disciplinés va conquérir la planète. ca fait froid dans le dos....


                  • Arg (---.---.222.66) 7 février 2007 09:15

                    Arg OJ les raccourcis... la civilisation occidentale aussi est millénaire, et n’a connu qu’un peu plus d’un siècle grosso modo d’histoire démocratique. Ton déterminisme historique ne marche pas.

                    Et puis les Chinois ne sont pas si disciplinés que ça, et ils se démocratisent, même s’ils ne sont pas encore au niveau occidental.


                  • France-Tibet Ile de de France (---.---.160.72) 7 février 2007 21:16

                    Bon allez pour alimenter votre réflexion sur la question de la démocratie en Chine : un ancien editeur d’un quotidien chinois plaide ces derniers temps pour la démocratie en Chine, voici l’article en anglais : China editor calls for democracy timesofindia.com[Wednesday, February 07, 2007 10:28] BEIJING : China must pursue democratic reforms to defuse economic and social imbalances threatening the country’s stability, a former editor of the People’s Daily said in a rare call for political reform.

                    Zhou Ruijin is a retired editor of the ruling Communist Party’s mouthpiece who shot to fame in the early 1990s as a cheerleader for the market reform policies of former leader Deng Xiaoping and has since emerged as an advocate of political change.

                    On Monday the Southern Metropolis Daily, a tabloid in the commercial hub Guangzhou, published a bold interview with him suggesting that debate over the direction and pace of reform may reignite as China prepares for a big party meeting later this year.

                    Zhou said that China is weighed down by crushing social and economic problems imbalances between its relatively wealthy east and poor west, waste of natural resources and environmental havoc, gaping income lacunae, a threadbare social welfare net and rampant corruption.

                    The cure to all these, Zhou said, lay in faster democratic reform. « What I’ve raised is pushing forward political system reform above all reform of the government administration. » He also called for expanded direct elections, currently only allowed at the village level, as well allowing « civil society » to grow while the party retreats.

                    Zhou’s bold comments come as the Chinese Communist Party is preparing for its Congress later this year, when party chief Hu Jintao is likely to replace top officials.

                    Since becoming party general secretary in 2002, Hu has cracked down on human rights activists and probing journalists while promising poor people higher pay and better services.


                  • France-Tibet Ile de France (---.---.160.72) 7 février 2007 20:14

                    Excellent article (n’en déplaise aux maoïstes d’ancienne et nouvelle génération). Ma conclusion, c’est tout simplement que la Chine est en train d’exporter son modèle politique, vous savez celui qui a si bien fonctionné avec le Tibet, la Mongolie, le Turkestan Oriental et la Mandchourie. Les Nations Unies n’ont pas réagi de façon efficace à l’époque (je parle surtout pour le Tibet). Alors, la Chine prétend que c’est bien normal qu’un état fort écrase ses « minorités ». C’est du moins ce qu’on peut comprendre au sujet du Darfour, non ? C’est évident pour la Chine : « Touche pas à mon Tibet, je ne toucherai pas à ton Darfour ». Que doit faire l’ONU ? Laisser faire ? Et demain, à qui le tour ? N’est-il pas urgent de créer une véritable Organisation des Nations Unies des Droits de l’Homme, avant celle de l’Environnement ? Bon allez, d’accord pour l’Environnement, mais vous qui influer sur ce monde, n’oubliez pas les Droits de l’Homme tout de même, et pas seulement le Droit de se nourrir et d’expansion, songez aussi à la liberté, et droit de ne pas être torturé, au droit de ne pas être condamné à mort en Chine ou les organes des suppliciés se revendent à prix d’or pour le bénéfice de la classe politique chinoise. C’est une question de priorité, doit-on préférer les affaires ou l’humanisme ? La Chine a fait un choix qu’elle payera vraisemblablement très cher sur le plan de l’humanisme justement. Question de logique.


                    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 7 février 2007 20:19

                      La question du Tibet est une tragédie. Personne n’en doute. La Chine assumera la responsabilité de sa politique à cet égard. Mais vous savez, en affaires, les bons sentiments n’ont guère leur place. Le capital financier ne soutient pas toujours le capital humain.

                      Pierre R. Montréal (Québec)


                    • France-Tibet Ile de de France (---.---.160.72) 7 février 2007 21:14

                      Ben disons que c’est une erreur. Car a long terme, ca lui coutera cher aussi sur un plan financier à votre affairiste.


                    • Alyssa (---.---.205.175) 7 février 2007 21:17

                      Pendant que nos politicens s’autoflagellent dans la repentance sur les crimes des siècles passés à travers le monde... les pays émergents, la Chine en tête, qui ont aussi bcp soufferts et on fait bcp souffir... n’ont aucun état d’âme à tourner la page et pragmatique à avancer, et s’enrichir au passage... Nous on se contente de regarder la caravane passer en la critiquant... et distribuant sans état d’âme l’argent des contribuables pour financer des « programmes humanitaires » !

                      Un grand merci à l’auteur de cet excellent article


                      • oj (---.---.130.154) 7 février 2007 23:34

                        Démocratie. Il est interessant de voir comme nous, francais, avons tendance a s’imaginer qu’elle est le résultat d’un processus inéluctable qui doit se produire dans toute société se développant alors qu’elle n’est qu’une création totalement artificielle , qu’un modele parmis d’autres modeles qui prend sa place dans la conscience humaine que si le systeme environnant l’y favorise. Je ne vois donc pas pourquoi l’esprit démocratique individuel devrait soudainement s’imposer en chine d’autant que le systeme chinois non démocratique va pouvoir offrir a ses sujets une autre compensation individuelle qui sera ...non pas de la démocratie à l’interieur mais du pouvoir à l’exterieur via l’explosion de leur commerce et leur expansion commencée. Voyez donc ce village chinois exemplaire qui fait la fortune de 1200 villageois entourés de murs qui les séparent de leurs 80 000 ouvriers chinois. et tout le monde est satisfait car tous s’enrichissent et demain se seront 92 000 chinois qui feront la meme chose a l’etranger, mais les ouvriers seront africains pour commencer.... alors que leur importe la démocratie...un pere veut du pouvoir et de l’argent pour sa famille..pas de la démocratie.


                        • France-Tibet Ile de France (---.---.160.72) 8 février 2007 18:44

                          Vous savez, il n’y a pas tellement d’options entre la démocratie et le totalitarisme. Vous pensez vraiment que le peuple chinois adore à ce point le totalitarisme qu’il se défie de la démocratie ? Vous sembler croire que le totalitarisme est le garrant d’une économie florissante, qu’est ce qui vous fait penser cela ? Connaissez-vous les conditions de travail en Chine ? Avez-vous entendu parlé des ouvriers et ouvrières qui travaillent plus de 18h par jour, dans des conditions déplorables ? Avez-vous entendu parlé des morts dans les mines en Chine ? Rappelons par ailleurs que l’origine de la démocratie remonte à la Grèce antique, c’est donc un modèle plus ancien de 2000 ans que ne le suggère un autre commentaire. Il est aussi adopté par l’Inde moderne, la plus grande démocratie du monde, ce qui montre que ce système n’est pas aussi exclusivement occidental que vous semblez le penser.


                        • marc (---.---.160.17) 11 février 2007 04:29

                          Travail 18h par jour en Chine ? j’y vis et travail depuis 5ans, jamais rien vu de tel. En france j’etais petit patron et je travaillais 12h par jour, je fais la meme chose en Chine.

                          Le travail en general en Chine est de 9h du matin a 18h, faut arreter de dire n’importe quoi.

                          Et il vaut mieux travailler que de casser et bruler des voitures.

                          N’oublions pas que la france a pompe beaucoup de ressource en afrique, notamment grace a Elf. (appele aussi la pompe a fric de la france).


                        • Act (---.---.243.218) 8 février 2007 02:27

                          La litanie antichinoise se poursuit inexorablement. On apprend les tares de l’Afrique en occultant qu’elles sont nées ou subsistent après plus d’un siècle de colonisation européenne et de main mise occidentale quasi totalitaire depuis les « indépendances » des années 60.

                          La générosité chinoise a des limites dit l’article. Après avoir annulé la dette et octroyé de conséquentes aides, il faudrait aussi que la Chine perde de l’argent dans ses transactions commerciales ? Citez moi donc les pays (occidentaux) qui pratiquent ce non sens ? J’aimerais également savoir d’où vous tirez la phrase attribuez à Thabo Mbeki. Rocard peut toujours raconter ce qu’il veut, c’est l’un des chantres de cette Françafrique qui pille et détruit.

                          Entre temps les anciens colonisateurs continuent de faire et défaire les régimes africains dans le seul but de s’accaparer par la force les richesses (Libéria, RDC, Congo, Tchad , Centrafrique, Togo, Cameroun). Certains parlent d’humanitaire au Congo ou au Libéria tandis que le sous sol local n’a jamais été autant pillé. Sachez d’ailleurs que MSF est née lors de la querre de secession du Biafra orchestrée par la France. Elle a fait plusieurs millions de morts. Le génocide au Rwanda lui a fait un million de morts et la guerre au Congo autant. C’est ça l’humanitaire monsieur ? La violence, le pillage, l’obscurantisme, l’abrutissement, la misère, la mort seraient les droits humains que méritent les Africains ?

                          La Chine ne contrôle pas les appareils politiques des pays africains. Elle n’a ni l’arrogance, ni la prétention de sauver les corps et les âmes pour mieux les travestir et les spolier. Elle fait du commerce ! Et pour ceux qui l’ignore, le premier droit est celui de se nourrir et d’être en bonne santé. Je vais pas vous apprendre la pyramide des besoins Maslow.

                          C’est aux Africains libérés de la tutelle annihilante occidentale de prendre leur destin en main etd’utiliser leurs richesses pour contraindre les Chinois à négocier des échanges réels : investir dans des appareils productifs en propre ou en joint-venture et distribuer la production sur le marché chinois sans complexe et en concurrence avec les autres compétiteurs internationaux.

                          Ce n’est pas d’ici que les leçons peuvent venir parceque ce n’est pas au bourreau de sauver la victime. Nous devons dans cette affaire où des centaines de millionsde percoivent ont enfin une infime chance de redevenir pleinement humains faire profil bas. C’est la moindre des choses.


                          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 8 février 2007 02:33

                            Le lien, relativement à la déclaration de Michel Rocard, est disparu lors de la transcription par AgoraVox de mon texte. Le voici

                            http://www.afrique-demain.org/Lettres/lettre86/lettre86.htm

                            Vous écrivez :

                            La Chine ne contrôle pas les appareils politiques des pays africains. Elle n’a ni l’arrogance, ni la prétention de sauver les corps et les âmes pour mieux les travestir et les spolier. Elle fait du commerce !

                            Je n’ai pas dit le contraire. C’est ce que tend à démontrer, sans agressivité, ce texte.

                            Vous écrivez :

                            Ce n’est pas d’ici que les leçons peuvent venir parceque ce n’est pas au bourreau de sauver la victime.

                            A qui faites-vous référence ? A la Chine ? Je n’ai jamais écrit qu’elle était un bourreau en Afrique.

                            Pierre R. Chantelois Montréal (Québec)


                          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 8 février 2007 03:21

                            Relativement aux déclarations de Thabo Mbeki, voici quelques liens qui pourront vous documenter davantage sur les relations sino-africaines.

                            http://www.chine-informations.com/mods/news/pekin-veut-gommer-son-image-predateur-richesses-africaines_4798.html http://www.grioo.com/info8756.html http://www.lepotentiel.com/afficher_article.php?id_edition=&id_article=28305

                            Un fait à noter : monsieur Mbeki souffle par les temps qui courent le chaud et le froid avec son homologue chinois. Trop de milliards sont en jeu pour que monsieur Mbeki crée un incident diplomatique.

                            Pierre R.

                            Montréal (Québec)


                            • Act (---.---.243.218) 8 février 2007 10:40

                              Soit vous avez lu mon post en diagonale, soit vous souhaitez répondre en biais. Coment la Chine pourrait-elle être le bourreau ? le « ici » ou le « nous » sont l’Occident d’où j’écris et dont je suis. Vous citez la source de la déclaration de Rocard. Je ne l’ai pas demandé parcqu’elle n’importe pas. Michel Rocard est un as du double langege qui se nourrit grassement sur la bête Afrique.

                              En revanche Thabo Mbéki selon vos propres sources (liens) dit tout le contraire de votre « citation ». Vous essayez de le justifier en parlant de milliards qui lui feraient peur. Pourquoi aurait-il peur de milliards venant doper son économie qui ne demande que des investissements pour entrer en une décennie dans le cercle fermé des pays développés ? C’est très curieux comme raisonnement. De plus Mbéki connait suffisammment bien les relations Nord-Sud et la Chine. Il a vécu et combattu l’apartheid.

                              Si la Chine ne contrôle pas les appareils politiques, elle ne peut donc être responsable du devenir des peuples avec qui elle commerce, d’autant plus que cela arrive àprès de nombreuses aides diverses et variées. Quelle est votre unité de mesure des droits humains et de la démocratie en Afrique ? Donnez-nous le nom du ou des pays « investisseurs » canons qui devraient servir de modèle aux Chinois.

                              Non, vous n’avez pas répondu à mon interpellation dans laquelle je soulève des points que vous évitez soigneusement. Je suis assez inquiet parceque vous auriez travaillé dans le développement. On peut se demander lequel ? La fameuse coopération qui en des décennies a eu de si brillants résultats en Afrique ?

                              Vous savez, le sujet est trop grave pour en jouer. Des centaines de millions de personnes sont depuis trop longtemps privées de leur dignité humaine. Et ce n’est pas vos jérémiades antichinoises qui les aideront à s’en sortir si tel est votre but.

                              Elles ne serviraient qu’à une chose : justifier les ingérences militaires et politiques occidentales. La France au Tchad, en Centrafrique et en RDC, les US en Ethiopie, Somalie, dans le Sahara et bientôt des bases militaires partout semant la mort et la désolation. Dites moi en quoi les Africains gagnent leur humanité dans ce pataquiès Monsieur ?


                              • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 8 février 2007 11:20

                                Des centaines de millions de personnes sont depuis trop longtemps privées de leur dignité humaine. Et ce n’est pas vos jérémiades antichinoises qui les aideront à s’en sortir si tel est votre but.

                                Vous croyez maintenant que la Chine va leur apporter cette dignité dont vous vous réclamez ? Nous avons vous et moi un point de vue différent. Je n’ai fait qu’exprimer le mien. Je respecte le vôtre sans porter de jugements de valeur.

                                Voici l’avis d’un Africain. Monsieur Yves Ekoué Amaïzo, est auteur et économiste à l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI). Il s’exprimait à titre personnel :

                                [...] il y a un risque majeur. [...] il faut s’attendre à ce que l’Afrique n’appartienne plus aux Africains. Il faut craindre que les dirigeants africains oublient de construire l’avenir des africains et ne se concentrent uniquement à faire des échanges-trocs sans valeur ajoutée pour les Africains. Pour être concret, continuer à échanger des matières premières (pétrole, minerais et autres produits de base) sans création de valeur ajoutée et maîtrise du processus de transformation, c’est aller vers un suicide collectif sur le plan économique. Lorsqu’un pays qui dispose de fer et d’alumine opte pour une offre chinoise de transformation sur place du minerai avec en plus une voie de chemin de fer permettant l’exportation d’un produit ayant subi au moins 2 à 3 niveaux de transformation avant exportation, il est clair que ce pays prépare l’avenir et tente de s’inscrire dans un segment porteur du système mondial de production.

                                [...]

                                Les responsables chinois, sous les apparences de coopération « gagnant-gagnant » ne doivent pas laisser l’éthique, les droits humains et la liberté et l’autodétermination des peuples africains sur le bas côté du commerce et des échanges. En effet, l’augmentation des achats d’armes et de munitions en provenance de la Chine, ceci à des conditions particulièrement avantageuses accordées aux Etats, à des milices ou aux armées privées, n’est pas étrangère à la difficile émergence de la démocratie dans certaines parties de l’Afrique. La Chine ne peut rester muette sur ce sujet. La nouvelle coopération entre l’Afrique et la Chine ou, entre l’Afrique et l’Asie en général, se doit de servir en priorité les intérêts des populations et non pas simplement les intérêts des dirigeants africains et chinois qui poursuivent chacun leurs intérêts bien compris. L’arrivée de nouveaux dirigeants africains mettant l’accent sur l’éthique, l’intégrité, la coopération au service des populations devrait permettre graduellement de changer la donne et qui sait... amener la Chine à promouvoir la démocratie et les libertés au même titre que l’économie et le commerce. Faut-il rappeler que seul 2 % des échanges chinois avec le monde se fait avec l’Afrique ?

                                En terminant, il y a quelques années, dans des fonctions antérieures, j’ai insisté sur le fait que l’Occident ne devait pas abandonner l’Afrique, non seulement au plan des droits humains mais en termes de développement économiques. C’était l’époque où l’axe est-ouest était préférée à l’axe nord-sud. Le Canada a toujours préféré une aide multilatérale à une aide bilatérale afin de ne pas favoriser certaines dictatures. Ces préoccupations ne sont pas celles de la Chine.

                                Je ne multiplierai pas les références et autres documents à l’appui de mon propos. Je respecte votre point de vue. Évitons les déclarations incendiaires - de part et d’autre - sur un aussi aussi important.

                                Source : http://pdftohtml.markoer.org/pdf2html.php?url=http://www.afrology.com/eco/pdf/chinafrique.pdf

                                Pierre R. Montréal (Québec)


                                  • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 8 février 2007 19:04

                                    L’avis d’un autre africain paru ce jour même dans le Monde :

                                    « En Afrique, la Chine se pose en hyperpuissance pacifiste ; en réalité, elle agit en puissance impériale », a résumé, sur RFI, le journaliste sénégalais Adama Gaye, auteur de Chine-Afrique, le dragon et l’autruche (L’Harmattan, 2006). Celui-ci souligne la dépendance croissante de certains Etats africains à l’égard des financements chinois et le manque de répondant de l’« autruche africaine » face à la stratégie agressive du « dragon chinois », enrobée dans « des messages acceptables » comme celui promettant « un partenariat équitable ».

                                    http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-862913@51-861654,0.html

                                    Pierre R.

                                    Montréal (Québec)


                                    • Act (---.---.243.218) 8 février 2007 23:42

                                      Un point de vue français pensé et argumenté http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3504,36-844094@51-861654,0.htm

                                      Un point de vue africain tout aussi pensé et argumenté http://fr.allafrica.com/stories/200702080242.html

                                      Ces deux analyses qui restent lègères dans les possibités offertes sont des points d’entrée pertinents. En revanche si vous voulez un véritable modèle/baromètre, focalisez vous sur les relations entre l’Afrique du sud et la Chine.

                                      A la différence de vos intellectuels africains alibis, les Africains n’ont pas à attendre que leur bonheur soit fait par d’autres. Ils doivent se responsabiliser, penser, proposer et imposer chaque fois qu’il le peuvent la défense de leurs intérêts.

                                      En tant que réservoir de matières premières et de main d’oeuvre, la logique économique voudrait que la transformation se fasse au moins partiellement surplace. C’est ça la valeur ajoutée. Ce que je dis n’a rien d’original. C’est au moins aussi vieux que l’éco du développement.


                                      • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 9 février 2007 03:38

                                        Je vous remercie pour les liens. Au passage, j’ai un grand respect pour les intellectuels africains qui sont trop peu nombreux et qui ont également leur mot à dire dans l’avenir de leur continent. Ils sont en mesure d’expliquer l’état des lieux mieux que je ne saurais le faire.

                                        Je voudrais encore une fois préciser qu’il faut voir la présence de la Chine en Afrique, non seulement sous l’angle des bienfaits et des investissements, mais également sous celui des retombées pour les Africains eux-mêmes. La Chine a une façon de transiger et d’investir, l’Occident a une autre façon de le faire. Il faut également être aussi critique à l’égard de la Chine que nous le serions à l’égard de la France au temps où elle était omniprésente en Afrique.

                                        Il faut pouvoir évaluer tous ces aspects, froidement et sans passion. La Chine n’est nullement préoccupée par les droits humains pour la raison simple qu’elle ne s’en préoccupe pas sur mon propre territoire. Point. Une fois cela dit, il faut analyser maintenant la façon dont elle investit en Afrique et les conséquences de ces investissements : déficit de la balance commerciale, conséquences sur les travailleurs locaux, conséquences sur l’orgranisation du travail, il n’y a rien de bien sorcier à comprendre cela. Ce n’est pas en dénonçant les intellectuels que vous apporterez une analyse plus objective. Nous ne sommes dans un rai

                                        De 24 millions de dollars en 1992, le déficit commercial de Pretoria à l’égard de Pékin a passé la barre des plus de 400 millions de dollars. En septembre 2004, l’une des principales organisations membre de la puissante fédération syndicale Cosatu a ainsi menacé de boycotter les vendeurs de produits chinois, accusés de contribuer à la montée du chômage. Même perplexité sur l’avenue Charles-de-Gaulle à Dakar, où les produits chinois à bas prix - des chaussures aux médicaments - envahissent désormais les trottoirs et les étals, tandis que les ateliers textiles du Lesotho sont menacés par la fin de l’accord multifibre en janvier 2005. En Afrique du Sud, les syndicats se plaignent de la perte de 67 000 emplois en quatre ans dans le vêtement, le textile et la chaussure en raison d’importations bon marché de Chine. En Zambie, des ouvriers des mines de cuivre employés par des entreprises chinoises se sont élevés l’an dernier contre leurs conditions de travail. Pékin a accusé l’opposition zambienne d’être derrière la révolte, mais plusieurs syndicats en Afrique reprochent à la Chine de soutenir des régimes corrompus et anti-travailleurs.

                                        Bis repetita placent : la présence de la Chine sur le continent africain n’a pas que des effets négatifs. Mais elle n’a pas que des vertus ! Les Africains doivent diversifier leurs sources d’investissements et ils ne doivent pas s’en remettre qu’à un seul maître. Ils doivent être maîtres de leurs immenses ressources naturelles et mener le jeu. Et non être menés par l’appât du gain.

                                        L’espace me manque, en conclusion, pour soulever la cupidité des dictatures encore trop présentes en Afrique et de ces familles dites royales qui s’enrichissent honteusement à partir du développement et la coopération.

                                        Pierre R.

                                        Montréal (Québec)


                                      • (---.---.38.189) 10 février 2007 12:48

                                        Gouverner un peuple d’aujourd’hui 1,3 milliards d’habitants, dont + de 60% sont dans un état pitoyable de sous développement, encore meurtris par les séquelles de l’histoire récente de la guerre sino japonaise et de la révolution culturelle ; le mener résolument, en moins d’un demi siècle, vers une révolution économique salvatrice évitant l’implosion sociale globalement meurtrière, et suscitant la convoitise des pays développés, relève de la gageure et devrait être salué comme un exploit. Un chef d’oeuvre de stratégie.

                                        Naturellement, les méthodes gouvernant la réalisation d’un tel exploit ne sont pas très compatibles avec l’humanitarisme ou la repentance.

                                        Pour éviter que des millions périssent, et d’autres millions agonisent dans le dénuement, fallait il instaurer une stricte discipline collective ( dont nous Français avons perdu le sens et même la notion du terme depuis 40 ans) capable de donner une direction commune à plus d’un milliard d’habitants.

                                        Le dogme communiste à servi de ciment à l’unification sociale autour de l’effort national de reconstruction, et le capitalisme de levier à l’ascension de la RPC vers les sommets de l’économie planétaire, pour le « bien commun » futur du peuple Chinois.

                                        La stratégie continue et consensuelle des dirigeants de la RPC semble avoir été la suivante :

                                        1/ Un leadership déterminé, clairvoyant, craint et respecté qui établit des plans audacieux de réformes et les met en oeuvre sans tolérer d’obstacle ni de retard dans leur exécution

                                        2/ Une discipline nationale non transgressible qui combine harmonieusement « autoritarisme » au plan politique et social et « libéralisme sous contrôle » au plan économique

                                        3/ Au niveau du peuple, une formidable ambition servie par une immense motivation.

                                        Motivation à la réussite sociale par le travail. Un acharnement au travail et à la performance.

                                        La fierté de s’enrichir ; le « culte du Dieu argent » et de la réussite sociale dont on est fier d’exhiber les signes extérieurs.

                                        Le sens de la famille élargie dont la protection est un devoir sacré.

                                        L’indéfectible respect des coutumes et traditions (que la révolution culturelle n’a pas réussi à éradiquer )

                                        4/ la stricte application du principe de préférence nationale renforcé par l’interdiction d’une quelconque immigration de peuplement ou même de travail.

                                        A part les touristes, les seuls visiteurs ou résidents temporairement admis étant ceux qui peuvent pourvoir aux transferts technologiques et/ou de savoir faire dont l’Etat a besoin, ainsi qu’à l’implantation de capital (usines, chaines de montage, manufactures etc)

                                        5/ L’ouverture aux importations de produits à valeur ajoutée et capitaux, mais à condition que celles-ci soient utiles à l’économie , à la stratégie d’échange et d’implantation, à l’accession des nationaux à la technologie de fabrication, et que la balance globale demeure positive en faveur des exportations. (Comme le rapporte The Economist, la Chine a dépassé le seuil de mille milliards de dollars de réserves de change, qui grossit chaque mois de 16 milliards de dollars.)

                                        6/ Le développement prioritaire de la recherche, de l’apprentissage des technologies de pointe et de l’industrie comme sources d’emplois, de modération des importations et de nouveau marchés à l’exportation.

                                        Mais ce, sans négliger les marchés financiers, dont Hong Kong et Shanghai sont des protagonistes.

                                        7/ L’encouragement, mais sélectif et tactiquement régulé, de l’Etat à l’expatriation et l’implantation Chinoise extérieure, en direction des pays stratégiquement dignes d’intérêt économiquement (pétrole, gisements de minerais, technologie, savoir faire...etc ), ou militairement.

                                        Il apparait que le continent Africain, réservoir de richesses naturelles, de marchés publics, de consommation de produits chinois bon marché distribués par la diaspora, et de produits financiers générés par les intérêts des prêts, soit devenu pour la RPC un axe privilégié de développement extérieur...pour débuter.....

                                        Ces implantations se font généralement de concert avec la mise en œuvre par des entreprises de RPC de grands travaux publics exécutés de manière magistrale et dans des délais record et la ratification de programmes alléchants de coopération bilatérale.

                                        Les implantations d’émigrants Chinois sont généralement tout à fait réussies du fait de la grande adaptabilité et de la flexibilité qui les caractérisent et dont les talents en matière de négoce, l’implication au travail, la courtoisie, la discrétion sont partout salués.

                                        S’implantant au coeur même de la population locale et vivant comme elle, modestement, ils apprennent les dialectes utiles et se chargent brillament de commercialiser les produits exportés par leur pays. Produits à faibles valeurs ajoutées certes, mais en adéquation au pouvoir d’achat local, donc accessible au plus grand nombre.

                                        De leur côté, les entreprises Chinoises attributaires de marchés publics dans la construction, débarquent avec leurs équipes d’ouvriers Chinois, construisent leurs campements près du chantier et réalisent le projet dans des délais records, en faisant travailler les équipes en roulement de fois 8, c’est à dire nuit et jour, 24 h sur 24, sans notion de jours fériés.

                                        Normal que les Africains regardent ces partenaires avec respect, d’autant plus que leur prix sont souvent sans concurrence....

                                        Méthode efficace, s’il en est. La réunion de tout un peuple autour d’une idéologie commune, alliée à l’ambition et à la motivation globales, sont de puissants ciments de la cohésion encore renforcée, consolidée par la fierté de la réussite collective et l’accession progressive au bien vivre.

                                        Cet objectif de réussite collective visant à positionner la RPC au rang de leader mondial est, une fois encore, un objectif de survie nationale.

                                        La RPC affronte à l’intérieur, la pression d’une population, gigantesque en nombre d’habitants dont la majeure partie lutte encore pour sa subsistance, agitée par des tentatives de mouvements migratoires de la pauvreté des campagnes vers les villes, où une telle installation créerait des foyers incontrolables de révolte sociale.

                                        Dès lors, il n’y a qu’une alternative, la victoire économique ou l’implosion sociale meurtrière. La victoire semble être au bout de la stratégie et des choix planifiés.

                                        Il fallait juste que la RPC se donne un peu de temps, le temps de réussir.

                                        Elle le fait en contenant la progression de la natalité ainsi que par la maîtrise ( autant que faire se peut)des flux migratoires intérieurs pour mieux contrôler la population, par le barrage à l’immigration et par la répression des mouvements de révolte ou de dissidence qui surgissent de temps à autre.

                                        Humanitarisme ? Certes non.


                                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 10 février 2007 13:34

                                          Merci pour cette réponse. Excellent exposé. Vous avez fort bien démontré les qualités fondamentales de la Chine : organisation, discipline, méthode. Qualités indéniables qui l’ont menée là où elle est maintenant. Et je rejoins bien évidemment votre conclusion : Humanitarisme ? Certes non.

                                          Cela dit, convenez avec moi - et vous le dites implicitement - qu’il peut y avoir choc de deux visions, voire de deux civilisations au sein d’un même continent. Les Africains ont très probablement une occasion exceptionnelle de se sortir du guêpier de la pauvreté. Sauf que les Africains doivent également être vigilants et ne pas céder - pour une bouchée de pain - l’ensemble de leurs ressources naturelles.

                                          Ma crante touche surtout ces dictatures familiales qui s’enrichissent de manière écoeurante en négociant et vendant par l’entremise de pots de vin faramineux les ressources de leurs pays. Les bénéfices ne vont plus au peuple mais aux suzerains. Surtout lorsque ces pots de vin touchent le commerce des armes pour combattre les rebelles qui souhaitent améliorer l’état des lieux ou déloger les dictatures !

                                          Mon autre crainte est ce phénomène dont se plaignent l’Europe et l’Amérique. L’invasion de produits bon marché et subventionnés qui tuent littéralement la main d’oeuvre locale. Les textiles en sont un exemple flagrant. Si l’Europe et l’Amérique s’en plaignent, se pourrait-il que l’Afrique en soit également victime ?

                                          Les importations chinoises sont dénoncées un peu partout dans le monde. L’Afrique du Sud subit les mêmes pressions : les syndicats se plaignent de la perte de 67 000 emplois en quatre ans dans le vêtement, le textile et la chaussure en raison d’importations bon marché de Chine. Qui en sont les victimes ? Les populations locales, les travailleurs locaux.

                                          Lorsque vous écrivez - Les implantations d’émigrants Chinois sont généralement tout à fait réussies du fait de la grande adaptabilité et de la flexibilité qui les caractérisent et dont les talents en matière de négoce, l’implication au travail, la courtoisie, la discrétion sont partout salués - permettez-moi d’avoir de très sérieux doutes. Les Chinois n’ont pas la réputation de s’intégrer aux communautés locales. Au contraire. La main d’oeuvre est gérée de manière autonome, au sein d’une organisation chinoise disciplinée et de stricte obédience communiste. Et ces organisations - toutes hermétiques qu’elles sont - offrent aux populations locales des emplois bon marché et très rémunérateurs.

                                          Je suis prêt à élargir mon point de vue pour reconnaître que les négociants chinois n’ont d’autre choix - s’ils veulent établir un commerce florissant - de s’intégrer un peu plus aux gens de la rue. Si vous vivez près d’un quartier chinois, dans votre propre ville, faites la comparaison. Difficulté d’apprentissage de la langue locale et hésitations en termes d’intégration pour les première et deuxième générations.

                                          Je ne vois pas évidemment la présence chinoise en Afrique avec autant d’idéalisme que vous. Permettez-moi d’être éminemment réservé sur la question et de ne pas partager pleinement votre idéalisme. Mon expérience passée du développement international ne va pas jusque là. Le seul message que je puisse laisser aux Africains eux-mêmes est celui-ci :

                                          - accueillez la Chine avec respect
                                          - diversifiez vos sources d’investissements (rien de mieux que la concurrence)
                                          - contrôlez vos ressources
                                          - contrôlez les balances commerciales entre le continent et les investisseurs
                                          - ne permettez surtout pas à vos dictatures de dilapider votre patrimoine
                                          - ne rejetez pas l’Europe
                                          - ne vous fermez pas à la France (si tant est que celle-ci soit encore intéressée par l’Afrique)
                                          - soyez vigilants à l’égard des superpuissances que sont les États-Unis et la Chine.

                                          Il appartient en définitive à l’Afrique de savoir se gouverner.

                                          Pierre R.

                                          Montréal (Québec)


                                        • (---.---.7.126) 10 février 2007 14:43

                                          Merci de votre réponse.

                                          Bien que l’IP soit différente je suis le même interlocuteur.

                                          Ayant moi même bourlingué en Asie (dont la RPC) et en Afrique notamment, j’ai cotoyé dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest des commerçants Chinois parfaitement intégrés, se livrant à leur commerce dans des cabanes à peu près similaires à celles des locaux, t parlant couramment leur dialecte.

                                          Ceci m’avait interpellé car je sais les Chinois très « centrés sur leurs propres civilisation et culture » pour ne pas employer un autre mot plus fort et peu apprécié...

                                          J’en ai donc déduit’ à tord ou à raison, que ceci n’etait que pure façade pour faire fonctionner leur commerce. Quoiqu’il en soit c’est assez impressionnant quand n sait aussi à quelle vitesse ils s’enrichissent.

                                          Quant à la relation Sino Africaine, je partage vos craintes. Les Chinois sont forts et ne font aucun sentiment.

                                          Ils ne ont pas venus pour assister ou juste faire business mais pour coloniser (à leur manière). Aucun doute ils y parviendront par le surendettement de leurs débiteurs publics et par leurs implantations locales de plus en plus fortes.

                                          Pourquoi pas ! Ne serait ce pas un moyen de sauver certains Etats Africains rongés par la corruption, les conflits ethniques alimentés par les marchands d’armes (qui ne sont pas Chinois)..., la famine, le sida, l’indolence généralisée, entres autres.

                                          Cette dernière note est un peu amère mais reflète ma pensée.


                                        • (---.---.38.189) 10 février 2007 20:10

                                          Ce fut un plaisir d’échanger avec vous M Pierre R. Mon bonjour à Montréal.


                                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 10 février 2007 21:22

                                          Je vous remercie. Tout le plaisir fut pleinement partagé. A un prochain forum où nous pourrons à nouveau confronter amicalement nos idées.

                                          Pierre R.

                                          Montréal (Québec)


                                        • Bois-Guisbert (---.---.14.128) 11 février 2007 10:59

                                          Plutôt que de tartiner à l’infini sur le pourquoi du comment, il vaut mieux répondre aux questions d’Abdou Diouf en se fondant sur l’observation quotidienne.

                                          L’Afrique est-elle un continent à la dérive ?

                                          OUI.

                                          Ne recèle-t-elle pas en elle des ressources morales (...) pour en finir avec les fléaux qui l’accablent ?

                                          NON.

                                          N’est-elle pas capable de se gérer sur les plans politique, économique, social et culturel ?

                                          NON.

                                          C’est à partir de ces réalités qu’il faut commencer à réfléchir à des solutions... réalistes.

                                          Toute démarche ne partant pas de ce triple constat, fondé sur l’observation de quarante ans d’indépendance, est vouée à l’échec.

                                          Mais si la cuistrerie progressiste ne relâche pas son emprise intellectuelle, il faudra encore cent ou cent cinquante ans avant que ne se fasse une véritable prise de conscience...


                                          • (---.---.38.189) 11 février 2007 11:55

                                            Mais non, pas cent cinquante ans ! Dans moins de vingt ans, la Chine sera aux commandes, détenant les leviers économiques, donc le pouvoir officieux. Alors, tout rentrera dans l’ordre.


                                          • Calmos (---.---.126.28) 11 février 2007 11:53

                                            La Chine fait des affaires...pas de sentiments...c’est un fait....ok

                                            MAIS....son système politique n’a pas évolué....et que surgisse un Mao de derrière les fagots ...ce qui est politiquement faisable....

                                            Et tout serait a revoir...en pire....


                                            • Act (---.---.243.218) 11 février 2007 20:53

                                              Aux « amoureux de l’Afrique » et autres donneurs de leçons antichinois,

                                              Après l’esclavage, la colonisation, la coopération (néocolonialisme avec leaders et intellectuels progressistes assassinés et dictateurs adoubés et sponsorisés) les derniers aveux de Chirac (attendus depuis quelques siècles par les Africains, leur diaspora et les peuples occidentaux désinformés)

                                              « après leur avoir volé leur culture, on leur a volé leurs ressources, leurs matières premières en se servant de leur main-d’oeuvre locale. On leur a tout piqué et on a répété qu’ils n’étaient bons à rien. Maintenant, c’est la dernière étape : on leur pique leurs intelligences en leur distribuant des bourses, et on persiste à dire de ceux qui restent : ’ces Nègres ne sont décidément bon à rien »

                                              Qu’est ce que ça vous inspire ?


                                              • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 11 février 2007 21:13

                                                Merci d’avoir porté ce texte à notre attention.

                                                Au risque de me répéter, l’Afrique doit résolument éviter les erreurs de son passé et contrôler ses ressources humaines, matérielles et financières et ne pas se livrer pieds et mains liés à la première puissance qui se présente à sa porte. Encore une fois, l’Afrique doit savoir puiser ce qu’il y a de positif pour son avancement propre et délaisser ce qui peut constituer une entrave à son développement. Si elle pouvait également se débarrasser de ses dictatures familiales qui la rongent de l’intérieur, cela serait encore mieux. Pour cela, il est impératif que des pays comme la France cessent d’enrichir ces dictatures et regardent agir la Chine pour saisir ce qu’il y a de bon et rejeter ce qu’il y a de mauvais. Raisonnement manichéen ? Peut-être.

                                                Pierre R.

                                                Montréal (Québec)


                                              • Bois-Guisbert (---.---.14.128) 11 février 2007 23:01

                                                Encore une fois, l’Afrique doit savoir puiser...

                                                Vu qu’il est manifeste qu’elle ne sait pas, qu’est-ce qu’on fait ?

                                                Vous ne pourriez pas essayer d’être concret, l’espace de trente secondes ?


                                              • (---.---.38.189) 12 février 2007 00:09

                                                A Bois Guibert,

                                                Ils ont voulu, logiquement, l’indépendance. Ils l’assument mal pour la plupart.

                                                Le seul moyen pour eux de mettre des obstacles aus ravages de l’inféodation (millénaire) aux marabouts et chefs de clan, au clientèlisme, à la corruption meurtrière, aux menaces génocidaires des ethnies rivales, au pillage de leur ressources et de promouvoir leur passage au développement serait de revenir au sein d’un « néo protectorat d’implantation » avec une puissance mondiale efficace et déterminée.

                                                La France, en voie elle même de sous développement, rongée de l’intérieur n’en est plus capable. Mais il semble que la Chine en a toute les capacités et s’y emploie doucement mais sûrement.


                                                • Bois-Guisbert (---.---.10.62) 12 février 2007 09:29

                                                  Le seul moyen pour eux de mettre des obstacles...

                                                  Qui vous dit qu’ils en aient réellement envie ?

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