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Accueil du site > Actualités > Economie > La comptabilité aussi effarante que révélatrice de Uber

La comptabilité aussi effarante que révélatrice de Uber

C’est une nouvelle qui a attiré l’attention de François Lenglet qui y a consacré une chronique du matin sur RTL cette semaine. Au premier semestre 2015, Uber a réalisé 663 millions de chiffre d’affaires, en hausse de 34%, pour près d’un milliard de pertes. Des chiffres révélateurs.

 
L’économie de mercenaires
 
Dans l’absolu, les chiffres sont totalement ahurissants. Comment une entreprise peut-elle dépenser plus de deux fois ce qu’elle touche ? Plus effarant, les dépenses progressent plus vite que le chiffre d’affaire ! Mais l’entreprise ne se soucie pas de ses pertes, comme le rapporte L’Expansion, puisque ses dirigeants ont levé plus de 6 milliards de dollars, ce qui fait qu’elle dispose de plus de 4 milliards de dollars de liquidités, ce qui lui a permis de doubler les dépenses marketing entre le premier et le second trimestre ! Les lois du monde des affaires ne semblent pas avoir de prise sur cette entreprise qui réalise l’extraordinaire prouesse de valoir plus de 60 milliards de dollars alors que ses revenus sont 40 fois moins importants et que ses pertes sont abyssales pour le moment. Les investisseurs sont-ils fous ?
 
Le plus incroyable est que l’on peut trouver une logique. En effet, les marchés font un pari sur l’avenir : ils indiquent de la sorte qu’ils croient qu’Uber va pouvoir dominer le transport urbain, voir son chiffre s’envoler de même que sa rentabilité. Et finalement, la croissance de 34% le valide en partie. Mieux, les revenus nets progressent plus vite que les revenus bruts : Uber arrive à conserver une plus grande part des courses, ce qui permet une progression de sa marge. D’ailleurs, en France, l’entreprise a pu baisser de 20% le revenu des chauffeurs et elle a déjà mis en place tous les dispositifs habituels de désertion fiscale. Mais cela pose problème car les investisseurs font un pari autoréalisateur, car les moyens qu’ils donnent à Uber vont lui permettre d’écraser les marchés sur lesquels il opère.
 

 

Ainsi, commence à poindre une critique de cette nouvelle économie de coucous à la recherche de rentes, ces barbares dénoncés par Franck Dedieu, et dont la Tribune note qu’elle n’est ni sociale ni solidaire. Ces entreprises ne sont-elles pas les mercenaires barbares des marchés ?

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20 réactions à cet article    


  • lsga lsga 17 janvier 13:17

    Des chiffres révélateurs d’une loi connu de longue dates des marxistes : la baisse tendancielle du taux de profits.
    Même les léninistes le savent : dans la phase mûr du Capitalisme, le taux d’endettement passe au dessus du taux de profit.
    Bref, un phénomène tout ce qu’il y a de plus naturel dans le Capitalisme.


    • Spartacus Spartacus 17 janvier 13:33

      Une poule découvre une paire de ciseaux......


      Dramatiques gauchistes et souverainistes qui n’ont jamais investi un centime dans une structure de risque privée et se contentent de vivre à charge.

      Incroyable ! Imaginez ma bonne dame, sur un nouveau marché totalement créé de toute pièce avec des favorisés de la connivence d’état en rentes de situation en concurrence, les premières années d’existence d’une entreprise, il y a des pertes. 

      Que c’est drôle !
      Quelle découverte ! 

      La semaine prochaine, les fonctionnarisés à charge vont découvrir que quasi toutes les entreprises dans les premières années il n’y a que des pertes.

      • Jean Pierre 17 janvier 14:01

        @Spartacus


        Je parcours de nombreux sites et j’y vois évidemment toutes sortes de commentaires, des plus avisés aux plus stupides.Mais les vôtres restent et resteront difficiles à égaler dans le manichéisme le plus borné. Votre lecture de l’économie se résume à ceci : d’un côté d’horribles fonctionnaires qui accaparent toutes les richesses sans produire le moindre service à la collectivité. De l’autre, des entreprises privées toutes innovantes, utiles, performantes et éthiques. Si vous êtes incapable de voir l’étroitesse (pour être poli) de cette vision des choses, personne ne pourra rien pour vous.
        Savez vous par exemple que les Etats-Unis sont devenus le première puissance économique mondiale pendant la période ou l’imposition des riches (jusqu’à 80 %) été la plus forte de toute son histoire ?
        Non, bien sur. Vous ne pouvez percevoir que ce qui rentre dans votre cadre étroit de pensée Autant dire que vous ne savez rien.

      • lsga lsga 17 janvier 14:22

        @Spartacus
        Toutes les plus grandes entreprises, US ou européenne, ont un taux d’endettement au dessus de leur taux de profit, et ce, malgré le bidouillage massif des QE.
         
        C’est un phénomène tout à fait normal dans le Capitalisme. Toutes les écoles économiques, de Smith à Marx en passant par Ricardo, le prévoit. L’explication de Marx est de loin la meilleure car il fait reposer cette effondrement des profits sur le progrès technologique.
         
        L’économie des USA aujourd’hui ressemble comme 2 gouttes d’eau à l’économie soviétique : la FED joue le rôle du conseil suprême économique, et les bureaucrates planifient la production sur une base quinquennale (un mandat présidentiel) indépendamment des profits escomptés. Les grandes entreprises ont accès à l’argent des QE comme les entreprises d’État soviétiques obtenait des crédits du plan.
         

        La grande différence étant bien sûr que Lénine avait créé artificiellement cet état du Capitalisme, alors que les USA y sont arrivé naturellement par la simple continuité historique. Il ne reste plus maintenant qu’à soumettre la FED et les QE à un suffrage universel direct (et mondial), et les USA seront le tout premier pays authentiquement socialiste de l’Histoire de l’humanité. Une victoire de Donal Trump aux présidentielles, provoquant une guerre civile façon « Commune de Paris », pourrait accélérer considérablement ce processus.
         


      • joaopessoa 18 janvier 07:25

        @Jean Pierre

        Vous êtes dur avec sparte à cus.il a déjà du mal à différencier russophobe et russophile alors imaginer qu il puisse nous pondre un commentaire cohérent, il ne faut pas pousser.


      • bourrico 7 18 janvier 10:26

        @Spartacus

        Trop long Spartacul, les meilleures blagues sont les plus courtes, la, personne ne lit tes étrons littéraires.
        Suis l’exemple du charlus simplex, deux lignes ua max, crois moi ça suffit amplement pour ce que tu crois avoir à dire.



      • sleeping-zombie 18 janvier 13:03

        @Jean Pierre
        Quand spartacus ne se laisse pas emporter par sa psychose habituelle, il lui arrive de dire des choses pas trop connes. Ici par exemple : l’immense majorité des entreprises ne font que des pertes pendant leurs premières années. Et donc qu’il n’y a pas lieu à s’en étonner...


      • gaijin gaijin 17 janvier 16:26

        rien de nouveau la dedans
        dans la distribution les grandes enseignes ont toujours commencé par casser les prix afin de casser leurs concurents pour ensuite faire leur beurre


        • Trelawney Trelawney 18 janvier 11:12

          @gaijin
          C’est aussi ce qui se passe en ce moment avec la libération des transports de passagers. Normalement une liaison blablacar entre Lille et le Mans coute au minimum 20 euro. Pour un transport pas bus il vous en coutera 7 euro. Même chargé au max, à 7 euro la liaison, vous n’etes pas du tout rentable. Ils cassent les prix pour être le leader sur le marché et faire disparaitre la concurrence. Car dans ce type de marché il n’y a pas de place pour la concurrence. Idem pour les renseignements téléphoniques, la location de logements pour tourisme, les services de réservation d’hotel etc.

          Ils procèdent à des capitalisations boursières pour lever des fonds et c’est le premier qui rafle la mise. C’est aussi ce que l’on appelle la création d’une bulle spéculative. Libre à vous d’investir dans ces produits, mais les résultats sont trop aléatoires.

          Le fin du fin dans ce type de levé de fond est que les banques créent des produits de bourse complexes de type Warran, où ils spéculent aussi bien à la hausse qu’à la baisse comme cela ils sont théoriquement gagnants sur les deux tableaux (les pertes des uns compensant les gains des autres). Les banques ne savent plus depuis très longtemps ce qu’elles font mais elles ne perdent jamais d’argent, elle perdent juste l’argent de leurs clients


        • Doume65 18 janvier 11:43

          @Trelawney
          « C’est aussi ce qui se passe en ce moment avec la libération des transports de passagers »
          Ce qui est curieux dans l’affaire, c’est que la vente à perte est une pratique illicite. Cette interdiction étant là justement pour juguler les effets de la spéculation de haut vol (dans les deux sens du terme). Ces pratiques sont exactement « la raison du plus fort ». C’est celui qui a le plus de pognon à dépenser qui va écraser la concurrence. Ce n’est même plus de l’économie de marché ! Après, il peut remonter les prix à sa guise et c’est le consommateur qui se fait plumer.


        • Trelawney Trelawney 18 janvier 11:53

          @Doume65
          Ce qui est curieux dans l’affaire, c’est que la vente à perte est une pratique illicite.

          Ils sont très subtiles. En montant dans le bus vous recevez un cadeau publicitaire et ainsi ils peuvent justifier que le trajet est financé en partie par la publicité, publicité venant de société du même groupe bien entendu. la finalité est comme vous le dite : avoir le monopole pour remonter les prix et surtout éviter qu’une PME de transport puisse prendre une petite part du marché.


        • joaopessoa 18 janvier 07:21

          Je me suis arrêté à lenglet.


          • JDCONSEIL 18 janvier 10:44

            Les investissements à risque comme celui d’Huber drainent de l’argent sale . C’est du blanchiment organisé... Qui d’autres que ceux pour qui l’argent n’a pas de valeur investissent dans ce genre d’entreprises « lessiveuse » ? 


            • DanielD2 DanielD2 18 janvier 11:06

              Apparemment y’a pas encore assez eu d’agressions par les taxis. Allez y les gars ! :D


              • Petit Lait 18 janvier 12:09

                Peu importe le bien fondé ou non du business model d’UBER, ce que révèle surtout cet article et les commentaires qui le suivent, c’est l’effarante inculture de certaines personnes, de tout ce qui touche à la finance, à l’économie et même au commerce en général. Ce qui ne les empêche pas d’écrire des articles et des commentaires sur ce qu’ils ne connaissent pas et pire, de ce monter des filmes et des théories dans leur tête malade.... Plus qu’effarant, c’est flippant tant cet « inculture financière » induit un embourbement de la société dans une stagnation induisant chômage, pauvreté, dette étatique et privée...


                • Vinciboulette 18 janvier 14:28

                  @Petit Lait
                  Je suis d’accord. Tous des cons, ceux qui prétendent que libéraliser à tout-va résoudra tous les problèmes du monde.

                  Il y a 50 ans, on pouvait peut-être encore accorder à cette théorie le bénéfice du doute, mais maintenant il y a assez d’exemples qui montrent qu’elle ne résout pas ce qu’elle prétend vouloir résoudre, bien au contraire.
                  Chercher à infantiliser ceux qui ne sont pas d’accord avec vos dogmes ne rend pas ceux-ci moins dogmatiques.
                  Cela dit, le problème d’Uber c’est justement son modèle. On essaie de remplacer un modèle employeur-employé par un modèle de société de services avec un minimum de responsabilités et des mandatés payés à la tâche et liés si possible par un contrat d’exclusivité. En gros, un modèle employeur-employé sans responsabilités pour l’employeur. Alors c’est très malhonnête de nous dire qu’il n’y a pas matière à débat.


                • Petit Lait 18 janvier 16:29

                  @Vinciboulette

                  Je me fous du modèle UBER, Mr Vinciboulette, tout comme l’article d’ailleurs qui n’en parle même pas. Que dit l’article ? Il s’étrangle que les pertes dépassent les revenus et que des gens investissent là dedans... hors, c’est le principe même de n’importe quelle entreprise qui démarre (on dit « start-up » aujourd’hui, ça fait bien !), elle commence par perdre de l’argent, jusqu’à ce que son activité prenne son envol. Google ou Apple n’ont pas été rentables le premier jour de leur création que je sache. Que des investisseurs risquent de l’argent dans UBER, c’est leur problème, mais il n’y a pas de quoi s’en offusquer. Il y a même un intervenant qui arrive à dire qu’il n’y a que des gens qui blanchissent de l’argent pour investir là dedans. 

                  Bref, Mr Boulette, ce qui m’énerve c’est que des gens qui ne veulent même pas faire l’effort de comprendre comment l’économie et la simple comptabilité fonctionnent se permettent d’émettre des théories plus que douteuses et des jugement qu’ils considèrent comme vérités immuables. Et en plus soient incapables de les remettre en question. 

                  Après, il y a bien entendu matière à débat sur le modèle UBER, il est très malhonnête de prétendre que je dis le contraire ! 

                • Trelawney Trelawney 18 janvier 17:24

                  @Petit Lait
                  Ayant créée et géré plusieurs entreprises au cours de mon existence, j’ai un principe de base qui m’a été appris par plusieurs chefs d’entreprise et auquel je ne déroge jamais..

                  Lorsque vous vous démarrez votre entreprise vous avez 3 ans et pas une année de plus pour être bénéficiaire si vous n’y arrivez pas liquidez la société. Si vous y arrivez, vous aurez encore 2 ans pour récupérez les pertes des 3 premières années et si vous n’y arrivez pas liquidez aussi.

                  Avec la nouvelle économie on y est très loin, ce qui fait que l’investissement entrepreneurial est plus qu’aléatoire.

                  Je pense que c’est Apple qui a inventé le concept. Quand Jobs, Wayne et Wosniak on crée l’entreprise dans le fond d’un garage en Californie, ils ont commencé par vendre les Apple II à 500$ dans un boutique d’électronique et se son fait un pactole de 95000$. Fort de ce capital Jobs à commencé à emprunté plus que de raison et Wayne a vendu les 20% de ses parts par peur d’être saisi (il était le seul à posséder une maison et une voiture) si l’affaire capoté. Il a vendu ces parts pour 800$. Wozniak a lâché l’affaire un peu plus tard, quant à Jobs il a fait une carrière plutôt rock’n roll dans la plus grande entreprise du monde. Apple est obligé de grandir pour se maintenir à flot et pour cela rachete des entreprises en s’endettant toujours plus. C’est le serpent qui se mange la queue. Elle n’est pas la seule entreprise à le faire puisque Google, Amazon Facebook en font autant et dans une moindre mesure les Uber, etc

                  Wayne tient toujours son magasin de philatélie à San Francisco. Wozniak est résident permanent en Australie où il est professeur à l’université de Sidney. Steve Jobs est mort d’un cancer, mais tout au long de sa maladie, ce ne sera que fausses informations sur son état de santé pour tenter de rassurer les investisseurs le temps de passer le relai à Tim Cook

                  L’histoire de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf a plusieurs version mais toujours la même fin


                • Vinciboulette 18 janvier 21:30

                  @Petit Lait
                  Certains aspects du modèle économique d’UBER sont abordés au 2ème paragraphe. Car oui, la façon dont l’entreprise compte générer des profits, ça reste tout de même le coeur de son modèle économique. Peut-être cela vaut-il la peine de se le rappeler avant de gloser sur l’expertise économique de certains.

                  Je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit de s’offusquer que des investisseurs placent leur argent dans une entreprise comme UBER, tout en sachant comment l’entreprise compte générer des profits. Car oui, on n’investit pas sans rien savoir du retour sur investissement, surtout quand l’entreprise affiche des pertes aussi colossales.
                  Le stéréotype du financier-blanchisseur est en effet irritant. Quant à la barrière qui séparerait les questions comptables des questions légales et éthiques, elle est tout aussi fantasmée et pas moins agaçante.


                • hugo BOTOPO 22 janvier 17:01

                  Rien de bien nouveau : une nouvelle bulle financière est en expansion. Il y a eu l’explosion des Subprimes en 2007/2008 et auparavant l’explosion de la bulle internet et des télécommunications des réseaux mobiles vers 2000 avec des valorisations boursières pouvant atteindre des dizaines de Mds$ et même quelques centaines de Mds$ pour certaines, tout en ayant des recettes certes en forte croissance mais souvent inférieures à la moitié des dépenses. Voir les valeurs d’achat faramineuses d’Orange par France Télécom , payées en cash et non en actions (qui se sont effondrées aussi bien pour Orange que pour FT). Aux USA les faillites et pertes financières furent faramineuses.
                  Le but du système est toujours le même : appâter les épargnants, les petits investisseurs, et quelques gros poissons imbus d’eux-même voulant être dans le coup malgré leur incompétence. Tout ce monde à gruger achètera les actions vers des plus hauts, au profit des vendeurs/spéculateurs. Les petits épargnants perdront leurs économies, les directeurs financiers des grosses entreprises resteront en place avec toute la direction d’incompétents : AINSI VA LE MONDE DE LA DIVINE FINANCE.

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