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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise de l’immobilier américain, ou l’éternel (...)

La crise de l’immobilier américain, ou l’éternel recommencement

« La vie est nulle sans bulles ». Le célèbre slogan de Perrier ne se limite pas à l’eau gazeuse, loin s’en faut. Les investisseurs financiers l’ont consacré en véritable religion. En témoigne le récent éclatement de la bulle financière dans l’immobilier américain, dont l’ampleur est encore difficilement calculable. Les premiers dégâts occasionnés - le plongeon magnifiquement synchronisé des places boursières et la faillite de quelques gros calibres (dont American Home Mortgage) - tendent à démontrer qu’elle ne sera pas anodine.

A propos des crises financières, tout et n’importe quoi a déjà été avancé pour tenter de les expliquer. Mais la seule analyse pertinente, à tel point qu’elle en devenue intemporelle, provient de l’économiste américain John Kenneth Galbraith. Certes, son analyse détaillée dans sa Brève Histoire de l’euphorie financière date de 1992. Mais elle n’a rien perdu de sa véracité et risque de la conserver encore longtemps. Par souci d’honnêteté intellectuelle, je me dois de préciser que l’analyse qui suit est en partie inspirée de cette lecture.

La crise actuelle de l’immobilier américain ne fait en réalité que suivre un scénario identique, qui se répète invariablement à chaque épisode spéculatif. Car le noeud du problème, toujours passé sous silence ou au mieux minimisé, tient justement dans la spéculation elle-même. Cette dernière a alimenté toutes les crises financières connues, de la « crise des tulipes » en Hollande en 1637 jusqu’à la bulle internet à l’aube de ce siècle.

La première phase est le développement de l’euphorie financière. Pour la comprendre, il est indispensable de rappeler cette étonnante équation qui régit le monde de la finance : plus on a d’argent, et plus il découle de la maîtrise absolue des paramètres financiers, plus il est signe d’intelligence et d’intuition financière hors du commun. La preuve en est que lorsque l’un de ses esprits éclairés se manifeste, le reste de la meute accourt aussitôt, espérant récolter les dividendes de ce qui ne peut être qu’un choix judicieux. C’est l’instinct moutonnier. Dans le cas présent, le secteur immobilier aux Etats-Unis a attiré les spéculateurs de tout poil grâce à des taux d’intérêts très faibles qui permirent un afflux de liquidités, faisant miroiter dans le secteur des perspectives de profit colossales.

La deuxième phase est la constitution de la bulle spéculative, où se produit le décalage avec le réel. Un enthousiasme collectif s’empare des acteurs financiers qui se mettent à investir à tout va, persuadés que les cours monteront sans limites. On le sait, la perspective d’enrichissement rapide et sans frais peut engendrer de tels comportements chez l’être humain. Mais encore faudrait-il que les marchés tolèrent de telles envolées. Chaque crise financière de l’Histoire comprend un « effet de levier », c’est-à-dire un pouvoir démultiplicateur d’endettement qui permet aux investisseurs de combler le besoin express de capitaux. Le levier a pris des formes bien différentes à travers les siècles, mais il joue systématiquement le même rôle : accumuler des capitaux qui contribuent à faire enfler encore davantage la bulle. Généralement, plus fort est le levier, plus dure est la chute. Dans le cas de la bulle immobilière américaine, une fois encore, le scénario est rejoué avec la plus grande fidélité par les acteurs de la finance. Les créditeurs ont débloqué les fonds nécessaires via le fameux « LBO » (Leverage Buy Out), qui a permis aux investisseur, dont les fameux hedge funds, de s’endetter pour pouvoir lever des capitaux supplémentaires.

Bien qu’elle ne soit pas encore arrivée à son terme, la troisième et dernière phase de cette bulle financière sera celle de toutes les autres : le renversement final. Les milliards s’évaporeront comme par enchantement, les faillites s’accumuleront et une récession économique, peu importe son ampleur, s’ensuivra.

Comment expliquer ce cycle ? Pourquoi la mémoire de l’ « homo-économicus » ne dépasse-t-elle pas la vingtaine d’années ? La raison en est fort simple : plutôt que de se focaliser sur la raison principale de la crise, la spéculation des investisseurs, les analyses se déplacent - par un mécanisme de déni psychologique instinctif et admirablement rôdé - sur d’autres raisons, qui occulteront nécessairement la principale. Parfois, il s’agit de l’élément déclencheur du renversement final. Parfois, on s’acharne sur les paramètres économiques ou les « fondamentaux ». Jamais sur la spéculation elle-même...

Il existe deux explications à cet étrange raisonnement. La première raison tient sans doute dans la quantité impliquée d’individus et d’institutions réputées, des banques aux cabinets d’expertise. Comment imaginer qu’autant de gens aient pu se tromper ? Le mythe, qui associe argent et intelligence, est bien plus profondément ancré qu’on ne le croit. Le bouc émissaire est donc nécessairement ailleurs. La deuxième est d’ordre dogmatique. L’idéologie du libre-échange ne tolère aucune anomalie, considérant les marchés financiers comme un reflet neutre et exact de facteurs externes. Il n’est pas censé porter les germes d’une dynamique d’erreur interne. Le marché est infaillible.

Dans ces conditions, il est aisé de comprendre pour quelles raisons les crises financières se produisent, se répètent ... et se répéteront encore.


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108 réactions à cet article    


  • cniko 10 août 2007 12:14

    Alors là bravo, vous avez sut expliquer clairement la déconexion entre la spéculation et la réalité. Si la finance est nécessaire à notre monde, de même que l’assurance, la spéculation a entrainé les pires dérives des entreprises, influencé nos modèles économiques et sociaux. La pression accrue sur les salariés est le fait de cette spéculation à outrance.


    • Alpo47 Alpo47 10 août 2007 16:42

      je suggère d’aller voir les analyses de « Solidarité et progrès », très alarmantes : http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_accueil.php3


    • Bernard Conte Bernard Conte 10 août 2007 12:37

      Juste une petite remarque : Keynes parlait de l’économie de casino« et Marx du capital »fictif". Et Keynes encore disait qu’il fallait euthanasier le rentier.


      • Rage Rage 10 août 2007 15:07

        Plus exactement :

        Tous les pros -de l’esbrouffe- savent qu’une fois le particulier amené à se faire plumer, il faut retirer ses billes : une fois le particulier entubé et le pro sorti du jeu, reste le particulier plumé de son pognon.

        En bourse : « Rien se perd, rien ne crée, tout se transfert »

        Quand il y a des gagnants, il y a forcément des perdants, à un endroit ou à un moment donné...

        La Bourse est un casino dont on fait croire qu’il est rationnel, raisonné et logique : c’est le jeu des banques qui, quoiqu’on en dise, ont mis en place ce système afin d’assurer en permanence des flux, ces mêmes mouvements qui les rémunèrent...


      • Johan Johan 10 août 2007 18:57

        En fait les petits actionnaires jouent avec des dés pipés car les gros fonds (de pension notamment) ont quantité d’avantages :

        - la taille des structures et des participations : la minorité de blocage, le contrôle des sociétés, des participations aux CA d’entreprises parfois concurrentes et souvent stratégiques

        - les asymétires d’information

        - la capacité des grands à lancer des mouvements de spéculation à la hausse ou (le plus souvent) à la baisse, leur possibilité de racheter progressivement les parts à un prix normal, une fois la bulle éclatée, par l’intermédiaire de prête-noms, les délits d’initiés...

        On pourrait dire que les fonds de pension sont le moyen pour le petit de profiter des avantages des grands, mais concretement, le capital disponible se concentre de plus en plus rapidement dans les mêmes mains, et les classes moyennes et basses sont plus endettées que jamais en France.


      • Stef 10 août 2007 12:41

        Bonne tentative.

        On reste un peu sur sa faim, notamment sur l’articulation entre immobilier et finances, le glissement entre spéculation immobilière et spéculation financière.

        La spéculation immobilière de l’américain moyen est réelle (il achète sans avoir les moyens avec l’espoir que son bien va se valoriser) mais la véritable spéculation (professionnelle) est ailleurs.

        Mais rester sur sa faim, signifie que l’apétit demeure. Donc merci.


        • Bulgroz 10 août 2007 12:45

          MARKET MELTDOWN

          Ça sent la crise, un certain présentateur TV dénommé Cramer s’énerve grave et devient carrément fou contre Ron Bernanke président de la FED sur CNBC.

          http://www.youtube.com/watch?v=SWksEJQEYVU


          • tvargentine.com lerma 10 août 2007 13:17

            L’exemple des pouvoirs publics français,qui n’ont rien fait depuis une quinzaine d’année pour construire des logements sociaux,modernes aura permis à une bulle spéculative de se développer en France.

            D’un coté,nous avons tous les gens qui ne peuvent pas se loger car les prix sont inaccessibles ,de l’autre ceux qui ne peuvent pas se loger car ils n’ont plus assez d’argent entre le prix du cout de la vie courante et les prix des loyers qui explosent,et enfin,nous avons ce qui aurait pu nous attendre : les tentes pour se loger.

            Espérons que ce maudit crack immobilier va se déclencher au USA pour faire tache d’huile en France afin de mettre en difficulté tous ces fonds de pension anglo-saxon que nos amis « socialistes » avaient autorisé à acheter en France des quantités impressionnantes d’immeubles habitables.

            Déjà une rupture c’est produit le mois dernier avec une baisse des prix.

            Espérons que cela va continuer et que des banqueroutes se produiront contre ces spéculateurs.

            Encore une fois,la responsabilité de la crise du logement incombe aux socialistes,qui n’ont rien fait durant la période 88-93 et 97-2002.

            D’ailleurs,c’est dans ces périodes que les fonds de pension ont bien acquérir le plus de bien immobiliers et proceder à la découpe

            Vive la crise !


            • ripouette ripouette 10 août 2007 14:21

              Quel rapport avec les socialistes, sérieux ? Tu ruines toi-même ton argumentation qui était pourtant intéressante, dommage !


            • cniko 10 août 2007 14:52

              Lerma a failli bien partir et comme d’hab c’est la dégringolade et l’épenchement de haine vis à vis des socialistes qui sont seuls responsables de tous nos malheurs. Lerma faut se réveiller, la droite aussi a gouverné et tout aussi mal !


            • tvargentine.com lerma 10 août 2007 15:57

              Oui,sans être obscurantiste militant godillot,la gauche aurait dû quand elle a été au pouvoir moderniser le parc HLM existant et construire des logements sociaux moderne.

              Elle ne l’a pas fait et c’est une réalité dont nous payons le prix aujourd’hui pour nous loger car elle a permis aux propriétaires de logements privés de « selectionner » des candidats par l’argent (et parfois sur d’autres critères) amenant petit à petit à faire monter les prix uniquement par le mécanisme du marché de la demande de location d’appartements qui est forte.

              La meilleure solution pour éviter de la spéculation aurait été de faire des constructions de logements sociaux afin de répondre à la demande.

              L’offre et la demande sont la base du marché spéculatif et nos ex-amis « socialistes » l’avaient bien compris.

              Cela fait parti du droit d’inventaire au même titre que les infrastructures (bus,rer,train)dont les investissements manquent cruellement aujourd’hui.

              Concernant le krack immobilier,cela permettra surtout de revoir,nous pouvons l’esperer des prix de logements accessibles car l’explosion des logements « privées » existe nous pourvons le voir presque à tous les coins de rue autour de Paris,mais bien souvent inacessibles au plus grand nombre


            • Lapinator Lapinator 11 août 2007 00:38

              @Lerma

              La droite à abandonné le marché des HLM au profit du privé ( faut dire qu’il n’y avais plus d’argent dans les caisses ) avec la loi robien ( qui à aussi bien participé à la bulle imobilière )


            • ripouette ripouette 10 août 2007 14:19

              Ce n’est pas tout le marché immobilier américains qui pour le moment s’est effondré mais le système des « subprime ». Ce sont des prêts à très fort taux que les organismes concèdent à la frange la plus pauvre de la population, celle qui n’a pas les moyens d’avoir des crédits « normaux ». Il y a eu, en un an, 1 million d’expulsions de gens qui ne pouvaient honoré ce type de crédit, la caution du prêt étant l’hypothèque du bien qu’on achète !!!!

              La chute de ce système est en train de faire tâche d’huile vers les prêt classiques, 25% des acheteurs ayant des difficultés à faire face aux échéances.

              C’est donc une bulle crée sur le dos des moins biens lotis qui éclate, et ce sont eux qui avant tout en subissent les dommages bien avant la bourse ou les banques !!!!


              • LE CHAT LE CHAT 10 août 2007 14:23

                Les prix de l’immobilier ont plus que doublé en 7 ans en France , la bulle éclatera chez nous également !


                • snoopy86 10 août 2007 15:41

                  @ Léon

                  Excellent commentaire

                  Je me permets d’ajouter qu’il existe un risque majeur de récession mondiale lié à l’éclatement de la bulle immobilière US :
                  - le crédit à la consommation aux USA repose majoritairement sur les garanties hypothécaires. C’est la bulle immobilière qui a entraîné la consommation US ces 5 dernières années, le consommateur américain s’endettant régulièrement plus, persuadé qu’il était que son patrimoine qu’il offre en garantie avait pris de la valeur.

                  - le rétrécissement du crédit et la baisse des garanties vont donc fatalement affecter la consommation US qui elle-même tire toute la croissance mondiale.

                  Il y a donc de quoi s’inquiéter à court et à moyen terme ; significative est depuis plusieurs jours la baisse simultanée du pétrole. Les marchés anticipent bien une baisse sensible de la consommation et notamment de la consommation industrielle.


                • cniko 10 août 2007 17:39

                  Comme en Espagne où en plus tous les taux sont variables et sur des durées... 10 ans pour une voiture, 50 ans pour la maison !


                • snoopy86 10 août 2007 18:57

                  @ Léon

                  Oui, pour une grosse partie de crédit à la consommation ; je ne connais pas le mécanisme précis mais il s’agit d’une espèce de « revolving » garanti par l’immobilier de l’emprunteur. Sans doute avec des formalités hypothécaires simplifiées.

                  Notons au passage que cette ânerie a été introduite en France, sans succés jusqu’à maintenant, pour stimuler la consommation.

                  Le revenu disponible moyen des salariés américains s’est peu accru ces 5 dernières années, mais leur endettement a considérablement augmenté. Il doit être de l’ordre de 3 à 4 fois supérieur à celui des français. La consommation a été largement stimulée par le crédit lié à la valorisation artificielle du patrimoine immobilier (Forest Ent nous avait mis quelques chiffres assez intéréssants dans son article. Je vous invite à les consulter)

                  Il y a un risque aigu de voir se profiler une crise économique et sociale majeure avec des répercussions qu’ici nous avons du mal à imaginer ; par exemple de trés nombreux américains prennent des crédits hypothécaires pour financer les études universitaires de leurs enfants.


                • Forest Ent Forest Ent 10 août 2007 16:01

                  Ce n’est pas pour dire, mais agoravox a annoncé cette crise en mars :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20247

                  pour des raisons explicitées en avril :

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22217

                  factuelles, mais pour lesquelles je m’étais fait taxer « d’anti-américanisme primaire ».

                  Parmi les nombreuses bonnes raisons explicitées dans cet article pour la formation de bulle, je me permets d’ajouter un vieux dada personnel, le fait que les médias ne soient pas indépendants, et ont un effet de renforcement des cycles, plutôt que de stabilisation ou calme.

                  J’ai vu hier soir sur yahoo.com quelque chose d’hallucinant. Une dépêche AP qui disait « AIG déclare que le marché financier est devenu catastrophique » a été remplacée au bout de quelques heures par « AIG déclare que sa situation financière est saine ».

                  A mettre en regard de l’achat par Murdoch de « Dow Jones » et LVMH des « échos ».


                  • Forest Ent Forest Ent 10 août 2007 16:05

                    J’avais été à l’époque assez prudent sur le risque systémique, mais je ne pense pas qu’il y ait encore lieu de l’être. Nous nous dirigeons vers un ’credit crunch’ majeur. Il y a un vent de panique dans l’air, y compris du côté des banques centrales, qui commencent à pomper des crédits.


                  • Bulgroz 10 août 2007 18:25

                    En Mars 1999, (Forest Ent n’était encore pas né smiley ) une note de la FED mettait en exergue les risques associés aux prêts Subprime et particulièrement sur les prêts revendus aux sociétés portefolio (du type de la BNP) :

                    http://www.federalreserve.gov/boarddocs/SRLETTERS/1999/sr9906a1.pdf

                    Juste un extrait relatif au second marché de ces prêts :

                    Recent turmoil in the financial markets illustrates the volatility of the secondary market for subprime loans and the significant liquidity risk incurred when originating a large volume of loans intended for securitization and sale. Investors can quickly lose their appetite for risk in an economic downturn or when financial markets become volatile. As a result, institutions that have originated, but have not yet sold, pools of subprime loans may be forced to sell the pools at deep discounts. If an institution lacks adequate personnel, risk management procedures, or capital support to hold subprime loans originally intended for sale, these loans may strain an institution’s liquidity, asset quality, earnings, and capital. Consequently, institutions actively involved in the securitization and sale of subprime loans should develop a contingency plan that addresses back-up purchasers of the securities or the attendant servicing functions, alternate funding sources, and measures for raising additional capital.


                  • minijack minijack 10 août 2007 19:08

                    Excellent article d’Yves Rosenbaum.

                    La Spéculation est la cause première de toutes les dérives financières. L’ennui c’est qu’elle est indissociable du système boursier qui est conçu comme un « Jeu », et la comparaison de Keynes « Bourse = Casino » est particulièrement pertinente. L’excitation atteint des sommets quand on réalise « un bon coup »... L’adrénaline coule à flot chez les golden boys (ainsi que pas mal d’autres substances), mais aussi chez leurs clients eux-mêmes gagnés par la fièvre de l’argent facile sans que corresponde en face dans la colonne débit le moindre effort créatif ni productif.

                    Tout comme le casino, la spéculation en Bourse produit un effet d’addiction collective qui ouvre la porte à tous les excès. Ce monde n’est pas raisonnable, il navigue dans le virtuel complet jusqu’à ce qu’enfin un vol de papillon provoque un cyclone qui fait s’écrouler l’édifice.

                    Et le commentaire extrêmement pertinent de Forest Ent — sur la relation ambiguë existant entre médias et information boursière — amène à se poser sérieusement la question de la separation des pouvoirs dans le secteur media-finances-assurances.
                    L’hyper-concentration des casquettes sous des étiquettes différentes cache mal la mise en coupe réglée de l’épargne individuelle...
                    Il y a une trentaine d’années la BNP avait pour slogan : « VOTRE ARGENT M’INTERESSE »... Ca avait au moins le mérite de la franchise !
                    Elle aura été parmi les premières à « geler ses plans », c’est à dire ne plus tenir ses promesses. Les placeurs privés ne peuvent plus récupérer leur avoirs tant que la situation ne s’est pas assainie... Mais ça peut durer des années ?...

                    Qu’on révise les arnaques du passé. Qui se serait douté des spoliations monstrueuses dont ont été victimes les acheteurs de « Sucre » dans les années 50, ou les porteurs de l’Emprunt Russe avant la révolution bolchevique ? Ou plus près de nous la spéculation effrénée sur le « Placement-diamant » des années 80 ou la bulle Internet de 2000. Provoquant à chaque fois, comme un chemin de dominos, un enchainement de « ruines personnelles » plus graves que les destructions immobilières causées par des bombardements.

                    Cette perspective d’effondrement du marché immobilier va beaucoup plus loin que l’effondrement d’un immeuble le 11 Septembre 2001, et elle touchera en priorité tous les pays qui sont surtout liés au dollar. Autrement dit, tout le monde, mais avec plus ou moins de sévérité.

                    Nous assistons à l’halali d’un « système » (et d’un Empire) dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences politiques. L’Europe peut encore tirer ses billes et, avec Chine/Inde pour second pôle, prendre bientôt le leadership mondial.
                    Paradoxalement, dans ce schéma ça pourrait être le Chine le modèle le plus capitaliste des deux. La prise de conscience d’une certaine relativité de l’argent par rapport à la qualité de vie en Europe pourrait nous amener à inventer un nouveau modèle social beaucoup plus écologique, et surtout « économico-logique ».
                    Ca modifiera évidemment les niveaux de prix sur le marché français, mais pas dans des proportions très importantes. Au pire une annulation des hausses de ces dernières anneés mais les gens auront toujours besoin de se loger. La question est de savoir s’ils auront toujours l’argent pour le faire... parce que comme on dit : « Quand le bâtiment va, tout va ! »...

                    Ca fait des années que je le dis sur mes differents sites, l’économie américaine est déclinante et l’Empire est au plus mal. L’ennui c’est que, aussi bien au niveau financier que politique, on est dirigés en Europe par des gens qui font toujours confiance à ce modèle périmé.


                  • Bulgroz 10 août 2007 19:11

                    Rajoutons que le 17 Mai 2007, le patron de la FED Ben S. Bernanke, avait dans un discours, pronostiqué tout ce qui se passe actuellement sur le marché des subprime dont la baisse inévitable de l’immobilier.

                    http://www.federalreserve.gov/boarddocs/speeches/2007/20070517/default.htm

                    Bien entendu, la FED va « monitorer » tout cela sans intervention brutale et la conclusion s’inscrit dans la pure tradition WASP :

                    « But I believe that, in the long run, markets are better than regulators at allocating credit. »

                    En la circonstance, le marché (cupide) n’a qu’à s’en prendre à lui même (à sa cupidité).

                    Mais, gageons que bien vite, le marché va demander que l’Etat indemnise et paie les pots cassés et les mêmes qui exigent que l’Etat n’intervienne pas dans le businees quand celui va bien va exiger le contraire quand celui va mal.(Voir la vidéo que j’ai donnée plus haut).


                  • ripouette ripouette 10 août 2007 20:42

                    WASP : We Are Sexual Players ? smiley


                  • Aurelien Veron 13 août 2007 16:15

                    Les marchés sont bien imparfaits, mais à ce jour, on n’a pas trouvé mieux. Lorsque des excès se forment, il est naturel qu’un mouvement de correction purge une partie d’entre eux. Et je ne crois pas que les gouvernements viendront au secours des établissements en faillite, comme on l’a vu avec la mise en liquidation d’établissements de crédit immobilier.

                    En revanche, lorsqu’un établissement pèse trop lourd, les grandes banques de la place se cotisent pour limiter la casse qui pourrait les atteindre (exemple : LTCM).


                  • pixel pixel 10 août 2007 17:01

                    Les bulles ne sont elles pas fabriquées pour attirer et prendre l’argent des particuliers ? Ma question est innocente, je suis loin d’être économiste.


                    • pixel pixel 10 août 2007 17:36

                      @Léon

                      Mais d’après ce que j’ai compris c’est les financiers les plus réputés qui commencent par investir un secteur et les autres suivent ? A partir de là est ce inimaginable que les financiers réputés entament sciemment le processus.


                    • cniko 10 août 2007 17:44

                      L’un des adages des financiers : je préfère avoir tort avec les autres que raison tout seul !

                      A partir de là c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres.


                    • cniko 13 août 2007 16:25

                      J’ai pourtant rencontré le « suivisme » dans différents établissements financiers pour lesquels je travaille. Parfois même ouvertement dit, et ce dans différents secteurs (private equity, financement structuré et marchés de capitaux)


                    • MagicBuster 10 août 2007 17:32

                      Et les fonds de pensions de plusieurs centaines de milliards de dollards ? ça ne peut pas déstabiliser une économie s’il change de secteur ?

                      NB : je ne suis pas économiste, loin de là ...


                      • Dominique Larchey-Wendling 10 août 2007 17:46

                        Très bon article. Mais comme dit, cette crise de l’immobilier américain est prévisible depuis plusieurs années. Bush a utilisé cette bulle spéculative pour maintenir les citoyens américains dans l’illusion que leur économie était bonne : ils sont pour beaucoup dépendants de l’augmentation du prix de leur bien immobilier pour maintenir leur niveau de vie, leur salaire ne leur suffisant plus pour vivre. Aujourd’hui c’est le retour à la réalité et ça va faire mal très mal. Ils vont perdre les bénéfices de l’augmentation des prix du logement, le moyen de rembourser leur bien puis leur bien immobilier. Les banques vont se retrouver avec des biens immobiliers sans valeur et ne retrouveront pas l’argent qu’elles ont prêté. Certaines vont peut-être faire faillite.

                        Et j’ajoute que la Chine en profite pour menacer d’utiliser l’arme nucléaire économique contre le dollar. Voir cet article du Monde et l’analyse toujours pertinente de Paul Craig Roberts à ce sujet.

                        Les Etats-Unis vont être mis à genoux et vite. Espérons que ça incitera les américains à lyncher Bush et Cheney plutôt que se lancer dans une nouvelle guerre qui signifierait la fin de la grande république en même temps que la fin de l’empire.


                        • Dominique Larchey-Wendling 10 août 2007 18:20

                          Vous ne comprenez pas l’analyse de Roberts. Ce qui change aujourd’hui, c’est que la Chine affirme son pouvoir financier sur les Etats-Unis, pouvoir qui est forcément géostratégique. Le message est : vous n’êtes plus les maitres du monde et il est formulé ainsi pour que Washington le comprenne et ne puisse pas le nier.

                          En effet, si par exemple la Chine considère qu’une attaque contre l’Iran est pour elle une menace à ses intérêts vitaux (en terme d’approvisionnement en pétrole et gaz et d’investissements dans ce pays), elle exercera son pouvoir financier contre les Etats-Unis qui sont déjà dans une impasse financière à cause de l’éclatement de la bulle du crédit immobilier.

                          Les gesticulations et étonnements de Bush et Paulson ne changeront rien. Les USA sont aujourd’hui un tigre de papier pour la Chine et une vache à lait dont elle n’a plus un besoin vital, du moins pas aussi vital que ses besoins énergétiques.


                        • snoopy86 10 août 2007 19:02

                          Si, comme c’est à craindre, la consommation s’effondre aux USA, la Chine en sera la première victime.

                          De même, les fonds qui s’effondrent actuellement ont été largement alimentés en dollars recyclés par la Chine et en pétrodollars.


                        • ZEN ZEN 10 août 2007 19:06

                          @ Philippe

                          je suis plutôt de ton avis. Jeu de la « barbichette », exactement : les économies sont maintenant trop imbriquées pour prendre au sérieux les menaces de la Chine. J’avais commis un article là-dessus. Je pense que cela reste valable :

                          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12980


                        • Bulgroz 10 août 2007 19:28

                          Ce qui se passe actuellement aux US et dans toutes les bourses n’a rien à voir avec la problématique US/Chine mais à avoir avec le marché des prêts immobiliers subprime.

                          Grâce à ces prêts, des millions d’américains qui ne pouvaient prétendre aux crédits ont pu accéder à la propriété (point positif).

                          Maintenant, qu’ils ne peuvent pas rembourser, c’est une autre affaire.

                          La conclusion pour moi est la suivante : le marché seul est incapable de trouver une solution aux problème de l’accession à la propriété, cela ne peut se faire qu’avec une intervention de l’Etat qui doit subventionner d’une manière ou d’une autre la mécanique. A la base, il s’agit de loger des gens qui n’ont en pas les moyens. Jamais, le monde capitaliste classique ne pourra résoudre ce problème.

                          Le monde anglo saxon pense que les marchés sont la clé de tout et à même de résoudre tous les problèmes de la société, cela est erroné.


                        • Dominique Larchey-Wendling 10 août 2007 19:36

                          Je ne suis pas d’accord. La crise immobilière va de toutes façons mettre à genoux les consommateurs américains et donc, les exportations Chinoises vers les USA vont de toutes façons baisser, l’économie américaine ralentissant. C’est là que l’on comprendra que le « moteur » de l’économie mondiale est une farce, car c’est un moteur qui tourne à crédit : les USA sont une économie de consommation, pas de production.

                          Alors la question est pour la Chine, comment valoriser au mieux des avoirs en dollars qui vont de toutes manières perdre beaucoup de leur valeur. Cet argent est-il important pour la Chine ou bien a-t-elle des objectifs stratégiques qui justifieraient de sacrifier une telle somme à liquidation de l’empire américain ?

                          Il y a d’autres moteurs potentiels pour l’économie chinoise et mondiale aujourd’hui. La Chine n’a plus besoin des USA pour son développement. Pire elle pourrait chercher sa croissance en interne en développant ses classes moyennes. Bien-sûr, l’ogre énergétique américain (25 % de la consommation mondiale de pétrole) est un obstacle à ce projet. La Chine pourrait décider de s’en débarrasser pour s’offrir un boulevard.


                        • snoopy86 10 août 2007 20:29

                          « D’après un rapport du Trésor américain, la Chine est le premier investisseur en titres hypothécaires aux Etats-Unis, avec 107,5 milliards de dollars de titres »

                          http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-943019,0.html


                        • Forest Ent Forest Ent 12 août 2007 14:52

                          J’ai une vision plus pessimiste de ce sujet. Une récession US pourrait y relancer le protectionnisme. Comme en 1930 pour le Japon, la Chine pourrait se trouver coincée dans ses exportations. Son régime politique pourrait s’en trouver déstabilisé. Je ne le regretterais pas, mais le suivant pourrait être pire.


                        • goc goc 10 août 2007 18:12

                          tres bon article

                          j’imerais y ajouter 2 choses

                          d’abord, une note d’humour : un journal financier eminant a oser ecrire ces jours-ci : « C’est le moment d’acheter »

                          comme quoi, soit il a le sens de l’humour, soit il est d’une incompetence notoire, soit il roule pour les gros qui cherchent des gogos, pour se debarrasser a bon prix de leurs actions (qui ne vaudront plus rien dans pas longtemps)

                          deuxième point : cette analyse oublie deux choses, d’abord le phénomène d’auto-alimentation, qu’on avait pu voir lors de la bulle internet, c’est a dire le fait que la spéculation etait alimentée artificiellement par des rachats de startup par les propores filiales du capital-risques qui avait financé la start-up, et ce dans le seul but, de faire monter le prix de cette meme start-up. C’est ce point qui a fait s’effondrer le chateau de carte

                          ensuite, la bulle immobilière pourrait bien etre aussi le detonnateur d’une crise bien plus grave et dont la raison principale est la planche a billet utilisée a l’extreme par les usa en ce moment :

                          Il ne faut pas oublier que la guerre de l’irak, qui engloutie des centaines de milliards par an, est aussi une magnifique locomotive économique américaine, dans la mesure ou ces dollars ne font que tourner dans le circuit US. Directement ou indirectement, toutes les sociétés américaines profitent de la guerre, et tout est basé sur la confiance, c’est a dire sur le fait que ces « faux » billets auraient une certaine valeur, celle de l’économie américaine. Mais l’autre coté du miroir, c’est que c’est alimenté artificiellement par la planche a billet, et que d’une façon, ou d’une autre, cette somme virtuelle peut venir sur la marché, avec sa vraie valeur, c’est a dire proche de zéro.

                          Or la crise immobiliere pourrait bien precipiter les choses en cassant la confiance, et en creant un effet de paniquebouel de neige, poussant les detenteurs de dollar a s’en debarrasser au plus vite

                          d’ailleurs qu’on ne s’y trompe pas, les signes de la crise majeure sont là : il suffit de voir les dizaines de milliard injecté ces jours-ci aussi bien par l’Europe, que par la Fed, pour comprendre qu’il y a bien un gros problème a venir en notant au passage la tres grande discretion de ces opérations


                          • Bulgroz 10 août 2007 19:30

                            Oui, c’est effectivement le moment d’acheter au titre de l’accession à la propriété.


                          • numer013 10 août 2007 18:58

                            Les banques centrales cernées par la crise, 155 milliards de dollars injectés en un jour

                            jim cramer : armagedon

                            http://www.youtube.com/watch?v=EdnmWxbxUZo

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