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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise est économique ? Que les économistes se mettent au travail (...)

La crise est économique ? Que les économistes se mettent au travail !

Dans un billet intitulé « Des réformes à mettre en oeuvre immédiatement », Paul Jorion répond directement à la question de la « moralisation » du capitalisme et prend le risque de passer de l’analyse critique à la proposition constructive.

On ne peut que saluer cette initiative et applaudir des deux mains à ce qui pourrait être le début d’un vaste chantier : partir des différentes réformes proposées par l’auteur de ce texte pour engager un grand débat sur la faisabilité, les conséquences et les implications de chacune de ces propositions dans le monde réel globalisé.

Que se passerait-il si on augmentait les « petits » salaires en réduisant les dividendes des actionnaires, ou si on interdisait la spéculation ? Et si on supprimait les paradis fiscaux ? Ou qu’on légiférait pour interdire le financement des campagnes par des trusts, qu’on redéfinissait le statut juridique des actionnaires, qu’on modifiait les règles de fonctionnement de la bourse ? Et si on empêchait l’optimisation fiscale, qu’on supprimait les stock-options ou repensait la solidarité, ou le travail ?

Je sais que monsieur Berruyer cherche lui-aussi à lancer une réflexion sur ces sujets, que les déconomistes ou les économistes atterrés cherchent eux-aussi des solutions, et bien d’autres avec eux, mais pour ainsi dire « chacun dans son coin ». Et bien pourquoi ne pas allier ces forces pour tenter d’extrapoler les conséquences de la mise en place de telles réformes, comment elles pourraient être mises en oeuvre, ce que cela implique comme changements politiques ou idéologiques, qui en seraient bénéficiaires et qui en seraient victimes ? Voilà ce que les citoyens aimeraient entendre et comprendre, et voilà qui les changerait de leur dose quotidienne de désespérance… 

Il serait temps que toute cette « communauté » fasse preuve de réactivité, en se saisissant de ce genre d’initiatives pour aller un peu plus loin que les simples exposés non-contradictoires qui nous sont habituellement servis. Que les uns tentent de démonter les arguments de monsieur Jorion par d’autres plus convaincants, que les autres les défendent par d’autres arguments plus pertinents encore, et que le véritable débat portant non pas sur les constatations mais sur les solutions commence enfin. Nous n’avons plus besoin de savoir « pourquoi » nous sommes en crise mais de savoir « pour quoi » nous devons nous battre.

Il faut que le débat des idées soit de nouveau porté sur la place publique, pour que chacun puisse se positionner « en conscience » sur ces sujets qui nous concernent directement. Vous êtes des milliers à suivre de près ou de loin ce qui se destine à devenir une sorte de mouvement contestataire et constructif par la magie du réseau internet, et vous avez le pouvoir de porter ce genre de débat là où il vous plaira : diffusez les propositions de monsieur Jorion, discutez-les, réfléchissez-les, et proposez-les à la réflexion de ceux qui vous paraissent en capacité de les contredire. Contactez les hommes que vous estimez et mettez-les au défi de vous prouver que le capitalisme peut être moins injuste, créez-leur un lieu pour qu’ils se rencontrent et qu’ils échangent, harcelez-les jusqu’à ce qu’ils vous prouvent ce qu’ils avancent, obligez-les à nous trouver des solutions ! 

La crise est économique ? Que les économistes se mettent au travail…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr


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16 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 13 novembre 2012 09:24

    Bonjour
    La crise est autant politique qu’économique
    Le libéralisme friedmanien a gagné les décideurs depuis plus de 30 ans, qui passent alternativement des affaires privées aux affaires publiques, et combien d’économistes n’ont été que les perroquets de ces intérêts ?


    • plancherDesVaches 13 novembre 2012 15:12

      En effet, Actias, ce n’est pas être de gauche qu’être social.

      Après une telle hérésie, il est simple de comprendre la crise actuelle.


    • Le taulier Le taulier 13 novembre 2012 10:03

      Jorion a du talent mais pas en tant qu’économiste mais comme illuminé qui arrive avec du bagou à enrôler une petite armée de moine-soldat fanatisés.

      Je reprend une seule de ses proposition :

      Mettre hors d’état de nuire les paradis fiscaux en interdisant aux chambres de compensation de communiquer avec eux dans une direction comme dans l’autre. Les mesures doivent viser l’ensemble de ces paradis fiscaux : y compris ceux que les États tolèrent dans des enclaves sur leur propre territoire ; ainsi pour la Grande-Bretagne : Jersey, Guernesey, l’Île de Man et la City de Londres ; pour les États-Unis, l’État du Delaware, etc.

      Franchement qui peut croire que le Royaume-Uni va mettre au ban sa propre capitale qui en plus lui apporte une relative prospérité (à part la City qui embauche avec des salaires convenable outre-manche ?)

      Je remarque au passage que Jorion, le belge francophone , évite soigneusement de parler des paradis fiscaux de la république française aux Antilles et en Polynésie ou de l’attraction que son pays d’origine exerce auprès de grandes fortunes.


      • Robert GIL ROBERT GIL 13 novembre 2012 10:43

        Il existe un petit secret au sujet de l’économie. Les grands économistes n’étaient pas...des economistes !

        voir : L’ECONOMIE POLITIQUE OU LA SCIENCE DE LA DOMINATION


        • ZenZoe ZenZoe 13 novembre 2012 12:14

          Des économistes à la rescousse ? SURTOUT PAS !!!
          Ce sont eux qui nous ont fait plonger avec leurs théories fumeuses eet malavisées.


          • plancherDesVaches 13 novembre 2012 12:51

            Non, ZenZoe. Peut-être pas tout à fait.

            Il est clair que les économistes vendent leurs théories afin de défendre UN système qui est le capitalisme.
            Et donc, sa normale concentration de richesse que nous voyons encore plus en temps de « crise ».

            Il en existe tout de même UN qui sort du lot car il ne fait pas parti du sérail ET n’a pas d’intérêts, que dis-je : n’a AUCUN intérêts ET explique ce qu’il faudrait faire, c’est Lordon.

            Certes, Lordon fait partie du CNRS et pour en connaître quelque uns, ils ne sont toujours parfaitement compréhensibles, car des sortes d’inhumains dont le muscle le plus puissant n’est pas dans les jambes, mais dans la tête. Mais en écoutant deux fois ce qu’il dit, ça finit par devenir digeste.

            Alors, il est clair qu’il est pour revenir à des solutions simples qui ont parfaitement fonctionné après guerre et mise en place par le CNR, et va aussi plus loin.
            Car la communalisation des banques est en effet le seul moyen d’éviter toute dérive sans pour autant entrer dans un communisme total.

            Recherchez sur le net ses interventions vidéo, vous verrez...


          • caleb irri 13 novembre 2012 13:29

            @ ZenZoe

            Bonjour,

            justement, j’aimerai bien savoir moi, comment ces mesures qui paraissent du bon sens peuvent être mises en place, et si elles peuvent être mises en place.
             Pour ma part j’ai un peu le même sentiment que vous, et je demande, nous devrions tous demander aux économistes de nous donner des réponses ; peut-être qu’ils n’en ont tout simplement pas, et cela nous montrerait la voie. Si ces mesures « de bon sens » ne fonctionnent pas, ou que les économistes n’arrivent pas à nous prouver qu’elles sont en mesure d’être acceptées, alors il faudra regarder du côté des solutions « non-économiques ».


          • plancherDesVaches 13 novembre 2012 14:21

            Caleb, lorsque vous aurez compris que l’économie n’est QUE politique, tout comme la Démocratie ne devrait être QUE la voie des peuples sans les « partis », envoyez-moi un fax.

            Pourquoi croyez-vous que Roosevelt ait redressé les US en perdition, et provoqué, par ricochet, une guerre en Europe.. ??
            Il a simplement voulu tuer le trop fort pouvoir des plus riches.

            Pourquoi croyez-vous que les plus riches sponsorisent les élections des plus hauts dirigeants... ??
            Ils ont simplement besoin que les politiques se tiennent ... calmes, face à eux. Et il faut remarquer que les deux candidats sont sponsorisés... Quelque soit leur bord politique.
            Soit, ils défendent LEUR caste.

            Cette crise va voir arriver la montée des extrémismes tout simplement parce que les peuples vont gentillement se faire enfumer à élire des extrêmes qui vont provoquer des guerres alors que ces mêmes plus riches iront se planquer à l’abri.

            Leur but est de profiter de l’autre, n’oublions pas. Et s’il résiste, le faire s’entretuer.


          • plancherDesVaches 13 novembre 2012 14:28

            VOIX ... pas voie. Pardon.

            Et dire que je suis un adepte du vox populi, vox dei, j’ai honte...

            Ou allergie au dei, notez... Qui nous enfume bien aussi.


          • Robert GIL ROBERT GIL 14 novembre 2012 08:09

            les economistes font parti de ces experts qui savent tout...


          • ZEN ZEN 13 novembre 2012 13:12

            OK plancher
            Je me suis gardé de généraliser
            Je connais Lordon, et j’apprécie, comme d’autres : Husson, Chesnais, Aglietta, Passet, Orléan, et beaucoup d’autres.....


            • plancherDesVaches 13 novembre 2012 14:25

              Zen, Camarade, si tu commences à te « planquer » sous un autre pseudo, je ne peux qu’être trompé...
              Dire que j’ai évoqué tes muscles les plus puissants sans savoir, c’est savoureux, non.. ??
               smiley

              A+ (rhésus courant)


            • plancherDesVaches 13 novembre 2012 15:07

              T’énerves pas, Actias.

              Il est vrai que Zen, sa fille et moi devons faire une petite boucle à vélo, juste une quarantaine de bornes, depuis bien longtemps.
              Mais de là à prendre une chambre d’hôtel, y’a un pas, tout de même... Je tiens à la connaître avant...

               smiley


            • Mycroft 13 novembre 2012 15:01

              En claire, vous cherchez des réponses à des questions politico-économique.

              Manque de chance, il n’y en a pas. C’est pour ça qu’il y a la démocratie : comme il n’y a pas de moyen de savoir quelle est la bonne décision, on se contente de prendre celle qui est légitime, c’est à dire celle qui est décidée par la majorité.

              L’erreur du peuple, c’est de croire à cette chimère, l’existence de « spécialistes » de l’économie. L’économie, la politique, la sociologie ne sont pas des sciences dans lesquels les solutions aux problèmes peuvent être déduites.

              Bien sur, ça ne signifie pas qu’on peut faire n’importe quoi, juste qu’il est impossible de savoir ce qu’il faut faire. En fonction des faits, mais ces derniers sont largement sujet à interprétation.


              • Cassiopée R 13 novembre 2012 19:09

                Le rapport entre chômage et inflation permets de créer un maximum de profits, même si c’est au détriment de l’intérêt général comme de nos jours.


                Par la baisse du chômage, protectionnisme de ses secteurs d’activités et créations d’emploi, on augmente l’inflation, la hausse des prix de consommation. Puis on indexe l’inflation avec sa hausse des prix sur les salaires. Comme ça, on augmente et on conserve son pouvoir d’achat par le travail tout en combattant le chômage, de manière à étendre ce mécanisme sur la société.


                Mais les banques centrales comme la BCE, qui créent de la monnaie (auparavant national) par des choix économiques, ont fait le choix de lutter contre l’inflation, pour baisser les prix uniquement.


                La lutte contre l’inflation va augmenter le chômage, car ce ne sont pas les marges bénéficiares des multinationales qui vont baisser mais les droits ou coûts sociaux des travailleurs nationaux, ce qui va inciter les entreprises à délocaliser pour garder leurs profits.


                Cependant les prix augmentent et les salaires ne sont pas indexés sur l’inflation les prix de consommation, ce qui accroît de nouveau les profits des riches et des actionnaires des banques et des multinationales.


                • eau-du-robinet eau-du-robinet 13 novembre 2012 20:53

                  début de citation
                  La crise est économique ? Que les économistes se mettent au travail
                  fin de citation

                  La crise été certainement initié par les banques mais avec la complicité des Hommes politiques qui ont cède sur des tentatives de la mise en place d’une réglementation des marchés financiers et en sacrifiant les services publics ! Nous faisons aujourd’hui les frais de cette trahison des hommes politiques. Des nombreux banquiers et spéculateurs qui devront être en prison jouissent de l’argent qu’ils nous ont volé à travers dans les plus grands Casinos du Monde, les bourses !

                  Non, ce n’est pas aux économistes (seuls) à regler la crise !

                  C’est aux hommes politiques.

                  En France nous nous enfonçons de plus en plus dans la crise car les français manipulé par les médias (et ça marche à chaque coup) se font bernais aux urnes et votent systématiquement soit l’UMP soit le PS.

                  Les français ont .... ce qu’ils méritent ... eu pardons, ..... ceux qu’ils votent !

                  Tant que les français font confiance aux grands médias ... tant régnerai la misère sur la France, la misère qui est que au début de sa progression.... le pire est devant nous !

                  Le Marché Transatlantique fait un retour discret au Parlement Européen

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