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La crise financière

Métaphore électrique.

Ce que nous apprend la crise financière c’est que l’argent n’est plus constitué par des stocks, mais par un flux couvrant toute la planète, alimenté par de multiples établissements financiers qui réalisent en permanence des transactions produisant pour simultanément chacun d’eux des entrées et sorties d’argent. Ce flux financier peut être assimilé à un courant alternatif produit par des centrales alimentant un réseau de distribution également planétaire. Par ailleurs l’électricité n’est qu’un flux le courant alternatif ne pouvant être stocké. Comme pour l’électricité, c’est la vitesse de la lumière qui est la mesure du déplacement de l’argent. Jadis et naguère il y avait des échanges entre les stocks qui se faisaient à le vitesse du cheval ; aujourd’hui tout vibre à la vitesse de la lumière - il serait intéressant d’étudier la fréquence de cette vibration, homothétique au 50 Hertz du courant alternatif. Cette correspondance avec l’argent est aussi justifié du fait que ce flux financier n’est rien d’autre que des courants faibles (en continu) qui provoquent sur des écrans des signes qui, parce qu’ils sont lisibles, deviennent de l’information, celle-ci exprimant des valeurs : l’argent est là ! Une coupure mondiale d’électricité produirait une coupure générale d’information, et donc la disparition de l’argent (hormis quelques traces sur du papier et le numéraire).
 
L’origine de la crise est donc là : il y a eu une « pompe » qui s’est bloquée (LM), et le flux financier a été pratiquement stoppée : c’est comme si un court circuit s’était produit sur un réseau électrique, ou mieux encore si une centrale s’était brutalement arrêtée provoquant l’effondrement en cascade des lignes hautes tensions et une coupure totale d’électricité (phénomène bien connu). Le flux financier, comme le courant électrique ne peut être arrêté ou mis en veille sans que tout s’effondre. Plus de courant, plus d’argent si on a un incident majeur : c’est ce qu’on appelle un risque systémique.
 
La question est donc de savoir pourquoi la « pompe LM » s’est bloquée (comme il est normal de rechercher les causes d’arrêt d’une centrale après incident). Et c’est là que la métaphore avec l’électricité trouve ses limites, car le courant alternatif ne saurait être pollué (toute anomalie relève d’un incident technique sur la production, le transport ou la distribution, car il n’y a pas de bon et mauvais courant). Or LM s’est bloquée parce qu’il y avait du « mauvais argent » dans le flux : de la fausse monnaie avait été fabriquée en quantité par l’immobilier américain et la création de faux produits financier (produits dérivés et dérivés de dérivés etc.). Cette fausse monnaie c’est, autre métaphore, comme le cholestérol, ça bouche les tuyaux. Le bouchon s’est déplacé entre les établissements financiers, après que certains en aient mesuré le risque, comme on se passe le mistigri ou la patate chaude, jusqu’à se bloquer sur un point faible (LM) et le faire exploser. Mais ce qui n’avait pas été prévu c’est que l’explosion de LM bloquerait aussi le flux, et mettrait donc en péril tout le système : AIG comme d’autres étaient sur le point d’exploser car ils ne pouvaient surmonter cet incident n’étant plus à même de fonctionner avec des entrées et sorties réduites à quelques pour cents de leur activité normale.
 
On a enlevé le cholestérol – environ un an de PIB mondial ! – et par une injection massive d’argent des grandes Banques Centrales le flux a été rétabli. Mais cette intervention à un coût et les déficits publics qui en résultent devront d’une façon ou d’une autre être comblés. Et à ce point de l’analyse il n’est pas inutile de revenir à la métaphore électrique : le flux financier fonctionne sans fiction propre, alors que le courant électrique est soumis à la résistance électrique des matériaux. Comment éviter au système de s’emballer comme il l’a fait avant la crise en produisant de la mauvaise monnaie, du cholestérol ? La réponse est connue : il faut introduire une friction en imposant chaque transaction. C’est la Taxe Tobin ! Cela n’est pas la panacée, mais c’est au moins donner au système financier les caractéristiques du système électrique... qui lui, marche !
 
Par ailleurs pourquoi s’interroger sur la destination des recettes générées par cette Taxe Tobin ? il paraît normal aujourd’hui de l’affecter aux budgets des Etats pour compenser les déficits qui ont été creusés pour remettre en route le système financier : à chaque Etat selon l’injection de liquidité qu’il a faite pendant la crise.
 
 

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13 réactions à cet article    


  • GéraldCursoux AnnO’Nyme 12 mars 2010 12:04

    Merci de votre scolie. Ouvrons des lignes pour enrichir le thème...
    La notion de batterie est intéressante... mais c’est le flux qui crée du profit et non les batteries... La batterie de secours ultime ce serait le stock d’or... tant qu’on voudra bein le considérer comme tel...
    La notion de profit est ici très juste car il n’y a pas de retour sur investissement. A creuser.


  • plancherDesVaches 12 mars 2010 23:03

    Batterie... Réfléchissons donc sur le stockage.
    Stockage...
    Alors que l’électricité produite au niveau mondial par les éclairs, la foudre, ne peut être stockée par son instantanéité du fait du besoin de temps de charge nécessaire à toute batterie. Cette énergie couvrirait pourtant 100 fois les besoins mondiaux actuels.
    Allons plus loin.
    Pourquoi l’énergie « courant » est-elle la seule qui ne peut être l’objet de spéculation grâce (ou à cause) de son impossibilité de stockage qui empêche de provoquer le fameux MANQUE sur le marché qui permet avec l’aide de la déesse Phyne Anse, de jouer sur le prix... ????

    Putain de courant, j’ai les fils qui touchent.

    Le courant n’est pas saisissable par les financiers... hé hé... smiley

    Contrairement au fric, dont le sport mondial de religion dominante est de le stocker.
    Et les Ktrons, dans tout ça.. ??


  • plancherDesVaches 12 mars 2010 23:14

    J’ai oublié un « détail ».

    La taxe Tobin est inapplicable. Car pour taxer, il faut savoir ce que l’on taxe. Hors, aucune personne vivant des flux de fric ne veut que l’on connaisse ses flux de fric. Rideau.
    C’était pourtant une bonne idée.

    Un truc me gène néanmoins par ailleurs :
    Pourquoi voulez-vous que ce putain d’enfoiré de vampire de merde de système financier continue à survivre sur votre dos... ???
    Croyez-vous vraiment en tirer un réel bénéfice quelconque... ???
    Constatez par vous même : il vous pompe et vous pompera toujours plus.

    Mais si vous voulez rester esclave et irresponsable, oui, pourquoi pas.


  • GéraldCursoux AnnO’Nyme 13 mars 2010 10:20

    Je hais les banquiers...
    On peut trouver des solutions pour taxer les transactions. Je ne vois pas où est la difficulté. Bercy doit avoir dans sa besace des trucs épatants !
    Pour les Bonus il faut régler ça par la fiscalité. Le Prince qui gouverne décrète de façon arbitraire que sur lesdits Bonus tous les taux de prélèvelents sociaux sont multipliés par 100 (par exemple) et que ce qui reste au trader est taxé à 90%. Pourauoi pas ? La règle fiscal c’est l’arbitraire du pouvoir... 
    Je hais les banquiers...


  • tourn en ron 13 mars 2010 12:12

    ci tu aime pas les banquier alors la tu va exploser le prochain que tu voit tappe l’adresse suivante« http://www.alterinfo.net/Les-Rothschild-et-les-crises-mondiales_a32261.html »tu va peter un plomb je crois, moi j’ai halluciné !!!!


  • Pascain Pascain 12 mars 2010 13:19

    Tout à fait d’accord ...

    "LM s’est bloquée parce qu’il y avait du « mauvais argent » dans le flux : de la fausse monnaie avait été fabriquée en quantité par l’immobilier américain et la création de faux produits financier"

    Les trois quarts de l’argent qui circule est du « mauvais argent »... (faire de l’argent sur de l’argent).


  • Peretz Peretz 12 mars 2010 18:59

    S’agissant de flux financiers, je préfèrerais les comparer à des affluents qui alimenteraient le fleuve plus ou moins tranquille du flux économique. Mais l’idée de flux déjà mis en avant par Keynes me convient bien.(http://citoyenreferent.over-blog.com)


  • GéraldCursoux AnnO’Nyme 13 mars 2010 10:40

    On peut dépasser la métaphore électrique : si l’argent est un flux, la nature de ce flux n’est rien d’autre que des courants faibles sur le réseau mondial de télécoms.
    Un an de PIB mondial a disapru à la suite du court circuit Lehman Brothers...


    • BA 12 mars 2010 21:43

      Le scandale de l’année 2010 :

      Près de 2 milliards d’euros de bonus pour les traders des banques françaises.

      Après les promesses des dirigeants de banques françaises, assurant que les bonus délirants distribués pendant les « années folles », de 2000 à 2007, n’auraient plus cours, voici venue l’heure de vérité.

      Mercredi 10 mars, dans la tour du quartier d’affaires de la Défense, la Société générale a révélé à ses traders le montant de leurs primes pour 2009. Sa rivale BNP Paribas l’avait précédée d’une semaine. Le Crédit agricole suivra à la fin du mois.

      Bilan ? En valeur absolue, les primes restent très élevées. Au total, quelque 7 750 traders se partagent 1,75 milliard d’euros.

      Ceux de BNP Paribas se voient octroyer 250 000 euros de bonus moyen, en plus de leur salaire, contre 245 000 euros au Crédit agricole, 213 462 euros à la Société générale et 130 667 euros chez Natixis.

      Comparé au salaire net moyen annuel des Français (24 000 euros en 2007), ces primes représentent entre cinq et dix années de travail.

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/03/11/pres-de-2-milliards-d-euros-de-bonus-pour-les-traders-des-banques-francaises_1317548_3234.html


      • GéraldCursoux AnnO’Nyme 13 mars 2010 10:28

        Je hais les banquiers... Ils méritent perpète pour ce qu’ils ont fait.
        Mais hélas ils conseillent le Prince... Paulson, Pébereau et les autres font du lobbying à visage découvert. Et le Prince est sous leur charme !
        Faudra-t-il ressortir les charrettes et les piques pour les emmener place de grève voir de près la machine de ce bon monsieur Guillotin ?


      • Raymond SAMUEL paconform 13 mars 2010 10:41

        Bonjour,

        Oublions la fausse monnaie et les traders et mettons-nous au travail pour établir un cordon sanitaire qui nous isole de la finance.
        Le premier objectif est de ne pas faire passer nos paiements par le canal des banques. Il faut détourner le flux.
        Ensuite il faut se préparer à n’avoir d’activité économique que celle qui est possible, c’est à dire possible avec l’activité et l’ingéniosité humaine et non plus avec des artifices.
        La période des faux moyens se termine.
        Libérez-vous le plus vite possible de l’esclavage du salariat et apprenez à faire pousser des pommes de terre.


        • tourn en ron 13 mars 2010 12:18

          http://www.alterinfo.net/Les-Rothschild-et-les-crises-mondiales_a32261.html&nbsp ;&nbsp ; "ces des voleur meurtrier la pourriture du monde j’vous jure il sont dégueulasse ces chiens maintenant je connait l’ennemi 

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