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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise financière est causée par l’écologie

La crise financière est causée par l’écologie

De jour en jour, depuis 3 ans, le monde, et particulièrement le monde occidental, semble s'enfoncer dans une crise sans fin, de plus en plus profonde et inquiétante. Préoccupés par l'urgence des réponses à trouver, l'homme de la rue, le journaliste comme le personnel politique, ne semblent pas trop se poser la question des racines du mal qui nous ronge chaque jour un peu plus. Or, on ne pourra en sortir que si on a compris ce qui est en train de se jouer dans ce grand théâtre de la peur.

Evacuons rapidement les explications simplistes et monolithiques, même si nous savons que chacune d'entre elles participe à la vérité complexe : les riches font de la prédation, les dysfonctionnements du système financier américain, l'irresponsabilité des banques, nos vies à crédit.

Le mal est trop profond, trop ancré en nous, la colère qui monte trop puissante, pour se limiter à ces simplifications rassurantes qui désignent un bouc émissaire toujours commode et finalement rassurant. Avant les trois ans de crise financière, n'avons nous pas connu 30 ans de crise larvée, de ralentissement, de montée progressive du chômage ?

Partons de ces deux dates : 2008, le déclenchement, est-ce un hasard, mais jamais le cours du baril de pétrole n'a été aussi haut ? Entre septembre 2003 et juin 2008, on a assisté à un quintuplement des cours du brut, avec un record historique de plus de 103 dollars en mars 2008. La crise démarre à l'automne 2008. Chacun sait aussi que la crise de 73 commence par un choc pétrolier.

La concurrence pour l'accès aux hydrocarbures : la corrélation entre notre crise et ce problème de pétrole n'est pas un hasard.

Mais il ne faut pas limiter le problème à celui du pétrole : prix alimentaires, prix des matières premières, toutes les courbes étaient ascendantes avant 2008.

On a donc ici un faisceau d'explications qui s'ordonnent autour des progrès de la mondialisation. Celle-ci renforce la concurrence pour l'accès aux ressources dans une planète de plus en plus globalisée.

Mais cela ne suffit pas à expliquer ce qui s'est passé. Le déclenchement de la crise, l'étincelle provient de la crise des subprimes. Or, ces produits bancaires complexes ont été construit autour du marché du logement. En effet, depuis 20 ans, l'ensemble du monde occidental voit des tensions énormes autour de l'immobilier. Il devenait de plus en plus difficile de trouver des fonds pour acheter dans ce secteur économique. Les subprimes ont été la réponse -pourrie- du système financier à cette difficulté.

Les prix, de plus en plus inaccessibles de l'immobilier, proviennent essentiellement de la rareté croissante des biens et des terrains. C'est donc la difficulté à gérer la demande d'espaces et de territoires urbains, qui explique aussi le déclenchement de la crise.

 

Intéressons-nous maintenant à la crise des dettes publiques. Leur augmentation depuis 30 ans provient de l'incapacité des gouvernement à sortir d'une logique keynésienne où l'endettement provoquerait nécessairement de la croissance.

Ce qui a fonctionné jusqu'aux années 80 ne fonctionne plus et fonctionne de moins en moins bien. Les taux de croissance des pays occidentaux restent particulièrement bas car ils ont utilisé tous leur territoire utile pour cela et ne disposent plus d'une "Nouvelle Frontière" pour croître. Les pays émergents, qui possèdent encore ces espaces sont, pour l'instant, moins touchés par ce phénomène.

Pensant réactiver la croissance, ils ont inexorablement creusé leur déficit dans un monde où les tensions pour l'accès aux ressources et aux territoires rendaient chaque tentative de plus en plus coûteuse.

 

En définitive, la rareté croissante est le fil directeur qui explique nos malheurs : l'insuffisance des ressources alimentaires et du sous-sol, le manque de terrains et finalement la pénurie d'argent. Ce qui nous arrive provient d'une loi économique fondamentale : la loi de l'offre et de la demande.

Mais ici, cette loi implique tous les secteurs de l'économie, toutes les ressources et tous les pays. Notre vieux Occident, bien rouillé et davantage nanti, en subit le plus les conséquences. Cette crise est totale et globale.

Elle est, avant tout, une crise environnementale. Nous sommes en train d'atteindre les limites de nos prélèvements sur notre planète et nous le payons, et le payerons, de plus en plus cher.

Et, pour s'en sortir, il faudra cesser de ne regarder que "l'écume des choses" -la crise financière qui nous menace dans l'immédiat- pour comprendre, imaginer et inventer les moyens d'actions qui nous permettront de gérer collectivement cette rareté multidimensionnelle.


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31 réactions à cet article    


  • Gargantua 8 août 2011 12:44

    Belle provocation avec ce titre racoleur, Le fondement de la crise est du principalement à l’immoralité du Monde Financier.
     Et l’autre cause fondamentale est que plus nous achetons aux rabais plus que nous nous appauvrissons. Car il y a eu un transfère industrielle qui c’est opérer vers les pays où la l’imposition sur les taxes et les salaires était les plus bas.
    Qui à pour conséquence de désertifier le tissus industrielles de l’Occident, mettant de plus en plus de monde sur le carreau.


    • Emmanuel Aguéra LeManu 8 août 2011 22:44

      Exactement ; le titre m’a attiré... et tant-mieux ! même s’il n’avait en fin de compte rien a voir avec le reste.
      Qui est fondamentalement et si évidemment vrai.


    • Kalki Kalki 9 août 2011 12:25

      Auteur : quand tu vas t’acheter un cerveau, il faudra nous le dire pendant ce temps tu peux fermer ta bouche ?

      Ou vois tu de la rareté ?

      Prones tu la rareté consciemment ou non pour TUER TOUT LE MONDE , alors qu’il y a de l’abondance en énergie et en matière. Le comble pour un imbécile c’est qu’il ne se voit pas encore dans une glace, je te donne la glace et maintenant explique NOUS

      TRES CHERE ECOLOGISTE DE MERDE

      PROUVE NOUS que le monde est petit carré , limité , qu"’il n’y a pas de soleil, pas d’espace avec de la matière

      on attend ta jolie connerie mon cher con


    • Spip Spip 8 août 2011 13:43

      « Les prix, de plus en plus inaccessibles de l’immobilier, proviennent essentiellement de la rareté croissante des biens et des terrains. C’est donc la difficulté à gérer la demande d’espaces et de territoires urbains, qui explique aussi le déclenchement de la crise. »

      Expliquer la crise des subprimes par la rareté de l’offre me semble un raccourci un peu léger, quand même !

      Aux US, il ne s’agissait pas, fondamentalement, de résoudre un problème de foncier mais bien de fourguer des maisons à des gens dont on savait très bien, qu’au moindre problème, ils pourraient vite se retrouver en difficulté. Sauf si le prix de l’immobilier ne cesserait jamais de grimper, ce qui était un pari idiot : aucun arbre ne monte jusqu’au ciel et toute bulle finit par éclater... 

      On a donc « dilué » ce risque important en le revendant, avec des taux attractifs, à des banquiers qui, de leur propre aveu, ne comprenaient pas vraiment ce qu’ils achetaient... C’est donc bien essentiellement un bricolage financier pourri qui est à l’origine de cette crise.


      • latortue latortue 9 août 2011 12:30

        d’autant que dire qu’il y a rareté des biens ,c’est refusé d’ouvrir les journaux il n’y a jamais eux autant de terrains a vendre ,de maisons a vendre ,peut être que dans le microcosme Parisien les biens sont rares ,mais chez nous en province ils sont légions ,certes les prix sont prohibitifs ,et depuis un certain nombre d’années le cours de l’immobilier a fait un bon en avant ,mais dire que c’est ça qui cause la crise ou qui y contribue c’est faire preuve d’une méconnaissances des marchés,de plus les communes pour compenser le manque a gagné de la taxe professionnelle
        font de plus en plus de lotissement avec des petits terrain pour attirer les primo accèdent .
        ne parlons pas des subprimes qui sont purement et simplement une escroquerie a la base car les préteurs savaient d’avance que les emprunteurs ne pourraient pas payer ce qui fait que nous avons sauvé des escrocs et qu’ils sont tout prêt a recommencer vue l’impunité ,c’est a se demander si les états ne sont pas complices de ces escrocs .pour terminer ce sont toujours les mêmes qui se gave EUX !!!!!!!!! et les mêmes couillons qui payent NOUS !!!!!!!!!!!


      • le poulpe entartré 8 août 2011 14:14

        L’article commence bien mais se vautre très vite. Aurait dû finir en classement vertical.


        • joletaxi 8 août 2011 14:57

          Quelle activité !


          Et chaque fois des sujets qui appellent à réflexion si l’on s’abstient des clichés.

          Prix de l’immobilier en hausse du fait de la rareté.
          Absolument, mais ce que vous ne dites pas c’est que la rareté a été organisée par les pouvoirs publics, du fait de la « pensée unique » du moment, genre étalement urbain et autres fadaises du genre.
          Si l’on observe aux USA, les états qui ont les lois les plus restrictives sont justement ceux qui ont le plus souffert de l’éclatement de la bulle.
          Dans un pays comme la France par exemple,les réserves à bâtir sont énormes,il suffirait de les libérer pour avoir des terrains à des prix abordables.

          La mondialisation ?
          Mais il me semble qu’elle ne fait que répartir un peu mieux les richesses qui étaient concentrées dans les pays occidentaux non ?1,5 milliards de gens sont sortis de la pauvreté grâce à cela , on peut s’en féliciter.Bien sût, cela entraîne une régression dans nos pays de cocagne, mais cela va s’équilibrer.Voyez l’exemple près de nous d’un pays comme la Pologne, sorti de la misère en peu de temps, avec son corollaire du plombier polonais.Aujourdhui, un appartement à Varsovie coûte le même prix qu’en province chez nous.
          Ce n’est qu’une question de temps, facile à dire pour ceux qui trinquent,mais ce mouvement est bénéfique pour tous.
          Les chinois ont connu un développement « révolutionnaire ».Sortis de la pauvreté, ils commencent à s’occuper de leur environnement,preuve que l(on a intérêt à ce que le plus possible de peuples atteignent notre niveau de vie.(cela tempère également l’explosion démographique)

          Vous parlez du pétrole et de son prix.
          Moi j’ai souvenir du litre de fuel à 32 bfrs, de l’époque,soit ,080 centimes € ce qui est son prix actuel.
          Et je peux vous faire la même analogie sur le cuivre, l’argent, le blé etc.

          La crise actuelle a de multiples causes, mais la principale pour moi, c’est un réajustement économique,comme il s’en produit régulièrement.A nous de nous adapter.
          Et nous avons des atouts ,le plus grand péril qui nous mence , c’est le désenchantement, le découragement,la peur. 

          • foufouille foufouille 8 août 2011 15:45

            et le smic polonais est 1000€ ?
            les allemands importent du roumain pour ramasser les asperges
            3.45€/h brut


          • LE CHAT LE CHAT 8 août 2011 16:29

            @foufouille

            je confirme , la tendance va au roumain !
            un transporteur autrichien qui faisait des économies avec des polonais à 1000 € les voit depuis quelques mois venir en masse lui rendre les clefs du camion parce qu’ils trouvent des patrons qui les paient plus en Allemagne .............


          • foufouille foufouille 8 août 2011 16:48

            @ chat
            le salaire moyen est de 240€ en roumanie
            j’ai meme vu des cretins de profs roumain avec tout le confort croire qu’on etait riche
            la gamine est partie en bus ramasser des asperges a la fin du reportage


          • BA 8 août 2011 18:12
            Lundi 8 août 2011 :

            Berlin ne veut pas parler d’augmentation du fonds européen de secours.

            Un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré lundi que le fonds européen de secours (FESF) devait « rester comme il est », face aux appels à l’augmenter pour faire face à la crise à la dette.

            Lors d’un sommet européen exceptionnel « le 21 juillet il a été décidé que le FESF, reste comme il est et qu’il garde le montant qu’il avait avant cette date », a dit le porte-parole lors d’une conférence de presse, alors que le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn ont appelé à « réévaluer » le montant de ce fonds.

            Créé en 2010 pour venir en aide à l’Irlande puis au Portugal, ce fonds a une taille de 750 milliards d’euros, avec une capacité effective de prêts de 440 milliards d’euros, jugée insuffisante pour sauver un pays comme l’Italie.


            • Roosevelt_vs_Keynes 8 août 2011 18:54

              « Et, pour s’en sortir, il faudra cesser de ne regarder que »l’écume des choses" -la crise financière qui nous menace dans l’immédiat- pour comprendre, imaginer et inventer les moyens d’actions qui nous permettront de gérer collectivement cette rareté multidimensionnelle."

              Mieux vaut lire ça qu’être aveugle ! Vous n’avez jamais entendu parler du Glass-Steagall et du Nawapa actuellement discutés au Congrès US ??


              • Redrogers 8 août 2011 19:09

                Arrêtez de nous mettre votre Nawapa à toutes les sauces. Ce projet est grotesque ! 

                Ils vont être content les canadiens qu’on leur pique l’eau. mais c’est vrai que les américains ont tellement bien gérés leur ressources qu’il faut aller se servir chez les autres. L’irrigation à tout va et les piscines de Las Vegas méritent bien quelques sacrifices...

                ça ne se finit jamais bien avec ce genre de délire mégalomane.

              • Roosevelt_vs_Keynes 8 août 2011 22:28

                J’imagine que la même chose a été dite lorsqu’il a été question d’équiper des territoires comme la France en chemins de fer, alors que les agriculteurs n’avaient même pas de tracteurs...

                Je vous laisse méditer les propos d’Augustin Cauchy, directeur de Polytechnique au début du XIX° siècle, dans : « Les limites de la connaissance humaine ». Ces bêtises ont été dites à peu près à toutes les époques !

                "Quand on jette un coup d’oeil rapide sur les productions de l’esprit humain, on est tenté de croire que les connaissances humaines peuvent croître et se multiplier à l’infini. Cependant, si l’on observe que toute notre intelligence et nos moyens sont renfermés entre les limites qu’ils ne peuvent jamais franchir, on se persuadera que nos connaissances sont bornées. Que si l’homme n’a pu visiter les pôles, il reste dans un désespoir éternel d’approcher jamais de ces régions glacées. Qui creusera un puits de 1.500 lieux de profondeur ? On s’est élevés à 1.500 toises dans l’atmosphère, mais la rareté de l’air ramènera constamment vers la surface de la Terre ceux qui voudraient prendre un essor plus hardi. [...] L’homme peut bien croire, à force de sophismes, parvenir à douter des vérités qui lui sont enseignées, mais non pas à en découvrir de nouvelles."


              • Redrogers 8 août 2011 22:57

                Cela n’a pas de rapport avec la connaissance et l’exploration. C’est juste de la géo-ingénierie à une échelle démente.

                Quelle seraient les conséquences environnementales, pour les forêts de l’ouest canadiens, pour les écosystèmes côtiers qui recevront moins d’apports ? 
                Quels besoins ont les USA de détourner l’eau canadienne ? Ils feraient mieux d’arrêter de faire n’importe quoi avec leurs ressources en eau (comme avec la nappe phréatique géante de l’ouest américain). Ils n’ont pas assez d’espaces agricoles aux USA ?
                J’irai même plus loin en disant que si ces zones sont désertiques ou arides, ce n’est pas par hasard...

              • Redrogers 8 août 2011 22:59

                Et si la finalité est juste de lancer un projet géant pour donner du boulot aux gens style New Deal (vu que vous avez l’air d’être fan de Roosevelt), alors c’est encore plus débile !


              • Roosevelt_vs_Keynes 8 août 2011 23:27

                Visiblement, vous n’avez pas visionné la vidéo.

                Quant à la politique de Roosevelt, son objectif avec le New Deal était tout sauf de « donner du boulot aux gens », bien que c’était son évidente intention politique à court-terme.

                Pour comprendre la raison d’être du Nawapa, comme du New Deal, je ne peux que vous recommander de lire « Mon père m’a dit » (« As I saw it »), le livre écrit par Elliott, le fils de Franklin Roosevelt.


              • Redrogers 9 août 2011 12:18

                J’étais déjà allé faire un tour sur « votre » site mais je n’avais pas regardé cette vidéo. Voilà, c’est fait et si vous adhérer à tout cela, je comprends votre contradiction avec l’auteur de l’article. Au moins, c’est cohérent...


                J’ai appris dans cette vidéo que j’étais un « environnementaliste, une créature bestiale » (!). Soit.
                Le gars dit à juste titre que notre vie dépend de la biosphère. Mais apparemment il n’a pas compris ce qu’était la biosphère lorsque l’on entend cela : « ce type de projet (infrastructures à l’échelle planétaire et artificialisation de l’environnement) va permettre à la vie de continuer d’exister et de se développer sur Terre... » Donc la vie, ce n’est que l’homme et ces petites crises économiques... C’est de l’anthropocentrisme caricatural, du Descartes puissance 10 !!

                Cette vidéo ne me donne qu’une envie. celle de dire fièrement que je suis une « créature bestiale », un « environnementaliste » !

                PS : Concernant l’entropie, il y a effectivement peut être à redire concernant l’univers car nous n’avons pas encore formellement identifié toutes ses composantes. En revanche, il est faux de dire que les systèmes biologiques créent de l’énergie en contradiction avec les principes de la thermodynamique. Ils la transforment, la compartimentent. Eteignez le soleil et 99% des systèmes biologiques s’arrêtent.

              • SergeL SergeL 8 août 2011 18:55

                FINANCE►ARGENT►PRODUIT►PROFIT►FINANCE

                cycle du Capitalisme

                FINANCE►ARGENT►FINANCE

                cycle du Libéralisme

                Quand le Politique abdique au Service de l’Oligarchie , le Libéralisme réduit le Capitalisme :le Totalitarisme Financier étrangle ensuite le Peuple au profit de la survie d’ une poignée d’ égoïstes.


                • Bovinus Bovinus 8 août 2011 22:30

                  L’article est intéressant car il évoque un thème - quoique ce ne soit pas très clairement formulé - dont on ne parle pas beaucoup.

                  L’idée que l’auteur essaye d’exposer a été exploitée par N. Georgescu-Roegen dans le cadre de ses travaux sur l’application des lois de la thermodynamique à l’économie, au cours des années 70. Ce que l’auteur appelle « écologie », Georgescu-Roegen l’appelle par son vrai nom : l’énergie.

                  C’est en effet bien cela. La raréfaction de l’énergie est le facteur lourd derrière toutes les conséquences que l’on peut observer de nos jours. Notre monde moderne sur-industrialisé ne vit que par le pétrole. Or, le pic pétrolier est aujourd’hui dépassé, ce qui signifie que la croissance, qui se nourrit du pétrole, va progressivement adopter la tendance contraire - la décroissance - au fur et à mesure que la production mondiale de pétrole va chuter. Les énergies dites « renouvelables » ne sont en aucune façon une solution (au mieux, et seulement à très petite échelle, un palliatif). Ce n’est pas avec du vent ou du soleil que l’on va fabriquer des fertilisants, des pesticides, des pneus ou ne serait-ce que du plastique. Des milliers d’éoliennes ne suffiront pas à faire tourner une usine sidérurgique de façon un tant soit peu pérenne. Et il ne me paraît pas davantage envisageable d’alimenter une ferme de serveurs Internet avec des panneaux solaires, du fait des contraintes physiques qui vont de pair avec ce genre d’infrastructures (impératif de redondance, de sécurité, de fiabilité, de refroidissement...).

                  La conséquence tristement prévisible de tout cela, c’est que d’une population mondiale de 7 milliards d’habitants - à peu près - nous allons passer à une population mondiale de 1 milliard. C’est à dire, le nombre d’habitants sur Terre - toujours à peu près - avant la « révolution industrielle » (dont la condition sine qua non était l’énergie d’origine fossile - charbon, pétrole, gaz - bien davantage que le progrès technique). Cette évolution aura lieu, qu’on le veuille ou non, qu’on soit pour ou contre, et ce sera moche, brutal et violent.


                  • Bovinus Bovinus 9 août 2011 14:38

                    Vous êtes amusants. Je ne vous parle pas de physique théorique ou d’évolution des espèces, je vous parle de pétrole. Sans pétrole, pas de brosse à dents, pas de dentifrice, pas de carburant, pas d’engrais ni de pesticides. À la limite, on peut évidemment remplacer les machines agricoles par des bras mais pour tous les produits qui sont faits à partir du pétrole (ne serait-ce que le clavier que vous utilisez pour faire votre copier-coller vers votre site préféré), c’est mort. Même pas d’antibiotiques en quantité suffisante pour tout le monde. Ce qui signifie une espérance de vie sévèrement raccourcie, ce qui concrètement signifie que la population mondiale va chuter prochainement pour cause de maladie ou de vieillissement prématuré dans un avenir assez proche (20 - 40 ans).

                    Il est évident que la production d’électricité passera forcément par le nucléaire (le gaz et le pétrole étant devenus trop précieux pour être cramés dans des centrales électriques désuètes), mais l’électricité en tant que telle ne permet pas de créer du plastique ou des engins industriels. Il est tout aussi évident que le nucléaire par fusion est un impératif (vous n’êtes pas sans ignorer que le nucléaire par fission à l’uranium n’est pas très productif en termes de rendement, dangereux, polluant et en outre, coûteux en terme d’énergies fossiles - l’enrichissement de l’uranium ne se fait pas tout seul... de toute façon, l’uranium, lui aussi, va bientôt s’épuiser). Inutile d’essayer de me convaincre que l’éolien et le solaire sont une arnaque, je ne suis pas plus vert-écolo que vous. À la différence de vous, cependant, je ne crois pas à un quelconque miracle évolutionniste-technologique du génie humain. Voyez-vous, je ne crois pas que l’on va se mettre à se nourrir de soleil par photosynthèse dans un avenir même très lointain. Quand le pétrole va vraiment devenir rare - et ça va se produire dans 20 ans maximum - la plus grande partie de l’humanité va crever, voilà tout. Le truc triste là-dedans, c’est que les États les plus sur-armés vont agresser militairement ceux qui ne le sont pas mais qui possèdent des hydrocarbures, ce qui est porteur en soi d’un risque d’escalade. C’est d’ailleurs déjà ce qui se produit depuis 2001. Quand je dis 1 milliard de survivants, je n’ai en réalité aucune idée de ce que la Terre peut nourrir d’humains si les ressources sont rationnellement partagées et si on cultive de façon naturelle et respectueuse de l’environnement, je me base simplement sur les données du passé. Peut-être est-ce 2 milliards ou même 3. Mais en tout cas, certainement pas 7 milliards ayant un mode de vie proche du nôtre.


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 août 2011 22:44

                    Encore un auteur fantôme qui ne prend même pas la peine de répondre aux commentaires. Il mérite une « dégradation de sa note », je le moinsse.


                    • Croa Croa 9 août 2011 09:36

                       Nous pouvons espérer encore une réponse générale au moins. Il convient d’attendre au moins deux ou trois jours avant de protester ! Et de moinsser seulement si l’article le mérite !


                    • Plum’ 8 août 2011 23:43

                      Merci pour cet article. Je partage globalement votre point de vue, même si je ne l’aurais pas exprimé de la même façon.

                      Je suis sidéré par ces experts qui nous disent qu’il n’y a pas lieu de s’en faire et qu’après de grosses diffucultés, tout redémarrera avec la confiance et la croissance enfin retrouvées. Mais la sacro-sainte croissance ne peut pas revenir durablement, notre consommation boulimique ne peut pas continuer à croître dans ce monde fini. Et après tout, c’est peut-être mieux, nous en serons peut-être plus heureux ? Mais il vaudrait mieux que l’on s’en rende compte le plus tôt possible, plutôt que de continuer à croire en des solutions appartenant à un passé révolu.


                      • Roosevelt_vs_Keynes 9 août 2011 08:52

                        « ne peut pas continuer à croître dans ce monde fini »

                        Rappelez-vous Einstein : Le monde est fini mais non limité !

                        Sur la fraude de la seconde loi de la thermodynamique : http://www.solidariteetprogres.org/Une-candidate-LaRouchiste-denonce-la-deuxieme-loi-de-la-thermodynamique_07970

                        La version dessin animé


                      • Cug Cug 8 août 2011 23:45

                        Ahahahaha les papiers de rcouyouly sont impayables ....


                        • T.REX T.REX 9 août 2011 09:30

                          A l’auteur : Et quelle(s) solution(s) entrevoyez vous pour compenser la raréfaction de l’espacce et des matières premières de notre planète face à l’augmentation de ses habitants et à la croissance incessante de leurs activités ?

                          Voulez vous dire que l’on va droit à l’explosion si nous n’abandonnons pas le mythe humain de la croissance nécessaire ? 

                          Que peut-on opposer à la Théorie consensuelle dominante qui veut que celui qui n’avance pas recule, que l’entreprise qui n’évolue pas régresse, et que ce qui ne ne croit pas, décroit et meurt ?


                          • sisyphe sisyphe 9 août 2011 09:58

                            Trop fort l’article de « l’intellectuel pluridisciplinaire » (sic smiley ) qui écrit : 


                            Intéressons-nous maintenant à la crise des dettes publiques. Leur augmentation depuis 30 ans provient de l’incapacité des gouvernement à sortir d’une logique keynésienne où l’endettement provoquerait nécessairement de la croissance.

                            Logique keynesienne ! smiley smiley 

                            L’augmentation des dettes publiques depuis 30 ans provient directement, essentiellement, et uniquement, de la création monétaire, interdite aux états (1971 ; abandon de l’étalon-or par Nixon, 1973 ; loi scélérate Giscard-Pompidou, 1976 . Accords de la Jamaïque, puis Thatcher, Maastricht, et tous les traités européens), et confiée aux banques privées. 
                            La dette des états correspond strictement aux INTÉRÊTS payés par les états aux organismes financiers privés, alors qu’avant, ils empruntaient aux banques centrales SANS INTÉRÊT ; c’est donc directement lié à l’abandon du système keynesien, pour un friedmanisme absolu. . 

                            Et le rigolo de service qui vient nous parler de « keynesianisme » ! smiley 

                            Intellectuel pluridisciplinaire, hein ? 
                            Vous devriez limiter le champ de votre « pluridisciplinarité » ; ça vous permettrait peut-être d’arriver à y voir clair au moins dans un domaine ; parce que là, mon pauvre, vous êtes totalement à côté de la plaque. 

                            Allez, suivant ... 

                            • lesdiguières lesdiguières 9 août 2011 15:21

                              Et pour ne pas perdre complètement le moral :

                              Haro sur les bourses ;

                              http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre36868.html

                              Merci

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