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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise financière pour les nuls

La crise financière pour les nuls

Que diriez-vous d’une explication simple de la crise financière ?

Comme souvent dans les crises financières, ce qui se passe est simple, mais c’est expliqué avec des termes complexes et en bâclant l’analyse. Or le fait que cette crise soit mal comprise alimente les phénomènes de panique. Essayons donc d’expliquer les choses clairement.

Tout se résume à un effet domino. Imaginez un alignement avec deux dominos posés l’un à côté de l’autre, et une file de dominos derrière eux : les deux premiers tombent, et une réaction en chaîne fait tomber tous les autres après eux.

Aux Etats-Unis, des établissements de crédit prêtent de l’argent à des ménages franchement pauvres. Ces ménages doivent rembourser pendant deux ans les intérêts du prêt, puis à la fois le prêt et les intérêts la troisième année. Or il y a actuellement beaucoup de ménages qui n’arrivent pas à rembourser. Donc la valeur de ces prêts diminue. C’est l’un des deux premiers dominos.

Aux Etats-Unis, toujours, des établissements de crédit prêtent de l’argent à des ménages américains qui sont propriétaires d’un bien immobilier. C’est ce bien immobilier qui sert de « caution. » Mais ça fait six mois que la demande de biens immobiliers stagne, et du coup, ça fait deux mois que les prix des biens immobiliers baissent. Comme la valeur des biens immobiliers baisse, les établissements de crédit se retournent vers ces ménages pour leur demander de l’argent qu’ils n’ont pas forcément. Ce qui fait que les établissements de crédit ont du mal à maintenir la valeur de ces prêts. Ce qui fait que ces prêts perdent de la valeur. C’est l’autre premier domino.

Ces établissements de crédit ont « titrisé » leurs prêts : en clair, ils en ont fait des produits qu’on peut acheter et vendre en bourse. C’est comme si vous deviez de l’argent à quelqu’un, et que ce quelqu’un revend votre dette à quelqu’un d’autre. Comme la rentabilité promise était élevée, des fonds d’investissement ont acheté ces titres boursiers. Mais comme ces titres perdent de la valeur, ces fonds d’investissement veulent les vendre. Or il n’y a pas d’acheteur, sauf à des prix cassés. C’est le troisième domino.

Pour ne pas avoir des problèmes de trésorerie, ces fonds d’investissement vendent d’autres titres boursiers qu’ils détiennent, des titres qui n’ont rien à voir avec ces prêts. Du coup, non seulement la valeur de ces titres boursiers baisse, mais en plus, les banques auprès desquelles ces fonds avaient acheté ces titres ont beaucoup moins d’argent d’un seul coup. C’est le quatrième domino.

Les banques concernées ayant beaucoup moins d’argent d’un seul coup, elles cherchent à se faire prêter de l’argent par d’autres banques : c’est quelque chose qui se fait tous les jours, et on appelle ça le marché interbancaire. Mais comme chaque banque ignore à quel point les autres banques ont des problèmes, toutes les banques se méfient les unes des autres, et refusent de se prêter de l’argent. Donc des banques de plus en plus nombreuses ont des problèmes de trésorerie. C’est le cinquième domino.

Si de nombreuses banques gardent des problèmes de trésorerie, c’est toute l’activité financière qui peut être endommagée. Donc les banques centrales (américaine et européenne, principalement) prêtent de l’argent aux banques concernées. Le but est de rétablir, à moyen terme, une situation stable. C’est le sixième domino.

Les acteurs boursiers dans leur ensemble ont besoin d’avoir toujours de l’argent frais de côté, pour ne pas être obligés de vendre des titres boursiers à chaque fois qu’un de leurs investisseurs veut reprendre l’argent qu’il a chez eux. Comme beaucoup de titres boursiers baissent, ils vendent : soit pour être sûrs de garder assez d’argent frais de côté, soit par panique. Et du coup, les titres boursiers continuent à baisser. C’est le septième domino.

Voilà pourquoi, au fil de cette crise financière, beaucoup de titres boursiers sont en baisse, beaucoup de banques ont des problèmes de trésorerie, et beaucoup d’acteurs boursiers vendent à tort et à travers. La bonne nouvelle, c’est que sauf catastrophe la situation devrait redevenir stable dans les prochaines semaines. La mauvaise, c’est qu’entre-temps tous ceux qui auront vendu des titres sans rapport avec le marché du crédit auront commis une erreur. La très mauvaise, c’est que de nombreux petits épargnants à qui des banques avaient vendu des « placements sûrs » vont être les dindons de la farce, comme toujours.

Thomas Guénolé


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165 réactions à cet article    


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 17 août 2007 09:58

    Lumineux ! J’ai tout compris. J’apprécie cet effort de clarté, à une époque où on se donne beaucoup de mal pour nous expliquer « qu’il ne s’agit pas d’un krach », et qu’il s’agit d’une « baisse momentanée », témoin d’une « grande réactivité des marchés ». Expliqué comme vous le faites, on panique beaucoup moins....


    • Avatar 17 août 2007 18:19

      Merci à l’auteur.

      C’est clair et concis.


    • Aujourd’hui 18 août 2007 15:52

      Cet article ressemble aux « vulgarisations » dans le plus pur fil de l’idéologie de Sciences Po. Mais tout le monde ne voit pas les choses de la même façon.

      Par exemple, dans cet article que je viens de voir passer et qui annonce une suite :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=228

      On lit, d’emblée :

      " Sarkozy, Bush, médias, lobbying... et ce qu’on nous prépare (1)

      On parle partout d’une prétendue « crise économique ». Les médias, même « citoyens », s’emploient déjà à nous expliquer en quoi, d’après eux, cela consiste. Apparemment, nous n’étions pas au courant, mais il faudra semble-t-il que « Sarkozy intervienne » à la rentrée, voire même tout de suite. L’intéressé a déjà « interpellé le G7 ». En même temps, les manœuvres militaires de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et l’annonce par Vladimir Poutine, le 17 août, de la reprise effective des vols de bombardiers stratégiques russes, semblent être exploitées pour créer une ambiance permettant aux « experts » occidentaux de « justifier » une militarisation rapide de l’Europe et un renforcement de son alliance avec les Etats-Unis. Cependant, cette propagande ne saurait résister à une analyse tant soit peu sérieuse. D’abord, parce que le pouvoir des lobbies financiers dans ce début de siècle est tel, qu’aucune crise économique ne saurait avoir lieu sans leur « consentement » et sans présenter un avantage pour eux. Ensuite, parce que les manœuvres militaires de l’OCS ressemblent étrangement à des essais de répression d’émeutes et de soulèvements populaires.

      Enfin, depuis le début des années 1990 on a vu se mettre en place un partage des rôles à l’échelle planétaire où la Russie et la Chine ont des fonctions bien définies. Notamment, sur le plan du dumping social et de l’organisation de la gendarmerie mondiale que la « transversalisation » générale de la politique contribue à accélérer... "


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 18 août 2007 17:36

      Je suis d’accord avec le dernier commentaire, et j’ajouterai que le rôle d’un média citoyen ne doit pas être de chercher à nous rendre plus c... que nous ne le sommes.

      La théorie des crises du capitalisme date d’il y a un siècle et demi, du temps de Marx, lorsque le capitalisme avait une façade libérale. Mais, avec les expansions coloniales de la fin du XIX siècle, le système capitaliste a complètement changé et ses « crises » ne sont pas ce qu’elles apparentent. En général, elles font partie :

      - soit, de raquets organisés,

      - soit d’opérations de mainmise des oligarchies sur des patrimoines moins influents,

      - soit, encore, de bras de fer pour le contrôle d’une zone géographique, d’un continent, de la planète...

      et la liste n’est pas complète, loin de là. Il existe bien d’autres mobiles du même tonneau.

      La première guerre mondiale ne s’explique pas par une « crise cyclique » du capitalisme, mais bien par les rivalités entre les grands holdings financiers. Et, depuis, ça n’a pas cessé. Quant à Wall Street, combien de « petits investisseurs », d’épargants... plumés par cette crise ?


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 18 août 2007 17:38

      Quelle crise ???

      Les super-riches ne s’en étaient jamais autant mis plein les poches...


    • Dégueuloir Dégueuloir 18 août 2007 20:55

      ce n’est simplement qu’une lézarde de plus dans la tour de Babel,j’ai bien peur que celle-ci ne s’écroule avant peu,tout comme le WTC..(tout un symbole)ce système capitaliste néo-libéral sera réduit en une montagne de gravas fumant....


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 18 août 2007 23:08

      « ce système capitaliste néo-libéral sera réduit en une montagne de gravas fumant.... »

      N’allez pas si vite ! Malheureusement, on annonçait ça déjà avant la guerre de 1914 et vous voyez où on en est. Le système a beaucoup de ressources, y compris pour se travestir auprès des citoyens et des travailleurs.

      Regardez comment fonctionne la « modération » ici. Je viens d’apprendre qu’un article, déjà cité dans les commentaires :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=217

      a été refusé jeudi par Agoravox. Pourquoi ? Des modérateurs auraient-ils piqué une crise ? Personnellement, je trouve que les bons articles sont précisément ceux qui rendent les modérateurs un peu malades. Lorsque ce n’est pas le cas, il y a en général de quoi s’inquiéter.

      Pas grave, une version plus complète et encore plus « corsée » de l’article refusé par Agoravox est parue très rapidement ailleurs :

      http://quebec.indymedia.org/fr/node/27934

      Voir en outre, sur le blog de cet auteur :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=228

      Mais je trouve que c’est dommage pour la crédibilité d’Agoravox. La modération ne devrait pas prendre la qualité, les opinions politiques et l’originalité en otages.


    • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 19 août 2007 12:08

      Dans un premier temps j’ai préféré ne pas systématiquement répondre aux commentaires qui s’éloignent carrément du sujet de cet article. Mais il y a un moment où il faut quand même recentrer la discussion.

      Je n’ai rien contre les intervenants qui prophétisent l’écroulement du capitalisme financier : dès lors qu’elles sont argumentées, leurs opinions sont par définition respectables.

      Cela étant, un certain nombre d’intervenants multiplient les commentaires pour faire un lien entre la crise financière actuelle, qui est passagère, et des catastrophes de l’envergure du krach de 1929, ou encore pour mélanger cette crise avec la guerre en Irak ou les attentats du 11-septembre, ou encore pour assimiler le fait de ne pas partager leur opinion à de l’intoxication par un grand complot médiatique.

      Je voudrais donc simplement leur signaler trois choses :

      - il y a une différence fondamentale entre souhaiter l’écroulement du capitalisme financier parce qu’on en désapprouve les fondements, et démontrer qu’effectivement la crise actuelle est le début d’un écroulement ; or à ce jour, aucun des éléments de la crise financière actuelle ne permet de pronostiquer objectivement un « krach » de grande ampleur ;
      - intellectuellement, on ne peut mélanger deux choses qui n’ont rien à voir (par exemple la crise financière actuelle et la guerre en Irak) que si l’on démontre logiquement qu’il y a un lien entre ces deux choses ;
      - il est parfaitement possible d’être en profond désaccord avec les intervenants qui pronostiquent l’écroulement du capitalisme financier, sans être pour autant un intoxiqué par telle ou telle propagande ou un suppôt de Satan. smiley


    • Ingrid du Midi 19 août 2007 12:41

      Pardon, cher « Diplômé de Sciences Po Paris, promotion 2005. Militant de l’ex-UDF et futur Parti Démocrate, etc... » mais vous semblez être de ceux qui croient que ce qu’on apprend à Sciences Po est quelque chose de très profond parce que des « sommités » de la pensée unique y enseignent et parce que son directeur est invité au cercle de Bliderberg.

      Saviez-vous que, pendant que le pays se remplit de gens issus de HEC, Sciences PO, l’ENA et analogues, les ingénieurs, scientifiques, professionnels divers... quittent la France pour les Etats-Unis, alors qu’ils sont conscients des difficultés qu’ils recontreront là-bas parce que la situation n’y est pas bonne ? Dire qu’en France c’est encore pire, à cause entre autres de l’hégémonie des clans de « gestionnaires de la République ».

      Lorsque vous écrivez :

      « intellectuellement, on ne peut mélanger deux choses qui n’ont rien à voir (par exemple la crise financière actuelle et la guerre en Irak) que si l’on démontre logiquement qu’il y a un lien entre ces deux choses ; »

      c’est une énormité.

      Qui est derrière la guerre en Irak ? Toute le monde sait que ce sont des intérêts de financiers et de grandes multinationales. On parle souvent du petrole, mais il y a sans doute bien d’autres considérations. Par exemple, la situation géographique stratégique de l’Irak, y compris par rapport au commerce terrestre avec des pays comme la Chine.

      Qui est derrière cette prétendue « crise financière » ? Les mêmes oiseaux, qui veulent se faire nos poches. Pendant deux décennies on a poussé au surendettement, et maintenant on fait la rafle.


    • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 19 août 2007 14:44

      Chère Ingrid,

      Lorsque vous écrivez ceci :

      << Pardon, cher « Diplômé de Sciences Po Paris, promotion 2005. Militant de l’ex-UDF et futur Parti Démocrate, etc... » mais vous semblez être de ceux qui croient que ce qu’on apprend à Sciences Po est quelque chose de très profond parce que des « sommités » de la pensée unique y enseignent et parce que son directeur est invité au cercle de Bliderberg. >>

      vous êtes dans la méchanceté gratuite, le préjugé et le mépris, alors que je n’ai pas souvenir de m’être montré impoli, condescendant ou même simplement désagréable au fil de cette discussion.

      Je trouve donc dommage que dans une discussion caractérisée par la diversité des opinions et la courtoisie des échanges, vous basculiez inutilement dans l’invective.


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 19 août 2007 16:13

      Cher auteur,

      Je ne pense pas qu’Ingrid ait cherché à vous « invectiver ». Elle s’est bornée à exprimer la pensée de beaucoup de Français, même si apparemment la modération d’Agoravox fait de plus en plus dans le lobbying et la « pensée unique » et empêche l’expression de ce genre de points de vue.

      Est-ce vous offenser, que de trouver que vous nous vendez de la pensée unique préfabriquée ? Et en plus, ils l’ont mis à la une, comme la propagande de l’autre jour sur le nucléaire, et bien d’autres récemment.

      Agoravox ferait peut-être dans la sarkotransversalité ?

      En tout cas, la mainmise de L’ENA + Sciences Po + HEC... sur l’administration, la politique et l’économie françaises date de bien avant. Elle s’est surtout développé depuis l’élection de Mitterrand. Mais vous pouvez comprendre que les professionnels partis aux Etats-Unis dont parle Ingrid soient en colère quand ils voient des gens issus de ces écoles diriger nos entreprises.

      En France, il ne reste plus de savoir faire mais ont est devenus des maîtres du « savoir savoir » et du « faire faire »...


    • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 19 août 2007 17:53

      Je trouve inutilement blessant, et de l’ordre du délit de sale gueule, de dénigrer mon article en me jetant à la figure que je suis diplômé de Sciences Po, comme si c’était quelque chose qui me rend d’office suspect ou quelque chose qui ôte d’emblée de la qualité à cet article.

      J’expose dans cet article une explication de la crise financière actuelle. On peut être d’accord avec cette analyse, comme on peut avoir des points de désaccords avec cette analyse, voire être en total désaccord. Dans ces deux derniers cas, on poste un commentaire pour exprimer sa critique et son propre point de vue, en exposant des contre-arguments. C’est la base d’un débat constructif entre personnes qui n’ont pas le même point de vue, et je suis totalement ouvert à ce type d’échange.

      En revanche, exprimer un désaccord en me jetant à la figure que je suis suspect et adepte de la pensée unique parce que je suis diplômé de Sciences Po est un procédé de type délit de sale gueule, inutilement agressif en plus d’être un préjugé regrettable.

      Même chose sur l’idée que publier quelque chose avec quoi vous êtes en désaccord serait par définition un complot de la pensée unique.


    • Little Scarlet Pimpernel Little Scarlet Pimpernel 19 août 2007 20:44

      A l’auteur :

      Ne vous fâchez pas si des Français pensent : que l’ENA et Sciences Po devraient être supprimées ; que la notion d’ « école d’administration » n’a aucun sens, pas plus que celle d’ « études commerciales » d’ailleurs ; que par définition les « sciences politiques » objectives n’existent pas, alors qu’on veut nous le faire croire... et que l’ordonnance de 1945 a été l’une des pires mesures de l’histoire de la législation française. C’était d’ailleurs la période coloniale.

      Mais s’il a été question de Sciences Po, c’est sans doute parce que vous le mettez vous-même en avant dans votre présentation en tant qu’auteur, mais aussi parce que votre article répercute bien la même idéologie des « élites » françaises. Sans vouloir vous offenser.

      Si vous pensez que votre article ne fait pas « pensée unique », je vous propose pour comparaison des extraits d’un autre article que je viens de répérer par les Actualités de Google et qui, comme par hasard, est du même auteur censuré jeudi dernier :

      http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=5368

      Bruits de « crise économique », financement de l’Europe militaire et grande rafle financière mondiale

      La « masse salariale » des pays dits « riches » constitue un immense magot, sans précédent dans l’histoire, dont depuis deux décennies les oligarchies financières et industrielles ont entrepris de s’emparer. Mais il y a encore plus gros : l’ensemble du patrimoine des « petits citoyens ». Epargne, biens immobiliers... Telle est la cible de l’actuelle opération présentée sous couvert de « crise financière » et qui avait été préparée par deux décennies de promotion du surendettement. De quoi financer, entre autres, l’Europe militaire et l’axe des superpuissances jumelles Europe - USA en perspective.

      (...)

      Les « experts » du patronat menacent déjà : « pas de croissance, pas d’emploi ». Autrement dit, « il faut que Sarkozy fasse quelque chose » mais, en prime, que les responsables de la « gauche » et des syndicats l’y aident. C’est exactement ce qu’on a déjà vu depuis le mois de mai, voir par exemple :

      http://grenoble.indymedia.org/index.php?page=article&id=5365

      Mais cette fois-ci, la mystification est encore plus grossière. D’abord, « on » se plaint d’une « faible croissance » alors que depuis les années 1980 les délocalisations ne cessent de s’accélérer. Ensuite, il est question notamment d’une « crise » prévisible et prévue liée, nos dit-on, à des situations de surendettement général. Or, ce sont les mêmes qui s’apprêtent à tirer d’énormes bénéfices de la « crise » qui s’annonce, qui ont mis en place, planifié et « suivi » ce surendettement. La domination des milieux financiers, c’est bien cela. Enfin, curieusement, la « crise » tombe à pic alors que l’oligarchie prépare une opération extrêmement coûteuse : la mise en place de la bi-superpuissance impérialiste euro-US, dont l’Europe militaire sera une composante essentielle. Voir, par exemple :

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=118

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=148

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=182

      http://blog.360.yahoo.com/quicalt?p=228

      Avec les délocalisations, les milieux financiers ont fait sauter, les uns après les autres, des pans entiers de la « masse salariale » et des avantages sociaux des populations ayant conquis des standards sociaux jugés « élevés ». Et ce qu’on a vu n’est qu’un début. Mais, depuis quelques années, cette mainmise progressive « ne suffit pas » et s’accompagne d’attaques de plus en plus directes contre le patrimoine des « petits citoyens ». Ceux qui croyaient à la viabilité d’un « capitalisme à visage humain » déchantent les uns après les autres. Le temps est bien révolu, où la propagande giscardienne des années 1970 nous annonçait un bien-être incessamment croissant, sans aucun besoin d’un changement social. A présent, c’est le discours : « les temps sont durs »...

      (...)


    • jlouis jlouis 21 août 2007 13:04

      A chaque fois qu’il y a une crise financière, certains accusent de suite les idées libérales.

      Dans le cas présent, cette crise est due, comme l’indique l’auteur, a des établissements de crédits immobiliers qui ont prêté de l’argent à des gens dont la solvabilité n’était pas suffisante.

      En fait, il faut savoir que c’est l’Etat américain qui a imposé à ces établissements financiers d’avoir un certain quotat de prêt réservé à des gens difficilement solvable(ces prets étant appelés « subprime credit »).

      Source : Washington Times

      http://washingtontimes.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070810/COMMENTARY07/108100027&template=nextpage

      Ou encore ici sur Wikipedia(la loi en question)

      http://en.wikipedia.org/wiki/Community_Reinvestment_Act

      L’Etat a forcé la main aux investisseurs à faire des prêts non consenti à des personnes non solvables pour des raisons soi-disante sociales. N’importe qui, et encore moins les banques n’est pas assez stupide pour prêter de l’argent à quelqu’un qui risque de ne pas rembourser.

      Ces contrats (subprime) ne sont pas des contrats consenti librement par les prêteurs.

      Hors les idées libérales, c’est justement le contraire : ne pas obliger quiconque à contracter s’il ne le souhaite pas.

      Cette crise est donc du à une intervention de l’Etat sur les marchés, ce qui est à l’opposé des idées libérales.

      L’Etat intervenant a grande echelle, bien sur que le resultat, en l’occurence la crise actuelle est a grande echelle aussi.


    • Forest Ent Forest Ent 21 août 2007 23:55

      @jlouis

      Le CRA date d’il y a 30 ans. Il a vu passer 6 ou 7 krachs. Or les subprimes n’ont commencé à être toxiques qu’en 2005.

      Par ailleurs, il n’est pas contraignant :

      http://www.federalreserve.gov/dcca/cra/

      « Nor does the law require institutions to make high-risk loans that jeopardize their safety. To the contrary, the law makes it clear that an institution’s CRA activities should be undertaken in a safe and sound manner. »

      Et il a été affaibli en 2005 :

      http://en.wikipedia.org/wiki/Community_Reinvestment_Act

      « Despite continuing racial inequities in mortgage acceptance rates, as reported by Inner City Press, the National Community Reinvestment Coalition, ACORN and other groups, banks regularly seek to weaken the Community Reinvestment Act. They succeeded in August of 2004, when the Federal Deposit Insurance Corporation proposed rules to WEAKEN enforcement of the Act. »


    • Forest Ent Forest Ent 22 août 2007 02:03

      Et puis tant que l’on y est sur la crédibilité de la presse, allez toujours voir le conseil d’administration du Washington Post :

      http://phx.corporate-ir.net/phoenix.zhtml?c=62487&p=irol-govBoard

      Ca ne vous interpelle pas d’y trouver Warren Buffet, propriétaire de Berkshire, premier fonds d’invest de la planète, et ... Mme Bill Gates ?

      Ah les vertus du libéralisme ...


    • Forest Ent Forest Ent 22 août 2007 02:23

      Pour être précis, Warren Buffet semble posséder aujourd’hui 18% de WPO. JP Morgan en possède 6%. Barclays 2%. WPO appartient à 81% à des établissements financiers.

      Confiance, confiance ... smiley


    • tvargentine.com lerma 17 août 2007 10:23

      Permettez un esprit de contradiction dans votre article.

      Il ne s’agit pas d’une petite bulle spéculative ici mais d’une très grave crise financière dont la croissance américaine repose en partie sur le crédit et l’immobilier.

      Cette crise engendre déjà de pars le monde et l’extérnalisation des créances une fuite en avant qui s’apparente à une panique généralisée et attendons nous à voir le système s’écroulé prochainement.

      L’intêret pour la France ?

      Un arrêt au chemin que la France suivait depuis des années (spéculation de l’immobilier et inertie de l’Etat et endettement excessif des ménages pour se loger,voir cautionnement du bien immobilier pour obtenir d’autres crédits.)

      Ensuite une baisse des prix de l’immobilier qui ne trouveront plus preneur et retrouverons un « prix » raisonnable.

      Une baisse du prix du pétrole,car cette crise va ralentir l’activité économique en général.

      Une forte hausse de l’euro et une forte baisse du dollars

      Quand,au prix des actions,ils ont été surévalué ces 2 dernières années car il suffit de relire les « articles » de presse ,exemple sur ALCATEL-LUCENT et regarder aujourd’hui les résultats financiers du groupe et du cours de bourse pour comprendre que la délocalisation à l’exces sans stratégie industrielle claire ne mene à rien

      Bien souvent les fusions acquisitions ne sont faites à crédit et dans ce cas,attendons nous à voir un groupe en difficulté prochainement et à un éffondrement de son cour à la bourse


      • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 17 août 2007 14:28

        A titre personnel, je ne crois pas au scénario-catastrophe d’une sorte de « krach » contaminant l’entièreté de l’économie. Il s’agit plus simplement d’une bulle spéculative localiséé qui a crevé, et qui, en crevant, provoque temporairement l’effet-domino décrit dans mon article.

        Le scénario de sortie de crise est assez prévisible : retour à une certaine stabilité des banques grâce aux injections d’argent par les banques centrales, puis retour à leur cours normal des titres boursiers sous-évalués à cause de la crise.

        Ceux qui perdront de l’argent entretemps seront ceux dont l’argent était placé directement dans le marché du crédit, et ceux qui auront vendu leurs titres temporairement contaminés (soit par obligation, soit par panique, cf mon article).

        Thomas Guénolé http://grozbulles.hautetfort.com


      • ZEN ZEN 17 août 2007 18:00

        Je ne suis pas loin de partager l’hypothèse de Ierma...pour une fois


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 août 2007 05:30

        @ l’auteur. Tres bon article. Vous ne parlez pas, cependant, du « Huitième Domino » : ceux qui perdront leur maison. Cramer, le no 1 des commentateurs de l’immobilier aux USA, parle de 7 000 000... Il vont être tres mécontents.

        http://www.nouvellesociete.org/106.html

        Pierre JC Allard


      • Dégueuloir Dégueuloir 18 août 2007 21:01

        une bulle financière qui provoque l’injection de (une bagatelle !) 250 milliard £ par la BCE (entre autres ) la planche à billet fume ! mais qui va payer ? et bien tout le monde !! inflation,spéculation,....que du bonheur à venir......


      • Dégueuloir Dégueuloir 19 août 2007 15:51

        lorsque l’on parle de croissance,il faudrait que celle-ci soit saine,hors,ce n’est pas le cas, ! à savoir que tous les pays sont tributaire soit du pétrole,soit du nucléaire,soit ausi de l’eau,pour alimenter une croissance forte ,on déverse dans l’atmosphère quelques 70 millions de barils par jour,on prévoit 100 millions dans 20ans,de la folie pure et simple,quant aux déchets de l’uranium,j’ose à peine en parler, alors les ménages pauvres de USA qui se sont endettés comme des moutons,ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de désolation qui nous menace...l’or noir n’amène que guerres et dissentions,idem pour l’uranium,le défit futur sera l’énergie ,l’environnement et l’eau,l’économie actuelle est incapable de répondre au probléme,mercantilisme débile.....


      • Darkfox 17 août 2007 10:40

        @l’auteur Un très bon article qui fait bien comprendre les bases. Néanmoins , vous tracez le chemin le plus optimiste... Car d’autres chemins peuvent nous faire très très mal ... Ainsi le taux de crédit grimpe, des banques qui ferment , des investisseurs qui paniquent , les marchés qui dévissent ... A l’heure actuelle, nous ne savons toujours pas si cette crise va juste passer rapidement ou si elle va être grave , tout va dépendre des prochaines semaines car les acteurs (fonds de pension, gros actionnaires ,...)sont en ce moment sur les nerfs. Donc nous verrons bien ...mais cela peut faire très très mal .


        • Ornithorynque Ornithorynque 17 août 2007 10:43

          Il est fascinant de constater combien l’actualité de l’argent est arrivé cette seamine à effecer tout le reste de l’actualité mondiale : exit le darfour, exit la Birmanie, exit l’afrique...

          merci pour cet article passionnant et clair, je vous renvoie vers un autre, plus passionné, mais fort éclairant sur notre obsession.

          celà finit par « les pauvres sauveront le monde », et je trouve celà assez juste et prophétique... http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article-1973-L%92argent.html


          • george 17 août 2007 20:38

            merci pour ce lien , article très intessant et au plus près de la situation actuelle


          • LE CHAT LE CHAT 17 août 2007 10:53

            bravo pour ce cours d’économie pour les nuls , c’est brillant ! faut pas s’inquiéter pour les banquiers , ils épongeront leurs pertes en augmentant comme toujours l’ardoise des comptes courants des particuliers......


            • LT 17 août 2007 11:44

              simple clair didactique, pas sectaire ni simpliste. bravo .

              sur le fond, je rajouterais un petit bemol. on est en fin de cycle economique ( comme en 1987 , ou 2001) et ce qui ne devrait etre qu une fin de bulle (du credit) pourrait nous faire entrer dans une petite crise eco ( recessions de 2-3 ans), comme tous les dix ans, lorsque le marché se recale sur la realité...( ici du au rencherissement du credit pour les entreprises qui feront moins d investissment, et les financiers qui absorberont leur pertes, alors que la croissance globale restera a a la hausse ( tiré par le bloc asie))


              • Gandalf Tzecoatl 17 août 2007 13:16

                On est surtout en période de vacances, et comme presque tout les mois d’Août, les marchés financiers rappellent aux bons travailleurs que l’argent ne vaut rien sans travail.


              • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 17 août 2007 14:39

                Il est effectivement possible que cette crise serve aussi à ramener les titres boursiers surévalués à des niveaux qui correspondent davantage à l’économie réelle. Cela étant, il n’y aurait pas là matière suffisante à provoquer un « krach », parce que pour avoir un krach il faut au moins une catastrophe économique réelle majeure ou une grosse bulle spéculative généralisée qui crève d’un coup (du type de la bulle Internet il y a quelques années).

                Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer la capacité des marchés et des autorités de régulation (les banques centrales notamment) à limiter la casse dans ce genre de crise. D’où le fait que, par exemple, le krach de 1987 fit en volume bien plus de dégâts financiers que celui de 1929, mais affecta beaucoup moins l’économie réelle. Il est donc irréaliste de croire à des scénarios-catastrophe de type soupe populaire ou hausse énorme du chômage, qui relèvent du fantasme.

                Sinon, sur la remarque au sujet des vacances du mois d’août, ces congés estivaux n’affectent pas la bourse, qui « ne dort jamais » (les places boursières se relaient les unes après les autres). Le seul impact des vacances d’août, coupure d’activité très spécifiquement française, c’est que de nombreux cadres sup’ de banques et de fonds d’investissement français ont tardé à réagir et à communiquer, parce qu’ils étaient en vacances. smiley

                Thomas Guénolé http://grozbulles.hautetfort.com


              • Garp Garp 21 août 2007 14:29

                Article clair, simple et assez précis mis en valeur par une bonne rédaction de l’auteur. Je pense comme vous que cette crise ne sera pas à proprement parlé un « krach » comme celui de 1929 très souvent mis en avant (et très certainement un peu trop galvaudé) tout simplement parce que les acteurs économiques feront tout pour éviter une répercussion sur l’économie globale. Les produits boursiers complexes et les systèmes de régulations ne peuvent empêcher un « effet domino » mais permettent d’en limiter les effets. Bien sur on peut regretter certains effets de bord (possible inflation, pertes substantiels des petits épargnants,...) mais ce sont les règles du jeu actuelles.

                Par contre une de vos réflexions m’a mise la puce à l’oreille. Il est vrai qu’on a coutume de dire que les bourses ne dorment jamais mais c’est faux en réalité sinon un gars comme moi qui travaille sur un applicatif international de prêt/emprunt de titres ne pourrait jamais dormir !! smiley. Vous avez oubliez qu’elles se relaient uniquement pendant les jours ouvrés et ferment donc samedi et dimanche !!


              • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 21 août 2007 14:39

                Enfer et putréfaction, je suis démasqué !

                Effectivement, ce n’est que durant les jours ouvrables que la bourse « ne dort jamais » : il faut enlever systématiquement le samedi et le dimanche, plus quelques cas particuliers (par exemple quand c’est un jour férié au Japon, la bourse de Tokyo est fermée.

                On imagine mal, d’ailleurs, comment il serait humainement possible de travailler sur les marchés boursiers s’ils fonctionnaient réellement 24h/24 et 7j/7. Déjà à 5 jours par semaine de ce rythme un peu dingue, je me demande comment vous tenez. smiley


              • goc goc 17 août 2007 12:07

                bravo pour l’explication juste un point de désaccord : je pense que la crise est durable et va aller encore plus loin (pour une fois que je serais d’accord avec Lerma smiley )

                d’abord le fait que cette crise couve deja depuis presque 1 an, donc il ne s’agit pas d’un simple re-ajustement

                ensuite, cette crise pourrait faire émerger une autre crise latente, celle de l’immense stock de dollars dont la valeur est largement sur-evaluée non seulement par les americains, mais surtout par les détenteurs étranger du billet vert( les chinois en premier) or ces détenteurs pourraient bien etre pris également de panique et se décider a vendre leur magot


                • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 17 août 2007 14:54

                  Ce problème est effectivement très sérieux. Expliquons-le pour que les lecteurs de cette discussion saisissent bien le souci.

                  La Chine fixe elle-même le cours de sa monnaie, ce qui fait que le yuan vaut moins que ce qu’il devrait valoir. Résultat, la Chine est artificiellement avantagée dans le commerce mondial (en plus de ses avantages compétitifs réels). Elle se retrouve donc avec des excédents commerciaux, en clair de l’argent, dont elle ne sait pas vraiment quoi faire.

                  La banque centrale chinoise place cet argent, mais elle le fait en achetant ce qui est le plus sûr en Bourse (une banque centrale ne peut pas prendre de risques importants). Ce qui est le plus sûr en Bourse, ce sont les obligations d’Etat américaines. En simplifié, vous achetez une de ces obligations à l’Etat américain, et il vous la remboursera avec un taux d’intérêt faible, mais la garantie qu’il va vraiment la rembourser parce que c’est un emprunteur très crédible : les Etats-Unis d’Amérique, tout de même^^.

                  Or il se trouve que, dans le même temps, la consommation américaine est le premier client, et de loin, du commerce extérieur de la Chine. En d’autres termes, la Chine finance la dette des Etats-Unis, qui en retour financent la croissance chinoise par leur consommation.

                  J’insiste sur un élément : contrairement à une théorie du complot répandue, ce jeu étrange n’est pas une situation voulue. Les autorités américaines sont très emmerdées, parce que cette situation est explosive aussi bien pour les Etats-Unis que pour la Chine. Et les autorités chinoises sont très emmerdées, parce que si elles placent leur argent ailleurs, leur croissance ralentira par ralentissement de la consommation américaine de produits chinois.

                  Tôt ou tard, cette situation leur pètera à la figure, soit par dévaluation de la monnaie chinoise, soit par vente par la Chine d’une partie de ses obligations d’Etat américaines. Ce jour-là, nous aurons une vraie crise financière et économique majeure.

                  Mais la crise financière actuelle n’a pas de lien avec ce problème, et ne risque donc pas de déclencher cette catastrophe. Il faudrait vraiment que les cours en Bourse et les prix de l’immobilier continuent à descendre très bas pour qu’on en arrive là. Or comme je le mentionnais plus haut dans cete discussion, je ne crois pas que la crise actuelle soit grave ou durable au point d’atteindre ces extrémités.

                  Thomas Guénolé http://grozbulles.hautetfort.com


                • omino 17 août 2007 12:30

                  Faudrait m’éclairer. On dit que l’économie américaine va très mal, on dit que les américain sont de + en + pauvre, etc... Si il y a des gens qui ne peuvent pas rembourser leur bien immobilier, y’en a sûrement qui ont des difficulté comme par exemple un prêt pour une voiture ou de moindre importance. Ben voila, je me demande si c’est pas plus grave, plus généralisé


                  • Thomas Guénolé Thomas Guénolé 17 août 2007 15:00

                    Il faut faire gaffe à ne pas tout mélanger. C’est une crise financière, pas une crise économique.

                    L’économie réelle n’est affectée qu’indirectement, par exemple quand un père de famille lambda perd une grosse partie de son épargne parce que sa banque lui avait fait placer cet argent sur des fonds « monétaires dynamiques » qui ces temps-ci se cassent la gueule.

                    En d’autres termes, non, il n’y a pas à l’heure actuelle une crise économique généralisée, qui se caractériserait par des soupes populaires, une très forte hausse soudaine du chômage, etc. Il y a une bulle spéculative qui crève, cette crevaison fait de la casse sur le marché boursier du crédit, et cette casse contamine aussi d’autres titres boursiers par effet-domino.

                    A priori, l’impact durable de cette crise sur l’économie réelle sera donc des pertes d’argent pour pas mal d’épargnants et d’investisseurs boursiers, la fermeture ou le rachat par des concurrents d’un certain nombre de fonds et de banques, et une croissance économique plus faible que prévu avant cette crise.

                    Thomas Guénolé http://grozbulles.hautetfort.com


                  • Dégueuloir Dégueuloir 18 août 2007 21:11

                    L’argent Yves Meaudre*

                    L’argent... sur lequel Péguy et Bernanos ont écrit les plus belles pages. L’argent, dont Jésus condamne de façon implacable le service : « Si vous le servez, vous ne pouvez pas servir Dieu ! » Le mot est aussi tranchant que le fil de l’épée. Il n’y a aucune concession. Le choix est clair, le service de l’argent damne plus sûrement que la concupiscence, le pouvoir, les vanités du monde. Le Christ met en garde contre ces fautes mais il ne les met pas au même niveau d’exposition à l’enfer qu’il le fait avec l’argent.

                    Un chapiteau de la magnifique église d’Anzy-le-Duc, en Bourgogne, représente avec dérision l’avare. Tombant du ciel, nu, ses fesses en l’air, ridicule, le cupide est précipité tête en avant, les bras tirés vers le bas, entraîné par le poids d’une bourse d’or qu’il ne veut pas lâcher à tout prix. Pourtant il voit bien clairement que celle-ci l’entraîne vers les deux mains ouvertes d’un diable ricanant, qui l’attend aussi sûr que le renard de la fable sait que le fromage de Maître Corbeau lui tombera dans le bec.

                    L’avarice est toujours teintée d’indignité, de ridicule ; elle est toujours l’objet d’un profond mépris. Les métiers d’argent dans les familles aristocratiques, dévouées jusqu’à leur dégénérescence au service des armes ou de la prêtrise, étaient infâmants. Maintenant, la nécessité a obligé de prendre en compte sa réalité, et la présence de l’élite dans sa gestion, devrait dompter celui qui peut être un esclave supportable ou un redoutable maître.

                    Lors d’une retraite dans les années soixante-dix, à Châteauneuf-de-Galaure, je me souviens du père Finet nous racontant cette anecdote. Le Père interroge Marthe Robin :

                    - Marthe, quel est le plus grand danger pour le monde : le communisme (on était à l’époque de Brejnev) ? la franc-maçonnerie (la loi sur l’avortement se préparait) ? - Non, non, Père Finet. - Alors c’est quoi ? - Non c’est l’argent.

                    Bon ! m’étais-je dit, cela n’a rien de nouveau ni d’extraordinaire. Pour moi qui appartiens à une génération qui a consacré sa vie à se battre contre l’idéologie marxiste, cela ne m’avait pas marqué. Aujourd’hui, à l’âge mûr, je comprends extraordinairement cette prophétie.

                    L’effacement des nations

                    L’argent interdit toute souveraineté aux États liés par trop d’intérêts réciproques ; un coup de Bourse peut mettre à genoux le pays le plus fort et le plus prospère. Les massacres au Soudan, des Hmongs du Laos, aujourd’hui, ces génocides se passent sous nos yeux sans que nous émettions le moindre toussotement. Et que dire de la Libye criminelle, de la Birmanie où Aung San Su Ky est enfermée à vie... Les intérêts des pétroliers sont trop importants.

                    On le voit avec les méthodes d’enrichissement des mafias communistes chinoises ou russes, qui font travailler des centaines de milliers de gens dans des conditions où les descriptions de Zola sont reléguées à la Bibliothèque rose.

                    Et tout le monde y participe, l’achat des chemises fabriquées pour des grandes marques dans des conditions de servilité terrifiante fait le bonheur du consommateur européen. Les usines de fabrication se ferment les unes après les autres pour utiliser une main d’œuvre esclave ! Les semelles de chaussures arrivent quarante fois moins chères en France que ce que peuvent fournir les dernières entreprises du Bourbonnais, acculées au dépôt de bilan.

                    Il suffit de lire le remarquable livre de Philippe Cohen et Luc Richard, La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? (1001 Nuits), pour découvrir que le Parti communiste actionnaire dans toutes les entreprises des compradores marxistes, maîtrise toute l’économie ultra capitaliste. C’est lui qui décide de faire emballer les produits de la nourriture d’une province limitrophe d’une région qu’on veut développer industriellement pour avoir immédiatement à sa disposition une main d’œuvre affamée qui se précipite désespérée et prête à tous les compromis. À Shangai, il existe une « aristocratie ouvrière » payée normalement, visible qui rassure l’investisseur européen. Mais dans l’arrière-cour, trois millions de soutiers illégaux prêts à tous les compromis pourvu qu’ils soient nourris, fabriquent une part du bénéfice gigantesque. L’enrichissement phénoménal des compradores et du parti, c’est eux. L’Angleterre d’Oliver Twist est une référence dorée pour ces populations qu’on rejette, les tâches faites. Souvent on ne les paie pas, les menaçant de prison, en cas de réclamation, pour présence illégale sur un territoire non autorisé.

                    C’est ainsi que se construisent aujourd’hui les infrastructures des Jeux Olympiques !

                    L’effondrement des nations pour le profit d’une mondialisation financière est une véritable catastrophe. Hier le politique commandait à l’économie qui commandait à la finance. Aujourd’hui, c’est la finance qui commande au politique. Quoiqu’en dise Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter), l’économie mondialisée n’enrichit pas les peuples mais quelques minorités. Celles-ci sont de plus en plus réduites et de plus en plus riches. Il faut lire la thèse de l’abbé de Varax sur les transnationales [1]. Le monde va-t-il appartenir à 300 familles ? La paix par l’économie mondiale ou, aujourd’hui, les financements promis par l’Américain béat, ne sont pas promesses de paix, mais de déstabilisation et de conflits sans fin. On livre des Rafales à des pays voyous. Aujourd’hui la Libye, demain la Chine ; on équipe nos ennemis de notre technologie la plus avancée. Est-ce bien raisonnable ?

                    L’enrichissement effréné de quelques-uns (quelques poussières de millions en Chine, des centaines d’oligarques en ex-Union soviétique) se fait sur l’appauvrissement et l’asservissement dramatique de milliards d’hommes. Alors que l’Afrique est en liquidation et que ses habitants la fuient par toutes ses frontières, le nombre de gisements pétroliers y est en progression constante. Les concessions sont achetées aux mafias gouvernementales au prix d’une corruption tenace dans laquelle la Chine - toujours elle - mène la danse. Alors que la manne pétrolière devrait enrichir des populations aujourd’hui désespérées, elle amène la guerre et la désintégration des États.

                    Jean Vanier insiste pour qu’on fasse couler des « trickle » [2] d’eau de paix dans ces déserts en feu. Rencontré récemment, j’ai trouvé le fondateur de l’Arche dans l’espérance, bien sûr, mais inquiet. Le nombre des conflits se multiplie, les menaces de déflagrations politiques et militaires ne cessent de croître. Il m’a renvoyé à la lecture du livre d’Andrea Riccardi, un constat sévère sur l’état du monde : Vivre ensemble (DDB, 2007).

                    En France, patrimoines menacés, familles déchirées

                    Plus insidieusement, en France, on voit l’immobilier des campagnes partir en flèche en raison de la mondialisation des acheteurs. Autrefois on croyait ce genre de spéculation réservée aux grandes villes ou à la Provence encanaillée par les bobos. Dans certaines régions on assiste à des augmentations de 400 % en six ans ! Des familles aux revenus très modestes se retrouvent assujetties à l’ISF. Des mafias russes achètent en Périgord ou en Bourgogne de grandes maisons familiales jusque là péniblement entretenues, pour des sommes gigantesques. Ils s’installent, paient (cash) aux maires les infrastructures de la commune et exigent que ceux-ci ne soient pas trop regardant sur ce qui se passe dans leurs nouveaux châteaux, hier sanctuaire de familles nombreuses vivant en osmose avec les villageois.

                    Ces dynasties partageaient les joies et les drames de leur commune et de la nation tout entière. Leurs noms figuraient sur les stèles des « morts pour la France », la Résistance en avait fait ses chefs naturels. On donnait aux aînés - hors part, en raison des charges lourdes que représentaient de telles bâtisses - pour servir l’unité familiale et abriter les vieux célibataires. Aujourd’hui, leurs vielles maisons sont devenues l’objet de spéculation folle, les prix s’emballant, le goût du lucre chavirant les consciences, les familles les plus unies se divisent, exaspérées par l’or.

                    L’avenir est aux pauvres

                    L’Évangile de Matthieu 12 (46,50), « qui est mon frère, qui est ma sœur ? », prend lourdement tout son sens : « C’est celui qui fera la volonté de mon Père. » Des familles s’entretuent pour des héritages, des enfants attaquent leur mère, spolient leurs frères, des héritiers d’histoire familiale héroïque jusqu’aux dernières guerres se dégénèrent. Je trouve aujourd’hui une âpreté et une violence consécutives de la déchristianisation des mœurs et de la perte du sens de l’honneur et de la dignité de beaucoup de familles. Ce que j’écris se vit à grande échelle aujourd’hui sous mes yeux, partout en France. Ce que j’écris est malheureusement bien réel.

                    Avoir tellement prêché la miséricorde fait que la peur de l’enfer s’est évanouie. Pourtant depuis neuf cent ans, le bonhomme ridicule d’Anzy-le-Duc est toujours là. Il écrit en lettres de pierre l’actualité du drame de la domination de l’argent. L’avarice mène inéluctablement à l’enfer. C’est une certitude. Le mépris et la honte de la richesse exaltés par le pharisianisme socialiste, avaient malgré tout des racines légitimes, catholiques. Il obligeait à considérer qu’une vie consacrée à s’enrichir corrompait et détruisait l’image de l’homme et de la société. Les Français qui avaient heureusement entretenu une mauvaise conscience vis-à-vis de la possession des biens sont en train d’évacuer cette culpabilisation comme les femmes leur pudeur en mai 68. Ils veulent pouvoir impunément consacrer leur énergie à la course aux richesses. Le monde qu’ils construiront sera alors glacial.

                    Jean Vanier, constatait, il y a quelques semaines que les jeunes sont beaucoup plus généreux mais que souvent, leurs parents les étouffent vite pour les obliger à la sécurité matérielle. Alors que le monde n’a jamais été aussi insécurisé et instable. Qu’il est absurde de faire un business plan de carrière. Le monde a vraiment besoin de l’esprit “chevalier”. Il faut abandonner ses fiefs, ses sécurités matérielles et psychologiques pour sauver notre Jérusalem céleste. Il nous faut découvrir un vrai saint Bernard montant sur un Vézelay médiatique pour nous en persuader. L’argent est la pire des dictatures, seuls les pauvres sauveront le monde et apporteront la paix, c’est le message de l’Évangile. Mais comme je suis dans l’Espérance, je sais qu’après avoir vaincu le nazisme, puis le marxisme, l’argent sera vaincu... par les pauvres. C’est pourquoi il faut les servir.


                  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 août 2007 01:42

                    @ degueuloir : Ce commentaire mériterait certainement d’être un article. smiley

                    PJCA


                  • JPL 30 août 2007 02:25

                    à l’auteur qui écrit « En d’autres termes, non, il n’y a pas à l’heure actuelle une crise économique généralisée, qui se caractériserait par des soupes populaires, une très forte hausse soudaine du chômage, etc. »

                    Il faut être prudent avec ce genre d’assertion :

                    - le ralentissement du secteur de l’immobilier (dont construction et réparation) a déjà conduit la croissance US à se tasser (cela était considéré comme représentant 0,5% dans le taux de croissance)

                    - en début d’année on parlait de 1 millions de foyers qui allaient perdre leur logement (= se retrouver à la rue quand même), à la mi année c’était devenu 2 millions, si des millions de personnes se retrouvent ainsi à devoir radicalement se serrer la ceinture ça va se sentir sur l’activité quand même. On parle là, suivant l’évolution, de 2 à 3 % des foyers, ce n’est pas négligeable (NB : je glisse là sur les considérations sociales pourtant... ça aussi cela devrait focaliser ceux qui nous dirigent)

                    - en parallèle d’autres secteurs ne vont pas si bien (en gros tout ce qui est manufacture, dans les 700 000 emplois perdus depuis 6 ans)
                    Bref suivant comment les choses se combinent et s’enclenchent...

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