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La crise grecque ou l’illustration de la faiblesse de nos Etats

La Grèce est aujourd’hui empêtrée dans une crise sans précédent, au point que sa solvabilité soit questionnée. Mais cette crise pose de nombreuses questions aux États de la zone euro et à l’Union Européenne : comment en est-on arrivé là ? la Grèce est-elle seule responsable ?

« L’Allemagne n’aidera pas la Grèce, sauf en cas d’extrême limite »  annonce Ulrich Wilhelm, le bras droit de la chancelière, alors que celle-ci vient de demander devant le Bundestag un droit pour la zone Euro d’exclure ses mauvais élèves. Le mauvais élève actuel est la Grèce, montrée du doigt par ses collègues européens et pourtant pas seule responsable de sa situation.

Désireuse de respecter le pacte de stabilité et de croissance, la Grèce a eu recours à la titrisation pour maquiller une partie de sa dette et se retrouve aujourd’hui confrontée à la réalité de sa dette (113% du PIB fin 2009 soit 300 milliards d’euros). Ainsi en 2004, le déficit est évalué à 1,2% du PIB, en réalité il est de 5,3%... En réalité la Grèce n’est pas la seule a avoir utilisé cette technique pour respecter les critères de Maastricht : l’Italie a également « titrisé » une partie de sa dette, permettant ainsi d’en réduire le montant. La France et l’Allemagne qui souffraient également pour respecter le pacte de stabilité à cause de leurs déficits publics ou l’Irlande dont l’inflation est alors galopante, ont aussi plus ou moins légalement trafiqué leurs comptes. La zone euro vit alors dans le paraître. Les critères de Maastricht sont difficiles à respecter mais la situation semble sous contrôle alors que la réalité est toute autre.

La responsabilité de la Commission européenne et de la Banque Centrale Européenne dans cette situation est double. D’abord les « critères de Maastricht » n’étaient clairement plus adaptés à la conjoncture économique : lorsque trois puissances économiques comme l’Allemagne, la France et l’Italie sont en difficulté peut-être est-ce le moment de remettre certains dogmes en cause ? Ensuite bien qu’au courant des pratiques des Etats membres de la zone euro, ni la Commission, ni la BCE n’a pris les mesures coercitives nécessaires pour y mettre fin.

Les raisons de ce laisser-faire tiennent avant tout aux conséquences de l’endettement que subissent de nombreux pays de la zone euro : afin de rembourser leurs dettes ils doivent pour cela emprunter aux fameux « marchés ». Or le taux d’intérêt auxquels les marchés acceptent de leur prêter de l’argent dépend d’une note accordée par les agences de notation financière, la meilleure étant AAA. Si les agences de notation avaient eu connaissance de la réalité économique de la Grèce, sa note aurait baissé, faisant ainsi monter le coût de l’emprunt et donc la dette publique.

La crise grecque a mis en évidence l’importance du rôle joué par ces agences et les marchés dans la gestion des dettes publiques. L’importance de leur envoyer des signaux positifs est telle qu’aujourd’hui le président français s’abstient de critiquer l’Allemagne et sa rigueur à l’égard de la Grèce pour éviter de contrarier les marchés : la France ne tient pas à perdre sa note AAA, « c’est pour cela que la réforme des retraites sera de grande ampleur  », assure un proche de M. Sarkozy. Quant à la Grèce elle s’est engagée dans une rigueur sans précédent afin de remonter sa note, le tout au dépend d’une population qui n’admet pas devoir payer les erreurs de ses gouvernants.

La crise qui touche la Grèce invite à une remise en question du système actuel : est-ce acceptable que des gouvernements orientent leur politique en fonction des marchés financiers ?

Mais cette crise pose aussi des questions à l’Union Européenne : d’abord à court terme avec la question du secours à la Grèce qui divise actuellement l’UE. Ensuite à moyen terme avec l’idée d’une mise en place d’une gouvernance économique de l’UE qui empiéterait sur la souveraineté des Etats mais qui s’impose de plus en plus comme une évidence. Enfin en toile de fond la question de la nature de l’Union Européenne : simple club de pays unis par un marché unique ou union de pays solidaires au nom d’un idéal, d’une identité commune ?

par Tarô Misaki (son site) vendredi 19 mars 2010 - 16 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par C LEBELLEC (xxx.xxx.xxx.121) 20 mars 2010 12:50

    Tout le service financier ,qui nous dirige, devient actuellement difficile a supporter. Nous allons de crises en crises,1929,2000,2008,2010...Elles se raprochent et mettent en jeu des richesses de plus en plus grandes. En effet les etats occidentaux se sont considerablement enrichis depuis 45. Creation d une classe moyenne forte ,exhibee avec fierte aux regimes communistes.

    CHUTE DU MUR DE BERLIN, La classe financiere reprend le pouvoir,debut du declin pour la classe moyenne : quelques elements demontrent l emergence des financiers.
    —1973 pompidou decide que la France empruntera sur les marches financiers prives et non plus a la banque de france.
    —1992 Clinton,sur les conseils de Wall st ,abroge le Glass Steagall Act (Roosevelt 1933).
    il n y avait plus de separation entre les banques de depots et d affaires. Les acteurs financiers prennaient un poids considerable !! TOO BIG TO FAIL A la classe moyenne de boucher les trous et d assurer l avenir des banques.
     Refrain habituel des financiers:socialiser les pertes et privatiser les gains
    Par la suite Wall street a pris le pouvoir aupres des administrations busch et obama et nous laisse peu de chances.

    IL faut donc retablir l equilibre entre les peuples et leur systeme financier toujours plus agressif. La chute du systeme mondialiste et liberale appauvrit les peuples , tout en degageant des fortunes scandaleuses. On en revient a la chute de l ancien regime ou a celle du communisme.
     Pour cette fois ce n est plus un regime politique qui nous etrangle : C est quand meme encore et toujours une caste de privilegies, en d autres termes une nomenclatura, tres liee avec NOS politiques.

    Nous,les citoyens payeurs, allons voter pour les hommes de main de nos financiers etrangleurs. Nous donnons une legitimite ,toute republicaine,a ces hommes politiques qui ne tiendront jamais leurs promesses a notre egard car ils travaillent pour nos ennemis...

    Tout le monde est d accord : ET LA CHINE
    Difficile de prevoir l avenir. On commence a voir se profiler un pays tres puissant, d un capitalisme autoritaire et d un protectionisme farouche.
    Les chinois veulent du transfert de technologie(AIRBUS) pas de concurrence pour leurs entreprises en place ex DANONE, GOOGLE etc...
    IL faut considerer leur positon par rapports aux finances internationnales. Le yuan est tres bas pour exporter plus,acheter des dollars et de l or.Avec cette cagnotte la chine achete les matieres premieres dont elle a grand besoin afin de l’ amener a une meilleur production interieure.Et quand la chine et son 1,3 milliards d habitants sera plus riche, alors on importera
    et la monnaie sera revalorisee.
     En fait ils agissent selon leurs besoins et jouent avec les taux de change.
    Par contre ce pays deviendra vite un immense japon,vendant des copies de toutes les voitures , de tous les avions et autres technologies( ex:internet )
     Pour l instant les indiens et les chinois sont tournes vers l industrialisation et le commerce
     Comment pouvoir en dire plus. ?

  • Par bobbygre (xxx.xxx.xxx.175) 19 mars 2010 18:41
    bobbygre

    La crise qui touche la Grèce invite à une remise en question du système actuel : est-ce acceptable que des gouvernements orientent leur politique en fonction des marchés financiers ?

    C’est LA question. Ou sous une autre forme : est-ce acceptable qu’une part de plus en plus importante des impôts soit destinée au paiement des intérêts aux banques (environ un tiers je crois pour la France, merci de me corriger) alors que le pouvoir de battre monnaie est un pouvoir régalien ?

  • Par FYI (xxx.xxx.xxx.33) 20 mars 2010 11:56
    FYI

    "la France ne tient pas à perdre sa note AAA, « c’est pour cela que la réforme des retraites sera de grande ampleur  », assure un proche de M. Sarkozy."
    J’imagine qu’il ne parle pas de LEUR retraite !

  • Par brieli67 (xxx.xxx.xxx.192) 20 mars 2010 12:09

    Un peu de réalisme Bordel !!

    Le budget de la Grèce est comparable à celui de la ville de Stuttgart
    http://www.stuttgart.de/

    La ville seule
    et non le Grossraum le Hinterland et certains "faubourgs industrieux compris !!

    Minga/Munich/ le Monaco
    dans ses herbages ses neiges, ses châteaux ses lacs.... a coûté très très cher aux autres Länder.

    La destinée grecque a été encadrée par l’Angleterre et les USA ces dernières années.
    Que les conseillers soient payeurs ....

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