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Accueil du site > Actualités > Economie > La crise « nouvelle » est arrivée : les cartes de crédit

La crise « nouvelle » est arrivée : les cartes de crédit

Début de semaine chargé et difficile. Après les déclarations pessimistes du Pr Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008, dans le New York Times du lundi 27 octobre, les idéologues de l’administration du président Bush refusent encore d’agir véritablement pour sortir de la crise.

Et voilà qu’Eric Dash nous annonce deux jours plus tard, et toujours dans les pages du NY Times du mercredi 29, que la prochaine crise financière est en train de prendre ses sources dans le secteur des cartes de crédits. Les mauvaises nouvelles ne font qu’enfanter des mauvaises nouvelles.

En France, le Pr Patrick Artus fait un diagnostic sombre, mais complètement lucide de la situation et lance un avertissement aux politiques pour prendre des mesures profondes et nécessaires afin d’enrayer la course folle vers la globalisation pour éviter « le pire ».

Pendant ce temps-là, Américains et Européens se rendent les mains dans les mains dans les pays des Fonds souverains à la recherche de soutiens.

La crise « nouvelle » est arrivée : les cartes de crédits


L’hypocrisie et la science de l’économie !

Au cours du mois de septembre, l’ancien Premier ministre M. Michel Rocard avait raison de dire que la science de l’économie n’avait pas encore dit son mot dans cette crise.

C’est-à-dire qu’elle n’a pas proposé de nouvelles méthodes pour déceler et prévenir les fraudes. Cependant, M. Rocard a omis de dire deux choses qui revêtent une importance particulière :

1. Le budget de la Recherche en France est le premier à être guillotiné dès qu’il y a la moindre difficulté économique. Et ça continue.

2. 160 universitaires américains et prix Nobel ont écrit le 17 septembre aux responsables afin de ne pas se précipiter dans l’approbation du plan de sauvetage, car il est mal conçu, qu’il pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le long terme.

Aujourd’hui, devant l’échec des idéologues et des experts, les professeurs commencent à sortir, de plus en plus, de leur silence et de leur isolement. Ils sont, enfin, de plus en plus sollicités.

 

L’onde de choc !

Ainsi, le Pr Paul Krugman, prix Nobel de l’économie a exprimé son point de vue sur la situation actuelle. Pour lui, les ondes de choc résultant de cette crise, à savoir, les répercussions négatives de cette crise, vont s’intensifier et s’étendre [horizontalement et verticalement] pour couvrir plusieurs secteurs de l’activité économique : [les cartes de crédits par exemple, comme nous le verrons plus bas].

Le défi sera aussi sur plusieurs fronts, et touchera plusieurs pays, dont certains spécialistes pensaient encore, il n’y a pas longtemps, qu’ils seront à l’abri de cette commotion, en raison de l’immunisation acquise lors de la crise de la fin des années 90. Comme c’est le cas de certains pays émergents tels que : la Russie, la Corée et le Brésil.

En effet, ils ont constitué une immense réserve en dollars et en euros qui devrait en principe les protéger dans les circonstances difficiles. C’est la raison pour laquelle on est étonné par la façon où la crise se répand chez eux. C’est vrai, on a entassé des milliards des dollars et d’euros, mais on a affaibli le rôle de l’Etat et on ne jure que par l’importance du secteur privé. On a oublié ou fait semblant d’oublier que ce dernier est un secteur fragile et dangereux.

Il n’y a pas longtemps, on parlait encore de l’hypothèse d’un décuplement de la capacité économique de ces pays, d’une éventuelle récession aux Etats-Unis, et de la capacité des pays émergents à maintenir la croissance mondiale.

En mars dernier, The Economist disait que cette capacité n’est pas un mythe. Aujourd’hui, l’inquiétude vient du fait que cette capacité est devenue un simple mythe et le comble serait si ces pays n’arrivaient pas à résister et faisaient un atterrissage d’urgence. Si c’est le cas, un deuxième tremblement économique va secouer la terre.

Le danger actuel, vient d’un échange osmotique et mutuel intensif entre trois facteurs : Le système bancaire, les fonds spéculatifs et les troubles économiques dans les pays émergents qui devraient en principe soutenir la croissance mondiale.

A souligner que l’Italie est le seul pays qui a interdit les opérations spéculatives dans tous les secteurs. Aux Etats-Unis, les ventes à découvert, technique bien connue par les traders, ont été suspendues en 19 octobre pour très peu de temps, juste le temps pour annoncer les fameuses mesures de M. Bush de 700 milliards de dollars et que l’on appelle maintenant le « Plan de M. Paulson ».

 

Obstacles idéologiques ! Une situation hors de contrôle !

Jusqu’à maintenant, les décideurs de la politique américaine, les idéologues de l’administration du président Bush qui sont contre un vrai rôle gouvernemental, mettent des obstacles dès qu’il s’agit de prendre de vraies mesures pour absorber la crise. Des choses bizarres, d’ailleurs, ont eu encore lieu en ce qui concerne l’affaire du marché hypothécaire.

 Obstacles !

L’injection de milliards par M. Paulson dans les circuits bancaires possède un point faible, car la place de l’Etat est partielle. L’Etat refuse d’user entièrement du pouvoir acquis en entrant dans le capital des sociétés financières.

Le point le plus fragile, selon Joe Nocera, est que le plan de sauvetage gouvernemental ne contient pas de mesures préventives contre les banques si celles-ci entassent les liquidités injectées au lieu de les prêter aux entreprises pour faire tourner l’économie du pays. Aux Etats-Unis, apparemment, c’est exactement le cas.

Inversement, en Grande-Bretagne, le gouvernement a conditionné son aide aux banquiers et par conséquent les entreprises sont alimentées par des crédits.

Quelles que soient les raisons de la faiblesse de la politique de l’administration actuelle, la situation ne sera plus contrôlable et les choses vont continuer à se détériorer.

 

La prochaine crise s’appelle : cartes de crédits

Comme on l’avait souligné plus haut, les mauvaises nouvelles engendraient des mauvaises nouvelles. Pendant que la principale crise n’est pas encore étouffée pour des raisons idéologiques, les ingrédients de la prochaine commotion financière sont en train de se dessiner, qui s’appelle : les cartes de crédits, selon Eric Dash.

Tout le monde sait que la société américaine tourne à crédit et ceci depuis la découverte du continent. Il fallait tout faire, il fallait tout construire de A à Z, villes, routes, ponts, usines… et à partir de rien. Donc, le système de vivre à crédit est devenue une tradition, un trait distinctif dans la vie et la société américaine.

Après avoir inondé les citoyens d’offres de cartes de crédit interminables, les prêteurs font des coupes claires, tous en même temps, au moment où une économie défaillante étrangle les consommateurs.

 Carte de débit

Aujourd’hui, les prêteurs réclament environ 21 milliards de dollars d’emprunts faits sur de « mauvaises » cartes de crédits, dans la première partie de 2008, car de plus en plus d’emprunteurs sont en cessation de paiement. Il ne faut pas s’étonner, les entreprises licencient des dizaines de milliers de travailleurs, les industries devraient perdre au moins 55 milliards de dollars de plus tout au long de l’année et la moitié de l’année suivante, selon les analystes.

Actuellement, les pertes totales atteignent 5,5 % de la dette exceptionnelle des contrats de crédits, et pourraient dépasser les 7,9 %, niveau atteint après l’éclatement de la bulle technologique en 2001.

Eu égard à la gravité de la situation, les sociétés émettrices de Master Card, Visa et autres se hâtent d’arrêter l’hémorragie, de sorte que des options facilement empruntées autrefois sont asséchées. De même, des gros prêteurs, comme American Express, Bank of America, Citigroup… ont instauré des normes sévères afin de trier les clients.

Les prêteurs fuient les clients déjà endettés et restreignent l’ampleur du crédit des porteurs de cartes, en particulier de ceux qui vivent dans les zones ravagées par la crise immobilière ou ceux qui travaillent dans les industries en danger. Dans d’autres cas, les prêteurs vont jusqu’à geler les lignes de crédit des porteurs.

Ces mesures qui protégent les prêteurs sont devenues obsessionnelles pour les consommateurs. Les emprunts sont de plus en plus faibles, rares, difficiles à obtenir et surtout plus chers.

La peur n’épargne même pas certaines classes aisées de la société. L’émettrice American Express qui s’adressait traditionnellement à des clients ayant un niveau plus élevé dans l’échelle sociale, a dit qu’elle allait augmenter les taux effectifs de 2 à 3 % pour certaines catégories de ses porteurs de carte (de 15 % actuels à 18 % plus tard).

 

Les revers de la médaille

Les régulations, bénéfiques pour les consommateurs, vont mettre inéluctablement un frein aux profits historiques des émetteurs de carte. Jamie Dimon de JP Morgan Chas’s a déclaré que cela effaçait quelques emprunts dont les taux posaient problèmes et qui étaient profitables de façon marginale.

Cependant, plusieurs éléments conjugués permettent d’expliquer les vraies raisons de la réduction des marges de profits des émetteurs de carte :

Les coûts de financement des prêteurs restent élevés. Et pourtant, les grands prêteurs appartiennent aux groupes privés, dont la gestion et la compétitivité sont indubitables. [Je croyais ou on a essayé d’insinuer que seul le secteur public, qui gère mal, est dépourvu de compétitivité, à tel point car, à un moment dans notre histoire contemporaine, certains hommes politiques n’ont pas eu froid aux yeux et ont failli céder la société Thomson pour un euro, pardon, pour un franc symbolique].

Les investisseurs privés refusent d’être liés aux cartes de crédit, comme ils l’ont refusé pour les emprunts - logements.

La baisse récente des taux d’intérêt a obligé les banques à baisser leurs taux et réduire leur marge bénéficiaire.

L’effet additionnel des facteurs précédents s’est traduit par un freinage des dépenses par les consommateurs.

La substance magique indispensable à la croissance : LA CONFIANCE est en chute libre. Le Washington Post a partiellement publié les résultats de la dernière enquête relative à ce sujet « L’indice de confiance des consommateurs ». Elle est de 38 %, chiffre à rapprocher de celui de 1967.

Dans cet environnement morose, les grands émetteurs ayant réalisé que le marché se réduit, et qu’il n’y a plus de place pour les cartes de crédit spéciales, ont fini par les réduire en proportion, affirme Lisa Hornek, analyste chez Mintel.

Il n’est donc pas étonnant que les gens soient dans la confusion totale entre les emprunts - logements, les lignes « d’équité du foyer » et les dettes des cartes de crédit.

 

L’indispensable changement

La profondeur de la crise financière a provoqué un choc dans une nation suspendue au crédit, un mode de vie devenu une tradition sociale. Le changement est indispensable.

Dans un geste amical, mais certainement inutile, notre Premier ministre, M. Fillon, a conseillé aux Américains de ne plus s’endetter à l’étranger. Alors que notre président, M. Sarkozy, a fait la louange des subprime en 2006 ! A bon entendeur, salut !

 

Américains et Européens, main dans la main en direction des Fonds souverains

Dans une contribution publiée le 29 septembre , nous avons souligné l’importance financière des Fonds souverains qui sont incontournables.

Ainsi, le mardi 23 septembre, selon Wall Street, des hauts responsables du Trésor américain se sont réunis avec des décideurs appartenant à deux caisses parmi les plus grandes des Fonds souverains, les Emirats arabes unis et le Government of Singapour Investment. Corp, afin de leur demander des engagements pour qu’ils ne tentent pas de tirer des avantages politiques grâce à leurs fonds. Ce qui est regrettable, c’est de ne pas convoquer les décideurs des autres caisses. La Chine par exemple !

 

Les Fonds souverains seront-il les derniers espoirs ?

Issam Kazima, le président de la bourse de Dubaï (Emirats arabes unis), a minimisé ces informations et a déclaré que les législateurs occidentaux sont de plus en plus intéressés par ces caisses (les Fonds souverains) et que cet intérêt a redoublé depuis la crise actuelle.

Par contre, un sondage effectué la semaine dernière aux Etats-Unis, montre que la majorité des Américains se sentent inquiets pour leur économie si les Fonds souverains s’investissent encore plus dans les sociétés américaines. A titre indicatif, le stock de liquidité de ces fonds a atteint un chiffre colossal de plus de 2 800 milliards de dollars.

Cette semaine, par contre, le ton a changé et a fait un virage de 180°. L’adjoint de M. Paulson Jr., secrétaire d’Etat américain au Trésor, n’a pas manqué à Dubaï de prodiguer la bonne parole et les bons conseils aux dirigeants des Fonds souverains émiratis (875 milliards de dollars) lors d’une rencontre dans le centre international de finance à l’émirat.

« Votre pays, réputé par son ouverture économique sur le monde, n’est pas à l’abri de la tourmente qui secoue la planète. Je vous invite avec les autres pays de la région à continuer d’investir aux Etats-Unis et contribuer à sa stabilité financière », a dit Monsieur l’adjoint.

D’autre part, il a affirmé que beaucoup de choses ont changé aux Etats-Unis à l’égard de ce pays. En fait, il faisait allusion à la méfiance de son administration vis-à-vis de la compagnie émirati, qui gérait les ports du Dubaï et qui a souhaité entrer dans le capital de la compagnie états-unienne qui gérait les ports américains.

La compagnie émirati a reçu une réponse de « non-recevoir » pour des raisons liées à la sécurité nationale états-unienne. En deux mots, on tourne la page de la méfiance du passé. Aujourd’hui, on a besoin de vos Fonds, on ouvre une nouvelle page d’amitié, d’ouverture [sur vos Fonds] et surtout de confiance.

La tournée de ce haut responsable, à la recherche de fonds frais, couvre tous les pays du Golfe y compris [l’Irak blessé] avec qui on ne s’entend pas encore sur deux dossiers : le traité de sécurité et le pétrole. Les Iraniens, ont, bien entendu, été exclus et ne bénéficieront pas des conseils de cette haute personnalité. Leurs dollars ne sont pas Halal (gagnés légalement).

Il n’est pas inutile de rappeler que les Fonds souverains des pays concernés ont injecté plusieurs paquets de milliards de dollars dans le trou noir des établissements financiers américains l’année dernière. En raison de la profondeur du trou, ils se sont retirés, après avoir essuyé de grandes pertes.

En tout état de cause, le délégué de l’administration américaine aura probablement de très bons résultats dans les jours à venir. Le ministre saoudien des Finances a déclaré, il y a quelques jours, que son pays sera attentif et à l’écoute et que son pays souhaite aider à résoudre le problème.

 

Le Premier ministre britannique est bientôt en tournée dans les pays du pétrole

De son côté, le Premier ministre britannique a incité les pays du Golfe, et la Chine à venir en aide auprès des pays qui luttent pour survivre.

Mais les médias britanniques s’inquiètent du prix que les pays de l’Orient vont réclamer en contrepartie de leur implication financière. Selon ces médias, notamment The Times, la Chine, le Japon et les pays du Golfe souhaitent avoir une meilleure place et une meilleure participation dans la gestion du Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Les deux instituts sont connus pour leur dévouement envers les Etats-Unis.

M. Brown visitera trois pays, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar. Ce dernier a récemment ouvert ses fonds et pour injecter plus de 8 milliards de dollars dans une banque suisse, comme il l’a ouvert depuis mai dernier des lignes financières en faveur de la compagnie Air France qui en a besoin pour son développement et son extension.

Tableau publié par The Institut of International Finance, Inc. Basé à Athène (Grèce)

Répartition géographique des excédents pétrodollars : 2002 – 2006 en milliards de dollars

United States 300

Europe 100

ME and North Africa 60

Asia 60

Other 22

Total 542

Source : The Institut of International Finance, Inc. 2007

Le tableau ne nécessite pas de commentaire, n’est-ce pas ?

Une démarche originale à signaler effectuée par nos amis Britanniques, c’est le retour à la réalité en optant pour une relance keynésienne et qui mérite toute notre attention. Donc, après avoir constaté la récession, le Premier ministre et son équipe sont partout pour rassurer et injecter dans la population la substance magique indispensable pour redémarrer la machine économique : LA CONFIANCE, car l’économie n’est pas une science exacte.

M. Gordon Brown a décidé d’injecter 250 milliards de livres (300 milliards d’euros) dans le secteur bancaire (secteur virtuel). Je le souligne par honnêteté seulement sans dire chapeau et sans polémiquer. Ai-je le choix ?

P. Mandelson, membre du cabinet ministériel de M. Brown, a annoncé un plan d’aide aux PME de 350 millions de livres. Lancement des projets de logements sociaux, construction des nouveaux hôpitaux... et même une nationalisation des travaux des jeux Olympiques [investissement de 9 milliards], et 16 milliards pour une nouvelle voie de chemin de fer à travers la capitale (économie réelle).

En plus, on étudie la réalisation d’un autre chemin de fer. Le but du gouvernement est de frapper fort et d’accélérer la sortie de la récession avant qu’elle ne s’installe pour longtemps comme cela a été le cas au Japon en 1990 où elle a duré plus de dix ans.

Evitons la casse sociale

Il est urgent que notre pays suive, cette fois, le modèle de nos amis Britanniques et lance de grands projets. ET Ne me dites pas : on n’a pas les moyens ! Ça ne passe plus. D’ailleurs, chaque responsable politique local, national ou européen a le devoir d’exécuter sans tarder tout projet ayant déjà les visas nécessaires de démarrage. Le temps presse. Nous sommes en contact direct avec la population, nous pressentons la température de la rue plus vite que vous. Après la casse financière, évitons la casse sociale.

Pour conclure ce paragraphe, pourquoi Monsieur le président de la République n’imite pas M. Brown, tant pour relancer l’économie à la keynésienne que pour faire une tournée dans les pays du Golfe ? Dans ces pays et sans exception, notre pays, la France, a la place de choix sur le plan officiel et populaire, cela signifie ce que cela signifie, en dépit d’une hégémonie américaine. Pourquoi rester toujours en troisième position ? Pourquoi ne pas devenir l’initiateur et attendre le passage des autres et être présent à la fin ? Une simple question !

 

La crise financière et la mondialisation !

Les subprimes ne sont que les prémices annonciatrices d’un très grand bouleversement dans le mode actuel de notre vie économique. La crise du subprime a mis en lumière l’extrême fragilité d’un système et surtout elle est révélatrice de l’aspect réel de la mondialisation.


 Nostalgie

Cette mondialisation, que nous vivons aujourd’hui, n’est qu’un système d’exploitation inhumain créé par les nouveaux aristocrates, elle leur permet de mutualiser, de diluer à l’infini leur irresponsabilité dans la destruction et dans l’épuisement de la richesse globale de la terre.

Pour le Pr Patrick Artus, la mondialisation est :

- une machine inégalitaire qui mine le tissu social et attise les tensions protectionnistes ;

- un chaudron qui brûle les ressources rares ;

- une machine à inonder le monde de liquidité ;

- un casino où s’expriment tous les excès du capitalisme financier.

Dans cet essai riche d’enseignement, les auteurs ont émis un diagnostic sombre, mais lucide, et lancent surtout un avertissement en direction des hommes politiques pour prendre des mesures radicales pour enrayer la course folle vers la globalisation et éviter le pire. Mais le pire est à venir (P. Artus et al ; 2008). [Mondialisation, je te dis : Merci et Au revoir].

Fayez Nahabieh / Le 01.11.2008.
(Amis du Monde diplomatique)
La Réunion France

 

Références

1. www.nytimes.com . The Widening Gyre. Paul Krugman. 27 octobre, 2008.

2. www.nytimes.com Consumers Feel Next Crisis : Credit Cards. 29 octobre, 2008.

3. www.aljazeera. net. En arabe : Washington cherche des Fonds et considère Abou Dhabi menace. 28.10.2008.

4. www.aljazeera. net. En arabe : L’Europe appelle à l’aide des pays du Golfe. 29.10.2008.

5. Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD. GLOBALISATION LE PIRE EST A VENIR. Edition : La Découverte. Mai 2008.


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15 réactions à cet article    


  • JL JL 3 novembre 2008 12:38

    Bonjour, cet article est ardu mais est riche d’infos.

    Je n’ai pas tout ingéré. Ma réaction est peut-être superficielle et je ne voudrais pas que les lecteurs y attachent d’importance, je m’adresse ici à l’auteur. Je lis :

    "" Le point le plus fragile, selon Joe Nocera, est que le plan de sauvetage gouvernemental ne contient pas de mesures préventives contre les banques si celles-ci entassent les liquidités injectées au lieu de les prêter aux entreprises pour faire tourner l’économie du pays. Aux Etats-Unis, apparemment c’est exactement le cas."" En France aussi, si l’on en croit la réaction de Nicolas Sarkozy qui peste contre les banques qui ne jouent pas le jeu. A noter que ceci contredit le discours officiel et très Pensée unique qui veut que c’est de la confiance qu’on a injecté, pas des vrais sous.

    Je lis : ""Tout le monde sait que la société américaine tourne à crédit et ceci depuis la découverte du continent. Il fallait tout faire, il fallait tout construire de A à Z, villes, routes, ponts, usines…et à partir de rien. Donc, le système de vivre à crédit est devenue une tradition, un trait distinctif dans la vie et la société américaine."" Hé oui, les banques ont pris des habitudes dont elles ont du mal à se passer.

    Encore : ""La tournée de ce haut responsable, à la recherche de fonds frais, couvre tous les pays du Golfe y compris [l’Irak blessé] avec qui on ne s’entend pas encore sur deux dossiers : Le traité de sécurité et le pétrole. Les iraniens ont, bien entendu, été exclus et ne bénéficieront pas des conseils de cette haute personnalité. Leurs dollars ne sont pas Halal (gagnés légalement)."" Peut-on dire que halal signifie le contraire d’argent sale ?

    Encore : ""Une démarche originale à signaler effectuée par nos amis britanniques, c’est le retour à la réalité en optant pour une relance Keynésienne et qui mérite toute notre attention."" Un comble pour des libéraux que de reconnaître que le keynesianisme c’est du pragmatisme !

    Enfin : ""La crise du subprime a mis en lumière l’extrême fragilité d’un système et surtout elle est révélatrice de l’aspect réel de la mondialisation."" Ne devrait-on pas dire : l’aspect irréel de la mondialisation, voire même irréaliste ?
     


    • John Lloyds John Lloyds 3 novembre 2008 12:45

      Excellent articile, un pessimisme bien justifié.

      A propos des fonds souverains, cités dans l’article, certaines analyses pensent plutôt qu’ils étaient une cible, voir http://www.ism-suisse.org/news/article.php?id=10243&type=analyse


      • aquad69 3 novembre 2008 13:33

        Bonjour Fayez,

        merci de ce très riche article ; dans le tourbillon actuel, toute info est bienvenue.

        Mais quand vous parlez d’..."avertissement en direction des hommes politiques pour prendre des mesures radicales pour enrayer la course folle...", c’est de l’humour noir ?

        Croyez-vous réellement que ces gens-là aient le moindre pouvoir -et l’horizon culturel qui permette de savoir où on en est et de s’orienter- sur les évènements ? Ni même la volonté de se mettre en travers, d’ailleurs...

        Tout comme les évènements du 11/09/2001, cette nouvelle "crise" est avant tout une gigantesque superproduction holywoodienne destinée à nous assommer, à nous terroriser, et qui justifiera toutes les réformes d’Etat, toutes les abolitions de droits humains et tous les sacrifices que l’on ne manquera pas de nous demander.

        Ce qui ne l’empêchera évidemment pas d’avoir directement des conséquences dramatiques. Ce n’est pas qu’un simple spectacle, puisque, par la force des choses, nous y sommes inclus et nous y jouons tous notre rôle.

        Il faut lire l’excellent bouquin de Naomi Klein, "la stratégie du choc", paru dernièrement. Vues sous l’angle qu’il présente, les choses apparaîssent beaucoup plus claires et cohérentes, et l’on comprend alors que les évènements actuels ne sont qu’un "électrochoc" de plus, non pas accidentel mais bel et bien voulu, provoqué et canalisé.

        Et qui permet, en passant, à ceux qui sont capables de s’y retrouver, de mener certaines guerres économique contre les intérêts concurrents.

        Tout celà n’est en réalité qu’une étape de plus.
         
        Mais il faudrait finalement réussir à comprendre que ce qui nous mène aujourd’hui, ainsi que ceux qui le servent, ne nous sont ni favorables, ni bienveillants, et que les "inconvénients" et les "défauts" de ce système, loin de l’abattre, ne feront que le renforcer...

        Cordialement Thierry


        • JL JL 3 novembre 2008 13:55

          Ce qui ne nous détruit pas nous renforce, ce système parait indestructible.

          La fin du capitalisme ? Non, bien au contraire…


        • aquad69 3 novembre 2008 15:47

          @JL,

          merci pour le lien.

          Excellent exemple de la manière avec laquelle un économiste intoxiqué par les idées libérales du "marché" retombera toujours sur ces jambes !

          Sauf qu’en principe, le but ne devrait pas être de monter une sorte de gigantesque aquarium peuplé d’entreprises magnifiques et performantes, mais de fournir les meilleures conditions aux peuples du Monde et aux gens qui les composent de vivre et de s’épanouir...

          Mr Wyplosz a une vision de la "bonne direction" qui fait frémir : selon ce genre de point de vue "technique", de gigantesques famines et épidémies entraînant, par exemple, la disparition de quatre milliards d’êtres humains sur huit pourrait parfaîtement être considérées comme une "destruction créatrice" !

          Hallucinant...

          Thierry


        • Nahabieh 3 novembre 2008 17:33

          De l’auteur aux lecteurs.

          Merci d’emblée pour vos remarques. Chaque fois on essaye de faire un peu mieux. Merci à John LIodys pour la référence sur les fonds souverains. Elle m’a échappé et pourtant il m’arrive de temps en temps de jetter un coup d’oeil rapide sur ce site. Je regrette de ne pas pouvoir l’exploiter et l’intégrer dans ma contribution.

          Merci également pour les commentaires de Thierry et pour l’adresse du livre, je vais me tacher de l’avoir.
          Merci pour les critiques de JL bien que je ne soit pas d’accord avec lui. Merci égalemnt à Kaberas, ça tombe [bien] avec Crédit agicole.

          Pardonnez moi pour deux ou trois fautes d’orthographes qui ont glissé dans le texte et je remercie la direction de les corriger.

          En fait, pour moi, rédiger un article est , à toute proportion gardée, comme la montée d’une haute montagne, le départ est facile, mais arrivée au sommet, c’est une autre paire de manche.

          Amicalement .
          Nahabieh Fayez
          Posté le 03.11.2008.
          20:19 .


        • kabreras kabreras 3 novembre 2008 15:54

          Et pendant ce temps le credit agricole nous sort une nouvelle carte de crédit :

          spot de pub ici

          Lamentable spot qui pourait preter à sourir si l’endetement personnel en france n’etait pas en constante augmentation et si la quantité de dossiers de surendetement aux tribunaux ne crevait pas le plafond. 

          Mais bon c’est la crise ! alors il faut plumer les gens avant qu’ils n’aient plus d’argent !


          • Daniel Roux Daniel R 3 novembre 2008 18:49

            Je ne voudrais affoler personne mais les données brutes sont effrayantes. Les américains, grands donneurs de leçons libérales devant l’Eternel, se sont conduits commes des autruches. On gobe tout ce qui passe à porter du bec et on fourre sa tête dans le sable à l’arrivée du gros temps.

            Selon les chiffres 2007 de la Réserve fédérale, la dette totale américaine s’élèvait à 29.888 milliards de dollars. Elle a augmenté de 2.186 milliards en un an. Elle atteint 227 % du PIB (contre 140 % seulement en 1929).

            La dette privée (ménages et entreprises) représente 76 % de l’ensemble. A titre de comparaison, les subprimes ne représentent que 4 % de cette dette.

            Ramenée à une famille américaine avec deux enfants, cette dette représente plus de 600 000 dollars. Et la dépression économique n’a pas réellement commencé. Les emplois sont partis en Chine ou au Mexique, les retraites par capitalisation fondent comme neige au soleil, et la confiance fout le camp.

            On se demande pourquoi les dirigeants européens et notamment Sarko l’américain, admire tant le modèle économique de ce grand et calamiteux pays.

            Comme disait l’incorrigible plaisantin Georges Marchais en commentant Chirac déclarait voir la fin du tunnel d’une autre crise économique :

            "S’il voit la fin du tunnel, c’est qu’il marche à reculons"


            La subtilité n’étant pas le fort de la diplomatie américaine, je suppose que le discours auprès des grands créanciers doit être du style (imiter par les groupies) :

            "Fais gaffe pauv’ con. Refile l’oseille ou ça va pêter."

            M’étonnerait que ça marche ce coup ci.


            • Marc Bruxman 3 novembre 2008 20:19

              Bon vous parlez de la crise des cartes de crédit et effectivement cela va arriver. Mais vous manquez de précision, vous parlez de dépasser le taux de créances douteuses de la crise de 2001. Or en 2001, les banques et sociétés de crédit n’ont été que très peu impactées. Elles ont perdues du fric, certes. Mais rien de grave. 

              Vous rajoutez ensuite que l’état américain régule peu. Alors qu’il est dans les faits un des états les plus impliqués du monde. Eh oui. Seule différence : Au lieu d’investir dans le social, ils investissent dans le militaire. Et la ils viennent d’injecter 700 milliards (stupidement certes). Bref, ils interviennent massivement mais pas comme les gens de gauche voudrait qu’il intervienne. 

              Après oui, il est impuissant. Parce que les dégats sont déja faits. Plus que la non régulation, il a montré que son systéme de régulation et de lois était inefficace, qu’il n’a pas empéché le départ d’un énorme incendie et se montre maintenant dans de graves difficultés pour l’éteindre. Et cet échec va se produire au moment même ou justement les américains avaient confiance en l’état pour les "protéger" de ce genre de calamités. La conséquence va être que les américains vont de plus en plus perdre confiance en washington. 

              Parallélement, des sites tels que prosper.com permettent de faciliter le prêt de particulier à particulier. Il semblerait à en croire une annonce sur leur site (http://www.prosper.com/help/topics/lender-quiet_period.aspx) qu’ils se sont fait taper sur les doigts pour non respect de certaines lois visant à réguler ce type d’activités. Ce tapage sur les doigts vise surtout à discréditer l’idée même de crédit peer to peer auprès des particuliers. Car si cela devait marcher, cela serait un cataclysme réel pour l’état américain et les états en général. Encore une parcelle de pouvoir qui disparaitrait. Cela rejoint les problèmes rencontrés par le site e-gold, dont la vrai nature est probablement du au fait qu’ils courcircuitaient ouvertement le système monétaire, un autre des pilliers de l’état nation. Maintenant que se passerait t’il si prosper avait été incorporé en dehors des états unis ? Et que ce passera t’il en cas de crise financiére sérieuse impactant la capacité des émetteurs de carte de crédit à faire crédit ? L’état nation américian préférera surement encourager ces sites plutot que de risquer une révolution parce que les gens ne peuvent plus acheter à crédit (ce qui est comme le dit l’auteur un pillier de la société américaine).






              • kabreras kabreras 3 novembre 2008 23:46

                Vous rajoutez ensuite que l’état américain régule peu. Alors qu’il est dans les faits un des états les plus impliqués du monde. Eh oui. Seule différence : Au lieu d’investir dans le social, ils investissent dans le militaire. Et la ils viennent d’injecter 700 milliards (stupidement certes). Bref, ils interviennent massivement mais pas comme les gens de gauche voudrait qu’il intervienne.

                Parceque il n’y a que les gens de gauche que cela choque qu’un etat donne tant d’argent à son budget militaire et laisse ses conpatriotes crever de faim sur son territoire ? 


              • Serge Serge 3 novembre 2008 21:12

                Concernant les subprimes ( que Sarkozy vantaient très fort comme moyen pour que tous les français deviennent "propriétaire" ???...a t-il dans ce domaine comme dans bien d’autres "oublié" ses propos ? ) on apprend que CHAQUE JOUR entre Juillet et Septembre 2 700 américains en moyenne ont vu leur logement saisi ! Belle réussite !
                Selon des données de la Mortgage Bankers Association 500 000 (! !!) "propriètaires" sont actuellement visés par une procédure de saisie.La raison principale des difficultés des emprunteurs est LA PERTE D’EMPLOI !!!
                Rien qu’à Baltimore l’association ACORN a recensé 40 000 maisons saisies et abandonnées !!!


                • Probité 3 novembre 2008 22:01

                  Monsieur l’auteur,

                  Votre article est très intéressant, mais votre conclusion échoue malheureusement sur le livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, « Globalisation, le pire est à venir ».

                  Ce tartufe de la finance, directeur de la Recherche et des Études de Natixis (une banque connue pour son naufrage avec les subprimes) n’est certainement pas l’homme providentiel pour nous expliquer les dangers de la mondialisation. Sa duplicité (fervent défenseur du mondialisation dans les actes et pourfendeur de celle-ci dans les paroles) ne peut pas me faire oublier l’article qu’il a écrit le Magazine Challenges, du le 21.02.2008, où il nous faisais état de son analyse visionnaire de la crise, en ce mois de février 2008. Pitoyable !

                  J’aurais été beaucoup plus sensible à votre conclusion, si vous aviez fait référence aux écrits suivants :

                  L’article de Bernard Cassen du monde Diplomatique datant d’octobre 2006, qui nous mettait en garde sur les dérives de la mondialisation.

                  Le livre de Frédéric Lordon « Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières », exhaustif non ! (voir l’émission en lien)

                  Votre conclusion aurait certainement gagné en crédibilité et votre article en grandeur.

                  Cordialement.


                  • furio furio 3 novembre 2008 22:30

                    excellent ! J’ai entendu un reportage sur le recours aux cartes de crédit ! Une états-unienne citait sa voisine ( c’était peut-être son cas à elle aussi) qui ne sait pas combien de cartes elle possède. Elle utilise certaines cartes pour régler les mensualités des autres crédits !!!hallucinant ! Vous imaginez les dégâts ! Quand on sait qu’il existe des centaines de cartes de crédit aux states ! Qui remboursera ? Personne ! Enfin ! si ! nous ! les serfs de sakygnol !


                    • canardQuantique 9 novembre 2008 17:59

                      Un peu de distraction...

                      http://vioxx.labrute.fr


                      • canardQuantique 9 novembre 2008 18:00

                        Un peu de distraction...

                        http://vioxx.labrute.fr

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