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La crise portugaise va-t-elle déclencher une nouvelle crise de l’Euro ? Le point en 5 questions

(ProfesseurForex.com) – Le Portugal, qui faisait pourtant figure de bon élève parmi les pays aidé par la Troika encore récemment (et qui a reçu les éloges du FMI et de Bruxelles il y a a peine deux semaines), inquiète beaucoup les marchés depuis le début de la semaine, en raison d’une crise politique majeure.

La crise a débuté lundi, avec la démission surprise de Vitor Gaspar, le ministre des finances portugais, suivie de celle du ministre des affaires étrangères. En conséquence, la bourse de Lisbonne a plongé de 6% mercredi, et le taux à 10 ans portugais atteignait près de 8% hier matin, alors qu’il était descendu à 5,2% en mai. Sur le forex, ces inquiétudes ont également pesé sur l’EUR/USD, même si l’impact a été dilué par d’autres facteurs baissiers pour la devise. Alors qu’aucune issue positive ne se profile pour l’instant, si l’on exclue les rumeurs non confirmées, il convient de faire le point sur ce dossier en 5 questions : 

Pourquoi les taux obligataires du Portugal ont autant augmenté ? 

Même si la crise politique portugaise a eu sans conteste un impact haussier sur les taux portugais, il est important de noter que cette remontée à débuté avant l’annonce de la démission du ministre des finances. 

En effet, c’est suite à la dernière réunion de la Fed que les taux des pays périphériques européen ont commencé à remonter. Cela a en effet été le cas des obligations portugaises, mais également irlandaises, espagnoles et italiennes. 

La Fed avait en effet clairement annoncé son intention de réduire ses achats d’actifs, laissant penser aux traders que toutes les banques centrales vont suivre ce chemin, et que si les banques centrales n’achètent plus d’obligations d’Etat les yeux fermés, c’est que ces actifs représentent un risque qui doit être sanctionné. 

Par ailleurs, plusieurs signaux sont venus sous entendre que l’économie globale pourrait à nouveau vaciller, avec un ralentissement des pays émergents, une bulle du crédit en Chine, et des doutes sur la solvabilité des banques slovènes notamment. « Tant que la Fed injectait massivement des liquidités sur les marchés, les investisseurs étaient aveugles à ces problèmes » résume Patrick Artus, directeur de la recherche économique à Natixis, soulignant que « maintenant que c’est terminé, nous allons assister au grand retour des incertitudes ». 

Quelles vont être les conséquences pour le Portugal de cette remontée des taux d’emprunt ? 

Si cette hausse reste confinée au court terme, et qu’elle se tasse rapidement, les conséquences pourraient rester limitées. Cependant, si la situation se prolonge, les conséquences pourraient être dramatiques, et l’impact sur le forex et sur EUR/USD très important. En effet, le Portugal n’a actuellement pas ou très peu besoin de se financer sur les marchés grâce à son plan d’aide, et le pays est donc à l’abris des attaques spéculatives telles que l’on peut en constater actuellement. Mais cette aide prendra fin en 2014, et si d’ici là les taux ne sont pas descendu à des niveaux « soutenables » (sous les 5%), le pays ne pourra pas se financer sur les marchés sans risquer se faire remonter en flèche un endettement réduit difficilement, et pourrait être obligé de demander une nouvelle aide. 

Un nouveau plan d’aide au Portugal est-il envisageable ? 

C’est en effet probable, tout du moins si la situation du pays ne s’arrange pas avant la fin de l’année. Plusieurs options seraient alors envisageables : Un nouveau prêt accordé par l’Europe et/ou des achats d’obligations de la part de la BCE via le programme OMT. Il faut cependant noter que pour l’instant, le programme OMT, qui consiste à acheter de façon illimitée des obligations de pays en difficulté, n’a jamais été utilisée. L’Allemagne est en effet très critique vis à vis de ce programme, qu’elle estime de nature à inciter les pays aidés à relâcher leurs efforts budgétaires. Cependant, pour le Portugal, Berlin n’aura peut-être pas d’autre choix que d’accepter, sous peine de voir le pays obligé de restructurer sa dette, en gros, de faire défaut sur sa dette, au moins partiellement. 

La crise au Portugal peut-elle se propager dans la Zone euro ?

Si la situation du pays, notamment sur le marché de la dette continue de se déteriorer, une contagion sera sans doute inévitable. Les exemples grecs et chypriotes en attestent, dès qu’un pays de la Zone euro est en difficulté, peu importe sa taille et son importance, les traders commencent à s’inquiéter pour ses voisins. 

On peut toutefois noter que depuis 2010, les banques de chaque pays ont revendu les obligations des autres Etats membres qu’elles détenaient pour acheter uniquement celle du leur, ce qui, à première vue, limite les risques de contagion entre Etats via les banques. Malgré tout, les économies de la Zone euro restent étroitement connectées, et surtout, la taille économique du Portugal n’a rien de comparable avec celle de la Grèce ou de Chypre. 

De plus, contrairement à la Grèce qui a été très critiquée dans les efforts qu’elle a fait pour redresser le pays, le Portugal a fait figure de bon élève, mettant en place en temps et en heure les difficiles réformes exigées par la Troika. Mais malgré ces efforts respectant scrupuleusement les attentes de ses partenaires, le Portugal n’a pas été en mesure de redresser la barre, ce qui remet en cause la crédibilité de la Troika, et l’efficacité des plans d’aide, certains n’hésitant pas à estime que « le remède est pire que le mal », ce qui pourrait reporter l’attention des traders sur d’autres pays aidés. 

Comment peut-on limiter les risques de contagion ? 

Le plus important reste à court terme la communication. Il faut réaffirmer la solidarité entre les pays de la Zone euro. C’est ce que Mario Draghi a en partie fait hier en affirmant que le taux directeur de la BCE resterait bas pendant une période prolongée, et que la BCE reste prête à agir par différents moyens si nécessaire. 

A plus long terme, la gestion de la crise portugaise pourrait toutefois se révéler plus compliquée. Il s’agira en somme de casser le cercle vicieux dans lequel l’Europe s’est enfermées : multiplier les mesures d’austérité pour réduire dettes et déficits, au risque de pénaliser la croissance, freiner les rentrées fiscales et donc, creuser dettes et déficits… 

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1 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 6 juillet 2013 13:18

    t’inquiète pas, le FDG est là pour te défendre
     

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