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La croissance économique du Brésil avive l’appétit des sociétés françaises

Au Brésil, la concurrence que se livrent Carrefour et Casino pour la grande distribution ou Renault et PSA Peugeot Citroën pour l’automobile reflète le potentiel économique d’une puissance émergente. Boosté par une croissance de 7,5%, le Brésil attire de plus en plus de groupes français à la conquête de nouveaux marchés.

Depuis plusieurs mois, les relations commerciales franco-brésiliennes sont dominées par les aléas du Rafale. Mais après le triomphalisme qui avait accompagné la visite du président Sarkozy en décembre 2008, le dossier du Rafale n’a pas vraiment avancé, l’avionneur Dassault étant toujours en course pour un contrat de 36 avions de chasse. Si ce dossier commercial est hautement stratégique, il ne faut pas oublier que le spectre des activités des sociétés françaises implantées au Brésil est bien plus large.

Dernier dossier en date : l’ambition du groupe de distribution Carrefour, dont la filiale brésilienne voudrait fusionner ses activités avec le groupe de distribution local Grupo Pao de Açucar (GPA). Avec 17% des parts de marché, GPA avive l’appétit du groupe Carrefour. Ce dernier a d’ailleurs mandaté la banque d’affaire Lazard pour élaborer un scénario de fusion.

A la recherche de nouveaux débouchés, les groupes français visent les marchés où la structure sociale est marquée par un accroissement des classes moyennes, et donc une hausse du pouvoir d’achat. En tant que puissance émergente, le Brésil est un terrain de concurrence pour des groupes comme Carrefour ou Casino. Le premier est implanté au Brésil depuis 1975, pays qui représente son deuxième marché après la France.

Mais dans sa tentative de prise de contrôle de GPA, il devra composer avec le groupe Casino, qui détient déjà 33,7% de GPA et ne semble pas vouloir s’en séparer. Très logiquement, le groupe de Jean-Charles Naouri devrait s’opposer à cette opération. GPA représente en effet un élément moteur de la stratégie internationale du groupe Casino. Renforcé par d’excellent résultat à l’étranger (l’activité à l’international représente 10% du chiffre d’affaires réalisé en 2010), le groupe Casino ambitionne d’achever la prise de contrôle de GPA d’ici juin 2012 pour conforter sa position dans un pays dans lequel il est implanté depuis 1999. Dans ce contexte, on peut avoir de sérieux doute quant à la capacité capitalistique de Carrefour à mettre en œuvre une telle fusion.

D’autre part, il semble que les autorités brésiliennes n’aient aucune intention de laisser l’espace économique brésilien se transformer en un eldorado où les entreprises étrangères pourraient parvenir à des positions dominantes. Or la fusion de Carrefour et GPA porterait la part de marché de la nouvelle structure à 31,5%. Dans les grandes villes, où GPA est particulièrement bien implanté, ce chiffre atteindrait même 50%. Autrement dit, la fusion Carrefour/GPA créerait une position dominante que l’autorité brésilienne en charge de la concurrence devrait vraisemblablement rejeter.

Autre marché en pleine expansion : l’automobile. Les grands constructeurs automobiles mondiaux sont d’ailleurs présents au Brésil, de General Motors à Ford, en passant par Toyota, ou les français PSA Peugeot Citroën et Renault. Avec une production de 172 500 véhicules pour une part de marché de 4,8%, Renault est le cinquième constructeur automobile au Brésil. Il s’appuie sur une production locale, centralisée dans le complexe de Curitiba, ainsi qu’un centre de design automobile. C’est ce centre de design qui a d’ailleurs redessiné la berline Sandero, confortant ainsi la renommée montante des designers automobiles brésiliens.

De son côté, PSA Peugeot Citroën veut s’appuyer sur le Brésil pour renforcer sa stratégie de globalisation. Le constructeur automobile est déjà implanté en Chine, en Russie et au Brésil, pays dans lequel il a vendu 151 000 véhicules en 2009. Ces résultats sont évidemment perfectibles et le constructeur automobile compte bien s’appuyer sur des modèles spécifiques au marché qui s’ajouteraient à la Peugeot 207 et à la Citroën C3 déjà commercialisées. Le développement de modèles locaux devrait d’ailleurs mobiliser un investissement de 530 millions d’euros d’ici 2012.

Le Brésil semble bien être le débouché idéal des activités internationales des grands groupes français. Avec une croissance de 7,5% l’année dernière et l’émergence d’une classe moyenne en mal de société de consommation, le Brésil est un marché où la consommation se porte plutôt bien. À tel point que les cabinets parisiens d’intelligence économique regorgent de demande d’accompagnement à l’implantation. Enfin, il faut souligner les anticipations de plus long terme liées à deux évènements sportifs qui vont irriguer les secteurs des BTP et du tourisme : la Coupe du monde de football de 2014, suivie des Jeux Olympiques de Rio en 2016.


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1 réactions à cet article    


  • LE CARDINAL 2 juin 2011 12:16

    il est clair que le Brésil est un marché d’importance dans une Amérique latine en devenir à l’instar de la Chine, de la Russie, de l’Inde, de l’Afrique du sud.

    mais en y regardant de plus près on se demande si ce sont ces pays qui sauvent le marché ou...le marché qui sauve ces pays  smiley

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