• mercredi 23 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > La déflation des prix à la consommation, preuve éclatante de l’échec (...)
24%
D'accord avec l'article ?
 
76%
(21 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

La déflation des prix à la consommation, preuve éclatante de l’échec des politiques monétaires

Malgré toute la propagande des politiciens, la déflation arrive en douceur, mais sûrement...

La déflation d’actifs générale qui nous a concernés en 2008 commence, comme je l’attendais, à s‘étendre aux prix à la consommation (taux d’inflation négatif sur un an) dans plusieurs pays importants.

Bien entendu, les économistes qui ont anticipé le contraire et n’avaient pas vu arriver la crise nous garantissent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène sérieux, et que la tendance va s’inverser grâce une supposée “reprise” générée par des plans de relance qui ont tous échoué jusqu’ici et qui se mettraient soudainement à fonctionner.

L’Irlande est en déflation pour la première fois depuis plus de 45 ans. (source : Belfast Telegraph)

La Chine est en déflation pour la première fois depuis 2002, avec une chute des prix à la consommation de 1,6% sur un an. (source : Bloomberg)

Le Japon s’apprête à retourner dans la zone de la déflation qu’il avait temporairement quitté. L’inflation y est pour le moment de 0%. (source : Bloomberg)

Aux USA, le taux d’inflation y est pour le moment de 0% également. Ce pays est donc sur le point d’entrer dans la zone déflation. (source : FED de St Louis)

En Grande-Bretagne : malgré la forte dévaluation de la livre face aux autres monnaies (rappelons que nous sommes dans un régime de changes flottants, et que c’est le marché et non les états qui décident de la valeur des monnaies), qui aurait dû avoir un effet inflationniste, le taux d’inflation y a chuté rapidement, et n‘était plus que de 0,1% sur un an en janvier (source : Telegraph). Cela montre bien la force de la tendance en cours, largement capable de contrer les effets d’une dévaluation importante.

Ces observations sont l’occasion de parler de l’effet des politiques monétaires sur l’inflation

Les USA ont fait “tout ce qu’il fallait” en 2008 pour relancer l’inflation :
 


  • baisse des taux massive supposée “relancer le crédit”
     
  • déficit et forte hausse de la dette publique
     
  • politique de quantitative easing à partir de septembre 2008, avec un gonflement du bilan de la FED qui s’est mise à prendre en pension toutes sortes d’actifs plus ou moins douteux pour fournir en échange une masse de liquidités aux banques.
     

 

Malgré cela, comme au Japon, ces mesures n’ont eu aucun effet sur la progression de la crise et sur le taux d’inflation.

Nos dirigeants, conseillés par des économistes keynésiens convaincus de la validité de leurs modèles monétaires imaginent sans doute que l‘économie réagira sagement et conformément à leurs “multiplicateurs keynésiens” et autres équations plus ou moins compliquées, qui ont prouvé leur échec jusqu’ici.

Ils pensent que l’inflation est proportionnelle au rythme de création monétaire, et qu’elle peut se piloter à volonté, comme dans le schéma ci-dessous (avec éventuellement un petit temps de retard déflationniste comme sur la courbe verte) :

 

deflation

 

Ils oublient un point essentiel : nous sommes dans une situation de crise exceptionnelle, face à la plus grande bulle de crédit de l’histoire et face à un retournement de psychologie des foules lui aussi exceptionnel. Une masse d’opérateurs, qui avait baigné dans une douce euphorie depuis plus de 20 ans, est en train de revenir à la réalité. Et quand on a tiré l‘élastique vers un extrême (optimiste), il revient avec force vers l’autre extrême (pessimiste).

Cette psychologie des foules ne se met pas en équations, elle n’est pas linéaire mais “avalancheuse”, avec des effets de seuils brutaux et impossibles à prévoir et à piloter.

Plus clairement, dans le contexte actuel, au lieu du gentil modèle linéaire de nos économistes keynésiens, le vrai “modèle de réaction monétaire” a toutes les chances de ressembler à ceci :

 

 

Avec trois possibilités :

Absence totale d’intervention de l‘état

Vu la masse d’actifs douteux présents dans les banques, un bank run généralisé a de fortes chances de se produire (perte totale de confiance dans le système bancaire, tout le monde se précipite aux guichets des banques en craignant leur faillite).

Intervention limitée de l‘état (liquidation ordonnée de la bulle de crédit)

Jusqu‘à un certain niveau (comme pour les USA jusqu’ici et comme pour le Japon), le “malade” refuse de répondre aux “stimulations”. La déflation se maintient malgré la création monétaire, les opérateurs préférant attendre d’avoir du cash plutôt que des actifs qui baissent. Cela est vrai tant que la peur de détenir du cash est inférieure à la peur de détenir d’autres actifs.

Intervention excessive de l‘état (poursuite de la fuite en avant keynésienne dans le crédit)

Au-delà d’une certain niveau de fuite en avant et de création monétaire, c’est-à-dire de déficits publics et d’impression de fausse monnaie, la peur de détenir du cash finira par devenir supérieure à la peur de détenir d’autres actifs …

Seul problème : La peur n’est pas un sentiment qui se pilote ou se met en équations. En situation de crise elle évolue en panique.

On obtient alors un effet d’avalanche, où tous les opérateurs chercheront à changer leur cash pour d’autres actifs et des monnaies étrangères jugées plus sûres. Et on passerait alors très rapidement du mode “déflation” au mode “Zimbabwe”, qui aurait des conséquences bien pires encore.

Bien entendu, et quoi qu’en disent nos divers économistes keynésiens, nobélisés ou non, qui conseillent actuellement presque tous les décideurs politiques, personne n’a la moindre idée de l’endroit où se situe cette limite. L’expérience du Japon nous montre simplement qu’elle est sans doute encore assez éloignée …

Espérons que les dirigeants se montreront suffisamment raisonnables pour ne pas la franchir !

Loic Abadie

Le livre de l’auteur : La crise financière 2008-2010 : mode d’emploi pour la décrypter et l’exploiter (édition 2)

par Loic ABADIE (son site) mardi 17 mars 2009 - 38 réactions
24%
D'accord avec l'article ?
 
76%
(21 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par xana (xxx.xxx.xxx.26) 17 mars 2009 14:23

    Pour moi 700 milliards de dollars divisés en 6,7 milliards d’habitants, cela ne fait que 104 dollars, et pas 104 millions de dollars.
    Idem pour le second calcul.

  • Par FYI (xxx.xxx.xxx.155) 17 mars 2009 11:14
    FYI

    Quand les banques centrales se relâchent, ça sent l’hyperinflation...

    Le 5 mars entrera comme une date historique dans l’histoire du XXIe siècle, celle du début de la plus grande hyperinflation des temps modernes.

    Car ce jour, pour la première fois depuis sa longue existence de 315 ans, la Banque d’Angleterre, par la voix de son gouverneur Mervyn King et du Chancelier de l’échiquier Alistair Darling, a annoncé qu’elle mettait en route la planche à billets. Il s’agit d’imprimer 75 milliards de livres (environ 85 milliards d’euros), première tranche d’un total de 150 milliards de livres. Après avoir baissé son taux à 0,5%, le gouvernement Britannique estime qu’il s’agit de l’arme ultime capable d’empêcher que l’économie britannique sombre dans une grande dépression ou « souffre » d’un « excès de déflation ». En réalité, l’argent fraîchement imprimé servira à racheter des emprunts d’Etat et des obligations d’entreprise, en bref, à colmater les brèches d’un système bancaire agonisant.

    Cependant, même en Angleterre, personne n’est assez niais pour ne pas y voir le spectre menaçant de la grande crise hyperinflationniste de l’Allemagne de Weimar ou celle qui a ruiné plus récemment le Zimbabwe. Un éditorialiste du Telegraph note que « créer de l’argent, après tout, est une illusion - et, en temps normaux, conduit à une hyperinflation du type Zimbabwe ».

    Le fait que la mesure est qualifiée, en termes techniques, de « quantitative easing » (traduit en français comme « assouplissement », ou « relâchement » quantitatif), a réveillé le talent de plusieurs caricaturistes outre-Manche. Un dessin dans le quotidien The Independant montre Gordon Brown poussant une brouette remplie à raz bord avec des billets sous forme de rouleaux de papier hygiénique. Brown y annonce : « Je ne fais que sortir pour un peu de relâchement quantitatif »... En bref, Gordon Brown annonce la couleur, méfions-nous des odeurs !

    De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a baissé jeudi ses taux d’intérêts d’un demi point à 1,50% et son président Jean-Claude Trichet a annoncé que la BCE n’exclut pas d’adopter à son tour des mesures d’assouplissement quantitatif pour stimuler l’économie. « Je ne veux pas en dire plus pour le moment », a-t-il indiqué, ajoutant que la BCE communiquerait à ce sujet en temps voulu.

    En référence à ces propos, Christine Lagarde s’est félicitée que la BCE envisage des voies d’action « non conventionnelles » pour juguler la crise. « Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est de constater que, après la Fed, maintenant la Banque d’Angleterre, et peut-être la BCE -c’est en tout cas ce que laisse supposer les déclarations des uns et des autres- envisagent des mesures un petit peu alternatives et non conventionnelles », a-t-elle ajouté.

  • Par ronchonaire (xxx.xxx.xxx.225) 17 mars 2009 14:31

    Je ne suis peut-être pas très doué en maths mais il me semble que 700 milliards divisés par 7 milliards, ça fait 100 dollars par personne, et non pas 100 millions. Même chose pour la France : 26 milliards divisés par 65 millions, ça fait 433 euros, pas 433 millions. Rassurez-moi et dites-moi que CNN n’a pas réellement laissé passé une boulette aussi énorme ?!

  • Par fredleborgne (xxx.xxx.xxx.3) 17 mars 2009 12:30

    Désolé Glou-glou, ma paranoia n’accepte pas ton analyse.
    J’accuse sans preuve les grands financiers qui ourdissent un complot mondial pour asservir la planète.
    Oui, je sais, c’est si stupide comme supposition.

    Malgré la crise, les grandes sociétés du CAC 40 ont toutes fait des bénéfices en 2008. Malgré la crise, les hyper-dirigeants continuent à avoir le plus légalement des primes...

    Et pendant ce temps là, les petits coulent, les états s’endettent et ceux qui ont fait exploser la bulle comptent racheter à bas prix les actions tournant autours du high tech et des matières premières (y compris agriculture et ressources en eau potable). De grands espaces sont achetés en Afrique, en Amérique du Sud...

    La baisse de l’immobilier profite à ceux qui ont les moyens d’acheter lors de liquidations.

    On met au chomage dans des usines bénéficiaires pour aller fabriquer ailleurs après avoir pompé le savoir-faire.

    Le citoyen idiot se tourne vers l’état providence. Certains, c’est bizarre, préfèrent s’en prendre à nouveau aux grands patrons par des actions précises. Ce n’était pas prévu, mais c’est peine perdue.

    Les pays se font vider de leurs forces politiques, militaires et médiatiques afin qu’une révolution citoyenne non contrôlée qui y éclaterait puisse être condamnée partout dans le monde par des accusations odieuses que personne ne pourrait vérifier. Ainsi, une opération internationale de "délivrance" pourrait être montée et on ne pourrait résister aux bombardements massifs. La culture et l’éducation sont purgées et remplacées par de vulgaires ersatz trompeurs, les individus sont précarisés, apeurés, et soumis à des vexations régulières et humiliantes de la part de leurs propres forces de police (vous êtes un criminel d’avoir roulé 2 km/h trop vite, et montrez moi vos pneus... hum hum on commence à voir le témoin d’usure sur un côté de celui-ci. Mauvais parallélisme, sécurité amoindrie...Allez immobilisation immédiate (procedure VE) ). 

    Bref, l’avenir appartient aux multinationales. Et en ruinant les petits porteurs en faisant éclater la bulle, en créant cette "crise domino", elle fait table rase pour installer sa monoculture internationale....

    Pas d’échec. Une vraie manoeuvre manipulatrice qui va être en plus meurtrière dans certaines régions du monde...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox