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Accueil du site > Actualités > Economie > La démondialisation ?

La démondialisation ?

La Une de Challenge, la semaine du 23 septembre, était consacrée à la "démondialisation". L'argumentaire est consternant de médiocrité en considérant que la mondialisation est "inévitable". L'essentiel n'est pas dit quant à la définition de la mondialisation, ce que disent les économistes à son propos et une analyse minutieuse des faits.
Alors la mondialisation, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

1°) Ne pas confondre libre échange et mondialisation :
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Le libre échange consiste à faire circuler librement entre les pays les produits du travail. La mondialisation c'est y ajouter la libre circulation des travailleurs et des capitaux. On le voit, la mondialisation c'est une touche supplémentaire au libre échange. Voilà ce que certains peuvent qualifier d'ultra libéralisme ou de capitalisme sauvage par opposition simple au libéralisme économique !

2°) David Ricardo et le principe des avantages comparatifs :
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Nul besoin ici de reprendre toute la théorie Ricardienne de l'avantage comparatif de David Ricardo encore à la base de nombreuses études sur le commerce international. Ricardo est favorable au libre échange mais à une condition de taille : que les facteurs de production eux soient immobiles ! C'est à cette condition et seulement celle-ci que le libre échange est favorable à tous les pays et que chaqu'un d'entre eux se spécialise là où il est comparativement meilleur -ou moins mauvais- que tous les autres pays.

Il en est bien sûr tout autrement si les hommes et les capitaux sont mobiles : pourquoi le "meilleur" pays aurait-il intérêt à se spécialiser- et donc laisser aux autres pays produire d'autres biens et services- s'il peut attirer à lui tout seul toute la main d'oeuvre et tous les capitaux disponibles ?
Voilà qu'un libéral comme David Ricardo ne met pas sur le même plan l'intérêt national et l'intérêt des capitalistes !

Bien sûr, les plus critiques diront qu'à son époque s'il considérait finalement que "l'attachement des hommes à leur terre natale" était plutôt une bonne chose c'est parce que la mobilité humaine et des capitaux était beaucoup plus difficle qu'aujourd'hui et que les hommes étaient par conséquent "contraints et forcés" à rester chez eux, mais tout de même !

A l'heure actuelle beaucoup de "libéraux" -ou qui se réclament du libéralisme en général et de cette théorie des avantages comparatifs en particulier- oublient (volontairement ?) l'hypothèse de départ très réductrice que je rappelle ici.

3°) Les origines de la mondialisation :
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Je n'éxagère à peine en affirmant que la mobilité internationale des capitaux à pour raison esentielle... le financement illimité des dettes publiques ! En effet quand l'épargne nationale ne suffit plus, voilà que tous les pays s'ouvrent aux capitaux étrangers ! Cette ouverture réciproque, conjuguée à la chute du communisme, a offert un boulevard non seulement aux délocalisations, mais surtout à un sur développemnt de certains pays du sud au détriement de l'occident.

Challenge oublie de mentionner dans ses articles les politiques d'investissemnet des grands groupes mondialisés : la question supplémentaire à la simple substitution des postes de travail des pays occidentaux vers les pays émérgents par l'intermédiare des délocalisations, est celle de la création d'emplois supplémentaires dans ces mêmes pays émergents au détriment de l'occident. Ce point évident n'est même pas traité par challenge !

L'occident n'exporte t'il pas sa propre croissance ?

4°) La question monétaire :
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Le capitalisme sauvage renvoie au principe de l'avantage absolu d'Adam Smith et donc de la recherche de compétitivité maximale. Un aspect fondamental est le taux de change. Si les émérgents laissaient flotter librement leur monnaie sur le marché, alors une monnaie comme le yuan serait considérablement réevaluée et la Chine beaucoup moins compétitive. Comment y remédier ?

Très simple : la banque centrale chinoise ne trouve rien de mieux que de racheter tous les euros et dollars américains (USD) qui trainent sur le marché. De cette manière le renminbi chinois (monnaie du... peuple !) ne se trouve pas surévaluée et le travailleur chinois est toujours aussi compétitif...
Maintenant, que faire de tous ces euros et de tous ces USD ?

Et bien... racheter des bons du trésor US, Français, allemand, grec pardi !
Ainsi la Chine se trouve t'elle très largement complice du surendettement occidental...

5°) La soit disant hausse de pouvoir d'achat :
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Challenge est beaucoup plus mesuré concernant la hausse de pouvoir d'achat relative à la consommation produite dans les pays à bas salaire.Il est dit à demi-mot que cette hausse est bien faible par rapport à l'explosion du coût de la vie. Et pour cause ! Entre 2000 et 2010 l'immobilier a doublé en France... et provoqué la chute des sub primes aux USA et provoqué une crise immobilière très sévère en Espagne.

Quel rapport avec la mondialisation me direz vous ? Et bien la décennie 2000 a été celle non seulement de l'euro mais surtout de l'argent quasi gratuit fourni par les banques centrales. Cet open bar n'est rien d'autre que la conséquence que la moindre crise comme celle de 2001 est désormais impossible à résorber. Alan Greenspan a inauguré "l'open bar" avec des taux d'intérêt ridiculement bas...

En plus de permettre le financement de plusieurs guerres cela eu pour conséquence de provoquer une bulle immobilière qui a conduit tout naturellement à la crise des sub primes !
Puisqu'il n'y a pas d'inflation qu'on vous dit !

Pas un mot sur la fièvre des métaux précieux (et même plus l'argent que l'or !) qui est très certainement à l'origine de la fortune de nombreux traders...depuis 2003 !

Pas un mot sur la totale léthargie des économies occidentales depuis le début des années 2000 incapables de reprendre le chemin d'une croissance saine, c'est à dire sans un recours de plus en plus massif à l'endettement très largement facilité par des taux d'intérêt exagéremment bas.
C'est qu'entre temps l'occident consomme toujours autant et produit de moins en moins grâce à la mondialisation d'où le recours à l'endettement public ou privé de plus en plus massif...

Pour conclure ce message il est clair que si le libre échange est une bonne chose, la mondialisation a des effets beaucoup plus discutables. Mais pour cela encore faut il commencer par assainir considérablement les comptes publics, condition indispensable pour commencer à moins dépendre des capitaux étrangers et donc de commencer à réglementer les mouvements de capitaux.

Ceci le dernier budget à l'équilibre en France date de...1973 et la mondialisation n'est responsable en rien de notre incapacité à équilibrer nos comptes...


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11 réactions à cet article    


  • lechoux 7 octobre 2011 15:31

    Je suis surpris que des économiste aussi brillants qu’Adam Smith et Davis Ricardo ne parlent de l’économie dématérialisée, ni des Futurs, ni des CDS, ni des multinationales qui sont cotées sur plusieurs places financières dans différentes monnaies !!!


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 octobre 2011 14:40

      D’autant que le premier est mort en 1790 et le second en 1823.


    • jef88 jef88 7 octobre 2011 15:46

      Adam Smith et Davis Ricardo c’était avant internet et l’informatique....
      donc leurs « principes » sont peut être justes mais totalement décalés...
      quand on apprends l’économie on ouble la pragmatisme et la réalité


      • le journal de personne le journal de personne 8 octobre 2011 03:10

        Je sans frontières
        http://www.lejournaldepersonne.com/2011/10/je-sans-frontieres/

        De moi, je ne m’en sors pas.
        Je vibre... mais je ne suis pas libre...
        Dans un monde où on parle de libre circulation des capitaux, des marchandises, des services et des hommes...
        On vous ment gentiment en vous disant que le nomadisme est revenu à la mode...
        néocapitalisme est le nom de code de ce mensonge planétaire... où l’argent fait office d’identité...
        je suis dollar, tu es yen, il est euro... tous voisins de zéro !
        Identité provisoire... illusoire... dérisoire... y en a marre...


        • latortue latortue 8 octobre 2011 12:02

          qu’est ce que vous venez nous parler de Adam Smith et Davis Ricardo ,c’était une autre époque, maintenant nous sommes a l’époque de la nano seconde, des machines qui jouent en bourse a la place des hommes ,et des algorithmes,des montages qui cachent des actifs pourris, c’est ça la bourse maintenant .seulement 6% de l’activité boursiere profite au marché réelle .
          il n’y a plus d’investisseurs ,les créateurs n’existent pratiquement plus, seul quelques extraterrestres avec un projet hyper novateur ,sont financé par les fonds qui jouent la sécurité .
          entreprendre, créé, embaucher ,ne paye plus ,donc comme nous devenons des pays de plus en plus pauvres, nos aides sociales nous coutent de plus en plus cher, et plombe nos budgets, comme nos retraites, c’est de là que vient la dette, de la et des intérets de cette m^me dette, qu’il faut payer a des taux usurier ,c’est pour ça que la Grèce coule comme les PIGS et que nous aussi on va y passer ,que font les politiques’’ ces abrutis’’ ils plombent un peu plus en diminuant les aides, en augmentant nos impots et taxes , en baissant les retraites, c’est totalement débile ,les gens consomment de moins en moins, c’est le contraire qu’il faut faire , il faut trouver le moyens de recréé des emplois ,de relancer l’économie .
          pour cela il faut réguler les marchés et arrêter de leur laisser faire n’importe quoi ,au départ la bourse servait a lever des capitaux, maintenant ce n’est plus du tout le cas les ordres sont hyper rapides ,plus d’investissements a long terme,mais des échanges au jour le jour, que dis je a la seconde pret .il faut réguler taxer tout ça, et employer ce fric pour les retraites ,et les créateurs d’emplois .
          le libre échange ,le mondialisme ,tout ça c’est tres bien ,mais quand ça produit de la pauvreté dans certain pays ,au détriment d’autre pays, ça ne va plus ,il faut que ça profite au consomateur ,ce qui n’est plus le cas ,produire en roumanie en chine ou a pétaouchnoc ,pour vendre au meme prix en France ,cela ne profite en rien au consommateur, mais seulement au petit malin qui s’en colle plein les poches, et cela créé en plus du chomage et de la pauvreté qui viennent plomber nos aides sociales , il faut réguler tout ça d’ou l’utilité d’une taxe aux frontières qui profitera encore a nos aides sociales .
          laisser tout ce beau monde spéculer a souhait ,au détriment de nos emplois ,si en plus il faut quand les banques (qui elles jouent aussi en bourse) se casse la figure ,il faut les renflouer .Ou va t’on aller, un jour au l’autre les gens en aurons marre, et ce sera une belle révolution .
          C’est ça que vous voulez ??
          non non régulons tout ça ,taxons les marchés ,taxons les importations aux frontère de la France et empêchons les banques de spéculer en séparant les banques en deux ,c’est le seul moyen et tous les politiques le savent .Cela n’empêche pas de garder l’europe avec une monnaie européenne et des monnaies spécifiques a chaque pays .pas de fédéralisme ou les bons élèves se voient obligé de payer les dettes des mauvais .C’est un peu comme si on vous demandai a vous qui roulez en DACIA de payer les dettes de votre voisin qui flambe et roule en ferrari testarossa .On a créé l’Europe avec des pays qui ont un train de vie bien en dessous de nous ,et qui nous font concurrence ,et en plus on leur file des subventions, pour qu’il puisse nous saigner encore un peu plus, c’est dingue ça ,un peu comme si une entreprise en bonne santé, absorbait que des boites en faillite ,a la longue c’est elle qui fera faillite, et les autres qui grace a leur subventions s’en sortirons .Je sais c’est un peu simpliste, mais je ne suis pas un économiste et ça reflète en gros toute cette merde qu’est l’Europe .si on avait fait l’Europe avec des pays au meme niveau que nous cela aurait marché ,là on va a la cata .
          si on ne fait pas ça, plus d’Europe ,plus d’euros ,plus de travail = révolution des peuples contre le pouvoir en place quand le peuple a faim, c’est là qu’il faut se méfier .Messieur les politiques, sortez vous les doigts du cul, et faites votre boulot, ce pour quoi on vous payent ,vous n’êtes pas des nantis, vous êtes nos salariés


          • testarossa 9 octobre 2011 21:30

            Mais qu’est ce que j’ai dit et David Ricardo bientôt 200 ans avant nous ?
            Que le libre échange est bénéfique pour les nations à la condition que les facteurs de productions ne soient pas mobiles.

            Qu’est ce que cela signifie sinon que Ricardo critiquait implicitement les délocalisations que vous même dénoncez ?

            En quoi n’êtes vous pas d’accord avec moi ?


          • BA 8 octobre 2011 13:53
            Samedi 8 octobre 2011 :

            Crise en Europe : les patrons français, italiens et allemands veulent un nouveau traité.

            Les confédérations patronales française, allemande et italienne ont appelé samedi à la mise en chantier d’un nouveau traité susceptible de surmonter les déficiences actuelles de la zone euro.

            « Afin que puissent être établies les fondations d’une Europe du XXIe siècle prospère et politiquement forte, nous demandons à l’Union européenne de lancer le chantier d’un nouveau Traité, qui constituera une étape nouvelle vers une Union politique et économique plus étroite », ont affirmé le Medef français, le BDI allemand et la Confindustria italienne.


            Encore un nouveau traité européen ?

            Mais pourquoi ?

            Parce que les traités précédents n’étaient pas assez libéraux ?

            • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 8 octobre 2011 14:50

              « Parce que les traités précédents n’étaient pas assez libéraux ? »

              C’est probablement ce qu’ils ont en tête. Pour améliorer « leur compétitivité » afin d’augmenter « leurs profits » et accroître la rémunération de « leurs actionnaires », ils vont invoquer l’impérieuse nécessité d’aligner le code du travail européen sur celui des esclaves chinois. Et leurs arguments sont déjà rodés : « C’est inévitable... c’est la mondialisation... c’est moderne... y’a pas le choix... etc. »


            • A-J Holbecq 8 octobre 2011 16:30

              http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Abondance

              Extrait

              "Toutes ces mesures [ du libre-échange] vont bien au-delà de ce que préconisaient les pères du libéralisme économique, et Adam Smith en particulier, qui, moins dogmatiques et moins doctrinaires que nos technocrates d’aujourd’hui, recommandaient des protections douanières vis-à-vis des pays dont les règles du jeu n’étaient pas les mêmes que les nôtres.
              La force de l’ultra-libéralisme a été d’être propagé et même imposé par les nations dominantes les plus puissantes pour justifier et moraliser leur suprématie.
              Ce credo libre-échangiste repose d’ailleurs sur une base scientifique quasiment nulle. Il s’appuie sur :

              - une contre-vérité : le règne d’une concurrence pure et parfaite,

              - une erreur technique majeure : la monnaie n’est pas un simple voile, élément neutre de la théorie de l’équilibre général (loi de l’offre et de la demande),

              - une situation historique périmée : la théorie de Ricardo sur les « avantages comparatifs » supposait la non-circulation du capital entre les pays

              - nombre de postulats infirmés par la réalité (« le libre échange permet de créer des emplois ! »)".


              • lechoux 8 octobre 2011 16:48

                Merci aux intervenants d’être conscients de l’impéritie de l’enseignement économique dogmatique.


                • testarossa 9 octobre 2011 21:23

                  Pour commencer, soit j’ai manqué de clarté, soit j’ai été très mal compris. La plupart d’entre vous confondent l’analyse normative et l’analyse positive.

                  En effet, la question que je soulevais était tout simplement de savoir si la mondialisation était une bonne chose pour les salariés ou non. L’analyse Ricardienne nous permettait avec aisance d’affirmer que le libre échange est favorable aux nations à la condition justement que les facteurs de production ne soient pas mobiles : en voilà pour l’analyse normative. Et c’est tout ce que Ricardo a conclu, ne lui faîtes pas dire ce qu’il n’a jamais dit !

                  Maintenant on peut basculer du côté positif. Le début de crise économique des années 70 a fait chuter drastiquement la croissance et donc a posé un problème de financement des déficits. D’où la dérégulation financière des années 80 ce qui a amené notamment à la cotation assistée en continu le fameux CAC. C’est à ce moment qu’ à commencé à se généraliser la libre circulation des capitaux que justement Ricardo critiquait. Ce n’est qu’une fois ce cadre juridique défini qu’a pu se développer l’ingénierie financière et l’informatisation à outrance des salles des marchés, le tout couplé à la surpuissance des réseaux et le règne de la nanoseconde ainsi que du trading haute fréquence par exemple.

                  Que le monde ait bien changé depuis Ricardo, cela ne fait aucun doute. Cela n’est pas une raison en elle même qui peut justifier de la non pertinence de ses principes. C’est qu’une analyse bien menée sur des concepts atemporels peut prétendre à la postérité. Or force est de constater que depuis Ricardo la science économique a considérablement régressé ne serait-ce que par une trop grande approximation dans la définition des concepts économiques.

                  A l’heure actuelle personne ne semble faire l’effort de définir ce qu’est le capital ni de s’intéresser à la signification économique du profit par exemple. Ne serait-ce que ces deux
                  questions clés très mal traitées par les théories économiques contemporaines suffit à les invalider.

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