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La dette, enjeux et pratiques

Depuis la remise du rapport Pébereau, on sait l’enjeu que représente la dette, symptôme d’une non-maîtrise des finances publiques. Thierry Breton semble avoir retenu la leçon du rapport à moitié, s’attachant plus à réduire la dette par des opérations de court terme que déployant une vraie politique de gestion rigoureuse.

On aurait pu croire que le rapport Pébereau (PDF) avait remis les choses au clair dans l’esprit des Français, et surtout de leurs gouvernants, sur ce qu’est le problème de la dette publique. Ce rapport, oeuvre d’une commission pluraliste et ayant - de l’avis de tous ses intervenants - travaillé en bonne intelligence sur un diagnostic sans concession des finances publiques, énoncait clairement le problème : la forte croissance de la dette publique résulte d’une gestion peu rigoureuse des finances publiques. Elle est en quelque sorte le symptôme de non-choix politiques, d’un certain clientélisme de gauche comme de droite, de la non-culture d’évaluation, de l’empilement des dispositifs, et de l’incapacité de l’Etat à bouger, à se transformer.

Pour faire simple, j’en avais déjà parlé chez moi, la dette n’est pas tant le problème (même si son niveau obère les marges de manoeuvre de l’Etat) que la fièvre du malade : il va falloir la faire baisser, mais il faut avant tout guérir la maladie de mauvaise gestion publique.

Thierry Breton, qui a reçu le rapport en grande pompe et n’a cessé depuis de sonner l’alarme sur le niveau de la dette publique, aurait pu entendre ce message. Tout à l’urgence d’agir, proclamée par le gouvernement, il aurait pu s’attacher à mettre en oeuvre les réformes de fond que préconise le rapport, si difficiles soient-elles. Après tout, le gouvernement Villepin est là pour agir pour la France, pour la faire redémarrer : quelle mission plus noble que celle qui consiste à lui redonner enfin des marges de manoeuvre, à travailler à ses fondations ?

Mais non.

Thierry Breton s’attache surtout à faire baisser la température. Au lieu de descendre à fond de cale, en allant traquer les dépenses inefficaces, en lançant un grand réexamen des dépenses à l’occasion du budget 2007, il reste en surface, traquant les choses faciles, les saloperies qui traînent sur le dessus de la pile. Il est plus simple de donner un peu d’aspirine pour que la fièvre tombe, en attendant 2007.

Le ministre nous a donc détaillé le 19 mai par le menu comment, dès cette année, il allait s’attacher à faire baisser le niveau de la dette, plus vite que prévu : triple dose d’aspirine pour le malade ! Il faut que la fièvre tombe, et vite. En 2007, il faudra montrer une inversion de la terrible courbe !

Première dose d’aspirine, les recettes supplémentaires au budget (si l’économie se comporte effectivement mieux que prévu) seront affectées au désendettement. Soit. C’était une des justes préconisations du rapport Pébereau. Mais il faudrait peut-être, pour être honnête, éviter de cacher un peu trop des crédits d’impôts un peu partout, qui viennent réduire les recettes, au lieu d’augmenter les dépenses. François Ecalle l’expliquait très bien sur Débat2007.fr : une saine politique consisterait à cesser de maquiller des dépenses dans l’abus de crédits d’impôts mal évalués et souvent inefficaces. cela contribuerait à alourdir, facialement, les dépenses de l’Etat. Évidemment, ça n’arrangerait pas, à court terme, les objectifs de fièvre de M. Breton, mais permettrait sans doute de mettre le malade sur une voie de guérison. Entre la fièvre et la maladie, il faut choisir, semble-t-il.

Deuxième dose d’aspirine du docteur Breton, les cessions d’actifs. Ou comment annoncer ce qu’on savait déjà : la cession des autoroutes sera principalement affectée à la réduction de la dette. La cession d’actifs non stratégiques et leur affectation à la réduction de la dette n’est pas nécessairement une mauvaise chose, si l’on n’en abuse pas. La question est bien celle de la priorité et de l’opportunité d’un tel mouvement, en l’absence de réforme de structure. Pourquoi vendre des recettes futures claires et précises, trop vite, pour faire baisser la fièvre ?

Troisième dose, la meilleure, et la moins compréhensible pour le Français moyen : "modifier sensiblement l’orientation du pilotage de la trésorerie de l’Etat". Vous avez compris ? Il suffit qu’on gère un peu mieux la caisse de l’Etat (la trésorerie, les comptes courants, à court terme) pour que la dette s’allège. Enfin, le taux d’endettement, le pourcentage, la variable qui obsède le docteur Breton. Comme le disait fort justement Nicolas Barré dans Le Figaro : "Il suffira que l’Etat s’arrange pour que sa trésorerie soit réduite de 15 milliards d’euros à la fin de l’année, et la moitié de la promesse de Thierry Breton sera tenue. Rien de formidablement vertueux là-dedans.".

Résumons. Où sont les bonnes recettes du docteur Breton ?

  • profiter de la bonne conjoncture pour avoir de meilleures recettes
  • vendre des actifs
  • changer la gestion de la trésorerie à court terme.

Et la réforme de fond ? La maladie ? Il faudra vraiment attendre après 2007 ? L’illusion du courage et de la volonté qu’affichent Thierry Breton pour réduire la dette publique risque d’être dévastatrice, le jour où il faudra expliquer aux Français que même si la fièvre a baissé, le malade n’est pas guéri...


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24 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 24 mai 2006 12:35

    Petites précisions aggravantes.

    « Mieux gérer la trésorerie » consiste en grande partie à réduire la « duration » en profitant de taux faibles, ce qui augmente l’exposition au risque de taux, donc est un autre moyen de sacrifier l’avenir au profit du présent.

    « Vendre des actifs non stratégiques » en parlant d’autoroutes est un peu osé. Il faudrait d’abord expliquer en quoi elles ne sont pas stratégiques. Mais en plus elles ont été vendues avec une actualisation de 6% hors inflation, alors que l’Etat emprunte actuellement à 4,5% nominal. De plus l’Etat s’était commandé pour lui-même l’excellent rapport Lebègue qui préconise une actualisation à 4% hors inflation. Est-il excessif d’en déduire que le contribuable vient de se faire escroquer d’un tiers, soit 5 milliards d’euros, au profit de Vinci et al. ?


    • gem (---.---.117.250) 24 mai 2006 15:57

      D’abord, on n’a pas vendu les autoroutes. Elles sont toujours à l’état. Ce qui a été vendu, ce sont les sociétés attribuaires des concessions d’exploitation. Nuance de taille, qui apparaitra mieux à l’expiration des concessions...

      Ensuite, que je sache, les autoroutes ne risquent pas d’être délocalisées et de quitter la France : stratégiques ou pas, elles sont et restent là. Toujours à la disposition de tous, et toujours réquisitionnables si l’état en a besoin pour, je ne sais pas, moi, n’importe quoi... ( faire passer rapidement l’armée du Rhin au pays basque ? ).

      Le taux d’actalisation du rapport Lebègue, c’est le taux de rentabilité minimal exigé d’un projet d’investissement. Rien à voir avec la choucroute...

      Pour comprendre le taux d’actualisation :

      http://www.volle.com/travaux/rentabilite.htm

      Oui, c’est compliqué. Mais, non, le ministère des finances n’est pas peuplé de crétins incapables de compter (!) ou de traitres à la solde de Vinci & Co. Quand on vend une « bonne affaire », on la vend plus cher qu’un « canard boiteux »


    • gem (---.---.117.250) 24 mai 2006 16:08

      Pour rire, j’ajoute que si vous chercher Daniel Lebègue, vous le trouverez sur internet. Cotoyant le MEDEF, Vinci, etc. Encore un « vendu », sans doute ?


    • Forest Ent (---.---.8.145) 24 mai 2006 17:12

      Le taux d’actualisation n’a strictement rien à voir avec le TRI d’un projet. Il exprime la préférence de l’Etat pour le présent relativement au futur. Il s’applique en l’occurrence à une vente aujourd’hui qui fait perdre des recettes demain.

      Non, le ministère des finances n’est pas peuplé d’idiots, bien au contraire. Il s’est d’ailleurs opposé assez fortement à ce calcul. Comme certains députés UMP qui ont regretté pendant la discussion de la loi que l’on n’applique justement pas le nouveau taux Lebègue pour lequel c’était la première occasion légitime. Cela a quand même permis de baisser le taux prévu de 8% à 6%, mais cela reste quand même excessif.


    • termitor (---.---.109.37) 24 mai 2006 13:09

      Reduire la dette, cela veut dire depenser moins selon vous ? donc depenser moins de salaires, et moins de matieres (on consomme de la matiere, papier, petrole et autres)

      Mais si moins de matiere, depense implique moins de pib moins de salaires implique baisse de revenue general (sur le collectif des francais) donc moins de pib.

      On ne resout pas la faim, en mangeant moins. On produit de plus en plus, et l’on a de moins en moins le pouvoir d’achat qui faut avec pour consommer ce que l’on produit.

      C’est un probleme beaucoup plus grave, ce n’est pas un simple probleme de deplacement de charges, mais bien un probleme de finance.

      Pourrais accepter d’avoir un etat non endeter et laisser les citoyens porter toutes la force de ces dettes directement ?

      NON, je ne crois pas. et NON une nation qui produit de plus en plus ne devrais pas etre endette.

      Elle devrais pouvoir faire tourner la planche a billet comme cela c’est toujours fait avant de joindre la zone euro. Les gouvernement de la plupart des pays on FABRIQUE de la monnais quand c’etait utile , certe parfois trop. Mais la le pouvoir monnaitaire n’apartient plus au etat, il n’apartient meme pas a l’europe , il appartient au banque prive, qui pour injecter de la monnais pas le bié du credit, fabrique des dettes plus forte encore pour les citoyens et les institutions.

      Je n’accepte plus ces regles de fonctionnement. J’ai vote un certain mai 2005, j’ai vote NON, et je suis pres a revenir sur les traiter enterieurs si il faut, et j’attend bien que ceux qui nous « represente » prenne en compte mon point de vue, et celui je suis certain de beaucoup d’autre citoyens qui ne s’exprime pas, mais n’en pense pas moins.

      On ne soigne pas la faim en se serant la ceinture, Je genre de politique est un crimes contre les nations , et un crimes contre les citoyens, et un crime contre l’humanite.

      Amis, soyont ensemble pour la prochaine revolution. quelle soit dans la fureur comme 1789, ou dans la democratie par les votes comme en 1936 « Dans la nuit du 7 au 8 juin, à l’hôtel Matignon à Paris, sont signés les accords entre le nouveau président du Conseil, Léon Blum, la Confédération générale du patronat français (CGPF) et la Confédération générale du travail (CGT). Consécutifs à l’arrivée au pouvoir du gouvernement du Front populaire, ces accords prévoient la généralisation des conventions collectives, la création des délégués du personnel et une augmentation de 12% des salaires. Mais on retiendra surtout l’instauration de la semaines de 40 heures et l’octroi de 15 jours de congés payés. »

      Pourquoi tant de luttes, pour avoir l’OBLIGATION de partager le progres ? Faut t’il tant d’aveugle, pour accepter la soumission au interet particulier contre l’interet genral.

      Il existe d’autre systeme economique et monetaire. Qui permette a chaqu’un de contruire sont entreprise, sans tranforme les forces vives des citoyens inventif en outils de spoilation generalise.

      voir : « Dividente social ou economie creditrice » (j’en ai deja parler).

      Reduire la dettes ? mais quelle dettes ? payons nous a la nature ce qu’on lui prend ? n’oublier pas que l’on doit nos force au soliel , le paye t’on ? que l’on doit nos ressources a la terre et la l’univers les paye t’on ? Sinon oui, la notre compte en banque general serais largement deficitaire. Mais voila, l’argent n’est pas une richesse , c’est un moyens pour facilite les echanges de travail entre les etres humains, si l’on produire ce que l’on a bession, on doit alors avoir tous ce qu’il faut en argent pour le consommer.

      Et c’est bien cela qu’il faut changer VRAIMENT dans cette dictature mondiallisante et oppresante qu’est le systeme economique et monetaire global.

      Fin de mon opinion.


      • alberto (---.---.64.192) 24 mai 2006 15:17

        Je te signale camarade Termi(na)tor que la Révolution de 1789 a eu pour principale cause le problème de la Dette et qu’à la fin des combats, disons vers 1815, la plupart des préteurs étaient ruinés et que le bilan était : beaucoup plus de pauvres qu’avant 1789 résultat surtout du à l’accélération de l’émission de monnaie. Donc,en matière de finances comme pour le jardinage, le principe du sapeur Camembert a ses limites (quoiqu’en disent nos énarques).


      • alberto (---.---.64.192) 24 mai 2006 15:33

        Cet (excellent) article remet sous la lumière ce problème qu’ON nous dit menaçant : LA DETTE !

        Alors il faudrait paraît-il du courage politique pour s’y attaquer.

        Questions :

        Qui a peur de la menace ? (moi notamment, mais je suis gaulois, et j’ai toujours peur que le ciel...)

        Qui VEUT s’y attaquer ? (moi je voudrais bien, mais mon voisin n’est pas d’accord sur la méthode : ha ! ces tributs gauloises...)

        Qui a du courage politique ? (le courage il y en a partout, à droite, à gauche, mais ça ne tire pas dans le même sens : toujours le syndrome des tribus gauloises !)

        Peut être prendre modèle chez nos voisins Germains ?


      • parkway (---.---.18.161) 24 mai 2006 16:36

        termitor, je t’adore !

        et t’offre mon amitié !

        je serai avec toi aux prochaines élections pour tâcher de mettre un terme à tous ces menteurs et ces trucqueurs qui s’appellent pebereau, breton, giscard,etc...

        Pebereau est un beni oui-oui de l’OMC et des fonds de pension américains : bien évidemment, pour lui la dette ce sont les fonctionnaires !!!

        Quel bande de salopards !!!


      • minijack minijack 26 mai 2006 20:29

        Une chose m’inquiète dont on ne perçoit pas toujours clairement les conséquences... La Dette extérieure n’est pas tout. Elle se cumule avec la dette intérieure, et les français à titre personnel n’ont jamais été autant endettés qu’ils le sont maintenant. Or ce sont bien les mêmes français qui devront supporter les deux remboursements inéluctables, je veux parler des moins de 30 ans. Ajouté au fait que la durée de la vie s’allonge et que les retraites ne sont pas assurées au-delà de 2015/2020... Où va-t-on ? L’économie a pourtant une arithmétique simple, à la compréhension à portée de toutes les ménagères : NE PAS DEPENSER PLUS QUE CE DONT ON DISPOSE ! Comment nos ministres des finances successifs ont-ils pu penser qu’un petit déficit de l’Etat régulier n’aurait jamais aucune conséquence ? Il se cumule bien sûr ! ou se retrouve sous d’autres formes.

        Les prix de l’immobilier ont atteint des hauteurs vertigineuses ces dernières années, alors que le niveau de population solvable (ceux qui bossent) tend à baisser avec la fin du papy boom (le baby boom d’après guerre). Quand le bâtiment va, tout va ! dit le proverbe. Mais malgré ses prix délirants, l’immobilier va mal. Non que l’offre soit trop forte par rapport aux besoins, c’est le pouvoir d’achat qui est trop faible malgré les taux d’intérêts très bas. L’immobilier a donc atteint son point culminant.

        Quand nos pères pouvaient s’offrir en 15 ans le petit pavillon familial avec des prêts à 10% et au-dessus, les jeunes d’aujourd’hui avec des taux infimes doivent s’endetter sur 30 ans pour pouvoir acheter leur appart. D’où vient cette spéculation effrenée ? On se croirait revenu, dans l’immobilier cette fois, aux temps fous de la bulle internet. Est-ce que cette folie va continuer longtemps ? Non ! Aucun arbre ne grimpant jusqu’au ciel, ça va forcément s’arrêter. La bulle va crever. Et quand le marché immobilier va se retourner, ça va faire très mal !


      • gem (---.---.117.250) 24 mai 2006 13:46

        Bon article.

        Cependant, il faut reconnaitre au crédit d’impôt, par rapport aux subventions, de nombreuses vertus
        - on utilise une administration existante, au lieu d’en créer une nouvelle
        - cette administration ne vit pas de ça, et en fait ça la fait plutôt chier : donc elle fait tout son possible d’abord pour que ça ne se fasse pas, ensuite pour que ça ce fasse le plus petitement possible et pendant un temps limité (quelques années seulement), et enfin pour que ça disparaisse le plus vite possible. Alors que les administrations spécifiques, elles, font toujours leur possible pour qu’on en fasse le plus possible, si possible pour l’éternité, et pour faire disparaitre une mesure c’est la croix et la bannière.
        - quand on demande un crédit d’impôt, il faut faire la déclaration fiscale et il vaut mieux être fiscalement en règle ; donc ça incite à l’honneteté fiscale.
        - le fisc est très bien équipé pour faire de la comptabilité : il sait parfaitement ce que coute toutes les mesures, bien mieux que si il devait se fier à la multitude d’administration qui, chacune dans leur coin et à leur sauce, gèrent une grande quantité de mesures différentes.
        - comme le fisc est incompétent en matière technique, on met en place des mesures simples qui se contrôlent facilement (suffit généralement de présenter une facture, et basta) et qui donc sont accessibles à tout le monde (pas besoin de monter un dossier digne d’un doctorat, en N exemplaires, avec 3 mois de démarches spécifiques).
        - inconvénient : ça complique la déclaration d’impôt ; mais quand même beaucoup moins que si il fallait faire un dossier de subvention ! La complication de la déclaration est juste l’image de la complexité des interventions de l’état, et ce n’est pas en passant de « crédit d’impôt » à « subvention » qu’on arrange la situation, au contraire !

        Si on veut distribuer des subventions, le crédit d’impôt est sans doute la meilleure formule. Mais il est juste de dire qu’on devrait compter ça plutôt en « dépenses » qu’en « atténuation de recette » (çà, c’est plutôt pour les remises gracieuses pour cause de contribuable insovable, par exemple)


        • Stephane Klein (---.---.101.8) 24 mai 2006 14:13

          Le credit d’impot est au dynamisation de la croissance ce que les economiettes de Mr Breton sont au remboursement de la dette : des mesurettes sans actions a long terme.

          Il serait infiniment preferable de baisser consequement les impots de tele ou tel type afin de donner unmessage fort (Baisser l’IR : relancer la croissance, baisser l’IS relancer la creation et le developpement des entreprises), que d’agir par petite touches inaudibles.

          Mais au bout du compte, il ne faut pas perdre de vue un principe elementaire : on ne donne pas ce que l’on n’a pas. Quand le budget de l’Etat est deficitaire, on ne fait pas de reduction d’impot, c’est demagogique et populiste. Chirac fut donc populiste en incluant cette proposition dans son programme de 2002 alors meme que les compte de l’Etat ne le pouvaient pas.

          Rembourser la dette c’est la rembourser avec les actifs non strategiques et valorises a leur meilleur prix mais aussi faire ceinture si possible plutot dansle budget de fonctionnement que dans celui d’investissement.

          Une dette se rembourse durant les annees de vaches grasses comme celles que nous vivons (et que nous avons vecu sous Jospin qui n’a rien fait), et pas durant les annees de vaches maigres. Toute population se doit de s’alleger de ce poids afin d’anticiper tout coup du sort tel qu’une catastrophe ou une guerre, c’est preparer l’avenir et non pas vivre en cigale comme nous l’avons fait depuis trente ans.


          • Anthony Meilland Anthony Meilland 24 mai 2006 14:31

            « Une dette se rembourse durant les annees de vaches grasses comme celles que nous vivons (et que nous avons vecu sous Jospin qui n’a rien fait), et pas durant les annees de vaches maigres. »
            - Qu’il n’en ait pas fait assez c’est probable, mais c’est le seul gouvernement qui à fait diminuer la dette de l’ordre de 5 à 10% selon les chiffres(OCDE)

            « Il serait infiniment preferable de baisser consequement les impots de tele ou tel type afin de donner unmessage fort (Baisser l’IR : relancer la croissance, baisser l’IS relancer la creation et le developpement des entreprises), que d’agir par petite touches inaudibles. »
            - Les pays scnadinaves ont tous fait le contraire : augmentation sensible des impots et baisse sensible des dépenses, voilà qui semble plus logique pour réduire la dette. La consommation c’est avant tout un problème de confiance et non pas de finance. Les français pourraient consommer d’avantage, mais avec la peur que font régner beaucoup de politiques et de journalistes ils ne le veulent pas.


          • gem (---.---.117.250) 24 mai 2006 16:28

            y’a des mots qu’il ne faut pas prononcer si on ne veut pas pourrir le débat. « Jospin » et « qui n’a rien fait » en font partie : ça sucite automatiquement un commentaire comme quoi si, il a fait qqch, ou qu’il a fait mieux que ... et une réponse au commentaire, etc. Et ça n’a pas louper.

            Et le schmilblik n’a pas avancé.

            Ce qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que les impôts c’est pas fait pour faire tourner l’économie, c’est fait pour payer les « l’entretien de la force publique, et [...] les dépenses d’administration » (déclaration des droits de l’homme, préambule de la constitution). Point barre. Tout ce qu’on prend en plus, qu’on le réinjecte pour faire tourner l’économie ou pas, c’est du détournement de fond ; tout ce qu’on ne prend pas alors qu’on devrait (sous prétexte de faire tourner l’économie ou n’importe quoi), c’est également du vol et loin d’en profiter l’économie en souffre (parce que l’économie sait bien que ça se payera un jour ou l’autre).


          • Aldoo (---.---.117.228) 24 mai 2006 22:04

            Vous mettez un peu trop de points et de barres ! Je ne pense pas que l’État purement régalien que vous nous suggérez soit le souhait d’une majorité de français. Et puis bon, l’État, il est un peu là pour nous, les Français, non ? Donc ne retirez pas à l’impôt sa fonction essentielle : la redistribution des richesses ! De dieu !

            Bon, et puis pour Jospin, heureusement que ça n’a pas loupé. Heureusement, qu’il y a encore des gens pour mettre les points sur les i (plutôt que sur les barres !).


          • Adolphos (---.---.59.170) 25 mai 2006 10:43

            « Je ne pense pas que l’État purement régalien que vous nous suggérez soit le souhait d’une majorité de français. »

            Il y a les souhaits, et il y a ce qu’on peut se payer. Pour l’instant, voter Etat est payé par les « riches » (qui partent parce qu’ils en on marre, ce qui coute de l’argent au fisc) et à crédit. A votre avis, ca va tenir encore longtemps ?

            « Donc ne retirez pas à l’impôt sa fonction essentielle : la redistribution des richesses ! »

            L’impôt n’a absolument pas pour but de redistribuer les richesse, et d’ailleur, ce n’est pas le cas actuellement (ou plus exactement, c’est deux fois moins le cas qu’aux USA).


          • Adolphos (---.---.59.170) 25 mai 2006 10:49

            « Les pays scnadinaves ont tous fait le contraire : augmentation sensible des impots et baisse sensible des dépenses, voilà qui semble plus logique pour réduire la dette. »

            Oui, mais 50% des foyer ne payent pas d’IRPP, et il ne vont pas être motivé. 1% en payent 33%, et 10% 66%. C’est un impôt qui rapport dans peu (et qui est, comme on voit, bien injuste). Pas sur qu’une augmentation du nombre d’assujétis passe sans probléme. Car dans l’idéal, tout le monde devrait payer cette impôt, avec un taux fixe. Ca rapporterait plus d’argent à l’Etat, et ca responsabiliserait les gens (trés facile d’exiger des dépenses nouvelles quand c’est le voisin qui les payent).

            « La consommation c’est avant tout un problème de confiance et non pas de finance. Les français pourraient consommer d’avantage, mais avec la peur que font régner beaucoup de politiques et de journalistes ils ne le veulent pas. »

            Les français ont compris qu’ils ne toucheraient pas leur retraite, ils économisent, c’est bien. Par ailleur la consomation n’est pas un probléme, c’est au contraire la faible quantité de travail des français qui est un probléme.


          • Xavier (---.---.148.35) 24 mai 2006 18:52

            Moi ce qui m’étonne ou me choque, ce sont tous ces manques à gagner ou toutes ces dépenses inutiles.

            - Le plafonnement du remboursement des médicaments au niveau du médicament générique le moins cher. C’est une vraie bonne mesure qu’on ne semble pas vouloir appliquer.

            - Les licences logicielles exorbitantes pour les administrations quand des logiciels libres offrent des qualités équivalentes et une indépendance certaine vis à vis des fournisseurs. Les coûts se limiteraient alors à la transition (formations, baisse temporaire de productivité) et au support qui pourrait être effectué par des PME françaises (SSLL ou SSII).

            - Le remboursement régulier des jours de grève aux fonctionnaires grévistes (qui en plus, encouragent des grèves futures).

            - La mauvaise maitrise de l’absentéisme dans les administrations.


            • zaz (---.---.203.119) 24 mai 2006 23:10

              Toujours cette même rengaine sur la dette insoutenable et la baisse des dépenses publiques ! Comme si des gens tels que Keynes, ou d’autres n’avaient jamais existé, comme si la dette de l’état n’avait qu’une seule et unique cause... Moi ça me sidère ce genre de propos. Je sais jamais si c’est de la provoc ou de l’inculture. Mais bon, spa grave...


              • Adolphos (---.---.59.170) 25 mai 2006 10:40

                « Comme si des gens tels que Keynes, ou d’autres n’avaient jamais existé, »

                Keynes à été réfuté depuis 30 ans, il faudrait vous mettre à jour.


              • versac (---.---.228.252) 25 mai 2006 18:32

                Ni provoc ni inculture, enfin, je crois. Je ne crie pas au loup, comme ne le fait d’ailleurs pas le rapport Pébereau, ni ne stigmatise la dépense publique dans son principe.

                La dette publique provient principalement de non-choix politique, et d’une dérive qui ne répond pas à un souci de régulation macro-économique, mais d’une mauvaise gestion de l’Etat. C’est là qu’est le problème. Insincérité, absence d’évaluation, incapacité à réformer... c’est là que sont les problèmes, dont la dette n’est qu’un symptôme.


              • diablotin (---.---.186.69) 25 mai 2006 10:15

                Bonjour,

                Il serait interessant lorsque vous annoncez des faits de les appuyer de preuve, par exemple pouvez vous montrez des feuilles de salaires avec remboursement des jours de grèves ?

                merci.


                • Adolphos (---.---.59.170) 25 mai 2006 10:39

                  « On aurait pu croire que le rapport Pébereau (PDF) avait remis les choses au clair dans l’esprit des Français, et surtout de leurs gouvernants »

                  Ne soyez pas naïf ! Nos gouvernants savent cela depuis des lustres, bien entendu ! Ce rapport n’est que la x éme versiondes études sur le probléme. Sont but est avant tout d’alerter l’opinion, mais pour ceux qui suivent un peu les affaires de l’Etat, il n’apprend rien.

                  « Et la réforme de fond ? La maladie ? Il faudra vraiment attendre après 2007 ? »

                  Moi, j’attend depuis 1995, alors 2006 ou 2007, vous savez... Chirac n’a rien fait, alors qu’il avait été élus pour ca, c’est trés décevant.

                  Par contre, je crois que vous vous illusionnez complétement sur l’ampleur des réformes à entreprendre. Le déficite est structurel. Notre taux de prélévements est parmit le plus élevé du monde. Il pénalise fortement l’économie et cause du chomage. A la louche, les fonctionnaires sont, pour de multiples causes, 10 fois moins productif que dans le privé. C’est cette consomation imposé aux individus d’un service de trés mauvaise qualité et trés chére qui provoque du chomage de masse (et de la dette).

                  Il s’agit rien de moins que d’un reformatage complet de l’Etat, pour le rendre productif, et , évidement, les fonctionnaires font tout ce qu’ils peuvent pour bloquer ces réformes (Il doit facilement y en avoir 1 million à licenciers..). En GB, ils ont fait gréves pendants 1 ans et demi avant de céder. Il a fallut 10 ans pour avoir des résultats. On peut espérer, grâce aux expériences accumulés depuis, faire plus rappide. Tout va dépendre de la résistance des fonctionnaires (qui, ne l’oublions pas, sont ceux qui gouvernent actuellement veritablement le pays, comme le prouve de multiples exemples).

                  « En 2007, il faudra montrer une inversion de la terrible courbe ! »

                  Pffff... Ca ne fera jamais que la xéme fois qu’on nous promet une réduction de la dette de l’Etat.. Ce plan ne peut pas marcher, car les mesures de Breton ne sont que conjoncturelles, et le problémes, structurelle.

                  « la dette n’est pas tant le problème (même si son niveau obère les marges de manoeuvre de l’Etat) que la fièvre du malade »

                  Vous semblez « oublier » que nous sommes en train d’emprunter pour payer les interets de la dette. C’est trés grave. Nous nous dirgeont tout droit vers un scénario à l’argentine, avec faillite de l’Etat. Par ailleur, on estime qu’aprés 2010/11/12 (selon la croissance), la situation sera devenu irratrapable, et que le pays plongera dans le sous développement définitivement (les autres pays ne nous attendent pas).


                  • Sam (---.---.188.241) 25 mai 2006 17:52

                    La fin est réaliste.

                    L’article suivant portera, j’imagine, sur qui paye la dette, à qui, pour quels intérêts, quel montant final nous payons en regard des sommes empruntées et quelle est la courbe d’évolution de ces paiements si aucun paramètre n’est modifié ?..


                    • versac (---.---.228.252) 25 mai 2006 18:35

                      Pas complètement d’accord, mais pas loin. La hausse des PP n’a pas toujours été la solution retenue pour faire baisser le dette publique, quand elle a atteint des niveaux insoutenables. Et il est évidemment clair que le niveau de la dette a fortement augmenté depuis 2002, dans une période où l’on a tenté de faire baisser les impôts (en fait, surtout de l’affichage, à vrai dire), sans du tout freiner les dépenses. BReton arrive tardivement et sans crédibilité avec un plafonnement affiché des dépenses.

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