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La Dette et la Diète

La dette et la diète

 La France, 5ème puissance économique mondiale (en PIB) présente aujourd’hui un visage un peu pâlot, à douter de notre position pourtant enviée par des dizaines de pays qui aimeraient bien atteindre ne serait-ce que la moitié de notre niveau de vie. La crise est passée par là !

 Actuellement, une des préoccupations majeures en zone européenne est le problème de la dette (publique et privée), qui ronge insidieusement nos économies. Pour essayer de ne pas répéter ce qui a été dit mille fois sur ce sujet, je propose juste de regarder sous un angle un peu différent cette montagne d’emprunts d’état pour mieux en évaluer sa dimension et sa consistance.


Dette et stocks

 La dette doit être vue comme un stock, résultat de l’accumulation année après année du montant des déficits publics. Pas de déficit, pas de dette supplémentaire. C’est tout simple !

 Pour comparer ce stock immatériel avec le stock matériel des entreprises, rappelons simplement que celles-ci n’ont jamais aimé stocker leurs produits, car les locaux de stockage génèrent des coûts importants (bâtiments, matériels, personnels, manutention, énergie, taxation, etc…), et elles prennent également un risque important sur la valorisation des dits produits s’ils ne sont pas écoulés dans le délai exigé par leurs caractéristiques.

 La dette qui représente le stock en monnaie de que ce l’état doit à ses créanciers n’a pas besoin de stockage physique, elle n’est pas périssable et les délais d’écoulement ne paraissent pas très importants. Cependant comme à l’image d’un stock physique, elle a également un coût (et aussi un drôle de goût !). Le coût, représentant ce qu’on appelle la charge de la dette (c'est-à-dire les intérêts à payer) est nettement plus palpable en ces temps de crise, où à chaque adjudication on croise les doigts pour que les marchés veuillent bien nous prêter si possible à des taux plutôt sympathiques. C’est un peu moins vrai aujourd’hui où l’on observe une réelle détente des taux d’intérêts, parfois négatifs sur du court terme. Cette situation ne devrait pas durer, car il s’agit tout simplement d’une aberration, une inadéquation avec nos performances économiques.

Dette et caractéristiques

 Cette dette sans odeur et sans saveur, présente cependant quelques caractéristiques peu rassurantes ;

· Elle est émise sous formes d’obligations d’état sur des marchés imprévisibles, parfois un peu nerveux voire colériques.

  • La réussite de ces émissions obligataires dépend toujours de ces mêmes marchés qui décident ou non de les acheter.
  • Le taux de ces emprunts dépend encore des marchés qui ont un ressenti du risque pas toujours rationnel. Ces taux d’intérêts dépendent de nombreux facteurs parfois pas très compréhensibles.
  • Les emprunts ont des durées de vie très variables (c’est ce qu’on appelle la maturité).
  • Comme elle est immatérielle, la dette ne se voit pas et de ce fait personne n’a vraiment une idée de ce qu’elle représente réellement, faute d’une représentation physique adaptée à une bonne compréhension de l’objet en question. Par conséquent peu de dirigeants ont fait preuve d’une grande lucidité.

 

La dette de la France est évaluée aujourd’hui à près de 1800 milliards d’euros, et agrège les dettes des compartiments suivants :

· La dette de l’état

  • La dette des collectivités territoriales
  • La dette des systèmes sociaux

 

 Dette et ordres de grandeur

 Tout le monde s’accorde sur l’idée qu’il s’agit d’une somme colossale, avoisinant les 90% du PIB posant le problème de la soutenabilité. Comme on éprouve quelques difficultés à se la représenter, on va essayer d’y voir un peu plus clair à l’aide de quelques ratios.

· Dette ramenée au nombre d’habitants : 28000 euros

  • Dette ramenée au nombre de foyers fiscaux : 50000 euros
  • Dette ramenée au nombre de foyers fiscaux imposables : 90000 euros
  • Dette ramenée au nombre de personnes actives : 69000 euros

 

 Dette … et si on devait la rembourser !

 Que deviendrait le budget de l’état et notre économie si une autorité externe à la France lui intimer de rembourser toute la dette sur une période de 30 ans par exemple ? J’ai choisi cette durée qui me semble se situer sur un horizon encore discernable et cohérent par rapport à des délais de remboursements appliqués aux particuliers ou aux entreprises. L’Etat a cependant une particularité non négligeable, c’est celle de sa durée de vie (on peut tabler sur plusieurs centaines d’années !), qui face à un banquier n’est pas un critère discriminant contrairement à un particulier.

 L’exercice proposé n’a aucune prétention quant à sa précision, mais se veut juste pédagogique en fournissant des ordres de grandeur.

 L’état devrait alors rembourser chaque année en capital une somme d’environ 60 milliards d’euros.

 Prenons le budget 2011 : (chiffres extraits des statistiques de l’INSEE)

  • Poste recettes : 270 milliards d’euros
  • Poste dépenses : 360 milliards d’euros
  • Solde : -90 milliards d’euros (déficit qui devra être financé par de la nouvelle dette)

 

Si l’état était contraint à rembourser sa dette sur cette période de 30 ans, il lui faudrait procéder à un ajustement budgétaire de 90 milliards rien que pour revenir à l’équilibre (condition évidente pour ne pas générer de nouvelles dettes), auquel on ajouterait les 60 milliards de remboursement de capital. Ces chiffres sont valables à croissance zéro ce qui est pratiquement le cas aujourd’hui. Une belle petite somme un peu encombrante pour nos politiciens qui éprouvent souvent quelques difficultés à trouver 1 milliard d’euros.

 Au total, l’état doit donc trouver 150 milliards d’euros la première année, soit sous forme d’impôts supplémentaires, soit sous forme de réduction des dépenses, soit en une combinaison intelligente des deux. Précisons que chaque année suivante, cette somme diminuerait légèrement grâce à la réduction de la charge des intérêts.

 Je précise que si par miracle une croissance à 2 ou 3% faisait son retour, la dette diminuerait mécaniquement même avec un léger déficit. Il faut y croire !

 

Dette … mais qui rembourse ? 

 Tout cela est merveilleux, mais si on se lance dans un tel ajustement budgétaire, on entre évidemment en grave récession du fait de la diminution brutale du pouvoir d’achat et par conséquent, on observera mécaniquement une diminution des recettes que l’on souhaitait pourtant augmenter. Vous connaissez les cercles vicieux ! En voilà un qui peut être fatal à une économie.

 L’état a pour objectif de revenir à l’équilibre budgétaire en 2017 ou à un niveau proche de l’équilibre. Pendant ce temps la dette va bien entendu augmenter de plusieurs centaines de milliards d’euros pour parvenir à un ratio DETTE/PIB supérieur à 100%. Est-ce que les marchés apprécieront ? Je crains que non. Les taux d’intérêts vont alors augmenter et alourdir la charge de la dette qui est plutôt en diminution sur la période récente. L’Etat s’en réjouit bien évidemment, trop vite à mon avis, car la facture de demain pourrait bien être encore plus lourde. Les taux d’intérêt augmenteront sur un stock de dette plus important encore, qu’il faudra bien renouveler à chaque échéance.

 Si la charge de la dette augmente avant même que nous commencions à rembourser le capital, les difficultés vont bien entendu grandissantes.

 Bon, vous m’avez compris, rembourser nos 1800 milliards d’euros de dette, où l’on ne prend pas en compte l’endettement des entreprises publiques (SNCF, EDF, ..) sera une opération délicate, difficile, périlleuse.

 Rappelez-vous du montant à rembourser pour chaque foyer fiscal imposable : 90000 euros. J’ai écarté volontairement tous les foyers non imposables qui ne me semblent pas être les mieux placés pour contribuer aux efforts demandés (à moins de vendre leur bien immobilier s’ils ont la chance d’être propriétaire). Le fait d’être imposable ne préjuge pas de la faculté à contribuer significativement au remboursement de la dette. On peut difficilement imaginer que les foyers imposables à hauteur de quelques centaines d’euros aient une capacité contributive nettement supérieure aux premiers. Qui remboursera alors ? Remboursera-t-on ? Voilà les vraies questions.

 

Dette, devenir et conclusion

 La réponse réside certainement dans la capacité de nos gouvernants à agir vite. François Hollande a proclamé maintes fois ‘le changement c’est maintenant’. Eh bien oui si rien ne change à court terme, je crains que nous entrions dans une spirale infernale. La dette ne cessera de croître avec des taux d’intérêts imposés par les marchés qui quitteront les zones tranquilles de 0 à 2% selon la durée, pour rejoindre les zones de secousses à 5 ou 6% (que connaissent bien l’Italie et l’Espagne). Il est peut-être encore temps de réagir et de mener les réformes qui arrêteront ce phénomène que l’on maîtrise mal aujourd’hui et qui a toute chance de s’emballer à court terme. Si le phénomène s’emballe, plus rien ne pourra l’arrêter. Le système ira droit vers l’explosion (au sens systémique).

 Quelles seront alors les solutions ? J’en propose deux :

 

  • Inflation monétaire dans un premier temps (une manière de monétiser la dette) qui conduira sûrement à une inflation des prix dans un second temps.
  • Défaut partiel de l’Etat (comme la Grèce).

 

A côté du mot DETTE il faudra alors juxtaposer le mot DIETE (Thérapeutique) pour éliminer les déchets trop encombrants d’une dette qui auront provoqué quelques effets secondaires et indésirables à l’ensemble de l’organisme appelé ‘SOCIETE’.

 Tout cela n’est-il pas le résultat d’une incurie politique qui perdure depuis des décennies, d’un aveuglement généralisé d’hommes et de femmes qui n’ont de cesse de servir leurs intérêts personnels et de protéger un certain clientélisme ?


Depuis très longtemps, on a entretenu la croissance par l’emprunt, et désormais les limites sont atteintes ; dépasser les limites, c’est entrer en zone inconnue.

 

Alain Desert


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20 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 5 novembre 2012 17:53

    Ces arguments destinés à nous faire accepter les mesures d’austérité mélangent allégrement les comptes de l’Etat et ceux de la France. D’une part les recettes de l’Etat sont de 360 milliards, alors que la France « gagne » 2000 milliard d’euros : c’est le PIB. D’autre part le mot de dette « publique » regroupe l’ensemble des dettes contractées par l’Etat, les administrations, les collectivités locales, mais aussi la sécurité sociale. On entretient un flou artistique, car le budget de l’Etat et des collectivités est financé par l’impôt et celui de la sécurité sociale par les salaires......

    voir pour comprendre :
    http://2ccr.unblog.fr/2012/02/06/la-fameuse-dette/


    • alain-desert alain-desert 5 novembre 2012 18:55

      Bonjour. J’ai pris les chiffres de l’INSEE. La France ne gagne pas 2000 milliards d’euros, la création d’une valeur est souvent détruite dans un temps très court (j’ai écrit un article sur le PIB). J’aimerais bien ne pas avoir à subir l’austérité imposée par un retour à l’équilibre. Donc l’article ne cherche pas à faire accepter ces fameuses mesures. On aimerait bien tous s’en passer. Mais les réalités nous rattrapent. Je suis d’accord avec vous qu’il faut distinguer les compartiments que vous évoquez.


    • 1871-paris 1871-paris 7 novembre 2012 06:47

      je precise souvent un fait mal acquis autour de moi qui est que

      le budget de l etat est d env. 300 miliards
      le budget reuni de toutes les collectivitees territorial est de 300 milliards.
      lez prelevements sociaux salariale et patronal est lui aussi d env 3000 milliards....
      il est important d avoir cela a l esprit et ne de crois que la globalite des impots se borne au seul budget de l etat de 270 milliards en 2011 par exemple.
      ce qui fait mis bout a bout avec d autre ressource d impots une imposition de 57% et avant toute reduction d impots il est important d analyser l efficacitee de cet impots afin su il ne finisse pas par paraitree comme un puits sans fin

    • 1871-paris 1871-paris 7 novembre 2012 06:54

      (300 milliards pour les prelevements sociaux)

      donc un total de 900 milliards en rapport ai pib de 1800 a 1900 milliards.
      aussi d un point de vus efficacite de l impots est ce normal que le senat dispose d une cagnotte de 1.3 milliards ? est ce normal que le budget global du parlement (tout compris)soit de preesque de 1 milliards ans ? etc etc que nos politique nous montre ce dont ils sont capable niveau austerite apoliquee a eu meme ! ce sont quand meme eux qui nous ont vendu aux marches en 1973 !

    • walden walden 5 novembre 2012 17:58

      cinq remarques :
      1 si la dette avait été monétisée depuis 1980, si elle avait était le fait d’un crédit direct par une banque nationale, elle serait quasiment nulle en France et, en Belgique au lieu de s’élever à un peu plus de 100% du PIB, elle serait négative (nous aurions une épargne nationale) sans avoir baissé d’un seul centime les dépenses publiques et sociales.
      2 "pour éliminer les déchets trop encombrants d’une dette qui auront provoqué quelques effets secondaires et indésirables à l’ensemble de l’organisme appelé ‘SOCIETE’", je vous cite : qui sont, que sont ces scories indésirables, que comptez-vous en faire pour régler vos dettes ?
      3 la valeur de l’argent est garantie par l’Etat, quel qu’il soit, en dernier ressort, un Etat ne peut faire faillite. Il peut faire défaut (les rois de France s’en étaient fait une spécialité) partiel ou total. L’Allemagne a été dans le cas, la Grèce ou, récemment, l’Irak, l’Islande ou l’Argentine. Les Argentins, les Allemands, les Français ne sont pas morts que je sache. Le risque fait partie du jeu du prêt - c’est ce qui justifie sa rémunération.
      4 au niveau macro-économique, les dettes avec des taux d’intérêts sont des pyramides de Ponzi : la masse de leur valeur suit une courbe exponentielle alors que la production ne suit pas.
      5 la diète empêche la reprise, l’absence de reprise empêche le refinancement, l’absence de refinancement empêche le remboursement. Sans fin.


      • alain-desert alain-desert 6 novembre 2012 21:46

        L’Etat ne garantit en rien la valeur de l’argent. L’argent perd de sa valeur en période de forte inflation.


      • 1871-paris 1871-paris 7 novembre 2012 06:58

        et a quelle contexte est liee cette inflation generalement ( par retour d experience historique svp) ?


      • al.terre.natif 5 novembre 2012 18:28

        Beaucoup de mélange dans cet article.

        Ca me rappelle beaucoup les arguments de l’équipe sarko au moment de la fameuse règle d’or .... 

        Oui il parait complètement sain d’avoir un budget a l’équilibre, à une seule condition => que nous décidions vraiment ce que l’on veut garder ou jeter dans notre budget !!! 

        En vrac et pour ma part, voilà ou je ferais des économies :

        - la bombe nucléaire
        - le budget de la défense (surtout si c’est pour attaquer ... la Libye par exemple)
        - le nucléaire civil !!! (et oui, ca coute à l’état, c’est génial non ?)
        - le remboursement de la dette : oui oui, déjà il serait bon de savoir ce qu’on doit et à qui ! Je ne suis pas sûr que tout soit à rembourser !
        - les cadeaux aux entreprises imposés par l’OMC (multinationales, pas les PME)
        - ...

        Mais le débat n’est même pas là, car nous (le peuple) n’aurons pas notre mot à dire ! Cette règle d’or n’a qu’un seul but : nous faire croire que nous n’avons pas d’autre choix que de fonctionner comme ça ! Que sinon, le système explosera, il y aura de nombreux morts, beaucoup de souffrance et on repartira au moyen age ! (bref, ayez peur ! l’avenir qu’on vous propose vous paraitra moins terrible que ce que vous imaginez aujourd’hui)

        La démonstration de l’auteur quand à la possibilité de rembourser un jour cette dette me parait bien farfelue ! Aucune issue ne me parait possible par l’argent, car la situation actuelle est la plus profitable jamais envisagée pour ceux qui détiennent les capitaux, notre dette et nos intérêts futurs !

        Tout est fait pour que nous ne soyons plus propriétaires chez nous, mais de simples locataires ! Nous payons tous les ans un loyer aux grands capitaux de ce monde, par le biais des intérêts de la dette. Si nous refusions de payer, nous serions immédiatement mis au ban des nations, sommés de payer, voir bien pire ....


        • foufouille foufouille 5 novembre 2012 19:48

          bon article
          sauf que l’argent prete est fictif a 95%


          • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 5 novembre 2012 22:52

            Pourquoi toujours citer la dette brute alors que la dette nette est inférieure à 1000 Md€ (2,5 fois moins que la dette nette des entreprises non financières) ?

            L’Etat, s’il est coincé, monétisera sa dette, tout simplement... une dette publique n’est pas faite pour être remboursée mais pour « rouler » et permettre aux épargnants de disposer d’obligations qu’ils pensent solides. Ca m’étonnerait que les fonds de pension et les assureurs envoient leurs blindés pour être remboursés.

            Troisième point, les déficits publics incluent les intérêts , vous le savez. Ce que vous ignorez peut être c’est que mis à part ces 4 dernières années les soldes primaires (sans intérêts) étaient relativement équilibrés depuis une cinquantaine d’années. Voir la section « dette publique » dans http://monnaie.wikispaces.com/ : ce sont les intérêts qui nourrissent la dette.

            PS : totalement d’accord avec « Walden » ci dessus


            • alain-desert alain-desert 6 novembre 2012 21:38

              Je sais qu’il faut prendre en compte les actifs. Mais un particulier qui doit 100000 euros à sa banque peut aussi calculer en dette brute et dette nette, mais il espère bien rembourser son crédit et ne pas se voir confisquer son bien immobilier. Ce sujet sur la dette ne peut se résumer en un seul article. La dette roule, mais elle roule avec une inertie de plus en plus forte !
              Merci pour vos commentaires


            • Leo Le Sage 6 novembre 2012 01:38

              @AUTEUR/Alain Desert
              Vous dites : "C’est un peu moins vrai aujourd’hui où l’on observe une réelle détente des taux d’intérêts, parfois négatifs sur du court terme. Cette situation ne devrait pas durer, car il s’agit tout simplement d’une aberration, une inadéquation avec nos performances économiques" [...]

              C’est faux.
              Ce n’est pas une aberation, c’est vous qui ne comprenez pas la dimension mondiale des mouvements financiers, sinon vous ne le diriez pas.
              Les taux sont négatifs notamment parce qu’ils ont des capitaux sur les bras dont ils ne savent pas quoi en faire, d’autres parient sur un euro qui va tomber, etc.
              [Ce ne sont pas les seules raisons bien sûr]

              Vous dites : "Inflation monétaire dans un premier temps (une manière de monétiser la dette) qui conduira sûrement à une inflation des prix dans un second temps" [...] smiley
              C’est ce qu’ils ont fait lorsque la BCE a mis en circulation des capitaux...
              Vous n’êtes pas au courant ?

              Vous dites : « Défaut partiel de l’Etat » [...]

              Nan.
              Un défaut partiel va mettre en péril l’indépendance de la France.
              Et la population est contre la perte de souveraineté, surtout si cette perte est monétaire.

              Mon avis
              Contrairement à ce que vous sous entendez, les dettes d’Etat sont plus fiables que les autres dettes donc ne sont pas victimes d’une quelconque imprévisibilité.
              Ensuite, contrairement à ce que vous faites on ne prend pas les dettes en un bloc mais on les découpe par échéance.
              Au minimum on décide de diviser les dettes en court terme, moyen terme et long terme.
              Ce qui est logique car la politique et stratégie diffère en fonction du type de dette.

              Vous prenez l’exemple de 30 ans, or vous le dites vous même, c’est en centaine d’années que l’Etat existe.
              Je prends 100 ans, on tombe, selon vos chiffres à 50 milliards...

              Et 50 milliards ce n’est pas la mer à boire pour un Etat correctement gérée.
              Le problème de la dette française c’est plus un problème de gabégie et d’un peu de corruption.

              Une solution possible
              Ce qu’il faut faire c’est de gérer l’Etat avec une vraie politique industrielle sur le long terme.
              Ainsi, on le sait très bien qu’en période de crise il faut grignoter dans son bas de laine.
              Le problème est que lorsque l’Etat avait eu la possibilité d’avoir un bon bas de laine, il n’a rien fait.
              Et bien entendu, il faut éduquer correctement la population : c’est un investissement sur le long terme [des dizaines d’années].

              Vous savez que les ours hibernent mais avant d’hiberner, ils consomment beaucoup de nourriture...

              Ne dit-on pas des marchés qu’ils sont « bearish » ou « bullish » ?

              PS : je n’ai pas encore lu les autres commentaire donc je m’excuse si je répète quelque chose qui a été dite.

               
              Cordialement

              Leo Le Sage
              (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


              • L'enfoiré L’enfoiré 6 novembre 2012 10:04
                Pt1 : C’est faux. Mais c’est aussi très mauvais pour l’économie. Cela marque un manque de confiance. S’il faut arriver à des taux négatifs pour que les gens ont envie d’investir, c’est pas demain la veille que cela se redressera.
                Le Japon a de tels taux depuis longtemps.
                Pt2 : Pire que la récession, c’est la stagflation. 
                Pt3 : Ah, la perte de souveraineté, le peur du français. Si on ne pourrait plus faire ce qu’on veut dans son pays, où va-t-on ? smiley
                Nous sommes dans le même bateau, parce que les exportations dépendent de la bonne santé de l’autre.
                C’est ce que chez nous, dans les Flandres, on n’a pas vraiment compris.
                Pt4 : avoir une dette intérieur ou extérieure n’est absolument pas fait du même tabac.
                Etre redevable à l’extérieur d’une entité, c’est ce mettre à nu dès que cet extérieur coupe les robinets. 


              • Stof Stof 6 novembre 2012 02:25

                Il n’y a qu’une solution : Equilibre budgétaire + défaut.


                En faisant un défaut total sur la dette on économise la charge de la dette et il devient alors plausible d’équilibrer le budget sans trop de casse économique.
                Inconvénient : après un défaut il ne sera plus possible de réemprunter
                Avantage : ceci contraint à l’équilibre budgétaire. Ce qui rassure les marchés quelques années après (et permet de réemprunter si un dirigeant idiot replonge là-dedans).

                Equilibrer le budget en remboursant la dette est impossible. Il faut cesser ce petit jeu dangereux et prendre la seule solution viable.

                • devphil30 devphil30 6 novembre 2012 09:58

                  La dette existe et est réelle , ne pas la rembourser n’est pas la solution car cela peux poser plus de problème en terme d’emploi et d’économie européenne et de stabilité.


                  Cette dette ne m’enthousiasme pas car c’est le reflet d’une politique d’incurie des gouvernements successifs , on ne dirige pas un pays en jetant l’argent par les fenêtres et ce n’est pas quand il ne reste plus d’argent qu’il faut s’en préoccuper.

                  En cela les gouvernements sont fautifs , voir complice des banques.

                  Il faut revenir à une situation de 0 déficit et ensuite rembourser cette dette , les comptes de la nation devrait être publié et toujours être positif ne pas axé un budget sur une hypothèse de croissance , est-ce qu’un particulier prévoit son budget vacances sur un potentiel augmentation de son salaire qui si elle n’a pas lieu alors emprunte pour payer ses vacances ??
                  C’est du surendettement

                  Rembourser la dette ne veux pas dire se soumettre aux ordres des banques.

                  Philippe
                   

                  • Cédric Moreau Cédric Moreau 6 novembre 2012 13:39

                    Cet article reste dans les schémas de pensée qui ont conduit à créer la dette. Vous ne faites que tourner autour du problème sans jamais le distinguer : le problème est la création monétaire par le crédit soumise à intérêt.


                    D’où pensez-vous qu’est issu l’argent possédé par les marchés ? Du capital ? Mais du capital de quoi ? Ça voudrait dire que ce sont les entreprises qui ont créé l’argent à force de travail ? Vous parlez des entreprises publiques endettées, mais vous feriez aussi bien de parler des entreprises privées et des ménages : tout le monde est endetté, et c’est bien logique : c’est le principe même de la monnaie-dette !

                    • Cédric Moreau Cédric Moreau 6 novembre 2012 13:51
                      Un corollaire de la monnaie-dette est que, si nous remboursions tous nos dettes, il n’y aurait plus d’argent ! Remarquez, il resterait tout de même la sommes des intérêts cumulés à payer, chose totalement impossible.

                      Comprenez donc que l’intérêt de la dette est illégitime. Or nous avons déjà globalement donné autant en intérêts que de dette existante : aujourd’hui, notre dette devrait avoisiner les 0€. Voilà pourquoi nous ne devrions pas avoir à la payer.

                    • André-Jacques Holbecq André-Jacques Holbecq 6 novembre 2012 14:03

                      Pour ceux qui veulent creuser un peu sur la « nécessité » (hum !) qu’a un État d’emprunter et même simplement d’équilibrer ses comptes, je vous propose de vous pencher sur le « SMART » et sur le néochartalisme


                      • ecolittoral ecolittoral 6 novembre 2012 14:52

                        La Grèce n’est que le 100ème pays à plonger.

                        Vous parlez de la France ! Ce sera le 105ème ou 106ème. 
                        C’est comme ça, prévu et planifié !

                        Il y à 50 ans environ, on a commencé avec les faibles, alias tiers monde.
                        Emprunt. Dette, surendettement donc, plus de barrières douanières, plus de services publics, un état embryonnaire et obéissant pour cause de dette, plus de marché local, on baisse les coûts du travail pour être, déjà à l’époque, « compétitif » et une production orientée, évidemment, à l’export. En échange des produits subventionnés, des émergents de l’époque. NOUS.

                        Et vous pensez que vos petits calculs mènent à quelque chose ?

                        Je pense qu’Alain Desert n’a pas compris. Je lui suggère de reprendre ses cours sur la compréhension des systèmes complexes. Plus particulièrement sur les effets de seuil et la théorie du chaos.
                        Un élément d’un système, dans l’espace et dans le temps, n’est pas le système.

                        • 1871-paris 1871-paris 7 novembre 2012 07:10

                          nous nous posons la question « que faire pour resoudre cette affaire de dette !!! »

                          mais a croire qu il n y a jamais eu d antecedent ! 1929 ca nous parle pourtant. qui etait les coupables deja a l epoque ?? les speculateurs ! 
                          Roosvelte et d autre avaient instaurer des regles prudenciel, que nixon et surtout regean ont fait sauter puis bush et clinton ont apporter leur contribution a nous savoner la planche.
                          chez nous des poltrons comme giscard delors bar et autre grand professeur nimbus de l economie technocratique nous ont poussee dans le dos en direction de la fosse des speculateurs ! 
                          il est urgent de retablir des regle prudentiek et de sortir du lobbing Freidemanien dans lequel les speculateurs shadow banking edge funds preteur de dette nous ont ligoterr par l intermediaire de politique ignards des mecanismes economiques. il ne sert a rien de faire ensuite comme mitterand au soir de sa mort(ont c est planter)

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