Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > La dette souveraine et la crise de l’impérialisme

La dette souveraine et la crise de l’impérialisme

Nous abordons aujourd’hui le problème récurrent et fort complexe des déficits publics américains et du gonflement vertigineux de leur dette souveraine. Nous expliquerons le mécanisme économique qui engendre ces déficits et qui suscitent le gonflement de leur dette souveraine, le défaut de paiement et la dévaluation du dollar US.

Nous verrons que ce processus est inhérent au modèle de développement impérialiste et qu’à terme il engendre la création de gigantesques entreprises multinationales sans patrie, sans allégeance, sans foi et sans loi, prêtes à flouer l’économie américaine si nécessaire afin de poursuivre leur marche inexorable vers l’accumulation de profits.

LE MODÈLE DE LA « PLATEFORME »

Un nouveau « modèle de division internationale du travail » serait en train de se répandre sur la planète. À commencer par les États-Unis d’Amérique, les grandes multinationales, américaines d’abord, canadiennes, australiennes, israéliennes et européennes ensuite, auraient développé une nouvelle façon de produire et de vendre des marchandises en accumulant des profits astronomiques. En fait, il s’agit de l’implantation systématique du modèle de division du travail impérialiste mais à une échelle jamais égalée auparavant. Selon l’économiste Charles Gave ce nouveau mode de division internationale du travail, que les technologies de l’information et de la communication facilitent grandement, s’appelle faute de mieux le système de la « Plateforme » (1).

C’est la systématisation de ce modèle de développement économique impérialiste qui provoque les présentes perturbations économiques, budgétaires, monétaires et commerciales mondiales. Ce ne sont pas les mauvaises décisions des banquiers, des spéculateurs boursiers, des industriels ou des politiciens qui engendrent ces crises systémiques répétitives qui s’abattent comme la peste sur les peuples du monde mais l’application mécanique des lois inexorables du développement impérialiste redécouvertes par Charles Gave. 

Nous savons tous que chaque pays tient une comptabilité nationale d’où l’on peut observer annuellement les fluctuations de sa balance commerciale (2), de sa balance des paiements (3), de son PIB (4), de son endettement cumulatif et de ses déficits budgétaires (5), de ses emprunts et de la valeur de sa monnaie nationale. Selon l’économiste Charles Gave, toute cette comptabilité nationale est de moins en moins pertinente et elle permet de moins en moins d’analyser et de comprendre les crises économiques et financières mondiales. 

D'après l’éminent économiste, la logique de la comptabilité nationale est sans intérêt. En fait, que les sociétés multinationales se proclament « Américaines », « Canadiennes », « Israéliennes », « Européennes » ou « Chinoises », elles domicilient où elles le veulent leurs déficits commerciaux : « les marchés n’ont pas compris que nous sommes en train d’assister à la privatisation des balances commerciales (nationales et internationales NDLR). » (6).

Dans son article de macro économie Charles Gave donne l’exemple de la société de micro-informatique DELL dont le siège social est situé au Texas pour le moment.

 Tous leurs ordinateurs sont conceptualisés de façon « virtuelle » dans leurs centres de recherche. Aucune de leurs machines vendues aux États-Unis n’est construite sur place. Elles sont toutes montées au Mexique ou en Chine, et importées en Amérique après coup. L’originalité est dans le fait que Dell ne possède pas les usines dans lesquelles ses machines sont assemblées (ce qui est différent de la délocalisation industrielle). La seule chose que fait l’entreprise Texane est de préciser les caractéristiques techniques que devront avoir ses ordinateurs. Ensuite, des industriels indépendants de Dell s’engagent à les produire au coût fixé par Dell.

Des trois fonctions nécessaires à la commercialisation d’un produit – conceptualisation, fabrication et vente – Dell a réussi à externaliser la plus dangereuse et la plus cyclique, la fabrication. Charles Gave explique ensuite que par une telle division internationale du travail un ordinateur construit en Asie, vendu 700 $ aux États-Unis, muni d’un système d’exploitation Microsoft (dont le siège social est à Seattle mais la production délocalisée), équipé d’un processeur Intel (dont le siège social est aux USA mais la production délocalisée), monté d’un écran fabriqué à Taiwan dans un boîtier – clavier fabriqué en Chine, la part du produit de la vente empochée par des firmes dites de « nationalités américaines » sera de 300 $ (et leur marge bénéficiaires de 262 $ soit 87 %) et la part des entreprises dont le siège social est en Asie de 365 $ (et leur marge bénéficiaire de 28 $ soit 7,7 %). (7).

Les impérialistes internationaux trouvent ce mode de division internationale du travail très avantageux et il se répand chaque jour davantage. Cependant, quand l’ordinateur vendu en ligne par Internet entre aux États-Unis, ce pays enregistre une forte détérioration de sa balance commerciale.

 Dans l’exemple ci-dessus l’exportation dite « américaine » a été de 275 $ alors que l’importation aux États-Unis a été de 670 $ (bénéfice de Dell et taxes en sus), d’où les États-Unis enregistrent un déficit commercial de 395 $. Malgré cela la rentabilité des sociétés dites « Américaines » présente un certain nombre d’avantages fort désirables aux yeux de n’importe quel investisseur :

- Elle est très stable : la partie cyclique (la production) a été affermée à des industriels extérieurs. - Elle est très élevée : la recherche, le développement et la vente par Internet ne suscitent pas des besoins de fond de roulement importants. La rentabilité sur capital investi est donc forte. - Elle ne nécessite pas d’apports de capitaux nouveaux : Dell n’a pas besoin d’emprunter pour son développement.

- Elle est très transparente : si le coût du travail augmente trop fortement au Mexique, Dell ne renouvelle pas ses contrats de production au Mexique pour en signer de nouveaux au Brésil, ou en Chine… De ce fait, les prix à la production demeurent sans arrêt sous pression, d’où le peu d’inflation, du moins jusqu’à ce que les travailleurs du tiers-monde revendiquent des hausses salariales afin de bénéficier eux aussi du pactole du développement capitaliste dans leur pays.

La Chine avec son système policier très répressif possède à cet égard un avantage certain et elle maintien ainsi les salaires de ses ouvriers aussi bas que possible. Toutefois, ceci n’empêche pas le Yuan chinois de subir des pressions à la hausse que le gouvernement chinois ne peut résorber, ce qui entraîne une augmentation du coût des importations américaines en Chine et l’exportation de l’inflation chinoise aux États-Unis.

LA BALANCE COMMERCIALE

 Tout ceci à pour effet que les pays émergents se retrouvent avec des excédents commerciaux considérables vis-à-vis des États-Unis, qui pourtant ne veulent strictement rien dire selon l’économiste Gave, puisque la maîtrise des flux (importations de marchandises aux États-Unis) est à cent pourcent dans les mains de sociétés dites « Américaines ». De réclamer de ces pays de réévaluer leurs monnaies contre le dollar ne règlera rien (ce qui laisse entendre que les sénateurs américains pétitionnaires ne font que de la figuration pour le public américain) (8). 

 De fait, ces pays émergents en voie d’industrialisation accélérée sont intégrés à la zone dollar. Ce qui veut dire en termes simples que la balance commerciale d’un pays où les sociétés s’organisent selon les principes de la « plateforme » ne veut plus rien dire. Pour raisonner à nouveau comme cet économiste, l’avantage comparatif qui crée le déficit américain n’est pas en Chine, mais aux États-Unis. Ce sont les sociétés américaines qui domicilient où elles le veulent le déficit américain. Si le Yuan est réévalué, Wallmart passera ses commandes au Vietnam. Le déficit US restera le même, mais il sera comptabilisé au Vietnam (si les entreprises oeuvrant au Vietnam sont vietnamiennes, ce qui n’est pas assuré) plutôt qu’en Chine, et le chômage augmentera en Chine.

  Gave ajoute : « Les pays qui pour des raisons politiques (rejet de la globalisation et de la mondialisation) refuseront ce modèle de production verront leurs entreprises absolument laminées, car elles seront forcées de conserver des activités de production cycliques et peu rentables dans des zones où elles n’ont rien à faire. À terme, elles disparaîtront, et tous leurs emplois avec elles (et pas seulement les emplois industriels). Et le protectionnisme ne les sauvera pas plus qu’il n’a sauvé l’industrie textile en France. » (9).

Le raisonnement de Gave laisse entendre que les investisseurs étrangers désirent détenir des actions de ces sociétés américaines, et que les dollars excédentaires qui entreraient ainsi aux États-Unis serviraient à acheter des actions de ces sociétés ou des obligations émises par les gouvernements des États-Unis. Ce qui signifierait que l’équilibre des paiements américains se ferait en prenant en compte les ventes d’actifs américains aux étrangers.

Ce dernier raisonnement de l’éminent économiste est totalement faux cependant. La preuve en est que depuis 2008 les investissements étrangers (directs et de portefeuilles) ne cessent de diminuer aux États-Unis à cause de l’instabilité du dollar américain (10).

Le modèle de division internationale du travail appelé « plateforme » entraîne la relocalisation de la production dans les pays pauvres ce qui réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs des pays riches car l’augmentation des emplois du secteur tertiaire ne compense pas la destruction des emplois dans le secteur secondaire, et qui plus est, les emplois tertiaires créés sont parfois si mal payés (MacDonald et Tim Horton) que les capacités de consommation des travailleurs d’occident sont réduits à presque rien, ce que les banques compensent pour un temps par l’élargissement du crédit à la consommation qui ne fait qu’accroître le problème de l’endettement des ménages.

Plus loin Gave explique que les constructeurs asiatiques sont totalement dépendant du marché nord américain pour survivre et que donc ils ne peuvent pas refuser de vendre leurs marchandises aux firmes ayant siège social aux États-Unis contre des dollars dont la masse internationale est toujours plus importante et la valeur marchande toujours plus réduite (le dollar ne vaudra bientôt plus qu’un demi euro). Ce raisonnement est également faux. À court terme le constat est exact, mais à moyen terme la Chine et l’Inde ont commencé à développer leurs immenses marchés domestiques et ils se rendront ainsi de plus en plus indépendants du marché nord américain.

PRIVATISATISATION DES BALANCES COMMERCIALES

L’économiste Gave ajoute : « Les marchés n’ont pas compris que nous sommes en train d’assister à la privatisation des balances commerciales nationales. Ce qui veut dire en termes simples que quiconque reste enfermé dans la logique de la comptabilité nationale pour effectuer ses investissements va tout droit à la ruine. » (11).

 Le développement impérialiste signifie la totale intégration du capital industriel et du capital bancaire en un capital financier international « off shore », sans patrie, sans intérêt national et voué exclusivement à l’accumulation de profits et de dividendes internationaux. En cela Gave a raison de souligner que pour ces puissants spéculateurs boursiers et pour ces grandes entreprises multinationales la seule comptabilité globale qui vaille est la comptabilité internationale. C’est d’ailleurs pourquoi ces ploutocrates réclament l’internationalisation des organismes de gestion et des mécanismes de régulation économique.

Ce qui provoque la présente crise budgétaire américaine (défaut de paiement de leur dette souveraine gigantesque de 15 000 milliards de dollars) est du au fait que les dépenses du gouvernement fédéral et des États américains sont croissantes alors que les revenus étatiques sont en baisses. Nous savons déjà pourquoi les dépenses américaines sont si importantes – guerres d’agression incessantes, subventions aux entreprises privés et aux banques soit - 1 200 milliards en 2008 seulement (12) – mais pourquoi les revenus des impôts sont-ils en baisse alors que les firmes américaines sont prospères et font des profits records ? Même si Barak Obama augmentait le taux d’imposition des entreprises américaines cela ne changerait rien.

C’est que les entreprises dites « Américaines », c’est-à-dire ayant leur siège social aux États-Unis (alors que leurs manufactures et leurs centres d’affaires sont répartis un peu partout dans le monde) ne rapatrient plus leurs profits aux États-Unis afin d’éviter de les « dollariser » et de les voir dévaloriser par l’inflation et la dévaluation de cette monnaie. Les trusts et les entreprises multinationales Américaines choisissent de localiser leur profits dans des centres bancaires « off shore », dans des paradis fiscaux (Caïmans, Bahamas, Monaco, Macao, Israël, etc.) où ils se mélangent aux capitaux du monde interlope et une fois blanchies ils sont réinvestis dans les pays émergents ou dans des fonds boursiers spéculatifs.

« Pour prendre la mesure du choc qui se prépare, il est utile de savoir que même les banques américaines commencent à réduire leur utilisation des bons du trésor US pour garantir leurs transactions par crainte des risques croissant pesant sur la dette publique US. Le groupe GEAB croit qu’un autre 15 000 milliards d’actifs-fantômes spéculatifs vont s’envoler en fumée dans les prochains mois de 2011 et 2012. En ce moment les grandes entreprises accumulent de la trésorerie en prévision de ce choc financier qui verra les trésoreries gouvernementales s’effondrer. » (13).

INFLATION ET DÉVALUATION DE LA MONNAIE

Au milieu de ce salmigondis la Fed (banque fédérale américaine) songe à un troisième épisode d’assouplissement quantitatif…Comprendre ici que la Fed songe à émettre de nouveaux dollars pour acheter les obligations d’épargnes des gouvernements américains que de moins en moins de spéculateurs (y compris les banques américaines) désirent acquérir car leur valeur diminue. Cette troisième émission de monnaie engendrera la dévaluation du dollar et une inflation importante aux États-Unis ; méthodes par lesquelles le gouvernement américain transfert le coût de la crise de la dette souveraine sur le dos des petits salariés, des retraités, des pauvres et des démunis qui verront leur maigre pouvoir d’achat s’éroder encore davantage (14).

Pour le gouvernement américain les bénéfices combinés de l’inflation et de l’émission de monnaies est double puisque d’une main il décharge le fardeau de la dette sur le peuple (par la hausse des prix et des recettes fiscales de l’État) et de l’autre il réduit d’autant sa dette extérieure en dévaluant les créances en dollars de ses créanciers. C’est la raison pour laquelle de nombreux pays dans le monde cherchent à transiger avec d’autres monnaies que le dollar américain, ce que nous avions déjà souligné dans une étude antérieure (15).

Pendant ce temps, les immenses trusts internationaux, les multinationales de tout acabit, les spéculateurs boursiers et les banquiers internationaux observent l’économie mondiale, spéculent, jouent avec les actifs du monde entier et cherchent à tirer leur épingle de ce jeu macabre dont les lois inéluctables les entraînent inévitablement vers la catastrophe économique. Mais attention, ce système économique moribond ne s’effondrera pas de lui-même, il imposera encore et toujours plus de sacrifices aux peuples du monde entier afin de se maintenir à flot. Seule une révolte généralisée pourra l’abattre et construire un monde nouveau…Qu’attendons-nous pour le construire sur ses ruines ? 

_____________________

(1) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(2) http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeTheme=7&codeStat=NE.RSB.GNFS.ZS

(3) http://www.wikiberal.org/wiki/Balance_des_paiements

(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Produit_int%C3%A9rieur_brut

(5) http://lexpansion.lexpress.fr/economie/etats-unis-vers-un-deficit-budgetaire-record-en-2011_247745.html 

(6) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(7) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(8) http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/etats-unis-chine-la-grande-87177

(9) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(10) http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendanceStatPays?langue=fr&codePays=USA&codeStat=BX.KLT.DINV.CD.WD&codeStat2=x

(11) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?p=77356&sid=053e0aaefedc212a4a462d98f84517c2

(12) http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/329846/crise-financiere-de-2008-le-soutien-de-la-fed-aux-grandes-banques-a-atteint-1200-milliards?utm_source=infolettre-2011-08-23&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(13)  GEAB no 56 Spécial été 2011. Crise systémique globale – dernière alerte avant le choc de l’automne 2011. in L’Étoile du Nord, vol 9 no 3. Mai-juin 2011.

(14) Aux Etats-Unis la Fed est poussée à injecter des liquidités dans l’économie. Le Monde, 17.08.2011. Page 11.

(15) http://www.centpapiers.com/la-chine-imperialiste/74924


Moyenne des avis sur cet article :  4.69/5   (13 votes)




Réagissez à l'article

16 réactions à cet article    


  • PhilVite PhilVite 24 août 2011 12:29

    « Seule une révolte généralisée pourra l’abattre et construire un monde nouveau…Qu’attendons-nous pour le construire sur ses ruines ? »

    Y’a un truc qui m’échappe. Vous avez vu une révolte quelque part, vous, dans les grands pays piliers de l’économie ultra libérale ?

    Donc, les ruines dont vous parlez sont encore à produire.

    Qui s’y colle ?


    • anty 24 août 2011 15:39

      Les révoltes n’ont pas tout résolu loin de là....
      Les problèmes il vaut mieux le résoudre en paix la tête tranqille...


    • rosa luxemburg 24 août 2011 14:26

       Ce n"est pas le profit pour le profit qui les intêresse mais le pouvoir sur chaque esclave .

      Un petit rayon de photons et tout s’arrête et j’espère que cela se fera ,car nous sommes prêt de disparaitre si nous continuons avec les mêmes fous aux commandes de l’humanitè.

      Même l’Inde est en extase devant l’informatique non pour réguler les découvertes scientifiques et les redonner au bien commun ,mais pour aider les puissances occidentales à mieux contrôler chaque humain dont les droits élémentaires sont bafoués par une minoritè et leurs valets.

      Quand nous révolterons nous pour le slogan NI DIEU NI ANIMAL NI ESCLAVE NI ROBOT.


      • Roosevelt_vs_Keynes 25 août 2011 08:09

        «  Ce n »est pas le profit pour le profit qui les intêresse mais le pouvoir sur chaque esclave"

        Identifions clairement l’ennemi : l’empire financier tenu par La City de Londres et Wall Street, et qui provient historiquement de l’empire britannique.

        Identifions l’arme de destruction de cet empire financier : Glass-Steagall + Crédit productif public + projets type NAWAPA, Transaqua...


      • FritzTheCat FritzTheCat 24 août 2011 15:07

        Texte intéressant mais avec son lot d’approximations à commencer par le titre « La dette souveraine et la crise de l’impérialisme ». Dans cette crise 2007 2008 jusqu’à aujourd’hui, il n’est aucunement question d’un quelconque impérialisme mais plus certainement une crise issue de l’avidité et la cupidité de quelques uns et des faiblesses des autres… bref, on a moins à faire à de l’impérialisme qu’à du darwinisme social le plus brutal.


        • Roosevelt_vs_Keynes 25 août 2011 08:13

          Détrompez-vous : c’est historiquement et actuellement bel et bien l’empire de la Couronne britannique (via La City de Londres et Wall Street) qui est en guerre contre les Etats-nations.

          Leur arme : la spéculation.

          Leur point faible : le Glass-Steagall / crédit productif public.

          Leur cauchemar : que les gens découvrent Jacques Cheminade en France, Lyndon LaRouche aux states.


        • FritzTheCat FritzTheCat 25 août 2011 11:09

          En parti d’accord.

          C’est une des réponses qu’apporte Mullins dans « Les secrets de la Réserve Fédérale » à savoir la main mise de la City sur Wall Street et la politique US, mais je pense que cette vision date un peu.

          Aujourd’hui, le système bancaire et financier est transnational, apatride et fonctionne totalement en roue libre avec l’aval des politiques (qui d’ailleurs sont soutenus par ce même système). Avec la perte du Sacré (bien montré dans le bouquin de Soral) c’est le « Greed is good » cher à Gordon Gekko qui dicte sa loi au mépris de toutes les règles. Enfin pour ce qu’il reste de règles et garde fous vu que tout a été fait pour dérèglementer et assouplir le monde de la finance de Reagan à Bush en passant par Clinton. Résultat, fini le Glass Steagall et les règles prudentielles et bienvenu a toute une foultitude de produits dérivés de haute toxicité appelé par Soros lui-même « des armes de destruction massives » de la finance internationale. Il faut dire qu’avec la somme galactique de plus de 200.000 milliards de dollars de ces produits, le casino financier va fatalement explosé tôt au tard. Si on ajoute cela à l’ensemble des désordres financiers actuels : un euro mal né, un dollar toujours maitre de l’univers mais qui se transforme peu à peu en monnaie de singe, une perte de vitesse complète de toutes les économies occidentales … etc tout çà nous conduit tout droit vers au mieux une révolte des Nations au pire une WW III.


        • Sancho 24 août 2011 15:11

          « les entreprises (...) ne rapatrient plus leurs profits aux États-Unis afin d’éviter de les « dollariser » et de les voir dévaloriser par l’inflation (...) et choisissent de localiser leur profits dans des centres bancaires « off shore » »

          Les groupes opèrent cette évasion fiscale notamment en fixant leurs prix de transfert pour les flux intragroupes et transfrontaliers. L’OCDE a depuis 15 ans tiré la sonnette d’alarme et fourni des recommendations pour exiger des entreprises qu’elles détaillent leur méthode de calcul des prix de transfert.

          Vous affirmez « (...) et une fois blanchies ils sont réinvestis dans les pays émergents ou dans des fonds boursiers spéculatifs. »
          A mon avis ce n’est pas aussi exclusivement le cas, ils sont aussi réinvestis dans les pays d’origine (R&D, dividendes,...). Mais ce choix echappe complètement à l’Etat.


          • Sancho 25 août 2011 18:22

            Le gouvernement américain dispose aujourd’hui de 73 milliards de dollars de trésorerie. Ce chiffre est inférieur à la trésorerie dont dispose Apple qui détient dans ses caisses 76 milliards de dollars.

            L’État français dispose d’environ 64 milliards d’euros. La société Total détient en caisse une trésorerie de l’ordre de 14.5 milliards d’euros.

            Ca me rappelle l’époque où on disait avec fierté que telle entreprise nationnale avait un budget supérieur au budget d’un état africain.


          • Roosevelt_vs_Keynes 25 août 2011 08:15

            Ce qui manque aux hommes (et pas que politiques) d’aujourd’hui, c’est le leadership.


          • JL JL 25 août 2011 09:01

            à Gelone,

            cette phrase m’interpelle, je cite : « Au profit, en particulier, des peuples inindustrieux du tiers monde »

            Vous préférez sans doute l’exploitation de ces peuples, et en particulier le pillage de leurs ressources naturelles et le saccage de leurs environnements (et du notre par la même occasion) ?

            Par ailleurs, je vous invite à relire la phrase précédente, et d’y trouver vous-même la contradiction que les deux phrases se portent mutuellement. Vous voyez, nous n’avons pas besoin de démolir vos interventions : vous le faites très bien vous-même, habitué que vous êtes à réclamer le beurre et l’argent du beurre et accuser vos opposants de tous les vices de la terre.

            Mais je m’arrête, je me rends compte que c’est sans doute trop compliqué pour votre comprenenette.


          • chapoutier 24 août 2011 15:54

            l’auteur

            Mais attention, ce système économique moribond ne s’effondrera pas de lui-même, il imposera encore et toujours plus de sacrifices aux peuples du monde entier afin de se maintenir à flot.

            Comme l’a écrit Lénine en 1916 dans l’impérialisme, stade suprême du capitalisme , nous sommes rentré dans l’ère des guerres et des révolution

            l’impérialisme entend se maintenir par les guerres de rapine, on le voit en direct en Libye sous couvert d’intervenir pour les droits de l’homme, et par l’armement, les Zuniens consacrent plus de 650 milliards de dollars annuellement à l’armement.

            Seule une révolte généralisée pourra l’abattre et construire un monde nouveau…Qu’attendons-nous pour le construire sur ses ruines ? 

            Mais ils craignent les peuples victimes de la paupérisation. Sarkosy prépare les services de l’état à la guerre civile, voir à ce sujet le petit livre blanc de la défense nationale.


            • JL JL 25 août 2011 09:05

              « Des communistes qui reculent devant un massacre ont perdu la foi dans leur »idéal". (gelone)

              Bien entendu, les milliardaires eux ne reculent jamais devant un massacre !

              On en rirait si ce n’était pas aussi dramatique !

               smiley


            • Robert Bibeau Robert Bibeau 25 août 2011 16:04

              Pour répondre à un intervenant, la révolution de Lénine a été liquidé entre 1953 - 1956 par la troïka dirigée par Kroutchev si bien qu’en 1991 ca faisait longtemps que la Russie était devenu une puissance social-impérialiste moribonde qui se devait de compléter sa retransformation en pays impérialiste classique comme tous ceux qui végètent en Occident.

              Pour un autre... Les banquiers et les ploutocrtaes de la finance, les chefs de grandes entreprises multinationales ne reçoivent pas d’ordres de laquais comme Sarkozy et autres politiques, ils ne sont plus régulés par des organismes comem l’OCDE ou le FMI ou la BM ce sont eux qui imposent leur volonté à ces organismes et marionnettes politiques. N’ayez aucun doute la-dessus. Quand il y a débat c’est que divers groupes de financiers internationaux ayant des intérêts divergents ne se sont pas encore conciliés sur la politique à faire adopter par ces organismes ou ces parlements.

              Le plus important de mon texte est de bien comprendre que tout cela est un mécanisme - un processus mu par des lois économiques inéluctables - très bien décrites par Marx et Lénine - inhérent au système i capitaliste au stade de l’mpérialimte (d’ou mon titre tout à fait cohérent)... Il est impossible de sauver ce système à moins d’imposer des contraintes extrêmes aux peuples de la terre.. pouvant aller jusqu’a une 3em guerre. La révolution empêchera la guerre ou la guerre amènera la révolution. 

              Na 


              • chapoutier 25 août 2011 16:39

                Il n’y a aucune origine accidentelle à la crise actuelle. Pour les capitalistes, loin d’être une surprise, elle est une catastrophe annoncée

                Mais sans une classe sociale qui lui contestera le pouvoir, le capitalisme est en train de s’effondrer et de se détruire lui-même. Car c’est le principe même du capitalisme qui est mort.

                C’est l’accumulation du capital qui ne peut plus fonctionner. Et ce pour une raison simple. Le mécanisme d’accumulation du capital a atteint sa limite.

                Le capitalisme meurt parce qu’il a été au bout de ses possibilités. C’est son succès lui-même qui provoque sa fin. Il n’y a pas moyen d’inventer suffisamment d’investissement vu la quantité de capitaux existant dans le monde. Tous les cadeaux des Etats et des banques centrales au capital ne peuvent qu’être des palliatifs d’une durée de plus en plus limitée.

                L’accumulation du capital est le but même de la société capitaliste.

                C’est ce mécanisme d’accumulation qui ne fonctionne plus. Il est mort. Il a été maintenu en survie pendant un temps déjà très long par des mécanismes financiers et eux-mêmes viennent d’atteindre leurs limites.

                Les guerres locales comme celles de Libye, d’Irak, celle d’Afghanistan, mais aussi de Yougoslavie sont des moyens de faire durer le système. Mais, là aussi, les limites sont atteintes.

                Quel moyen aurait le système de se redresser vraiment ? Celui de détruire une très grande partie des richesses et des marchandises accumulées.

                Il lui faut, pour repartir, détruire une partie de la planète comme il l’a déjà fait, dans des circonstances semblables, lors de deux guerres mondiales.

                De là découle l’alternative pour les classes ouvrières et les peuples. Entre le Capital et le Travail, il y a maintenant une question de vie ou de mort. Même si la classe ouvrière ne souhaite pas consciemment se préparer au renversement définitif du système et à la fondation d’une société reposant sur la satisfaction des besoins collectifs des peuples de la planète, c’est le capitalisme lui-même qui va la contraindre à choisir. Et il ne suffira pas, d’attendre la chute du capitalisme actuel car ce qui viendra ensuite sera pire : une nouvelle période de barbarie.

                Les prétendues "réformes du système« et autres »régulations" ne sont que de la poudre aux yeux.

                Cet effondrement économique, qui sera suivi d’un effondrement social et politique, moral même, ne signifie pas, bien entendu, que la classe dirigeante et ses Etats vont céder la place d’eux-mêmes à une société au service des intérêts collectifs de la population.

                Les « démocraties » occidentales vont montrer toute leur barbarie aux populations qui y sont le moins préparées : celles de leurs propres pays. Les dictatures, les fascismes vont revenir au goût du jour.

                Il est urgent de préparer l’avant-garde aux situations à venir. Il n’y a rien de plus urgent que de comprendre la crise actuelle et ses conséquences.

                Des sauveurs suprêmes, des Hitler ou des chefs civils ou militaires dictatoriaux prétendant tenir la solution, on va en voir défiler .

                Nous sommes des millions de fois plus nombreux que les exploiteurs et bien plus forts que le système si nous en sommes conscients.

                Mais quel parti déterminé nous amènera à la bataille et surtout à la victoire.

                PS pour RB non pas en 1953 mais 1927 !


                • Peretz Peretz 25 août 2011 20:54

                  Il faut attendre que ça murisse encore un certain temps pour une guerre ou une révolution dans nos pays dits « avancés ». ça a débuté dans les pays arabes.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès