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La faillite des comptes de la France à échéance de fin 2010 se précise

Commentaire du Ministre du Budget Français, Eric WOERTH, sur la radio BFM, le 27 mai 2009.

« A ce jour, les recettes fiscales tirées de l’Impôt sur les Sociétés sont de 1 Milliard d’euros contre 17 Milliards l’année dernière à même date ».

I) Perspectives à venir des Comptes de l’Etat
 
1) Compte tenu de cet élément à replacer dans le contexte général de maigres rentrées fiscales recensées au premier trimestre 2009, le déficit du budget évalué à 6 % du PIB fin avril par le même Eric WOERTH,  pourrait s’élever à hauteur de 10 % en fin d’exercice budgétaire 2009, aux alentours de 150/170 milliards d’euros. Qui plus est, le déficit en accéléré des comptes de la Sécurité Sociale (20 milliards en date du 15 juin 2009) pourrait altérer plus encore ce chiffre.
 
2) Le dérapage des finances publiques françaises pourrait être plus accusé en raison de la situation calamiteuse des comptes des collectivités locales, certaines ayant déjà recours à des emprunts très risqués pour assurer leurs seules charges de fonctionnement. A terme, l’Etat pourrait être amené à assumer les défaillances de certaines de celles-ci, aggravant par-là plus encore le déficit global de l’Etat.
 
3) Dans les mois à venir, le risque d’une augmentation des cours matières premières est envisageable. Déjà, le cours du baril du pétrole reprend le chemin de la hausse et ce, malgré une demande en décroissance. Outre la spéculation, c’est aussi la situation inquiétante au Pakistan comme l’issue incertaine concernant le nucléaire iranien qui pourrait provoquer un nouvel emballement. Dans l’hypothèse d’une intervention Israélienne en Iran, le prix du baril pourrait bondir aux alentours de 200 $, ce qui – par ricochet – affectera plus encore le pouvoir d’achat des français et in fine les recettes fiscales disponibles.
 
II) Conséquences
 
1) Désormais, l’inévitable dégradation de la notation de la France (rating) se profile avec pour risque l’hypothèse d’une sérieuse difficulté, même d’une impossibilité à placer un emprunt à taux fixe comme cela a été le cas, le 25 mars 2009, pour la Banque d’Angleterre.
 
2) Comme les disponibilités financières des pays émergents ne sont pas extensibles à l’infini, la capacité à emprunter à l’étranger rencontre des limites croissantes. Selon cette perspective, si la dégradation des comptes de l’Etat se poursuit, à échéance de deux ou trois ans, faute de couverture de financement, le risque d’une faillite des comptes de l’Etat est envisageable.
 
3) Devant l’augmentation des pays de la zone euro en incapacité de répondre à leurs engagements financiers comme à la restauration de leurs comptes publics (ce qui est le cas déjà pour l’Irlande et la Grèce), les grandes orientations de politique monétaire européenne s’en trouveraient bousculer avec pour probable conséquence l’exclusion temporaire de certains pays de l’espace monétaire.
 
III) Remèdes
 
Pour sortir de cette situation, la France ne pourra compter que sur ses propres forces.
Trois solutions existent, toutes risquées et sans efficacité assurée :
 
1) Comme s’y prêtent de nombreuses collectivités, certaines étant déjà incapables de répondre à leurs charges courantes, le lancement d’un vaste emprunt public pourrait s’avérer nécessaire. Toutefois, l’existence d’une épargne élevée en France (mais en décroissance rapide) favorise la consommation, seul point d’appui du maintien de l’activité, ce qui serait alors de moins en moins le cas.
 
2) Une augmentation considérable des impôts. Cependant le taux des prélèvements obligatoires est déjà très élevé, à hauteur de 44 %. Même en opérant de nouvelles ponctions sur les tranches supérieures, toute augmentation pénaliserait l’investissement et la consommation, affectant par là le retour à la croissance.
 
3) Comme le pratique déjà le secteur privé, une diminution drastique des charges courantes de l’Etat avec une réduction des salaires et des pensions de la fonction publique de l’ordre de 10 à 20 % pourrait être considérée. Sur fond d’augmentation du cours des matières premières, grevant par là plus encore le pouvoir d’achat, cette orientation provoquerait une situation sociale extrêmement dangereuse.
 
Conclusion
En l’absence de solutions évidentes et compte tenu des impondérables de la situation internationale, la situation financière des comptes de la France est très inquiétante.
 
par chevalerie (son site) mercredi 17 juin 2009 - 86 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par LeGus (xxx.xxx.xxx.199) 17 juin 2009 13:31
    LeGus

    Il existe une quantité d’autre solution
    -réduire le financement publique aux entreprises
    -reprendre le contrôle de la banque centrale et mener une politique visant à réduire le chômage et pas uniquement visant à réduire l’inflation.
    -Supprimer l’argent liquide et tracer les transactions afin de lutter contre le travail au noir et l’économie maffieuse
    -Instaurer une allocation universelle
    -supprimer la tva et la remplacer par un impôt égale a tous les types revenus, capital ou travail même taux d’impôt
    -supprimer la propriété intellectuelle dans le domaine des médicaments et réduire par la les bénéfices faramineux du big-pharma sur le dos de la sécu.
    -plein d’autre sans doute....

    Mais pour ça il faut sortir de l’orthodoxie économique, changé de logiciel de pensée.
    Quand on a qu’un marteau en tête comme outils, tout les problèmes ressemblent à des clous

  • Par Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.121) 17 juin 2009 13:27
    Claude Simon

    Le système monétaire de la zone euro et son idéologie libérale ont procédé au lessivage de son économie, en procédant à l’éviction d’énormes pans de son économie dans des zones émergentes aux conditions salariales plus propices, par nécessité de contrôler les revendications salariales et de maintenir un indicateur tel le NAIRU dans une frange propice.

    Les banques européennes répugnant désormais à prêter dans ce système pyramidal qui ne fonctionne que par croissance, les intérêts non-monétisés réclamés par celles-ci ainsi que l’absence de monnaie fraiche issue de nouveaux prêts se traduisent en déficit public. Comment peut-il en être autrement ?

    D’ailleurs, rien n’indique pour la zone euro que cela s’inverse. La croissance dans les pays émergents peut repartir, ce type de croissance risque d’avoir peu d’effet contaminant sur nos économies.

    "En l’absence de solutions évidentes et compte tenu des impondérables de la situation internationale, la situation financière des comptes de la France est très inquiétante."

    La voici la solution :
    - monétisation des intérêts réclamés par les banques sur tout les emprunts libellés en euros au service de nos dettes publiques. Et vous les verrez fondre au soleil nos dettes publiques artificiellement entretenues par une caste et pour une caste, la finance.

  • Par fonzibrain (xxx.xxx.xxx.1) 17 juin 2009 13:18
    fonzibrain

    « A ce jour, les recettes fiscales tirées de l’Impôt sur les Sociétés sont de 1 Milliard d’euros contre 17 Milliards l’année dernière à même date ».


    c’est pas possible,c’est hallucinant,c’est incroyable,c’est extrèmement grave
  • Par Actias (xxx.xxx.xxx.34) 17 juin 2009 12:38
    Actias

    On ne peut plus emprumpter, on ne plus augmenter significativement les impots, on ne peut pas toucher aux "services publics" ....

    La solution c’est l’ejection à l’etranger, et je prepare la mienne.

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