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La faute au pétrole

Crise oblige, l’économie est au cœur des préoccupations de chacun ; c’est peut-être l’occasion de découvrir les 5 piliers qui soutiennent la théorie d’un économiste novateur, Jeremy Rifkin.

C’était sur l’antenne de France Inter, dans l’émission d’Alexandra Bensaïd, (on n’arrête pas l’éco) du 11 février 2012 qu’on a pu découvrir les théories de l’économiste Jeremy Rifkin.

L’émission complète est sur ce lien.

Auteur du livre « la troisième révolution industrielle », (éditions « les liens qui libèrent ») il donne beaucoup d’espoir à tous ceux qui ne voient pas très bien comment l’on pourrait sortir notre pays (et le reste du monde) de la crise dans laquelle il s’est enfoncé depuis au moins 5 ans.

Pour lui, il n’y a pas photo, la véritable crise qui a déboulée dans le monde en juillet 2008 a une raison principale, qui n’est pas « les dettes », mais le pétrole.

Il a déclaré : « Lorsque le baril est arrivé à 140 $ sur les marchés mondiaux, les prix de toute la chaine de production ont crevé le plafond, provocant d’un seul coup la perte du pouvoir d’achat ».

Il rappelle que le pétrole n’est pas uniquement un carburant, mais qu’il est présent dans notre vie sous toutes les formes possibles et inimaginables ; la liste de ce qu’il permet de fabriquer est interminable : engrais, vêtements, emballages, bouteilles, pièces de carrosserie, pneus, jouets, détergents, médicaments, ordinateurs, canalisations, cœur artificiel, revêtement des routes, isolation…et même des steaks. lien

Or lorsque le pétrole dépasse toutes les limites, les répercussions sont quasi sans limite.

Jeremy Rifkin assène : «  on ne peut pas continuer comme on l’a fait lors de la seconde révolution industrielle (…) les vieilles industries, les vieilles technologies, les vieilles énergies sont devenues trop chères, et on a besoin d’un nouveau plan de croissance pour la France, l’Europe, et le Monde (…) il faut un changement radical et rapidement »

Il veut quitter la révolution industrielle basée sur les énergies fossiles qui sont en train de mourir et se tourner vers ce qu’il appelle « l’énergie distribuée ».

La nouvelle révolution industrielle qu’il appelle de ses vœux est basée sur les énergies renouvelables, et l’internet.

Les « énergies distribuées  » ce sont les énergies que l’on trouve absolument partout, le soleil, le vent, la géothermie, le bio méthane… et dit-il, il y en a suffisamment partout pour que chacun crée « sa propre énergie ».

Il évoque donc ces 5 piliers que l’Union Européenne s’est engagée à défendre dès 2007, plan basé sur d’abord sur les 20% d’énergie renouvelable d’ici 2020, projet auquel il a collaboré.

Le second pilier, ce sont les bâtiments : il y a 190 millions de bâtiments en union européenne, et l’on peut convertir chaque immeuble, habitation, usine, en les transformant en centrale de production d’énergie.

En effet, chaque immeuble, chaque maison peut mettre en place soit une centrale photovoltaïque, soit une centrale à méthane, en transformant nos déchets en énergie, soit une éolienne, etc

On a aussi découvert il y a peu les « BEPO  » les bâtiments à énergie positive, qui, non seulement ne consomment pas d’énergie, mais en fabriquent. lien

Au-delà de l’isolation, il faut aussi changer de mode de production de chaleur, en abandonnant délibérément le chauffage électrique, imposé en France pour justifier l’énergie nucléaire.

En effet produire de l’électricité pour fabriquer du chauffage provoque un énorme gaspillage.

Autant l’électricité n’est pas contestable lorsqu’elle sert à produire de la lumière, ou faire tourner « l’électroménager », autant le chauffage électrique est une aberration.

Une centrale, qu’elle soit thermique, ou nucléaire, fait tourner des turbines grâce à l’eau chaude produite, afin de fabriquer de l’électricité, perdant au passage toute cette chaleur, laquelle est déversée dans les fleuves. lien

D’autant que l’électricité produite est gaspillée pendant son transport, et l’on sait que pour 275 MTEP (millions de tonnes équivalent pétrole) produits annuellement, seulement 145 MTEP arrivent chez le consommateur. lien

Il s’agit donc de changer de modèle, en produisant et consommant sur place.

Le 2ème pilier, c’est la création prévisible de centaine de milliers d’emplois, de PMI, nécessaires à mettre en œuvre le grand chantier de cette révolution industrielle.

Le 3ème pilier est l’utilisation de l’hydrogène pour stocker le trop plein d’énergie.

Le 4ème pilier est la transformation de tout le réseau électrique français en réseau de partage, géré par les citoyens eux-mêmes : un réseau internet de l’énergie, en redistribuant sur le réseau l’énergie non utilisée.

Enfin, Jeremy Rifkin choisit comme 5ème pilier le véhicule électrique, qui en multipliant les bornes de recharges permettraient de parcourir les 4 coins du pays en se rechargeant à loisir.

Le choix du véhicule électrique peut se discuter, puisque l’on sait aujourd’hui qu’il n’est pas la seule solution, et que grâce à nos déchets, nous pourrions fabriquer du méthane en grande quantité, de quoi faire tourner tous les véhicules du pays, poids lourds y compris, avec l’avantage d’une pollution quasi inexistante.

Nous produisons chaque année près de 900 millions de tonnes de déchets, et au moins la moitié de ceux-ci peuvent produire de l’énergie, nous assurant une indépendance énergétique ; Il serait dommage de s’en priver (lien) d’autant que le potentiel de biogaz dépasse les 50 mtep/an. lien

Mais revenons à Jeremy Rifkin.

Ces 5 piliers sont la base du « capitalisme distribué  » : le pouvoir pour le peuple, la démocratisation de l’énergie qui vont changer notre vieux monde en profondeur.

Rifkin est convaincu que ce projet novateur va bien sur nécessiter des investissements considérables, mais en échange va créer de la richesse, de l’indépendance énergétique, et modifier en profondeur le fonctionnement de notre monde.

Vaut-il mieux continuer d’investir dans des énergies fossiles polluantes, dangereuses, sans avenir ou se tourner vers une autre solution, moins risquée, plus rentable, et plus démocratique ?

Du jour au lendemain des millions d’emplois vont être crées en Europe, et les plus de 1000 milliards d’euros nécessaires à cette révolution permettront d’envisager un avenir différent, alors que la même somme est utilisée aujourd’hui simplement à réparer le réseau électrique, à rafistoler les vieilles centrales nucléaires, ou les dommages provoqués par les accidents qu’elles ont occasionné.

Comme le dit Jeremy Rifkin, de toute façon on va dépenser autant d’argent pour réparer le réseau actuel.

Fukushima va couter entre 100 et 500 milliards d’euros (lien) juste pour réparer les dommages commis, et Tchernobyl en a couté tout autant. lien

Et quid des cancers et autres leucémies provoquées entre autres par l’utilisation de l’énergie nucléaire ?

L’Allemagne à déjà atteint les 20% d’énergie propre et renouvelable, et atteindra les 35% en 2035, créant déjà 250 000 emplois en moins de 5 ans grâce à ce choix énergétique.

Rifkin est convaincu que la France est encore engluée dans une approche centralisée de l’énergie, car les énergies d’alors, le pétrole, le nucléaire, etc… nécessitaient une centralisation énergétique, liés au « gigantisme » des installations, alors que la 3ème révolution industrielle va à l’envers de la centralisation, et la France pour tourner la page devra passer d’un système centralisé à un système latéral.

C’est pour une bonne part le programme d’Eva Joly, lequel permettrait à terme la création de 981 000 emplois. lien

Le développement des énergies renouvelables, entrainera, selon Eva Joly, la création de 141 000 emplois directs et indirects.

Un programme ambitieux d’économie d’énergie sera créateur de 440 000 emplois, dont 260 000 emplois concernant l’isolation des habitations.

La reconversion progressive de la filière nucléaire permettra la création de 70 000 emplois directs et indirects.

Jeremy Rifkin conclut en remarquant qu’il est mensonger d’affirmer que le nucléaire est une énergie propre, qu’elle procure une indépendance, et il explique sur ce lien pourquoi le nucléaire est mort.

Il existe 443 centrales nucléaires sur la planète, souvent vieilles et dangereuses, qui dans le fond ne représentent que 6% de toute l’énergie que nous produisons, et qui n’influent que très peu sur l’évolution du climat.

Pour qu’elles aient une incidence même minime sur son amélioration, il faudrait en avoir 1500 en service dans les 25 prochaines années, pour des milliards et des milliards de dollars.

Et puis il n’oublie pas que 40% de l’eau potable consommée dans toute la France est utilisée pour le secteur nucléaire pour refroidir ses réacteurs, et par ces temps de sécheresse annoncée, il n’est guère très sage de continuer.

Le futur président en tiendra-t-il compte ?

Nous le saurons bientôt, car comme dit mon vieil ami africain : « si vous nous empêchez de rêver, on vous empêchera de dormir  ».

L’image illustrant l’article provient de « parlementia.com »

Olivier Cabanel

Articles anciens :

Ce cher nucléaire

Il y a ceux qui nous pompent l’air…

Comment tourner la page du nucléaire, du pétrole, du charbon

Garçon, l’addition

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L’argent ne fait peut-être pas le malheur, mais il y contribue


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179 réactions à cet article    


  • gordon71 gordon71 14 février 2012 10:22

    salut Cabanel

    les véritables patrons de la France :

     Margerie, et Luc Oursel patrons de Total et d’areva

     tout le reste : politiques de tous bords médias, c’est grand guignol et société du spectacle, pour amuser la galerie


    • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 10:53

      bonjour Gordon

      oui, il y a ceux là, mais on pourrait en ajouter quelques uns :
      si la règle de mélenchon (rapport des salaires de un à 20 maximum) le journal marianne a calculé que Frank Riboud de danone perdrait 4 millions d’euros par an, jean paul agon de l’oréal perdrait 3,4 millions, patrick Kron d’alstom, 1,7 millions d’euros, et progrlio perdrait 1,3 millions d’euros...
      mais il faut se rassurer, il leur en resterait encore beaucoup.
       smiley

    • Politeia 14 février 2012 10:37

      Même si je suis d’accord sur le fond, j’ai peur que vous soyez bien trop optimiste. Prenez simplement les bâtiment à énergies positives. Excepté gisement géothermique exceptionnel, il est déjà très difficile de classer un R+2 BEPO. Au delà, cela me semble pour l’instant impossible. Regardez en France le nombre de bâtiment qui a plus de 2 étages et vous comprendrez qu’il est impossible de rendre notre parc de logement ne serai ce que énergie zéro. Je ne parle même pas d’une question de cout mais bien d’une limite géographique et technologique.

      L’hydrogène demande beaucoup d’énergie pour être fabriquer et il est très difficile et couteux de le stocker, autant comprimé de l’air, même si le rendement est ridiculement faible au moins le cout est négligeable.

      Enfin la voiture électrique de masse ne verra jamais le jour étant donné que l’électricité n’est qu’un vecteur. Et je ne vous parle même pas des problèmes environnementaux générés pour la fabrication, l’utilisation et le recyclage de millions de batteries de plusieurs dizaines de kilos.

      Arrêtez tous de suite de croire en la croissance. C’est ce que nos politiques essaye de maintenir depuis 5 ans. Le résultat ? Une crise de la dette de la totalité des pays occidentaux qui va rendre encore plus difficile toutes conversions énergétiques.

      Je pense que l’un des premiers changement que nos sociétés devraient opérées se seraient les valeurs. Arrêtons de croire que la prospérité d’un pays et d’un peuple se mesure à son taux de croissance économique et à la valeur de sa monnaie.


      • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 11:00

        Politeia

        ce n’est pas faux pour les BEPO, mais n’oubliez pas qu’une isolation performante permet d’économiser jusqu’à 80% sur la facture de chauffage.
        ensuite, l’installation de panneaux photovoltaiques, ou thermiques, c’est du bonus.
        pourquoi s’en priver, d’autant que les nouvelles technologies (graetzel) vont baisser vertigineusement le prix des panneaux.
        si on y ajoute la géothermie, l’éolien (il peut être à l’échelle d’une simple habitation, avec des pales horizontales, le petit hydraulique, le méthane fabriqué, etc, on voit bien que ce plan imaginé par Rifkin tient tout à fait la route.
        par contre, je suis d’accord avec vous pour la question véhicules électriques, sauf lorsqu’ils sont photovoltaiques, et destinés uniquement à la ville.
        pour l’hydrogène, je ne suis pas non plus totalement convaincu, mais pourquoi stocker l’énergie alors qu’elle est utilisée tout de suite...et puis les solutions hydrauliques permettent de remonter l’eau dans les barrages, lorsqu’il y a trop d’énergie.
        en tout cas merci de votre commentaire.


      • Politeia 14 février 2012 11:52

        Je ne l’oublie pas. D’ailleurs dans les habitations BBC, Zero ou BEPO, le chauffage n’est plus le poste le plus consommateur d’énergie, c’est la production d’eau chaude sanitaire.

        Mais dans le fond, ce que Monsieur Jeremy Rifkin ne dit pas, c’est que toute ces solutions ne remplaceront pas les 145 MTEP d’électricité que nous consommons actuellement. Et ça c’est uniquement pour l’électricité. Alors comment va t’on faire quand il n’y aura plus de pétrole ? Plus de transport ? Par quoi remplace t’ont les 115 MTEP de pétrole et les 38 MTEP de gaz ? Et comme vous le dites le pétrole est partout, ça ne va pas uniquement impacter les transports mais tous les secteurs de notre société.


      • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 17:09

        politeia

        justement si,
        si on décentralise l’énergie, on a beaucoup moins de perte.
        il y aura toujours des pertes, mais ce système optimise la consommation.
        sauf erreur, c’est aux alentours de 50 mtep
        or si on récupérait tout le méthane émis aussi bien par les exploitations agricoles, les zones de déchets, les stations d’épuration, etc, cela représente près de 60 mtep.
        on pourrait donc des demain être indépendants dans ce domaine.

      • Alpaco 14 février 2012 10:40

        La solution est le gaz de schistes.
        La « fracturation hydraulique » c’est le top :
        http://www.dailymotion.com/video/xhfvhy_gasland_news


        • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 11:02

          Alpaco

          merci pour cet humour décalé.
           smiley

        • ThierryCH 14 février 2012 11:05

          Je suis convaincu que les gaz de schiste font partie de l’équation pour assurer la transition énergétique. Ils seront exploités en France, comme partout où on en trouve, à partir du moment où les conditions seront jugés satisfaisantes du point de vue de la protection de l’environnement.


        • Clojea Clojea 14 février 2012 10:58

          Salut Olivier : Merci pour l’article. Le haut patronat français a la main mise sur la France y compris les patrons des grands labos pharmaceutique. (On a tendance à les oublier ceux là). Le futur président, si c’est Hollande, ne changera rien à rien. Au lieu de la peste on aura le choléra. Quand à Mélenchon, il est grand Orient, donc orienté ????


          • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 11:04

            Clojea

            pour moi ce sera eva.
            meme si aujourd’hui, elle est dans le creux de la vague, je ne serais pas surpris d’une belle remontée.
            sinon, on prendra le moins pire.
             smiley
            merci de ton commentaire

          • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 11:06

            orion

            merci pour ce lien
            je vais les faire inviter pour un forum que nous devrions organiser du coté de la centrale nucléaire du bugey, sur le thème « le nucléaire est mort, ouvrons la porte des nouvelles énergies »
            ce sera entre le 15 juillet et le 15 aout, en principe.
             smiley

          • ThierryCH 14 février 2012 11:03

            Jeremy Rifkin est un grand visionnaire, nul doute là dessus, et cette troisième révolution industrielle se fera, y compris en France.

            Le problème c’est la transition, car en revanche il est vain de croire que cela se fera du jour au lendemain : combien de temps prendra-t-elle ?

            Certes on peut être plus ou moins volontariste, mais les choses s’enclencheront « naturellement » à partir du moment où la technologie apportera des réponses économiquement viables, c’est à dire d’ici quelques années, pour ce qui concerne le solaire, par exemple (ce n’est qu’un avis personnel, mais je crois beaucoup plus au solaire comme source majeure d’énergie diffuse, qu’aux autres moyens, tels l’éolien ou la biomasse, basés sur des techniques anciennes, car le solaire pourra bénéficier de sauts technologiques grâce auxquels les rendements et les possibilités d’usage seront multipliés).

            Donc vive le pétrole cher, qui nous pousse à rechercher des alternatives ...


            • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 11:10

              Thierry

              ça se discute.
              regardez au Japon, ils n’ont pas attendu 20 ans pour tourner la page, (on sait pourquoi !) et même dans l’urgence, il est possible de tout arrêter.
              c’est vrai qu’ils n’avaient d’autres choix.
              en france, on a la chance de n’avoir pas encore eu un accident majeur, 
              alors pourquoi attendre ?
              chaque fois qu’une autre énergie produit autant qu’un réacteur, on ferme le réacteur.
              regardez par exemple le méthane, on pourrait déjà arrêter d’acheter ce pétrole si cher qui plombe notre balance commerciale.
              positivons.
               smiley

            • ThierryCH 14 février 2012 11:17

              Olivier, au Japon ils ont certes stoppé le nucléaire (encore que j’ai lu quelque part qu’ils prévoyaient de redémarrer une centrale), mais en contrepartie ils importent de plus en plus d’hydrocarbures. Ainsi, pour le gaz naturel, l’Asie est un marché porteur. Cette tendance était déjà présente avant Fukushima, mais cette catastrophe n’a fait que la renforcer.

              De même regardez l’Allemagne, qui ferme ces centrales nucléaires (quoique, tout en les gardant en réserve en cas de forte tension sur le réseau !), mais qui en contrepartie ouvre des centrale à gaz et au charbon (charbon dont elle détient des réserves importantes).

              La transition énergétique peut se faire sans nucléaire, mais pas sans les moyens traditionnels de production centralisée d’énergie.


            • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:28

              thierry

              le japon redémarrer le nucléaire ?
              j’ai de gros doutes.
              mais bon, on verra.
              pour la transition énergétique allemande, si on regarde de plus près, ils compensent de plus en plus par les énergies propres.
              dans l’urgence, un pays comme le Japon est en train de tourner brusquement la page nucléaire, et je n’ai pas oublié que les éoliennes off shore avaient résisté au tsunami,
              j’ai aussi en mémoire qu’ils sont assis sur un énorme gisement géothermique
              qu’ils produisent du photovoltaique
              alors bien sur la transition est douloureuse, mais elle devrait nous servir de leçon, vu que nous avons (pour l’instant) le temps devant nous.
              merci de votre commentaire


            • ThierryCH 14 février 2012 16:13

              D’ailleurs même Negawatt prévoit une transition vers un système presque totalement décarboné sur au moins 20 ans ...

              http://www.sortirdunucleaire.org/sinformer/themas/solutions/SnW20110929comp .pdf


            • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 17:02

              thierry

              la transition pronée par negawatt s’étale sur vingt ans mais pourrait commencer tout de suite.
              je ne vois pas où est le problème ?

            • ThierryCH 14 février 2012 18:13

              Mais cela a déjà commencé !

              Négawatt voudrait aller plus vite, c’est au débat politique autour des questions énergétiques de trancher.

              Mais même en allant aussi loin que prôné par Négawatt, cela prendra au moins 20 ans.

              Rien d’instantané dans tout cela comme vous le laissez croire.


            • ThierryCH 14 février 2012 11:13

              En revanche, Olivier Cabanel, je pense que vous n’avez pas compris un point dans les thèses de Rifikin, en ce qui concerne le nouveau modèle énergétique.

              L’idée c’est que chacun, chaque bâtiment, devient producteur, mais pas indépendamment des uns des autres. Les moyens de production diffus seront connectés les uns aux autres à travers un réseau collaboratif de type internet, de façon à pouvoir transférer les surplus de production à un endroit donné, à un autre endroit où la consommation est supérieure à la production. Ce n’est donc pas la fin des réseaus d’énergie, bien au contraire c’est l’extension, le renforcement et la sophistication des réseaux, de façon à les rendre intelligents et collaboratifs (« smart grids »).

              Les grands groupes de l’énergie y travaillent déjà.


              • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:32

                thierry

                rassurez vous, j’ai bien compris, (et les lecteurs aussi) que le plan de Rifkin est novateur : la mise en réseau, grace à internet, des sources d’approvisionnement énergétique, qui, il faut le rappeler vont devenir non plus pyramidales, mais horizontales, 
                ce qui veut dire que nous allons économiser, en transportant le moins possible l’énergie, et si chaque producteur d’énergie, batiment par batiment est local, le réseau, sur le modele d’internet, va pouvoir optimiser.
                regardez de très près son programme, il est porteur d’avenir, au moins pour les générations à venir.

              • ThierryCH 14 février 2012 14:54

                Olivier,

                J’adhère à ce programme dans ses principes (la question est comment y arriver, plusieurs voies sont possibles, et c’est là que se situe le débat politique).

                Mais je pense qu’il est illusoire de croire qu’une production locale peut être complètement autonome.
                Et d’ailleurs, en l’absence de moyens de stockage fiables et économiques, ne produire que pour ses propres besoins serait une aberration économique
                En effet, pour être autonome en énergie, il faut avoir des installations capables de suivre une consommation de pointe, qui n’arrive qu’une fois de temps en temps. Même si vous réduisez vos besoins globaux en énergie, il y aura toujours une pointe à assurer, car la consommation varie dans le temps. Donc votre puissance nominale devra être égale à la puissance maximale dont vous aurez besoin pour couvrir ces pointes.
                Alors qu’en mutualisant la production, les moyens de production sont complémentaires : lorsque l’un est indisponible, l’autre prend le relais ... Ainsi, la somme des puissances nominales de chaque unité de production peut se rapprocher de la moyenne de la consommation, plus une surcapacité de production, sous la forme d’unités non intermittentes et que l’on peut mobiliser très rapidement (gaz, hydraulique, en l’état actuel de la technologie), pour passer les pointes.

                Or pour mutualiser, il faut des réseaux. Plus la production sera diffuse, et plus les unités de production seront de petite taille, et plus les réseaux devront être étendus et interconnectés.

                Le problème des pertes de réseau se poseront donc toujours. La question des pertes sur le réseau doit bien entendu être traité, il s’agit d’éviter le gaspillage, mais cette question n’est pas une tare du système actuel qui disparaîtra avec un système diffus. Il persistera.


              • Croa Croa 14 février 2012 22:05

                Au lieu de « passer les pointes » avec la force des machines les plus polluantes si on procédait à des délestages vous verrez que les gens s’adapteraient !

                Et vite en plus !  smiley

                Bien sûr, il faut oser... Mettre un frein à la croissance ! 


              • ThierryCH 15 février 2012 09:48

                Croa,

                Libre à vous de prôner des solutions dictatoriales.

                Des solutions plus respectueuses des individus me semblent préférables, et possibles.
                Les économies d’énergie permettront de réduire les besoins globaux (toutes choses égales par ailleurs) et de réduire la force des pointes ; la mise en réseaux intelligents permettra de passer ses pointes par une mutualisation des moyens de productions, qui seront des moyens diffus, renouvelables, complétés au moins pendant la phase de transition, par des installations plus classiques, centralisées, de grande puissance, au gaz, au charbon ou à l’uranium.


              • yt75 14 février 2012 11:38

                C’est bien joli les « principes moraux » de « nouvel économiste » « énergie distribuées » etc, mais l’énergie c’est l’énergie.

                Et à ce propos, l’évènement majeur dont on parle assez peu (euphémisme), reste quand même le fait que nous sommes aujourd’hui au/après le pic mondial(maximum barils/jour « produits » et consommés) de production de pétrole. « évènement » pourtant raison fondamentale (avec limites ressources naturelles en général) de la crise dite « financière ».
                Voir à ce sujet l’article paru dans Nature le 26 janvier dernier en lien ci-dessous par exemple :
                http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/

                Après le fait est que dans le domaine énergétique, pas de « loi de moore » à attendre d’une part, et d’autre part souvent plus grosses unités bien meilleur rendements, par exemple :

                "

                Size matters

                Dutch wind energy expert Jaap Langenbach notes that close to the test site stands a (relatively) large wind turbine with a rotor diameter of 18 metres. It delivers 143,000 kWh per year, or an average power output of 16,324 watts. It can power 42 Dutch households. This large wind turbine costs only slightly more than all small wind turbines combined (17 percent more, to be exact, or 190,000 euro), but it delivers almost 20 times as much energy. This brings the cost down to 4,523 euro per household, which is 8 times more economical than the best performing small wind turbine (and 45 times cheaper than the worst performing small wind turbine)."

                http://www.theoildrum.com/node/6954

                Les économies d’énergie et efficacité énergétique doivent être la toute première priorité, comme sortir de la civilisation de la bagnole, surtout qu’elles n’ont fait que grossir depuis les années soixante (dernière clio plus grosse que ne l’était une R16 par exemple).


                • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:33

                  yt75

                  j’aimerais mieux abandonner la terminologie « économie d’énergie », qui est dans l’esprit de beaucoup assimilée à une privation.
                  il ne s’agit pas de se priver, mais d’arrêter de gaspiller.
                  de produire et consommer localement, 
                  et de privilégier les énergies propres.
                  mais je pense que vous l’avez compris.
                   smiley

                • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 14 février 2012 11:41

                  D’autant que l’électricité produite est gaspillée pendant son transport, et l’on sait que pour 275 MTEP (millions de tonnes équivalent pétrole) produits annuellement, seulement 145 MTEP arrivent chez le consommateur.

                  ... et 130 MTEP réchauffent atmosphère. C’est pas de trop par les temps qui courent ! smiley


                  • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:35

                    renaud

                    si vous pouviez développer ?
                    les 130 mtep gaspillées actuellement ne servent qu’a « emmerder » les poissons, 
                    pardon pour cette trivialité
                    si nous consommons sur place l’énergie produite, nous aurons le meme résultat en économisant 130 mtep.
                    d’accord ?
                     smiley

                  • ThierryCH 14 février 2012 11:44

                    « D’autant que l’électricité produite est gaspillée pendant son transport, et l’on sait que pour 275 MTEP (millions de tonnes équivalent pétrole) produits annuellement, seulement 145 MTEP arrivent chez le consommateur. »

                    D’après le lien que vous donnez, 275 MTEP c’est l’offre d’énergie primaire, et 145 MTEP, c’est la consommation finale.
                    La différence entre les deux et due avant tout au rendement des moyens de transformation de l’énergie sous sa forme primaire (pétrole, gaz, uranium, vent, soleil, biomasse ...) en sa forme consommée (électricité notamment).

                    D’après le bilan électrique 2011 établit par le RTE, la consommation d’électricité s’élève à 478,2 TWh, tands que la production s’élève à 541,9 TWh. C’est plutôt dans la différence entre ces deux chiffres que l’on va retrouver les pertes dues au réseau.


                    • Bulgroz 14 février 2012 12:32

                      ThierryCH

                      Votre précision sur les pertes est bienvenue, malheureusement, ce n’est pas la première fois que Cabanel raconte ce genre de désinformation. Ce monsieur à court d’argument persiste à vouloir enfumer ses contemporains.

                      A ce niveau de répétition, il s’agit bien d’une technique de mensonge que Cabanel pratique allegremment et quotidiennement.

                      Crest très inquiétant de savoir qu’un site dit citoyen laisse un tel individu mentir et manipuler.

                      Je pense que ce genre d’agissement devrait être sanctionné par la loi.


                    • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:37

                      thierry

                      que vous chiffriez ça en Twh ou en mtep ne change pas grand chose,
                      un fait est certain, en centralisant la production d’énergie, on organise un gaspillage monumental de celle ci,
                      pourquoi ne pas changer de modèle ?
                       smiley

                    • ThierryCH 14 février 2012 14:43

                      Olivier,

                      Ce n’est pas une question d’unités, mais les chiffres que vous citez et ceux qui figurent dans le rapport du RTE recouvrent deux choses différentes. Qu’il y ait des pertes dans le transport, c’est incontestable, c’est la physique. Mais elles ne sont pas à la heuteur de ce que vous dites, car les chiffres que vous citez (275 MTEP) concernent la consommation d’énergie primaire (toute l’énergie « brute », ramenée en une seul unite, la Tep, que l’on met dans les moteurs et les installations qui transforment cette énergie brute en une forme « consommable ») , et non la production d’électricité (ce qui sort des centrales électriques, fabriqué à partir d’une énergie brute qui prend la forme de fioul, de charbon, de gaz, d’uranium).
                      Référez vous aux informations publiées par le RTE ou par la CRE, c’est encore la meilleure source (car c’est la source qui est à l’origine de l’information) pour comprendre ces données.


                    • ThierryCH 14 février 2012 16:16

                      Ainsi, voyez en page 13 du scenario Negawatt 2011, les pertes réseaux ne représentent qu’une petite partie des usages totaux de l’énergie.

                      http://www.sortirdunucleaire.org/sinformer/themas/solutions/SnW20110929comp .pdf


                    • ThierryCH 14 février 2012 16:19

                      Soyons même plus précis ; d’après le RTE, les pertes réseaux correspondent en moyenne à 2,5% de la consommation. C’est toujours trop, mais ça n’est pas dans les proportions que vous rapportez :

                      http://clients.rte-france.com/lang/fr/visiteurs/vie/vie_perte_RPT.jsp


                    • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 17:00

                      mon pauvre zorglub

                      alors que vous pratiquez régulièrement la désinformation concernant le nucléaire, vous accusez un expert comme Rifkin de dire n’importe quoi.
                      vous devriez vous calmer, et boire un peu d’eau fraiche,
                      de quoi retrouver éventuellement vos esprits.
                       smiley

                    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 février 2012 11:51

                      C’est d’ailleurs pour se passer du pétrole - produit polluant et disponible en quantités limitées - qu’on investit énormément dans la recherche concernant la production, le stockage et la consommation économiquement viable de l’hydrogène.

                      Il semblerait que certains soient déjà parvenus à remplacer le catalyseur en platine par un produit synthétique infiniment moins cher, ce qui fait par exemple qu’il est dés lors possible d’imaginer des véhicules ou des chaudières à hydrogène à un coup équivalent voire moindre des modèles à énergie fossile.

                      Les prochains défis consitent à produire et stocker l’hydrogène moins cher que son équivalent en baril de pétrole ( pour l’instant l’hydrogène disponible est principalement un déchet problématique de l’industrie pétrochimique, ce qui fait que les companies pétrolières sont les prèmières intéressées à le revendre aux automobilistes dans leurs trations services ).

                      Le jour où on y arrive, on aura plus besoin du pétrole et ce jour est de plus en plus proche.

                      Evidemment, cette révolution énergétique mettra les pays exportateurs d’hydrocarbures dans de grandes difficultés et il n’est pas exclu que cette transition ne s’effectue pas dans le calme souhaité.


                      • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 13:40

                        alois

                        la solution hydrogène reste problématique,
                        nous avons aujourd’hui, pour la circulation des véhicules, une solution basée sur la fabrication du méthane issu de nos ordures, et de l’activité humaine en général, 
                        sans oublier la transformation en carburant des plastiques,
                        donc faisons aujourd’hui ce que l’on sait faire, plutot que d’hypothequer une solution « hydrogène » 
                        lorsque le méthane produit par nos déchets sera transformé en carburant, on pourra le stocker aussi longtemps que possible.
                         smiley

                      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 février 2012 14:27

                        Le problème du méthane c’est les dégagements de co2 et éventuellement la dioxine si on recycle des plastiques usagés.

                        Bref, le méthane ou du pétrole c’est kif kif.

                        Ceci étant dit, il y a un projet espagnol d’algues bleues pour faire du bio carburant qui a l’air intéressant et qui n’entre pas en concurrence avec les espaces agricoles ou naturels.

                        Bref, ça c’est du bio vraiment bio et j’espère qu’ils seront capables de produire un équivalent baril de pétrole à moins de 50 dollars.






                      • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 février 2012 14:29

                        Quand à l’hydrogène il est de moins en moins problématique et d’ailleurs vous proposiez dans votre article de l’utiliser pour stocker le courant électrique exédentaire.

                        Donc ...


                      • olivier cabanel olivier cabanel 14 février 2012 17:17

                        alois

                        je pense que vous faites erreur, 
                        le méthane brulé produit un peu de dioxyde de carbone, mais très peu de co2
                        il y a un pdf que je voulais vous proposer mais il vous faut aller sur un moteur de recherche pour le télécharger 
                        artic.ac-besancon.fr/sciences_physiques/ressources/document.php 

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