• mercredi 23 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Economie > La fin des "Autoentrepreneurs" ?
11%
D'accord avec l'article ?
 
89%
(19 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

La fin des "Autoentrepreneurs" ?

Par Dominique Guizien
 
L’INSEE nous apprend que le nombre de création d’entreprises a diminué de 15.1% en juillet par rapport au mois de juin. L’importance de la chute en elle-même attire l’attention et invite à y regarder de plus près.
En fait, si on prend en compte les données cumulées sur douze mois, la décrue a commencé bien plus tôt, en novembre 2010 plus précisément. Depuis cette date, les données « en année glissante » diminuent continument. Sur 7 mois, la diminution est de 9.5%.

Et si on regarde encore plus dans le détail, on constate que sur cette période, la création d’entreprise individuelle de forme classique a diminué de 4.5% que la création d’entreprise
sous forme de société a même légèrement progressé de 1%. Par contre, le nombre d’auto-entrepreneurs est en forte diminution de 15.6%. Comme il s’agit de chiffres « en année glissante, cela veut dire que le phénomène a commencé encore plus tôt.

Et de fait quand on regarde les données mensuelles, le pic de déclarations d’auto-entrepreneurs a été atteint en mars 2010 avec 43.498 pour finalement en arriver en juillet 2011 à 20.754.

Partant de là, plusieurs lectures sont possibles.

a) Les secteurs d’activité de prédilection des auto-entrepreneurs sont en crise : les secteurs qui ont été les plus impactés par la création du statut d’auto-entrepreneurs sont le soutien aux entreprises, les services aux ménages, le commerce, la construction et dans une moindre mesure « enseignement, santé et action sociale ». Hormis, ce dernier ensemble, ce sont aussi les secteurs où globalement la création d’entreprises a le plus baissé depuis novembre dernier.

En période difficile, les entreprises rognent sur les budgets « consultants » qui rognent à
leur tour sur leur budget « contribution des free-lance ».

En période difficile, les ménages rognent sur les budgets « assistances ménagères de toutes sortes » ou retrouvent les délices du travail au noir.

b) La situation de l’emploi s’améliorant, les gens ressentent moins le besoin soit de se mettre à leur compte soit de rechercher un revenu de complément : Si on regarde les chiffres du chômage, on peut en douter, si on regarde le chiffre de création d’emploi on peut le penser. Personnellement, je fais l’analyse que la montée concomitante du nombre de chômeurs et du nombre d’embauche traduit en fait une précarisation de l’emploi et pour le coup l’auto-entrepreneuriat peut apparaître pour certains un moyen de « lisser » leur activité.

c) Le statut d’auto-entrepreneur se révèle un leurre pour beaucoup et cela a fini par se savoir. L’auto-entrepreneuriat n’aura alors été qu’un feu de paille. Vu les chiffres d’affaires déclarés par une majorité des auto-entrepreneurs enregistrés, cette hypothèse n’est pas à exclure.

Mais pour autant faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain !

Ils restent les points positifs suivants :

*il est possible de ne payer des cotisations et des taxes que sur une activité réelle et a posteriori sans que le fisc s’offusque, que l’URSSAF t’agrafe, ni que les ASSEDIC
t’astique

*il existe une réelle tentation des Français de se « mettre à son compte »

*la simplification des procédures n’est pas l’ennemi de l’administration.

Restent également les points négatifs suivants :

*il y a parfois un gouffre entre vouloir et pouvoir : tout le monde n’est pas fait pour être
entrepreneur !

*entreprendre, ça ne s’improvise pas : un projet d’entreprise aussi modeste soit-il se prépare !

*l’administration est parfois l’ennemi de la simplification : le passage du statut d’auto-entrepreneur à un statut plus classique d’entreprise a rappelé aux auto-entrepreneurs qui ont franchi les seuils que l’administration reste malgré tout l’administration.

En bonne logique, c’est en s’appuyant sur les points forts et en gommant les points faibles qu’on réussit à réformer une réforme, surtout quand elle n’est pas totalement mauvaise !

par Démocratie & Entreprises (son site) vendredi 2 septembre 2011 - 38 réactions
11%
D'accord avec l'article ?
 
89%
(19 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par cevennevive (xxx.xxx.xxx.101) 2 septembre 2011 13:32
    cevennevive

    La situation de l’emploi s’améliorant, les gens ressentent moins le besoin soit de se mettre à leur compte soit de rechercher un revenu de complément" 

    Ah bon ? Je n’étais pas au courant ! Il me semblait plutôt le contraire...

    Trève de plaisanterie, le statut d’auto-entrepreneur fut un leurre pour beaucoup de jeunes qui voulaient travailler et gagner leur vie. On leur a promis monts et merveilles pour faire baisser le taux de chômage. Aussitôt que le nombre d’auto-entrepreneurs est devenu élevé, on a changé les règles... Et cela a donné des jeunes travailleurs déboussolés qui n’ont même pas droit au chômage... Et qui n’ont d’autres ressources pour vivre que de travailler "au noir" ou magouiller avec des entreprises, réelles, pour travailler en leur sein sans faire partie de leur personnel.

  • Par pingveno (xxx.xxx.xxx.14) 2 septembre 2011 11:41

    Au fait, qu’est-il advenu des abus manifestes au statut d’auto-entrepreneur (entreprises refusant de signer un vrai contrat d’embauche et obligeant les postulants à travailler comme consultants avec statut d’auto-entrepreneur) ?

    Comme souvent, une bonne idée est rapidement détournée par les grosses sociétés, on l’a vu avec l’immobilier Sellier. L’Etat a-t-il finalement fait le ménage dans le statut d’a.e. ?

  • Par barbapapa (xxx.xxx.xxx.89) 2 septembre 2011 14:44
    barbapapa

    Les auto entrepreneurs vont souvent vers des désillusions. L’ environnement culturel, économique, fiscal et social n’est pas favorable au développement des petites entreprises.

    Pas droit au chômage de l’entrepreneur, administration anxiogène. Monopoles en situation confortées par l’établisment. Droit sélectif, obligations structurelles, etc...

    Démarrer sans fond propres est difficile. Avec 3000€ t’achète juste la clenche de la porte d’entrée de ton entreprise. 

    Oséo, pour avoir droit à un prêt, il faut être héritier, pour cautionner la partie qu’ils ne prennent pas en charge. Donc hors de portée de l’auto-entrepreneur.

    En France il existe le couperet stupide du projet innovant....Quid des 99,99% des projets qui ne sont pas innovants au sens Oséo du terme ? Rien, 0.

     Capital risque, collecté par des officines de gestion (FCPI, FIP) investi dans le risque inexistant, c’est a dire que sur des projets établis prouvé. C’est à dire une très infime minorité. Toujours hors de portée de l’auto-entrepreneur.

    Banque, pour prêter à un entrepreneur, la banque doit contractuellement se couvrir, elle préfère prêter de l’argent à l’Etat, aux institutionnels, là encore c’est bloqué.

    Régions, départements, CCI, des aides ou il faut être dans la bonne case, complexes, élitistes, conditionnelles et repoussantes. 
    Réservées à ceux qui sont introduits ou pistonnés.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox