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Accueil du site > Actualités > Economie > La fin des trente-cinq heures en pratique

La fin des trente-cinq heures en pratique

Une chose qui semble faire l’unanimité, c’est que l’application des trente-cinq heures dans les entreprises est d’une complexité telle que seuls les bons DRH et spécialistes savent s’y retrouver entre les RTT, les modulation du temps de travail, les cycles non hebdomadaires de travail, les forfaits… et même les majorations de 25% qui peuvent n’être que de 10% par accord d’entreprises.

Alors faisons simple, quitte à être simpliste, la fin des trente-cinq heures promise par Niquolas Sarkozy et ses UMPétistes, c’est quoi en pratique ?

Pour les salariés d’abord,

les privilégiés qui travaillent 39 heures vont perdre 2,6% de leurs salaires (les majos de 25% sur les 4 heures au-delà des 35 heures) et payer plus de charges sociales et plus d’impôts — les exonérations dont Sarkozy leur a fait cadeau seront de toute façon supprimées par Hollande, donc match nul sur ce dernier point — ce sera travailler pareil pour gagner moins ;

les "normaux" qui travaillent 35 heures vont devoir travailler 39 heures pour le même prix, du moins ceux qui garderont leur travail car il faudra que leurs patrons trouvent le boulot complémentaire pour les occuper ces 4 heures de plus, ce sera travailler plus pour gagner pareil.

Quant aux précaires qui travaillent à temps partiel, rien de changé pour eux s’ils peuvent conserver leur boulot. A moins que Sarkozy ne remette aussi en cause la revalorisation passée du SMIC liée au passage aux trente-cinq heures, mais ça il n’osera peut-être pas !!! Ce sera donc toujours travailler pas beaucoup pour gagner par grand-chose.

Pour les entreprises ensuite,

elles vont perdre toute la flexibilité dans l’organisation du travail qu’elles avaient obtenue en compensation du passage aux trente-cinq heures. C’est vrai que les petites entreprises ne connaissent pas les possibilités qui leur sont offertes trop complexes pour le petit patron, mais ce sont les moyennes entreprises qu’on veut booster pour relancer l’économie. Or pour elles la flexibilité est bien plus importante que la durée légale du travail qui ne constitue pas en fait une contrainte déterminante.

Et les grosses entreprises, les Peugeot et Aréna qui doivent réduire l’emploi pour l’adapter à leurs carnets de commandes, ou même Total qui se porte bien, comment vont-elles faire pour trouver du travail à leurs salariés qui vont passer de 35 à 39 heures ?

Alors penser qu’une solution à la désindustrialisation de la France est l’abrogation des 35 heures, les dindons ne seront pas que les salariés, mais aussi les entreprises. Un modèle-type de discours politicien.

Car je vous le dis en vérité, c’est mathématique, la désindustrialisation de la France s’arrêtera naturellement : la part de l’industrie dans le PIB est passée au cours des dix dernières années de 18,5% à 12,5% en 2009. Quand elle sera à zéro, elle ne pourra pas aller plus bas.


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