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Accueil du site > Actualités > Economie > La finance, c’est de l’entertainment !

La finance, c’est de l’entertainment !

Au secours, ils sont toujours là : des singes avec des revolvers !

Il y avait dans l’affaire Enron les deux ingrédients de la crise qui nous ronge : des dirigeants cinglés, et une faillite de la chaîne comptable.
 
On ne parle pas assez de faillite comptable : comptables, experts comptables, fiscalistes, commissaires aux comptes, analystes des COB SEC etc., et des Agences de notation... la chaîne des incompétences est longue et n’a pas de maillon faible !
 
Quant autres, les cinglés, le petit père Madoff – sorte d’Ubu, le roi de la pompe à phynances -, en est finalement le meilleur représentant. Qui mieux que lui a su occuper le devant de la scène tout en piquant par derrière dans les poches de ceux qui les avaient pleines et ouvertes. Il était comblé d’honneurs et de titres, reconnu pour sa sûreté de jugement, apprécié pour sa probité, encensé pour ses résultats mirobolants... Lui, le petit maître nageur, qui comprit qu’il valait mieux nager dans les eaux troubles de la finance à Wall Street que dans les eaux bleus des Hamptons, lui qui se battit un empire sur la crédibilité des requins de la finance, nous a démontré que ce beau monde qui prétendait nous en mettre plein la vue par sa splendeur et ses richesses, n’était qu’un tas de medre comme aurait dit Père Ubu, son modèle. Aucun scénariste n’aurait pu inventer Madoff : il est dans le trop le petit homme.
 
Mais les big boss d’Enron n’étaient pas mal non plus ; ils l’annonçaient en quelque sorte ; mais on n’a pas su décrypter leurs faits d’arme. On a cru qu’ils étaient les derniers d’une lignée d’escrocs qui allait s’éteindre avec eux dès qu’ils seraient envoyés à Alcatraz comme le fut leur glorieux ancêtre Al Capone. Erreur de jugement : dans leur ombre il y avait Madoff. Il était à l’œuvre depuis longtemps et sa fortune était déjà faite - sans doute en avait-il mis quelques uns dans sa pyramide, ce qui ne serait qu’une sorte de justice immanente entre voleurs. Ça, on ne saurait le lui reprocher : voler des voleurs peut être un acte louable.
 
Mais Madoff, escroc solitaire – la solitude de l’escroc de haut vol est aussi dure que la solitude de l’anachorète sur sa colonne, ce qui est une satisfaction pour tous les solidaires, les honnêtes hommes -, avait des épigones, des affidés, des militants de la finance, des spécialistes de l’engineering financière qui jouaient avec des produits tout aussi tordus que sa pyramide était droite et fragile : titrisation de valeurs bidons, produits dérivés, dérivés de dérivés, etc... On ne sait pas tout, car bien des choses ne sont pas observables : revenus sans prélèvement fiscal, bien planqués off shore, dans paradis fiscaux, hors bilans des sociétés cotées et sans comptabilité ; de la bonne affaire quoi ! Et ils sont nombreux ces artistes solitaires à faire de l’ombre au Père Ubu-Madoff : présidents, mandataires sociaux, administrateurs et directeurs généraux des grandes banques, des institutions financières, des compagnies d’assurance, des fonds de placements etc., etc. qui ont joué à ces jeux défendus. Du beau monde, bien propre sur lui et plein de cette morgue et de ce mépris que donne le pouvoir.
 
On les a vus venir a quia, dire des phrases de regret, abandonner quelques miettes de leurs revenus, tenter d’expliquer l’inexpliquable avec des mots simples pour que tout le monde comprenne enfin ce monde complexe de la finance mondialisée. Ils nous ont un temps fait penser à ces bourgeois de Calais ; mais ils se sont vites repris pour sauver ce qui pouvait l’être, c’est-à-dire leurs places. Et ils sont là, dans des costumes toujours aussi bien taillés pour cacher les ravages de l’âge, la mine soucieuse, l’œil humide... en train de ruminer le prochain coup foireux pour récupérer les sous qu’ils ont dus publiquement abandonner. Ils ont une telle variabilité génétique que la sélection naturelle semble les épargner : quelques soient les changements qui se produisent dans leur environnement, ils sont toujours là !
 
Faut-il en conclure qu’à côté du monde concurrentiel de l’entreprise où la sélection naturelle joue à plein, il y a le monde de la finance où elle ne joue pas ? Ce serait alors pour Père Ubu une grande joie, car sa pompe à phynances n’est pas prête de s’arrêter de pomper.
 
Et les Shadocks de pomper avec lui pour remplir la poche des uns avec ce qu’il y a dans la poche des autres, et réciproquement.
 
La morale de l’histoire, c’est que le business de la finance c’est d’abord de l’entertainment.

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6 réactions à cet article    


  • JL JL 27 juin 2009 14:32

    J’ai appris ce matin que Madoff était condamné à vie. Je ma suis dit : « j’y crois pas ». En y réfléchissant bien, c’est parce qu’il a volé les riches. Impardonnable, donc ! Rien à voir avec tout ces malins qui volent les pauvres : ceux-là ne risquent rien puisque leurs victimes, des millions de fois plus nombreuses sont aussi des millions de fois moins vindicatives !


    • GéraldCursoux Cursoux Gérald 27 juin 2009 17:11

      Non, c’est un peu rapide. Il a volé tout le monde car quand on s’attaque à la monnaie - ce qu’il a fait - ce sont d’abord les pauvres qui perdent tout. Les riches en ont toujours de côté ! Cette sentance est d’une certaine façon l’application de la vieille règle qu’il y avait jadis sur nos billets de banque « le contrefacteur sera puni de la peine de mort » - rien de moins ! Mais la perpète c’est pas beaucoup mieux.


    • ONEWAYTHINKING 27 juin 2009 17:32

      BONJOUR,

      VOTRE ARTICLE A ETE MIS EN LIGNE SUR MON BLOG :

      www.penseeunique.fr

      BONNE LECTURE


      • ZEN ZEN 27 juin 2009 18:15

        Amusement, si on veut...
        Cela dépend de quel point de vue on se place
        Côté cour, c’est tragique !
        Le G20 ne changera rien de fondamental...

        Goldman Sachs, la grande machine à bulles, par Matt Taibbi

        27 juin 2009

        « Des actions internet à la hausse du pétrole, Goldman Sachs a organisé toutes les grandes manipulations des marchés depuis la Grande Dépression et s’apprête à recommencer, » écrit Matt Taibbi dans le magazine Rolling Stone. Cette banque qui symbolise à elle-seule l’emprise de Wall Street sur la société et la vie politique américaine est une gigantesque machine extrêmement sophistiquée, dit-il, qui a largement concouru à diriger la richesse utile accumulée par la société vers une série de bulles spéculatives dont elle a favorisé l’apparition et qui ont provoqué la ruine de millions de foyers américains, au seul profit de quelques investisseurs fortunés...."

        (à lire dans Conteinfo aujourd’hui)


        • GéraldCursoux Cursoux Gérald 27 juin 2009 19:06

          Le ton de mon papier, et les critiques qui visent les banquiers, sont bien dans le ton de votre commentaire. Mais pour apporter une note d’humour j’ai écrit - c’est du 2ème degré - que l’activité financière n’était pour nous, simples observateurs et victimes, de l’entertainment - sous entendu à défaut de pouvoir agir sur le système pour le corriger, autant en rire... de dépit. C’est ramener l’activité de ces banquiers à qque chose de dérisoire... L’invention du terme ingénierie financière traduit bien leurs prétentions. La finance c’est simplissime : il y a de l’argent qui entre dans la boîte noire, et de l’argent qui en sort : il faut faire en sorte qu’il en reste un peu dans la boîte ! Où est l’invention ? l’ingienierie ? Vaste rigolade... Et les comptables sont complices : leur science c’est de compter (plus et moins), rien de plus rien de moins.


        • iris 1er juillet 2009 11:45
          « On ne parle pas assez de faillite comptable : comptables, experts comptables, fiscalistes, commissaires aux comptes, analystes des COB SEC etc., et des Agences de notation... la chaîne des incompétences est longue et n’a pas de maillon faible ! »

          avec ses client on prend des gants ! et ce ne sont pas les code de deontologies qui retiennent ces intermédiaires de mentir -passer sous silence - ils sont là pour faire fructifier le patrimoine de leurs clients et leur économiser des impots-l’état n’est pas très bien vu de ces professions-et pourtant ils paient des impots comme tout le monde- sauf s’ils font du travail au noir- 
          et comme les clients sont de + en + rares -vu les concentrations - ils font tout pour les garder-mèmes si c’est + ou - légal-c’est le client qui prend le risque et ils ne sont là qu pour donner des conseil et idées pour avantager le client-tant pis pour eux s’il se trompe-ils font ce que le clIent demande-

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