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Accueil du site > Actualités > Economie > La finance islamique au secours de la finance classique

La finance islamique au secours de la finance classique

Alors que le monde occidental s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise économique qui est en fait avant tout une crise morale, la finance islamique attire toujours plus d’épargnants. Sens moral, rigueur, investissements socialement responsables... mais également opacité et manque d’homogénéisation, un point sur ce qu’est la finance islamique, de ses principes à quelques applications

ECH19756110_1.jpgFranchement, la première fois que j’ai entendu parler de "finance islamique", j’ai eu un mouvement de recul. Non pas par xénophobie, plus par une méfiance à-priori face au mélange de l’argent et de la religion. Parle t-on de "finance catholique" ou de "finance juive" ? Non, et cela sonnerait tout aussi bizarrement à mes oreilles. Sauf qu’hier, l’émission "Décryptage" de Rfi était consacré à ce sujet qui fait débat, et l’intérêt de cette émission, c’est un peu de donner un cours ’pour les nuls’ en la matière. Et force est de constater que j’ai été agréablement surpris par ce que j’ai entendu.

C’est surtout en comparaison avec la crise internationale que ce type de financement prend tout son sens. Car le constat côté "finance classique" est plus que simple : l’avarice, la pingrerie, et la malhonnêteté des financiers ont entraîné le monde sur une pente descendante. Faire crédit à des ménages insolvables ? Pas de souci ! Noyer ces dettes "pourries" parmi d’autre produits ? Un dérivé, et c’est joué ! Et c’est sans parler du cas Madoff qui est pour moi de l’ordre de l’hallucination, je croyais que les systèmes pyramidaux ne concernaient que les pays les plus corrompus et les moins avancés, mais non, il s’agit bien d’une arnaque ultra-simple et très efficace dont l’origine est... un ancien patron des Bourses américaines, ancien membre de la SEC, le gendarme boursier américain. On pourrait écrire longtemps sur ce thème, mais je crois que la finance classique a prouvé à quel point le manque, l’absence de valeurs et de normes pouvait faire mal. Et encore, on en est qu’au début.

IMDPGTS2_Finance-islamique-620.gif

Que peut apporter la finance islamique à ce sujet ? Quelle est sa différence ? Il s’agit de "respecter les principes religieux tout en assurant des rendements compétitifs". Point de départ simple, auquel Anouar Hassoune, qui travaille chez Moody’s à la notation de ces banques islamiques, apporte sa contribution d’expert. De manière pédagogique, M. Hassoune décrit les 5 grands principes de la finance islamique, qui fait partie de la finance éthique (qui vise à financer des projets socialement responsables).

 

  • 3 principes dits "négatifs" :
    • interdiction de l’intérêt (l’Eglise Catholique a levé ce principe en 1830, source Wikipédia)
    • interdiction d financer des secteurs illicites (pour l’Islam : l’armement, le porc, la cigarette et l’alcool)
    • interdiction de la spéculation et de l’incertitude sur les termes contractuels. On toussote un peu, c’est exactement l’origine de "notre" crise que l’on exporte par ailleurs un peu partout.
  • 2 obligations "positives"
    • partage des pertes et des profits entre les parties prenantes (vous en connaissez beaucoup vous, des banques qui financeraient votre activité en période de crise ?)
    • adosser toutes les opérations financières à des acifs réel. Là encore, la crise "occidentale" fait mal à nos consciences : pourquoi avoir spéculé sur l’argent et bati autant de montages déconnectés de l’économie réelle ?

Les postulats de base de la finance islamique sont donc à priori très bien perçus en cette période de crise. De plus, les institutions de finance islamique ne sont pas autorisées à financer des activités trop endettées (au-delà de 33%, à comparer avec le taux d’endettement des ménages américains de 120% !). Et devinez quoi ? Eh bien ces banques ne connaissent pas la crise et n’ont pas de subprimes dans leurs fichiers, car elles n’ont pas le droit d’investir dans des "produits structurés", ces "lots" dans lesquels le meilleur cotoie le pire...

murabaha.jpgAlors tout est-il rose dans le monde de la finance islamique ? Evidemment non, le principal problème réside, étrangemment, dans un manque de transparence, pas entre les banquiers et leurs activités, mais dans la propriété effective de ces institutions. Qui les possède ? A quels niveaux ? Dans quel objectif ? Economique ? Politique ? C’est souvent difficile de le savoir, ce qui n’est pas pour rassurer. Elles sont gérées dans une certaine opacité, de par le fait de leur implantation dans des pays à gouvernance faible, et parce que leurs normes comptables ne sont pas toutes homogénéisées... D’où aussi leur requête auprès des grandes agences de notations internationales.

Enfin c’est une affaire à suivre !

Pays-clés : la Malaisie, le Soudan, la Turquie, l’Arabie Saoudite, et en Europe, le Royaume-Uni, mais aussi l’Allemagne, et de plus en plus la France, sur laquelle ces banques ont des vues légitimes au vu de la population d’origine musulmane.

Ci-dessus, un exemple d’un produit financier islamique.

Luc, Consommaction


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55 réactions à cet article    


  • Antoine Diederick 18 décembre 2008 11:41

    la finance islamique sous couvert éthique est un systeme qui sert à " islamiser" la propriété....


    • Kalki Kalki 18 décembre 2008 12:51

      Sous couvert éthique, ou grace a un atout morale face a l’autre monde économique totalement immorale, oui

      Le but d’une religion est d’exister au sein de la communauté et d’avoir ( ou de détenir ) un certain pouvoir sur elle, ou d’être foncièrement indispensable. De plus certaine religion ont le but avoué de convertir les moutons égarés que nous somme, en terre impie (comment dire, je l’ai si souvent rencontré ce cas typique), et ce pour gagner du terrain au niveau politique ( mais ca seul un himam ou un grand manitou le pense meme si il ne l’affirmera pas en publique).

      Pour relativiser, oui le monde corromput et infidèle et totalement cupîde, l’amenant jusqu’a la folie par avarice.
      totalement amorale.
      Le monde religieu apportant son économie et sa finance sont peut être plus moraux , au premier abord (et sur certain point, non sans injustice inhérente à la religion), mais la corruption est partout, tout à un prix, si ce n’est corrompu, peut être est ce pour corrompre.

      IL y a bien des formes de corruptions.

      Et donc avec les injustices, et les inégalités que ca induit.

      On ne nous enlevera pas la laicité, et la ’morale’ et la philosophie, ni notre indépendance d’esprit (pour ceux qui en ont la chance et le courrage), pour avoir une somme d’argent.
      Peut etre que l’humanité doit choisir de rester humaine.


    • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2008 13:14

      Cela pose le problème de savoir si une entreprise française se doit d’être laïque : oui, car la loi française a force de loi, les lois des religions étant des options morales, à l’instar d’une église catholique qui peut se proposer, mais qui ne dispose pas ou plus.

      A mon avis, une banque française ne peut s’afficher comme islamique, mais peut en suivre l’éthique : j’en doute dans la pratique, la banque centrale européenne n’est pas adaptée au prêt à zéro %, car une institution financière empruntant à 3% et prêtant à 0% n’est pas forcément viable, sauf à multiplier les frais bancaires.



    • Mr.K (generation-volée) Mr.K (generation-volée) 18 décembre 2008 14:53

      antoine vous dites : la finance islamique sous couvert éthique est un systeme qui sert à " islamiser" la propriété....

      je vous repond : la finance occidentale sous couvert de l’enrichissement general est un systeme qui sert l’hyper-centralisation de la proprieté !!!!!!!!


    • 007 18 décembre 2008 21:13

      NON vraiment il n’est pas besoin, d’jouter de la religion la ou il n’y a pas besoin, D’ailleurs y a t’il un endroit ou en a besoin ? bon ce ci est un autre debat, mais si vous voulais depoiser votre argent dans une banque responsable qui ne pense pas qu’a s’enrichir sur votre dos, etc... Il existe en France le credit mutuel, cette banque a une chartre claire de ou sont investie les fonds, pas comme dans les banque Islamiste, car qui nous assure que notre argent ne sera pas utiliser pour alimnter une guerre religieuse qql part etc...Tandis qu’avec le credit mutuel meme si vous etes elveur de porc en Bretagne bha vous avez qql un sur qui compte, et je ne fais aucun proseltisme moi je ne suis pas membre du credit mutuel ni meme client. En un mot REFLECHISSER avant d’ecrire n’importe quoi et surtou de mettre vos economie dans une obscur banque Islamaque, sans parler de la tete de la caissiere quand vous aller sortir votre chequier avec des sourate en arabe ecrit dessus !! smiley


    • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2008 13:17

      C’est un excellent début !


    • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 14:14

      Arthur Mage,

      "D’un autre côté, cela risquerait de compromettre l’accélération phénoménale du développement permise par le crédit. Tout le monde n’a pas cette chance de pouvoir construire des gratte-ciels avec des pétro-dollars."

      Faux. Il faudrait faire lever pas mal de nuances.

      Il y a création monétaire dès qu’un crédit est ocrtroyé.

      Ce n’est pas le crédit qui est interdit en Islam, mais le crédit contre intérêts.

      Ce n’est pas l’octroi du crédit qui est en soit compromettant, mais le fait de gagner de l’argent sur le dos des pauvres.

      Et ce n’est pas l’octroi du crédit à taux zéro qui comprometterait ou freinerait le développement économique, loin s’en faut ; d’autant si la création monétaire aurait été l’apanage de l’Etat exclusivement (les argentiers n’exercent pas le métier de la banque pour des raisons philanthropiques ou d’intérêt public).

      L’argent n’est qu’un moyen de paiement et d’échange, certains filous l’ont carrément rendu un bien commercial. C’est à ceux là à qui le Coran s’adressait et s’adresse par une telle formule.
      						 						
      						 Coran : DIEU interdit l’Usure et autorise le Commerce. 						
      						 						
      						 Cela exclut d’office : le commerce de l’argent, genre je te vends 100 euros aujourd’hui, parce que toi tu en as besoin alors que mon argent ne fait que dormir, et tu me les paieras 10 euros le lendemain, puisque tu n’en auras pas le choix, vu qu’aucun ne te prêtera son argent gratis.
      						 						
      						 Cela entend aussi que l’argent ne peut être à lui seul considéré comme fonds de commerce, mais que le commerce, le vrai, lui il se base sur l’entreprise et sur de l’initiative et la prise de risque, et sur le fait que tout travail mérite salaire.
      						 						
      						 Gagner de l’argent oisivement sur le dos des pauvres et nécessiteux qui le font travailler et qui sont eux les vrais producteurs/consommateurs de richesses et de valeurs ce n’est pas du commerce, c’est de l’exploitation.


    • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 15:01

      Arthur Mage,

      En finance et banque islamique, oui, la règle devrait être le prêt à 0% d’intérêts quelle que soit l’échéance (courte ou à très long terme). 						
      						 						
      Dans un tel cas, comment faudrait-il faire pour ne pas faire diluer le capital et les dépôts des clients en comptes en banque par les frais de fonctionnement de la banque ?!! Telle est la lourde équation qu’il impatient à la finance islamique de résoudre.
      						 						
      Oui, tout prêt devrait par défaut être accordé à un taux zéro. Mais pour palier à la dilapidation des encours par les frais de fonctionnement, la relation banque/client s’opère désormais dans un cadre d’engagement pertes/profits, par toutes sortes de contrats (ou via un leasing dans le cas du prêt à la consommation).

      La banque et le client deviennent en fait des associés solidaires, pour le bien mais aussi pour le pire. La banque n’est alors plus un partenaire prêteur (qui gagne de l’argent par l’activité de prêt), mais devint plutôt un associé investisseur qui prend part tant aux profits qu’aux pertes (et qui au fur et à mesure de la réussite du projet s’en désengage jusqu’à récupération totale de son investissement).
      						 						
      						 Dans un tel cadre, l’oisiveté financière n’est plus encouragée : 						
      						 						
      						 - l’argent n’engendre plus des intérêts coûte que coûte tout en dormant ; 						
      						 						
      						 - le placement bancaire se voit transmuer en agent d’investissement engagé et responsable ; 						
      						 						

      - le placement est orienté vers des financements d’investissement et non plus vers des opérations de spéculation sans aucun sous-jascent matériel ;
      						 						
      						 - le développement durable est favorisé à la place du prêt à la consommation. 						
      						 						
      Mais comment dire : il faudrait que ces ingénieurs de la finance islamique puissent songer aussi à satisfaire les besoins en prêts à la consommation, sans éventuellement passer par quelconque forme de leasing pour particuliers, en parvenant à garantir des prêts à taux zéro, pourquoi pas dans la limite d’un montant donné et d’une échéance donnée, maximaux, le manque induit par les frais de fonctionnement recouvert par les partenariats banque/client sur les projets d’investissement.
      						 						
      						 Si c’était l’Etat qui prêterait à taux zéro, de telles contraintes de montants et d’échéances ne se poseraient même pas, et les conditions et finalités de la finance islamique seraient aisément et pleinement réalisables, et ce pour le bonheur de toute la société.
      						 						
      						 Mais, les argentiers apprécieront-ils de voir l’Etat jouer un tel rôle ?!!!
       smiley


    • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 15:54

      Arthur Mage,

      La Fed distribue aux banques de la monnaie centrale, en utilisant des taux directeurs. Le taux directeur influence les taux interbancaires. Et le volume de la monnaie centrale influence le volume des créations bancaires, qui elles recourent à un effet multiplicateur du crédit.

      Que le taux directeur soit nul ou proche de zéro cela n’entend pas que la banque commerciale prêttera gratuitement ou presque de l’argent à ses clients.

      Quand je parle d’Etat prêtant à taux zéro, je parle d’un Etat où tout le réseau bancaire prête à taux zéro, de la banque centrale jusqu’au réseau d’agences bancaires. Donc d’un Etat où la banque serait nationale et non pas privée, car la banque privée ne peut essentiellement survivre qu’en jouant l’entremetteuse (càd en gagnant de l’argent sur le travail et le salaire d’autrui).


    • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 16:19

      Arthur Mage,

      Les bouets de sauvetage à 700 milliards de dollars, ne font pas du système un philanthrope, mais un cautionneur des arnaqueurs.

      Flouer le contibuable une fois n’est pas suffisant, on renfloue celui qui a volé celui-là par un deuxième vol.

      Même à taux zéro la Fed ne risquerait pas d’avoir l’allure d’une sainte.

      Pour mieux s’en rendre compte il faudrait se renseigner sur les circonstances et conditions de sa création.


    • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 17:03

      Ce sont quoi ces drôles de dogmes.

      Un prêt sans usure dans sa forme la plus idéale c’est simple : j’emprunte 100 je rembourse 100, sans que l’emprunteur ne puisse s’associer avec moi.

      Si cet emprunteur ne serait pas éventuellement l’Etat, je ne verrais pas quelqu’un d’autre capable de le faire.

      Comment verriez vous en tant que commerçant un associé qui se présenterait à vous, et vous proposerait un partenariat en capital, à condition qu’il puisse être toujours gagnant, que votre commerce fonctionne correctement ou ait à traverser une mauvaise passe.

      Personne n’accepterait un tel négoce et un tel associé.  smiley

      Bizarrement, ledit associé qu’aucun homme d’affaires sensé n’accepterait s’appelle depuis belle lurette BANQUE.

      Ce qui est drôle dans l’affaire : c’est que tout le monde part quémander de l’argent à ce drôle d’associé devenu curieusement fréquentable. smiley


    • nihalem 18 décembre 2008 13:26

      http://www.afrik.com/article5364.html

      L’auteur tombe dans l’orientalisme quand il identifie ces principes à l’islam et l’abolition de cette prudence au christiannisme. Historiquement, les choses sont beaucoup plus nuancés, notamment parce que être un financire est un travail et que ce travail mérite rétribution. Éviter les abus, tout en laissant permis le licite et même le nécessaire, la finonce fluidifiant l’économie, c’est un perpétuel mouvement de balancier...


      • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 14:01

         
        les pays arabes , enfin ceux qui ont du pétrole, ont d’énormes liquidités sans avoir d’économie réelle, n’est-ce pas ?


         ces pays ne sont pas affectés par la crise non pas parce qu’ils auraient un système alternatif au liberalisme occidental mais simplement pace que dans les pays concernés l"économie "islamique" demeure négligebale .


         


        • mcm 18 décembre 2008 14:15

          Si, si les banques islamiques sont aussi victimes de la corruption et de la crise :

          13 octobre 2008 : Lundi noir dans le Golfe, les bourses des pétromonarchies enregistrent une perte de 150 milliards de dollars au cours du 3me trimestre 2008.

           

          7 octobre 2008 : « Al Quds al Arabi », Ryad sur Seine, Mon patron est un Emir, de l’argent sans limites, des distractions de grands enfants, des serviteurs corvéables jusqu’à l’épuisement. Trois ex salariés des Saoud racontent le quotidien des nababs à Pari.

           

          18 Août 2008 : « Al Quds al Arabi », Doubai lance une campagne anti corruption, cf le Journal transnational arabe paraissant à Londres, qui précise que huit dirigeants de firmes financières et immobilières de premier plan sont poursuivis à Doubaï pour des faits en rapports avec l’argent illicite, notamment des responsables de la Banque Islamique de Doubaï et du Fonds d’investissement « Tamwil », des promoteurs immobiliers du projet « Ad-Diar » et « Al-Nakheel », la célèbre marina conquise sur la mer et édifiée en forme de palmier.


        • Antoine Diederick 18 décembre 2008 15:06

          a Fouad, ils vivent d’une rente dont ils ne savent plus quoi faire tant elle abondante......


        • mcm 18 décembre 2008 14:11

          Source : http://www.moneterre.be/monnaie/134-synthese-douvrage—les-capitaux-de-lislam.html

          Conclusion de l’auteur de la synthèse


          Les proposition islamiques en matière économique, alors même qu’elles offrent un modèle aux pays musulmans, restent privées de la cohérence d’ensemble qui pourrait permettre la mise en place d’un système fonctionnant sans difficultés aussi bien sur le plan intérieur que dans son interface avec les institutions économiques occidentales.
          En effet, alors même que l’Iran et le Pakistan ont essayé de convertir leurs économies aux préceptes islamiques, les spécialistes s’accordent à dire qu’une certaine désorganisation en a résulté. Ces échecs relatifs ont donné lieu à un contournement généralisé des réglementations mises en place, aussi bien par les particuliers que par les entreprises et par l’Etat. Penser la finance au travers du taux d’intérêt semble en effet si naturel que la plupart des acteurs ne parviennent pas à concevoir une économie où ce dernier ne jouerait pas une place centrale.
          Finalement, au-delà des relations entre la banque ses déposants, largement évoqués dans l’ouvrage, nous pouvons nous interroger sur les visées sous-jacentes d’une interdiction formelle du taux d’intérêt par le dogme coranique. Il semble que, comme ce fut le cas dans le christianisme, l’interdit visait à rétablir un équilibre entre le créancier, assuré d’un paiement stable dans le temps, et le débiteur, subissant les aléas des affaires. La doctrine religieuse permettait ainsi de modifier, tout comme l’ont fait les gouvernements par l’inflation au vingtième siècle, le rapport de force entre les possédants et leurs obligés. Mais ce débat relève de l’herméneutique religieuse et non plus de la science économique.
           


          • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 14:18

            L’accès aux services d’une banque islamique est par défaut non discriminatoire (quelle que soit l’origine et la confession du client).
            						 						
            						 Au Royaume-Unis les banques islamiques ont pignon sur rue. 						
            						 						
            Hélas, dans certains pays dits arabomusulmans, le dictat sur place met tant de battons dans les roues pour empêcher l’installation de telles banques islamiques, et protéger ainsi les argentiers sur place qu’il a lui même créés et dont gloutonnement il se nourrit.
            						 						
            Parer à la migration en masse d’une grande majorité des dépôts bancaires du système vers la banque islamique se manifeste alors être une nécessité vitale aux membres de tels dictats. Et quand les peuples sont hautement conscients et réticents à être pris comme des vaches à lait par de tels argentiers, et que la religion interdit l’intérêt et moralise la finance et le commerce, tous les subterfuges deviennent licites à de tels dictats pour bannir la finance islamique et favoriser très amplement les enseignes occidentales à travers les officines locales créées personnellement par le système.
            						 						
            						 La banque et la finance islamique sont les vrais remèdes contre la gangrène argentière qui vampirise les économies locales et celle mondiale.
            						 						
            						 Mais qui en voudrait ?!!! 						
            						 						
            						 Pas les agents de pensée inféodés au système en tout cas. Y compris dans les Etats qui se recommandent de l’Islam.


          • mcm 18 décembre 2008 14:18

            Coran 3:130 "Croyants ! Ne pratiquez pas l’usure, doublant ainsi vos profits"

             

            Marketing et religieux mélés, c’est avec cet argument puissantque dès les années 70, les premières banques islamiques étaient fondées et que naissait le paradis théorique des banques « sans usure », qui offrent des participations sous forme d’investissement, et présentent théoriquement des bénéfices appréciables :
             


            • Promotion de la religion d’Etat.
               


            • Ouverture vers l’immense potentiel représenté par la masse des croyants.
               


            • Concurrence inexistante, les banques non " islamiques " sont haram.



               

              Malgré tous ces avantages initiaux, il en va tout autrement, comme pour les banques conventionnelles, les investissements à haut risque font perdre beaucoup d’argent aux banques islamiques, par exemple en 1989, la banque égyptienne Fayçal perd 1,2 milliard de dollars lors de l’effondrement de la Banque de crédit et de commerce de Londres, au bord de faillite, pour éviter le dépôt de bilan, elle doit bénéficier de l’intervention de la Banque centrale égyptienne.

              De plus, ces banques investissent leur argent à l’étranger au lieu de soutenir le développement national :
               


            • 70% de leur épargne est en devise étrangère.
               


            • 11% de leurs investissements dans l’industrie, contre 32% pour les banques traditionnelles.

               

              Pour conclure, soutien d’un état forcément théocratique et absence de participation au développement national caractérise les banques islamiques, d’abord présentées comme la solution miracle, elles sont de fait totalement inadaptées à un état laïque et ne survivent que grâce à leur investissements dans les finances des états laïques.


            • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 14:45

              Les princes ne sont pas fous pour mettre à disposition l’argent qu’ils ont volé à leurs nations à travers la finance islamique pour réinjecter l’économie de leurs Etats.

              Le peu qu’ils gardent sur place, ils le dépensent dans des extravagances, ou dans quelques affaires personnelles bien lucratives et moins sociales que la finance islamique.

              Ils sont plutôt enclins à expatrier cet argent hors frontières, pour le jouer au casino du capitalisme (bourse), et perdre des milliards ne leur appartenant pas, sans la moindre vergogne.


            • Antoine Diederick 18 décembre 2008 15:05

              Tiens, tiens , Paradisial devient dialectique....ce fait est assez rare pour que je le relève.....

              Ne seriez vous pas un musulman de gauche smiley  smiley


              • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 15:27

                Antoine Diederick,

                "ce fait est assez rare pour que je le relève". smiley

                C’est juste que vous n’aviez pas le regard assez fin pour le relever plutôt. smiley smiley

                Blague à part, pour répondre à votre question, je dirais :

                Je ne suis ni de droite, ni de gauche, ni des extrêmes, mais du juste milieu.

                Le juste milieu c’est ce que j’apprécie. A la gauche et à la droite je ne saurais prendre que les assentiments, les idées et les projets les meilleurs : l’islam prône le libéralisme et la solidarité sociale, en déconseillant les outrances.

                Bien à vous. smiley


              • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 15:41


                 tu penses quoi si tu penses quelque chose des homo par exemple histoire d’éprouver la règle qui mesure le milieu pour te guider ?


              • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 15:58

                Fouad,

                Une seule réponse : le juste milieu serait-il pour toi l’extrême, comme pour certains l’extrême il serait le juste milieu.


              • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 16:02


                 moi je m’en fous je n’ai pas de règle a priori, toi oui et dont je suis curieux de la voir fonctionner sur un cas réel.


              • Le pirate des caraibes 18 décembre 2008 15:11

                Sous couvert de "finance propre", de "finance des freres", de finance en "accord avec les principes du coran" (tuer les infideles ?) , la "finance islamique" est un bon pretexte pour faire passer la pilule de l’islam radical.

                A quand le tribunal et la justice islamique ???? smiley
                Cette jolie forme de pret sent la discrimination à plein nez ! Tu es un bon musulman sinon tu n’as rien !

                Que ce concept marche dans un pays sous developpé, pourquoi pas ... mais en occident ... beurk !


                Il faut vraiment etre con pour faire la pub pour ce genre de concept !!!
                Quand à accepter ca en france : JAMAIS !!! smiley smiley


                • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 15:24



                   Pas les infidèles, compatriote, mais les usuriers . Un châtiment terrible les attend.


                • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 15:40

                  Le Pirate des Caraïbes,

                  Que voilà des amalgames et des défauts de compréhension et d’étude des textes. smiley

                  L’accès à la finance islamique est non discriminatoire. Si vous résidiez à Londres vous pourriez aisément vous vous en rendre compte.

                  Mais quelle que soit la banque, islamique ou pas, grimé avec un tel pseudo et une telle tête, vous ne risquerez pas d’obtenir un crédit mais plutôt un haut les mains, et un appel au commissariat le plus près, des pieds du banquier activé. smiley


                • Kalki Kalki 18 décembre 2008 16:32

                  Chacun nos avis, et nos lectures.

                  Chacun notre vision du respect des autres dans leurs libertés, d’etre et de vivre et d’avoir.

                  http://www.dailymotion.com/relevance/search/r%25C3%25A9publique%2Bvoile%2Bface/video/x7onr7_documentaire-laicit-l-tat-se-voile_news

                  Quand la république se voile la face

                  Un mariage annulé pour absence de virginité, un musulman laïc enterré selon les rites islamiques à la demande de son ex-compagne... La laïcité serait-elle en danger en France ? Enquête exclusive auprès d’organisations et d’élus qui s’arrangent avec un des grands principes de la République.

                  Selon un sondage IFOP, 64 % des Français pensent que la laïcité est aujourd’hui en danger. Et ils pourraient peut-être avoir raison. Pour évaluer la réalité du recul républicain, le réalisateur Ted Anspach lève le voile sur les pratiques illégales de certains élus locaux, de droite comme de gauche. Certains n’hésitent plus à distribuer les subventions aux organisations religieuses fondamentalistes afin d’acheter la paix sociale. Le maire de Roubaix, René Vandierendonck - interrogé ici - a même financé un bus pour que les jeunes des quartiers puissent participer à un rassemblement de musulmans radicaux en région parisienne. Et ceux qui se sont élevés contre ces pratiques sont menacés ! À Lille, un espace a été réservé aux femmes dans une piscine municipale. Une décision non confessionnelle, selon la maire Martine Aubry, qui pourtant s’empêtre dans les contradictions.
                  Le réalisateur a pu suivre en "caméra embarquée" des membres d’organisations religieuses lors de leurs tractations avec les élus locaux et des directeurs de divers équipements ou institutions. Ces petits arrangements avec la laïcité peuvent paraître anodins ; cumulés, ils forment un tableau inquiétant. D’autant que certaines organisations disposent d’une machine de guerre redoutable, grâce à des associations mères londoniennes protégées par le système du Royaume-Uni. Un pays dont le réalisateur pointe ici les dérives en s’introduisant dans un tribunal islamique obéissant à la Charia, installé officieusement en plein coeur de Londres, où une jeune femme attend le verdict d’un imam. Un avant-goût de ce qui attend la France ?

                  (France, 2008, 45mn)

                  Réalisateur : Ted Anspach

                  Diffusion sur Arte.


                • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 16:38


                   nul besoin de la charia pour être traité injustement.


                • fouadraiden fouadraiden 21 décembre 2008 17:12

                   caraibe en voie d’islamisation,


                   et alors, moi je suis pas contre. qu’y ai-je à perdre ?


                • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2008 15:56

                  Au lieu de s’encenser, pas de micro-crédit islamique ?


                  • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 16:01

                    Si. Son ingénierie serait moins complexe que celle d’un crédit d’investissement à très long terme.


                  • Gandalf Tzecoatl 18 décembre 2008 20:56

                    C’est parfait, car le micro-crédit de Yunus, C’est ramener les pauvres à l’esclavage, là où les banques occidentales exploitaient les classe moyennes ; Mais si ça leur suffit comme système, why not ? A terme cependant, ça devrait déchanter.


                  • fouadraiden fouadraiden 18 décembre 2008 15:58



                     au fond le système " islamique serait, peut- être ,plus crédible que le communisme à critiquer les pratiques économiques occidentales.


                    • Kalki Kalki 18 décembre 2008 18:12

                      Non ca serait revenir au moyen age, meme si ce sont également 2 idéologies, l’une n’est pas une religion et l’autre affirmativement oui.


                    • night 18 décembre 2008 18:22
                      Deux points me semblent importants :
                       
                      - Les banques islamiques gèrent des sommes en différentes devises mais sont connectées par celles-ci au reste de l’économie mondiale. Comment peut-on dire que les banques en questions ne sont pas touchées par la crise financière et ce d’aucune façon ?
                       
                      - Il est écrit : « Elles sont gérées dans une certaine opacité, de par le fait de leur implantation dans des pays à gouvernance faible, et parce que leurs normes comptables ne sont pas toutes homogénéisées... ». Comment peut-on affirmer que ces banques sont bien gérées si l’établissement de leurs comptes pose déjà problème ? Certes il peut s’agir d’une simple question de norme ou… rendre la banque insolvable et verser celle-ci dans la catégorie « Bernard Madoff ». Ce qui a été reproché à Jérôme Kerviel est d’avoir « sans autorisation » pris des positions dépassant le niveau de garantis nécessaire. Si les normes comptables des banques islamiques ne sont pas établies, comment peut on évaluer leurs garanties face aux risques qu’elles prennent et quelles font prendre à leurs clients ?
                       
                      Ce qui de mon point de vue garantie la confiance dans les banques islamiques est sans doute, après l’étiquette religieuse… l’opacité.
                       
                      Une dernière note concernant la comparaison entre système capitaliste mondiale et banques islamique : la crise liée aux subprimes est due à la responsabilité dévolue aux acteurs des marchés financiers. Peut on me dire la différence qu’il existerait entre un occidentale qui trahis la confiance que le marché a placé en lui et un musulman qui trahis la confiance que ses clients ont placés en lui ?

                      • Paradisial Paradisial 18 décembre 2008 18:49

                        " Ce qui de mon point de vue garantie la confiance dans les banques islamiques est sans doute, après l’étiquette religieuse… l’opacité. "

                        Arrêtez vos obscures analyses. L’opacité ne fait pas partie de l’étiquette religieuse.

                        Je ne sais pas dans quel monde vous vivez. Sachez que toutes les banques du monde normalisent leurs comptabilités à l’identique.

                        Si vous voudriez pointez tant l’opacité bancaire, allez jetter un oeil du côté de la Suisse. smiley

                        C’est tellement opaque que cela inspire énormément la confiance. smiley

                        Ahhh, là bas les banques ne sont pas islamiques, non, leur religion c’est juste le secret. smiley

                        Leurs clients devraient sentir beaucoup l’intégrité. N’est-ce pas. smiley


                      • night 19 décembre 2008 00:15

                        "Arrêtez vos obscures analyses. L’opacité ne fait pas partie de l’étiquette religieuse."

                        tout à fait, c’est la raison pour laquelle j’ai écrit  : "après l’étiquette religieuse"...  smiley
                        et non pas "avec" ou bien "allant de pair".

                        " Si vous voudriez pointez tant l’opacité bancaire, allez jetter un oeil du côté de la Suisse.
                        "

                        Judicieuse remarque !

                        Les pays ou l’on retrouve les banques islamiques et pour citer l’article : " leur implantation dans des pays à gouvernance faible" me font plus penser à des "paradis fiscaux" qu’à des pays de mon point de vue tout à fait sérieux pour l’implantation de telles banques comme par exemple l’Egypte, l’Arabie saoudite ou même l’Iran ( banque en phase avec la culture de la population, pays ayant une reconnaissance internationale et une ouverture économique mondiale, compétences connues dans le domaine )

                        les banques en question m’évoquent donc plus les banques suisses que vous citez et leurs lots de blanchiment d’argent ( issue de la mafia ou d’abus de bien sociaux de divers origines... )

                        et la, l’opacité me semble plus qu’indispensable...  smiley






                      • Canine Canine 18 décembre 2008 21:43

                        Je sais que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, mais quand même, avant d’aller islamiser les banques, entre la banque d’intéret privé, et la banque religieuse, il existe aussi la banque "d’état" publique, comme l’est (était jusqu’en 2006 pour être précis) encore La Banque Postale, qui elle non plus, n’a pas investi sur les subprimes, et ne perd pour l’instant environ rien à cause de cette crise (tout en assurant son role de banque).


                        • lucdelporte lucdelporte 19 décembre 2008 11:48

                          Bonjour et merci à tous pour votre participation au "débat", mon article, tout comme moi, posait pas mal de questions et chacun apporte la réponse qu’il peut en fonction de ses connaissances et de ses opinions. Voici quelques réponses et commentaires à vos réactions :

                          Je ne comprends pas bien vos débats sur la "laïcité", qui à mon avis ne concerne que le bien public, l’administration, etc. La finance islamique se manifeste par des établissements privés chez qui vous pouvez aller ou non ! Je ne crois pas qu’ils imposent quoi que ce soit aux autres banques, et si leurs pratiques font réfléchir nos "chères" banques, franchement, c’est plutôt un bon point.

                          Une "islamisation" de la société ? Est-ce à force d’entendre les médias simplifier les problèmes qu’à chaque fois qu’on entend "islam" on comprend "barbu kamikaze" ? Quand vous entendez "chrétien", comprenez-vous Opus Dei ? Quand vous entendez "juif", n’y a-t-il pas d’autre écho que le sionisme ? Soyons clair, les extrêmistes existent dans toutes les religions, et ils en représentent la partie la plus minime mais la plus bruyante. C’est dommage donc de croire que la religion n’est que cela. Je ne crois pas par ailleurs aux théories du complot.

                          Le "communautarisme" semble soulever bien des débats
                          , ce qui est compréhensible en France, un pays ô combien centralisateur et dont le "contrat social", la "nationalité" est fondée avant tout sur une volonté commune de vivre ensemble, pas sur une appartenance à telle communauté. Mais en 2008, après des décennies de mixité, de migrations, de mouvements de la société, on voit le résultat : à force de nier l’existence de communautés, celles-ci se replient sur elles-mêmes, se ghettoisent, d’où des gouffres d’incompréhension entre les communautés et l’Etat, les communautés entre elles également. Regardez aux Etats-Unis, pays fondé sur le multiculturalisme et la liberté de chacun d’appartenir à des communautés. Celles-ci semblent tout de même plus épanouies car on leur autorise leurs pratiques (qui n’ont pas grand chose d’extrémiste), et ceci n’a en rien modifier l’équilibre de la démocratie américaine, qui n’a même pas eu à changer de constitution en plus de 2 siècles d’existence.

                          Au niveau technique et économique, je ne suis pas un "pro" non plus, mais les grands principes qui ont fait l’objet de l’émission de Rfi m’ont semblé quand même plus sains que ceux de notre économie classique occidentale qui s’en casse un peu plus la figure chaque jour !

                          Merci en tout cas aux contributeurs qui s’y connaissent mieux que moi en religion et/ou en économie, j’ai appris pas mal de choses grâce à vos débats ! smiley

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