L’un des sujets qui me tenait le plus à cœur était celui de la finance islamique. J’étais, comme beaucoup, très heureux et impatient d’en voir l’apparition et pensais que c’était là une bonne chose pour les musulmans, comme pour ceux qui ne le sont pas, vu les dommages incroyables que provoque l’intérêt usuraire actuellement et qui a pourtant été prohibé par toutes les religions.
Les juifs et les chrétiens ont renoncé à ce principe. Les Grecs, bien qu’ayant vu naître Aristote et sa critique de la chrématistique, n’ont pas fait mieux. Ils doivent sûrement s’en mordre les doigts.
C’est désormais à l’islam que de suivre et, en tête du troupeau, des pieux savants qui s’accommodent bien avec la Bourse ou le capital-risque.
Il s'agit de montrer en quoi la finance islamique est avant tout de la finance et que le qualificatif d'"islamique" est comique. Cela se fait d'abord (car un autre article est en cours) en deux temps, d'abord avec les quelques éléments que nous apporte le cheikh Mohamed PATEL, et ensuite, en s'intéressant à l'intérêt usuraire.
1. Cheikh Mohamed PATEL
Tout d’abord, qui est-il ? En effet, rares sont ceux qui doivent le connaître. Son CV est parfaitement décrit sur son site. Il s’agirait donc de quelqu’un de compétent.
Nous pouvons trouver sur ledit site une explicitation de la <mourabaha> (le produit financier “islamique” le plus en vue). C’est donc là que se portera notre première mise à nu.
En droit musulman, la murabaha est un contrat de vente qui a ceci de particulier que la marge de profit qui est réalisée par le vendeur est connue de l’acheteur. Même si telle n’était pas sa fonction à l’origine, ce contrat a été employé pour servir de mode de financement alternatif au crédit à intérêt dans le domaine de la finance islamique : ainsi, plutôt que d’octroyer un prêt rémunéré pour financer l’acquisition d’un bien, la banque achète celui-ci et le revend à son client, au comptant ou à crédit, avec une marge de profit définie.
Il s’agit ici du premier argument. La <murabaha> est halal car le profit est ici défini. On en rit encore. Il suffit de se rendre chez un banquier traditionnel et de demander une simulation pour considérer le montant des intérêts que la banque va gagner (c’est-à-dire ses profits). D’ailleurs, à chaque crédit avec intérêt que vous contracterez, elle vous fournira un tableau d’amortissement (c’est une obligation selon l’article L.312-8 du Code de la consommation, points 2bis et 2ter). ARGUMENT RÉFUTÉ
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• Le client sollicite de sa banque qu’elle fasse l’acquisition d’un bien déterminé pour ensuite le lui revendre. C’est justement parce que la demande de financement émane du client que l’on parle aussi de murabaha sur ordre d’achat (murabaha lil âmil bich chirâ).
Le cheikh PATEL ne pouvait être plus précis. Il parle bien de “demande de financement“. Si le demandeur de financement vient le voir, c’est donc qu’il est offreur de financement. Nous savons par ailleurs que le rôle d’offrir les financements ou encore de financer l’économie est l’objet des banques. Qu’est-ce qu’une banque ? C’est, selon la définition consacrée du Robert, le commerce de l’argent et de titres fiduciaires de toute nature.
On comprend donc qu’il n’est pas un commerçant dans le sens précis du terme. En effet, le commerçant est celui dont l’activité consiste en le négoce de marchandises. Il achète des marchandises précises et les revend avec une plus value. C’est le masque que cherchent à porter les banques islamiques, alors que de l’aveu même du cheikh PATEL, elles sont des institutions financières, dont l’activité réside dans le commerce de l’argent, que les partisans de la finance islamique condamnent pourtant dans les mots mais pas dans les faits :
La Chari’a considère l’argent comme un simple moyen d’échange. L’argent ne peut par conséquent, à lui seul, faire l’objet d’un contrat ou être utilisé comme un moyen de réaliser un profit. Cette prescription interdit de percevoir tout intérêt en contrepartie de la mise à disposition d’une somme d’argent. En vertu de la Chari’a, la perception et la réception d’intérêts (fixes ou variables) sont ainsi strictement prohibées
Nous venons donc de prouver qu’elles font montre de duplicité. ARGUMENT RÉFUTÉ
Nous constatons que ces deux arguments sont les plus utilisés pour maintenir le plus possible l’illusion de la halalité de la finance islamique. Notre réfutation acquiert ainsi plus de valeur, surtout après l’avertissement du webmaster dudit site, qui ne manque pas de mérite pour son éminent travail à démasquer le vrai halal du faux, mais qui semble tout à fait acquis à la cause de la finance islamique selon ses propres écrits (fin d’article) :
Par respect pour les chuyukhs [ndlr : pluriel de cheikh, c'est-à-dire sage, savant] et parce qu’ils ont travaillé dur pour superviser ces différents produits, et parce qu’il est agaçant, voire insupportable, de lire des commentaires où l’intervenant confesse tout ignorer des règles de droit musulman mais assène sans hésiter que c’est haram (illicite), tout message qui s’autorisera à freestyler sur les principes islamiques sera immédiatement supprimé. Les doutes, Les interrogations, Les questionnements sont évidemment acceptables et acceptées. Pas les conclusions hâtives et péremptoires sans fondement savant.
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2. L’intérêt usuraire
Comme nous l’écrivions, l’intérêt usuraire est nommément prohibé par toutes les religions.
On retrouve l’expression de cet interdit dans le Deutéronome (23:19) : “Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt.” et dans le Coran (2:275) : “Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : “Le commerce est tout à fait comme l’intérêt“, alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt.”
Mais qu’est-ce que l’intérêt ? C’est, selon le Larousse, la somme que le débiteur paie au créancier en rémunération de l’usage de l’argent prêté. Le Littré dit somme toute la même chose : Profit qu’on retire de l’argent prêté ou dû (ce qui est le sens le plus ancien du bas-latin interesse, et qui se trouve dans des textes du XIIIe siècle).
Néanmoins, la définition la plus parlante est celle que donne la FAO sur son site, au point B.1.1 :
Le terme “intérêt” est utilisé pour indiquer le prix payé pour l’utilisation de l’argent. Il est également utilisé pour représenter le pourcentage gagné par un investisseur dans une opération productive. Du point de vue du prêteur, le taux d’intérêt est le rapport entre le profit reçu et l’investissement sur une période de temps, qui est une contribution au risque de perte, aux coûts administratifs et aux gains ou profits bruts. Du point de vue de l’emprunteur, le taux d’intérêt peut être exprimé comme le rapport entre la quantité payée pour l’utilisation des fonds et la quantité de fonds nécessaire. Dans ce cas, le taux d’intérêt doit être inférieur aux gains escomptés.
En clair, l’intérêt est relatif au temps pendant lequel sont mobilisés des fonds.
Voici une application de cette définition aux banques islamiques.
1. Groupe 570
2. “Islamic” Bank of Britain
Nous remarquons que lorsque nous faisons une “demande de financement” (selon l’expression consacrée du cheikh PATEL), et que nous mettons plus de temps à rembourser, le coût du crédit s’allonge. Or c’est la définition même de l’intérêt que nous avons donnée plus haut. Nous devons payer davantage, même si nous empruntons la même somme, dès lors que pour rembourser, on demande davantage de temps. C’est donc que ces banques islamiques prétendent que le temps a de la valeur, ou que l’argent fait de lui-même de l’argent, ce que récusent en choeur toutes les religions.
Nous comprenons enfin que ce ne sont pas des commerçants mais bien des banquiers, dont le métier consiste en le commerce de l’argent pour de l’argent, puisque la plus value du commerçant ne dépend pas du temps, alors que celle du banquier varie selon le temps où ses capitaux sont mobilisés.
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on est tous pareils devant le fric , surtout quand l’émir aboul la chnouff s’amène (...)
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