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Accueil du site > Actualités > Economie > La finance islamique est-elle vraiment différente (2) ?

La finance islamique est-elle vraiment différente (2) ?

Cet article est la suite de notre premier article sur le sujet.

Il s'agira dans cet article de traiter deux points à problème : le financement des banques islamiques et si elles relèvent vraiment de l'activité commerçante comme elles le clament.

1. La banque centrale et le marché interbancaire

Précédemment, nous nous intéressions à la finance islamique en aval, c'est-à-dire par les produits qu'elle proposait au consommateur. C'est désormais en amont de la filière que nous porterons notre analyse.

Comment est créée la monnaie ?

Le mécanisme de création de monnaie trouve son origine dans les crédits accordés par les banques. Le principe du crédit consiste à transformer des créances sur les agents non bancaires en moyens de paiement immédiatement utilisables. Concrètement, lorsqu'une banque consent un crédit à un client X, ce dernier dispose d'un dépôt à vue, dans cette banque, égal au montant M de la somme prêtée. De son côté, la banque acquiert en contrepartie une créance sur le client X. Il y a donc création de monnaie : la banque n'a pas ponctionné dans ses réserves pour prêter le montant M au client X : elle a inscrit une créance dans son bilan.

Mais lorsque le client X rembourse le crédit M, la banque efface la créance de son bilan : il y a donc à ce moment destruction de monnaie. La création de monnaie n'aura été que provisoire. Il y a donc "création nette" de monnaie uniquement lorsque les nouveaux crédits l'emportent sur les crédits remboursés.

La demande de crédit, et donc la création monétaire, suit de près l'activité économique. En période d'expansion, la masse monétaire, dopée par les investissements et les dépenses des agents économiques, va augmenter, et inversement en période de repli de l'activité.

[...]

Le principal instrument de la banque centrale est la modulation des taux d'intérêt. En augmentant ou en baissant ses taux directeurs, la banque influe sur le coût de refinancement des banques commerciales sur le marché monétaire, sur lequel s'échangent des titres à court terme contre de la monnaie "banque centrale".

La banque centrale peut également jouer sur le taux de réserve obligatoire imposé aux banques commerciales : plus celui-ci est élevé, moins la masse de crédits accordés aux agents économiques sera importante.

[...]

"Les banques ne se prêtent plus entre elles." Voilà typiquement le genre de phrase que l'on peut lire tous les jours dans les journaux économiques. De quoi parle-t-on exactement ? Le marché interbancaire est le lieu privilégié par les banques pour trouver de l'argent. Ce réseau est immatériel et fonctionne uniquement sur réseaux informatiques, sans salle de marché. Les échéances y sont très courtes : pas plus de vingt-quatre heures. Le principe est le suivant : les banques dont le bilan est excédentaire prêtent leurs liquidités à celles qui en ont besoin, moyennant un intérêt. Ce taux d'intérêt varie en fonction de l'offre et de la demande. Quand les banques ne se prêtent plus entre elles, il y a risque de credit crunch (pénurie de crédit).

En situation d'open market (c'est le cas dans la zone euro), la banque centrale peut intervenir sur ce marché afin de faciliter l'obtention des liquidités par les banques ou bien, au contraire, pour leur mettre des bâtons dans les roues : si elle injecte des liquidités, la banque centrale fait baisser les taux d'intérêt et facilite les conditions de crédit, et vice versa.

Source : LeMonde.fr

Cet article indique donc que les banques commerciales doivent faire appel soit à la banque centrale soit au marché interbancaire pour se refinancer. Dans le cas où elles s'adressent à la banque centrale, elles lui empruntent à un certain taux directeur et ensuite reprêtent cet argent à un taux supérieur, afin de couvrir leurs dépenses et de réaliser un bénéfice. Dans l'autre cas, c'est selon leur situation en terme de liquidités. En général, les banques commerciales s'adressent d'abord au marché interbancaire, puis à la banque centrale.

Nous voyons aussi que les banques commerciales ont toutes des dépôts (réserves obligatoires) à la banque centrale et que ces dépôts influent sur la quantité de crédits qu'elles peuvent délivrer. Nous voyons aussi que les banques commerciales doivent faire appel à la banque centrale et au marché interbancaire pour se refinancer.

Comment fonctionne la banque islamique dans ce système ?

Étant donné que a banque islamique est avant tout une banque commerciale, elle est assujettie aux mêmes impératifs. Elle doit nécessairement se refinancer, soit à la banque centrale, soit en s'adressant au marché interbancaire. C'est le système qui le veut.

Auparavant, c'était en s'appuyant sur le LIBOR que les banques islamiques s'échangeaient l'argent. Mais la haramité du procédé était si criante qu'elles ont imaginé un nouveau subterfuge : l'IIBR.

L'Islamic Interbank Benchmark Rate (IIBR) est le taux censé remplacer le LIBOR. On se demande comment il pourrait le remplacer puisque le LIBOR un taux d'intérêt. Mais c'est sans compter sur la créativité incroyable de certains oulémas : « l'IIBR n'est pas un taux d'intérêt mais un taux de profit  » (lol). Examinons.

L'IIBR se fixe notamment par le coût de refinancement en U.S. Dollar selon le réputé cabinet d'affaires Ashurst (en anglais).

Cette présentation de Thomson Reuters expose la fixation de l'IIBR. C'est donc que 16 banques islamiques s'approvisionnent en dollars, mais chacune à des taux différents. Ensuite, Thomson Reuters récupère les données, retire les quartiles supérieurs et inférieurs ; enfin, à partir de ce qui reste, l'agence établit une moyenne. Et ce sera par cette moyenne des taux d'approvisionnement en dollars que Thomson Reuters fixe l'IIBR.

Nous remarquons dans ce graphique de Thomson Reuters, ceux-là mêmes qui fixent l’IIBR, que ce dernier évolue de manière croissante selon la durée de temps pendant lequel l'argent est prêté. Pour un mois, la banque islamique en aura pour 0,32% alors que pour 6 mois, le taux grimpe à 0,74%. Cela répond très exactement à la définition que nous donnions à l’intérêt usuraire dans un de nos articles précédents qui était celle ci :

Le terme “intérêt” est utilisé pour indiquer le prix payé pour l’utilisation de l’argent. Il est également utilisé pour représenter le pourcentage gagné par un investisseur dans une opération productive. Du point de vue du prêteur, le taux d’intérêt est le rapport entre le profit reçu et l’investissement sur une période de temps, qui est une contribution au risque de perte, aux coûts administratifs et aux gains ou profits bruts. Du point de vue de l’emprunteur, le taux d’intérêt peut être exprimé comme le rapport entre la quantité payée pour l’utilisation des fonds et la quantité de fonds nécessaire. Dans ce cas, le taux d’intérêt doit être inférieur aux gains escomptés.

Nous avons ici considéré seulement l’IIBR, étant le taux où certaines banques islamiques s’approvisionnaient. Il en existe d'autres qui se financent directement ou indirectement de manière conventionnelle. Pour elles, aucun doute : elles n'ont rien d'islamiques.

Pourquoi donc les banques islamiques ont-elles créé l'IIBR ?

*(D'un point de vue industriel, l'usage d'un taux fondé sur l'intérêt a longtemps été un point posant problème, causant des a priori négatifs sur l'industrie [financière] de la part des consommateurs. L'IIBR va mettre fin à beaucoup de doutes et d'hésitations dans les esprits des consommateurs de la finance islamique). Source à télécharger en .pdf.

On comprend donc que l'IIBR est surtout un nouveau moyen d'attirer de nouveaux clients.

Après avoir considéré le mensonge de l’IIBR qui n'est rien d'autre qu'un taux d'intérêt, nous nous intéresserons encore à l'illusion qui est de croire que l'activité bancaire islamique se réduit à un acte de commerce.

2. La Taxe sur la Valeur Ajoutée

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt général sur la consommation qui est directement facturé aux clients sur les biens qu'ils consomment ou les services qu'ils utilisent en France. C'est pourquoi vous devez, en tant que professionnel, déclarer la TVA collectée sur ces opérations imposables.

Source : Impots.gouv.fr

La TVA est notamment collectée par tout commerçant. Mais puisque les banques islamiques se disent commerçantes (ici et ), elles doivent y être soumises.

Mais ce n'est pas ce qu'on constate. La banque islamique se dit commerçante à son client musulman mais n'accepte pas d'être considérée comme telle d'un point de vue fiscal.

Au Maroc, la nouvelle législation identifie la finance islamique au financement conventionnel (deuxième point) [autre source]. Pour le cas français, il faut se référer au Bulletin Officiel des Impôts n° 78 du 24 août 2010 (téléchargeable ici en .pdf). On y trouve cette déclaration cruciale :

La banque islamique se retrouve donc exonérée de TVA, exactement comme la banque conventionnelle, avouant ainsi qu'elle ne relève aucunement de l'activité commerçante.

Il serait incroyable que le doute subsiste encore.

La banque islamique n'est pas islamique.

 

_______

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21 réactions à cet article    


  • Felgrand AGESC 4 août 2012 19:59

    Cui bono ?

    Si vous ne répondez pas, on comprendra.


  • Felgrand AGESC 5 août 2012 01:40

    Ici, c’est finance islamique, pas géopolitique.


  • Felgrand AGESC 5 août 2012 01:52

    bon ok
    apparemment, nous avons un désaccord de fond sur la Syrie. Voulez-vous que nous en débattions ? envoyez-moi un mail !


  • Felgrand AGESC 5 août 2012 09:48

    En fait que me reprochez-vous sur la Syrie ?


  • Felgrand AGESC 6 août 2012 12:56

    Je voudrais savoir où est-ce que je vous ai relancé sur la Syrie.


  • Felgrand AGESC 7 août 2012 22:17

    très bien...


  • Yvance77 4 août 2012 19:20

    Salut,

    Le fond du fond est que la dime prélevé sur les rentrées d’argent made in islam servent surtout à se fabriquer une bonne petite armée de soldats corvéables et redevables à merci.

    Le moment venu certains seront sacrifiés sans états d’ame par leurs souteneurs.


    • fukara67 4 août 2012 23:25

      @agesc


      vous essayer de démontrer que la finance islamique actuelle n’est pas vraiment islamique. je ne suis pas vraiment un spécialiste c’est vrai. mais je sais certains chose et il vous manque des éléments que nous vous permettent pas de comprendre. 

      par exemple dans la finance islamique, ces organismes financiers ne prêteront jamais pour du commerce « illicite » en islam. Par exemple l’alcool, la pornographie etc...

      de ce point de vue, un musulman qui profite des intérêts de la banque classique contribue par intermédiaire au développement des ces commerces et donc par conséquent il devient responsable ! 

      Ensuite je vais vous donner un autre exemple : le fait de faire l’amour pourquoi dans certains cas c’est interdit et d’autres cas c’est autorisé ? quand l’homme et la femme sont mariés il n’y a pas de problèmes et quand ils ne sont pas ils ne sont pas, ils sont dans le péchés ! 

      Pourtant l’acte finale est exactement la même chose ! Peut on dans ce cas déduire que le fait de se marier n’a rien d’islamique puisque la « consommation » de celle-ci est identique ?

      Non, il y a ce point important qui les sépare. C’est pareil en finance islamique, même si la finalité c’est pareil, la manière dont c’est fait le rend licite. 

      La finance islamique se rapproche du crédit bail ! Si vous achetez en bien en crédit bail et que vous n’arrivez plus à rembourser, la banque / l’organisme vient récupérer le bien (matériel, immobilier, etc..) et vous ne payez plus rien ! 

      J’avoue que je ne sais pas dans le cas d’une perte de valeur ! Par exemple vous acheter un bien à 100000 € mais dans un an on apprend que ce secteur une zone sismique ! qu’est ce qui se passe dans ce cas

      mais en tout le principe de la finance islamique la base même c’est on investit au profit et au risque ! 

      • Felgrand AGESC 5 août 2012 00:35

        Vous savez, en islam, y’a peu de choses pires que l’usure.. les musulmans considèrent que le pire des crimes est l’association à Dieu [Allah]. Après, je pense que ce qui vient immédiatement après est l’usure. Voici à ce sujet :

        « une autre version rapporté par At-tabarani est dans As-sahiha n°1871 :

         »L’usure est de soixante-treize degrés. La moins grave est semblable au fait que l’homme commette l’acte sexuel avec sa mère, et la plus grave est le fait que l’homme porte atteinte à l’honneur de son frère "

        Le messager d’Allah a donné ses exemples afin d’illustrer la gravité de l’Usure ainsi que ses différentes formes, si le fait qu’un homme fornique avec sa mère qui est un acte d’une extrême gravité est l’une des moins graves formes de l’usure, le fait de violer injustement l’honneur du musulman est encore plus grave, puisqu’il s’agit d’une des pires formes de l’usure.« 

        Déjà, boire de l’alcool ou manger du porc n’est que secondaire comparé à l’usure. Si ils en font, ils sont plus à ça près... Non, dites-vous bien que c’est un subterfuge qui fait qu’elles se refusent à financer ce genre d’activités. C’est destiné à »couvrir d’un voile de halal [licite] le haram [illicite]", pourrait-on dire.

        Je préfèrerais que vous discutiez directement de mes arguments car je dois avouer ne pas saisir le rapport entre vos dires et les miens.


      • fukara67 4 août 2012 23:32

        Autre chose aussi


        Il ne faut pas oublier que les lois européennes notamment française freinent considérablement le développement des cette forme de finance. 

        pour l’instant en france on ne peut pas acheter une voiture avec une finance islamique, il y a double taxation sur les finances immobilières etc..

        effectivement je pense que certains bidouillent pour s’adapter aux lois plus que proposer vraiment une finance réellement islamique

         

        • Felgrand AGESC 5 août 2012 00:39

          Si elles le freinent, c’est notamment à cause du problème de la TVA. On ne peut pas se dire commerçant sans y être assujetti. Or les banques islamiques jouent sur les deux tableaux. Aux musulmans, elles se disent commerçantes, mais refusent d’être tenues pour telles par le fisc, d’où la lenteur du processus. Voyez la fin de cet article, vous trouverez les liens venant appuyer mon propos.

          Pour ma part, la finance réellement islamique (comme du judaïsme et du chritianisme) consiste en le prêt à taux zéro et sans aucune commission. On ne doit pas faire de l’argent par de l’argent, disait Aristote. Les religions professent de même. Les hommes, non. Là est le problème.


          • Leo Le Sage 5 août 2012 20:08

            @AUTEUR/AGESC
            Vous dites :
            "Nous avons ici considéré seulement l’IIBR, étant le taux où certaines banques islamiques s’approvisionnaient. Il en existe d’autres qui se financent directement ou indirectement de manière conventionnelle. Pour elles, aucun doute : elles n’ont rien d’islamiques"

            Ca dépend de la définition d’islamique...
            Si les dirigeants sont musulmans, et si les employés de même respectent la religion des dirigeants, je considèrerais cette banque comme islamique.
            L’IIBR est un prétexte, pas une fin en soi. Un musulman ira là plutôt que dans une banque conventionnelle car là on le comprend lui et sa religion.

            Vous dites : "La banque islamique se dit commerçante à son client musulman mais n’accepte pas d’être considérée comme telle d’un point de vue fiscal"
            Aucun rapport avec le fisc.
            Toute activité non associative et en particulier ayant pour objet d’être lucratives est par définition commerçante.
            [Bon il y a des associations à but lucrative mais ce n’est pas le sujet]

            « La lucrativité consiste à rechercher, dans la réalisation d’un acte, un gain ou un profit individuel. » [...]
            "À l’opposé des structures lucratives, tout système économique comprend aussi des structures dont le profit n’est pas l’objectif. Leurs objectifs sont alors l’utilité sociale ou l’intérêt général. On dit alors qu’elles sont à but non lucratif. Attention, une association à but non lucratif a tout à fait le droit de vendre des biens et services (non lucratif ne veut pas dire non marchand), du moment que les membres ne profitent pas individuellement et à ce titre des bénéfices réalisés"

            (source : Lucrativité - Wikipédia)

            « En droit français, un commerçant est une personne physique ou morale qui effectue des actes de commerce de manière habituelle, même si elle n’en fait pas sa profession »

            (source : Commerçant en droit français - Wikipédia)

            « Le commerce désigne les échanges de biens et de services »

            (source : Commerce - Wikipédia)

            Ce sont bien des commerçants...
            Donc le doute subsiste...

            Mon avis
            Si je peux parfaitement comprendre votre point de vue, il m’apparaît important de vérifier un tant soit peu vos sources.
            En effet, vous pouvez induire en erreur involontairement des lecteurs peu avisés.

            Les banques sont peut-être islamiques mais en tout cas comme je l’ai déjà dit dans votre article précédent, même si elles voulaient se comporter correctement ET de bonne foi, elle ne peuvent en aucun cas échapper aux règles prudentielles des banques édictées en général par la BCE ou la Banque de France ainsi que les praticiens de la profession.

            Je constate que leur islamicité est plus dans l’aspect confiance en des dirigeants respectueux de la religion sus-citée qu’autre chose.
            Contrairement donc à vous je ne peux pas affirmer qu’il n’y a rien d’islamique dans ces banques.

             
            Cordialement

            Leo Le Sage
            (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


            • Felgrand AGESC 5 août 2012 21:44

              Dans un précédent commentaire, je disais qu’il n’y avait rien de pire en islam, après le péché d’associationnisme à Dieu, que le [riba] ou encore intérêt usuraire.
              Vous avez admis comme moi qu’elles y avaient recours.
              Il s’ensuit que l’ensemble de leurs activités en dépend.
              D’où enfin on conclut rapidement à la « haramité » du concept. Qu’il y ait une confiance ou pas, le péché l’emporte largement... Dans ce cas, les musulmans peuvent faire l’adultère, tant qu’il y a la confiance ?


            • Leo Le Sage 5 août 2012 23:24

              @AUTEUR/Par AGESC (xxx.xxx.xxx.58) 5 août 21:44
              Vous dites : « Dans ce cas, les musulmans peuvent faire l’adultère, tant qu’il y a la confiance ? »
              Est-ce que l’Islam permet l’adultère ?
              Je ne pense pas...
              Or, j’ai bien parlé de musulmans pratiquant [au sein de la banque] dans mon intervention n’est-ce pas ? smiley

              Si je ne me trompe pas l’intérêt usuraire n’est pas permis, mais à quel moment pouvez vous parler d’intérêt usuraire ?
              Dans certains pays le taux pratiqué est à deux chiffres et personne ne s’en offusque...

              Dernière remarque : « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre »
              En clair, aucun homme/femme ne pêche donc aucune organisation n’est exempte de pêché.
              Où alors c’est le paradis et à ma connaissance le Paradis n’est pas terrestre pour le moment.

               
              Cordialement

              Leo Le Sage
              (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


            • Felgrand AGESC 6 août 2012 12:54

              Pour votre premier commentaire

              1. banque islamique : respectueuse des principes de l’islam.

              2. voici le rapport avec le fisc : nous nous trouvons en Etat de droit. L’Etat, afin de fonctionner, collecte des impots.aux particuliers et aux entreprises. C’est de ça que je parle.
              La banque islamique se dit commerçante, or lorsqu’on est commerçant, on est taxé sur la Valeur Ajoutée (d’où le nom de TVA). Pourtant, on remarque que la législation considère la plus value de la banque comme étant non pas de la valeur ajoutée mais de l’intérêt usuraire. C’est de ça que je parle, et cela constitue un élément à charge.

              3. « il m’apparaît important de vérifier un tant soit peu vos sources. » C’est pourquoi j’ai pris des liens officiels (Bulletin Officiel des Impots de la République Francaise) mais aussi des liens de presse et une présentation de ceux-là même qui font l’IIBR. Je n’ai donc rien inventé de moi-même si ce n’est le cheminement. Par contre, vous, vous prenez du Wikipedia (la meilleure source, sans doute). Faudrait pas se contredire.

              Pour le second commentaire

              4.je vous répond qu’en effet, l’islam ne permet pas l’adultère. Vous me parlez de musulmans pratiquants, je vous dis qu’être musulman et usurier ne conviennent pas.
              J’aurais souahité que vous me lisiez. Vous auriez trouvé la réponse, car je montre, par définition du concept même d’intérêt, que les banques islamiques en font (lire premier article) mais aussi par leur mode de refinancement (celui-ci). Il faudrait donc me lire avant de commenter. 

              5. Oui certains pays acceptent de se faire dépouiller. Mais comprenez que l’objet ici est de parler de la finance islamique et de montrer en quoi elle s’apparente tout à fait à la finance conventionnelle.

              6. Faut pas abuser non plus. Certes tout le monde pèche, mais ça ne peut justifier tout. Je tue un de vos parents, vous me direz de même ? Il y a des péchés véniels et les grands péchés ; dans l’islam, ce péché d’usure [riba] est classé parmi les premiers, à tel point que le Prophète a dit qu’un dinar (pièce de monnaie) d’usure était équivalent à l’adultère avec sa propre mère, ou encore à 36 (70 selon les sources) adultères. D’ailleurs, je montre à quel point les banques islamiques recourent à toutes sortes d’artifices afin de cacher la réalité du péché et d’ appâter les musulmans. Par exemple, on parle de taux de profit au lieu de taux d’intérêt. . On parle de plus value alors que c’est un taux d’intérêt etc.

              Veuillez me lire, s’il vous plait.


            • Leo Le Sage 6 août 2012 18:58

              @AUTEUR/Par AGESC (xxx.xxx.xxx.58) 6 août 12:54
              Vous dites : « La banque islamique se dit commerçante, or lorsqu’on est commerçant, on est taxé sur la Valeur Ajoutée (d’où le nom de TVA) »
              Pas du tout.
              Voir ma réponse ci-dessus.
              D’ailleurs les banques payent la TVA (achat de fournitures et de véhicules par exemple)

              Vous dites : « l’intérêt usuraire. C’est de ça que je parle, et cela constitue un élément à charge »
              L’intérêt usuraire n’est pas permis théoriquement dans les religions d’origine Abrahamique.
              Lire la Thora sur le sujet. Le Coran reconnaît la Thora comme un texte Sacré.
              Mais TOUTES les banques pratiquent des intérêts au moins pour rentrer dans leur fond.
              (salaires, investissement, achat courant, etc.)

              Vous dites : « Par contre, vous, vous prenez du Wikipedia (la meilleure source, sans doute) »
              Wikipedia est la source la plus fiable pour l’instant à 95%.
              Sur le plan statistique un niveau de fiabilité de 95% c’est excellent...
              (Britannica est aussi à 95%...)

              Vous dites : « je vous dis qu’être musulman et usurier ne conviennent pas »
              Tout le monde sait çà.
              Mais je vous ai répondu qu’il faut se poser la question :
              « Qu’entend-t’on par usurier ? »
              Au risque de me répeter, dans certains pays le taux est à deux chiffres...

              Pour les intérêts [financement et refinancement] j’ai répondu dans ce commentaire qu’ils doivent rentrer dans leur fond.
              Ce n’est pas une association philanthropique.

              Vous dites : "l’objet ici est de parler de la finance islamique et de montrer en quoi elle s’apparente tout à fait à la finance conventionnelle"
              Oui sur le mode de fonctionnement général. Je fais le pari qu’ils n’iront pas se lancer dans les « produits dérivés » pour autant.
              Non si l’on considère le principe de ces banques : ils respectent mieux que personne la religion musulmane...
              C’est en cela qu’ils sont islamiques. J’ai en tout cas compris cela comme çà...

              Vous dites : "dans l’islam, ce péché d’usure [riba] est classé parmi les premiers, à tel point que le Prophète a dit qu’un dinar (pièce de monnaie) d’usure était équivalent à l’adultère avec sa propre mère, ou encore à 36 (70 selon les sources) adultères"
              Parmi, mais pas le premier...
              Et cela reste encore à démontrer...
              Vous avez par exemple dit que ce NE sont PAS des commerçants or c’est faux...

              Vous dites : "D’ailleurs, je montre à quel point les banques islamiques recourent à toutes sortes d’artifices afin de cacher la réalité du péché et d’ appâter les musulmans"
              je ne connais pas de banque qui ne se lance pas dans les artifices...
              Mais dans l’echelle du pêché c’est moindre...
              [Tout est écrit en petites lettres la plupart du temps]

              Vous dites : « Par exemple, on parle de taux de profit au lieu de taux d’intérêt. . On parle de plus value alors que c’est un taux d’intérêt »
              Normal, l’intérêt n’est pas permis par la Torah donc interdit par le Coran...

               
              Mon avis
              Aucun banque n’est honnête : c’est tout simplement impossible, c’est pour cela que je vous avais dit : que celui qui ne pêche pas...
              Et ne me dites surtout pas que je ne vous ai pas lu...
              J’ai très bien lu c’est même pour cela que j’ai insisté sur l’aspect commerçant qui est inexact dans votre acception de sa définition...

               

              Cordialement

              Leo Le Sage

              (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


            • xa 13 août 2012 20:22

              Leo

              « Toute activité non associative et en particulier ayant pour objet d’être lucratives est par définition commerçante. »

              Que nenni !!!

              Lucratif ne signifie pas commerce.

              La location immobilière classique, par exemple, est une activité CIVILE et non commerciale. Un médecin n’est pas un commerçant. Un avocat n’est pas un commerçant. Pourtant, ils exercent une activité lucrative ! Le commerce, dans sa définition la plus pure, suppose l’achat/revente. Or c’est ce que prétendent faire les banques islamiques : de l’achat / revente avec un profit à la clé.

              Or le commerce EST assujetti à la TVA, c’est à dire que tout ce qu’il vend se voit ajouter une TVA en sus, que le commercant doit collecter pour le compte de l’Etat.

              « D’ailleurs les banques payent la TVA (achat de fournitures et de véhicules par exemple) »

              Si les banques étaient des commercants, elles devraient VOUS FACTURER la TVA. C’est parce qu’elles ne sont pas des entreprises commerçantes qu’elles sont non assujettis à la TVA, et que vous n’avez pas sur vos relevés de compte le coût HT / TTC de chaque prestation.

              Payer la TVA ne signifie pas que l’on est commercant, ou alors tout personne en France est un commercant, sauf à vivre sans rien acheter ...

              Les banques « islamiques » soutiennent d’un côté qu’elles sont des entreprises commerçantes, vendant un service qui devrait donc être soumis à TVA, et de l’autre qu’elles ne doivent pas être des commercants, pour ne pas avoir à collecter la TVA sur leurs produits ........

              « L’intérêt usuraire n’est pas permis théoriquement dans les religions d’origine Abrahamique. »

              Non. L’usure tout court n’est pas permis. C’est pourquoi la notion d’usure (textuellement prêt à intérêt) a changé de sens pour se concentrer sur la notion d’excès. Pour contourner une limitation religieuse : la religion interdisant l’usure, en modifiant le sens du terme, on permet de rendre « religion compatible » l’intérêt bancaire.

              Avant cette modification sémantique, les banquiers prétaient « gratuitement », mais ce prêt était un service facturé à part.

              « Je fais le pari qu’ils n’iront pas se lancer dans les »produits dérivés« pour autant »

              Un petit tout du côté de certaines mécaniques financières du monde arave risque de vous faire perdre votre pari. C’est bien emballé, mais quand on décortique le fonctionnement, on retombe sur ce qu’on appelle un dérivé ...

              (pour mémoire, tout contrat à terme est un dérivé ...)

              « Normal, l’intérêt n’est pas permis par la Torah donc interdit par le Coran »

              Et par la Bible ...


            • Felgrand AGESC 15 août 2012 12:21

              +10000 !
              GG.


            • Vipère Vipère 6 août 2012 19:03

              A Léo

               

              Toutes les banques se valent, tout à fait d’accord ! La banque islamique use d’artifices pour masquer le fait q’elle aussi pratique l’usure.

              Demander le double de la valeur d’un bien revient au même n’est ce pas ???

               


              • Leo Le Sage 7 août 2012 06:14

                @Par Vipère (xxx.xxx.xxx.114) 6 août 19:03
                Vous dites : « Demander le double de la valeur d’un bien revient au même n’est ce pas ??? »
                Tout dépend sur quelle échelle on se place...
                C’est le même bien, mais la valeur varie en fonction des forces en présence...
                Ici on ne parle même pas de la valeur du bien mais de l’intérêt d’un prêt ce qui est encore autre chose...

                Justement j’ai oublié de dire à l’auteur que les taux varient en fonction du temps.
                Le calcul du taux d’intérêt se fait en fonction du :
                >risque
                >temps
                Si on m’avait dit que le taux est le même pour un temps T0 et T1 (T1>T0), j’aurais trouvé cela anormal.

                Lorsqu’on emprunte de l’argent c’est comme si on loue une voiture.
                Le taux est la valeur de la location + assurances...

                 
                Cordialement

                Leo Le Sage
                (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


              • Felgrand AGESC 7 août 2012 17:40

                « Justement j’ai oublié de dire à l’auteur que les taux varient en fonction du temps. »

                Vous êtes qu’un menteur et vous êtes fatiguant. Un menteur car vous dites me lire alors que ce point a été traité ; fatiguant car vous m’obligez à me répéter.

                Une grande partie de mon argumentation repose sur la définition du concept d’intérêt et du fait qu’il croît avec le temps, sinon pourquoi aurai-je parlé d’IIBR [cet article] ? pourquoi aurai-je réalisé des simulations montrant que selon la durée où on mobilise les fonds de la banque islamique, on en vient à en rémunérer davantage l’apporteur de fonds [article précédent] ? Vous reconnaissez que c’est ça la banque islamique, et qu’il faut bien qu’elle rentre dans ses frais.

                Et c’est justement le point qui fait que la banque islamique n’est précisément pas islamique. L’argent ne peut faire des petits, et l’argent ne peut croître de lui-même par la simple action du temps.

                Je ne répond plus à vos commentaires.

                Voici néanmoins une vidéo sur cheikh Imran Hosein qui explique l’arnaque. Si elle vous convainc, tant mieux ; pour ma part, j’ai assez donné.

                Vidéo en anglais !!

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