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La France cumule un chômage de masse et une forte pénurie de main d’oeuvre

Chercher la (ou les) causes du chomage est peut-être la seule véritable façon de lutter efficacement contre ce fléau. Je n’ai pas la prétention d’être exhaustif, mais peut-être que des apports extérieurs permettront de trouver d’autres pistes.

La France cumule un chômage de masse et une forte pénurie de main d’œuvre.

Pourquoi ?

Dans un billet de la semaine dernière, je m’interrogeais quant à l’évolution des effectifs dans les industries manufacturières. J’ai la certitude, en lisant la presse et en regardant autour de moi, que ces effectifs sont en baisse constante depuis la fin des années 1970.

C’est le premier facteur de perte d’emploi potentielle pour des personnes sans qualification, ainsi que pour l’ensemble des diplômés de l’enseignement technique.

Second facteur : un grand nombre d’enseignants qui, idéologiquement, étaient contre le "patronat" en ont consciemment ou non tiré la conclusion qu’il fallait orienter les jeunes vers des disciplines plus nobles et plus intellectuelles. C’est pourquoi on trouve maintenant des docteurs es lettres ou en histoire au chômage.

Troisième facteur : à l’autre bout de la chaîne, le jeune qui ne semble pas apte au système "noble" va être dirigé vers le technique. C’est devenu une forme d’exclusion : le BEP est la "poubelle" de l’éducation nationale, les BTS et DUT sont subis plus que demandés.

Le quatrième facteur, dont on ne parle jamais, se situe dans les pratiques des cabinets de recrutement. Tout le monde sait qu’ils n’ont pas d’obligation de résultats mais obligation de moyens, ils proposent à leur client non pas les postulants qui possèdent le meilleur "savoir-faire" mais ceux qui ont le plus beau diplôme.

La densité de diplômes par habitant ayant tendance à augmenter (80% d’une classe d’âge au bac), les "seniors" sont écartés de facto.

La pénurie de main d’œuvre

Contrairement à certaines idées reçues, un "travailleur manuel" n’est pas obligatoirement un imbécile. Plus, il est nécessaire d’être intelligent pour trouver la cause d’une panne, assembler des matériaux, tenir un outil ou tout simplement savoir se tenir au travail sans se casser le dos.

Il serait donc nécessaire de permettre une fluidité non pas seulement au niveau de l’entreprise, mais aussi à celui du personnel, qui devrait pouvoir se former et surtout progresser sur l’échelle sociale en fonction de ses capacités.

Dans les années 1750, la Lorraine, non encore annexée par la France, avait, Stanislas oblige, un intendant français, Monsieur de la Galaizière.

Ce personnage, tenant du pouvoir absolu, a pourtant produit un écrit remarquable dans sa brièveté.

Des bourgeois de la ville de Remiremont, arguant de la pauvreté du peuple, lui avaient demandé patente pour créer une nouvelle industrie basée sur le textile. Ils demandaient en complément le monopole de la main d’œuvre pour cette industrie.

La réponse a été positive en ce qui concerne la création d’une industrie. "Par contre nous vous refusons le monopole de l’emploi : sachez que si vous payez votre personnel et si vous le payez bien, vous n’en manquerez jamais !"

C’est une constante à laquelle tous devraient penser. Dans notre Europe de néo-libéralisme militant, où les lois de l’offre et de la demande sont magnifiées, on est resté au Moyen Age quand il s’agit des producteurs qui peuvent d’ailleurs s’avérer d’excellents consommateurs.


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12 réactions à cet article    


  • Ludovic Charpentier (---.---.68.72) 7 février 2006 12:59

    ’La réponse a été positive en ce qui concerne la création d’une industrie. « Par contre nous vous refusons le monopole de l’emploi : sachez que si vous payez votre personnel et si vous le payez bien, vous n’en manquerez jamais ! »’

    Ca s’appelle le Fordisme, depuis qu’Henry Ford a repris ce principe : ’Je paye grassement mes ouvriers pour qu’ils puissent acheter mes voitures’. Le problème est que le Fordisme marche s’il est accompagné d’une forme de protectionnisme, car les hauts salaires à l’heure actuelle sont plutot dirigés vers une consommation d’importations... L’exemple du textile et de la chaussure en sont les plus beaux exemples...


    • jef88 (---.---.229.79) 7 février 2006 13:33

      Exactement ! Il est quasiment impossible de conserver des parts de marché quand les concurents ont des coûts salariaux 20 fois moins chers. Si les marchés s’éffondrent le chomage explose.

      Le passé a été la création, en 1978-79 d’usines de confection au Maghreb, par Monsieur BARRE, pour casser l’inflation, cela a détruit la confection... Ensuite on a connu l’ouverture des frontières par le GAT et l’OMC. Actuellement, c’est le chômage qui grimpe avec des importations à bas prix qui permettent de maintenir un semblant de pouvoir d’achat.

      l’avenir ? Si nous continuons sur cette pente le gouffre nous engloutira dans 10 ans et, par la force des choses nos salaires seront les mêmes qu’en Chine. Bien sur j’exagère, mais pas tellement...

      NB : Je croyais plutôt que le fordisme était l’application industrielle du taylorisme,ce que vous citez n’est qu’une facette du personnage d’Henry Ford, mais c’est un autre débat.


      • Christophe (---.---.252.125) 7 février 2006 14:01

        un grand nombre d’enseignants qui, idéologiquement, étaient contre le « patronat » en ont consciemment ou non tiré la conclusion qu’il fallait orienter les jeunes vers des disciplines plus nobles et plus intellectuelles.

        Je ne suis pas persuadé que les enseignants aient le pouvoir de telles décisions au niveau national. Pour être honnête, il faut rappeler que dans les années 1985-90 sont apparues les quotas de diplômés. Ce ne sont pas les enseignants qui les ont posés, mais les gouvernements. A cette époque, nous formions trop de main d’oeuvre ayant une formation technique spécifique sans possibilité d’évolution (CAP, BEP, ...). Ce fût la disparition des apprentissages ainsi que des orientations en cycle cours très tôt (après la cinquième). En contre-partie, pour atteindre les objectifs préfixés quant aux nombre de diplômés, le niveau d’exigence à été revu à la baisse.

        Aujourd’hui, nous sommes en manque flagrant de main d’oeuvre à un niveau de formation technique spécialisée (Bâtiment, Métallurgie, ...). Nous avons, comme vous le dites, formé des diplômés chômeurs ; surqualifiés par rapport aux carences actuelles.

        Nous constatons, pour certaines formations spécifiques, une inversion du rapport offre / demande qui a une influence sérieuse sur les niveaux de rémunération des quelques perles professionnelles qui existent.

        En dehors de ces constats, ce qui reste regrétable dans notre société est que la formation devrait être intégrée dans le cycle professionnel tout au long d’une carrière. Certes, il existe des possibilités à l’initiative de chacun, mais ces dernières sont annexes au monde professionnel. A l’heure où l’on prône l’évolution de carrière vers des changements géographiques et professionnels, il serait temps de prévoir des ré-orientations, des approfondissements, ... en terme de formation lors des périodes transitoires (entre deux emplois).

        Il est aussi temps de faire comprendre à nos contemporains qu’il n’y a pas de sous-métier !


        • jef88 (---.---.229.79) 7 février 2006 14:31

          « Je ne suis pas persuadé que les enseignants aient le pouvoir de telles décisions au niveau national. »

          Je ne parlais pas du pouvoir et de la loi mais de l’idéologie et de l’état d’esprit de certains, encore dans la sphère de 68.

          « Ce qui reste regrétable dans notre société est que la formation devrait être intégrée dans le cycle professionnel tout au long d’une carrière »

          Absolument exact ! Il existe la formation continue (à mon goût insuffisante) mais rien n’empèche tout un chacun de continuer à étudier tout au long de sa vie

          « Il est aussi temps de faire comprendre à nos contemporains qu’il n’y a pas de sous-métier ! »

          Vrai également, il n’y a pas non pluis de sot-métier.


          • christophe (---.---.206.216) 7 février 2006 21:26

            C’est le comble, il y a un chomage de masse et on manque de travailleurs. Je donne un exemple, il m’est très difficile de trouver quelqu’un qui va me faire mon crépis. J’ai l’impression que je dérange, et pour me changer les radiateurs, pareil ! Je suis à implorer leur bienveillance. Pourtant je suis un client ( futur ). Mais ils ont trop de travail.

            Concernant le protectionisme. Il faut revenir au protectionisme. Pourquoi : pour nous protéger. Sinon la pauvreté du monde va venir chez nous. Les salaires chinois demain ca sera nos salaires.

            C’est tout simple, on ne peut pas payer La moitié en salaire et la moitié en taxe ( secu etc...) longtemps chez nous alors que le meme produit fabriqué dans un autre pays 1. Prends le travail d’un francais. 2. ne rapporte rien aux caisses sociales. Il faut au minimum qu’on taxe les importations ( eventuellement non europeennes ) de CSG, retraite etc.. Et diminuer les charges sur le travail. C’est le minimum qu’on pourrait faire au lieu de rendre notre emploi encore plus précaire. Déjà il n’y a pas beaucoup d’emplois mais encore on va le rendre précaire. ( CPE qui va se généraliser ! )

            Cette idée du retour au protectionnisme et de la taxation des importations et des machines ( qui prennent la place d’un emploi), je ne l’ai pas souvent entendu.


            • Menadus (---.---.254.184) 8 février 2006 11:23

              La taxe que vous souheriez voir sur les machines entraverait fortement l’innovation technologique et aura, contrairement à ce que vous pensez des incidences négatives sur la croissance et l’emploi.


            • brch90 (---.---.184.165) 16 février 2006 12:54

              Le protectionisme n’a jamais freiné les avancées technologiques. Comme si le protectionisme américain avait empêché des USA de devenir numéro 1, n’importe quoi ! A votre avis à quoi sert l’OMC ?

              Nous avons peur des chinois mais il y a un nombre impressionnant de Chinois très pauvres. Peu sont les Chinois qui profitent de l’essor économique : on appelle cela le capitalisme. Seulement voilà ils sont nombreux et même en produisant un peu ils peuvent nous submerger. Bien sûr chez eux personne ne peut se payer les produits qu’ils fabriquent chez eux...

              Le fait de taxer les importations même un tout petit peu permettra de gagner des milliards et de redonner des emplois en Europe. Tant pis pour les quelques airbus en moins. Surtout si on va monter des usines Airbus en Chine ! La relance des usines et alors de la consommation produira encore des emplois et donc renforcera l’Europe donc la France.

              Si le monstre de l’éducation nationale travaillait au niveau NATIONALE (comme son nom l’indique) avec les outils statistiques (INSEE etc ...) pour déterminer les manques en recrutement et adapter les formations au marché du travail, tout irait mieux. Comme toujours le monstre immobile produit des diplômes qui ne servent à rien si on ne sait rien foutre de ses dix doigts ! Par exemple pourquoi conserver des formations insdustrielles en quantité alors la voie est sans issue ? Le secteur tertiaire emploie environ 2/3 des nouveaux embauchés...

              Ce monstre doit aussi se moderniser avec l’utilisation d’outils plus performants : CAO, DAO, réseaux, modernistion des moyens de transports, recherche développée (avec des OBJECTIFS PRECIS) etc ... L’histoire de la vie de Charlemagne et du moyen âge, on s’en fout, elle ne sert à rien. N’importe qui peut tout en apprendre dans un livre pour 15 euros alors à quoi sert d’embrouiller les têtes des gens en formation ?

              Dans votre budget familial, personne ne peut dépenser plus qu’il ne gagne très longtemps. Il y quelqu’un qui tient le gouvernail du bateau ?

              Pour en revenir au sujet la solution est :

              1) ralentir par la mise en place de nouvelles normes (qualité, techniques etc ) étudiées pour cela l’entrée des marchandises à bas prix en Europe : sinon à quoi sert l’Europe ? produire du chômage et de la pauvreté ? Les contrefacons des grandes marques - de luxe ou non - vont alors baisser ...

              2) augmenter les taxes douanières tant pis pour les quelques Airbus et cantrales électriques : il vaut mieux perdre quelques milliers emplois - et encore c’est à voir - et en gagner 5 millions. Cela doit se faire de façon progressive. Sur 5 ans ? Pour d’autres manufactures, on ne regarde pas tant ...

              3) rendre l’éducation nationale ET régionale, les formations plus flexibles avec l’utilisation des moyens statistiques, de prospective : à quoi servent les mathématiques ? à calculer comment gagner plus d’impôts ? Les formations seront adaptées à l’emploi.


            • (---.---.195.192) 8 février 2006 00:04

              3 millions de chomeurs et pourtant il y a plein d’emplois à pourvoir.

              Genre : employé de kebab 12h/jour payées 7 dont la moitié au black, femme de chambre en hotel 4 etoiles avec 8 chambres par heure, baby-sitter à 5 euros de l’heure, plongeur pakistanais payé tous les 4 jeudis...

              Alors des boulots formidables grassement payés qui n’en veut hein ?

              En revanche y a des métiers c’est bouché de chez bouché. Tiens président, avec des idées tout plein, pour faire sa fête au chômage, c’est même pas la peine d’essayer. Rien qu’ici t’as une dizaine de postulants.


              • liberté chérie (---.---.252.50) 8 février 2006 00:40

                Il y a une autre raison à la désaffection du travail manuel en France : la mentalité désastreuse, le mépris, plus que jamais actuel, des - gros - et même petits - patrons vis à vis de leurs employés : le profit et uniquement le profit, les salaires misérables à leurs salariés qui accomplissaient (ou accomplissent) pourtant des taches usantes dans des conditions pénibles. Les gens lucides, le jeune qui voyait son père ou sa mère rentrer épuisés avait à coeur de suivre une autre voie, par les études. Aujourd’hui, ce modèle n’est plus valable, le monde change tous les jours et les frontières économiques s’effacent peu à peu. Et il y a aujourd’hui la spéculation boursière et la délocalisation - le profit, encore le profit - qui raye du jour au lendemain une activité prospère dans une région...et jette à la rue des ouvriers, des employés qui ne savent plus que faire de leur qualification ou spécialisation... Sans parler des jeunes chercheurs recrutés par les entreprises à l’étranger (USA, Canada...) après qu’ils aient pourtant fait ici des études coûteuses payées par le contribuable... Un total gâchis, dû à de mauvais choix politiques, à une vue basse et du très court terme !!


                • Gil (---.---.93.79) 8 février 2006 13:05

                  C’est exact : on devrait demander aux grands diplômés de rembourser au pays le coût de leurs études si c’est pour partir enrichir d’autres pays.

                  On se retrouve en France avec les mêmes problèmes que les pays du tiers monde. L’autre jour à la tv, DeVilliers (pour lequel je n’ai aucune sympathie particulière par ailleurs) expliquait qu’il y avait plus de médecins originaires de je ne sais plus quel pays d’Afrique (où il aurait développé un partenariat humanitaire), en Ile-de-France... que dans tout le pays en question où ils font cruellement défaut.


                • jef88 (---.---.225.138) 8 février 2006 12:40

                  Les Coûts français.

                  En 1965 je faisais des « prix de revient » dans une grosse entreprise (pour l’époque) : 5 usines, 8 agences de vente. le coût de la structure était de 16%.

                  Ces dernières années je faisais faire des « prix de revient » à mes clients. Pour la petite entreprise semi-artisanale 10 salariés : structure 35% Pour des sociètés de 50 à 200 personnes : structure entre 45 et 50%...

                  l’état, les assurances et le papier coûtent autant que la matière première et la main d’oeuvre réunie.

                  Il y a la un bon sujet de réflexion.....


                  • Stephane Klein (---.---.101.8) 10 avril 2006 15:28

                    J’abonde dans le sesn de Jeff : ayons l’honnetete de revoir le fonctionnement de notre systeme social et nous aurons apporte un solution au cout du travail en France, qui une des grandes causes de chomage, cela implique d’avoir le courage de remettre en cause les avantages de ceux qui travaillent dans ces secteurs.

                    Vois de liberaliser et privatsier ces secteurs, personnlement, ca ne me derange pas pourvu que ma couverture chomage, maladie ou vieiellesse soit la meme : peu m’importe de cotiser ’ l’URSSAF ou via une assurance vie pour ma retraite. Je reclame d’ailleurs de cotiser ou non pour ma couverture chomage. Le tout confie a des entreprise privees mises en concurrence.

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