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Accueil du site > Actualités > Economie > La France va mal, les sociétés vont bien

La France va mal, les sociétés vont bien

J’avais eu l’occasion de vous signaler l’évolution des grandes sociétés françaises vers une activité de plus en plus mondiale et des implantations de plus en plus internationales dans un message du 18 novembre 2005, en vous signalant que, de ce fait, l’intérêt des chefs d’entreprises était maintenant tourné de plus en plus vers l’extérieur de la France, au détriment de nos problèmes économiques locaux.

Le résultat de cette internationalisation à grande vitesse se traduit aujourd’hui dans les résultats que les entreprises annoncent pour l’année 2005, et qui sont en général excellents. Je citerai Total, bien sûr, mais aussi Danone, L’Oréal, Schneider Electric, BNP... etc. Vous noterez qu’à chaque fois, la part de l’international dans le chiffre d’affaire ne fait que croître, et que la part du résutat final (le bénéfice) provient de plus en plus de l’international pour atteindre 95% dans le cas de Total. A croire que leurs activités françaises sont devenues un frein à leur développement !

Par contre, tout notre tissu de PME souffre particulièrement en ce moment. Il est vrai que contrairement à l’Allemagne, nous manquons de PME suffisamment fortes pour se lancer à l’exportation, et elles souffrent donc beaucoup plus que les grandes entreprises de l’atonie du marché français. C’est la raison pour laquelle vous entendez nos pouvoirs publics, Président en tête, essayer d’en faire la promotion et annoncer des plans pour augmenter considérablement le nombre de PME exportatrices. En oubliant sans doute que la première condition pour être exportateur est d’être compétitif, et que le coût de l’Etat - auquel on ne fait rien- plombe justement d’entrée de jeu cette compétitivité.

Tout ceci pour dire que nos chefs de grandes entreprises continueront à avoir le regard tourné vers le grand large, qui assure leur développement, et de moins en moins vers les problèmes internes français, qu’ils n’ont d’ailleurs pas vocation à résoudre. Je dirais même que les levées de boucliers de nos hommes politiques et de nos médias sur des résultats qu’ils devraient au contraire saluer devraient même les inciter à accentuer leur intérêt pour le vaste monde, voire à transférer leurs sièges sociaux dans des pays plus connaisseurs des rouages du système économique... si d’aventure on se décidait à surtaxer leurs profits (cf. Alcatel ou Arcelor). Attention, danger !

Derniers regrets : les Français, en dehors des salariés de ces grandes entreprises qui touchent des dividendes respectables sous formes d’intéressement ou de participation, ne pourront même pas en tirer avantage puisque nous n’avons toujours pas su ni voulu développer le capitalisme populaire qui nous manque pour nos retraites et pour la "patriotisme économique" dont on nous reparle à chaque OPA, sans rien faire pour le promouvoir par ailleurs.

Depuis des années, nos hommes politiques et notre Etat tout-puissant ont voulu nous faire croire que c’étaient eux qui dirigeaient la France, avec des bataillons de fonctionnaires tout aussi convaincus de leur rôle essentiel dans le fonctionnement de la machine économique. Aujourd’hui, en quelque sorte, le roi est nu ! Le développement des entreprises se fait et se fera durablement en dehors de France, et on s’aperçoit pour la première fois que ce sont ces entreprises et tous les salariés du privé qui payent pour l’Etat et ses services. Seule chance qui nous vient de l’Europe si décriée, l’euro, sans lequel nous en serions déjà à la deuxième ou troisième dévaluation du franc.

A réfléchir...


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13 réactions à cet article    


  • Scaton l’africain (---.---.1.1) 22 février 2006 13:26

    Les élites sont parvenues à détourner notre attention de ce qui importe réellement : nous sommes obnibulés par de vagues questions de liberté d’expression, d’insécurité, d’identité...alors que la situation socviale des français ne fait que se dégrader, le code du travail est en péril, le chomage atteint des niveaux inquiétants, le niveau de la dette nationale est alarmant, des salaires tirés vers le bas alors que les entreprises explosent leurs bénéfices. Aucune réaction populaire ou si peu, dire que l’on est plus intéressé par ce qu’il se passe en Palestine, en Iran, en Irak, aux USA. Incapables que nous sommes à nous remettre en question et à demander à nos gouvernants de respecter leurs promesses électorales, d’engager leur responsabilité pour que la France sorte du gouffre où elle est. Au lieu de cela on prédit un avenir présidentiel à un agitateur qui du ministère des finances à celui de l’Intèrieur n’a absolument rien fait de ce qu’il avait promis, aucun résultat positif,aucune reprise économique, aucun sentiment d’insécurité en baisse, rien... ou sont passés ces francais pret à défendre leur modèle ? où sont passés ces défenseurs du droit du travailleur ? où est passé cette volonté de travailler pour vivre plutot que de vivre pour travailler ?


    • fatima (---.---.113.27) 22 février 2006 20:15

      Je suis bien d’accord Scaton L’Africain pendant que l’on s’écharpe à coup d’anathèmes les forces de l’argent qui gouvernent le monde, sans partage désormais, continuent de brader les valeurs humaines sur l’autel sacré de la bourse. On oblige les hommes aux cannibalisme. Les nations à la prostitution. Le voilà donc ce grand marché qui doit apporter la paix et la prospérité à tous. Une immense centrifugeuse qui concentre au centre par ses forces centripète l’argent pour une minorité, et qui envoie gicler le sang de la majorité des hommes sur les paroies. En l’espace d’une génération l’ascenceur social s’est complètement bloqué. l’Etat fait pitié par sa pauvreté et son endettement ( nos pauvres enfants, ce qu’on vous laisse comme héritage, endettés dès la maternelle).L’Etat qui n’arrive à assumer à fond aucune de ses prérogatives par manque de moyens : éducation, justice, recherche, et j’en passe. Il parait qu’il n’y a de l’argent pour rien, c’est quand même curieux. Donc nous sommes pauvres, mais alors pourquoi faire cocorico quand une multinationale qui n’a plus de francais que son acte de naissance, fait des bénéfices « historiques , » puisqu’à part notre gloriole flattée, cela n’apporte parfois que de misérables miettes dans le porte-monnaie de la nation.


    • Antoine (---.---.214.253) 22 février 2006 15:08

      C’est un cri d’alarme que vous lancez.

      Je suis d’accord avec vous, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

      Cette question concerne aussi les autres pays fondateurs de l’Europe. Si ce que vous décrivez trouve son origine la logique économique, il est légitime de se poser ces questions et de les amener dans les champs politique, citoyen. Beaucoup de personnes et les partis traditionnels vont souvent rechercher les causes pour justifier cette sorte de « fuite en avant ». Rarement, il est question d’y remédier, souvent c’est le fatalisme qui l’emporte.

      Il y a un vrai débat à mener sur l’avenir de nos sociétés industrialisées. Et les implications sont nombreuses comme on peut l’imaginer. J’attend avec impatience ceux qui auront avec sincérité d’un vrai projet de rénovation avec de solides réponses à cette question : « Comment faire ? » J’aimerais tellement que cela soit simple alors que tous nous avons de plus en plus un sentiment d’insécurité et d’impuissance face aux changements qui se profilent.


      • Vincent (---.---.224.192) 22 février 2006 18:23

        Oui, le monde evolue, la croissance et la securite existent ailleurs. Titre de l’article accrocheur(mais bon enfant), meme si l’article serait plutot « La France survit grace aux investissements a l’etranger », :).


        • éric (---.---.165.8) 22 février 2006 19:14

          Le capitalisme populaire que vous appelé de vos voeux me semble être le miroir aux alouettes. Le salarié capitaliste devient dépendant à 100% du capitalisme, peut-être le souhaitez-vous ? Vous présentez la situation comme si le capitalisme est la seule voie du developpement et en toute logique vous fustigez l’État. Mais savez-vous que 1% du pib soit environ 15 milliards d’euros sont distribués chaque année aux entreprises sous forme de subventions, et qu’un rapport du commissariat général au plan nous indique que la collectivité ne sait pas à quoi servent ces sommes ponctionnées au contribuable et encore moins si elles sont efficaces ? Par ailleurs, les entreprises pourraient-elles fonctionner sans infrastructures (route, sécurité, enseignement, samu, pompiers...) ? Il est évident que non. Si L’État ne peut ou ne doit s’occuper de tout, il me semble que la main invisible chère à Adam Smith a besoin d’un regard pour être guidé.


          • Manu Manu 22 février 2006 19:32

            Si la France va mal, c’est justement parce que ces sociétés refusent de partager leurs bénéfices. Contrairement à ce que l’on nous assène, ces entreprises sont le poumon de l’économie, et non les PME. Si les grands groupes redistribuaient à leur centaines de milliers de salariés une partie de leurs profits, l’effet sur l’économie nationale ne saurait passer inaperçu.

            Mais pour leurs dirigeants, il est bien plus profitable d’augmenter les dividendes des actions, pour faire monter le cours de l’action... et donc la valeur des stock-options !


            • herbe (---.---.28.6) 22 février 2006 20:55

              A quoi sert la croissance, si elle ne rend pas plus heureux ?

              le bonheur national brut (bnb) !


              • Marie (---.---.241.159) 22 février 2006 23:41

                Certes, les grosses multinationales vont très bien mais leur résultat n’ont aucun lien avec les performances économiques de la France. La France doit recréer de l’emploi industriel car c’est un gros pourvoyeur d’emplois, en effet une société qui fabrique des produits de consommation cela représente 100 à 1000 personnes. Mais certaines grosses sociétés préfèrent acheter en Asie (Chine, Inde, ...) et revendre en se faisant de très grosses marges. Quand vous achetez un jean à 10 euros, vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis (vous supprimez des milliers d’emploi dans la filière textile, je sais c’est déjà fait depuis longtemps...), vous enrichissez les importateurs, et vous êtes habillé comme un sac. On nous a trop longtemps dit que les pays en voie de développement (Chine, Inde,...) fabriqueraient des produits à faible coût de main d’oeuvre et que nous les pays « industriels », nous nous occuperions des nouvelles technologies, nous ferions du service, ... N’importe quoi ! Aujourd’hui, certains laboratoires chinois ont une longueur d’avance sur les notres. De plus, quelle prétention ! la colonisation, c’est terminée ! Chaque pays doit pouvoir produire un peu de tout, on ne peut avoir un pays d’ingénieurs. Il faut de tout pour faire un monde. Je suis persuadée qu’aujourd’hui, on pourrait reproduire en France, il suffit de prévoir quelques nouvelles lois (supprimer quelques carcans comme l’ISO 9000 qui ne sert à rien sinon à plomber certaines sociétés, on pourra en reparler), de penser dévéloppement durable et de garder raison.


                • (---.---.144.47) 23 février 2006 00:04

                  A mon sens une bonne facon d’interresser le salarié sur la bonne marche de l’entreprise c’est qu’une part de sa rémunération soit distribué sous forme d’action. qu’en au 15 milliard de subventions aux entreprises, c’est oublier bien vite ce qu’elles donnent. En France ce qui nous coute cher c’est la masse salariale de la fonction publique et l’intérêt de la dette. Une bonne partie des pays qui ont réussis leur réforme des services publiques s’en tirent plutot bien, espérons que nos politiques auront le même courage ... Quand à la mondialisation, beaucoup s’accordent à dire que le monde connaitra la croissance tant que le rattrapage de la chine,inde et russie n’aura pas eu lieu. Il ne tient qu’à nous de ne pas rester à la traine. En France on a pas de pétrole, mais on à plus d’idées non plus aie aie ...


                  • panchogalo (---.---.25.199) 23 février 2006 06:42

                    Une chose est sure, il faut etre tres courageux pour investir et tenter de faire évoluer les choses en France ; dans bien des pays ou j’ai travaillé, on peut construire, développer, réussir, avec l’environnement, pas contre...


                    • Fred (---.---.72.130) 23 février 2006 14:41

                      Ca ne m’etonne pas que les entreprises investissent ailleurs, le marche du travail est trop rigide en France. Si on regarde les pays Scandinaves, reel modele de succes social, le travail est beaucoup plus liberal et les entreprises peuvent licencier sans avoir a verser un centime.


                      • Redj (---.---.125.3) 28 février 2006 22:08

                        Pour eux le succés social ne durera que le temps qu’ils vendent toutes leur ressources naturelles après on en reparlera. Et puis le succès social de la majorité d’une population n’est pas le succés social tout court.


                      • Redj (---.---.125.3) 28 février 2006 22:21

                        Se sauver du capitalisme par le capitalisme voilà une bien belle proposition, mais elle ne sauve pas la France contrairement a ce que vous laissez entendre, elle sauve les francais riches. A terme votre solution propose de diviser le monde autrement qu’en états, mais en niveaux sociaux peu importe l’endroit sur la planète. C’est effectivement ce qui se passe, sauf que les entreprises ont besoin des états et des travailleurs pour fonctionner et vendre...autrement dit après avoir fait jouer la concurrence sur les travailleurs elles le feront sur les etats et leur citoyens. Ce sera l’escalade vers de moins en moins d’avantage sociaux puis vers de moins en moins de service publique puis de moins en moins de droit de citoyens...Ce type de régime a un nom : Oligarchie.

                        La question est : serez vous Mr Ca m’intéresse l’un des actionnaires de ces entreprises ou l’un des pauvres types laissé pour compte sur le chemin ? N’oubliez pas la tendance du capitalisme à rationnaliser et donc à concentrer les richesses dans un minimum de porte monnaie. Alors qu’en pensez-vous...vous allez tenir ? peut-être vous, mais vos enfants ?

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