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La French Tech, un an après

« L’État souhaitant favoriser en France l’émergence de startups à succès pour générer de la valeur économique et des emplois, il crée l’Initiative French Tech comme un grand mouvement de mobilisation collective. »1

Ainsi est introduit l'appel à manifestation d'intérêt destiné à concrétiser le deuxième objectif de l'Initiative French Tech. Cet appel est publié en décembre 2014, à l'issue d'une année que l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) présente comme positive en terme de création d'entreprises.2 L'Initiative French Tech vise à soutenir cette progression.

 

1LA FRENCH TECH. Appel à manifestation d’intérêts pour les investissements dans des structures d’accélération de la croissance de startups innovantes (« accélérateurs de startups ») [en ligne]. Gouvernement.fr <http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2015/01/ami_french_tech_acceleration_0.pdf> consulté le 01 février 2015

2INSEE. Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés [en ligne]. Insee Première N° 1534 - janvier 2015. Insee. <http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1534> consulté le 03 février 2015

 

1 Les spécificités de la « FrenchTech »

1.1 L'originalité des définitions

Le terme « FrenchTech » est désormais « le nom collectif pour désigner tous les acteurs de l’« écosystème de startups » français. »1 L'appel à manifestation d'intérêt de décembre 2014 précise que ces acteurs sont « les entrepreneurs en premier lieu, mais aussi les investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, animateur d’écosystème, organisateurs d’événements, incubateurs, accélérateurs, medias, opérateurs publics, instituts de recherche… qui s’engagent pour la croissance et le rayonnement international des startups françaises. »2

Quant aux « startups », l'appel ajoute que ce sont de « jeune[s] entreprise[s] à la recherche d’un modèle économique « scalable » (à potentiel de croissance forte et rapide) ou [des] entreprise[s] qui [ont] été [des] startup[s] et qui exécute[nt] un modèle économique à forte croissance. »3 Cette définition est concentrée sur le modèle économique et demeure donc indifférente à l'âge de l'entreprise. La définition originelle, anglophone, présente pourtant la « startup » comme étant « une entreprise nouvellement formée »4.

Le choix du Gouvernement français a donc été de ménager un espace fortement malléable, au sein duquel peuvent s'implanter des entreprises séculaires ayant changé leur modèle économique au profit d'un modèle « à potentiel de croissance forte et rapide ». L'accent que place la définition française sur ce modèle de croissance est évocateur du cœur de cible de l'organisation Endeavor.

1.2 Le modèle Endeavor

La société américaine Endeavor a été créée en 1997.5 Ses fondateurs l'ont pensée comme « une nouvelle sorte d'organisation à but non lucratif »6. En effet, elle « relève à la fois de l'organisation internationale et de l'entreprise privée. Elle est destinée à soutenir l'entrepreneuriat [à forte valeur ajoutée] partout dans le monde, et notamment dans les marchés émergents. »7 Elle est surtout la seule entité de cette envergure offrant un exemple réussi de soutien et de promotion de l'entrepreneuriat à un niveau international.

En 18 ans d'existence, Endeavor a été étudiée par les Universités Harvard et Stanford.8 La société a engagé un ancien président de la Banque mondiale en 2006 et, deux ans plus tard, la co-fondatrice est devenue coprésidente du Forum économique mondial sur le Moyen-Orient avant de participer en 2010 au Sommet de la Présidence des États-Unis sur l'entrepreneuriat.9

Dès 1999, Endeavor a su intéresser les investisseurs internationaux au sort des entrepreneurs sélectionnés.10 Le cofondateur a d'ailleurs créé une entreprise privée d'investissement qui travaille avec Endeavor pour, entre autres, soutenir des startups aux États-Unis et en Europe.11

Cette spécificité consistant à associer les investisseurs privés dès le début a été intégrée à la démarche French Tech dont l'un des « 3 objectifs principaux » est « un fonds d’investissement de 200 millions d’euros [qui] cofinance des accélérateurs de startups privés. »12 Cette démarche de mise en avant des investisseurs privés est en adéquation avec la réalité de l'activité entrepreneuriale, en témoigne l'évolution de la création de Sociétés par actions simplifiées (SAS).

 

2 Le véhicule de la French Tech : la SAS

2.1 Les avantages de la SAS

La SAS est une « société groupant des associés dont la responsabilité est limitée à leur apport personnel et qui ont la possibilité de disposer de prérogatives indépendantes de leur part de capital. »13 Cette possibilité distingue la SAS de la Société à responsabilité limité (SARL) au sein de laquelle les pouvoirs des associés « sont proportionnels à la part du capital détenue. »14 Par ailleurs, « la SAS est une société de capitaux, ce qui la rapproche de la société anonyme (SA). »15 Cependant, elle en demeure distincte car, entre autres particularités, « elle peut être unipersonnelle, on parle alors de société par actions simplifiée à associé unique (Sasu). »16

La possibilité de découpler prérogatives et part de capital distingue la SAS comme un instrument de choix pour les créateurs d'entreprises qui envisagent de recourir à des financements (privés) externes. En effet, cette possibilité peut permettre à l'entrepreneur possédant un nombre réduit de parts de capital de demeurer effectivement directeur de sa société. Dans le même temps, les investisseurs privés, dont le financement peut favoriser une détention importante du capital, demeurent libre de minimiser leurs obligations en terme de responsabilité sociale. Ils prêtent les capitaux sans avoir à être constamment décideurs des détails opérationnels. Cela les libère pour investir ailleurs.

2.2 Le tournant de l'année 2014

En 2014, « les sociétés par actions simplifiées (SAS) continuent à gagner du terrain sur les autres formes sociétaires : […] 39 % des créateurs de sociétés privilégient cette catégorie juridique (après 29 % en 2013 et 19 % en 2012). »17

Élément plus remarquable encore : en 2014, pour la première fois, il y a plus de SAS unipersonnelles créées que d'autres SAS.18 Les nouveaux entrepreneurs éduqués à la méthodologie du financement de leurs projets ont compris que la SAS était le meilleur véhicule pour évoluer au rythme des tours de table.

 

Le tournant de l'année 2014

 

Un an après le lancement de l'Initiative French Tech,19 la reconfiguration de l'environnement sociétaire français suggère l'avènement d'une nouvelle donne pour l'écosystème de startups.

 

3 L'instabilité de la French Tech

En 2015, la French Tech est orientée vers l'international. Le but est d'attirer « en France des entrepreneurs, des talents et des investisseurs venus de partout dans le monde. »20 Cette ouverture à de nouveaux protagonistes précipitera le renouvellement des acteurs French Tech déjà perceptible, notamment dans le secteur financier et d'assurance (I).21

La précipitation occasionnée sera au détriment de l'environnement French Tech dont la visibilité demeure nébuleuse (II)22. En effet, les outils disponibles pour favoriser l'entrepreneuriat sont si nombreux que les doublons ne sont pas évités quand la navigation est possible.

 

Suivez la suite de la série via la lettre d'information hebdomadaire.

 

 

1LA FRENCH TECH. Profil Twitter @LaFrenchTech [en ligne]. Twitter. <https://twitter.com/LaFrenchTech> consulté le 01 février 2015

2LA FRENCH TECH. Appel à manifestation d’intérêts pour les investissements dans des structures d’accélération de la croissance de startups innovantes (« accélérateurs de startups ») [en ligne]. Gouvernement.fr <http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2015/01/ami_french_tech_acceleration_0.pdf> consulté le 01 février 2015

3Ibidem

4« a newly established business »

OXFORD DICTIONARIES. Start-up [en ligne]. Oxford Dictionaries. <http://www.oxforddictionaries.com/definition/english/start-up?q=startup> consulté le 01 février 2015

5ENDEAVOR. Our background - Overview [en ligne]. Endeavor. <http://www.endeavor.org/model/ourbackground> consulté le 01 février 2015

6Ibidem

7UMUCYO Alain-Patrick. Lobbying au XXIème siècle, le nouveau pouvoir [en ligne]. 21 novembre 2014. Oboulo. <http://www.oboulo.com/summary?id=337074&affiliationcode=0d088b> consulté le 01 février 2015

8ENDEAVOR. Our background - Timeline [en ligne]. Endeavor. <http://www.endeavor.org/model/ourbackground> consulté le 01 février 2015

9Ibidem

10Ibidem

11ENDEAVOR. Peter B. Kellner [en ligne]. Endeavor. <http://www.endeavor.org/network/endeavorglobal/boardofdirectors/peter-kellner/683> consulté le 01 février 2015

12LA FRENCH TECH. Appel à manifestation d’intérêts pour les investissements dans des structures d’accélération de la croissance de startups innovantes (« accélérateurs de startups ») [en ligne]. Gouvernement.fr <http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/contenu/piece-jointe/2015/01/ami_french_tech_acceleration_0.pdf> consulté le 01 février 2015

13INSEE. Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés [en ligne]. Insee Première N° 1534 - janvier 2015. Insee. <http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1534&page=sdb#def5> consulté le 03 février 2015

14INSEE. Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés [en ligne]. Insee Première N° 1534 - janvier 2015. Insee. <http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1534&page=sdb#def6> consulté le 03 février 2015

15INSEE. Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés [en ligne]. Insee Première N° 1534 - janvier 2015. Insee. <http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1534&page=sdb#def5> consulté le 03 février 2015

16Ibidem

17INSEE. Hausse des créations d’entreprises en 2014, notamment des sociétés [en ligne]. Insee Première N° 1534 - janvier 2015. Insee. <http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1534#inter2> consulté le 04 février 2015

18Ibidem

19MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE ET DES FINANCES. Emmanuel Macron et Axelle Lemaire ont présenté leurs voeux à la French Tech [en ligne]. 29 janvier 2015. Ministère de l'économie et des finances. <http://www.economie.gouv.fr/emmanuel-macron_axelle-lemaire_voeux-frenchtech-2015> consulté le 04 février 2015

20LA FRENCH TECH. Internationalisation de la French Tech [en ligne]. La French Tech. <http://www.lafrenchtech.com/content/internationalisation-de-la-french-tech> consulté le 04 février 2015

21UMUCYO Alain-Patrick. I/ Le renouvellement des acteurs French Tech [en ligne]. Bitly. <bit.ly/BiocénoseFrenchTech> consulté le 04 février 2015

22UMUCYO Alain-Patrick. II/ L'impénétrabilité de l'environnement French Tech [en ligne]. Bitly. <bit.ly/BiotopeFrenchTech> consulté le 04 février 2015


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3 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 12 février 2015 12:00

     ?....Savez vous que le progrès c’est de la pollution en plus... ?

    Nous ne savons plus ou mettre nos déchets...vive le progrès... !


    • Pascal L 12 février 2015 15:06
      Ça y est, on a trouvé un nom, reste plus qu’à trouver les capitaux. 

      Les capitaux ne vont que sur les projets sans risques avec un retour en moins de deux ans. Pas facile de rivaliser avec les transaction à la milli-seconde quand on crée de la richesse.
      Et ne me dites pas que c’est pas vrai, j’ai déjà essayé de créer uns star-up technologique et celle que je suis en train de créer maintenant ne demandera pas un centime à un financier.

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