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La Grande-Bretagne dans l’oeil du cyclone / Suite

La décision prise le 6 décembre dernier par la banque d’Angleterre de baisser ses taux de 0.25 % à 5.25 % s’est révélée être une des décisions les plus importantes prises par cette vénérable institution depuis une décennie, soit depuis sa réorganisation par Gordon Brown qui lui avait accordé son indépendance totale vis-à-vis du pouvoir politique.

La décision prise le 6 décembre dernier par la banque d’Angleterre de baisser ses taux de 0.25 % à 5.25 % s’est révélée être une des décisions les plus importantes prises par cette vénérable institution depuis une décennie, soit depuis sa réorganisation par Gordon Brown qui lui avait accordé son indépendance totale vis-à-vis du pouvoir politique.

Le comité définissant la politique monétaire britannique se réunit une fois par mois, il définit un taux de base théorique qui, en règle générale, ne présente qu’une différence infime de l’ordre de 0.1 % par rapport au taux en vigueur dans l’économie réelle. Un décalage important et sans précédent s’est pourtant manifesté depuis cinq mois entre ces deux types de taux. Ainsi, les bénéficiaires de prêts hypothécaires et les établissements de crédit ont-ils dû subir une augmentation réelle de près d’un point de base de leur coût du crédit alors qu’au même moment la banque centrale maintenait le statu quo sur les taux théoriques, attendant de jauger les conséquences de la crise mondiale du crédit. En réduisant pour la première fois ses taux le 6 décembre, la banque d’Angleterre a donc pris officiellement acte du ralentissement sérieux de l’économie britannique.

En fait, le système bancaire britannique est au bord de l’effondrement et une catastrophe ne pourra être évitée que grâce à des aides massives prodiguées par la banque centrale par le biais de réductions répétitives des taux d’intérêts dans ce qui pourrait se révéler être la plus importante opération de sauvetage financière de ces vingt dernières années. En démarrant ce cycle d’assouplissement de sa politique monétaire, la banque centrale a donc rompu avec sa politique académique du "laisser-faire" qui a contribué à l’affaiblissement et à la fragilisation de l’économie du pays. De fait, c’est tout l’échafaudage économique mis en place par M. Brown depuis dix ans qui risque de s’effondrer et la banque d’Angleterre n’a certes baissé ses taux que de 0.25 % mais il faut espérer que l’effet de cette réduction sera au moins symbolique. En effet, une baisse de 0.5 % le 6 décembre aurait pu envoyer aux marchés des signaux de fébrilité, voire de panique.

En dépit d’une crise des subprimes ayant démarré aux et du fait des Etats-Unis, la crise du crédit se fait sentir de manière nettement plus aiguë en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis. Le marché immobilier britannique est tout d’abord plus vulnérable que son équivalent américain eu égard aux prix immobiliers et à la dette hypothécaire globale qui se sont accrus à un rythme nettement plus important en Grande-Bretagne qu’aux Etats-Unis, et principalement si l’on compare ces augmentations à l’évolution des revenus dans les deux pays. Par ailleurs, les banques britanniques sont au bord du précipice : après le sauvetage de la faillite in extremis de Northen Rock par la banque d’Angleterre, le gouvernement britannique a même dû aller plus loin en garantissant tous les dépôts déposés dans les banques du pays. Ainsi, la spéculation boursière contre deux des plus importants établissements bancaires britanniques, Barclays et Royal Banque of Canada, a été sans précédent par sa virulence alors qu’aucune banque de ce calibre aux Etats-Unis n’a encore été sous le feu d’attaques équivalentes. Par ailleurs, la Grande-Bretagne est structurellement plus vulnérable que les Etats-Unis à une récession car les trois facteurs déterminants ayant contribué à la croissance britannique ces dix dernières années, à savoir l’expansion des secteurs financiers, immobiliers et des dépenses publiques, sont en train de s’inverser. Pire encore : la City est sur le point de subir la réforme fiscale la plus importante depuis une trentaine d’années, réforme qui aura pour effet de pousser une frange non négligeable de ces activités financières à s’expatrier vers des cieux plus cléments. N’oublions pas également de mentionner la baisse du dollar et des taux à long terme américains qui contribueront dans les dix-huit mois à venir à relancer la croissance aux Etats-Unis sans pour autant relancer celle de la Grande-Bretagne à cause de la fermeté de la Livre Sterling et des taux à long terme britanniques qui tous deux n’ont commencé que très récemment à montrer des signes de faiblesse. Enfin, la réactivité de la Federal Reserve amércaine qui a déjà baissé ses taux de 1 % depuis cet été est un atout majeur et une assurance importante pour l’avenir. Pendant ce temps, la banque d’Angleterre ne les a bougés que de 0.25 %...

Ainsi, alors que le pragmatisme de la banque centrale américaine permettra probablement d’éviter une récession trop douloureuse aux Etats-Unis, il est vraisemblable que le décalage dans la réactivité de la banque d’Angleterre pèsera de tout son poids les mois prochains sur l’économie britannique.


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22 réactions à cet article    


  • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2007 13:05

    Où sont les libéraux et les conservateurs qui vantaient à hue les économies anglo-saxonnes ?

    La crise des sub-primes a révélée que leur croissance basée sur l’endettement ne fonctionne qu’un laps de temps.

    Non seulement les états ont légitimés les pratiques de faux-monnayage qu’opèrent les banques, mais en plus ils viennent les sauver de leurs dérives , source d’excès futures et annonciateurs de prochaines crises.

    Mais l’article donne un ton un peu érroné sur la suite de cette crise aux Etats-Unis : « Les chiffres sont énormes. Le blog financier Calculated Risk estime, à partir des données de First American CoreLogic, que si le prix de l’immobilier baisse de 20%, ce seront 13,7 millions de propriétaires qui seront dans le rouge. Si les prix baissent de 30%, ce nombre s’élèvera à 20 millions » aux US.

    source : http://w41k.com/13330

    Tant que le comportement des banques centrales et des états sera calqué sur les leçons tirées de 1929, les banques infaillibles viendront placer l’économie mondiale de façon récurrente au bord de la crise systémique.

    Comment vont survivre des économies dont la masse monétaire est obligée de croître au moins des taux d’intérêts avec une croissance faible sinon nulle ? En ayant recours massivement à l’inflation, c’est le seul échappatoire des agents économiques.


    • Emmanuel W 17 décembre 2007 14:24

      « de baisser ses taux de 0.25 % à 5.25 % »

      Je ne suis pas économiste mais il n’y aurait pas une coquille ?


      • Emmanuel W 17 décembre 2007 14:25

        ok vu, avec mes excuses...


      • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 14:55

        Grâce à la série de baisses de taux US, grâce à la baisse du Dollar, la récession sera moins sévère aux USA dans les mois à venir. Sauf si la crise du crédit devait s’amplifier par un évènement dramatique imprévu, comme une faillite bancaire ou...une guerre contre l’Iran.


      • geko 17 décembre 2007 16:13

        @L’auteur merci pour votre article

        Ainsi, la spéculation boursière contre deux des plus importants établissements bancaires britanniques, Barclays et Royal Banque of Canada, a été sans précédent par sa virulence alors qu’aucune banque de ce calibre aux Etats-Unis n’a encore été sous le feu d’attaques équivalentes

        De qui viennent ces attaques boursières, d’autres banques concurrentes ? Ou est ce à dire que les rats quittent le navire dans un mouvement de panique ?


        • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 16:22

          selon moi, c’est votre seconde explication qui est la bonne dans le sens où les capitalisations boursières surévaluées de ces dernières années ont fini par flancher brutalement face à des investisseurs et surtout des spéculateurs paniqués par la débandade de Northen Rock ! Le « laissez-faire » a son prix...


        • geko 17 décembre 2007 17:09

          Les rats quittent le navire et compte tenue que les capitaux n’ont plus de liens avec les nations, si je suis votre raisonnement : la City est sur le point de subir la réforme fiscale la plus importante depuis une trentaine d’années, réforme qui aura pour effet de pousser une frange non négligeable de ces activités financières à s’expatrier vers des cieux plus cléments.........Je serais tenté de conclure que les USA transfèrent leurs problèmes chez les voisins et que la Grande Bretagne aura beaucoup de mal à éviter une récession ?


        • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 17:52

          Il y a de celà effectivement...Les Etats-Unis ne sont-ils pas spécialisés dans l’exportation de leurs problèmes et maladresses ?? ...ou pour le dire plus familièrement : les refiler aux autres ? Je dis celà alors que j’aime néanmoins ce pays.


        • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2007 17:43

          A Londres, on évoque même la nationalisation de la Northern Rocks : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-990693,0.html


          • geko 17 décembre 2007 18:05

            @Michel Santi il ne s’agit pas de faire de l’anti américanisme primaire mais les Etats Unis sont coutumiers du fait.

            Continuons la prospective si vous le souhaitez (merci pour le lien tzecoatl). L’espagne n’est elle pas dans une situation similaire ? Ne risque t’on pas un effet domino pour l’Europe ? De mémoire les taux fixés par les banques nationales répondent aux éxigences du fameux serpent monétaire européens.

            L’europe risque t’elle à terme une recession ?


            • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2007 18:33

              Je me permets de répondre à Gecko :

              « L’europe risque t’elle à terme une recession ? » Nous sommes arrivés au bout de l’astuce de l’endettement soutenant la croissance.

              De plus, et c’est une technique chère à Alan Greenspan, afin d’éviter une récession, la formation d’une nouvelle bulle permet de cacher l’éclatement d’une autre. Mais aujourd’hui, quelle bulle peut remplacer l’éclatement des marchés immobiliers ? A priori aucune. D’autant plus que les marchés actions sont affectés par la crise des sub-primes.

              De surcroît il y a deux fois plus de crédits sub-primes qui arrivent à échéance en 2008 par rapport à 2007. Quelque part, on peut se féliciter que ces faux-monnayeurs de banquiers soient corrigés de leurs excès. Mais c’est sans compter que le resserrement du crédit risque d’emporter toute la sphère productive dans une récession.

              On constate que la monnaie d’endettement en vigueur aggrave les cycles économiques, apportant des excès de liquidités alimentant artificiellement certains marchés haussiers du fait de l’apport de ces liquidités, et aggravant les crises par l’assèchement en cas de rupture de confiance.

              Sommes nous encore prêts à subir le joug et les errements du système financier international ou profiterons-nous de cette ultime crise pour demander des comptes à nos décideurs économiques et politiques (qu’ils se gardent bien d’incriminer en profondeur) quand à l’illégitimité d’un modèle financier dont on connait les fraudes (réserve fractionnaire), les abus (contournement des règles de la BCE et de la BRI via la titrisation), les effets de bords (expulsion de millions d’américains, taux de chômage élevée en Europe, endettement massif des états, des ménages, etc) ?


            • geko 17 décembre 2007 18:51

              Merci pour votre réponse Tzecoatl. C’est tout le sytème qui risque de s’effondrer et nous de nous retrouver avec de la monnaie de singe entre les mains !


            • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2007 19:04

              « nous de nous retrouver avec de la monnaie de singe entre les mains ! » Effectivement, afin de juguler les risques de resserrement du crédit, 5 banques centrales jouent leur va-tout en émettant de la monnaie centrale indispensable aux banques secondaires d’émettre encore plus de crédits, afin que l’économie ne devienne trop récessioniste : http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?&news=4936470

              Ces émissions monétaires supplémentaires afin de faire tenir le système sont effectivement inflationnistes.


            • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 19:43

              votre crainte concernant l’Europe n’est pas injustifiée et, concernant l’Espagne, je m’en inquiétais sur mon site dans une des mes analyses :

              http://www.gestionsuisse.com/ArticleDetail.asp?id=391


            • Michel Santi Michel Santi 17 décembre 2007 19:52

              A Claude Simon, entièrement sur la même longueur d’onde à propos de l’idôlatré Greenspan dont le seul mérite est d’avoir énergiquement et à l’occasion de plusieurs cycles baissé les taux US avec pour effet immédiat la création de toutes sortes de bulles. Celà ne s’apelle pas vraiment de la politique monétaire et la façon dont il critique son successeur Bernanke est assez lamentable car ce pauvre Bernanke ne fait que « gérer l’héritage »...

              Quant à la crise actuelle, je ne pense vraiment pas que ce soit l’« ultime » que nous allions subir car - vous le verrez - sitôt que les marchés boursiers reprendront des couleurs dans 6 mois ou dans deux ans, les spéculateurs monteront dans le train en marche ...en attendant le prochain bain de sang.


            • Gandalf Tzecoatl 17 décembre 2007 20:40

              @ Michel Santi (bonne « dépseudoîsation » au passage smiley ) : « ce pauvre Bernanke ne fait que »gérer l’héritage« ... »

              Entièrement d’accord.

              " Quant à la crise actuelle, je ne pense vraiment pas que ce soit l’« ultime » que nous allions subir car - vous le verrez - sitôt que les marchés boursiers reprendront des couleurs dans 6 mois ou dans deux ans, les spéculateurs monteront dans le train en marche ...en attendant le prochain bain de sang."

              Dommage que vous ne voyez que comme seul échapatoire une prolongation de la politique monétaire « greenspanienne » que vous décriez plus haut.

              Cependant, je ne partage pas votre enthousiasme, et ce, pour deux raisons :
              - l’éclatement de la bulle immobilière américaine (qui se poursuivra jusqu’en 2009 du fait de l’échéance des crédits subprime) mine les marchés actions assez durablement ;
              - les marchés actions asiatiques sont aussi en pleine bulle (+170% cette année à Shangaï) et menacent d’éclater, contagiant encore nos même marchés déjà bien mis à mal ; Bref, la formation d’une bulle sur les bourses européennes et américaines a du plomb dans l’aile, mais bourses cependant protégées via les rachats à bon prix.

              Par ailleurs, les matières premières sont déjà suffisamment élevées pour permettre sa formation sur le marché des commodities.

              Et l’absence de bulle est annonciateur de récession, ou au mieux de stagnation, hélas.


            • geko 17 décembre 2007 19:17

              Quelqu’un conseillait d’acheter de l’or ! c’est peut être pas si bête. Ca sera aussi l’occasion de remettre le SEL à l’ordre du jour ! Comme quoi le chao n’est pas loin !


              • geko 17 décembre 2007 23:39

                Merci pour vos contributions respectives.

                Ces « jeux de bulles » filent de l’aérophagie ! Il est navrant de constater que la finance se résume aujourd’hui à un jeu de poker mettant en péril des millions de gens qui travaillent dans des activités véritablement créatrices de valeurs ! Quelques uns raflent ils la mise lorsque le bulle éclate ? surement sinon les bulles n’existeraient pas !

                Il est encore plus navrant que les tribulations affectives de notre président recueillent près de 400 commentaires lorsque la véritable information se trouve dans des publications comme celle-ci ! Le jeu peut continuer tranquillement, jusque quand ?


                • Daniel Roux Daniel R 18 décembre 2007 08:40

                  Les taux de retour sur investissement exigés par les fonds de pensions et les investisseurs de l’ordre de 10 à 15% conduisent à des pratiques de rentabilité à courte vue nuisibles pour tout le monde.

                  Les conséquences sont nombreuses :

                  - Les investisseurs drainent d’importantes liquidités qu’ils doivent absolument replacer, d’où les bulles successives et des pertes d’investissements considérables.

                  - Les managers des entreprises sous pression font tout et n’importe quoi pour ne pas perdre leur emploi et leurs avantages : licenciements, vente ou fermeture des sites les moins rentables, délocalisation vers des pays afin de profiter des dumpings sociaux, écologiques, fiscaux, juridiques, etc..

                  - Les baisses globales de recherches et de productions industrielles, donc d’emplois qualifiés et de revenus pour les citoyens, des pays à hautes exigences qualitatives, écologiques et juridiques.

                  - Les transferts illégitimes de technologies (à qui appartiennent-elles réellement, sinon à la collectivité ?) vers des pays ne respectant aucune règle de protection juridique, évidemment néfastes pour l’avenir.

                  - La prolifération des paradis fiscaux aux dépends des collectivités nationales. Ces paradis sont les lieux de stockage discrets et bon marché des sommes colossales issues du commerce international et de la mondialisation de la production.

                  Quels organismes internationaux prendront des mesures efficaces pour mettre un frein à des pratiques aux conséquences si néfastes ?


                  • vieuxcon vieuxcon 18 décembre 2007 10:30

                    Merci messieurs Santi et Tsecoati. Malheureusement je partage l’avis de Daniel R ;Les taux de retour sur investissement exigés par les fonds de pensions et les investisseurs de l’ordre de 10 à 15% conduisent à des pratiques de rentabilité à courte vue nuisibles pour tout le monde. J’ai même entendu que certains ponctionnaient jusqu’à 22%. En fait c’est l’inverse de ce que prône notre président. Dans ces conditions le slogan doit être travailler plus pour faire gagner plus aux autres.

                    En fait le système en place pille l’économie traditionnelle, celle de la production. Mais une société ne peu pas se bâtir sur les services et sur le monaitarisme. Il faudra revenir à plus de modération dans ce domaine. A long terme c’est la seule issue. Réinvestir dans le capital de production, et pondérer le capital purement spéculatif. C’est la seule issue pour éviter une catastrophe. Sinon, comme pour le climat, nous allons assisté en spectateur à l’emballement de la machine. Autre interrogation ? Va t on voir les Anglais se convertir à l’euro ?


                    • geko 18 décembre 2007 10:52

                      ....remettre l’homme au centre du système !


                    • Pierre 19 décembre 2007 14:24

                      A l’auteur de l’article.

                      Ne pensez vous pas que ce jeux de bulles speculatives et de monaie de singe va continuer temps que la generation Baby boom sera a la retraite (papy boom actuel). Car c’est a mon avis le financement des retraites mondiales qui mets tant de pression sur les taux de rentabilites (15% par an).

                      J’ai tendeance a penser que c’est cette generation qui tient les cles et qui fera tout pour que sa s’ecroule apres elle. Est ce que je me trompe ?

                      Pierre

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