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Accueil du site > Actualités > Economie > La grande illusion. Haro sur le Capital

La grande illusion. Haro sur le Capital

On attribue généralement la course à la consommation et le diktat de la croissance économique aux appétits du Grand Capital et à l’avide recherche de profits maximisés. Sans accepter d’ouvrir les yeux sur le fait que le Capital en tant que Réalité historique est mort depuis un siècle.

Ce qui fausse les perspectives, c’est qu’à la dynamique de l’accumulation capitaliste et aux mécanismes de la concentration industrielle et de la production de masse liés à la baisse tendancielle du taux de profit – longuement étudiés par Marx – a succédé un nouvel emballement, celui de la dette des États, devenu le pivot de notre Histoire.

La principale loi de la Dette, c’est qu’il faut qu’elle roule. Pour que la charge de la Dette passée semble soutenable voire même ridicule et pourquoi pas « dynamisante », il faut que la Dette actuelle soit plus importante que celle d’hier, et que celle de demain efface à son tour la charge de la Dette d’aujourd’hui. On est ainsi entré depuis la Grande Guerre dans un cycle de croissance de la Dette, qui est le véritable moteur de la « Croissance ».

Ce que les gouvernants disent craindre, c’est l’Inflation, parce qu’une inflation à deux chiffres issue des trente « glorieuses » a jadis emballé l’ensemble du mécanisme. Mais l’inflation, si elle doit être « contenue », comme ils disent, est dans son principe favorable aux endettés, aux États. Ils remboursent avec facilité en monnaie de singe des dettes contractées en argent lourd.
Ce que les gouvernants craignent par-dessus tout, c’est la Déflation, une baisse générale des prix dont le premier effet serait de grossir les dettes du passé et de les rendre insoutenables.

On dit les gouvernants au service des grands intérêts financiers. On les décrit comme des marionnettes impuissantes qui ne sont là que pour le show médiatique. C’est une très grave erreur que d’inférer de leur caractère guignolesque à l’impuissance de l’État. Ils sont un leurre qui tend à nous faire croire à l’absence de l’État et le renforce d’autant.

Si les grands acteurs économiques font tant de lobbying, c’est parce que les États sont tout-puissants et que telle ou telle règlementation nationale, européenne ou mondiale peut faire ou défaire des pans entiers de l’industrie et du commerce. C’est aussi parce que dans la plupart des domaines, les États sont les principaux clients.

Le monde fonctionne encore sur la logique de l’intérêt privé dans le cadre de laquelle s’est édifié le Capital. Mais l’endettement des États depuis 1914 a tué le Système capitaliste, en ne gardant plus dans le cadre du Système étatique que des poches d’économie privée (poches parfois bien pleines, c'est incointestable !). Le système soviétique a démontré l’échec de l’économie nationalisée : tout le monde se fout de tout et rien ne fonctionne. Après 1989 on a donc, même en Occident, « privatisé », non pour confier au privé les « sévices publics » mais pour rendre ceux-ci plus efficaces et moins coûteux, sous la forme de concessions réglementées. Les privatisations ne représentent pas un retrait de l’État, mais son renforcement, par un fonctionnement plus efficace et moins onéreux.

Parallèlement s’est développé dans tous les grands États ce qui est l’apport du système stalinien, la Nomenklatura, une classe dirigeante qui se partage entre l’économique et le politique et rassemble des administrateurs, des capitaines d’industrie, des syndicalistes et des « gens d’influence », hydre à têtes multiples.

En continuant de s’attaquer à un ennemi mort, le Capital, gauchistes, altermondialistes et indignés se trompent lourdement de cible et propagent une idéologie qui ne peut mener qu’à la Défaite.


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12 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 24 janvier 2012 08:09

    le probleme de la dette et de la finance n’est pas d’aujourdhui, Marx en son temps avait parfaitement analysé le probleme :

    http://2ccr.unblog.fr/2011/01/07/la-dette-publique-et-la-bancocratie/


    • devphil30 devphil30 24 janvier 2012 09:33

      Entièrement d’accord avec Robert 


      Philippe

    • JL JL1 24 janvier 2012 10:04

      Si j’ai bien compris, il n’y a plus rien que des méchants États endettés !

      Je ne sais par quel bout il convient de prendre ce nouveau sophisme libéral. Essayons ; l’auteur écrit : « l’endettement des États depuis 1914 a tué le Système capitaliste ». Diable ! Il y a des endettés, mais pas de créanciers ? On aurait changé les règle de la comptabilité sans me prévenir ?

      Les économistes libéraux sont des comptables qui ont échoué ! On pourrait les comparer à des daltoniens, si les débits s’écrivaient en bleu et les crédits en rouge. Passons. Je vais me livrer ici à un retour sur les fondamentaux :

      Il ne faut pas confondre sous-traitance, privatisation des services publics, et privatisation de l’État défini comme instance gestionnaire et comptable de la chose commune, autrement dit, notre patrimoine collectif.

      - La privatisation d’EDF par exemple, c’est livrer clés en main, tout un pan de notre patrimoine à des actionnaires privés. Cela n’est possible que pour les services qui peuvent être marchandisés, à savoir, facturés au prorata de la consommation. Cela n’est pas possible pour la police, pas souhaitable pour l’éducation nationale, la santé publique, etc.

      - Les marchés publics relèvent de la sous-traitance : ça diminue le nombre de fonctionnaires, mais pas le coût pour le contribuable. Du moins ça reste à prouver, et le contraire apparaitrait peut-être.

      - L’endettement chronique de l’État par le recours aux marchés financiers relève de la privatisation rampante de la nation : les détenteurs de la dette reconduite ad vitam aeternam sont de fait des actionnaires qui votent tous les jours, hélas, avec leurs pieds.

      Pour terminer, je voudrais dire que l’économie planifiée, 100% nationalisée a vécu. Ce n’est pas le rôle de l’État de construire des bagnoles.

      L’économie libérale, c’est fifty fifty : une économie moitié planifiée, moitié privée. C’est l’Etat tel que nous le connaissons.

      L’utopie libérale, c’est l’économie privatisée à 100% : tout se vend, tout s’achète, dans le plus grand désordre. Y compris les reins, les cœurs, et l’air qu’on respire.

      La société de marché c’est la fuite en avant vers l’utopie libérale. Ils appellent ça la dérèglementation.

      Voilà quelques réflexions au prisme desquelles j’invite les lecteurs à appréhender cet article.


      • Richard Schneider Richard Schneider 24 janvier 2012 16:13

        JL1 :

        Rien à ajouter à votre démonstration.
        L’auteur, dont l’article est assez intéressant, tente de nous vendre une thèse vieille comme ... le libéralisme économique : c’est à cause de l’État que le monde va à la dérive. 

      • Abou Antoun Abou Antoun 24 janvier 2012 19:09

        Voilà ce que j’appelle remettre les pendules à l’heure. Bravo !


      • JL JL1 24 janvier 2012 20:07

        Merci à vous deux, pour votre approbation ; et de le dire.


      • rmusic Mahler 24 janvier 2012 12:13

        « Si les grands acteurs économiques font tant de lobbying, c’est parce que les États sont tout-puissants ». Ça c’est une grave erreur et c’est faux, si les grands acteurs économiques font du Lobbying, c’est qu’ils veulent être avantagés par rapport à leurs concurrents et surtout pour que les candidats comme Obama ou sarko puisse arriver au pouvoir, ils leur faut de l’argent, et que les médias (financés eux aussi par le grand capital) soient de leur côté. Donc les « grands acteurs économiques » choisissent leur marionnettes qui arrivera au pouvoir et c’est grâce à cet argent que les marionnettes peuvent arriver au pouvoir. Après bien sur que l’État est puissant, c’est l’arme de la classe dirigeante.


        • SaburoSakai 24 janvier 2012 12:20

          Purée ca vole pas haut les articles chez Agora...


          • Yvance77 24 janvier 2012 12:46

            Salut,

            L’abus de fumette fait écrire des énormités :

            « On dit les gouvernants au service des grands intérêts financiers. On les décrit comme des marionnettes impuissantes qui ne sont là que pour le show médiatique. C’est une très grave erreur... »

            Bon je vais pas accabler l’auteur plus que de raison, mais sa naïveté fait qu’avec ce genre d’individu, il ne sera jamais possible de renverser des montagnes !


            • jef88 jef88 24 janvier 2012 12:51

              Chaque fois que je vois un texte sur « le capital » je m’interroge !
              Pourquoi ne jamais analyser le capital ? S’interroger sur ses objectifs ?
              Pourquoi ne jamais différencier le capital « financier », spéculatif par construction, du capital « industriel » qui produit des biens utilisables ?

              Il y a quand même une différence fondamentale :
              - d’un côté, du fric pour du fric dans le cadre de magouilles institutionnalisées genre achats et revente d’actions à découvert....
              - de l’autre gagner de l’argent en produisant des biens et en faire gagner aux salariés.

              Le mur de Berlin est tombé ... Mais nous ne sommes pas sortis d’une forme de de « bien pensence marxisante » : « le capital c’es moche, sale, malsain »

              NB : je n’ai pas de capital ...


              • S.antonio 24 janvier 2012 14:30

                n’importe quoi, article digne d’un Attalinien.

                Ils remboursent avec facilité en monnaie de singe des dettes contractées en argent lourd.

                Non ils remboursent ,avec la sueur et le sang du peuple(eux connaissent les loies , niches,décrets,etc pour payer le mini )des images imprimé sur du papier,et des suites de numéreaux dans des ordinateurs.

                On dit les gouvernants au service des grands intérêts financiers. On les décrit comme des marionnettes impuissantes qui ne sont là que pour le show médiatique. C’est une très grave erreur que d’inférer de leur caractère guignolesque à l’impuissance de l’État. Ils sont un leurre qui tend à nous faire croire à l’absence de l’État et le renforce d’autant.

                tout les couvernements des pays allignés sont a la solde du.
                CFR,
                1922 ,le grand papa.
                le groupe bilderberg
                la comission Trilatérale
                club de Rome
                club de Paris.

                sans oublé les ténébreux.
                THE ROUND TABLE
                ILLUMINATI
                SCULLS & BONES
                COMITE DES 300
                BOEMIAN GROUVE


                Non le capital , le vrais capital je ne parle pas des petits épargnants qui tentent d’épargné pour leur vieux jours, le vrais et bien vivant , et si rien ne l’entrave il feras de tous les pays un goulag mondial








                • epicure 24 janvier 2012 15:37

                  Depuis Reagan et Thatcher, c’est bien le capital qui dicte la direction du monde.
                  Il n’a pas appuyé la chute du mur de Berlin pour la démocratie, mais bien pour pouvoir se faire plus d’argent, avoir de nouveaux marchés. Maintenant on a des Mc Do à moscou.

                  Depuis les années 80 les politiques économiques sont avant tout comptables :
                  limiter l’inflation pour ne pas perdre de la rentabilité sur les investissements.
                  Avec un taux d’intérêt à 5% par exemple il vaut mieux avoir 1% d’inflation que 4%.
                  Augmentation des prises d’intérêts pour les actionnaires supérieures à l’inflation ou la croissance de l’entreprise.
                  Choix de politiques économiques en faveur de la spéculation plutôt que de l’économie réelle, en maintenant des taux élevés (donc rendant cher l’emprunt des entreprises).
                  Depuis 1973, la France est sous la coupe du capital, en empruntant sur les marchés privés.

                  Enfin la liste est longue.

                  Encore un article « libéral » qui regarde le monde avec un bandeau sur un œil et des œillères.

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