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Accueil du site > Actualités > Economie > La grosse bulle

La grosse bulle

La crise des subprimes aux USA est à en finir avec la société américaine telle qu’on l’a connue. Dix milliards ici, 100 milliards là... On voit ces images tristes des corps qui descendaient en tournoyant des hauts étages du WTC quand le choix était de sauter ou de brûler vif... Macabre ? Oui. Tout a commencé quand le système a voulu étendre son contrôle au monde ordinaire en utilisant les artifices financiers qu’il utilisait sur les marchés financiers.... Le crédit, par exemple.

Dès qu’on entre dans l’hyperespace financier, la dimension temps apparaît et avec elle le CREDIT qui rend tout plus facile. Avec le crédit qu’on lui consent, la masse des travailleurs peut acheter tout ce qu’elle produit, dépenser plus que son revenu et dormir sur ses deux oreilles.

Rien n’est plus facile que d’augmenter ou de restreindre le crédit. Il existe déjà, dûment inscrites aux livres, devenus eux-mêmes virtuels, des sommes fabuleuses qui n’attendent qu’une excuse pour devenir du crédit et l’État, d’un simple clic, peut en créer bien davantage. Qu’est-ce que le crédit ? Le crédit est une magie. Le crédit n’obéit pas à d’autres règles que d’ajuster la demande à l’offre selon les instructions des alchimistes financiers au service du Système.

Le Grand Savoir des alchimistes financiers, c’est que la richesse RÉELLE n’est strictement rien d’autre que la somme des services que nous retirons des biens que nous utilisons et des services que nous rendent nos co-sociétaires. La richesse monétaire n’est qu’une clef d’accès à la richesse réelle et n’a pas d’autre valeur que ce rôle de clef. Cela acquis, on peut s’en servir comme bon nous semble. Si on sait comment.

Les alchimistes financiers savent que le système de production industriel a pour unique but réel de produire des biens. Ils savent aussi, toutefois, que les « gagnants » ont d’autres objectifs intangibles, comme le « Pouvoir » ou même la « Richesse » mais la « richesse » dont on parle alors ne consiste plus en biens concrets pouvant rendre des services. Elle est LA Richesse, un concept mythique affublé de la propriété de satisfaire tous les besoins et d’assurer le bien-être.

Quête du Pouvoir et de la Richesse interfèrent souvent avec le processus de production des biens et services et parfois même s’y substituent. Ces objectifs intangibles des gagnants ont leur épiphanie dans l’univers virtuel, mais leur simple reflet sur la réalité peut créer au monde ordinaire bien des tracas. Des tracas qui, à la limite, peuvent avoir un impact négatif sur le Grand Oeuvre d’enrichissement virtuel des alchimistes et des gagnants eux-mêmes. Il faut donc prévoir qu’une providence vienne résoudre les problèmes causés aux simples mortels par les activités d’ En-Haut.

Cette providence agit par le crédit, un geste de mansuétude du monde virtuel envers la réalité. Si les consommateurs manifestent des velléités de sous-consommation, on appelle au secours l’univers parallèle de la richesse virtuelle et on distribue du crédit. Facile, car pour un travailleur qui veut épargner, on peut toujours en trouver dix qui ne demandent pas mieux que de dépenser plus qu’ils ne gagnent. On trouve ceux qu’il faut et ils font ce qu’on veut qu’ils fassent : ils dépensent. Quand le consommateur moyen s’endette, c’est parce qu’on le veut bien. C’est que l’équilibre est par là.

Croyez-vous qu’une population qui dépense plus que son revenu vit « au-dessus de ses moyens » et risque des lendemains qui déchantent ? Pas du tout. Elle utilise, précisément comme on veut qu’elle les utilise, les crédits mis à sa disposition pour que le pouvoir d’achat découlant de son travail coïncide avec la valeur monétaire fixée à la production découlant de son travail... comme il ne peut en être autrement, si on veut maintenir le niveau de consommation effective. Que faire si les consommateurs choisissent malgré tout d’épargner, d’investir et donc de faire avec l’ « argent pour la consommation » ce qui ne devrait être fait qu’avec l’« argent pour le pouvoir » ?

Aucun problème, car on peut non seulement mener l’âne à la rivière, on peut même aussi le forcer à boire. S’il ne dépense pas, l’État dépensera simplement ce qui doit être dépensé et enverra la facture au consommateur sous forme de taxes et d’impôts. Les dépenses publiques rétabliront l’équilibre et tant pis pour l’individu qui aura refusé d’être prodigue. Témérité ? Non, puisque si les consommateurs y vont trop fort, on augmentera le taux d’intérêt ou, plus simplement encore, on alourdira les exigences et l’on privera de crédit des classes entières de la population ; celles qui ont de vrais besoins, naturellement, puisque les autres n’ont pas de véritable impact sur la réalité.

Si la population bascule de nouveau vers la parcimonie, hésite à s’engager et que les roues ralentissent, on baissera les taux, ou l’on augmentera simplement les marges disponibles sur les cartes de crédit, sans même consulter les bénéficiaires. C’est une faveur qu’on leur fait, n’est-ce pas ? Le contrôle de l’État sur la consommation devient en théorie parfait, puisqu’un ajustement fiscal, un réajustement des salaires, une modification des taux d’intérêt, une inflation ou une dévaluation fera, à posteriori , que la décision collective des consommateurs aura été la bonne.

Un individu peut se tromper, mais la population, non, puisque c’est l’équilibre global qui est tenu pour acquis et qui sert de point de référence dans l’univers virtuel. Les variations monétaires sont introduites de façon purement discrétionnaire, pour confirmer cet équilibre. C’est le reste qui est en mouvement. C’est la réalité qui s’ajuste au miroir.

Comme dans 1984 d’Orwell, le pouvoir qui contrôle la valeur monétaire présente peut réécrire la valeur monétaire passée et y mettre les chiffres qu’il faut pour nous faire l’avenir financier qu’il veut. Quand le Crédit descend en Pentecôte sur la réalité, il efface les bévues des péquenots consommateurs et rétablit l’équilibre. Le crédit ajuste tout. On ne demande au consommateur qu’une simple formalité, comme Méphisto à Faust : signer cette reconnaissance de dette qui porte intérêt et qu’on lui présente quand on lui consent le crédit.... Marguerite ? Y a un type en noir à la porte....

Pierre JC Allard

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30 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 12 mai 2008 10:34

    Nous voyons bien avec l’envolé du prix du baril de pétrole que la spéculation prend le pas sur le rationalisme

    Cela devrait nous amenes pour les vacances au krack financier avec des conséquences désatreuses car bien souvent ces spéculateurs sont actionnaires de grandes sociétés et vont donc brader les actifs


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 04:26

       A l’EQUIPE AGORAVOX :  POURRAIS-JE VOUS DEMANDER DE PUBLIER L’ARTICLE AVEC LES PARAGRAPHES QUE J’AVAIS INDIQUES. ? Comment tenir une discussion intelligente avec un texte illisible ? 

      Pour vous simplifier la vie, je vous ai re-soumis le texte dont le formatage semble -t-il avait sauté.

      ’Merci

      PJCA

      @ Tous : pour le texte correctement formaté, cliquer ici


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 mai 2008 03:18

       @ Equipe Agoravox : Merci beaucoup.

      PJCA


    • Le vénérable du sommet Le vénérable du sommet 12 mai 2008 11:48

      Effectivement,

      les financiers d’aujourd’hui sont si obnubilés par la perfection mathématique de leurs modèles économiques qu’ils oublient que les réalités de notre monde sont loin d’êtres aussi figées.

      Quand tout ça se cassera la gueule (je pense moi aussi que ça arrivera très prochainement), les grands empereurs de la finance nous expliqueront que c’est la faute du système en oubliant de nous dire que ce sont eux qui le font vivre ...


      • Alpo47 Alpo47 12 mai 2008 12:00

        Intéressant article, qui nous rappelle une évidence, le "particulier", du moins s’il suit la tendance, est toujours perdant ... Seules, les intitutions financières gagnent dans tous les cas de figure.

        Ce qui me conforte dans l’idée que les dites institutions sont les grands prédateurs de notre civilisation.


        • Jimd Jimd 12 mai 2008 12:54

          J’avoue avoir du mal a vous suivre.

          Tout d’avbord je ne suis pas d’accord avec votre definition opu apporche du credit.

          certe certains s’endette plus que de raison et y sont pousser par des vendeurs commissionnes et sans scrupule.

          mais l’essence meme du credit est un transfer de richesse dans le temps. c’est ce qui permet d’acheter une maison par exemple en anticipant des revenus futurs. cette fonction est essentielle pour l’economie reelle. que ferions nous sans ce transfer dans le temps de richesse ?

          je reconnait qu’elle peut etre vicieuse si l’on exploite les gens et si on les poussent a des comportement de sur-endettement.

          En plus de ce desaccord sur le credit, je ne comprends pas du tout votre develppement sur l’etat, les taux...


          • Gandalf Tzecoatl 12 mai 2008 16:54

            Tu as compris une facette du crédit, mais pas toutes.

            Puisque l’on ait dans les facettes, je détiens la seule mine de diamants au monde.

            Un client vient (toi), il me demande 10 diamants. Je les lui prête, mais je lui dis que quand il me les ramènera, il devra m’en apporter 11.

            C’est cool, tu en as maintenant 10 et il t’en demande 11.

            Comment tu fais ? Sans violence, sans vol, ta seule solution est de repasser le voir pour en emprunter 10 autres, et pouvoir rembourser ton premier emprunt.

            C’est cool, tu en as maintenant 9 et il t’en demande 11. Et ainsi de suite.

             


          • Jimd Jimd 12 mai 2008 17:31

            oui ... mais (!)

            nous ne sommes pas dans cette situation ou mon preteur a le monopole de ce qu’il prete.

            je peux aussi travailler pour chercher le diamant ’d’interet’

            je peux travailler et gagner de l’argent. a 25 ans je n’ai pas 300,000 EUR pour acheter un appart.

            Mais je sais que au cours de ma vie je pourrais mettre de l’argent de cote et, a 50 ans avoir ces 300,000. seulement c’est maintenat que je souhaite me loger.

            L’emprunt permet ce transfer dans le temps et ne me rends pas dependant de la banque car je peux par mon travail gangner cet argent. je l’aurais a 50ans.

            Le problem est si je n’arrive pas par mon travail a rembourser, si je perds mon emploi, si je ne gagne pas assez.

            je n’ignore pas ces situations qui peuvent etre dramatiques et denonce bien sur la vente a outrance de credit, surtout a la consommation.

             

             


          • Gandalf Tzecoatl 12 mai 2008 19:59

            @Jimd :

            "nous ne sommes pas dans cette situation ou mon preteur a le monopole de ce qu’il prete."

            Qu’il y ait un banquier, deux ou 750 banques (comme en France, mais elles ne sont pas toutes de crédit), ça revient au même. D’ailleurs, elles sont chapeautées par une Banque Centrale, monopole, qui procède de cette façon.

            "je peux aussi travailler pour chercher le diamant ’d’interet’"

            Oui, tu peux devenir banquier, ce n’est pas cela qui invalidera la facette que j’évoquais, au contraire.

             


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 04:38

             @ jimd : L’idée de base, c’est que le crédit n’est pas le transfert d’une richesse, mais de symboles qui ne représentent plus une richesse réelle. Quand ils voyagent dans le temps, on ajoute une dimension supplémentaire à leur évanescence, car il devient NORMAL qu’ils n’existent pas... on prétend seulement qu’ils existeront. Ça permet de cacher mieux le fait que l’on crée une richesse artificielle... juste pour les copains, bien sûr. Le probleme, c’est que lorsu’on voit qu’il y en trop, on ajuste en prenant "équitablement" une part de la vraie richesse - la vôtre - avec la fausse...

            PJCA 


          • Jimd Jimd 13 mai 2008 09:43

            je ne suis pas d’accord avec votre image.

            mon travail sur ma vie me donne une somme X

            le credit me permet d’utiliser maintenant un partie de ce que je gagnrerais plus tard.

            cela n’a rien a voir avec le monopole des financiers. Il rende un ’serfvice’ de transfer dans le temps.

            il n’est pas question de devenir banquier mais de changer la repartition dans le temps du produit de mon travail.


          • Jimd Jimd 13 mai 2008 09:54

             

            Mon post precedent repondait a tzecoatl.

            @l’auteur

            Pourquoi le credit ne represente plus une richesse reelle ?

            Il n’est pas question de copinage, nous beneficions tous ou presque du credit a un moment de notre vie.

            C’est donc un service qui modifie la repartition dans le temps du produit de notre travail. Ce service (tres ancien) est necessaire et utile. Il est remunere.

            Pardonnez moi mais je ne comprend pas votre derniere phrase… comment prend ion une part de ma richesse ? Si on parle de l’aide des gouvernement en periode de crise financiere, oui nous payons pour les erreurs, les errements des financiers. Mais je ne pense pas que cette crise implique de jeter le bebe avec l’eau du bain. Pardon pour cette image un peu eculee. Regardons les choses avec une certaines mesure. Les services financiers sont essentiels. Il est trop aise de les designe comme bouc emissaire de tous les maux.

            Au moyen age, les personnes faisant commerce de l’argent, les financiers était déjà montre du doigt…Je ne veut pas rentrer dans une discussion sur les origines de l’antisemitisme, mais, en parti, les juifs qui contrairement au chretiens au moyen age pouvaient exercer le metier de banquier, etaient des parias de part ce metier. Ces gens qui gagnent de l’argent sans travail en pretant et le faisant fructifier. Je sais que votre propos n’est pas du tout lie aux religions, j’utilise uniquement cela comme exemple, pour montrer que les mentalites n’ont pas vraiment change et la mefiance envers les metiers de l’argent est tres presente.

             


          • Thierry Misso 13 mai 2008 10:23

            Qu’il y ait un banquier ou 750 ce n’est absolument pas la même chose ! La banque centrale ne se substitue pas aux agents privés elle les régule ce qui est totalement différent. Le particulier n’emprunte pas au taux de la banque centrale mais a celui de la banque centrale + la marge du banquier.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 mai 2008 03:33

             @ JIMD : Pour simplifier, disons que la monnaie est un document qui représente un bien. On a émis BEAUCOUP plus d’argent qu’il n’y a de biens. On présume que tout le monde ne tentera pas de convertir son argent pour des bien. Quand vous vous consent du crédit, on augmente la monnaie, on n’augmente pas les biens. Si trop de gens veulent convertir en bien, il y a plusieurs scénarios - tous mauvais - mais le plus probable est qu’on vous demande plus d’argent pour chaque bien. Votre argent est dévalué. Le votre avec celui des autres... celui des autres qui ont mis dans leur poche l’argent de trop qui été émis. Clair ?

             Voyez le lien qu’a présenté un commentateur plus bas et que j’ai recommandé.

             

            PJCA


          • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 12 mai 2008 13:40

            Une remarque :

            Les alchimistes financiers savent que le système de production industriel a pour unique but réel de produire des biens.

            Si c’était vrai, ce serait merveilleux et nous serions dans un monde magnifique.

            Tel qu’est conçu le monde, le système actuel de production industriel a pour but unique de produire du profit. Le bien produit n’est qu’un vecteur. Et l’utilité des biens produits, vue par le système, est de créer de la plus-value qui finira dans les mains des alchimistes financiers.

            Si l’utilité sociétale était la clef de la production, la recherche sur le paludisme serait en pointe, Windows se serait stabilisé, on ne pousserait pas à remplacer la sécurité sociale par des assurances privées, et surtout, on n’aurait pas cherché à détruire les cultures vivrières dans les pays pauvres.


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 04:42

               @ Foscarvel : 100% d’accord. Si mon article ne mène pas le lecteur à cette conclusion, c’est que je me suis mal exprimé.

               

              PJCA


            • Gandalf Tzecoatl 12 mai 2008 13:49

              "C’est la réalité qui s’ajuste au miroir."

              Jolie formule, mais fausse. La réalité s’ajuste au pouvoir (et donc au désir) de quelques uns.

              Par exemple, l’obligation de croître.

              Excellent article par ailleurs.

               


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 04:50

                 @ Tzecoatl. Speculation vient de speculum, qui veut dire miroir. Le pouvoir ne pouvant ajuster la réalité - les biens qui existent pour vrai - il manipule leur représentation symbolique, se les approprie "dans le miroir" puis les huissiers passent recueillir les miettes de réalité qui trainent. Quand il n’y a plus de miettes sous la table, les Lazare qui n’ont pas bouffé crèvent...

                PJCA


              • MAIKEULKEUL 12 mai 2008 14:22

                Cet article a un gros défaut : il parle du crédit et pas des dettes.

                La crise financière systémique qui arrive à grands pas sera directement liée AUX DETTES

                En effet pour "faire crédit", il faut au minimum "avoir du répondant". Les banques (qui sont les principales prêteuses) sont normalement soumises à des règles prudentielles sur lesquelles elles s’assoient souvent (voir société générale et l’affaire Kerviel)

                Les brillants prédateurs financiers ont donc inventé la TITRISATION. Cette technique permet de partager avec le plus grand nombre des dettes que l’émetteur est incapable de couvrir.

                C’est l’affaire des surprimes et le "cassage de gueule" de nombre de banques aux US et en Europe : ils ne savaient même pas ce qu’ils achetaient, mais, parait-il c’était juteux. Et il y en aurait pour au moins 5000 milliards de $ de titres pourris( pour info city bank va vendre 400 milliards de $ d’actifs pour essayer de se remettre à flot. LA FETE N’EST PAS FINIE


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 05:00

                   @ Maikeulkeul : Les deux faces d’une même médaille. ON crée du crédit, VOUS assumez une dette. Les banques sont soumises aux regles qu’elles se créent elles-mêmes et les changent quand il semble opportun de le faire. Le gouvernement mondial existe, il a été créé a Bretton-Woods. Il n’est pas démocratique.

                   

                  PJCA


                  • Bigre Bigre 12 mai 2008 21:07

                    S’il vous plait : ne mettez pas un lien tout nu, tout sec , agrémentez de quelques explications sur l’utilité du lien, ....

                     

                    SINON JE CLIQUE SYSTEMATIQUEMENT SUR "NON" !


                  • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 mai 2008 05:04

                     @ Xray : je recommande vivement à tous de lire le texte que vous avez mis en lien !

                     

                    PJCA


                  • Mr Mimose Mr Mimose 12 mai 2008 17:51

                    Un très bon site sur la monnaie, ou on y apprend de vilaines choses qu’on devrait pas savoir.

                    "Vous croyez que la monnaie est créée par l’État ? Vous vous trompez : ce sont les banques privées qui créent la monnaie, et qui en perçoivent le prix (l’intérêt)."

                    « En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’Etat s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national »
                    Maurice Allais, Prix Nobel d’économie 1988, La réforme monétaire 1976.

                    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/05/01/72-non-ce-n-est-pas-trop-cher-le-financement-des-besoins-collectifs-est-rendu-sciemment-ruineux


                    • Thierry Misso 13 mai 2008 12:15

                      Votre analyse qui consiste a dire que le crédit, et par extension la monnaie, est une chose artificielle est totalement vrai elle est tellement vrai que c’est enfoncer une porte ouverte que de le dire.

                      Car a vrai dire deux types de choses coexistent dans notre univers : la nature (notre réalité physique) et la culture (production humaine dite articifielle).

                      Evidemment la monnaie et le credit n’ont pas été découverts ils sont des constructions sociales qui poursuivent un but.

                      Après avoir dit cette évidence vous sous-entendez quelque part que les constructions artificielles sont mauvaises. Le crédit serait le diable qui viendrait corrompre la nature de l’homme.

                      Votre affirmation est avant tout un jugement qui prend racine dans vos valeurs.

                      Qui oserait affirmer que nous devons renoncer aux mathématiques parce qu’ils sont une construction artificielle ?

                      Pourtant tout comme la finance les mathématiques sont loins d’être une science exacte Godel au début du 20ème siècle a été le premier a dire que les maths étaient "incomplets".

                      Les mathématiques comme la finance, le crédit, la monnaie sont des instruments au service d’un but. Le problème c’est quand les financiers donnent comme but au crédit de prendre le relais de la croissance boursière pour leur assurer un rendement suffisant. Ils ont transformé un outil qui permet aux gens de se loger (un des but du crédit) en un instrument de spéculation.

                      Le crédit et la monnaie ont permis aux hommes de se libérer d’un état de nature contraignant, le fermier du XIX (aujourd’hui il bénéficie d’assurances) qui subissait une mauvaise récolte a cause d’une météo desastreuse pouvait grace a ses économies laisser passer une mauvaise année en achetant des biens d’importation et ne pas mourir de faim.

                      On peut même dire que sans monnaie et crédit l’homme serait tel l’animal contraint a vivre au jour le jour subissant toutes les forces de la nature. La monnaie et le crédit sont parmis les apports les plus essentiels a nos civilisations.


                      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 mai 2008 03:51

                         @ Thierry Misso : Mais oui la monnaie et le credit sont des outils utiles. Le probléme est que la façon dont ils sont présentement utilisés est une escroquerie perpétrée sur le monde ordinaire. La monnaie ne représente plus qu’une valeur consensuelle et le crédit est créé à volonté par les banquiers

                        PJCA


                      • MAIKEULKEUL 13 mai 2008 14:51

                        @auteur

                        Les accords de bretton woods sont morts depuis que Nixon a abandonné la convertibilité en or du dollar

                        D’autre part, croyez-vous un seul instant que la bulle financière des "surprimes" aurait pu se développer, (même si les banques s’assoient sur les règles prudentielles), si le système de la titrisation n’avait pas été aussi sophistiqué ?

                        Vous le constatez vous-même : les banques ne se font plus confiance entr’elles car elles ne sont plus capables d’évaluer la valeur des titres du voisin, comme les leurs d’ailleurs.

                        En fait on crée du crédit avec de la dette. C’est un comble

                        Et les banques centrales déversent des centaines et des centaines de millards de $ pour tenter de boucher des puits sans fond. ET C’EST NOUS QUI PAIERONS LA NOTE


                        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 14 mai 2008 04:03

                          En dénonçant la convertibilité du dollar, les USA n’ont pas arrêté le jeu, ils ont seulement fait main basse sur la caisse. Pour finir ce fil un petit extrait d’un texte qu’on peut trouver ici. 

                          " Plus loin que la monnaie dans l’hyperespace financier, il y a les chèques, billets, bons et obligations qui ne sont que la promesse d’un paiement en monnaie. Prenez encore plus de distance avec le réel et, par-delà la valeur des obligations, pensez à la valeur fluctuante d’une action cotée en bourse et qui confère le droit à une part d’un profit problématique sur d’hypothétiques transactions, un profit payable lui aussi en monnaie, bien sûr. Allez encore plus loin et concevez maintenant un "produit dérivé", une valeur qui se construit autour des fluctuations de la valeur de ces actions et de la monnaie elle-même. Vous voyez encore la réalité dans le lointain ?

                          Si vous voyez encore la réalité et qu’elle vous dérange, faites un autre grand saut dans l’hyperespace. Puisque le crédit est là qui ne demande qu’à grandir, créez d’un acte de volonté audacieux le concept d’une "ligne de crédit" - un droit de dépenser - qui reposera sur la garantie de vos "produits dérivés"... Ensuite, faites confiance aux copains et confiez le pouvoir d’animer ces lignes de crédit à des banques qui inscriront à leur livres, comme un actif, les sommes que vous reconnaissez leur devoir quand vous utilisez ces lignes de crédit.... ! Ces actifs permettront des activité "hors-bilan", d’où résultera un accroissement constant de la valeurs monétaire des titres boursiers qui serviront d’aval au crédit. Ne vous tracassez pas de ce qui est aux livres sans être au bilan : ce sont de simples singularités de l’imaginaire, des trous noirs qui absorbent de l’énergie et du travail, mais dont il ne ressort rien. Ne vous tracassez surtout pas, car votre pauvre coeur en prendrait un coup en voyant que ces activités hors-bilan représentent désormais 85 % des activités bancaires.

                          PJCA


                        • d12 16 mai 2008 11:49

                           

                          Très bonne article. Cependant je ne suis pas d’accord avec le fait que la cause initiale des sub-primes est directement liée aux prêts consentis.
                          En effet, la première cause reste les taux d’intérêts variables vendus par des commerciaux sans scrupules à des particuliers (en leur faisant croire qu’ils ne monteront jamais).
                           
                          Ainsi, si les taux avait été fixes je suis prêt a parier qu’il n’y aurait pas encore de crise. Tout cela au fond est identique même si il ne faut voir dans la crise des options, obligations, et autres , que des dommages collatéraux.
                          Car il faut savoir que si les « latins » préfèrent les taux fixes, les anglo-saxons quant a eux sont friands de taux variables.
                           
                          Ce qui reste cependant intéressant c’est que c’est la première fois qu’une crise touchant des actifs immobiliers est liée a la crise d’autres actifs financiers (car ces actifs immobiliers sont totalement non corréler aux restes des actifs financiers, c’est d’ailleurs l’une de leur particularité)
                           
                          De plus, la fed et la banque européenne débloquent de l’argent afin de prêter aux banques qui ne trouvent plus de fonds sur le marché interbancaire. Et tout cela est bien logique puisque les banques pour des questions de logistiques ont besoin de ces fonds (tout est souvent placé sur des actions, crédits, options, obligations, et divers produits dérivés et difficilement déblocables).
                           
                          En clair à moins de vouloir la faillite de la majorité des institutions bancaires (ce qui a bien failli se passer en 2007) il est aujourd’hui nécessaire que la fed (et la BCE) joue le rôle de « banque interbancaire »
                           
                          Enfin, il y a une bonne nouvelle, grâce a cette crise, l’immobilier devrait baisser en France, histoire de gagner un peu de pouvoir d’achat.

                          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 mai 2008 03:12

                            @ D12 : Bien sûr, vous avez raison", CETTE crise ne serait pas arrivée si les taux avaient été fixes. Cependant, comme vous le notez, " c’est la première fois qu’une crise touchant des actifs immobiliers est liée a la crise d’autres actifs financiers". C’aurait été une autre crise.. Le systeme est un tricot trop usé ; vous racommodez, il déchire plus grand... Les USA vont "faire faillite", ce qui veut dire - puisque le dollar est la monnaie de reserve - qu’on va passer a un autre étalon financier. Sans doute le pétrole ou un bouquet energetique calculé en TEP.

                            Il va y avoir des ajustements à faire...

                            PJCA http://nouvellesociete.org

                             

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