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Accueil du site > Actualités > Economie > La grosse fatigue du capitalisme

La grosse fatigue du capitalisme

L’accroissement de l’interventionnisme étatique dans l’économie ne s’est pas fait contre le capitalisme mais au contraire pour tenter de contrarier son déclin. Face à l’alternative « béquille du capital » versus « crise éradicatrice », il faut inventer une sortie de la croissance tournée vers la satisfaction des besoins humains et la reproduction de l’environnement.

« L’interventionnisme étatique s’est accru dans la plupart des pays et le capitalisme a fait l’objet d’attaques vigoureuses  ». Voilà ce qu’on peut lire sous la plume de Pascal Salin dans le Monde du 20 mars. Le propos a de quoi surprendre. Les deux dernières décennies n’ont-elles pas vu l’incorporation des ex- pays communistes européens, de la Chine et de l’Inde aux circuits mondiaux du capital ? La dérèglementation financière et la libéralisation des échanges commerciaux n’ont-elles pas donné au capital une liberté d’action inédite ? Libéralisation, stabilisation, privatisations : les politiques portées par le FMI et la Banque Mondiale n’ont-elles pas puissamment transformé les économies des pays en développement ? Et dans les pays riches, quid des privatisations d’entreprises publiques, de l’ouverture à la concurrence de nombreux secteurs, des réformes structurelles libéralisant le marché du travail ? Non, le capitalisme n’a pas fait l’objet «  d’attaques vigoureuses ». Et s’il est effectivement «  affaibli », ce n’est pas à cause de l’interventionnisme étatique mais en dépit de celui-ci.

Dans quelle mesure peut-on parler d’affaiblissement du capitalisme ? La persistance de profits élevés est a priori un signe de bonne santé. A y regarder de plus près, le pronostic est cependant réservé. L’essor de l’accumulation d’une masse exorbitante de capital fictif dans la finance est un premier symptôme. Les crises financières n’ont cessé de prendre de l’ampleur depuis les années 1980 et engendrent à chaque fois une intervention publique plus coûteuse pour sauver un édifice voué à s’effondrer. En effet, l’expansion de la sphère financière a pour corollaire une explosion des promesses de revenus futurs que les économies ne seront au final pas en mesure de fournir. Les déconvenues enregistrées sur les marchés financiers en 2007-2008 ne sont ainsi qu’un avant-goût du gigantesque mouvement de dégonflement de la finance qui reste à accomplir.

Si l’on s’intéresse aux processus économiques réels, ce qui apparaît est un mouvement de fond de ralentissement. Pour ne prendre qu’un indicateur, le taux de croissance annuel moyen des économies riches est passé par paliers successifs de 5,5% dans la décennie 1960 à seulement 1,6% dans la décennie 2000. Certes, il existe désormais des centres d’accumulation significatifs dans les pays émergents, en particulier en Chine, mais rien n’assure qu’ils puissent constituer un relais suffisant pour redynamiser l’ensemble du système. Pour l’heure, la balance penche plutôt du côté d’un épuisement global.

Surraccumulation du capital, hausse des coûts et limites de l’innovation, ces trois mécanismes, déjà étudiés par les économistes classiques du XIXè siècle pour envisager la fin de la croissance, jouent aujourd’hui de concert. Le rattrapage industriel engagé dans l’après-guerre par l’Europe et le Japon vis-à-vis des États-Unis, puis par les nouveaux pays industrialisés d’Asie et, enfin, par la Chine et l’Inde, conduit à l’apparition de capacités de production excédentaires dans une série d’industries clés comme l’automobile, l’aéronautique, les semi-conducteurs... Il en découle une intensification de la concurrence qui tire les profits et les standards sociaux vers le bas. Second mécanisme, la hausse des coûts provient d’une part du vieillissement de la population qui implique une hausse des dépenses médicales et de retraites et, d’autre part, de la raréfaction de certaines ressources naturelles – en premier lieu le pétrole – et des destructions écologiques qui nécessitent l’utilisation de procédés productifs plus onéreux. Il faut ajouter à ces coûts ceux des sauvetages financiers à répétition. Troisième mécanisme, la production capitaliste divorce des besoins sociaux. Un harcèlement publicitaire de plus en plus sophistiqué est nécessaire à l’écoulement de biens high tech à l’obsolescence accélérée ; dans le même temps, l’accès à des services essentiels comme l’éducation et la santé se fragilise alors que la préservation de l’environnement est très insuffisamment prise en charge. L’essor des technologies de l’information a certes nourri une formidable vague d’innovation mais s’est avéré incapable de faire apparaître, pour l’instant, un nouveau paradigme assurant l’essor cohérent d’une demande solvable et de nouvelles productions profitables.

C’est dans ce contexte que doivent être lus tant la crise actuelle que les politiques économiques et monétaires des deux dernières décennies. D’un coté, des mesures accordant toujours plus de liberté au capital ; de l’autre, un interventionnisme visant à soutenir la profitabilité des firmes. La diminution de la fiscalité des entreprises et sur les hauts revenus, les dispositifs d’aide à l’investissement et de financement de la R&D, une politique monétaire hyperactive sont autant de béquilles au service d’un capital déclinant. Mais ce sont aussi des entraves aux vertus purgatives de la concurrence. En fait de «  véritable éthique sociale », le retour au capitalisme que prône Pascal Salin est de laisser libre cours à sa puissance destructrice. Au prix d’une spirale d’effondrement cumulatif de la demande, de l’emploi, des salaires, des prix et de faillites en chaîne, l’accumulation du capital pourrait rebondir... Le plus probable est cependant que ses conditions politiques d’existence soient avant cela balayées.

Une alternative se dessine : « béquille du capital » versus « crise éradicatrice ». Elle est révélatrice de l’épuisement d’un système et de l’absence de marges de manoeuvre pour des politiques associant croissance et progrès social. Elle n’enferme cependant pas l’ensemble des possibles. La transition vers une société post-capitaliste, sans croissance mais centrée sur la satisfaction des besoins humains, le temps libre et la reproduction écologique est à bien des égards souhaitable. Elle nécessite cependant l’émergence d’une coalition sociale et politique capable d’imposer une réduction drastique des inégalités et de remettre au coeur des activités économiques la production et la gestion des biens communs.


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32 réactions à cet article    


  • anty 2 avril 2010 12:28

    Les pays de l’Est plus la Chine ont été en dehors des circuits traditionnels du commerce internationale pendant 50 ans en pure perte car non seulement le système COMECON (le pendant du marché européen) fut un échec prévisible mais en plus un gâchis épouvantable au niveau humain .

    L’introduction de ces pays dans le marché mondiale fut d’abord une bouffée d’oxygène pour les populations
    ( qui ont subit 50 ans des privations pour la plupart d’entre eux et 70 ans de privations pour l’ex urss )
    et une justice pour le marché mondiale qui n’a pas fonctionné a plein régime sans les ingénieux et disciplinés chinois sans les polonais ou les tchèques très travailleurs et très ouvert sur le monde.


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 2 avril 2010 14:41

      La Chine et les pays de l’Est ont créé un énorme trou d’air dans l’économie, en particulier en ce qui concerne les salaires. Mais le système capitaliste résiste pourtant parfaitement, pusiqu’au cours de ces dix dernières années, il s’est créé plus de richesse dans le monde, que depuis le début de l’humanité. Un ré-équilibrage se fait naturellement, les salaires des pays les plus pauvres augmentent ceux des pays plus riches voient leurs augmentations ralentir.

      (Les chiffres de l’INSEE publiés aujourd’hui, sur l’augmentation de la pauvreté en France, oublient de mentionner l’« importation » de pauvreté causée par l’immigration. Je ne parle là que d’un point de vue quantitatif, sans aucune allusion à un aspect positif ou négatif de l’immigration.)

      Quand à l’essoufflement de l’innovation, il vous faut ouvrir les yeux :

      Au dire même des entreprises technologiques, 70% de ce qui se vendra dans trois ans n’a pas été encore inventé !

      Après l’essor fulgurant de l’électronique qui a permis celui de l’informatique, voici venu le temps de la biologie. Le séquençage de l’ensemble des micro-organismes qui peuplent nos intestins vient d’être réalisé en deux ans, représentant 150 fois le génome humain qui avait demandé plus de dix ans pour être analysé ! Et ceci n’est qu’un exemple.

      Eric à raison, vous décrétez quelque chose, puis vous essayez de le prouver, quitte à colporter les pires erreurs.


    • eric 2 avril 2010 12:40

      Et vous êtes universitaire !

      Vous parlez d’un truc dont la nature n’est pas définie : le capitalisme. Qu’est ce que c’est ?
      Est ce caractérisé par la présence d’un capital dans l’économie ? Non il y a capital partout. Par le mode de propriété ? Non, un même mot ne peut pas s’appliquer à des sociétés rurales du 19ème avec quelques entrepreneurs ou familles d’entrepreneurs qui possèdent les quelques secteurs industriel et financiers et à ce qui se passe aujourd’hui ou la propriété finale du « capital » est majoritairement entre les mains des ménages via les fonds de pension et les dépôts bancaires. Il ne peut s’utiliser indiféremment pour des pays ou les taux de prélèvement obligatoires varient de 30 à 60%, c’est à dire des pays ou l’essentiel de l’argent est géré par le privé ménages compris ou par l’état redistribution comprise.

      Vous parlez d’une crise qui n’existe pas, celle de la satisfaction des besoins fondamentaux, santé, éducation. Vous l’admettez d’ailleurs implicitement sans avoir peur de vous contredire.. Vieillissement de la population ! Cela n’est possible que si les conditions de santé s’améliorent ce qui est le cas, et partout dans le monde. L’espérance de vie est passé« de 48 ans en 1950-55 à 67 ans en 2005 2010. 20 ans de plus et cela continue... ! Éducation comment comparer les taux d’alphabétisation d’éducation primaire, secondaire et supérieure des années 60 à celles d’aujourd’hui.

      Au passage, on ne peut manquer de constater que plus les sociétés sont » capitalistes« plus cela est vrai.....Idem pour l’écologie. Plus les sociétés sont »capitalistes« , plus elles ont un souci de l’environnement et plus elles œuvrent pour sa protection....

      Il me semble que vous illustrez le livre de Crozier, la crise de l’intelligence. ON vous a appris à l’école Les réponses, qu’il y avait une »crise du capitalisme" et depuis, vous en cherchez les signes sans grand souci de la réalité. Que la solution était que les populations adhèrent politiquement à vos idées, et depuis vous vous lamentez qu’elles ne soient pas assez mûres pour vous comprendre...


      • plancherDesVaches 2 avril 2010 13:10

        On voit malheureusement bien vos « idées » :

        « Plus les sociétés sont »capitalistes« , plus elles ont un souci de l’environnement et plus elles œuvrent pour sa protection... »
        Plus elles font SEMBLANT d’oeuvrer pour sa protection.
        Le capitalisme ayant pour seul est unique but d’exploiter à outrance toute ressource, mais surtout dans l’hypocrisie maximale, ne me dites pas que vous ne l’aviez pas compris.


      • eric 2 avril 2010 15:48

        A Plancher des vaches.
        Au degré de généralité ou vous êtes, vous pourriez remplacer « capitalisme » par « genre humain ». Le capitalisme n’existe que comme deux ex machina des échecs des gauches. Affirmer une contre vérité, même de façon péremptoire ne la rend pas vrai. Vous pouvez prétendre que les pays développés font semblant, en attendant, en terme de qualité de vie, d’environnement il vaut mieux vivre en Amérique qu’en Chine ou Russie, les technologies dites propres sont développées par des sociétés libérales développées.

        D’ailleurs, mêmes les idéologies écolo bio environnementalistes sont des productions idéologiques, des sous produits des sociétés libérales développées.

        Qu’est ce que ce truc, votre « capitalisme », qui aurait pour but la destruction ? Est ce humain, et si non pourquoi des gens y adhèreraient ils ? Pourquoi aurait il besoin d’être hypocrite si il détient tout les pouvirs ? Vous vous inventez un ennemi à votre image...

        Dans votre logique, la défense de l’environnement ne pourrait alors qu’être une arme hypocrite du capitalisme pour assurer sa domination destructrice et vous en seriez donc complice malgré vous ou volontairement...


      • Ecométa Ecométa 3 avril 2010 10:58

        « Vous parlez d’un truc dont la nature n’est pas définie : le capitalisme. Qu’est ce que c’est ? Est ce caractérisé par la présence d’un capital dans l’économie ? Non il y a capital partout. »

        Le « capital » est sans aucun doute utile et nécessaire à l’économie, et il se définit, pour celui qui nous intéresse ici, comme un moyen économique de nature financière au service de la réalisation de projets généralement d’envergure intéressant lé production de biens ou de services. Quant au capitalisme, c’est un « dogme », qui, comme tout dogme, est réducteur : il réduit l’économie au seul économique moyen qu’est le capital : le capitalisme est un usage paroxysmique du capital !

        Personnellement je ne suis pas contre le capital, moyen utile et nécessaire à l’économie, ce qui serait totalement stupide, mais, et pour autant, je suis contre la capitalisme réduction de l’économie au seul moyen qu’est le capital !

        Quant à l’économie, la finalité de l’économie, qu’il ne faut pas confondre avec la « science économique » ou même les sciences économiques qui sont pléthores… comme autant de moyens mis en oeuvre, une science qui ne s’intéresse généralement qu’au « moyens » ;  l’économie est un ensemble de  système et sous systèmes complexes ayant pour but la satisfaction des besoins individuels et collectifs humains de toute nature !
         
        Je suis relativement d’accord avec cet universitaire !


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 3 avril 2010 20:27

        le capitalisme n’a rien de dogmatique. Le capitalisme c’est un type qui prefere, plutot que de consommer tout de suite, investir de l’epargne (la sienne ou celle d’actionnaires) ou un credit dans un projet dont il espere que ca lui rapportera plus demain.

        Ensuite des variantes il y en a des tas : rhenan, anglo saxon, asiatique, d’Etat , en fonction des institutions.

        Quand à rapprocher capitalisme de sciences economiques, c’est comme rapprocher la chirurgie de la biologie, une technique vs une science. Le capitalisme a existé avant la codification de la science economique !


      • eric 4 avril 2010 08:35

        A nouveau, de quoi parle-t-on ? D’après les chiffres d’ATTAC, la rémunération du capital avant impôts était en 2002 de l’ordre de 6% du pibhttp://attac-finistere.infini.fr/IMG/pdf/Le_partage_de_la_valeur_ajoutee.pdf donc de l’ordre de 3 à 4% après impôts !

        Prétendre qu’un « dogme capitaliste » attribuerait une priorité au capital dans l’économie est dés lors une absurdité, ou alors les mots ne veulent plus rien dire.

        Qu’est ce que ce système hégémonique qui ne parviendrait à attribuer à ses privilégiés que 3% de la richesse ?

        Voir aussi http://geronim.free.fr/ecogene/approfondissements/approf15.htm ou un agrégé d’économie ’ !) montre chiffre en main que ce qui c’est passé , c’est que l’état à piqué du fric aux ménages et en conclue à une spoliation capitaliste....

        Et si à 3, 4 ou 5 %pour les actionnaires et Plus de 50% du PIB consommé par l’état compte tenu des emprunts, on est dans un système odieusement capitaliste, à partir de quel pourcentage considèrerez vous qu’on est enfin sorti de ce système ?

        Vous rendez vous compte que si on nationalise 100% des bénèfs des actionnaires, on aura moins d’argent que si on améliore de 6% l’efficacité de l’Etat ? Surtout, cela marche une année et après il n’y a plus de capitalistes effectivement, mais il n’y a plus d’argent à prendre non plus. Quel est votre but réel ? Qu’il y ait plus d’argent pour des politiques sociales ou faire disparaître le secteur privé ?


      • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 4 avril 2010 09:04

        c est tout le paradoxe

        les tenants de l’ultra étatisme attendent des entreprises qu’ils nationalisent qu’elles se comportent de maniere encore plus agressive que les autres.


      • anty 2 avril 2010 13:27

        Plus les sociétés sont capitalistes et démocratiques plus elles ont un soucis d’environnement
        comme c’est le cas dans toutes les sociétés démocratiques actuellement (à part peut-être les pays comme le Japon avec le thon rouge ou le Canada avec les phoques ) .

        Mais il est vrai que dans le passé le considérations économiques ont détruits une partie du patrimoine de la terre plus par ignorance et la nécessité que par pure méchanceté.....


        • Thierry LEITZ 2 avril 2010 14:19

          Eric,

          Vous avez le mérite de soulever le problème d’une alternative à un système qui secrète sa propre fin. Le système écofinancier mondialisé qu’on peut remplacer par « capitalisme »
          dans votre article arrive à son apogée, et donc à son déclin.

          En effet la croissance ne peut être « sans fin ». Pour croître, il faut partir de bas et s’élever. Les pays occidentaux sont déjà « en-haut » (avec des inégalités certes), les pays émergeants voient leurs coûts augmenter, les plus pauvres sont seulement exploités, tant qu’ils le permettent via la corruption d’Etat et/ou la tyrannie.

          Le noeud du problème est plus dans la répartition des richesses produites (la VA) que sa seule évolution (la croissance). Avec plus d’égalité, il peut y avoir un progrès social de nature à garantir une niveau de développement satisfaisant pour tous.

          Comme votre conclusion est pertinente, je le cite ici :

          « La transition vers une société post-capitaliste, sans croissance mais centrée sur la satisfaction des besoins humains, le temps libre et la reproduction écologique est à bien des égards souhaitable. Elle nécessite cependant l’émergence d’une coalition sociale et politique capable d’imposer une réduction drastique des inégalités et de remettre au coeur des activités économiques la production et la gestion des biens communs. »

          C’est pas gagné, mais merci pour cet article. smiley


          • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 2 avril 2010 14:45

            @ Thierry LEITZ

            « la croissance ne peut être »sans fin"

            Vous dites cela parce que vous pensez que la croissance est basé sur la matière. Or la croissance est basée sur la connaissance, l’expérience et la culture. Et ces domaines ont une croissance dont la seule limite est le temps.

            La croissance est donc sans fin à l’échelle humaine.


          • anty 2 avril 2010 15:30

            Même avis

            j’ajoute seulement dans type de sociétés on a toujours recherché la croissance de quelque chose (églises au moyen âge par ex ) tout en recherchant l’économie du temps de l’argent et de la fatigue et l’optimisation des moyens

            à cette rationalité on n’y échappe pas quoiqu’on fasse

            elle tout simplement inscrit dans le subconscient des êtres vivants....


          • Jashugally 2 avril 2010 16:43

            @jesuisunhommelibre
            Plus ou moins d’accord, la croissance tel qu’elle est calculée se base sur les chiffres de l’année précédente. Dans l’idéal on nous dit qu’une croissance de 3% tous les ans serait bien. Le problème c’est que cela n’a rien de linéaire, ça ressemble plus à une exponentielle.


          • bobbygre bobbygre 2 avril 2010 14:43

            Merci pour votre article.
            Oui, on sent tous qu’on est à la fin d’un monde... à l’exception de quelques aveugles toujours persuadé que le progrès est uniforme et qui refuse d’admettre que l’on est dans une phase historique de recul spectaculaire.

            A Eric ->
            Aujourd’hui, on parvient à élever des porcs plus gros, moins porteurs de maladie, qui croissent plus vite. Est-ce parce que l’on a amélioré les conditions de vie du porc ? Je ne crois pas, non.
            Ce n’est pas parce que l’espérance de vie s’allonge, que l’on consomme plus que de raison aussi bien pour l’essentiel que pour le superflu que notre société est satisfaisante.
            D’une on est en train de sacrifier l’avenir en vidant la planète de ses ressources comme on presse un citron et de deux, on a privilégié au nom de la croissance économique la satisfaction des biens matériels en « oubliant » les biens de l’esprit (résultat : aujourd’hui notre esprit travaille uniquement à la satisfaction des besoins du corps alors que dans une société évoluée spirituellement et technologiquement, il me semble que ce devrait être le contraire).


            • anty 2 avril 2010 15:37

              une société évoluée spirituellement et technologiquement,

              On se dirige a grands pas vers une société ou le spirituel sera beaucoup plus présent

              l’important est de savoir qu’un certain bien être matériel n’est pas de trop dans une société tournée vers le spirituel...


            • anty 2 avril 2010 16:13

              Les pauvres ont de l’espoir quand les riches sont tournés vers la vanité
              et pourtant je ne suis pas toujours les préceptes religieux


            • eric 2 avril 2010 16:33

              A bobbygre.
              Vous êtes comme l’auteur, vous utilisez des mots généraux pour de pas dire de quoi ou quion parle. Qui c’est ON ? Non seulement la plus part des gens ont plus de temps et de moyens pour se consacrer aux choses de l’esprit que jamais, au moins dans les sociétés occidentales développées, mais ils ont une parfaite liberté de s’adonner à ce qu’ils veulent.
              Comme je le rappelle toujours, il y a des gens qui font le choix de renoncer à un certains nombre d’objet et de consommation. Les prêtres et les familles nombreuses. Décider d’avoir 4, 5 enfant ou plus, c’est, à revenu égal, choisir les joies des relations plus tot que les objets. Maintenant qui le fait sous nos latitude ? A ma connaissance, assez peu ceux qui gémissent sur les difficultés du temps et la fascination pour les objets. Ce que je pense c’est que les gens qui adhèrent à vos idées ont en réalité un problème avec la société de consommation. Ils en voudraient bien plus, ils sont au fond fascinés. D’ailleurs cela transparait dans leur lutte affiché contre les inégalités, plus tôt que contre les pauvreté. Ils supportent mal que certains aient plus qu’eux.

              AU lieu de se poser des questions sur eux même, ils accusent « la société matèrialiste qui fait que » Hypocrite et irresponsable. Vous, je, ils, peuvent demain se consacrer aux choses de l’esprit. vendez des hot dog le week end sur les foires et vous aurez assez d’argent pour vous consacrer au spirituel à temps plein. Evidemment, il est plus facile d’attendre de la « société » qu’elle soit spirituelle. Comme si cela voulait dire quelque chose...


            • bobbygre bobbygre 2 avril 2010 16:59

              Vous n’avez rien compris à mon propos que vous avez fait passer à la moulinette de vos idées préconçues. Je prendrai le temps de vous répondre point par point dés que j’aurai un peu de temps.


            • perlseb 2 avril 2010 20:00

              Merci pour cet article.

              Grosse fatigue du capitalisme... pour les exclus de plus en plus nombreux en France. Mais au niveau mondial, comme vous le soulignez avec l’entrée de la Chine, il ne s’est jamais autant diffusé. Maintenant, tous les terriens ou presque pensent « argent », et sont prêts à s’asservir sans limite pour en gagner.

              Je pense que nous assitons, avec l’entrée de la Chine, à un réajustement complet du coût des produits. Les biens industriels seront donnés à l’avenir (nous n’avons pas encore atteint le sommet de cette société matérialiste et de tous ces gadgets qui font rêver les pauvres), mais les prix des ressources et des biens alimentaires vont exploser. La transition est dure.


              • fifilafiloche fifilafiloche 2 avril 2010 20:24

                Il me semble que vous confondez cause et conséquence. Nous assistons aux limites du Keynesianisme, de la stimulation de la croissance par la demande par une politique de taux d’intérêts bas, avec l’instabilité qu’elle provoque par la formation de bulles spéculatives à répétition. La rémunération du travail y progresse moins que celle du capital parce que l’investissement en capital y est presque gratuit. Les bulles immobilières en sont une parfaite illustration.


                Pour remettre le travail au centre du système productif, il faut réduire l’accès au crédit, qui doit rester un outil à usage exceptionnel pour des situations exceptionnelles, et non un passage obligé, voire un outil de défiscalisation. Cela passe par l’interdiction des déficits budgétaires et l’encouragement à une épargne stable aux rémunérations non soumises aux fluctuations erratiques des bourses (casino). Là encore, seuls des taux d’intérêts élevés peuvent orienter l’épargne durablement sur des véhicules sûrs.

                Malheureusement, le choix fait en 2008 de soigner le mal par le mal, la crise du crédit par la planche à billet, nous condamne à court terme à plus d’instabilité et à des crises systémiques. Les efforts des états pour maintenir les actifs aussi bien mobiliers qu’immobiliers à des niveaux artificiellement élevés en innondant les économies de liquidités qui ne correspondent pas à une création réelle de valeur par le travail, en puisant toujours plus sur l’endettement, nous rend toujours plus dépendants de nos créditeurs asiatiques, leur cédant un peu plus de pouvoir à chaque fois.

                La crise des valeurs occidentales (perte du bon sens) nous mène à une crise de civilisation. Quel sera notre place dans un 21e siècle où nous serons de moins en moins signifiants aussi bien démographiquement qu’ économiquement ? Voilà un sujet d’anticipation qui mériterait approfondissement...



                • fifilafiloche fifilafiloche 2 avril 2010 21:15

                  Cassino, vous parlez de consumérisme, qui s’oppose au capitalisme, puisque ce qui va dans la consommation ne va pas à l’épargne. C’est le débat macro économique classique Keynes contre Hayek. Keynes a toujours été plus populaire, la dépense provoquant une réaction immédiate de plaisir naturelle ;o). En démocratie, la dépense permet aussi occasionellement d’acheter des majorités ;o)


                • Ecométa Ecométa 3 avril 2010 10:24

                  Nous ne faisons pas, à proprement parler, de l’ « économie », mais exclusivement du capitalisme, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ; qui plus est du capitalisme essentiellement financier : cercle vicieux de l’argent qui fait de l’argent !


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 avril 2010 01:50

                    Les capitalistes ont voulu tuer l’arbitre. Et après l’avoir tabassé à mort ils l’appellent au secours.


                    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 4 avril 2010 09:37

                      Petite banque capitaliste dont le gérant risque son propre argent

                      Grosse Banque too big to fail donc beneficiant d’aides d’Etat ; dont le directeur a de forts liens avec la politique

                      • Dexia  : directeur : Pierre Mariani. Mariani est un enarque qui a commencé sa carrière en tant qu’inspecteur des Finances. Le business de Dexia est de financer les collectivites locales en France et en Belgique. La republique francaise ne est actionnaire : avant la crise, la CDC possedait 12% du capital. Et avant Novembre 2008, le senateur maire Francois Rebsamen (Parti Socialiste) faisait partie du conseil d’administration. NB en Pleine crise, Dexia se payait des soirees de luxe à Monaco 
                      • UBS. directeur : Kaspar Villiger , ancien ministre de la Confederation Helvetique. 
                      • Citigroup ancien directeur Sandy Weill, qui a recruté son ami ex president Gerald Ford et l’ex ministre de Clinton Robert Rubin pour faire du lobbying.

                    • anty 4 avril 2010 09:43

                      càd..... ??????


                    • Eleusis Bastiat - Le Parisien Libéral eleusis 5 avril 2010 13:36

                      c est a dire qu il n ’y a pas de fatigue du capitalisme (risquer son propre argent pour en tirer un benefice superieur), il y a une crise de l’interventionnisme etatique qui n’a su éviter ni le Credit Lyonnais, ni le subprime.


                    • anty 4 avril 2010 09:57

                      Le capitalisme est une réalisation humaine à travers les siècles(codifié aux 18 siècle par économistes anglo-saxons ) qui a certes connu des nombreuses crises mais jamais remplacé jusqu’à présent par quelque chose de plus intéressant....

                      alors un coup de pompe du capitalisme pourquoi pas bien que je pense qu’il s’agit plutôt de l’une de crise de l’évolution que l’homme saura comme d’habitude dépasser et améliorer le système.


                      • Gandalf Tzecoatl 4 avril 2010 17:40

                        Merci à l’auteur de nous rappeler la dégénérescence intellectuelle des libéraux, et de Mr Salon le fonctionnaire en particulier.


                        • Pierre Boisjoli Pierre Boisjoli 18 avril 2010 01:41

                          Les États ont sauvé le capitalisme à la dernière crise et ils ne pourront pas répéter la manoeuvre des dizaines de fois car tout doit casser. Marx l’a prédit : la chute du capitalisme est imminente. N’en déplaise à tous ceux qui tirent de gros revenus du capitalisme, le temps est compté. Vous ne pourrez pas faire la pluie et le beau temps avec un système qui détruit tant de d’honnêtes gens. Dieu y verra.
                          Pierre Boisjoli
                           le conseiller divin
                          le seugneur des seigneurs
                          le roi des rois
                          le prince de la paix

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