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Accueil du site > Actualités > Economie > La guerre des monnaies n’aura pas lieu !

La guerre des monnaies n’aura pas lieu !

Comme Giraudoux, le dernier G20 a exprimé ce vœux pieux « La guerre des monnaies n’aura pas lieu » par la bouche par exemple du ministre des Finances britannique George Osborne : "Le monde ne doit pas faire l'erreur (...) d'utiliser les devises comme instrument de guerre économique". Pourtant, dans notre monde en crise, la monnaie reste une arme et la guerre est déjà déclarée !

Nombreux sont les pays, sur tous les continents à maintenir la valeur de leur monnaie bien plus bas que sa valeur dite « naturelle » aux vues de leurs performances économiques. Si le Japon a déterré la hache de guerre en réaction à une déflation dévastatrice et à vingt ans de stagnation de la croissance avec sa politique de relance qui a fait chuter le yen de 20%, de grandes économies telles que la Chine (dont l’Etat fixe autoritairement le cours du Yuan), les Etats-Unis (dont la réserve fédérale inonde l’économie de nouvelles liquidités depuis trois ans) ou encore la Russie ne sont pas en reste.

C’est donc bien d’une guerre économique qu’il s’agit et ce sont moins des partenaires qui discutent que des belligérants qui s’affrontent à coups de dévaluations compétitives dont l’effet mécanique théorique est à terme de stimuler les exportations et de limiter les importations. C’est donc une politique avant tout protectionniste, facile à mettre en œuvre, mais dont les bénéfices se font sur le dos du reste des économies. Quand on sait les dégâts générés par la grande guerre monétaire des années 1930, il y a lieu de s’inquiéter.

Mais si l’intérêt particulier des diverses économies du monde la réclame, l’intérêt général, lui, commande à ce que cesse cette guerre au plus vite. Pour résumer, il s’agit d’un dilemme du prisonnier classique. Dans le cadre de deux économies partenaires : Si je dévalue et le voisin non, à terme j’exporterai mieux vers lui et importerai moins de lui. Et vice versa si c’est lui qui dévalue et pas moi. En revanche, si nous dévaluons tous les deux l’effet sera négligeable sur nos balances commerciales respectives mais, surtout, en plus de l’instabilité du commerce international, cette politique engendrerait une forte inflation avec des prix qui augmentent partout en même temps, proportionnellement à l’intensité de la politique monétaire expansionniste mise en œuvre.

En Europe, on joue la drôle de guerre des monnaies. Les tambours tonnent aux quatre coins du monde, les trompettes du dollar, du yen et du yuan sonnent et l’Euro, reste immobile dans son château fort. Mais ce château est en ruine, la surévaluation de l’euro étant renforcée et alimentée par la guerre des monnaies environnantes, toujours plus faibles. L’Allemagne préfère jouer sur des efforts de compétitivité pour protéger ses rentiers et entraine l’ensemble de la zone euro avec elle. De son côté, la BCE a pour objectif la maitrise de l’inflation et non la recherche de croissance économique, elle adopte en conséquence une politique passive qui laisse l’euro souffrir d’une surévaluation (d’environ 11,7% selon le Big Mac index) dont les résultats sur notre industrie sont dévastateurs. En effet, la seule manière de lutter face à l’appréciation fatale de l’euro si on se prive de l’outil monétaire est la maîtrise des salaires, c’est-à-dire la politique de rigueur, de compétitivité à outrance, préconisée par l’Allemagne pour réduire les coûts de production et mieux exporter.

Le Japon a déclaré la guerre des monnaies. L’euro doit il entrer dans l’arène ? Le débat reste ouvert. Mais il n’est de victoires que pour les combats que l’on mène et l’immobilité n’est jamais une solution. Reste à savoir si les beaux yeux d’Hélène, la croissance économique, valent cette nouvelle guerre de Troie.


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13 réactions à cet article    


  • Popov De Kerl Popov De Kerl 28 février 2013 16:47

    Celui qui refuse le combat alors que l’ennemi est a ses portes sera détruit, l’euro refuse le combat des monnaies en acceptant pas que ce combat a déjà commencer alors l’euro est deja battu.

    Conclusion soit George Osborne sait que l’euro est mourant et voit un intérêt a conserver une monnaie forte de manière temporaire avant son éclatement soit il vie dans un rêve.

    Je n’ai pas une formation d’économiste mais si avant une dévaluation je change 100$ et € a un taux de 1:1 j’ai 100€ puis le dollars est dévalué et je change a nouveau mes 100€ en $ a un taux de 3:1 j’ai donc 300$

    Maintenant allons plus loin si je me débrouille pour que les dévaluations ne se fasse pas simultanément mais décalée dans le temps, dévaluation du dollar lorsque mes actifs sont en euros et dévaluation de l’euro lorsqu’ils sont en dollar... on peu batir une fortune sur ce shéma, en particulier si une banque centrale fournit de la monnaie de manière importante (Les USA par exemple... ahhhh tien tien tien)

    il serait intéressant de savoir qui, en ce moment joue à ce petit jeu, et si le mouvement est de grande ampleur non ?


    • Popov De Kerl Popov De Kerl 28 février 2013 16:51

      Et la je ne parle que de deux monnaie ajoutez a cela les autres monnaies du monde, liez ça au marché matière première jouez sur plusieurs tableau de manière simultanée (achat d’or en $ et revente plus tard en € par ex) et Banco


    • observateur observateur 1er mars 2013 12:09

      Qui gouverne le monde ? analyse pertinante de Soral : controle monde


    • Hervé Hum Hervé Hum 28 février 2013 19:31

      Hum, il aurait été surtout intéressant que l’auteur face l’hypothèse d’une entrée de l’Euro dans la guerre des monnaies et de montrer les conséquences.

      Et s’il faut imaginer une guerre mondiale des monnaies, il faut aussi imaginer que la paix aboutirai à une sorte d’ONU monétaire, voir comme certains le soupçonne la création d’une monnaie mondiale étalon en remplacement du dollar.


      • Aldous Aldous 1er mars 2013 09:52

        La guerre des monnaies n’est intelligible que si on comprend les objectifs de chacun.


        Objectif des USA : 

        orbectif ancien : Acheter toutes les ressources possible avec des billets de monopolie depuis 1971 et tant que ca sera possible.

        Objectif actuel : se debarasser de la dette en dollars et des fonds souverains etrangers en dollar du meme coup

        Objectif futur : Garder le controle monnetaire en instaurant une monnaie virtuelle numerique universelle faisant du systeme bancaire le passage obligé de tous les echanges et non plus seulement du petrole, come c’est le cas du petrole. Instaurer la gouvernance bancaire mondiale.

        Pour les Russes : eviter que la monnaie mondiale soit sous controle exclusif des occidentaux.

        Pour la Chine : Liquider le fond souverain en dollars avant qu’il ne se transforme ent tas de PQ.
        Aider les Russes dans leur objectif.

        Pour les Européens. (En fait, il s’agit d’une province des USA qui va fusionner avec en 2015) : tester la monnaie numerique et préparer le basculement ver la monnaie virtuelle quand le dollar sera détruit.

        Non allignés (Kadhafi, Saddam, l’Iran) : Vendre leur petrole contre de l’OR. 

        Que peut on appeler Guerre des monnaies ? 

        La mort de Saddam, Kadhafi et le blocus de l’Iran.

        le reste est juste un jeu de chaises musicales pour savoir qui aura un strapontin dans la monnaie mondiale virtuelle future.




        • Aldous Aldous 1er mars 2013 15:04

          tiens, j’ai oublié Chavez.


          Il va rejoindre Saddam et Kadhafi bientot, avec son cancer.

        • gorio 1er mars 2013 13:28

          Bonjour à tous.


          Je pense que l’Europe a fait un choix dans cette guerre des monnaies et ce n’est pas celui de l’inaction bien au contraire. La politique d’austérité que l’Europe subit est justement la conséquence de cette guerre des monnaies et du choix que l’Europe a fait. Une population vieillissante, une innovation en berne, je pense que l’Europe ne peut pas lutter à armes égales sur le plan de l’industrie, certes nos fleurons européens restent et demeureront fort, enfin j’imagine, mais est-il imaginable que l’Europe devienne dynamique, je n’y crois que peu. Alors je vois bien, les puissances mobilières européennes et leurs supplétifs politiques, tabler sur la maintenance du libéralisme dans un monde certes multipolaire mais toujours ouvert ( un pari risqué s’il en est) et prendre le pari que, dans ce monde, une monnaie stable soit nécessaire. Rien ne dit que même si cette perspective était vérifiée, les autres pays accepteraient cette monnaie plutôt qu’un panier de monnaie comme la Chine l’a parfois demandé. Cependant, la perspective d’une monnaie déjà existante sur un continent doté d’états forts voire d’un état fort ( la frilosité, léthargie en Europe, face à l’austérité, en est bien le révélateur) peut faire la décision. Alors, muni d’une d’une monnaie stable, notre Europe attirera les investisseurs mondiaux dans ces banques et telle une suisse à échelle continentale, permettra via le secret bancaire que le business international perdure, toujours invisible et de ce fait, que nos riches s’enrichissent et que nos pauvres les servent au mieux sans les déranger... 
          Je ne sais pas si ce pari sera gagnant (pour l’Europe hein pas pour tous les européens il faut quand même pas déconner), nous verrons bien, mais je ne sous-estime pas nos élites financières. C’est pourquoi, parler d’inaction pour l’Europe dans cette guerre des monnaies me parait inapproprié surtout au regard de l’effort que l’Europe demande à sa population pour garder cette stabilité monétaire.


          • Hervé Hum Hervé Hum 1er mars 2013 14:44

            Aldous donne une bonne image de ce qui se passe en sous main.

            Maintenant, pourquoi l’Euro reste fort ? Pour les seuls beaux yeux de l’Allemagne ? J’en doute fort !

            Plus intuitivement, parce que le monde monétaire a besoin d’une monnaie fixe servant de piquet autour duquel se balancer.

            Vous me direz que c’est le dollar, mais non, le dollar ce n’est pas le piquet, c’est la gravité.

            En d’autres termes, si l’Euro arrête de jouer le piquet, tout le jeu monétaire mondial s’écroule...

            Donc, l’Euro fort est imposé par les USA et tous les banquiers occidentaux.


            • Hervé Hum Hervé Hum 1er mars 2013 14:48

              Ah, pour celui qui n’a pas compléter la métaphore, de gravité, ben y’en à plus, donc, tout s’écroule dans le vide intersidéral !!!

              Et on revient à ce que dis Aldous, tant que la Chine et la Russie n’entrent pas dans le jeu occidental, il faut maintenir l’Euro fort pour ne pas que tout s’écroule sans avoir mis en place d un autre centre de gravité.


            • Aldous Aldous 1er mars 2013 15:09

              Tout a fait Hervé.


              Le vrai souci les ricains est d’éviter qu’une valeur refuge n’émerge et foute en l’air leur système de référence bidon et spoliateur.

              Les Russes ont tenté de prendre en leadership en 2009 en se faisant les avocats d’une monnaie mondiale dans laquelle on trouverait du rouble et du yuan.

              depuis rien.

              Les émirs arabes ont tenté aussi de créer leur monnaie. tentative avortée. 


            • Al West 1er mars 2013 15:49

              Bonjour,

              En excluant l’Iran du système SWIFT, les Etats-Unis se sont également tirés une balle dans le pied à ce propos. Les géants chinois et indien ne pouvant se passer du pétrole iranien, ils ont finalement payé ce dernier directement en or. La Chine a également payé en yuans. Comme quoi les échanges de la zone océans Indien - Pacifique se feront même sans le dollar. L’avenir dira s’ils ont le courage et arrivent à mettre en place une véritable zone monétaire exempte du dollar.

              Sans oublier que de 2000 à aujourd’hui, les réserves d’or de la Russie sont passées de 384 à 954 tonnes, celles de la Chine sont officiellement d’environ 1000, mais les chiffres réels sont nécessairement plus élevés. (Pour la Chine, nombreux sont ceux qui estiment que c’est au moins le double.)

              Dans le même temps, celles des Etats-Unis sont introuvables puisque même l’audit officiel de la Fed de New-York dernier donnait quelques 400 tonnes alors que plus de 8000 tonnes sont censées y être. Pour ceux qui veulent voir le rapport officiel du Trésor américain :

              http://www.treasury.gov/about/organizational-structure/ig/Audit%20Reports%20and%20Testimonies/OIG13031.pdf

              Où est parti cet or ? Sûrement dans les coffres personnels des banquiers. Autant dire que les Etats-Unis n’ont plus aucun avenir monétaire en tant que nation. C’est le pouvoir privé qui a la main au sein du monde occidental. La question est de savoir si la Chine et la Russie résisteront à un effondrement économique d’une moitié du globe.


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er mars 2013 15:05

              Bonjour,

              vous dites « elle adopte en conséquence une politique passive qui laisse l’euro souffrir d’une surévaluation d’environ 11,7% » là est le taux de la dévaluation qui s’ensuivrait suite au retour au franc. Raisonnable.


              • Aldous Aldous 1er mars 2013 15:13

                tins ca me fait penser à ce qu’on a dit aux Grecs pour pas qu’ils quittent l’Euro (et dont ils crèvent) :


                Si vous revenez aux drachmes, vous aurez une chute 20% de PIB en un an.

                Ils ont gardé l’euro et ont perdu 24% de PIB cette année.

                Merci qui ?

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