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Accueil du site > Actualités > Economie > La hausse des prix des matières premières agricoles, une tendance (...)

La hausse des prix des matières premières agricoles, une tendance durable

Il va falloir s’y faire, le prix de la baguette de pain et de la brique de lait vont monter et pour longtemps. La principale variable sera l’affectation des surfaces agricoles. En voici les principaux facteurs :

A) L’augmentation de la population mondiale

On l’aurait presque oublié, mais c’est le principal facteur d’augmentation de la demande. Le phénomène désormais classique de transition démographique (baisse de la mortalité - allongement de l’espérance de vie) des pays en développement est actuellement à l’oeuvre dans les deux pays les plus peuplés au monde. Le phénomène joue à plein. Chaque année, les importations chinoises de produits agricoles battent des records.

B) L’augmentation du niveau de vie moyen dans les pays à fort excédent démographique

Cette augmentation, médiatisée par les nouveaux milliardaires chinois, indiens ou encore mexicains, est plus diffuse dans les autres couches des populations, mais bien réelle. Et cette hausse du niveau de vie moyen entraîne mécaniquement une hausse de la consommation tout court (facteur d’augmentation de la demande), et de celle des produits carnés en particulier (facteur d’augmentation de la demande et de réduction de l’offre).

Car pour produire de la viande, il faut nourrir des animaux. Cette nourriture, il faut la produire sur des surfaces agricoles qui ne produiront pas de céréales pour l’alimentation humaine. Et la tension à la hausse sur les prix s’accentue.

C) L’extension urbaine

L’extension des villes se fait au détriment des surfaces agricoles, mais pas seulement. Il se fait au détriment des surfaces agricoles les plus fertiles, car les villes sont en grande partie installées à proximité de terres agricoles productives. Leur extension est donc plus que proportionnellement restrictive quant à la production agricole.

Imaginez ce qui se passerait en France si toutes les terres agricoles devenaient subitement "constructibles". Les constructions immobilières se feraient de manière complètement sauvage. C’est ce qui se passe chaque jour dans les pays en voie de développement.

D) Le développement des biocarburants

L’exemple même de la fausse-bonne idée. Alors même que les stocks mondiaux de nourriture ont rarement été aussi bas, on lance, sur toute la surface du globe, de grands et beaux projets de "biocarburants", à savoir éthanol et diester.

Les usines de production de diester et d’éthanol nécessitent, pour leur approvisionnement, une quantité de surfaces agricoles considérable. Pour ne parler que du fonctionnement des usines dont la construction est lancée en France et au Benelux, la suppression de la jachère ne représenterait qu’une part très limitée des surfaces nécessaires.

E) Les freins à l’augmentation des prix des matières premières agricoles

- Les différentes calamités. A défaut d’être prévisibles (guerres, inondations...) ou de pouvoir en mesurer réellement l’impact (sida, élimination des fillettes à la naissance dans certaines régions du monde...), ces catastrophes ne jouent qu’à la marge. Si tel était le cas, le nombre de victimes se chiffrerait annuellement en dizaines de millions de morts, ce qui n’est fort heureusement pas le cas.

- L’augmentation de la productivité des agricultures non-européennes. L’Europe a la productivité agricole à l’hectare la plus élevée au monde (2 x celle des Etats-Unis, 3 x de la Russie). Si celle-ci se fonde sur un ensemble de techniques et de savoir-faire transposables ailleurs, le facteur essentiel reste le climat tempéré océanique, avec des apports en eau modérés et réguliers, qui est un atout unique au monde.

- Le défrichage de nouvelles surfaces agricoles. Un bien - immédiat - pour un mal - dont on mesure encore mal l’étendue des conséquences - qui n’a qu’un effet tout relatif sur l’offre de produits agricoles.

F) Les aléas dus au changement climatique : une incertitude complète

Le changement climatique est là et bien là. Ce que l’on ne sait pas encore, c’est quelles régions vont voir leur situation climatique changer durablement dans un sens ou dans un autre, et dans quelles proportions. La Sibérie va-t-elle devenir une gigantesque Beauce ? L’Europe occidentale va-t-elle se transformer en Sahara ? Ou ces changements vont-ils être plus mesurés et n’impliquer que des modifications à la marge quant à la nature des productions ?

Personne n’est aujourd’hui capable de le dire. Ce qui est certain, c’est que sur les marchés, la "prime de risque" va augmenter, et donc se répercuter sur les prix. De même, la volatilité de ces prix va s’accroître.

G) Quelques mots en guise de conclusion

Voilà pour la description des principaux facteurs fondamentaux d’une hausse durable du prix des matières premières agricoles.

Aveuglés par une situation climatique et géologique incroyablement privilégiée et par une politique agricole commune efficace, aboutissant au paradoxe des excédents, nous ne nous rendions pas compte de ce qui se tramait autour de nous.

Nous voilà aujourd’hui rattrapés par la réalité. Et pour de longues années.


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24 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 24 août 2007 09:51

    Si la France accepte d’ouvrir ses frontières aux produits agricoles d’amérique du sud,alors les prix feront pas l’objet de spéculation à la hausse.

    La spéculation c’est quand l’Etat réduit l’offre

    En Amérique du sud,les pays aimeraient bien exporter leurs produits en Europe,ainsi que la viande argentine qui est la meilleure au monde.

    L’économie de marché c’est de proposer des produits de qualité au juste prix.

    Pourquoi,les consommateurs français devraient-ils se priver de produits d’amérique du sud ???


    • Nemo 24 août 2007 11:06

      Bonjour,

      Tout d’abord une remarque générale, la spéculation, ce n’est pas comme vous dites « quand l’Etat réduit l’offre ».

      La spéculation consiste à faire un pari sur un événement futur, en se basant sur certaines hypothèses. Demandez à des parieurs de PMU, ils vous donneront toutes les bonnes raisons pour lesquelles les chevaux qu’ils ont choisi doivent gagner. C’est la même chose sur les marchés financiers. Les gens établissent un certain nombre d’hypothèses, fondées sur un ensemble de facteurs parfois très complexes. Ils suivent l’évolution de ces facteurs, pour voir si leurs prévisions étaient justes, et en fonction de l’adéquation des événements aux hypothèses qu’ils ont établies, ils ajustent leurs positions.

      Maintenant, ce qui est vrai, c’est que lorsque l’Etat - ou en l’occurrence l’Union Européenne - édicte des règles restrictives à l’importation d’un certain nombre de produits, c’est l’un des facteurs sur lesquels se fondent les acteurs économiques pour fonder leurs prévisions.

      Sur le fond maintenant, si l’Europe accepte d’ouvrir sans restrictions ses frontières aux productions des pays d’Amérique du Latine, il y aura très probablement comme vous le suggérez une baisse temporaire des prix des matières premières agricoles au sein de l’Union Européenne.

      Cependant, cette baisse de prix ne serait que temporaire, pour toutes les raisons que j’ai évoquées précédemment. Mais surtout cette baisse aurait un effet dévastateur pour nombre de petites exploitations européennes, avec les effets sociaux négatifs que l’on peut imaginer. Ou alors, cela voudrait dire que les aides pour permettre à ces exploitations de survivre, devraient être beaucoup plus importantes, financées par des prélèvements supplémentaires.

      De plus, un savoir-faire très important serait gâché, difficilement quantifiable financièrement, mais qui sera capital dans les prochaines décennies, face à la tension sur les productions agricoles. Et perdre un avantage compétitif majeur, cela ne me semble pas être une bonne politique.

      Quant à l’économie de marché, ce n’est pas de proposer des produits de qualité au juste prix, c’est un système d’organisation des échanges de biens et de capitaux dont le principal (mais pas le seul) facteur de fixation du prix est le jeu de l’offre et de la demande.

      La qualité n’est qu’un des éléments de différenciation des produits et des services par rapport aux produits et aux services concurrents.

      Enfin, et pour terminer, je vais sauver ma peau. L’un de mes plus proches amis étant originaire du Limousin, je ne survivrai pas quelques jours si je ne m’offusquai avec véhémence de votre propos sur la viande argentine.

       smiley

      Donc non, c’est la viande limousine la meilleure du monde, et la charolaise juste derrière ! Et je vous invite à faire un tour du côté de Limoges avant de dire une horreur pareille...


    • BuZardinho BuZardinho 24 août 2007 11:15

      Je confirme, la viande Limousine est bien une des plus savoureuse au monde.


    • Mondran 24 août 2007 11:58

      Je ne suis pas un fin connaisseur du marché de la viande. d’ou je me pose quelques questions. Avons nous des quotas d’importations de viande argentine ? Il ne me semble pas, nous importons massivement du mouton anglais ou néo zelandais, donc pourquoi il y aurait-il des barrières à l’entrée pour ce type de viande, comme semble l’indiquer implicitement Lerma. Au delà des qualités organoleptique et gustative des différentes viandes, il me semble indispensable de privilégier les viandes du terroir, pour limiter les effets dévastateurs des transports (pollution en particulier) de longues distances.


    • Alpo47 Alpo47 24 août 2007 12:15

      Messieurs, vous êtes dans l’erreur ... la viande de la race « Blonde d’Aquitaine » est la meilleure. Goûteuse, persillée, tendre à souhait ...


    • thirqual 24 août 2007 14:31

      Allez goûter le boeuf de Kobe, c’est sympa aussi. Je dirais pas que c’est la meilleure viande du monde, mais ça vaut son pesant de cacahouètes.

      J’adore la définition de l’économie de marché par lerma.


    • wawa wawa 24 août 2007 19:15

      La viande argentine (et mondiale en generale) est de la viande « aux hormones » anabolisantes (testosterone et progesterone) destinée à accelerer leur croissance et diminuer les couts de production. On ne connait pas les effets sanitaires d’un apport d’hormones supplémentaires

      Elles sont interdite dans l’union europeenne, et les substance anabolisantes y font l’objet d’un trafic illicite assez juteux et de controles pour fraudes. La descision europeenne est a mon avis plus motivées par des raison protectionnistes que sanitaires, mais pour moi çà fait d’une pierre deux coup : il est urgent de proteger notre autoproduction alimentaire (independance alimentaire) et de se nourir de ressource locale (lutte contre l’effet de sere) et de preserver sa santé en evittant une « surhormonisation ».

      Cette viande aux hormone fait d’ailleurs l’objet d’un apre contentieux a l’omc entre europe et USA et a deja donné lieu en retorsion aux fameuses surtaxations de roquefort, champagne et foie gras

      La viande est par ailleur associées a une forte emission de gaz a effet de serre, par rapport a une alimentation vegetarienne, mais qu’un steack est bon smiley


    • karg se 24 août 2007 20:00

      Lerma, les prix augmentent partout, même en Chine, c’est pour dire, il y a une crise mondiale agricole, et qui va durer au moins 40 à 60 ans...Le temps que la population redescende...


    • Mondran 24 août 2007 10:05

      Je partage totalement l’analyse de Némo. Il parait évident pour l’ensemble des raisons indiquées que le prix des matères premières agricoles va s’accroitre. Il m’a semblé même que nous avions désormais atteint un niveau de consommation supérieur à la production, entraînant des déstockages.

      Vous citez les catastrophes écologiques comme un facteur pouvant être un frein à l’augmentation des prix. Je pense que c’est le contraire, les catastrophes détruisant les bassins de production et donc ont plutôt une tendance haussière sur les prix. Quand au réchauffement climatique, ces effets ne seront pas bénéfiques sur la production à moyen terme, surtout si le rythme des changements s’accroit et devient chaotique. Je ne crois pas un seul instant à la transformation de la sibérie en bauce ni à celle de l’europe occidentale en désert.

      Une autre conséquence de la pression sur les terres agricoles c’est le recours encore plus massif aux OGM et autres technologies ... Avec toutes les conséquences que cela pourra avoir.


      • Nemo 24 août 2007 11:31

        Bonjour,

        Vous avez tout à fait raison quant à la question des déstockages. Maintenant, les choses peuvent varier de manière cycliques en fonction des années, des productions, et des régions.

        Il y a quelques années par exemple, suite à une forte surproduction de maïs en Hongrie concommitante à une sous-capacité de stockage, et une sécheresse en Espagne, on a transporté à grands frais du maïs hongrois jusqu’en Espagne. Les prix en Espagne étaient bien évidemment très différents des prix en Hongrie.

        Le coût du transport est un élément très important du prix des céréales, et plus le client est proche du lieu de production, plus les prix sont significativement bas.

        En revanche, les structures de prix de la viande sont très différentes.

        En ce qui concerne les changements climatiques, le titre de mon paragraphe est « les aléas du changement climatique : une incertitude complète ». Et dans le corps du texte, je dis bien que personne ne peut savoir dans quels sens cela va jouer. Et devant l’incertitude, la prime de risque augmente, ce qui a un effet haussier sur les prix, même si c’est parfois de manière marginale.

        Quant à votre remarque sur l’emploi accru d’OGM, elle est à mon sens très juste. Le besoin croissant de matières premières agricoles, et la hausse générale de leurs prix, va pousser à la recherche sur les OGM aussi sûrement que la hausse du prix de l’or noir pousse les compagnies d’explorations pétrolières à faire des trous partout où elles reniflent un peu de chaînes carbonnées.

        A ce sujet, je souhaiterai quand même souligner que les OGM ne sont que l’industrialisation du procédé « naturel » du croisement, que l’on cherche à mieux maitriser par notre connaissance du génome. Ce que l’on faisait « par hasard » après de multiples et de multiples croisements, on tente de le faire « du premier coup » en modifiant le génome des plantes.

        Ceci dit, je partage votre réserve quant à notre connaissance sur les conséquences potentielles de l’utilisation massive des OGM. Je ne pense pas qu’on puisse dire d’emblée « c’est de la manipulation du génome, ca va détraquer la nature ». Mais on ne peut pas affirmer péremptoirement que les OGM sont inoffensifs.

        Certaines catastrophes sanitaires dûes à des médicaments trop vite mis sur le marché l’ont suffisamment montré, il faut toujours un certain temps avant de pouvoir mesurer les effets imprévus, lorsque l’on touche au vivant. Et je ne suis pas sûr que le délai que l’on se donne aujourd’hui soit suffisant de ce point de vue là.


      • Mondran 24 août 2007 11:46

        Nemo,

        Je ne suis pas d’accord sur votre remarque sur les OGM : « A ce sujet, je souhaiterai quand même souligner que les OGM ne sont que l’industrialisation du procédé »naturel« du croisement, que l’on cherche à mieux maitriser par notre connaissance du génome ». Ne confondez vous pas recherche génomique et OGM ? Ce sont certes des sujets fortement connexes, mais si la recherche génomique a bien pour objet l’étude du génome et de l’intéraction des génes, la seocnde est une technique visant à introduire dans un génome des gènes provenant de corps étrangers, pour y intégrer des caractéristiques qui ne sont pas justement accessibles par le simple procédé « naturel » (ou non, la recherhe agronomique classique depuis 40 ans a été seule de la sélection végétale) du croisement.

        Les OGM représente un saut qualitatif bien différent.

        Sinon, je partage encore un fois vos remarques, en particulier sur l’impact des transports dans le coût total des marchandises.


      • karg se 24 août 2007 20:07

        [pour y intégrer des caractéristiques qui ne sont pas justement accessibles par le simple procédé « naturel »]

        Introduire des caractères qui concernent un seul ou un très petit nombre de gènes. C’est du gadget, c’est pas avec ça qu’on doublera les rendements ou divisera pas trois les besoins d’eau du maïs.


      • Luciole Luciole 24 août 2007 12:13

        @ l’auteur.

        Vous avez entièrement raison, mais vous oubliez deux facteurs très importants et très actuels à la hausse du prix des denrées alimentaires, que sont :

        - l’érosion des sols dues à l’agriculture intensive et à la déforestation

        - la désertification endogène de certaines régions agricoles en raison du réchauffement climatique et de l’utilisation excessive des nappes phréatiques et de l’irrigation.

        Enfin, il va falloir rapidement ajouter la disparition des abeilles, qui va faire fondre comme peau de chagrin la diversité alimentaire.

        Les habitants du Lesotho commencent déjà à mourir de faim car leur terre a subi une sécheresse exceptionnelle et qu’ils n’ont pas les moyens de se fournir sur le marché international des céréales.

        Et pendant ce temps nous continuons gaiement à engraisser nos porcs. Nous sommes des criminels, ni plus, ni moins.


        • Nemo 27 août 2007 13:27

          Sur l’érosion des sols et la désertification, je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous.

          L’érosion des sols ne touche pas de manière significative les principaux pays producteurs de céréales. Elle touche principalement des pays en voie de développement, disposant de grandes surfaces, et qui partiquent le défrichage des forêts (je pense en particulier au Brésil).

          Or, il ne s’agit justement pas d’une agriculture intensive, mais extensive. Des pans entiers de forêts sont abattus, exploités pendant quelques années, et abandonnés dès que les rendements baissent. Et le processus recommence avec de nouvelles surfaces défrichées.

          Pour condamnable qu’elle soit, et malgré les répercussions quant à la capacité d’absorption de CO2 de notre planète, cette méthode n’a pour autant pas d’incidence significative sur la quantité globale de production de matières premières agricoles.

          En ce qui concerne la désertification, si vous faites allusion au Sahel et au désert qui avance chaque année, alors il s’agit là aussi d’un épiphénomène pour ce qui concerne les prix mondiaux des matières premières agricoles.

          En revanche, en ce qui concerne les populations de ces régions, il s’agit d’une véritable catastrophe en ce sens qu’elle les prive de leurs principales ressources vivrières, et les rend complètement dépendantes de l’aide internationale.

          Pour la problématique locale à la France du niveau des nappes phréatiques, s’il est exact que les cultures de maïs sont particulièrement gourmandes en eau, le principal problème réside dans la faiblesse généralisée des chutes de neige en hiver ces dernières années.

          En effet, des pluies, même importantes, ne remplissent que faiblement les nappes phréatiques car l’essentiel des apports en eaux partent en ruissellement. Tandis que les précipitations neigeuses profitent du rythme lent de la fonte de la neige pour s’infiltrer dans les sols et remplir les nappes phréatiques.

          Mais ce qui est vrai, c’est que ces deux phénomènes conjugés, défrichage et surconsommation des nappes phréatiques, ont un effet d’accentuation certain quant aux changements climatiques. Et en aggravant ceux-ci, ils renforcent les aléas (sécheresses, pluies diluviennes,...) qui augmentent la prime de risque que j’évoquais dans mon exposé.

          De ce point de vue là, l’enregistrement ces derniers jours d’un plus haut du prix du boisseau à Chicago, directement corrélé aux risques de mauvaises récoltes en Australie et en Argentine (je dis bien risque), semble valider l’hypothèse du facteur « prime de risque » dans la le maintien de la tendance à la hausse des prix des matières premières agricoles.


        • TSS 24 août 2007 13:39

          cela ne me pose aucun problème. comme tout bon mammifère une fois passé le sevrage ,plus besoin de lait.il y a plus de calcium dans le persil et toute verdure que dans le lait !donc pas de yaourts peu de fromage,sauf chevre,car c’est avec leur lait que j’ai survecu pendant la guerre(en touraine) ma mère etant malnutritionnée.

          plus de viande de boeuf depuis 1996(vache folle) + de poisson.

          je fais mon pain moi même !!!

          j’ai un jardin et un verger donc legumes et fruits sans traitements.


          • Luciole Luciole 24 août 2007 14:22

            @Tss

            Je vous dis bravo et j’aimerais bien que beaucoup de gens prennent conscience de la gravité du problème et fassent comme vous.

            Moi je vis en ville, mais je suis devenue végétarienne et j’achète seulement du bio (j’y consacre une très grande partie de mon salaire, mais cela me semble normal).

            J’ai l’impression de sortir d’une machine à gaver infernale dans laquelle j’ai eu comme tant d’autre la tête plongée dès mon enfance.

            Comprendre et maîtriser ce que l’on mange, cela fait comprendre que la liberté ne se limite pas à des envolées philosophiques, c’est aussi concret que cela.


          • Gandalf Tzecoatl 24 août 2007 14:57

            Très bon article.

            Après des décennies de prix traficotés à la baisse de par les subventions et les multinationales agroalimentaires, le marché se résignerait-il à rémunérer correctement les 1,2 milliards de paysans que comptent notre planète, dont une bonne part vit sous les seuils de pauvreté ?

            On peut en rêver, mais la pénurie pointe aussi son nez, et est de mauvaise augure.


            • Luciole Luciole 24 août 2007 16:51

              Et qu’est-ce que vous proposez, vous, pour éviter les famines dans le Tiers-Monde ?


            • personne 25 août 2007 02:57

              C’est faux, la FAO a prouvé par une étude très complexe que la planète terre pouvait nourrir tous les humains avec des produits bio. Par contre, j’ignore si on parlait de 6 ou de 9 milliards d’humains.


            • Luciole Luciole 25 août 2007 14:28

              @ personne

              Effectivement. Mais cela implique à mon avis de renoncer en grande partie à l’alimentation carnée (ce qui serait souhaitable en termes d’effet de serre d’ailleurs).


            • karg se 28 août 2007 23:14

              @Luciole : les animaux non ruminant ne posent pas de problème de gaz a effet de serre, c’est surtout les vache, mouton, chèvre qui en produisent, mais ils ont l’avantage de valoriser des zones non exploitable (montagne notamment)

              @ sur le bio : attention, la FAO parle plutôt de révolution doublement verte, c’est du « bio soft ». Le bio est sans doute trop strict pour être vraiment performant et généralisable. C’est même pas souhaitable, le bio doit rester un choix d’excellence.


            • Nemo 27 août 2007 13:52

              @ Luciole

              Sur la probabilité de réussir à convaincre les 700 millions d’occidentaux gavés de hamburgers -dont une étude récente montrait qu’un même hamburger était jugé avoir meilleur goût lorsqu’il arbore le sigle Mac Donalds-, j’ai de sérieux doutes.

              Quant à espérer convaincre ceux parmi le milliard et demi de chinois et ceux parmi le milliard d’indiens qui peuvent enfin se permettre d’en manger de trouver une solution alternative, j’y crois encore moins.

              Ce serait infiniment plus difficile de demander aux gens de restreindre ou de modifier leurs envies en terme de nourriture que de réduire leur production de CO2.

              Pour être honnête, je ne sais pas si il y a une solution. Sans vouloir être pessimiste, lorsque l’on regarde dans l’histoire, l’être humain attend généralement de bonnes grosses catastrophes avant de vraiment se bouger.

              Il a fallu la boucherie de la 1ère Guerre Mondiale pour que l’on comprenne que cela ne servait a rien d’envoyer des milliers de soldats au carnage pour gagner 30m de terrain sur l’ennemi.

              Il a fallu un certain nombre de génocides pour qu’une véritable justice internationale commence à peine a voir le jour.

              Je ne sais pas ce qu’il faudra pour qu’on se rende enfin compte au niveau international de l’importance capitale que représente une utilisation raisonnée des sols agricoles.

              La promotion de l’agriculture raisonnée en Europe doit beaucoup plus à l’augmentation très importante du prix des engrais et des produits phytosanitaires qu’à une véritable prise de conscience, même si celle-ci se développe peu à peu.

              Et ce qui m’inquiète le plus, c’est paradoxalement la rapidité avec les gouvernements du monde entier se sont emparés de la question du réchauffement climatique, après des années et des années de sourde oreille.

              A mon sens cela veut dire deux choses : d’une part, il n’y a plus aucun doute possible sur la réalité du phénomène, et les quelques voix discordantes ne sont que des tentatives de contre-feux médiatiques. Et d’autre part, le problème est certainement beaucoup plus grave que ce que l’on veut bien laisser filtrer dans les médias.

              Mais il ne s’agit là que d’un point de vue, qui s’appuie sur une intuition personnelle plus que sur des faits. Et la seule chose que j’espère, c’est de ne pas avoir raison...


              • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 28 août 2007 11:00

                Vous avez fait une excellente synthèse des facteurs poussant à la hausse. Il faudrait ajouter à mon avis l’avidité des intermédiaires, importateurs et autres grandes surfaces, qui se sucrent régulièrement sur le dos des producteurs, en maquillant ça en « baisse des prix » et « super-promotions ». De façon sous-jacente à la problématique soulevée, il y a une question philosophique qui reste à trancher : un pays doit-il chercher l’autosuffisance alimentaire ? Deux écoles s’affrontent dans le monde :

                1. Non, on pourra toujours acheter à l’extérieur ce qui manque : c’est la réponse « moderne », si l’on veut, adoptée entre autres par le Royaume-Uni depuis Thatcher, pour des raisons idéologiques, ou le Japon d’après-guerre, pour des raisons géographiques et démographiques. L’agriculture devient alors une activité économique « comme une autre », et on peut même la sacrifier sur l’autel de la rentabilité, on importera ce qui manque. Du coup, on se retrouve à gérer cette agriculture comme un centre de profits, dans un cadre de libre-échange, qu’on va border par quelques normes de sécurité alimentaire plus ou moins sérieuses. Dans ce cadre, c’est le prix et la demande du client qui prime, tempérées par les rapports de force entre producteur et client. La subvention massive des productions européennes et américaines ne répond qu’à favoriser cet export « forcées ». Dans ce système, les petits trinquent à la moindre surproduction mondiale : ils produisent moins, donc un peu plus cher, et leur taille ne leur permet pas de fausser les prix de production par la subvention (l’exemple le plus criant en ce moment est le coton malien, moins cher que le coton américain, et concurrencé par l’Inde et la Chine, et qui ne trouve pas preneur).

                Quand on sait que les Etats-Unis sont les premiers exportateurs de céréales et de viande, cela éclaire de nombreux accords « commerciaux » ou « culturels » avec des pays moins bien lotis en force de frappe politique et militaire. A cela s’ajoutent des considérations géopolitiques : vendre des armes et de la nourriture à un même pays peut servir à accroître sa dépendance économique... et militaire.

                Les barrières sanitaires servent également de garde-fous à l’invasion par des denrées « économiquement et politiquement non souhaitables », ce qui n’est pas leur rôle premier. La lutte entre l’Europe et les USA sur les hormones rentre principalement dans ce cadre, et seulement accessoirement dans le cadre d’une protection du consommateur, qui a été pris comme prétexte (encore qu’à mon avis, le consommateur européen a raison sur ce cas précis).

                Le jeu national consiste alors pour un pays, à garantir la nourriture de ses habitants au meilleur prix, tout en bloquant ce qui gêne la politique des affaires courantes.

                2. Deuxième réponse : oui, un pays doit être autosuffisant alimentairement. C’est l’attitude « ancienne », préconisée par nos anciens dirigeants depuis Louis XIV, au simple motif que les forces armées (et leurs chevaux), nécessaires, doivent être nourries sur place, et que le peuple, mauvais garçon, se révolte quand il n’y a plus à manger. On détermine alors des plans de développement rural, qui servent d’ossature au développement économique national : régions dédiées (à la culture céréalière, à l’élevage, etc.), infrastructures locales et régionales fortes, tendance à l’autonomie alimentaire également des régions, culture culinaire...

                La politique consiste alors à garantir la production nationale, destinée en priorité aux habitants, de façon à limiter l’import aux matières « facultatives » (caviar, tabac, soie), puis à développer l’export pour s’enrichir « de surcroît ». C’est plus ou moins la politique des USA.

                Le problème chez nous, c’est que l’Europe a élaboré une Politique Agricole Commune tendant à ménager la chèvre et le chou, à savoir les deux attitudes : autonomie alimentaire d’accord, mais on ne va pas gêner l’export, qui fait rentrer de la devise fraîche, et puis le libre-échange, c’est sacré, il faut en mettre partout, même dans le droit social et dans l’agriculture. Du coup, la France, traditionnellement du côté des « anciens », se retrouve culturellement entre deux chaises, coincée entre le productivisme effréné (largement subventionné) et le « tout bio ».

                Les habitudes alimentaires sont un piège supplémentaire : ce qui permet à nos pauvres de se nourrir (à peu près) correctement fait appel aux céréales (pain, nouilles) et aux viandes dites « peu chères » (dinde et porc), qui consomment beaucoup d’eau et de... céréales consommatrices d’eau (maïs).

                Les fruits et légumes, pourtant facilement produits chez nous, sont constamment importées pour des raisons de prix, mais surtout parce que les consommateurs on pris l’habitude de manger des tomates en hiver et des aubergines au printemps. Toute une éducation alimentaire est à refaire dans les pays développés. La surconsommation de protéines, coûteuse pour l’environnement, devient délirante, et à côté de ça, des milliers d’hectares sont en jachère.

                Le reste du monde, lui, penche nettement pour une attitude « moderne » : on produit en masse, on exporte en masse, et on subventionne au cas où les prix tirent un peu à la production. Prenez l’exemple du Brésil (source OCDE), qui veut devenir le deuxième exportateur agricole mondial (devinez qui sera le premier...), et réserve des sols à la culture OGM, à la culture sans OGM, bientôt à la culture bio, de manière à répondre à la demande des marchés internationaux.

                Ce qui veut dire que mondialement, la machine est prête à s’emballer, comme vous le dites très justement, et qu’elle s’emballera, et sans espoir de retour en arrière. Les « modernes » gagnent largement aux points sur les « anciens ».

                Tous les autres points que vous citez (biocarburant, etc.) en sont les facteurs aggravants. Il va falloir s’habituer à manger plus cher. Jusqu’ici, les ménages à faible revenus économisaient sur la nourriture pour sauver leurs loisirs, maintenant, la malnutrition guette même dans les pays développés. Entre les pays pauvres, réduits à la famine, et les pauvres des pays riches, qui y courent, nous allons vers des crises de grande envergure...


                • lyago2003 lyago2003 28 août 2007 21:51

                  Et pourtant on ne peut pas dire que l’on ne savait pas. http://www.terredebrut.org/article-10764853.html Les effets d’ailleurs commencent à se faire sentir, comme tout ce qui se fait rare.....les prix grimpent !

                  Arrêtez cette agriculture qui est un non sens.

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