Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > La mère de toutes les crises

La mère de toutes les crises

Le commencement de la fin aurait-il sonné pour le marché des dérivés ? Les investisseurs qui tentent avec précipitation de se retirer des fonds spéculatifs (hedge funds) ainsi que la valorisation toujours décroissante de ces actifs laisse effectivement redouter le pire. Ce marché éléphantesque estimé à 516 trillions (ou 516 mille milliards) de dollars et représentant dix fois la valeur de la production de l’ensemble du globe est au bord de l’implosion !

Cette bombe à retardement opaque composée d’équations mathématiques raffinées n’est pas vraiment un marché à proprement parler car elle échappe complètement au contrôle de tout Etat, régulateur ou autorité de surveillance. Pire encore : ce système est intégralement fondé sur le "gré à gré", c’est-à-dire sur des accords et contrats privés passés entre deux contreparties, l’acheteur et le vendeur, et représente ainsi un monde parallèle ou, si l’on préfère, un monde de l’ombre... Il suffirait qu’un nombre infime de ces intervenants - le chiffre de 2 % seulement est ainsi évoqué ! - n’honore pas ses engagements et le monde de la finance croulerait alors sous le poids d’un gigantesque jeu de dominos !

De fait, un marché digne de ce nom est généralement soutenu - et parfois garanti - par exemple par une banque centrale qui exige des réserves - ou une marge - en contrepartie de la transaction. Rien de tel en l’occurrence dans le marché des dérivés et pour cause puisque ces transactions ne représentent pas du "vrai" argent, mais des engagements, des contrats, que du "papier" en quelque sorte ! Ainsi, est-il difficile - voire impossible - de chiffrer la masse totale de ces engagements, le chiffre articulé plus haut de 516 trillions n’étant que le montant du notionnel annoncé, en d’autres termes le sommet de l’iceberg...

Notre imaginaire collectif est hanté de conflagrations provoquées par les dérivés ces dix dernières années, signe incontestable de la pression intense qui bouillonne dans une marmite dont le couvercle risque d’exploser d’un moment à l’autre en éclaboussant tout le monde au passage. Est-il nécessaire de rappeler la faillite de Barings due à des pertes d’1,3 milliard de livres sterling du trader Leeson ou le traumatisme de LTCM ayant coûté 5 milliards de dollars et qui a failli emporter l’ensemble du château de cartes ?

Le monde de la finance tremble à la perspective de l’éclatement de cette méga-bulle, y compris le trader de base qui tente désespérément de liquider une partie de ses positions en produits dérivés, mais qui ne trouve pas de contrepartie susceptible de les lui racheter... Il est certainement trop tard à présent pour remettre de l’ordre dans ce marché. De fait, les hedge funds se complaisaient dans cette opacité : ils n’avaient été que 24 sur des milliers à adhérer à un code de conduite délimitant les grandes lignes de leur activité quand le baromètre indiquait encore le beau temps, il y a quelques années !

Il est vrai que la marge de manœuvre de cette "industrie" des fonds spéculatifs à effet de levier était inversement proportionnelle au niveau de compréhension de leurs équations dérivées par les banques centrales et autres organismes de régulation. Lors de la nomination de Bernanke, la Réserve fédérale américaine - consciente instinctivement du problème potentiel - avait certes effectué des tentatives pour percer les énigmes posées par ces dérivés. Rien n’a été fait cependant pour modérer la croissance de ce que Buffet a qualifié "d’armes financières de destruction massive"... En réalité, le marché des dérivés est tout simplement l’instrument ayant permis au monde de la finance - de la banque du coin aux hedge funds en passant par le simple spéculateur derrière son écran - d’engranger les profits par milliards pendant des années.

Et pour cause, quel instrument formidable car tout - tout ce qui vaut un prix du moins ! - peut être négocié sur le marché des dérivés. De fait, un dérivé est un contrat qui porte sur "quelque chose d’autre" et ce quelque chose peut être absolument tout ce dont la valeur peut être observée et mesurée... Il vous est ainsi possible d’acheter un dérivé sur la maison de votre voisin et de toucher une prime si elle venait à brûler, en d’autres termes de vous enrichir si une maison ne vous appartenant pas prend le feu !

Ainsi, le seul marché des dérivés sur obligations et autres instruments de crédit vaudrait 58 trillions de dollars, chiffre qui ne peut être qu’approximatif du fait de l’explosion des volumes à cause d’une réglementation déficiente. Le cœur du système bat cependant au rythme des "Credit Derivative Swaps" (les CDS) qui sont en réalité des assurances contractées contre le risque de défaut de paiement d’un émetteur d’obligation. Comme pour l’exemple de la maison, il n’est pas nécessaire de posséder concrètement le papier-valeur pour acheter une assurance vis-à-vis du défaut de paiement de l’émetteur de ce même papier-valeur ! Pour autant - et c’est précisément ce qui risque de faire imploser le système -, ces assurances ont de moins en moins de valeur par les temps qui courent, quand elles en ont encore une... Effectivement, quelle institution serait-elle capable d’honorer ses engagements sur CDS dans un environnement où les banques, institutions financières et émetteurs d’obligations d’une manière générale risquent la faillite - et de fait tombent parfois en faillite ?

Buffet - encore lui - reconnaissait qu’il n’investissait que dans ce qu’il comprenait. Une blague avait cours il y a quelques années à Wall Street, au temps de sa splendeur : "Si vous voulez parier, allez à Las Vegas. Si vous voulez traiter les dérivés, que Dieu vous protège".


Moyenne des avis sur cet article :  4.73/5   (30 votes)




Réagissez à l'article

24 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 6 novembre 2008 15:14

    Nous abordons enfin le coeur du problème, qui différencie cette crise de celle de 1929 : la "crise du sac de noeuds".

    Une chambre de compensation interbancaire aurait permis de réduire légèrement le problème en annulant les paris opposés. Mais ça n’aurait sans doute pas suffi : il est fort probable que le bilan resterait très négatif. Les établissements financiers ont dû se goinfrer pendant des années à vendre - peut-être inconsciemment - des assurances insolvables sur le risque systémique.

    Quand aux équations compliquées à la Black-Scholes (cf. discussion précédente avec M Branche), elles ont toujours relevé du fait religieux, dans la mesure où elles reposent sur des mouvements browniens et des lois normales ou log-normales qui n’existent pas en pratique.

    Explosion de l’usine à gaz.


    • Michel Santi Michel Santi 6 novembre 2008 16:40

      pour l’instant, pas d’explosion en vue mais attention : 2007 et 2008 ont été riches en surprises !


    • Forest Ent Forest Ent 7 novembre 2008 02:09

      Pour ce qui est des CDS, ça prendra tout son sel quand viendront les premières grandes faillites hors établissements financiers. Les plus ciblées aujourd’hui semblent être le BTP, l’automobile ou le transport aérien, mais il y a certainement des tas d’autres candidats. C’est la phase des zombies.


    • Jimd Jimd 7 novembre 2008 14:11

      <<Quand aux équations compliquées à la Black-Scholes (cf. discussion précédente avec M Branche), elles ont toujours relevé du fait religieux, dans la mesure où elles reposent sur des mouvements browniens et des lois normales ou log-normales qui n’existent pas en pratique.>>

      je persiste a douter de ce que vous avancer.
      Tout d’abord la formule d’origine de B-S ne s’applique que pour les options les plus simple.
      En quoi l’hypothese de normalite intervient elle ?
      comme je l’ai ecrit precedemment elle intervient dans le calcula de la VaR (Value at Risk) mais les limites de ce calcul est clair, il ne tient que dans des situation’ standard’ et pas dans des crises comme la crise actuelle.
      Par contre ce n’est plus de la valorisation.

      le probleme des CDS ne vient pas tant de la volatilite et des se hypotheses.
      tout comme pour la titrisation il vient de la mesure de la solvabilite qui est assuree par les agences de noatations et est tres imparfaite.
      La je vous rejoins, nous sommes sur des sables mouvants. Nous n’avons pas de vison claire des engagements des acteurs et de leur risque de default.


    • Forest Ent Forest Ent 7 novembre 2008 16:55

      Posons la question autrement : comment les établissements qui ont émis des CDS en ont-ils évalué et provisionné le risque = la valeur ? Dans la plupart des cas relativement à des séries statistiques de durée moyenne, avec une hypothèse d’indépendance des contrats entre eux. Cela consiste à postuler une stochastique non expérimentale.

      Supposons plutôt que le risque de default soit quasi-normal pendant certaines périodes de vaches grasses, et très élevé et totalement dépendant pendant des périodes de baisse. Nous constatons alors que les CDS sont des assurances contre le risque systémique de vaches maigres. C’est une autre hypothèse stochastique.

      Normalement, les ingénieurs ne font pas d’hypothèses stochastiques. Les probas et la finance sont des théories mathématiques, mais la physique et l’économie réelle sont des disciplines expérimentales.


    • millesime 6 novembre 2008 17:15

      Lors de la réunion du 15/11 à Washington, les Gordon Brown, Sarkozy, Barroso, Bush ...la FED etc....accepterons-t-ils aisément la proposition de Lyndon LaRouche :

      — la suppression pure et simple des marchés dérivés ???

      Voila la grande question...sont-t-ils prêts ???

      (alors que la FED et toutes les banques centrales tentent de "sauver" les hedges funds.....)

      lire l’article sur mon blog.


      • Baloo 7 novembre 2008 10:56

        Bravo millesime smiley

        Enfin quelqu’un qui situe parfaitement le problème ......
        La clique de milliadaires véreux qui créèrent la crise de 1929 sont à peu de choses prés (générations suivantes) les mêmes qui créent la ’crise’ aujourd’hui et d’ailleurs à ce sujet, j’ai bientôt cinquante ans et je vis dans la ’crise’ depuis 1973 !
        Le mot "crise" a t-ilencore un sens dans un tel contexte ???
        Je m’explique : pour une situation donnée et volontairement mise en place, faut-il encore employer le mot "crise" ? 
        Quand aux jeux mathématiques et intellectuellement mastubatoires de la haute finance ; ils n’ont servi de toutes époques qu’à asservir et soumettre les peuples à la misère, les subprimes n’ont pas générés de "crise" car dans un contexte plus global ils ne sont qu’une des armes de guerre "économique" d’ une stratégie qui dure depuis plus d’un siècle.

        D’ailleurs pourquoi Clinton a-til en 1998 ou 99 aboli la fameuse loi protectionniste (dont j’ai oublié le nom désolé) établie par Roosevelt qui séparait les banques d’affaires et banques de l’économie réelle ? si je sabote les freins d’un vélo ou d’une voiture et que vous ayez un accident, est-ce une CRISE ?
         
        Cordialement smiley



      • LeSurHumain LeSurHumain 6 novembre 2008 17:28

        En effet la semaine post G20 (du 17 au 21 novembre prochain) semble bien être propice à l’effondrement total du système financier mondial si aucunes décisions concrêtes ne sont prises pour le réformer lors de ce sommet !
        Mais nous ne sommes que le 6 novembre et d’ici là...


        • Internaute Internaute 6 novembre 2008 18:55

          Je suppose qu’il faut lire "Credit Defaut Swap" au lieu de "Credit Derivative Swap".

          Le pire des CDS est qu’ils sont vendus plusieurs fois pour la même chose. Les obligations de Lehman Brothers étaient couvertes 4 fois. Autrement dit, ceux qui ont assuré ces obligations devaient non pas en rembourser une grosse partie comme toute bonne assurance mais payer quatre fois le montant du risque.

          Quand aux produits dérivés ils trouvent une nouvelle vie dans les trackers. Sans participer au hedge fund de Warrent Buffet on peut plus humblement acheter un tracker dont la valeur suit fidèlement celle du fond de Buffet.


          • LeSurHumain LeSurHumain 6 novembre 2008 20:17

            A credit default swap (CDS) is a credit derivative contract between two counterparties.
            Les credit default swaps (CDS) sont des contrats financiers bilatéraux, de protection, entre acheteurs et vendeurs.


          • michel michel 6 novembre 2008 21:46

            Vu de ma fenetre smiley

             Et si l’on avait dit que les actifs pourris ne l’etaient pas, pris un moratoire sur les saisies, laissé les
            comptes en l’etat., cree un poste comptable dit d’investissement dans les banques pour les pertes
            correspondantes, sachant que l’argent n’existe pas reellement et de plus est une dette sur 20 ans !
            Ne confond t’on pas la réalité et les livres de comptes,la carte et le territoire ?  smiley

            Meme chose pour les produits derives. les additionner n’a pas de sens, ce qui importe c’est le flux
            ’reel’ correspondant à ce flux de "gestion de risque". On s’echange des valeurs qui n’ont sont que
            dans les livres. Si un desequilibre est créée dans ce chateau de cartes et que l’on continue à
            considerer ces valeurs comme réelles on fume la moquette serieux ! C’est la soupe des
            banques hors systeme. 


            • moebius 6 novembre 2008 22:46

              valeur du capital mondial ; quelques 500 ou 600 milliers de milliards de dollards.... ç’a n’est pas un flux mais das ist Kapital, le produit d’une accumulation


              • michel michel 7 novembre 2008 07:02

                 un americain emprunte 500.000$ pour payer une maison sur 20 ans.
                 il ne peut plus payer.
                 la banque veut ses 500.000$ maintenant.
                 pour cela elle fait saisir et mettre en vente le bien.
                 la maison est vendu meme 300.000$
                 la banque recupere 300.000$

                 c super rentable comme affaire. il lui reste 19 ans pour faire fructifier ses 300.000$.


              • moebius 6 novembre 2008 23:06

                le produit de l’exploitation de l’homme par l’homme...ou l’inverse


                • Hieronymus Hieronymus 6 novembre 2008 23:51

                  C’est effectivement un sujet tres important
                  au risque de passer pour un ignare, l’article manque serieusement de pedagogie de base a mon gout, je doute fort qu’un lecteur deja instruit et disposant de connaissances moyennes en economie puisse a sa lecture comprendre ce que sont ces "hedges funds" ou fonds speculatifs (traduction approximative ?)


                  • JL JL 7 novembre 2008 09:40

                    Bonjour, vous écrivez : ""Il suffirait qu’un nombre infime de ces intervenants n’honore pas ses engagements et le monde de la finance s’écroulerait alors comme un château de cartes !""
                     

                    … C’est tentant pour les apprentis sorciers ! Ou peut-être devrions-nous dire : cela a été tentant ? Je sais, on va me rétorquer : complotiste !

                    Je lis : ""Il est vrai que la marge de manœuvre de cette "industrie" des fonds spéculatifs à effet de levier était inversement proportionnelle au niveau de compréhension de leurs équations dérivées par les banques centrales et autres organismes de régulation. " Avoir des chiffres en tête rend les gens dindes" :

                    Ce qui me paraît le plus scandaleux dans cette affaire, ce sont les crédits "appuyés" sur ces produits dérivés contractés par les collectivités locales, ou plutôt fourgués à elles par les banques. Comment pouvaient-ils, les uns comme les autres, ignorer les risques ?

                    Faut-il y voir l’illustration des propos de Nassim Nicholas Taleb, l’auteur du Cygne noir : Plus le temps passe, et plus la dinde croit que celui qui la nourrit ne veut que son bonheur et son bien être. Dans le rôle de la dinde : l’élu du peuple, dans celui de son engraisseur : le banquier.


                    • icar 7 novembre 2008 11:08

                      PAULSON,et tous les banquiers centraux ont menti sur toute la ligne avec leurs Plans de renflouement sans cesse changeant.Le vrai problème dont ils n’osent pas parler , c’est effectivement cette "masse d’obligations dérivées que se compte en millions de milliards de dollars".
                      Cette bulle des dérivésc’est" LA BOMBE HYPERINFLATIONNISTE" qui achèvera le système financier international.C’est ce qui nous tue........c’est le grand CRIME d’ALAN GREENSPAN........
                      Pour le B.R.I , la banque des banque basée à Zurich, l’ensemble des dérivés et des ventes de gré à gré serait de 680.000 milliards de dollars.......mais selon John HOEFLE de l’EIR ( Executive Intelligence Review ), la somme dépasserait 1.400.000 milliards de dollars......
                      Qui pourrait aujourd’hui renflouer de telles sommes !!! On se fait des illusions ....l’heure est venue pour le nouveau secrétaire du Trésor Américain .....de mettre en redressement judiciaire de tout le système financier BASE SUR LE DOLLAR........d’Annuler ces Milliards d’obligations dérivées. !!!
                      Autrement , la Planète est condamnée à vivre une période douloureuse ou les perdants seront beaucoup nombreux que les gagnants......Une chose est sûre , le Dollar US va passer à l’échafaud !!!



                      • molloy molloy 7 novembre 2008 11:39

                        Excellent article.
                        Forest Ent a raison une fois de plus, les risques d’une catastrophes apparaîtront lorsque les faillites commenceront à s’empiler les unes sur les autres. Ce n’est qu’une question de temps. Je joue General Motors gagnant/placé dans la première.


                        • anuck 7 novembre 2008 12:54

                          Je vous suis sur GM et je double la mise et à 10 contre 1 svp.


                        • Le chien qui danse 7 novembre 2008 13:19

                          "Il vous est ainsi possible d’acheter un dérivé sur la maison de votre voisin et de toucher une prime si elle venait à brûler, en d’autres termes de vous enrichir si une maison ne vous appartenant pas prend le feu ! "

                          Je ne comprend pas bien l’intérêt que peut avoir quelqu’un à investir dans ce genre de "produit". A moins de placer sur une multitude de maison, qui fait qu’un jour il y en a bien une qui va bruler et donc rentabiliser l’investissement.
                          Si c’est cela ce dont vous nous parlez, il y a grâve inquiétude à avoir au sujet des gens qui disposent des leviers qui font fonctionner le monde.

                          De plus vous nous dites que la fête est bientôt finie et qu’il n’y a personne pour remettre la salle de bal en ordre, préparons nous alors à festoyer dans le vomi des convives un peu trop enthousiastes.
                          Charmante perspective...


                          • Parpaillot Parpaillot 7 novembre 2008 13:43

                            Merci à l’auteur et aussi à Forest pour ses commentaires toujours pertinents ...

                            A vous lire, on se prend à prier pour que la réaction en chaîne - les faillites en cascades dans les secteurs d’activités hors établissements financiers dont parle Forest - puisse être contrôlée de manière à l’étaler dans le temps ...

                            Contrôlée oui, si faire se peut, mais par qui, ou par quoi, et comment ?

                            Il est hallucinant de découvrir aujourd’hui - c’est mon cas - à quel niveau d’inconscience, voire d’incompétence, à moins que ce ne soit toutes les deux à la fois, les architectes de la finance ont travaillé. Pour en assurer le succès, il a bien fallu pourtant qu’il y ait un marché à ces produits financiers ... ? Or les candides victimes qui ont souscrit des engagements en achetant ces produits, se tournent aujourd’hui vers les autorités de régulation pour se plaindre de l’insuffisance de réglementation. Toutefois, ne portent-elles pas elles-mêmes de lourdes responsabilités, car personne les obligeait à s’engager dans cette jungle ...

                            Comme dans tous les domaines, la réglementation résulte d’abus. Elle ne peut être que réactive car elle ne peut prendre en considération que des éléments connus ou prévisibles. Elle ne peut anticiper une dérive inimaginable ...

                            L’Etat et les autorités ne peuvent pas tout, c’est aussi à l’individu qu’il incombe de prendre ses responsabilités.

                            Pour imager ma pensée : Dans un bar, personne n’oblige les consommateurs à ingurgiter n’importe quel brevage sorti du shaker ...

                             Cordialement !


                            • R.L. 7 novembre 2008 14:41

                              Suis candidat comme gardien -même au SMIC- pour n’importe quel pénitencier pour crime économique lorsqu’on commencera à en ouvrir !


                              • LeSurHumain LeSurHumain 7 novembre 2008 17:06

                                Voici la synthèse/commentaire de contreinfo.info sur cet article :

                                Que l’on nous épargne, une fois pour toutes, cette fable pour enfants sages de l’ « allocation optimum » de l’investissement. Ces dernières années, l’afflux des capitaux résultant de l’enrichissement sans limite de quelques uns, du recyclage des déficits commerciaux, sans oublier le recours massif au crédit, a produit deux effets contradictoires. D’une part, bien sûr, une tendance à l’inflation des actifs, mais aussi une baisse du coût du crédit, qui a obéi à la loi classique de l’offre et de la demande. L’augmentation de l’offre d’argent disponible a provoqué une chute de son prix : c’est-à-dire des taux d’intérêts. Avec pour résultat une diminution du rendement pour les investisseurs. S’est alors posée une question : comment obtenir 15% de rendement, lorsque le crédit aux entreprises ne coûte que quelques points au dessus du Libor ? Réponse : créer du yield - du rendement - synthétique, grâce au recours massif à l’effet de levier et à l’usage intensif des produits dérivés. Cette nouvelle coqueluche sur les tables du casino qu’était devenue la finance mondiale, consiste à parier - comme chez les bookmakers londoniens - sur tout et son contraire, avec en guise d’amulette contre le mauvais sort d’incompréhensibles et fort optimistes modèles mathématiques censés tenir à l’écart les « cygnes noirs » - ces funestes volatiles qui dans le jargon de Wall Street représentent ces évènements exceptionnels qui transforment les plus élégantes martingales en certitude de ruine. Pourquoi donc les centaines de milliards injectés dans les circuits de la finance n’arrivent-ils pas à relancer la machine ? Bien sûr, les perspectives de ralentissement économique rendent les acteurs frileux. Mais ce n’est pas tout. Si les uns amassent si compulsivement le cash alloué par les banques centrales et les autres veulent à tout prix se trouver « liquides », c’est aussi parce que tous ont participé de cette frénésie de paris qui s’avèrent potentiellement de plus en plus coûteux au fur et à mesure que tous les segments d’investissements, tous les indices, toutes les bourses, toutes les devises, sont entraînés dans la même spirale descendante, prenant à contre-pied les stratégies de couvertures qui avaient été élaborées pour se protéger. Le montant total du notionnel de ces produits dérivés dépasse les 500 000 milliards de dollars. Ce qui signifie que même un minuscule 0,1% de perte sur ces contrats se traduirait par une facture de 500 milliards. Largement suffisante donc, même en ces temps où les milliards valsent comme de la menue monnaie, pour en apeurer plus d’un. Ou mettre fin à leurs angoisses en donnant le coup de grâce à un système déjà lézardé ? Mais dans ce cas, comme l’écrit Michel Santi, nous serions bien face à la « Mère de toute les crises. »


                                • JL JL 7 novembre 2008 22:47

                                  Pourquoi les commentaires sont-ils inaccessibles ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès