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La nouvelle fracture numérique

Le défi de la fin de notre décennie : réduire cette nouvelle fracture numérique qui ne cesse de s’étendre entre grosses entreprises et très petites entreprises...

Il existe, sous nos yeux, en France, aujourd’hui une nouvelle fracture numérique.

Cette fracture béante, tout à la fois ostensible et discrète concerne des centaines de milliers d’agents économiques dans notre pays.

Il ne s’agit plus de la fracture entre les individus (nantis ayant accès à l’informatique/démunis exclus) à l’heure où tous les enfants savent utiliser les consoles de jeux et les ordinateurs, souvent mieux que leurs parents. De même, il ne s’agit plus de la différence entre zones du territoire connectées à internet et zones sous-équipées.

Il s’agit de la nouvelle facture numérique entre (grosses) entreprises et les innombrables très petites entreprises (TPE).

Les grosses entreprises (PME et les filiales de groupes) bénéficient de moyens financiers importants qui leur permettent d’utiliser une informatique de qualité et efficace.

A l’opposé, les très petites entreprises doivent se débrouiller avec un simple traitement de texte et parfois un tableur en complément. Ce qui fait que leur informatique rudimentaire est contre-productive.

Les premières disposent d’une chaîne informatique de traitement des travaux administratifs efficace car intégrée. C’est-à-dire, concrètement, qu’une seule phase de saisie (par une secrétaire) permet de réaliser l’ensemble des documents de la chaîne commerciale : devis/pro-forma, enregistrement de la commande, bordereau de livraison, bordereau d’expédition, facture, gestion des stocks, contrôles des règlements... Lorsque le premier document de la chaîne a été « tapé », il suffit simplement d’appuyer sur une touche du clavier pour « éditer » chacun des autres documents de l’opération commerciale, car l’informatique intégrée s’occupe de tout, générant de surcroît statistiques, données financières et commerciales... le tout avec la plus grande fiabilité.

A l’inverse de cette facilité, dans la majorité des TPE, la secrétaire ne dispose, comme seul outil informatique, que du traitement de texte. Elle doit réécrire chacun des documents lors de chaque étape de la chaîne commerciale. Chacune de ces phases demande à la secrétaire (ou au responsable de l’entreprise travaillant seul), recherche, concentration, rédaction, saisie, relecture... sans mentionner les risques d’erreurs qu’elle entraîne.

Ce temps consacré aux traitements redondants des nombreux documents commerciaux et administratifs explique l’importance qu’occupent les tâches administratives dans un emploi du temps surchargé subi par la plupart des indépendants et autres responsables de TPE. Ceux-là mêmes, qui, du fait qu’ils travaillent seuls ou presque seuls, cumulent de nombreuses fonctions dans une journée limitée par le temps. Ces travaux administratifs sont tellement voraces en temps que les TPE se trouvent devant le dilemme suivant : d’un côté, négliger ces travaux génère à la longue des problèmes fiscaux et financiers ! De l’autre côté, passer trop de temps dessus se fait au détriment de l’activité commerciale, engendrant un risque inhérent de réduction du chiffre d’affaires et de pérennité de la TPE !

La solution passe inévitablement par une informatisation sérieuse et productive de ces travaux.

C’est par priorité à ces hommes et ces femmes surchargés, que l’informatique devrait offrir ses avantages.

Il s’avère que nous sommes au début d’une petite révolution informatique : l’évolution des langages web (baptisés web2 par les journalistes) et leur arrivée récente dans les systèmes de gestion d’entreprise permet de transformer les systèmes lourds et complexes d’hier (donc très onéreux tant en conception qu’en maintenance) en systèmes simples, modulables et « skinable ».

Si les grosses entreprises et PME commencent déjà à profiter de cette révolution, c’est au monde des TPE qu’elle serait particulièrement bénéfique. Car elle permet de concevoir des systèmes informatique souples, faciles à maintenir, et surtout très peu onéreux. Quelques nouveaux et rares sites internet (taper dans Google les trois mots : "nouvelle fracture numérique") proposent de créer un mouvement en faveur de ces TPE et de sensibiliser les différents acteurs (pouvoirs publics, collectivités locales et territoriales, journalistes, communauté informatique, responsables d’entreprises...)

Une seconde catégorie de TPE, fort heureusement moins nombreuse, est encore plus démunie face à l’informatique : celles qui ne disposent d’aucun ordinateur, souvent en raison d’une totale déconnexion du responsable du monde de l’informatique. Pour cette dernière catégorie, les autorités ont pris conscience de l’ampleur du phénomène. Le gouvernement a réagi en lançant le plan « passeport numérique » qui ne cesse de prendre de l’ampleur et œuvre fort utilement pour contrer cette fracture numérique.

Le problème est d’autant plus crucial qu’il existe 2 600 000 très petites entreprises en France (employant de 0 à 9 salariés) contre seulement 7 000 entreprises de plus de 250 salariés [étude CLAP- Insee].

Dominique Asmar

Architecte système web – spécialiste de la gestion de TPE


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16 réactions à cet article    


  • tmd 19 août 2008 12:49

    Comment dire ... ces application intégrées dans les grandes entreprises qui mettent tous les documents liés à jour, toutes seules, en une seule saisie ... c’est le discours marketing de ceux qui les vendent.

    Dans la réalité, une fois qu’on a pu rentrer les infos pour la demande initiale (c’est à dire quand le système est disponible, parce qu’avec tous ces serveurs qui fonctionnent ensemble, dès qu’il y en a un qui foire, comme tous sont liés, plus rien n’est disponible), il faut bien prendre garde à ce que ces données ne soient pas modifées dans la longue chaîne des différents systèmes. Et plus, comme il faut aussi rentrer ces infos pour faire la demande d’achat auprès de la comptabilité, le risque que les deux ne se rencontrent jamais est loin d’être négligeable.

    Le mieux, c’est quand les données sont remplies directement par le vendeur chez le client. Il rentre exactement ce que lui demande le client, mais ce n’est pas exactement le libellé de ce qui est disponible. Dans ce cas, s’il n’y a pas quelqu’un d’intelligent (je veux dire pas une machine, ni un stagiaire qui vient de commencer la veille et qui doit apprendre la liste des 5800 produits vendus et de leurs options pour les 3 semaines où il va être présent) qui sait traduire ces commandes en quelque chose de livrable, le client n’a plus qu’à prier pour qu’on lui livre ce qu’il veut.

    Ensuite, il y a les Indiens (pas les peaux-rouge, non, les habitants de l’Inde, parce que comme toute grosse société qui se respecte, elle sous-traite une partie de son administration là-bas) qui ne comprennent rien à ce qu’ils font. Mais tous ces documents intégrés passent par chez eux. Pour finir, ils envoient (par courrier, parce que finalement, c’est ce que veut le fournisseur) une commande de 50000 unités à livrer le 14 décembre à la compagnie ... d’électricité ! Comme ça, c’est super, on aura tous ces kilowatt heures le même jour, on se débrouillera pour les stocker.

    Sincèrement, je préfère presque le devis du petit artisan, que la femme-secrétaire aura fait par copier-coller, et dans lequel restera au beau milieu d’un paragraphe le nom du client précédent ...


    • titi 19 août 2008 13:33


      "Les grosses entreprises (PME et les filiales de groupes) bénéficient de moyens financiers importants qui leur permettent d’utiliser une informatique de qualité et efficace. "
      Les grosses entreprises bénéficient de moyens important mais pas nécessairement dépensés à bon escient.
      Je pourrai parler d’une société filiale d’une grand groupe US ou 3 ERP cohabitent... pourquoi ? parce que après avoir depensé des millions pour avoir une daube (SAP) ils ont préférer arrêter les frais et continuer avec leur ancien ERP qui a fêter... ses 30 ans... (ce qui dans le monde de l’informatique doit être un record)

       

      "A l’opposé, les très petites entreprises doivent se débrouiller avec un simple traitement de texte et parfois un tableur en complément. Ce qui fait que leur informatique rudimentaire est contre-productive. "
      Le productivité est souvent plus l’affaire des hommes que des outils...

       

      "Les premières disposent d’une chaîne informatique de traitement des travaux administratifs efficace car intégrée. C’est-à-dire, concrètement, qu’une seule phase de saisie (par une secrétaire) permet de réaliser l’ensemble des documents de la chaîne commerciale : devis/pro-forma, enregistrement de la commande, bordereau de livraison, bordereau d’expédition, facture, gestion des stocks, contrôles des règlements... "
      Avez vous entendu parler des lois dites SOX ?
      Au départ celà ne concerne que les filiales des entreprises US mais celà devient tendance...
      C’est à dire qu’une fois que la saisie a été faite, il va y avoir 15 personnes qui vont devoir donner leur avis pour valider que le devis doit bien devenir une commande. Puis 15 autres pour sortir le bordereau...
      Et au final que se passe-t-il ? Les utilisateurs en ont tellement marre qu’un nouveau SI parallèle se met en place. Basé sur... Excel. 
       


      • pierce 19 août 2008 13:56

        et c’est là que le fiston du patron ayant fait quelques téléchargements pénalement répréhensibles, le FAI coupe la ligne internet... aie, plus de commandes, plus de factures :)



        • Marc Bruxman 19 août 2008 14:10

          Ce n’est pas un problème de moyens financiers mais de compétence. Le matériel n’est pas si cher que cela si vous savez profiter par exemple des promotions de Dell et la puissance de calcul disponible sur des PC bas de gamme est déja très importante.

          De l’autre coté il existe moultes logiciels libres qui permettent d’économiser sur les couts de licence.

          Après oui il y a besoin de faire des développements personalisés pour adapter l’outil informatique à chaque entreprise. La c’est vrai que la main d’oeuvre est très chère. Mais c’est un défaut de formation et d’éducation qui fait qu’aujourd’hui il n’y a pas assez de gens qui ont des connaissances en informatique. D’ailleurs une partie de la sous traitance en Inde est justement due à cela : Difficile de recruter en ce moment des techniciens et ingénieurs qualifiés !

          En la matiére, on trouve des TPE / PME très bien équipées sans pour autant y consacrer de grosses sommes et des gens qui se contentent du traitement de texte. Dans le premier cas souvent c’est qu’il y a un employé qui a des compétences minimales en informatique et qui fait ca en plus de son boulot "principal".

          Tant que l’o enseignera pas les bases de la programmation dés l’école primaire, on aura une force de travail inadaptée.


          • Emile Red Emile Red 20 août 2008 10:42

            Vos propos vont à l’encontre de toute votre implication de défense de l’ultra-libéralisme.
            Logiciel libre, formation scolaire en informatique, des domaines qui n’intêressent pas et même révulsent ceux que vous défendez habituellement...


          • Forest Ent Forest Ent 19 août 2008 14:33

            Cet article présente une vision idyllique de l’informatique et de son utilité économique. Ca noie le sujet. Dans un job précédent, j’ai géré une petite société entièrement avec un tableur, ça suffisait très largement et je n’avais besoin de rien de plus. Bon, il faut savoir utiliser un tableur, mais c’est plus facile que d’investir dans des applis dédiées.


            • Emile Red Emile Red 20 août 2008 10:43

              Et Open Office est gratuit...


            • HELIOS HELIOS 19 août 2008 16:39

              Désolé, mais actuellement tout est disponible... de l’ERP a des myriades de produits verticaux professionnels en "libre" ou creative common... sous windows et linux. Au niveau de l’offre brute il n’y a pas de fracture...

              Il y a deux freins principaux a l’usage de ces outils :

              le premier est lié aux personnes même. dans les TPE, le patron VEUT tout contrôler et n’a pas confaince. donc il rejette, d’autant plus que cela prend du temps a certains salariés inamovibles de maitriser tout ça. cela ne s’appelle pas une fracture numerique mais une resistance d’arriere garde et une erreur strategiqyue de la part des chefs d’entreprise.

              Le second est effectivement lié a l’infrastructure. maitriser un outil professionnel ou un outil administratif, apres tout cela s’apprend puisque les utilisateurs en ont fait leur metier. Mais la matrise de l’informatique, c’est aussi un modem, un routeur des sauvegardes, un serveur etc tout ce qui n’est pas du metier de la TPE et que peu de gens savent utiliser. installer un routeur Cisco ayev un vlan pour la compta et la paye et un autre pour le comptoir ou l’atelier, même sur Agoravox la plupart ne savent pas ce qu’est un vlan. Alors si je vous dis de mettre un vpn pour que le commercial entre ses commandes depuis son domicile ou son hotel....

              Bref rien a voir avec la livebox ou la freebox.... Les TPE doivent s’adresser a des partenaires locaux qui vont leur installer tout ça et eventuellement faire les operations de maintenance qui conviennent. Ces partenaires elles même TPE se developpent avec comme d’habitude des bons et des mauvais.

              Cela me fait penser a l’analogie entre les chauffeurs de taxi et les garagistes. Les uns connaissent les itineraires, les autres l’outil, la voiture. Les uns s’en servent tous les jours, les autres l’entretiennent. On a bien fini par y arriver. pourquoi cela ne serait-il pas pareil pour l’informatique ?


              • Deneb Deneb 19 août 2008 16:40

                C’est justement l’informatique qui permet aux petits de se mesurer au grands. Les petits n’ont peut-être pas de finances pour avoir un matériel couteux, mais ils sont plus bricoleurs, innovants, ce dont une grosse boite avec ses protocoles et procedures immuables n’est pas capable. Des logiciels il y en a des tonnes, et c’est pas le plus chér le meilleur, je dirais plutot que c’est en général le gratuit le meilleur. Autre avantage : quand on est petit, on arrive à s’adapter, changer de sens et de strategie, ce que ne peut pas faire une grosse locomotive lancée à toute vitesse. Je ne vois pas à quel moulin l’auteur veut amener de l’eau, mais ça m’a tout à fait l’air d’une pub masqué ou quelque chose du genre. La cerise sur le gateau ; le vieux phantasme : faire le travail en appuyant sur une touche du clavier... On dirait un commercial de chez Microsoft.


                • ZJP ZJP 19 août 2008 20:15

                  @Deneb

                  Rien a ajouter ,-)

                  JP


                  • Ranjo 19 août 2008 21:20

                    Dans les TPE, on compte deja toutes les entreprises liberales et artisanales ou il y a 1 seul employé le patron, il est hors de questions de creer des postes pour entrer des données dans des systemes d’analyses inutiles.

                    Le seul logiciel important est celui du cerveau des employés de ces entreprises, bien faire son travail est bien plus important pour gagner des clients et les garder .


                    • informatiquedequalitepourtous informatiquedequalitepourtous 21 août 2008 22:00

                       


                       

                      Tout d’abord, merci à vous tous qui avez contribué à ce débat.

                      Chaque post défend un point de vue avec brio ou humour et personnellement, je suis positivement surpris par le niveau élevé du débat.

                      Philosophiquement et techniquement (en tant qu’informaticien), nous sommes d’accord avec de nombreux points défendus ci-dessus :

                      • il existe de nombreuses solutions informatiques accessibles

                      • les logiciels Open Sources représentent une porte d’entrée peu onéreuse dans le monde informatique

                      • il existe un manque de formation en informatique


                      ou dans un autre ordre d’idées :

                      • rien ne remplace le cerveau de l’homme

                      • même les traitements informatiques nécessitent l’intervention humaine

                      • La productivité est souvent plus l’affaire des hommes que des outils...

                      La seule remarque provenant d’un post plus haut qu’il ne m’est pas possible de laisser passer, lorsque l’on consacre une partie très importante de son emploi du temps et de ses loisirs, lorsqu’on se dépense (en labeur, et même financièrement) pour une cause qui touche un très grand nombre de personnes, c’est l’idée sous-jacente de mercantilisme ou de recherche commerciale .
                       

                      Cependant, nous devons mettre de côté nos idées philosophiques et techniques dès lors que nous entrons en contact avec la réalité économique du monde des TPE. Je parle bien des TPE, les « Très Petites Entreprises ».

                      Car il y a une ancienne confusion encore très répandue, en France, entre TPE et PME. Elles sont toutes deux encore trop souvent englobées sous le même symbole « TPE/PME », certainement par opposition aux grosses entreprises et groupes :

                      Economiquement et socialement, les termes TPE et PME correspondent à des entités diamétralement différentes :

                      • la PME est une entreprise puissante qui gère un chiffre d’affaires très conséquent. Elle disposait plus de 50 employés. En conséquence elle a l’énorme avantage de pouvoir disposer d’employés spécialisés dans chacun des domaines, faire des recherches, et se tenir au courant de son environnement :

                          • 36 900 entreprises emploient de 50 à 249 salariés

                        Le nombre de PME est faible (en France) comparativement aux TPE. Encore faudrait-il retirer de ce nombre toutes les PME qui sont filiales de groupes (les données publiques de l’INSEE 2007 ne permettent pas de les recouper – mais peut-être quelqu’un pourrait nous fournir les chiffres). Mais suffisant pour peupler les zones industrielles et commerciales à la périphérie de nos villes.

                       

                      • La TPE dispose maximum de neufs salariés (tranche INSEE – ou 20 pour certains organismes sectoriels). Cependant la très grande majorité des TPE, n’emploie aucun salarié (mono-personnel indépendant) ou n’emploie qu’1 ou 2 salariés.

                          • 1 617 000 indépendants +

                          • 1 067 000 TPE employant de 1 à 9 salariés

                        Le terme TPE englobe les 920 000 artisans enregistrés auprès des chambres des métiers, plus les centaines de milliers de commerçants dans de nombreux domaines d’activité ; une partie des (208 000 selon l’ordre des médecins) médecins et les autres professionnels de la santé, les architectes et les paysagistes, les artistes dans les domaines du dessin, de la peinture, de l’écrit, de la sculpture, de la danse et de l’expression corporelle, une sérieuse fraction des avocats (44 054 selon le Conseil National des Barreaux), quelques notaires (parmi les 10 000 enregistrés) et de nombreux autres professionnels du droit, quelques uns des (17 000) experts comptables , une très importante partie des (700 000) associations actives, les nouvelles exploitations agricoles et petits producteurs de terroir, les photographes, les spécialistes de la video, ceux du son, les très nombreuses petites entreprises dans le tourisme, etc.

                        La réglementation s’appliquant de façon à peu près identique quelle que soit la nature de l’entreprise, le responsable de TPE doit être, plus que tout autre, polyvalent. Or ce sont souvent des gens spécialisés dans leur domaine et qui n’ont pas le temps de tout réaliser eux-même, ni assez de moyens pour passer par des sous-traitants (beaucoup ayant déjà du mal à payer le seul sous-traitant quasi-obligatoire : l’expert-comptable). Encore moins le temps de faire des recherches pour fouiller parmi les innombrables solutions informatiques (dont la quasi totalité n’est d’ailleurs pas destinées aux tous petits). Nombre d’entre eux qui sont de bons professionnels dans leur métier, finissent par faire faillite en raison de problème de gestion.

                        J’ai par ailleurs travaillé dans le monde de la liquidation judiciaire pour vous dire qu’il y a beaucoup de gachi.

                        Pour donner une image, grosso modo, aujourd’hui, le monde de l’informatique performante fonctionne plus particulièrement autour des 36 000 PME plus 7000 grosses entreprises, alors que les TPE utilisant une informatique peu efficace ou complètement coupée de celle-ci se comptent en centaines de milliers.


                       

                      Curieusement on retrouve cette confusion (TPE/PME) aussi dans certains des posts ci-dessus, malgré le niveau élevé des interventions, signe d’un niveau intellectuel et de connaissances élevé des intervenants.

                      Les personnes qui travaillent avec ces personnes que sont les responsables de TPE, savent que l’approche de l’informatique ne peut être abordée avec l’oeil d’un DSI .

                      Bien sûr il existe énormément de divergences à l’intérieur même des TPE. De nombreux informaticiens ou designers indépendants font eux-mêmes partie de cet ensemble ; certains corps de métier génèrent intrinsèquement des marges et du chiffre d’affaires qui leur permettent de se comporter comme des PME ; d’autres encore bénéficie d’une informatique devenue institutionnelle (au sens imposé par les institutions, comme le corps médical face à la carte Vital)... A l’intérieur de chaque catégorie de TPE, il y a celles qui génèrent beaucoup de CA et qui peuvent facilement utiliser des sous-traitants (ainsi dans la profession d’avocats, certains réputés engrangent annuellement le CA d’une PME alors que bcp d’autres ont du mal à joindre les deux bouts)... cela n’empêche pas que la majorité des TPE est complètement démunie face à l’informatique.

                      Évoquez les mots d’ERP ou de CRM à un artisan ???

                      En ce qui me concerne, j’ai pourtant affaire qu’à des artisans déjà bien en phase avec l’informatique quand il m’arrive de faire des formations web ou photoshop à la chambre des métiers (non pas par mercantilisme étant donné la faiblesse extrême de la rémunération, mais très précisément pour rester en contact avec les problèmes spécifiques aux TPE)

                      Dans le monde des TPE, nous sommes à des années-lumière des ERP CRM, alors que dans le monde des PME, toutes les forces de vente, tous les services utilisent ces outils au quotidien.

                      Questionnez vos amis, voisins, famille... artisan, commerçants, travaillant en TPE

                      S’ils se débrouillent avec un tableur (Excel ou mieux OpenOffice Calc) cela est déjà un grand pas.

                      Mais un automatisation des taches routinières avec des outils libres, gratuits et simples représenterait concrètement un soulagement pour beaucoup. D’autant que les TPE sont très souvent confrontées un autre problème : la non lisibilité financière de leur structure sur le futur. En d’autres termes, elles ne savent pas précisément où elles en sont financièrement depuis leur dernier bilan comptable tant est grande confusion entre « trésorerie » et « exploitation ». Il faut souvent attendre la fin de l’année et le nouveau « bilan » pour connaître précisément la situation. Quand on sait qu’il suffit de quelques mois de « mauvais résultats » pour qu’une TPE se retrouve en zone rouge (Cessation de Paiements – faillite), une informatique centralisée, comme les PME en disposent, apporte un réel bénéfice en matière de gestion.

                      Pour tous les intervenants qui percoivent les problèmes, toute aide quelle qu’elle soit, est la bienvenue, y compris pour les informaticiens développant ou promouvant des applications Open Source, car le combat pour un droit à tous de pouvoir bénéficier d’une informatique de qualité est le combat de tous.

                      En ce qui concerne les TPE qui sont complètement déconnectées de l’informatique, l’Etat a lancé devant l’ampleur du problème l’opération « Passeport Numérique » qui comptait déjà, il y a quelques mois, pas moins de 520 points relais sur l’ensemble du territoire

                      Je tenais à écrire ce message sans aucune animosité, pour remercier tous ceux qui ont ou vont encore participer à ce débat. Je voulais aussi mieux expliquer la typologie et les problématiques de la TPE, afin d’éviter dans le futur de parler ici de solutions qui s’adressent aux PME et non aux TPE.

                      En raison d’un emploi du temps malheureusement un peu trop serré, je ne pourrais plus intervenir souvent sur ce forum.


                       


                       


                       


                    • MortytheReaper 20 août 2008 10:08

                      L’article est un brin manichéen et passéite. Croire que la TPE c’est juste une secrétaire tout juste formé eà word est tout simplement une méconnaissance du tissu éco et des équipements TPE/PME et prendre les collaborateurs de PME pour des gentils voire des abrutis (tissu éco en France
                      PME 85%) .
                      Savez-vous que les entrepreneurs et TPE/PME savent acheter des solutions métiers et des suites logicielles compta-gestion mais aussi de type Commercial/Marketing pour gérer leurs devis/contrat/contacts commerciaux etc , en suite opensource ou propriétaire. de sugarCrm aux pacakages Cedig, Sage etc ou solutions métiers transverses....

                      Osez fréquentez les salons high tech d’opensource et les grandes messes des éditeurs vous verriez que les TPE/PME ne sont pas les deux pieds dans le meme sabot. Moult petits editeurs peremettent de faire aussi : leur avantage étant la légerté des solutions, un prix moindres que les IBM/PeopleSoft et solutions .net.....

                      Quant au SaaS, on vous a pas attendu mon cher, la porte d’entrée fut le comptabilité et les logicilees RH...
                      La fracture numérique c’est aussi une part d’illusion, la fracture c’est de ne pas avoir le tres haut debit, des zones blanches.... pas celle de ne pas avoir pour fournisseur un éditeur hors de prix ou aux solutions inadaptées !
                      du coup je n’ose pas aborder avec vous l’adoption des interfaces wiki et blogs (wordpress principalement)...


                      • Emile Red Emile Red 20 août 2008 10:52

                        Sûr qu’entre le plombier Parisien qui a du 100 M et s’en tape et la boîte d’informatique en pleine cambrouse qui a du 512 k, là est la véritable fracture, et ça n’est pas prêt d’évoluer.


                      • ClicFacture 20 août 2008 16:01

                        Bizard, bizard cet article…

                        On trouve maintenant sur Internet de nombreuses solutions de logiciels en ligne (logiciel Saas), quasi gratuites, destinés aux petites entreprises avec des performances tout a fait extraordinaires.
                        Ces outils sont simplement à la disposition de ceux qui les cherchent...

                        Voici plusieurs logiciels de gestion en ligne, actuellement disponible :

                        - http://www.flexina.be une solution Belge.

                        - www.genius-facturation.ch une solution Suisse

                        - http://www.ClicFacture.fr  une solution Française. Clicfacture revendique plus de 1.000 clients au 01-08-2008.


                        • Flexina SPRL flexina 3 octobre 2009 10:21

                          Bonjour,

                          Flexina n’est pas une solution belge mais une solution franco-belge.

                          Notre logiciel va plus loin que la facturation électronique et nous le proposons en 4 versions :

                           - Devis et Facturation : pour réaliser ses devis et factures.
                           - ECommerce  : pour vendre en ligne sans connaissance en informatique.
                           - Gestion Commerciale : pour gérer ses commandes, livraisons, stocks...
                           - Planning : pour planifier le travail de son entreprise.

                          Flexina est 100% en ligne sans aucune procédure d’installation et fonctionne sur Mac, Windows et Linux.

                          Rendez-vous sur le site web de Flexina pour plus d’infos.

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