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Accueil du site > Actualités > Economie > La nouvelle pensée unique : le néo-keynésianisme

La nouvelle pensée unique : le néo-keynésianisme

Le toujours plus d’Etat fait rage actuellement, alors que l’Etat est le pyromane numéro 1 sur la planète des problèmes économiques. Il faut savoir décrypter la perversité des politiciens tout autant que leur habileté à manipuler les foules !

Avec la crise, comme il fallait s’y attendre, les tenants du « toujours plus d’état » se font entendre de plus en plus bruyamment, au point que le keynésianisme est en train de devenir aujourd’hui une véritable pensée unique, et que certains (qui ne reculent devant aucune déformation de la réalité) le présentent comme une idée à « redécouvrir ».

Selon le discours dominant (porté par exemple par le récent prix Nobel d’économie Paul Krugman, nouveau porte-drapeau de la fuite en avant), il y aurait eu au cours des dernières décennies une « insuffisance d’état » provoqué par un « néolibéralisme » qui aurait provoqué les dérives actuelles.

Seul problème : Ce soi-disant néolibéralisme n’a jamais existé (en dehors de l’imagination de certains nostalgiques des utopies de la gauche radicale), que ce soit en Europe ou aux USA.

Où est en effet le « néo-libéralisme » quand la part des prélèvements obligatoires passe de 30% en 1960 à 45% en 1999 en France ?


Où est le « néo-libéralisme » quand la part des prélèvements obligatoires passe de 25,8 % du PIB en 1965 à 37,5 % en 2000 ?

Où est le « néo-libéralisme » quand la part du secteur public passe de 22% après guerre à 44% aujourd’hui aux USA et de 34,6% en 1960 à 55% à la fin des années 90 en France ?

Où est le « néo-libéralisme quand la politique de l’état américain conduit les agences parapubliques Fannie Mae et Freddie Mac à contrôler 50% du marché des prêts hypothécaires, en provoquant une expansion incontrôlée du crédit ?

Où est le « néo-libéralisme » dans les politiques de stimulation forcée du crédit du début des années 2000, basées sur la mise en place par la FED de taux anormalement bas et sur l’utilisation de Freddie Mac et Fannie Mae comme fer de lance de l’expansion du crédit à tout va ?

La vérité est que ce « néo-libéralisme » cache en fait une constante qui se vérifie depuis des décennies dans les pays occidentaux : Toujours plus d’état pour toujours plus de dettes

Certains libéraux ont effectivement fait une grosse erreur dans les années 90 : Celle de présenter les USA, l’Angleterre ou d’autres pays comme des modèles de libéralisme, alors que les dirigeants de ces pays avaient depuis longtemps trahi les vraies idées libérales. Les partisans de l’étatisme, qui ont mal digéré la chute du mur de Berlin se sont évidemment engouffrés dans la faille. Du point de vue de la communication, c’est effectivement de « bonne guerre » (bien que d’une totale mauvaise foi). Mais tous ne sont pas tombés dans ce piège, et de nombreux libéraux avaient prévu la crise actuelle et dénoncé la fuite en avant.

Le « keynésianisme » n’est pas une idée nouvelle, les dirigeants en usent et en abusent depuis des décennies pour stimuler l’expansion du crédit par tous les moyens, en espérant ainsi reporter à plus tard chaque problème qui se présente à eux.

Ce keynésianisme a conduit à la création d’une véritable économie-Madoff, ou des consommateurs européens et américains achètent à crédit des produits dont ils ont de moins en moins besoin à des pays émergents qui croyaient jusqu’ici que leurs clients débiteurs resteraient solvables.
Comme ces consommateurs disposent de plus en plus de biens et que leur appétit de consommation diminuait en conséquence, il a fallu accélérer sans cesse l’expansion du crédit et l’inondation de liquidités associés pour que la consommation se maintienne...le keynésianisme est une drogue dure qui est à l’origine de la crise que nous traversons.

Le livre de l’auteur : La crise financière 2008-2010 : mode d’emploi pour la décrypter et l’exploiter (édition 2)


Les réactions les plus appréciées

  • Vilain petit canard (---.---.---.65) 12 février 2009 15:18
    Vilain petit canard

    Réussir à expliquer Madoff par le "trop d’Etat", fallait oser... mais vous l’avez fait. remarquez, saluons le culot. Comme ça, je n’ai pas envie de lire votre bouquin, et je suis sûr que j’ai gagné du temps.

  • JL (---.---.---.2) 12 février 2009 10:53
    JL

    En somme, pour vous, plus les prélèvements obligatoire sont élevés et plus on s’éloigne du libéralisme !

    Les prélèvements obligatoires servent aussi à financer l’industrie pharmaceutique. Allez vous vous plaindre que celle-ci se taille la part du lion, et de plus en plus ? Par exemple, l’épidémie de cancers qui ravage sinon la population, du moins les comptes de la sécu, ça ne vous interpelle pas ?

    Et le service de la dette ? ça va dans quelles poches ? Celles des consommateurs ? Ou bien de ceux qui ne sachant plus que faire de leur argent en sont réits les pauvrres, à acheter des produits financiers de plus en plus pourris sans le savoir !

    Et les politiques de relance par l’offre, toutes ces subventions aux entreprises ? Avec quel argent croyez-vous que ça se fait ? 

    Et les infrastructures ? Et l’armement ? Et plein d’autres choses à dire qui invalideraient complètement votre discours néolibéral, vous y pensez ? Non, parce que depuis Cornélius Castoriadis, on sait que le néolibéralisme est une non pensée intégrale.

    J’ajouterai que le libéralisme est une utopie, au même titre que le socialisme, à cause de la cupidité des hommes. Et que l’Etat libéral est encore plus budgétivore que l’état socialiste : parce que les riches n’en ont jamais assez, et sont insatiables : c’est d’ailleurs pourquoi ls sont riches.

  • ronchonaire (---.---.---.225) 12 février 2009 16:31

    Mouche-zélée,

    Si nous en sommes à détruire des fruits et légumes, c’est avant tout parce que les énormes subventions liées à la PAC poussent nos agriculteurs à produire toujours plus ; cela n’a donc rien à voir avec du libéralisme, bien au contraire, c’est l’illustration parfaite des effets pervers d’une mauvaise politique interventionniste. Supprimez ces subventions, ouvrez les frontières aux produits venus de pays naturellement dotés pour l’agriculture et vous n’aurez plus ce problème ; sans parler des économies d’impôts et/ou des investissements publics réellement utiles que vous pourrez réaliser avec l’argent ainsi économisé (petit rappel : la PAC représente la moitié du budget européen et ne bénéficie qu’à quelques centaines de milliers de personnes).

  • Tristan Valmour (---.---.---.116) 12 février 2009 13:06

    @ l’auteur

     

    Je suis parfaitement d’accord avec vous lorsque vous dites que la philosophie économique libérale n’est appliquée par aucun Etat. Et lorsque vous insinuez que le problème viendrait de là, il se peut que vous ayez raison.

     

    Mais alors que notre monde est gouverné par une aristocratie, comment voulez-vous que la philosophie économique libérale puisse passer de l’esprit à la lettre ? Croyez-vous sincèrement que les fortunés accepteront que leurs enfants renoncent à leur héritage, comme cela est conseillé par les vrais libéraux ? Non, l’aristocratie manipule les libéraux sincères (dont vous êtes sûrement) pour déréguler sans se soumettre aux contraintes du libéralisme. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière… vous connaissez la chanson !

     

    En revanche, sur les prélèvements obligatoires, vous faites fausse route. Tous les continents se sont initialement développés sous la double tutelle du prélèvement obligatoire et de l’Etat… à l’exception du continent Africain. Même aujourd’hui, en Afrique, le pouvoir de l’Etat ne rayonne guère au-delà de la capitale (à l’exception de la RSA où existe un Etat fort), et les impôts, introduits par les Européens, sont souvent forfaitaires. Dans ces conditions, le développement de la science, de la technologie et des infrastructures y est plus difficile. Et si l’Afrique a pu être aussi facilement conquise et exploitée, c’est bien parce qu’il n’y avait pas d’Etat fort face aux pays colonisateurs.

     

    Toujours sur le prélèvement obligatoire, je vous ferai remarquer que les dividendes versés aux actionnaires en sont un. En tant que consommateur, je préférerai que les produits ou services coûtent moins chers, et qu’on ne m’oblige pas à cotiser pour les actionnaires en les consommant (les produits bien sûr ; pas les actionnaires ahah). Et si j’étais salarié, je souhaiterai que les actionnaires prélèvent moins sur ma fiche de paie.

     

     J’ai beaucoup de sympathie pour les vrais libéraux, et je suis également pour favoriser la liberté individuelle le plus possible (et nous avons il est vrai, de la marge !). Mais la nature même de l’homme (être individuel et collectif) comme la conception philosophique de la liberté (qui est infiniment plus complexe que ne le laissent entendre les libéraux) conduisent le libéralisme à demeurer un royaume enchanté.

     

    Bien cordialement


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87 réactions à cet article

  • JL (---.---.---.2) 12 février 2009 10:53
    JL

    En somme, pour vous, plus les prélèvements obligatoire sont élevés et plus on s’éloigne du libéralisme !

    Les prélèvements obligatoires servent aussi à financer l’industrie pharmaceutique. Allez vous vous plaindre que celle-ci se taille la part du lion, et de plus en plus ? Par exemple, l’épidémie de cancers qui ravage sinon la population, du moins les comptes de la sécu, ça ne vous interpelle pas ?

    Et le service de la dette ? ça va dans quelles poches ? Celles des consommateurs ? Ou bien de ceux qui ne sachant plus que faire de leur argent en sont réits les pauvrres, à acheter des produits financiers de plus en plus pourris sans le savoir !

    Et les politiques de relance par l’offre, toutes ces subventions aux entreprises ? Avec quel argent croyez-vous que ça se fait ? 

    Et les infrastructures ? Et l’armement ? Et plein d’autres choses à dire qui invalideraient complètement votre discours néolibéral, vous y pensez ? Non, parce que depuis Cornélius Castoriadis, on sait que le néolibéralisme est une non pensée intégrale.

    J’ajouterai que le libéralisme est une utopie, au même titre que le socialisme, à cause de la cupidité des hommes. Et que l’Etat libéral est encore plus budgétivore que l’état socialiste : parce que les riches n’en ont jamais assez, et sont insatiables : c’est d’ailleurs pourquoi ls sont riches.

    • alcodu (---.---.---.42) 12 février 2009 14:21

      JL, vous n’avez manifestement pas très bien compris la pensée libérale

      Vous faites une erreur courante qui consiste à imputer au "libéralisme" l’existence des gigantesques oligopoles liés à l’Etat. Alors que précisément les libéraux les combattent. Les libéraux récusent également toutes les aides aux entreprises, le patriotisme économique, etc.

      Toutes les sociétés françaises du CAC 40 sont de fausses sociétés privées qui bénéficient ou ont bénéficié de privilèges, d’aides, de concessions, de contrats accordés par l’Etat.

      Le secteur réellement privé ne représente plus grand chose en France et, comme le souligne l’auteur avec une grande justesse, des pays comme les Etats Unis ou la Grande Bretagne ont largement trompé le monde sur leur prétendu "libéralisme".
      .

    • JL (---.---.---.2) 12 février 2009 14:58
      JL

      @ Alcodu, la première chose que j’ai apprise en matière d’économie il y a de cela un demi siècle, c’est que le capitalisme nécessitait des lois anti-trust. Si je devais caractériser le libéralisme économique je dirais que c’est un système capitaliste fondé sur la transgression de ces lois fondamentales. Le reste c’est de la littérature. Par ailleurs j’ai bien dit que le libéralisme est une utopie : un système non autorégulé et qui prétend se passer de régulation.

    • Mouche-zélée (---.---.---.35) 12 février 2009 16:11

      JL

      L’autorégulation fonctionne tellement bien que nous en sommes à détruire des fruits et légumes pour que le prix du marché ne s’écroule pas .

      La monté du prix du brut était un ballon d’essai, tel ICARE les ailes ont commencé à fondre, la consommation a fondu, le seuil d’alerte était atteind, donc ils ont baissé les prix pour relancer la consommation donc les volumes d’exportation .
      Cela ne s’est pas fait par pure vertue, notre chère base capitaliste de l’après guerre ... Bien "propre"  smiley

      Si quelqu’un dit pouvoir "moraliser le capitalisme" je l’envoie chez les malades mentaux pour voir s’il pourrait moraliser quelqu’un de très malade mentalement.


    • ronchonaire (---.---.---.225) 12 février 2009 16:31

      Mouche-zélée,

      Si nous en sommes à détruire des fruits et légumes, c’est avant tout parce que les énormes subventions liées à la PAC poussent nos agriculteurs à produire toujours plus ; cela n’a donc rien à voir avec du libéralisme, bien au contraire, c’est l’illustration parfaite des effets pervers d’une mauvaise politique interventionniste. Supprimez ces subventions, ouvrez les frontières aux produits venus de pays naturellement dotés pour l’agriculture et vous n’aurez plus ce problème ; sans parler des économies d’impôts et/ou des investissements publics réellement utiles que vous pourrez réaliser avec l’argent ainsi économisé (petit rappel : la PAC représente la moitié du budget européen et ne bénéficie qu’à quelques centaines de milliers de personnes).

    • alcodu (---.---.---.42) 12 février 2009 17:24

      @ JL

      • Si je devais caractériser le libéralisme économique je dirais que c’est un système capitaliste fondé sur la transgression de ces lois fondamentales. Le reste c’est de la littérature.
      Le problème JL c’est que ce n’est pas à vous de "caractériser" le libéralisme.

      Ce sont les auteurs et philosophes libéraux qui peuvent légitimement définir le libéralisme, pas ses contempteurs. Donc au lieu d’inventer un libéralisme qui vous arrange et dans lequel vous fourrez tout ce qui ne vous plait pas, intéressez vous justement à la "littérature" libérale.
      Cela vous évitera des contresens.
      .
    • Mouche-zélée (---.---.---.35) 12 février 2009 17:37

      ronchonaire

      Mais c’est bien sûr, supprimons donc carrément les états pour laisser le marché le plus libre possible, puis laissons crever ces salauds de pauvres, ça fera de la place hein !

      Seul le pouvoir arrête le pouvoir, c’est de là qu’est né nombre de constitution occidentales .

      Vous pensez donc que les marchés s’auto-réguleront, (avec délits d’initié et entente illégale) sur les prix du marché bien sûr .
      Au moins là nous pourrions compenser les salaires à partir des prix de vente "pour réguler les marchés" bien sûr ...

      Allez donc dire aux USA qu’il faut déréglementer les marchés, c’est le moment, vous serez super bien reçu smiley
      Ils ont eu une politique 1 000 fois plus libérale que nous, résultat ils sont bien plus touchés par la crise que nous ....
      C’est certainement parce que l’interventionnisme d’état les a beaucoup trop étouffés vous allez me dire, ha ha ha

    • JL (---.---.---.2) 12 février 2009 17:47
      JL

      alcodu je vous emmerde  : -((

    • snoopy86 (---.---.---.149) 12 février 2009 18:08

      " Alcodu je vous emmerde "

      Bourdieu ? Chomsky ? smiley

    • ronchonaire (---.---.---.225) 12 février 2009 18:48

      Nous laissons déjà "crever ces salauds de pauvres" si vous voulez tout savoir ; simplement, ce sont des pauvres que vous ne voyez pas parce qu’ils crèvent dans des pays très éloignés de votre canapé. Et ils crèvent avant tout parce que nos agriculteurs ultra-subventionnés leur marchent dessus et les empêchent de développer leur propre production et parce que nos barrières à l’entrée les empêchent d’accéder à nos marchés.

      Prenons un exemple très concret : vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi le café que vous buvez le matin, bien que cueilli dans un pays exotique, est systématiquement "produit" par une entreprise européenne ? Parce que les rares pays qui ont voulu torréfier le café eux-mêmes au lieu de se contenter de vendre les graines se sont vu opposer nos sacro-saintes normes sanitaires ; et au lieu de les aider à mettre leurs produits aux normes, nos gouvernements ont bien entendu préféré les inciter à continuer à nous vendre uniquement les graines.

      Et puisque vous semblez préoccupé par les pauvres "de chez nous", je vous invite à ouvrir un manuel d’économie (niveau première-terminale, ça devrait suffire) et à regarder l’effet qu’a une subvention au producteur sur un prix au consommateur. Et oui, ça augmente le prix. Donc si vous voulez que les prix baissent et que les pauvres mangent à leur faim, il n’y a pas 50 solutions, il faut abandonner le protectionnisme agricole, quitte à sacrifier les quelques milliers d’exploitants sous perfusion.

      Un mot sur les Etats-Unis pour finir : leur politique agricole est au moins aussi protectionniste que la politique européenne ; allez donc demander aux producteurs de coton maliens (ou ce qu’il en reste) ce qu’ils pensent de la politique de soutien des Etats-Unis à leurs exploitations cotonières du sud du pays. Et tant que vous y êtes, demandez-vous combien il en coûterait de vêtir tous ces pauvres dont vous vous souciez tant si le coton était produit au Mali et non pas en Caroline du Sud ?

    • gimo (---.---.---.115) 12 février 2009 20:48

      @ ronchonaire

       juste c’est bien je suis d’accord 

    • Marc Bruxman (---.---.---.233) 13 février 2009 01:30

      Donc si vous voulez que les prix baissent et que les pauvres mangent à leur faim, il n’y a pas 50 solutions, il faut abandonner le protectionnisme agricole, quitte à sacrifier les quelques milliers d’exploitants sous perfusion.

      Tout à fait ! Il vaut mieux faire l’ajustement une bonne fois pour toutes et laisser les choses trouver leur vrai prix plutot que de subventionner un mec pour qu’il produise un truc qui va être détruit tout ca pour faire plaisir à un cafard étatiste. 

      La comparaison avec un insecte vous choque ? Mais franchement à quoi il sert le mec qui fout des quotas de production sur telle ou telle denrées et subventionne d’un coté pour détruire de l’autre pour produire. Tous les ans les prévisions de ces kamarades komissaires au plan sont fausses.

      Alors qu’il y a un moyen très simple de régler la surproduction, on laisse fermer les exploitations les moins efficaces et on cesse de taxer tout le monde pour l’entretien des paysan et des pécheurs redondants. Au final ca fera de l’air à tout le monde et ceux qui resteront en état de produire après ca auront les moyens de se faire du fric de façon convenable plutot que d’attendre de gober une subvention. 

  • Tzecoatl (---.---.---.243) 12 février 2009 10:57
    Gandalf

    "Où est le « néo-libéralisme » quand la part des prélèvements obligatoires passe de 25,8 % du PIB en 1965 à 37,5 % en 2000 ?"

    Le simple fait qu’en 1965, l’état français avait sa monnaie gratuitement et qu’aujourd’hui il doit le payer explique cela. Alors qu’en 1965, l’état finançait tout les projets qu’il souhaitait, il en est réduit aujourd’hui à voir son endettement monter mécaniquement, à détruire son service public, à ponctionner toujours plus pour une dette non-remboursable.

    Par ailleurs, croyez-vous que les français ne vous écoutaient pas pérorer les bonnes grâces de la mondialisation tout en s’assurant des places dans le public ? Plus vous chantiez la libéralisation, plus ils cherchaient protection.

    Là encore, le lobby-libéralisme récolte ce qu’il sème. On ne peut gagner sur tout les tableaux.

    "Ce keynésianisme a conduit à la création d’une véritable économie-Madoff"

    Respectez Madoff, le seul financier qui prenait aux financiers pour donner aux financiers, leur explicitant par là même que la finance ne crée pas de valeur, contrairement aux LBO’s qui s’échignaient à tirer 15% du travail en détruisant l’outil industriel. Libérez Madoff, et tout les autres sous les verrous, je dirais.

    La véritable économie pyramidale est celle de la création monétaire privée, des fonds de pension privés, de la bourse.

    Mais il est évident que le keynésianisme n’est pas à mettre dans les mains de n’importe quel politique, suivez mon regard...



    • alcodu (---.---.---.42) 12 février 2009 14:30
      • Le simple fait qu’en 1965, l’état français avait sa monnaie gratuitement et qu’aujourd’hui il doit le payer explique cela. Alors qu’en 1965, l’état finançait tout les projets qu’il souhaitait, il en est réduit aujourd’hui à voir son endettement monter mécaniquement, à détruire son service public, à ponctionner toujours plus pour une dette non-remboursable.

      Génial ! En voilà un qui avoue franchement regretter le temps ou les Etats européens pouvaient fabriquer de la fausse monnaie avec la planche à billet.
      Ca a le mérite d’être clair.
      .
    • Tzecoatl (---.---.---.68) 12 février 2009 18:49
      Gandalf

      D’autres prétendront que la monnaie qui sort des banques est également fausse, alors, toute monnaie est-elle fausse ?

    • Mycroft (---.---.---.230) 12 février 2009 20:11

      Qui, en effet, d’autre que le peuple (et donc l’état, car l’état n’est rien d’autre que le représentant du peuple) a le droit de créer de la monaie, symbole de sa richesse ?

      La seule "fausse monaie", c’est justement la monaie qui ne vient pas de la volonté du peuple.

    • Tzecoatl (---.---.---.68) 12 février 2009 20:46
      Gandalf

      Et oui Mycroft.

      En libéralisme, l’intérêt est justifié lorsque l’on abandonne la jouissance de son bien à autrui : on perçoit donc un loyer, une rente, un intérêt.

      Et comment cela se fait-il que la fausse monnaie privée, qui n’est pas la location de propriété puisqu’elle est créé à partir de rien, a le droit à un intérêt ?

      Au moins, la monnaie d’état, elle, qui n’est créé à partir de rien, a au moins le mérite de ne pas réclamer d’intérêts lors de sa création.

      Comment se fait-il que les libéraux acceptent de fausser la concurrence entre un épargnant, un financier et un banquier, puisque les deux premiers touchent une fois les intérêts de leurs fonds propres, et les derniers 10-12 fois ?

      Après, toute l’argumentation actuelle des libéraux est d’accuser l’état ayant fait passer des lois de lobbies pour la responsabilité des politiques, et de les incriminer pour les conséquences. Et bien, la liberté que s’adonnent les secteurs privés cachent fort mal les tares de son corollaire dans cette philosophie, à savoir la responsabilité. Autrement dit, ce n’est pas celui qui pousse à la faute le responsable, jamais ! Le reste du socle de l’argumentation est de l’aversion pour l’état, dont ils sont les plus prompts à manipuler (tout homme n’étant pas forcément irréprochable, le chantage prend toute sa mesure lorsqu’il s’agit d’hommes publics, etc).


  • Julius (---.---.---.148) 12 février 2009 11:24
    Julius

    L’interventionnisme de l’État est devenu très populaire. Plusieurs groupes veulent "plus d’Etat" pour des raisons différentes. Nous avons une étrange alliance :
    1) Le neocommunists, qui souhaitent réaliser leur vieux rêve "par le haut". La constellation des partis extrémistes en France appartient ici.
    2) Les populistes, qui pense qu’ils seront de plus en plus populaire par la "gesticulation et action". Nous avons un excellent exemple en France.
    3) Les mauvaises entreprises, qui espèrent que l’Etat va les sauver de leur mauvaise gestion.
    4) L’économiste, qui prétendent être "original" par la vente de vieilles recettes.
    5) Tout le monde, qui voit qu’il ya d’argent à distribuer. Qui ne voudrait pas y participer ?

    Le résultat est que nous allons essayer de résoudre le problème de la lourde dette par la dette encore plus importante. Et tout le monde est heureux !

    • titi (---.---.---.180) 12 février 2009 22:15

      Je me rappelle un dessin de Cabu (je crois) au début des années 80...

      Un "bon francais" regarde sa télé et on reconnait Fabius qui annonce "on va prendre aux riches pour donner aux pauvres".
      Et notre "bon francais" d’applaudir en s’exclamant : "avec ce que j’ai déjà, ca me fera pas mal"...

      C’est la vision francaise de la solidarité..

  • makikou (---.---.---.121) 12 février 2009 12:18

    J’imagine bien un monde sans prélèvement obligatoire.

    Qui construirait les routes qui amènent les ouvriers dans les entreprises, qui permettrons l’acheminement des marchandises jusqu’aux clients ?
    Un groupe la construirait et demanderait de l’argent à ceux qui utilisent ces infrastructures. On remplacera donc un prélèvement obligatoire par une nouvelle facture. Et vu que le bonhomme fixe le prix comme il veut on ne peut même pas être certain qu’il soit optimal vu qu’il sera en situation de monopole. (Construire cinquante routes parallèles pour avoir de la concurrence n’est pas optimal économiquement non ? Ou alors il faudra contraindre le dit group mais alors ca suppose l’intervention d’une entité, l’état ?) Et qu’est ce qui ce produira quand un grand nombre de personnes seront incapables de payer pour ce service. La réponse est plutôt simple il y aura des têtes qui tomberont.
    C’est certain que construire des routes dans un trou pommé n’est pas optimal économiquement mais ca rendrais notre illusion de liberté encore plus illusoire vu qu’on sera totalement soumis à la main du marché.
    L’augmentation des prélèvements obligatoires est accompagné d’une augmentation des infrastructures (et de leur entretient bien souvent oublié par les entreprises privés cf le chemin de fer British, on ferme l’entreprise quand on a bouché jusqu’à l’os les infrastructures lourdes).


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Loic ABADIE

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