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Accueil du site > Actualités > Economie > La pauvreté est-elle une fatalité ?

La pauvreté est-elle une fatalité ?

Il y a deux attitudes possibles face à l’économie en général : se résigner à n’y rien comprendre et subir aveuglément les politiques économiques ou s’atteler à la difficile tâche d’apprendre les bases de l’économie et se libérer des discours trompeurs.

Quand j’étais gosse, mon sens de la justice était régulièrement égratigné par les rencontres fortuites avec des personnes visiblement écrasées par la pauvreté. Je lisais Zola, Hugo, Malot et le fossé infranchissable entre les très riches et les très pauvres me semblait être le summum de l’injustice et de la médiocrité humaine. Je pensais qu’il y avait des pauvres surtout parce que cela faisait les affaires des plus riches, que c’était même à la masse des démunis que les riches devaient leur fortune.

Heureusement, je suis allée ensuite au collège et au lycée, où j’ai appris que l’économie est une science, un ensemble de savoirs complexes et difficiles d’accès, des mécanismes quasi ésotériques, mais, attention, d’une rationalité parfaite, d’une perfection, d’une beauté inaccessible à la béotienne que j’étais. Qu’on se le dise, hormis quelques notions renforçant notre dépendance intellectuelle, l’économie est une affaire d’experts !

En fac, j’ai eu la possibilité de prendre une option d’économie générale. L’étude du budget de l’Etat et de la monnaie s’est traduite par cette continuelle impression d’être face à un complot cabalistique. Comme beaucoup de mes contemporains, la tentation était forte de laisser tomber et de m’en remettre à ceux qui savent.

Et mes pauvres dans tout ça ?

Si l’économie est une belle machine parfaite, conduite par des experts et réalisée par des agents parfaitement rationels et informés, est-il naturel que le système sécrète sans cesse ses pauvres ? A savoir ceux qui manifestement ne sont pas dans le système mais le subissent ? Comment cette science si merveilleuse ne peut répondre à cette question pourtant simple et évidente qui est de permettre à chacun d’accéder à une vie digne et intéressante ?

De deux choses l’une : soit les modèles économiques sont parfaits et bien appliqués, et dans ce cas, la pauvreté est une nécessité pour que le sytème fonctionne correctement[1], soit on se fout dans notre poire depuis un bon moment, et rien n’est pur et parfait, comme la concurrence de mes deux et ce sont les vices des modèles économiques qui génèrent la masse des indigents.
Dans un sens comme dans l’autre, nous avons toujours une masse de pauvres plus ou moins importante ce qui laisse penser que l’éradication de la pauvreté n’a probablement jamais été un objectif prioritaire des penseurs de l’économie moderne.

L’économie pour les nuls !

S’affranchir de la dictature de la pensée économique consiste en premier à s’approprier ses savoirs.
J’ai commencé bêtement, il y a quelques années, par m’acheter un petit bottin de l’économie totalement imbitable, un truc à déclarer forfait ! Avez-vous d’ailleurs remarqué à quel point les bouquins d’économie sont généralement fait de telle sorte qu’ils soient rébarbatifs et inaccessibles au commun des mortels ?

  • S’approprier les savoirs essentiels ! Pourquoi subir un pensum indigeste quand 125 pages bien aérées, agrémentées de petits dessins humouristiques permettent de s’approprier les notions de base de l’économie, en commençant par : "L’économie n’est pas une science exacte, c’est une science sociale" !. Pour 7 malheureux petits euros, vous pouvez vous procurer le ’Manuel d’économie à l’usage de celles et ceux qui n’y comprennent rien’[2].
  • Cesser de croire que l’économie est couleur rose saumon[3] ou la propriété exclusive des Echos et s’abonner urgemment à Alternatives Economiques, le mensuel qui parle de l’économie autrement, sans nous prendre pour des insuffisants neurologiques.
  • Et surtout, se procurer le dernier numéro de L’Economie politique[4] des mêmes empêcheurs d’intoxiquer les esprits en rond, qui propose un plan de lutte contre la pauvreté en trois mesures. On découvre qu’il ne s’agit pas de dégager des moyens colossaux ou de se lancer dans les 12 travaux d’Hercule, ou de déshabiller Pierre-Xavier et Charles-Edouard pour rhabiller Maurice, mais plutôt repenser notre politique familiale et sociale dans l’objectif prioritaire d’éradiquer la pauvreté, et particulièrement celle, ignoble, de ceux qui travaillent !

Dans un pays aussi riche que le nôtre, est-il encore acceptable que près de 7 millions de personnes soient pauvres[5], dont une majorité de personnes qui travaillent ?
Et que penser quand on apprend de la plume de Denis Clerc[6] que le redéploiement des ressources sociales dans le but de sortir tout le monde de la pauvreté ne coûterait que 13 Milliards d’euros supplémentaires... à comparer avec les 15 milliards offerts aux ménages les plus riches lors de la dernière réduction de l’impôt sur le revenu et aux milliers de milliards dilapidés pour sauver les vampires d’un système boiteux ?

Alors, pour ne plus ne plus subir ceux qui savent pour nous, approprions-nous l’économie sans tarder !


L’ignorance, c’est la mort ; le savoir, c’est la vie.

Proverbe persan

Le développement de l’économie réelle n’a rien à voir avec la science économique. Bien qu’on les enseigne comme s’il s’agissait de mathématiques, les théories économiques n’ont jamais eu la moindre utilité pratique.

Karl Popper

L’économie est très utile pour fournir un travail aux économistes.

Anonyme

L’économie c’est la science du sordide, non de la pureté.

Alfred Sauvy

Notes

[1] on omet juste d’en informer les principaux intéressés : on a besoin que vous soyez tel ou tel nombre à crever la bouche ouverte pour que nous puissions nous en en mettre plein les fouilles !

[2] De Patrick Mignard, qui désacralise l’économie tous les jours auprès de ses étudiants de l’IUT de Toulouse. Commander directement auprès des éditions de l’A.A.E.L, 8 rue de Bagnolet, 31100 Toulouse ou envoyer un mail pour plus d’informations : bureau.i34@wanadoo.fr.

[3] Les fameuses pages éco de Figaro, pour les récalcitrants !

[4] L’économie politique n°26 : La France des travailleurs pauvres, trimestriel, avril 2005

[5] pour info, le seuil de pauvreté est à 817 € net/mois par personne, ce qui représente plus que ce que l’on peut espérer dégager d’un mi-temps payé au SMIC - 1005 € net/mois

[6] Fondateur d’Alternatives Economiques

 


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124 réactions à cet article    


  • geo63 20 novembre 2008 10:36

    Excellent poil à gratter, merci.
    Qu’en pensent les spécialistes (parfois autoproclamés) sur AV ?


    • le mave 20 novembre 2008 11:25

      Tout à fait d’accord ,comme toujours ça va démanger les spécialistes .
      Moi aussi j’aime bien vos analyses ,continuez..

      Si vous avez besoin de spécialistes (autoproclamé ) des crises ,je suis disponible..........


    • LE CHAT LE CHAT 20 novembre 2008 11:27

      Les pauvres sont indispensables au riches , comment pourraient ils avoir conscience de leur richesse
      sans pouvoir se comparer à la plèbe ! et alors ils pourront dire : non , nous ne sommes pas du même monde ! smiley

      un pauvre con est un con , un riche con est un riche ! c’est ainsi !


      • appoline appoline 20 novembre 2008 13:55

        Fut un temps où le seigneur protégeait ses pauvres, ses serfs. Maintenant ils sont devenus trop nombreux, bref nous risquons l’éradication.


      • cogno1 20 novembre 2008 11:31

        Bravo, j’aime beaucoup le proverbe Persan.

        Des gens veulent faire de l’économie une sciences, ce qui est ridicule, et est totalement incohérent comme on peut le constater tout les jours.
        L’objectif des sciences est de faire des prévisions, on constate aujourd’hui la redoutable efficacité de l’économie scientifique.

        Une science au sens du terme ne peut intégrer l’humain comme variable, il n’est pas quantifiable, au mieux, on parle de science humaine, mais ce terme de science n’a rien à faire la de toute façon.

        Cele n’empêche nullement certains de continuer à y croire, ce qui peut se comprendre, il n’est jamais facile d’admettre qu’on s’est fait rouler dans la farine et que l’on a participé à une gigantesque escroquerie. Mais toutes ces autruches devront bien un jour ou l’autre sortir la tête de leur trou, ou bien continuer à se mentir à elles même.


        • Philippe D Philippe D 20 novembre 2008 11:37

          Une étude indique notamment que 67% des personnes interrogées ignorent que les PDG du CAC 40 sont élus par les actionnaires. Les Français auraient également une "vision déformée" de l’entreprise, qu’ils perçoivent négativement. 		
          					

           

           

          Source Nouvel Obs - 20 Novembre 2008.
          L
          es Français sont particulièrement ignorants de certains aspects de l’économie selon un sondage LH2 pour la Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises (FNEGE), publié jeudi 20 novembre dans Les Echos.
          Selon ce sondage, 67% des personnes interrogées ignorent que les PDG du CAC 40 sont élus par les actionnaires, 52% ignorent qu’Areva opère dans le domaine du nucléaire ou encore 32% confondent le chiffre d’affaires avec les bénéfices.
          Le sondage fait aussi apparaître que 57% ne savent pas que le dividende est le revenu obtenu par le détenteur d’une action et 82% ignorent quelle est la part de l’Union européenne dans les exportations françaises.

          Les CDD surestimés

          D’autre part, les Français ont une "vision déformée" de l’entreprise perçue "d’une manière plutôt négative" sous un "prisme libéral excessif", souligne l’enquête. Un des thèmes paradoxalement les plus méconnus est le CDD (contrat à durée déterminée). L’idée selon laquelle les CDD constitueraient une part importante des contrats de travail des Français paraît très répandue. Un sur trois les estime entre 20 et 30%, alors que cette forme de contrat reste limitée à moins de 10%.
          La majorité des personnes interrogées se représentent un monde du travail avec des entreprises de plus grande taille qu’elles ne le sont en réalité et versant des dividendes aux actionnaires dont les montants sont fortement surestimés. Parallèlement, le poids des contraintes qui pèsent sur les entreprises est relativisé, avec des coûts salariaux et des charges sociales versées par les entreprises nettement sous-estimés par rapport à la réalité, constate l’étude.

          L’entreprise, un univers hostile


          Pourtant, les Français se représentent un univers assez hostile pour les entreprises elles-mêmes : ils pensent que le taux de mortalité des entreprises récemment créées est encore plus important qu’il ne l’est. La fragilité des jeunes entreprises, bien réelle, est donc encore amplifiée dans l’esprit des interviewés. En revanche, l’importance du nombre de créations d’entreprises en France ou la part des richesses produites sont fortement sous-estimés.

          L’enseignement

          L’enquête met également en avant le rôle de l’enseignement secondaire. "Dans une société qui scolarise les deux tiers d’une classe d’âge jusqu’à 18 ans, son rôle est décisif", souligne Michel Bon, président de la FNEGE et ancien PDG de France Télécom dans un premier commentaire de ces résultats. Selon lui, "la généralisation d’un enseignement d’économie de l’entreprise en classe de seconde, dans le cadre de la réforme des lycées, constitue un enjeu majeur".
          La fondation a été créée en mai 1968 par l’Etat et les entreprises pour développer en France l’enseignement supérieur de gestion pour le porter à un niveau comparable à celui des grands pays industrialisés. Elle veut être le lieu d’échanges privilégié entre les universités, les Instituts d’administration des entreprises (IAE), les grandes écoles de gestion et les entreprises.
          Sondage réalisé du 8 au 12 septembre par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 1.009 personnes sélectionnées, âgées de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

          Résultats détaillés de l’enquète :
          www.lesechos.fr/medias/2008/1120//300310564.pdf

          • foufouille foufouille 20 novembre 2008 12:02

            sur capital de m6, on a pu voir un reportage sur les ecoles privees
            on aprenait que les salaires, et donc les "charges" enOrmes, etaient de 20% des depenses
            dans le sondage ils auraient du demander si les produits delocaliser etaient vendus 10x moins cher ..........


          • JL JL 20 novembre 2008 12:07

            @ Philippe D qui écrit : ""La majorité des personnes interrogées se représentent un monde du travail avec des entreprises de plus grande taille qu’elles ne le sont en réalité et versant des dividendes aux actionnaires dont les montants sont fortement surestimés.""

            Vous n’ignorez pas qu’e, quelques années, la part des dividendes est passée de 30 à 40% et la part du travail, de 70 à 60%.

            Ce qui fait que, si le pouvoir d’achat du travail est resté constant grâce à la croissance, en revanche, la part du capital a augmenté en rapport de 50%.

            Vous ajoutez : ""Parallèlement, le poids des contraintes qui pèsent sur les entreprises est relativisé, avec des coûts salariaux et des charges sociales versées par les entreprises nettement sous-estimés par rapport à la réalité, constate l’étude.""
             

            Que veut dire "est relativisée" ? Quant aux charges sociales et impôts, ce sont les contributions du secteur privé pour le financement des infrastructures et des ressources matérielles et humaines qu’elles utilisent ou consomment, et qui sont à la charge de la collectivité.

            J’ajoute que la redistribution à l’envers pratiquée par les gouvernements de droite, à savoir, les subventions et autres cadeaux fiscaux, elle est aux charges qui pèsent sur les entreprises ce que la poule est à l’oeuf. Ou le bébé à l’eau du bain, si l’on écoute les plus libéraux.

             

             


          • Philippe D Philippe D 20 novembre 2008 12:16

            @ JL
            Le texte ci-dessus n’est pas de moi, mais comme indiqué, la reprise d’un article du Nouvel Obs d’aujourd’hui.

            Vous n’ignorez pas qu’e, quelques années, la part des dividendes est passée de 30 à 40% et la part du travail, de 70 à 60%
            L’enquète en référence mentionne que la part des dividendes est de moins de 5% en moyenne pour les entreprises françaises.


          • JL JL 20 novembre 2008 12:21

            Philippe D, vous pourriez SVP expliquer cette phrase : "" L’enquête en référence mentionne que la part des dividendes est de moins de 5% en moyenne pour les entreprises françaises. "" ? Une affirmation qui, servie telle quelle, n’a aucun sens pour moi.


          • Philippe D Philippe D 20 novembre 2008 12:25

            JL

            Je vous ai mis le lien du PDF des résultats de l’enquète que vous pouvez consulter, page 23 pour ce qui concerne cette donnée sur les dividendes.

            Je vous le remets :
            www.lesechos.fr/medias/2008/1120//300310564.pdf


          • xa 20 novembre 2008 12:45

            JL

            Il semblerait que vous fassiez la confusion entre dividendes et revenus du capital.

            Dans les revenus du capital, on trouve :

            - les dividendes des actionnaires

            - les plus-values sur vente d’actifs (mobiliers et immobiliers)

            - les revenus fonciers

            - les intérêts de placements (comptes, livrets, obligations, ...)

            - les rentes diverses

            - ...

            Les dividendes sont une petite partie des revenus du capital.

            Lorsqu’un salarié dit que les actionnaires de sa boite "se goinfre", 9 fois sur dix :

            - il considère que l’intégralité des bénéfices sont versés aux actionnaires. cas typique : "les actionnaires de total se sont mis 13 milliards dans la poche l’année dernière", c’est ce qu’on a entendu de salariés de Total cette année. Sauf que les dividendes se portent à 2 milliards pour l’année dernière. Une erreur de 11 milliard. Une paille, n’est-il pas ?

            - il confond allègrement dividende et plus-values. Or les premiers sont le résultat des bénéfices de la société, donc en partie du travail du salarié, les seconds sont le résultat de l’achat par un futur actionnaire des titres à l’ancien actionnaire (donc ca ne touche pas aux comptes de la société).

            Vous voyez que la part des revenus du travail est passé de 70 à 60%, vous en déduisez aussitôt que les dividendes sont passés de 30 à 40%. Exit les autres formes de revenus du capital.

            Vous nous démontrez le manque de culture économique des francais.


          • snoopy86 20 novembre 2008 12:46

            JL

            Vous confondez d’une part dividendes et profits. Les dividendes sont distribués et les profits réinvestis pour l’essentiel.

            D’autre part cette assertion sur la part des salaires mériterait d’être vérifiée...Il semblerait qu’elle diminue dans l’ensemble des revenus essentiellement du fait du développement des revenus non-salariés et non pas de l’augmentation des dividendes et plus-values...



          • snoopy86 20 novembre 2008 13:28

            @ JL

            Sur le partage de la valeur ajoutée :

            http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08103

            Vous pourrez constater que rien n’évolue vraiment....


          • JL JL 20 novembre 2008 13:29

            @ Xa qui dit : ""Vous nous démontrez le manque de culture économique des français. "" Bon, compte tenu de tout ce qui se dit ici au sujet de l’économie, ce serait plutôt un compliment. Passons.

            Je reconnais que j’ai fait une faute en écrivant dividendes, je voulais dire : "revenus du capital". Ceci dit, je ne vois pas d’où provient l’argent, si ce n’est pas du travail, puisque le capital provient lui-même du travail.

            Molière aurait dit qu’il faut travailler pour faire du capital, et non du capital pour faire travailler.

            Vous citez les intérêts de placements (comptes, livrets, obligations, ...). D’où croyez vous que l’argent vienne ? De la planche à billets ? Non ? Alors des remboursements d’emprunts ? Et où selon vous, ceux qui remboursent les emprunts, prélèvent-ils l’argent des remboursements ? Les économistes dont on ne dira jamais assez de mal, croient qu’ils font de l’argent avec l’argent, comme l’autre multipliait les petits pains !
             


          • xa 20 novembre 2008 14:13

            JL

            Si pour vous le fait que l’argent initialement obtenu par son travail qui devient, par le versement d’un loyer, un revenu du capital pour le propriétaire bailleur est de l’argent issu du travail ... alors 100% des revenus proviennent du travail.

            La différence entre dividendes/bénéfices et plus value, par rapport au travail, c’est que les premiers sont issus du travail des salariés de l’entreprise, les seconds sont éventuellement issus du travail de personnes extérieurs à l’entreprise.

            Un salarié peut légitimement considérer que son entreprise redistribue mal les bénéfices à ses salariés (il s’attaque alors aux dividendes), mais il ne peut pas mettre dans le même sac les plus values qui sont, techniquement, faites sur de l’argent extérieur à l’entreprise.



            "D’où croyez vous que l’argent vienne ? De la planche à billets ? Non ? Alors des remboursements d’emprunts ? Et où selon vous, ceux qui remboursent les emprunts, prélèvent-ils l’argent des remboursements ? Les économistes dont on ne dira jamais assez de mal, croient qu’ils font de l’argent avec l’argent, comme l’autre multipliait les petits pains !"

            Il me semblait que dans des articles précédents, vous fustigiez la création d’argent virtuel par les banques. Et là vous nous dites que l’argent provient toujours du travail. Il va falloir choisir votre position.

            Mine de rien, vous êtes en train de dire ce que ceux "dont on ne dira jamais assez de mal" disent. Seriez vous des leurs ?


          • JPC45 20 novembre 2008 14:28

            Snoopy86 : sur le partage de la valeur vous avez parfaitement raison : ceux qui nous disent que ça diminue, reprennent les arguments d’ATTAC sans les vérifier.
            Des rapports sur l’INSEE ont été fait : il faudrait retraiter ces chiffres des indépendants dont la rémunérations peut être fait en salaire, soit en "capital" et l’effet n’est pas neutre. Je rajoute que dans la rémunération des salariés n’est pas ajouté les avantages comme une complémentaire santé, un prévoyance d’entreprise, retraite d’entreprise, PEE, PERCO, CE, etc.

            De plus, est ce que le partage de la valeur se fait uniquement entre capital (s’il y en a !) et salaire ? l’etat n’intervient pas ?


          • JL JL 20 novembre 2008 15:09

            @xa, passons si vous le voulez bien sur les subtilités que vous évoquez, ce n’est ni le sujet de l’article ni ma tasse de thé.

            En revanche, vous écrivez : ""Il me semblait que dans des articles précédents, vous fustigiez la création d’argent virtuel par les banques. Et là vous nous dites que l’argent provient toujours du travail. Il va falloir choisir votre position. ""

            Il n’y a contradiction que dans vos interprétations, et nullement dans ce que j’ai dit qui n’est pas réduit, ne vous déplaise, à ce que vous en dites qui d’ailleurs est absurde. Néanmoins je ne botterai pas en touche, l’occasion est trop belle.

            L’argent virtuel, qui représente une bulle 50 fois plus grosse que tout ce qu’elle pourrait absorber de richesses, n’est que comme la plus jolie fille du monde : il ne peut donner que ce qu’il a. L’argent virtuel peut servir à créer de l’argent virtuel, lequel peut se convertir en argent réel, mais jamais ne peut produire de la valeur : il ne fera que détourner de la valeur, en capter, nuance. C’est d’ailleurs par ce biais que les revenus dits du capital, ont pu gonfler ainsi dans de telles proportions, au détriment de ceux du travail.

            Si la finance est le système sanguin de l’économie, l’argent virtuel est le système sanguin des pompes à fric.


          • JL JL 20 novembre 2008 15:14

            Je n’ai jamais dit que l’argent provenait du travail : c’est vous qui confondez argent et richesses. Il y a bien des richesses que le travail procure et que l’argent ne saurait acheter. Le savez-vous ?


          • xa 20 novembre 2008 15:55

            JL

            Je vous cite :
            "Vous citez les intérêts de placements (comptes, livrets, obligations, ...). D’où croyez vous que l’argent vienne ? De la planche à billets ? Non ? Alors des remboursements d’emprunts ? Et où selon vous, ceux qui remboursent les emprunts, prélèvent-ils l’argent des remboursements ?"

            N’êtes vous pas en train de dire que les revenus des placements viennent de paiement fait par les revenus du travail ?

            Ca y ressemble beaucoup.

            "Je n’ai jamais dit que l’argent provenait du travail"

            Si vous ne l’avez pas dit, alors vous admettez que les revenus des placements ne viennent pas systématiquement du travail de quelqu’un, fusse-t-il un autre ? 

            N’est ce pas exactement le contraire de ce que vous dites : "Les économistes dont on ne dira jamais assez de mal, croient qu’ils font de l’argent avec l’argent, comme l’autre multipliait les petits pains !"


          • philbrasov 20 novembre 2008 17:38

             les progres de productivité des entreprises, font automatiquement baisser la part du travail.



          • JL JL 20 novembre 2008 18:55

            @ xa, je vous ai dit que le travail crée de la valeur laquelle peut être convertie ou non en argent. Et qu’il faut de l’argent pour se procurer ces richesses. Un enfant sait ça.

            Maintenant, pour convertir les titres en argent, ou si vous préférez, en richesse, c’est évidemment possible sinon ça ne servirait à rien, et cela se fait détriment des autre, de tous les autres. La finance est comme un catalyseur, bénéfique à dose correcte, poison à dose excessive. Et quand tout les détenteurs de titres paniquent ensemble parce qu’il y en a trop qui ont commencé à prendre peur, ou à faillir, quand la confiance, je devrais dire la lune de miel s’évanouit, c’est la ruée, la crise.

            Les milliards d’euros pour les banques, c’est ça, ce tribut involontaire que les scélérats au pouvoir paient avec l’argent des travailleurs pour donner aux petits malins qui se prenaient pour Jésus avec ses petits pains. Le ponctionnement de la richesse collective, par l’argent virtuel n’est rien d’autre. Les pompes à finances quand elles s’emballent c’est comme les centrales nucléaires, ou des terroristes.

            Mais vous savez bien tout cela, et c’est la raison de vos questions stupides, je ne suis pas dupe. Ne cherchez pas à décortiquer ce post sauf si vous avez du temps à perdre, je l’ai écrit à la volée, et je ne vous répondrait pas, j’ai mieux à faire qu’à répondre à quelqu’un qui me fait un mauvais procès en jouant sur les mots.

            On appelle ça chercher la petite bête, ou encore sodomiser les diptères.


          • Croa Croa 21 novembre 2008 18:52

            « je ne vois pas d’où provient l’argent, si ce n’est pas du travail, »

            Erreur en effet ! Le travail sert à produire les richesses réelles et seulement cela.

            L’argent provient des banques. (Si nous étions vraiment en démocratie l’argent serait produit par les états mais il y a longtemps que les fantoches que nous élisons ont cédé leurs prérogatives aux ploutocrates.)


          • yoda yoda 20 novembre 2008 11:41

            Pour faire simple, si il n’y avait pas de pauvrete, les gens seraient moins sous la contrainte de travailler comme des tares. Si les gens sont moins contraint de travailler comme des tares, ca fait moins de richesse produite. Et si il y a moins de richesse produite, ceux qui "manage" le systeme, en auront moins a s’en mettre dans les poches...

            Donc oui "la pauvreté est une nécessité pour que le sytème fonctionne correctement" du moins un systeme fondé sur le profit maximal du plus petit nombre, plutot qu’un profit minimal du plus grand nombre smiley 



            • alberto alberto 20 novembre 2008 16:18

              Oui Yoda on ne peut mieux résumer la chose : ça a commencé il y a bien longtemps avec l’esclavage, et ça continue aujourd’hui par quelque chose qui y ressemble !
              Bravo aussi à Monolecte.
              Bien à vous.


            • JL JL 20 novembre 2008 11:50

              A lire et à faire lire. Bravo. Vous écrivez : ""l’éradication de la pauvreté n’a probablement jamais été un objectif prioritaire des penseurs de l’économie moderne."" Vous pouvez remplacer probablement par évidemment.

              "Contre le chômage, nous avons tout essayé" disait-il. C’est faux, ils n’ont pas fait le contraire.

              Il est clair qu’on assiste à l’accélération de la curée dans la course mondiale à la privatisation planétaire. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir proche.


              • JL JL 20 novembre 2008 11:53

                Il y a deux façons d’accéder plus d’humanité : en étant moins pauvre et en étant moins riche. Les uns ne peuvent pas, maintenus dans la pauvreté par les autres, qui ne veulent pas.


              • foufouille foufouille 20 novembre 2008 11:51

                dans le meme genre on a le NAIRU, taux de chomage minimum pour maintenir la "croissance" (des tres riches)


                • dom y loulou dom 20 novembre 2008 11:59

                  un excellent billet monolecte, à votre habitude.

                  il y avait là un superbe explicatif pour les nuls économiques dont je fais aussi partie et qui m’a grandement éclairé.

                  http://www.vimeo.com/1711304

                  bonne journée à tous


                  • Gilles Gilles 20 novembre 2008 12:02

                    Faudrait quand même pas que les pauvres se mettent à penser. Faudrait déjà leur apprendre à s’exprimer en français et à abandonner le style sms...dur dur

                    Leur enseigner les principes économiques de base c’est ouvrir la boîte de Pandore. Tu leur donnes des miettes mais pas plus. Si tu leur lâches le crouton, ensuite ils prendront la baguette, sans même quemander ta permission.

                    La seule chose qu’ils doivent comprendre c’est que nous sommes en méritocratie dorénavant et que les revenus sont fonctions de la valeur ajoutée produite. Point barre !


                    • Monolecte Monolecte 20 novembre 2008 14:26

                      Effectivement, les pauvres ne sont pas là pour penser, mais seulement pour dépenser leurs maigres subsides. C’est pour cela qu’il importe de démonter fermement l’Éducation Nationale qui avait pour bête prétention de donner la même éducation à tous. De la même manière qu’il convient qu’ils restent inaudibles et c’est bien pour cela que les pauvres ne sont représentés nulle part dans la société de ceux qui décident de leur sort !


                    • Gilles Gilles 20 novembre 2008 17:55

                      Comme vous le dîtes le démantèlement de l’école publique, comme service ad hoc, est enclenché...la révolution de velour

                      Lire à ce sujet les articles sur Xavier Darcos et sa collaboration avec la fameuse association "créateurs d’école" qui avait dés les années 1990 théorisé la politque de la droite réac à propos de l’enseignement. IL avaient lancé la suppression de la carte scolaire (idée piquée à LePen au passage) et pensait au service minimum pour enmerder l’EN dans l’optique de transférer progressivement vers le privé les services d’éducation.

                      Que dire aussi d’Emmanuelle MIGNON, la toute proche conseillère de SARKO qui vient de quitter l’Elysée et qui, dès 2004, proclamait : « Je suis pour une privatisation totale de l’Education nationale » + ses croyances de "la main invisible du marché" sa lutte contre les anti-sectes

                      Et notre ami Sarko qui explique au pape que l’instituteur ne remplacera jamais le curé, le pasteur pour faire comprendre le bien et le mal aux enfants (il a oublié l’imam ce con)

                      http://unavisenpassant.blogspot.com/2008/09/568-darcos-itinraire-dun-mec-de-droite.html

                      http://www.attac93sud.fr/spip.php?article657


                    • Nathan Nathan 20 novembre 2008 12:14

                       L’économie est une science inexacte faite de tabous, de non-dits, d’approximations ... N’oubliez jamais ... jamais que la majorité des économistes n’avaient pas pu prévoir la crise économique actuelle et que peu peuvent encore expliquer ce qu’il s’est réellement passé (i.e. qu’ils ne prévoiront pas la prochaine).
                      Sur la pauvreté, votre question est de savoir si elle est structurelle (nécessaire) ou pas à toute société ? J’y ai souvent réfléchi et je vais vous donner quelques éléments pour mieux comprendre.
                      Tout d’abord définissons le seuil de pauvreté pour un pays : couramment il s’agit de tout revenu en dessous de la moitié du revenu médian d’une société, avant impôts. On voit déjà que c’est relatif. En France le salaire médian net est à peu près de 1400 euros. Un pauvre en France est donc une personne vivant avec moins de 700 euros par mois. Bien mais nous sommes dans le théorique. Cette définition ne nous permet pas d’avancer : tout d’abord avec cette définition, les pauvres existeront toujours. En effet, lorsque le salaire médian sera à 2000 euros, alors les pauvres seront moins pauvres mais toujours comptabilisés VOIRE plus nombreux c’est donc absurde. Premier principe économique absurde : poser des définitions relatives déconnectées de la réalité.
                      Malheureusement pour avancer, nous allons devoir considérer que les personnes vivant avec moins de 700 euros en France ne sont pas toutes pauvres, voici mes exemple. Prenons :

                      - A : jeune célibataire de 30 ans vivant chez sa mère

                      - B : jeune couple marié

                      - C : une jeune femme seule avec un enfant à charge

                      Considérons que les 3 ne touchent seulement que 700 euros par mois. A, ne sera jamais réellement pauvre tant qu’il sera chez sa mère (pas de loyer, etc.). Le couple B survit grâce à des petits travaux au noir effectué pour des amis. Mais ils sont limite. Seule C est réellement une femme pauvre avec enfant à charge, avérée (selon tout considération objective).
                      Maintenant imaginons que l’homme du couple B se casse une jambe, alors qu’il n’avait pas souscrit à une mutuelle de santé, son couple devient automatiquement "pauvre".

                      Voilà, vous voyez bien que tout est relatif. Et c’est pour cela que des organismes et associations comme le secours catholiques sont nécessaires afin d’aider les plus nécessiteux.

                      ps : * les études économiques prennent rarement en compte les valeurs de patrimoine et d’économies lorsqu’elles comparent les revenus. Pour cela un jeune sera toujours plus pauvre qu’un plus âgé (économies, héritages, etc.).
                      * Lorsque je pense aux pays en voie de développement avec leurs bidonvilles, leurs miséreux qui vivent avec moins d’un euro / jour, cela me fait toujours beaucoup relativiser ... C’est horrible mais c’est ainsi. En France, même un clochard touche le RMI ... 


                      • JL JL 20 novembre 2008 12:24

                        @ Nathan, je suppose que pour dire des âneries pareilles vous êtes ce célibataire de 30 ans vivant chez sa mère ?


                      • Nathan Nathan 20 novembre 2008 13:01

                         Presque ! smiley


                      • ZEN ZEN 20 novembre 2008 12:23

                        Les gens n’ont que ce qu’ils méritent... ! smiley

                        Et sans les pauvres, quel intérêt d’être riches ? smiley


                        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 20 novembre 2008 12:27

                          Bonjour,

                          la plus grande qualité de nos grands mères était d’être " économes " . Elles faisaient de l’or avec du plomb, de goûteux repas mémorables avec des produits de base, des ambiances merveilleuses avec deux bougies, une bûche dans la cheminée et une histoire d’amour d’enfants...

                          " Casser la famille " comme s’y est acharnée l’économie au pouvoir n’est pas innocent. Le résultat, ma cheminée c’est la télé, mon grand père, c’est JR, ma grand mère, Saoul Ellen, ma culture la roue de la fortune, et je me sens riche de fréquenter toutes ces stars chez moi...Tous mes voisins circulent en voiture neuve étrangères le téléphone portable au volant et leur maison en carton trônant avec pignon moche sur rue...Ils sont fiers d’afficher une marque de prestige à la mode sur ce polo qu’ils ont payé trente euros, ne sachant pas qu’ils en ont mis vingt dans la poche de celui qui a racheté l’ancien épicier du centre ville pour vendre des fringues.

                          Tout le monde s’est moqué de La cabane au fond du jardin de Cabrel...alors qu’il a tout dit dans sa carte postale.


                          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 21 novembre 2008 01:08

                            Je vous préviens, c’est plutôt triste...
                            http://fr.youtube.com/watch?v=Vh2B3tjxgNw


                          • Yohan Yohan 20 novembre 2008 12:28

                            Un nouveau site pour les nuls : http://www.kezeco.fr/


                            • iris 20 novembre 2008 13:01

                              tout seul on ne peut rien-s’éduquer oui -mais pour se battre contre l’argent il faut etre nombreux et solidaires-et s’engager dans une organisation qui fasse le nécessaire-en connaissez vous ??

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