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Accueil du site > Actualités > Economie > La politique du taux zéro : une grenade aux mains des Banques Centrales (...)

La politique du taux zéro : une grenade aux mains des Banques Centrales !

Y aurait-il des manuels, des livres d’Histoire ou des guides pratiques qui indiqueraient la marche à suivre ou les prochains épisodes à présent que les taux d’intérêts du monde entier se retrouvent à ou proches du zéro ? La réalité est que, en dépit du précédent Japonais des années 90, les principales Banques Centrales sont confrontées à une situation totalement inédite. Aucune méthodologie mathématique ou rigoureuse donc pour éviter la déflation par la dette mais quelques pistes exploitées par nos Banquiers Centraux.

Ces derniers ne sont effectivement pas avares de discours et de déclarations assurant que cette politique de taux nuls ou très bas est destinée à durer dans le temps. En effet, comme les rendements sur les obligations d’Etat baissent quasi mécaniquement dès lors que le marché est persuadé que les taux resteront bas pendant un temps certain, le coût de financement des entreprises et des privés devient ainsi plus abordable avec des répercussions favorables espérées sur les valorisations boursières, immobilières et autres...

Par ailleurs, les mesures concrètes et à bien des égards révolutionnaires désignées sous l’appellation mystérieuse de "baisses quantitatives" consistent d’une part en un gonflement agressif du bilan des Banques Centrales du fait de l’injection massive de liquidités et d’autre part en des achats par ces mêmes Banques Centrales de tous types d’actifs allant des bons du Trésor à l’obligation émise par une entreprise en passant par l’immobilier ou par les titres subprimes... En fait, ces baisses quantitatives reviennent tout simplement à activer la planche à billets, billets destinés à finir aux mains des consommateurs qui iront les dépenser. Le contrôle des prix peut donc être enterré en paix car la préoccupation des Banques Centrales devient dès lors le contrôle du volume des liquidités déversées dans le système : bouleversement majeur des priorités des Banques Centrales peu soucieuses dès lors de financer les déficits de l’Etat par l’émission d’obligations qui draineraient précisément de précieuses liquidités hors du système !

En période de baisses quantitatives, l’action d’une Banque Centrale devant en effet être principalement orientée vers le rachat de tous types de papiers-valeurs - et d’abord des siens propres - dans le but de tarir au possible le marché obligataire afin que les liquidités en quête de placement aillent plutôt se loger dans les secteurs vitaux de l’économie...Au demeurant, une Banque Centrale peut également acquérir des biens immobiliers ou, en dernière extrémité, des titres comme le fit la Banque du Japon dans les années 90 ! Les objectifs visés par une Banque Centrale étant double : tout d’abord celui de propulser les valorisations nominales de ces obligations - et donc d’exercer une pression à la baisse sur les taux d’intérêts - tout en assurant au système un approvisionnement généreux en liquidités. Toutes ces manipulations ont en fait un but et un seul, celui de forcer quasiment à la consommation, à l’investissement et à la dépense.

En théorie, les Banques Centrales peuvent pratiquer ces baisses quantitatives sans aucune limite et, en conséquence, un Etat peut - toujours en théorie - appliquer à l’infini une politique de stimuli fiscaux afin de relancer l’activité économique ! Un Etat qui réduit drastiquement les impôts peut ainsi se financer par l’émission de bons du Trésor qui seront, à leur tour, achetés par sa Banque Centrale. Cette Banque Centrale verrait sa Masse Monétaire gonfler, le Gouvernement redistribuant alors ces liquidités aux citoyens... On comprend mieux la fameuse allégorie de Friedman qui suggérait de larguer du cash depuis des hélicoptères ou la suggestion plus prosaïque de Keynes d’employer des citoyens afin d’enterrer des bouteilles remplies de billets de banque...

Pour autant, ces baisses quantitatives sont-elles un instrument miraculeux ? La réponse est clairement négative si l’on se base sur l’échec Japonais lors de la décennie perdue. En réalité, les Banques Centrales ne connaissent pas à l’avance la dose de baisses quantitatives nécessaires à la lutte contre la déflation : Ainsi, alors que des mesures peu généreuses ou mal ciblées peuvent accentuer la déflation, un excès de baisses quantitatives est bien-sûr susceptible de transformer la déflation en... inflation ! Un exemple de pays ayant abusé de politique monétaire expansionniste ? Le Zimbabwe !

Les Banques Centrales, à la croisée des chemins, se retrouvent ainsi bien malgré elles en train de "faire l’Histoire" ! Du reste, dans ce processus, pourquoi s’arrêter à zéro, pourquoi ne pas rendre négatifs les taux d’intérêts ? En réalité, les billets de banque, qui ne sont rémunérés d’aucun taux d’intérêt - positif ou négatif - imposent une limitation à ce qui peut être expérimenté avec la politique monétaire. Car si d’aventure une Banque Centrale imposait des taux négatifs qui se répercuteraient nécessairement sur les dépôts bancaires, les titulaires de ces dépôts n’auraient qu’à retirer leurs liquidités des banques, les espèces n’étant pas grevées de ce taux négatif ! Ce système de taux négatifs pourrait néanmoins être viable à partir du moment où le taux prélevé est minime car il serait très difficile, voire impossible du point de vue de l’espace matériel, aux détenteurs de gros dépôts de retirer tous leurs avoirs. C’est ainsi qu’en 1978, les taux d’intérêts envers les détenteurs étrangers de Francs Suisses étaient négatifs, phénomène n’ayant du reste pas découragé les investisseurs, notamment nippons, du fait de l’appréciation de la monnaie Helvétique qui compensait largement le taux prélevé sur leurs dépôts...

On le constate, la déflation est une calamité d’autant plus difficile à prévenir que sa manifestation s’accompagne toujours d’une augmentation du taux d’intérêt réel, c’est-à-dire du taux nominal moins l’inflation : En d’autres termes, la déflation agit en exerçant une pression haussière sur les taux d’intérêts au plus mauvais moment, soit au moment où ces taux devraient précisément baisser ! Voilà pourquoi - et un certain nombre d’économistes s’accordent sur ce point -, il conviendrait de ne plus baisser les taux dès lors qu’ils ont atteint 0.5, voire 1%, afin de se ménager une sortie de secours en cas d’extrême tourmente.

La politique monétaire du taux zéro, qui consiste donc à inonder tout le monde et tout de suite d’un maximum de liquidités, porte en elle les germes d’une allocation inefficiente car indifférenciée des ressources tout en encourageant tous types de comportements inconséquents, voire irresponsables.


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26 réactions à cet article    


  • Forest Ent Forest Ent 12 janvier 2009 10:20

    On peut compléter l’anecdote de l’hélicoptère par la notion de "piège à liquidités" : s’il n’y a pas de demande, l’injection de liquide sert uniquement au désendettement.

    Il est vrai que le monde semble encore hésiter entre hyperdéflation et hyperinflation. Beaucoup de gens prévoient un scénario "à la japonaise" mondial. Je crois à quelque chose de plus violent, comme un effondrement de l’économie US et un retour brutal au protectionnisme.


    • Ronny Ronny 12 janvier 2009 10:48

      Assez d’accord avecv vous. De toute façons on ne pourra "descendre" en dessous du taux 0. 

      Quelle solution reste t il : faire marcher la planche à billets. Je parierai que l’inflation type année 60 va revenir, car c’est la seule solution pour relancer sans endetter les pays à outrance.

      Et encore, cle ne peut se faire qu’à une condition, que le scenario que vous évoquez ne se réalise pas. On peut en effet craindre :

      - la faillite du Royaume Uni dont la monnaie a perdu presque 25 à 30% de sa valeur en moins d’un an (faillite sur le "modèle" de la faillite de l’Islande), et dont 20 % de léconomie repose sur la finance

      - un ralentissement mondial lié a la déflation actuelle avec un impact très fort sur la Chine "usine du monde". Si l’économie chinoise ne progresse plus, et si elle régresse, cela entrainera imanquablement la chute de l’économie US, une grande partie de la dette US étant aux mains des chinois...


    • thomthom 12 janvier 2009 15:08

      Sauf que cette fois, si on se retrouve avec de l’inflation, il ne faut pas espérer de croissance conjointe et donc pas d’augmentations de salaires. Ca sera dévastateur en terme de pouvoir d’achat !


    • Internaute Internaute 12 janvier 2009 11:16

      Il me semble que l’exemple de Keynes n’était pas d’enterrer des bouteilles remplies de billets de banque mais d’enterrer des capsules de canettes. Il voulait ainsi montrer que les gens qui disent que la valeur d’un bien est déterminée par le travail qu’il faut pour l’obtenir (Ex Marx) se trompent car on peut faire monter la valeur des capsules en les enterrant puisqu’il faut beaucoup de travail pour les déterrer. Son raisonnement est idiot car il met sur un même plan le travail utile (à la collectivité) et l’effort inutile.

      La création monétaire (en dehors de sa part correspondant à la croissance économique), quelle qu’en soit la forme, a historiquement conduit ceux qui l’ont utilisé à la ruine. Il n’existe pas le premier contre-exemple. En France nous sommes passés du Franc-or à la rondelle d’aluminium jusqu’à ce que de Gaulle introduise le nouveau francs et remettre en équilibre le budget de l’Etat.

      La seule solution est de se serrer la ceinture pour rembourser les dettes honnêtes et d’utiliser la force de l’exécutif pour retirer à tous les forbans les bénéfices indus, c’est-à-dire annuler le paiement d’ un certain nombre d’intérêts.

      Entre-temps, prendre des mesures pour relancer la production de richesse dans notre pays. Il faut sortir du dogme de la mondialisation et préserver nos marchés intérieurs.

      L’arrosage d’argent ne relancera pas la consommation. Les taux peuvent baisser de 2 ou 3%, ce n’est pas cela qui incitera un jeune ménage à s’acheter une maison ou une auto. S’il voit que sa boîte licencie à tour de bras et que les salaires chutent, il n’est pas prêt à se lancer dans l’aventure.


      • JL JL 12 janvier 2009 11:57

        Michel Santi, vos articles sont de plus en plus difficiles à saisir pour le pékin de base que je suis. En effet, vous utilisez, non seulement des concepts abscons pour moi mais aussi et surtout, des tournures et des périphrases subtiles qui, même dans un contexte familier demanderaient des précisions.

        Néanmoins, j’ai essayé de comprendre parce que l’économie, de mon point de vue de citoyen est une chose trop importante pour être laissée aux seules mains des économistes, les événements récents ne me contrediront pas, et aussi puisque vous nous faites l’honneur de publier sur ce média citoyen qu’est Agoravox.

        Vous écrivez : ""En théorie, les Banques Centrales peuvent pratiquer ces baisses quantitatives sans aucune limite."" Au vu de ce que vous écrivez avant ce §, dois-je comprendre que "baisses quantitatives" c’est équivalent à : "faire marcher la planche à billets"  ?

        Friedman dites-vous, suggérait : " de larguer du cash depuis des hélicoptères ". Ne serait-il pas plus sain de payer les gens à faire quelque chose d’utile, comme par exemple, soigner leurs semblables, éduquer les enfants, ou que sais-je encore !?

        Keynes proposait-il " d’employer des citoyens afin d’enterrer des bouteilles remplies de billets de banque" ? Cette métaphore est manifestement incomplète : il faudrait en payer d’autres pour déterrer les bouteilles, afin de pouvoir récupérer les billets destinés à être distribués à ces travailleurs conformément à leurs mérite. Cette proposition est un peu plus équitable que la proposition de Friedman, mais tout aussi dénuée d’utilité.

        Je voudrais souligner ici que manifestement, la notion d’utilité pour Friedamn comme pour Keynes n’est pas du tout la même que la mienne. Quand je vous disais qu’il ne faut pas laisser l’économie aux mains des experts.

        Poursuivons. Vous dites : "" En réalité, les Banques Centrales ne connaissent pas à l’avance la dose de baisses quantitatives nécessaires à la lutte contre la déflation. "" Si la réponse est oui à ma première question, et si vous le perméttez, je reformulerai ceci en disant : " les Banques Centrales ne connaissent pas à l’avance la quantité de billets à créer nécessaires à la lutte contre la déflation". Et si je ne suis pas à coté de la plaque, j’en conclurai que, si pour lutter contre la déflation on met en œuvre un processus qui en temps normal - mais qu’est-ce qu’un temps normal en l’occurence ? – est inflationniste, alors il est légitime de demander : ce système est-il bien raisonnable ? En effet, jusqu’à ce jour, la BCE n’avait que pour objectif officiel la lutte contre l’inflation. Si cela n’est plus vrai, alors le système ment : la BCE décide seule de la politique monétaire, laquelle n’est pas sans conséquence sur la politique tout court !

        Enfin je lis : "" un excès de baisses quantitatives est bien sûr susceptible de transformer la déflation en... inflation ! Un exemple de pays ayant abusé de politique monétaire expansionniste ? Le Zimbabwe !""

        Si " politique monétaire expansionniste " est un autre euphémisme pour désigner la "planche à billets", alors on peut dire : " un excès de remède inflationniste est susceptible de transformer la déflation en... inflation". Cela est non seulement une tautologie, mais aussi la preuve que l’on ne sait plus où l’on va.

        Bien à vous


        • Michel Santi Michel Santi 12 janvier 2009 16:05

          Bonjour JL, ci-bas quelques réponses :

          Vous écrivez : ""En théorie, les Banques Centrales peuvent pratiquer ces baisses quantitatives sans aucune limite."" Au vu de ce que vous écrivez avant ce §, dois-je comprendre que "baisses quantitatives" c’est équivalent à : "faire marcher la planche à billets"  ?

          SANTI : Oui = imprimer des billets pour acheter tous type d’actifs

          Friedman dites-vous, suggérait : " de larguer du cash depuis des hélicoptères ". Ne serait-il pas plus sain de payer les gens à faire quelque chose d’utile, comme par exemple, soigner leurs semblables, éduquer les enfants, ou que sais-je encore ! ?

          SANTI : Vous évoquez un monde idéal, celui où les baisses quantitatives seraient combinées à des mesures sociales : nos dirigeants sont bien trop occupés à leurs G20 et autres…

          Poursuivons. Vous dites : "" En réalité, les Banques Centrales ne connaissent pas à l’avance la dose de baisses quantitatives nécessaires à la lutte contre la déflation. "" Si la réponse est oui à ma première question, et si vous le perméttez, je reformulerai ceci en disant : " les Banques Centrales ne connaissent pas à l’avance la quantité de billets à créer nécessaires à la lutte contre la déflation". Et si je ne suis pas à coté de la plaque, j’en conclurai que, si pour lutter contre la déflation on met en œuvre un processus qui en temps normal - mais qu’est-ce qu’un temps normal en l’occurence ? – est inflationniste, alors il est légitime de demander : ce système est-il bien raisonnable ? En effet, jusqu’à ce jour, la BCE n’avait que pour objectif officiel la lutte contre l’inflation. Si cela n’est plus vrai, alors le système ment : la BCE décide seule de la politique monétaire, laquelle n’est pas sans conséquence sur la politique tout court !

          SANTI : en période déflation, les critères sont faussés, voire inversés. A ce sujet, j’avais récemment écris un autre papier où je constatais que, pour la Fed, la priorité de nos jours était la poursuite de …l’inflation ! …Et oui vous avez raison, la BCE est omnipotente si ce n’est qu’elle ne peut plus, dans le contexte de forte crise actuelle, ignorer les Gouvernements comme elle l’a fait par le passé.

          Enfin je lis : "" un excès de baisses quantitatives est bien sûr susceptible de transformer la déflation en... inflation ! Un exemple de pays ayant abusé de politique monétaire expansionniste ?LeZimbabwe !""

          Si " politique monétaire expansionniste " est un autre euphémisme pour désigner la "planche à billets", alors on peut dire : " un excès de remède inflationniste est susceptible de transformer la déflation en... inflation". Cela est non seulement une tautologie, mais aussi la preuve que l’on ne sait plus où l’on va.

          SANTI : Ne pas confondre inflation et déflation. La déflation peut se transformer en inflation si les remèdes ne sont pas assez généreux mais pas obligatoirement. Ne me demandez pas de choisir entre la peste ou le choléra…

           

           

        • JL JL 12 janvier 2009 18:23

          Michel Santi, merci de votre réponse précise. Choisir entre la peste et le choléra ? Ne serait-ce pas plutôt : "entre le mal et le remède ? Le mal = la crise, et le remède = effets secondaires imprévisibles ?

          Vous dites que j’évoque un monde idéal, où les baisses quantitatives seraient combinées à des mesures sociales : nos dirigeants sont bien trop occupés à leurs G20 et autres…

          J’aimerais que vous disiez vrai : mais si le gouvernement est trop occupé avec le G20 et autres, pourquoi fait-il des réformes sociale en ce moment ? Lesquelles réformes sont de toute évidence, à l’envers de ce qu’il conviendrait de faire dans cette crise.


        • Michel Santi Michel Santi 12 janvier 2009 19:48

          Nos Gouvernants ne sont hélas pas des économistes. Tout au plus de bons politiques plus occupés de démagogie et de leur popularité de qu’efficacité !


        • Le péripate Le péripate 12 janvier 2009 12:14

           Une banque centrale, c’est un véhicule qui ne sait se diriger que par embardées successives dans un sens ou dans l’autre. 


          • Mycroft 12 janvier 2009 14:40

            Non, la banque centrale, c’est juste le conducteur. Le véhicule, c’est l’économie et la société, vu l’impacte de l’économie sur cette dernière. Mais en effet, la BCE conduit par embardées successives.

            En même temps, le libéralisme, c’est refuser de mettre un conducteur au volant de ce même véhicule. Pas très rassurant, vous en conviendrez. Surtout quand, depuis un moment, trop de personne ont mis le pied sur l’accélérateur.



          • JL JL 12 janvier 2009 15:58

            @ Mycroft, c’est parfaitement juste : au moins 27 personnes ! Et parmi elles, à peine la moitié résident en Euroland ! Là est le plus grand scandale. Je ne vois que deux solutions : ou sortir de l’euro, ou exiger que les frontières de l’UE et de l’Euroland soient confondues.


          • wesson wesson 12 janvier 2009 12:22

            Bonjour l’auteur,

            hyperdéflation, hyperinflation, finalement quelle importance, je crois que le système est en coma dépassé, et que tôt ou tard, il faudra débrancher la perfusion - et donc arrêter de balancer des liquidités.

            Donc, savoir qui de l’un ou l’autre, c’est de savoir ce qui va me faire crever en premier, la vache folle ou la mélamine, dans les 2 cas on est mort !

            Pour l’instant, ce qui m’interesse et que je ne voit pas vraiment évoqué, c’est que va t’il se passer avec l’euro. Lorsque la merde aura atteint le ventilateur, on va se retrouver au moins en France - et en fait aussi dans pas mal de pays d’europe - avec une situation assez étonnante face à l’euro : En sortir est presque inenvisageable, et le conserver risque d’être impossible.

            Les intérêts nationaux des différent pays d’europe sont tellement divergeant face à ce problème monétaire qui arrive, que ça risque d’être VRAIMENT du sport. Une guerre en perspective ?



            • Kobayachi Kobayachi 12 janvier 2009 12:23

              L’un des gros probleme est que les americains n’epargne pas (et n’y sont pas encouragé).
              En gardant un taux directeur bas, la politique du taux 0 de la FED ne fait qu’agraver la situation et nous entrainera surement vers la prochaine bulle a Wall street sans resoudre les problemes du budget US.
              Hier, CNN avait un debat toute l’apres midi sur le documentaire IOUSA. Le grand public prend-il enfin conscience du probleme ?


              • foufouille foufouille 12 janvier 2009 12:41

                l’etat arrose uniquement les riches, banquiers, etc
                donc pas tout le monde mais tres peu


                • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 janvier 2009 12:54

                  C’est en effet une connerie que font les banques centrales

                  Je persiste à croire que mon plan était bien mieux adapté. Allocation de 3000 à 4000 euros par ménage par le biais d’une création de monnaie sans intérêt.


                  • Hakim I. 12 janvier 2009 13:30

                    Au niveau Américain, le but est de faire s’effondrer le Dollar. Traitez moi de conspirationniste si vous voulez.
                    L’hyperinflation est le but de cette crise provoquée intentionnellement. L’améro arrive.


                    • tmd 12 janvier 2009 14:04

                      Mais qu’y a-t-il donc de si MAL dans la déflation ?

                      D’un point de vue consommateur, cela nous encourage à différer nos achats, puisque les prix vont baisser. Cela me semble donc plutôt un remède, surtout pour les consommateurs des USA peu enclins à épargner. Du côté du pouvoir d’achat, si ce sont les prix qui commencent à baisser avant les salaires, finalement la déflation va donner du pouvoir d’achat.

                      Le problème il est vrai est celui des emprunts. L’ensemble des prix, et des revenus, étant en baisse, les mensualités de remboursement (inchangées) vont se faire plus dures. Il me semble donc que les seuls qui ont vraiment intérêt à eviter la déflation sont tous ceux qui ont une dette importante. Et côté dettes, je crois que les États en ont accumulé de colossales.

                      Au final donc, qui a vraiment intérêt à éviter la déflation : les États


                      • Gandalf Tzecoatl 12 janvier 2009 15:23

                        0% est le seul taux viable sur création monétaire à terme. le Japon a 20 ans d’avance sur les américains. Une dette d’état n’a pas a être rémunérée.

                        Cependant, pas plus qu’un endettement exponentiel n’est viable, soutenir une économie largement déficitaire d’un point de vue commerce extérieur par la planche à billets ne l’est pas non plus à priori, mais le dollar, monnaie mondiale, n’a peut-être pas ce défaut.


                        • fonzibrain fonzibrain 12 janvier 2009 21:36

                           l’économie est une chose trop importante pour que des entités public ou privé ne se gêne pour y intervenir.

                          les américains nous ont concocté un plantage complet de leur économie et de leur monnaie,pourquoi ont ils arreté de publier l’indice M3 ?

                          le capitalisme cannibal à la wal mart a détruit le tissu industrielle américain.
                          les gens se sont cru riche,avec leur maison,et se sont massivement endétté,

                          c’est fou que des dirigeants travaillent à ce point contre son peuple,et pour une élite.
                          c’est dément même,et pourtant c’est vrai.
                          jim roger est catégorique,le dollar est mort,
                          plusieurs média économique US serieux ont deja annoncé l’améro comme possiblité réel.

                          ca fait quelque mois que je suis abonné au leap,et si ils se sont trompé sur quelques trucs,dans l’immense majorité des cas,leurs anticipations sont dans le vrai,et eux aussi sot persuader que le dollar est mort et que les usa seront en cessation de paiement pour l’été 2009.

                          il faut toujours avoir en tete que des gens,pour imposer leurs vues ont besoin de crise, de catalyzeur,pour faire accepter leurs solution aux population

                          la mondialisation est un concept assez présent dans les tete pour qu’un gouvernement mondial ne soit plus une idée folle,les gens,après un immense attentat nucléaire,pourraient aisément accepter une fusion entre les usa,ou plutot la communauté nord américaine et l’europe.

                          l’économie n’est qu’un outil(un des plus important) dans la main de l’oligarchie mondiale qui travaille contre les peuples.
                          le capitalisme comme nous l’entendons aujourd’hui est mort,comme le communisme soviétique est mort,au moins les russes étaient allé le signifier à leurs dirigeants.
                          eu europe 1700 milliard pourrait etre engagé au caas ou les banque aient des problèmes,ce chiffre est tellement dément que les gens n’ont pas compris ce que cela signifiait,pour la france,par exemple quasiment un budget pourrai etre engagé pour sauver les banques,vous vous rendez compte,tout cet argent,autant tout foutre par terre et recommencer mieux,plus équitable.



                          • ioz 13 janvier 2009 00:13

                            qq peux t’il me résumer la politik du taux zéro, j’ai un peu de mal à comprendre en tant que non spécialiste, merci !


                            • Kobayachi Kobayachi 13 janvier 2009 02:11

                              IOZ, pour faire vraiment simple :

                              - plus le taux est bas et plus les investisseurs et/ou speculateur sont tentés d’empreinter de l’argent pour le placer en bourse ou autre afin d’en tirer un bénéfice (spread). Ce qui en generale a pour effet de faire monter, apres un temps de réaction, les valeurs a wall street.

                              - Plus les gens empreintent et plus il y a d’argent en circulation, d’ou un risque d’inflation et de dévaluation de la monnaie.

                              - Plus le taux est bas et plus le taux du credit offert par votre banque est avantageux.

                              - D’un autre coté, les epargnants toucherons moins d’interets sur leurs compte d’epargne ou leur bons au tresor.

                              Conclusion : en général, plus le taux est bas, plus l’argent va de Main Street vers Wall Street, c’est a dire de l’epargne vers les placements en bourse ou autres investissements. Plus le taux est bas et plus le risque d’inflation est élevé.

                              Les taux bas US le sont pour essayer de redonner un coup de boost a Wall Street mais également afin de donner le temps necessaire aux banques pour refinancer ces millions de pret immobiliers US qui risquent, comme les subprimes, de faire defaut prochainement. Tout cela au risque de mettre le dollar et l’économie mondiale en peril.


                            • Kobayachi Kobayachi 13 janvier 2009 03:33

                              Pour ce qui est de la "politique du taux 0" :
                              Pendant longtemps le économistes suivant les principes de la pensée keynesienne pensaient que les recessions ou depression pouvaient etre controlée facilement grace au taux directeur et en augmentant les depenses gouvernementales. Apres la crise financiere asiatique des années 90, certains se sont rendu compte qu’il pouvait y avoir un gros probleme lorsque les taux sont a 0, comme cela est le cas au Japon. En effet meme un taux de 0% n’a pas suffit a faire sortir le Japon du marrasme financier et il s’est formé ce que l’on a appelé une "liquidity trap" un piege a liquidité. Meme en pouvant empreinter a taux tres bas, les gens ont préferé garder leur liquidités sous leur matelas et l’économie du pays ne s’est remise que tres difficilement .

                              Il y a des chances que les USA se retrouvent bientot dans cette meme situation, seule exception faite etant que le dollar, contrairement au Yen, a une place privilegiée dans l’économie mondiale puisqu’elle est la monnaie internationale (as good as gold comme ils disaient smiley ).
                              La politique du taux 0 ayant clairement échouée jusquá maintenant aux USA, ils se tournent donc vers les investissement gouvernementaux et ils n’y iront pas avec le dos de la cuillere tellement le besoin est important. Les élements clés seront la rapiditée et la qualitée de ces investissements sur le court comme sur le long terme et surtout la confiance du reste du monde.


                            • JL JL 13 janvier 2009 09:11

                              @ Kobayachi : "" Même en pouvant emprunter a taux très bas, les gens ont préféré garder leur liquidités sous leur matelas et l’économie du pays ne s’est remise que très difficilement "".

                              Je suppose qu’il faut distinguer le crédit à la consommation et le crédit à l’investissement ? Les gens qui ont des liquidités n’ont pas besoin de faire de contracter des crédits à la consommation.


                            • JL JL 13 janvier 2009 09:17

                              Et en corollaire de ma remarque précédente, je serais tenté de dire : la crise survient quand ceux investissent ont trop de liquidités alors que ceux qui consomment n’en ont pas assez. Autrement dit, quand les inégalités deviennent "vertigineuses". C’est connu, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.


                            • millesime 18 janvier 2009 16:45

                              en 2007 déjà LEAP2020 avait annoncé que les banques américaines et le consommateur américain étaient tous deux insolvables.
                              Dans son N°31 GEAB fait bien la distinction entre crise de liquidité et crise de solvabilité...et souligne le débute de la séquence "d’insolvabilité globale"... !


                              • jean 21 janvier 2009 22:08

                                Je ne sais où vous avez vu qu’il fallait s’arrêter avant d’atteindre le zéro.

                                Pour ce qui est du Japon, si les relances budgétaires ont échoué (avec une dette publique de 180%), la politique de quantitative easing menée par la banque centrale du Japon a sans doute fini par créer une inflation positive (et non une hyperinflation comme on le dit ici, même si cette politique a maintenu en vie des banques mal gérées).

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