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Accueil du site > Actualités > Economie > La prime pour l’emploi destructrice d’emplois ?

La prime pour l’emploi destructrice d’emplois ?

En cette rentrée politique, notre premier ministre a décidé quelques mesures "apéricube" (selon l’expression plutôt méprisante mais assez amusante de Monsieur Royal !) dont l’augmentation de la prime pour l’emploi (PPE) portée à 980 € par an.

Cette PPE, créée en 2001 par Fabulius (*), a depuis été augmentée par nos différents gouvernements et est, en fait, un impôt négatif très représentatif de la pensée unique "de redistribution égalitaire" dont nous aimons nous enorgueillir...

Politiquement, le dispositif est astucieux puisque :

  • cette prime est versée à des personnes qui travaillent mais ont un revenu modeste (pour faire simple, 1,4 fois le SMIC plus 1/3 de SMIC par 1/2 part fiscale supplémentaire) : on leur fait donc passer le message vertueux qu’ils méritent plus que ceux qui ne vivent que d’allocations
  • c’est l’Etat providence qui décide du montant de cette prime et l’homme politique y voit un levier simple de gestion de sa popularité auprès des millions de bénéficiaires et de leurs proches.

Sur le fond, le premier argument est incontestable : quelqu’un qui travaille mérite plus que celui qui vit d’allocations (en tout cas et surtout, il coûte beaucoup moins à la collectivité). Pour ce qui concerne le second, je ne peux m’empêcher de ne pas aimer cette attitude de l’Etat qui, tel un "dealer", s’assure d’une bonne dépendance à l’assistanat de ces "contribuables négatifs" qui sont aussi des électeurs. Autrement dit, le premier argument est malheureusement abîmé par le second...

Je me dois aussi de :

  • reconnaître que les bénéficiaires doivent apprécier cette somme correspondant grosso modo à un treizième mois
  • plaindre ceux, qui ayant perdu leur travail entre-temps, sont susceptibles de devoir rembourser ladite prime (je pense que cela se finira bien pour eux, même si le cas pose un problème d’équité entre ceux qui sont mensualisés et susceptibles de rembourser et ceux qui ne le sont pas et qui n’ont rien touché 
  • féliciter ceux qui, ayant vu augmenter leur niveau de revenus, n’y ont plus droit

 

Si on regarde maintenant les chiffres, un peu moins de 9 millions de foyers fiscaux devraient se partager plus de 4 milliards d’euros en 2007. Il s’agit de gros chiffres ! 4 milliards, c’est plus que ce que rapporte l’ISF (dont je suis un fan, cf. Petite proposition...), c’est environ 7% de ce que rapporte l’IRPP, c’est plus de 10% du budget total des ASSEDIC, c’est presque 8 fois le déficit du régime des intermittents du spectacle (cf. Permanence du déficit...), c’est 7 fois plus que les 600 millions d’euros d’augmentation du capital d’ADP qui ont justifié sa mise en bourse (là, l’Etat n’avait pas les moyens de "sortir" cette somme bien modeste - cf. Les privatisations...) et surtout, c’est récurrent, et malheureusement probablement endémique...

Les conséquences de ces 4 milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires sont, en fait, bien plus lourdes pour notre économie et notre taux de chômage. Petite démonstration provocante, simpliste mais didactique...

Faisons l’hypothèse que ces 4 milliards sont financés en "taxant" les 2 millions de Français les plus aisés de 2000 € chacun et que ces 2 millions de contribuables auraient chacun acheté avec cette somme un article Louis Vuitton à 2000 € (Monsieur Arnault doit aimer mon scénario !) si cet argent ne leur avait pas été réclamé par le fisc.

Ces 2 millions annuels d’articles LV auraient nécessité l’emploi d’environ 40 000 personnes pour les fabriquer, les transporter, les conditionner, les commercialiser, les marketer... 40 000 chômeurs de moins, c’est un chiffre qui correspond à peu plus de 4 mois de notre rythme actuel national de créations d’emplois, et c’est environ 800 millions d’économie pour l’UNEDIC et 50 millions d’impôts sur le revenu pour l’Etat !

Ces 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires pour LVMH, c’est aussi 600 millions d’euros de TVA, 1 milliard de charges sociales, 300-400 millions d’impôt sur les sociétés et taxes diverses.

Conclusion : quand l’Etat "taxe" 2 millions de Français de 2000 € chacun, il se coupe l’opportunité de récolter en impôts, charges sociales et économies près de 3 milliards.

Si maintenant, toujours de façon simpliste, on fait l’hypothèse que les attributaires de la PPE dépensent les sommes correspondantes en achetant des produits à bas prix fabriqués en Asie (vêtements, chaussures, équipements électroniques...) et achetés chez des distributeurs "discount/low cost", l’impact en terme de création d’emplois est probablement deux fois moindre en nombre d’emplois créés, du quart en terme d’économie pour l’UNEDIC et négatif en terme d’impôt sur le revenu (les salariés de cette distribution "discount" étant vraisemblablement des récipiendaires de la PPE, d’où le caractère endémique cité plus haut !).

De même, en termes de TVA, de collecte de charges sociales et d’impôt sur les sociétés, on peut diviser les chiffres de mon scénario Vuitton par 4. L’écart entre les deux scénarios est donc de 20 000 chômeurs en plus et 2 milliards d’euros de recettes sociales et fiscales en moins ! Le coût réel de la PPE, toujours suivant ces hypothèses, est en fait de 6 milliards d’euros et deux mois de création d’emplois en moins avec un phénomène inéluctable d’accélération de ce coût (et je parle pas ici du coût de gestion de la PPE difficilement chiffrable vu le caractère "inertiel" du coût de fonctionnement de nos administrations...).

Bien que politiquement incorrect, ce scénario ne se veut pas polémique mais pédagogique, et même s’il relève d’une forme de caricature, le phénomène micro-économique qui le sous-tend est parfaitement juste et mécanique : on pourrait, de la même façon, estimer la différence d’impacts économiques d’un euro dépensé dans des hôtels de luxe ou dans un camping, dans un bon restaurant ou dans un McDo, dans l’investissement immobilier locatif ou le paiement d’un loyer HLM ou encore comparer l’achat spéculatif d’une action "small cap" et le placement sur un livret A de ce même euro... On arriverait à des évaluations similaires...

Comme j’ai déjà tenté de le démontrer (cf. Une éternelle nostalgie...), l’adage "Prenons aux riches et tout le monde sera moins pauvre" est totalement faux économiquement. Celui qui est vrai est : "Pour qu’il y ait moins de pauvres, il faut qu’il y ait plus de riches" !

Nos hommes politiques, dans leur immense majorité, savent qu’une grande partie de leur pouvoir repose sur ce "misunderstanding" : pour eux, il est vrai, maintenir des millions de personnes en assistance économique a beaucoup d’intérêt quand il s’agit d’essayer de se faire élire : d’où la pléthore de mesures "sociales et égalitaires" (et non financées ) prônées par nos candidats à la fonction suprême !

En résumé, cette pensée unique de la "redistribution égalitaire" fait subir à notre économie un véritable supplice chinois, par lequel le gâteau à se partager est de plus en plus petit, et la part "administrée" du gâteau de plus en plus importante. Avant que l’asphyxie ne soit complète, il est peut-être temps de penser à comment agrandir l’assiette. Un plus gros gâteau conduirait naturellement à un partage plus équitable...


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73 réactions à cet article    


  • Rocla (---.---.214.254) 8 septembre 2006 13:24

    Bonjour,

    Au début ça parlait d’ une prime pour l’ emploi,ensuite on voit une jolie dame qui l’ air d’ avoir mal à la tête, mais non,elle se dit« mais c’ est bien sur les Aspro sont dans mon sac,suis-je bête »Faut dire elle est élégante la dame.Après j’ me souviens plus.

    Rocla


    • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 13:27

      Hereusement, cette prime devra être remboursé par ceux qui l’on touché tôt ou tard, comme toujours lorsque l’Etat « donne quelque chose ».


      • JDCh JDCh 8 septembre 2006 13:31

        Je leur souhaite vivement : ca voudra dire qu’ils sont sortis de la situation de « contribuable négatif » qui n’est pas enviable du tout. Mais sortir de cette situation va devenir de plus en plus difficile...


      • Adolphos (---.---.59.170) 10 septembre 2006 00:39

        Remboursé en nature (chomage, mauvaise systéme de santé, retraite misérable, etc..)


      • Rocla (---.---.214.254) 8 septembre 2006 13:32

        Une prime quie déprime quoi...

        Rocla


        • NaSH (---.---.149.214) 8 septembre 2006 14:22

          Article très interressant et qui démontre bien que certains mécanismes qui passent bien auprès de l’opignon, ont des conséquences completement inverse à son bien être.

          Malheuresement, ce genre de démonstration est.. comme d’habitude, completement impossible a expliquer au français moyen, a qui l’information doit etre adapté a son age théorique (8ans).

          Cependant, cette succession de chiffre n’est pas expliquée, analysé, documentée. Je comprend que ce soit necessaire pour la compréhension de l’article. Mais, comme d’habitude, sans preuve des calculs et des explications, il y aura toujours matière a redire.

          l’inculture économique des français est telle, qu’a chaque article de ce genre, il faudrait tout un cours d’economie qui l’accompagne.


          • Rocla (---.---.214.254) 8 septembre 2006 15:04

            Je partage pas ton opignon,pourtant j’ ai 7 ans et 4 mois,c’ est normal à cet âge cette inculture,dis donc au fait,ça te gratte pas à l’ inculture ?

            Rocla


            • Jesrad (---.---.20.126) 8 septembre 2006 15:16

              Un coût de 4 miyiards d’euro par an / revenu net moyen de 16000 euro environ par an = 250 000 chômeurs de plus.


              • JDCh JDCh 8 septembre 2006 15:47

                4 milliards de CA TTC c’est 3.6 milliards de CA HT. Ensuite on peut imaginer que les salaires pèsent 2 milliards au sein de ces 3.6 milliards (très dépendant des secteurs). 2 milliards de charges salariales c’est environ 1 milliards de salaires net. Si je suis plus ambitieux et veux un salaire moyen de 25.000 euros annuels alors j’arrive à 40.000 chômeurs.


              • JDCh JDCh 8 septembre 2006 18:20

                Il faut lire 3.2 milliards HT.


              • Jesrad 8 septembre 2006 21:37

                Je ne fais qu’appliquer la formule de Michel de Poncins smiley

                Vous avez oublié de compter le gaspillage associé à tout prélèvement obligatoire. C’est que pour redistribuer 1 euro il faut au minimum en prendre 2, voire en pratique plutôt 4. Et c’est bien un montant net, pas la peine de défalquer 800 millions d’euros, je me demande même si il ne faudrait pas l’ajouter au coût total au contraire. Tout ça fait une sacrée « vitre cassée » de 8 à 16 milliards d’euros qui ne seront productifs que pour 4 milliards. J’aimerais avoir votre nouveau calcul de nombre de chômeurs par votre méthode, mais sur ce montant (8 à 16) pour le comparer à celui de M. de Poncins si vous le voulez bien.


              • JDCh (---.---.25.6) 9 septembre 2006 09:58

                Pour 8 milliards, j’arrive à 80.000 chômeurs et pour 16, à 160.000. Ceci dit, transformer 4 milliards en 16 par simple gaspillage est un « effort » dont je ne nous crois pas capable. Au delà des 2 (nets) ou 3 (bruts) milliards d’impacts négatifs chiffrés dans mon « post », on peut sans doute en ajouter 1 (net soit 2 bruts) de « gaspillage » (coût total de gestion par l’administration notamment) : 8 parait donc un grand maximum.

                PS : la vitre cassée de Bastiat est intriguante mais un peu cryptique.


              • lss (---.---.129.165) 8 septembre 2006 15:52

                Un morceau d’anthologie...


                • Vincent (---.---.52.252) 8 septembre 2006 16:40

                  J’aime bien le résonnement, par contre la démonstration même complétée me laisse perplexe, mais je vous fais confiance, car vous ne vous seriez pas risquer à proposer un article sans avoir fait et refait un minimum vos calculs.

                  En fait le PPE, a un effet immédiat, votre solution aurait un effet à beaucoup plus long terme, car si je dispose de 2000 € de plus par an, je partirais peut-être plus loin ou plus longtemps à l’étranger, et dans ce cas au revoir la TVA et autres taxes, par contre s’il l’on décidait de mettre des taux de TVA moins élevés sur les produits made in France on encouragerait la consommation.

                  Bon cela s’appelle du protectionnisme, et les états unis le pratique avec nos produits.

                  Et enfin pourquoi donner une prime pour l’emploi, après tout vous avez un salaire pour les travaux que vous effectuez, donc pourquoi une rémunération supplémentaire, d’autant plus que l’obtention de cette prime est soumise à un calcul à 3 conditions. La plus terrible est la proratisation, si vous n’avez pas travailler l’année complète, on calcul vos revenus de votre période travailler et on la ramène sur 12 mois, ce qui fait qu’au final on affecte un revenu fictif pour vous faire sortir des conditions d’attribution de cette prime.

                  Une chose plus simple et plus équitable serait de réduire les charges patronales et salariales, comme ça il y aurait un double effet, plus de pouvoir d’achat pour les salariés, et une possibilité accrue d’embaucher, d’investir ou de rémunérer les actionnaires (qui sont aussi des consommateurs ne l’oublions pas) pour les entreprises.

                  Cela n’aura pas d’effet immédiat, car dans l’état actuel de nos finances nous préférons quand c’est possible épargner au cas plutôt que de dépenser.

                  Et pendant ce temps là notre déficit augmentera.

                  Alors que faire, mis à part des promesse, du saupoudrage et du colmatage, pour contenter telle ou telle catégorie indécise au niveau de son bulletin de vote.


                  • Corwinhawk (---.---.101.8) 8 septembre 2006 16:56

                    Formidable article.

                    A trop vouloir aider les bas salaires et imposer les autres, on se retrouve à une situation où il vaut mieux être rmiste que smicard, il vaut mieux être non cadre que cadre, il vaut mieux être salarié que patron de PME.

                    Depuis 25 ans, la France subit une politique sociale désastreuse qui ne consiste qu’à donner de l’argent à ceux qui en ont le moins. Cela sans jamais évaluer les effets positifs ou négatifs pour l’ensemble de la société. Même les gouvernements de droite se sentent obligés de suivre le mouvement sous peine de soulever le mécontentement général.

                    Bien évidemment comme vous le démontrez bien, c’est un gouffre financier pour l’Etat et cela ne crée pas plus de richesse chez la population.

                    Et effectivement je suis convaincu comme vous qu’une population maintenue dans la pauvreté est bien plus profitable pour des politiciens dont, pour beaucoup, le seul intérêt est de se faire élire.

                    Mais je me pose des questions : Ont-ils encore le choix ? Comment faire marche en arrière ? La société est-elle prête à sacrifier tout ces acquis et se mettre deux fois plus au travail ?


                    • JDCh JDCh 8 septembre 2006 18:19

                      Merci à Vincent et Corwinhawk pour vos commentaires.

                      La réalité est que le changement de dynamique ne peut avoir lieu que par un passage par un déficit temporaire très significatif de nos budgets publics (via une baisse très forte des prélévements obligatoires) comparable à l’investissement qui est fait dans une jeune société pour lui permettre de croitre.

                      Ce déficit impressionnant permet une vraie relance de l’économie et est suivi tout naturellement d’une augmentation des recettes fiscales et sociales via un élargissement de l’assiette de ceux qui contribuent/cotisent sur des bases plus importantes ce qui recrée l’équilibre budgétaire.

                      Entre une situation de déficit endémique (ie qui ne s’arrête jamais et qui augmente chaque année) et une situation de déficit temporaire, la seconde est préférable mais il faut être bien plus « couillu » pour la mettre en oeuvre et il faut déroger au pacte de stabilité issu de la création de l’Euro (dont on notera l’aspect vicieux : plus facile, en effet, de ne pas avoir un déficit de plus de 3% si le budget concerné lui même augmente...).


                      • touriste (---.---.218.244) 8 septembre 2006 18:56

                        A vrai dire la demonstration est limpide, moins d’impots c’est ... plus d’impots.

                        Mais je ne crois pas que les chiffres soient justes.

                        1 - D’une part il n’existe pas 2 millions de Francais achetant un sac a 2000 euros pieces.

                        On peut le demontrer en partant du niveau de revenus necessaire pour acheter un sac a 2000 euros. Imaginer un menage ayant un revenu de 40.000 euros, l’achat du sac serait de 2000/40.000 = 5% de leur revenu. Visiblement c’est peu probable et on doit donc supposer que les menages concernes doivent etre plutot dans la gamme des 100.000 euros (sauf les maniaques de LV acceptant de renoncer aux etudes du petit pour s’offrir un sac)

                        Or il n’existe pas en France 2.000.000 de menages ayant un tel revenu ! QED

                        On egalement le demontrer d’une autre maniere en considerant que les personnes qui achetent un sac a 2000 euros ont un pouvoir d’achat tellement eleve qu’une ponction de 2000 euros ne modifie en rien leur train de vie.

                        Car ces couches sociales ont un revenu qui est affecte en deux grosses tranches : revenus et epargne. Et les 2000 euros preleves ne viennent pas reduire leur consommation courante ou exceptionnelle, mais uniquement le montant de leur epargne.

                        Bref avec ou sans prelevement ils auraient achete le sac.

                        Tel n’est pas le cas bien sur du salarie de base dont le revenu est affecte majoritairement a la consommation et pour lequel un prelevement diminue a la fois epargne et consommation.

                        2 - Le reste de la demonstration est egalement bien optimiste.

                        Passons sur la TVA produite par la vente des sacs a 2000 euros, soit 600 millions.

                        Mais pour les charges sociales je ne suis pas du tout sur que laproduction de tels sacs soit majoritairement faite en France.

                        Et meme si c’etait le cas je signale en passant que cette annee les entreprises ont beneficiees - au strict minimum - de plus de 20.000.000.000 d’euros d’exoneration de charges.

                        Exit donc le gain en charges sociales bien trop aleatoire pour qu’on puisse y croire serieusement.

                        Quand on approfondit il reste peu de choses de la demonstration selon laquelle « prendre sur les riches pour donner aux pauvres » nuit a l’economie !!

                        En revanche donner une ppe aux plus demunis qui sont forces de la consommer c’est injecter la meme somme dans l’economie ...


                        • touriste (---.---.218.244) 8 septembre 2006 19:06

                          « A trop vouloir aider les bas salaires et imposer les autres, on se retrouve à une situation où il vaut mieux être rmiste que smicard, il vaut mieux être non cadre que cadre, il vaut mieux être salarié que patron de PME. »

                          quand la ppe sera devenu permanente chaque petit salaire recevra une somme, disons une moyenne de 100 euros par mois.

                          Le gouvernement nous vend cela comme un coup de pouce aux bas salaires. Mais ca c’est la publicite pour vendre le produit.

                          Dans la realite ces 100 euros seront evidemment compenses par une baisse du salaire moyen (baisse avant embauche par exemple).

                          avant la ppe le salarie recevait 1000 euros par mois

                          apres la ppe il recevra 900 + 100 = 1000 euros

                          ce phenomene provient de ce que les emplois non qualifies n’ont pas les moyens d’imposer leur salaires, il doivent prendre ce qu’on leur donne

                          finalement la ppe s’analyse non comme un « don » au salarie mais bel et bien comme une subvention indirecte au patron !!

                          ce qui change radicalement l’analyse ’philosophique’ que l’on peut en faire.


                        • JDCh JDCh 8 septembre 2006 19:08

                          D’accord sur le fait qu’il n’y a pas 2 millions de francais qui veulent acheter des sac Vuitton. Mais vous pouvez remplacer ces sacs par n’importe produit ou service à forte valoutée dont la valeur ajoutée est « ajoutée » en France.

                          Je crois savoir qu’environ les 3 millions de foyers fiscaux les plus contributifs paient 80% de l’IRPP (soit 40 milliards d’euros) : mes 2 millions sont un sous-ensemble de ces 3 millions.

                          Je pense que l’essentiel des produits Vuitton est fabriqué en France (c’était le cas il y a peu de temps) notamment en Vendée.

                          Si vous connaissiez la marge brute de LV, vous ne douteriez du montant de la TVA !

                          Le salaire moyen chez LVMH est bien supérieur au seuil justifiant des exonérations de charge (c’est d’ailleurs l’un de mes arguments, si la relance de la consommation générée par la PPE créée des emplois eux-mêmes subventionnés par la PEE, on va pas bien...).

                          Désolé mais la démonstration tient toujours.


                        • JDCh JDCh 8 septembre 2006 19:13

                          C’est vrai que les bas salaires sont subventionnés par l’Etat mais c’est vrai aussi que ce principe de subvention augmente la part des bas salaires dans l’économie.

                          Nous disons la même chose avec des points d’observation très différents.


                        • Jesrad 8 septembre 2006 21:48

                          avant la ppe le salarie recevait 1000 euros par mois

                          apres la ppe il recevra 900 + 100 = 1000 euros

                          En fait il recevra 700 + 100 = 800 euros, puisque 100 iront aux fonctionnaires chargés de faire tourner le bazar, et 100 autres seront gaspillés au passage.


                        • Adolphos (---.---.59.170) 10 septembre 2006 00:51

                          « On peut le demontrer en partant du niveau de revenus necessaire pour acheter un sac a 2000 euros. »

                          N’importe quoi. D’abord on sait tous trés bienq ue ce sont les plus pauvres qui claque le plus. Il y a plus d’Ipod à la cour neuve que dans le XVI.. Et puis si vous voulez prouver, il suffit tous simplement de rechercher les chiffres de ventes.

                          « Et les 2000 euros preleves ne viennent pas reduire leur consommation courante ou exceptionnelle, mais uniquement le montant de leur epargne. »

                          Gros délire. 2000 euros, c’est 2000€. Par ailleur l’épargne, c’est l’investissement, donc la croissance. C’est tout de même bien plus important que cette consomation parfaitement inutile en France de nos jours.

                          « En revanche donner une ppe aux plus demunis qui sont forces de la consommer c’est injecter la meme somme dans l’economie ... »

                          Oui, l’économie Japonaise, Chinoise, Taiwanaise, etc..

                          « Je crois savoir qu’environ les 3 millions de foyers fiscaux les plus contributifs paient 80% de l’IRPP (soit 40 milliards d’euros) : mes 2 millions sont un sous-ensemble de ces 3 millions. »

                          1% paye 33% 10% paye 68% et 50% ne paye rien.

                          Ce déséquilibre est une perversion du systéme de l’IRPP, et pousse évidement à la dépense. Par ailleur il est assez inéfficace, et rapporterait plus à l’Etat s’il était plus egalitairement répartie. D’ailleur ce qui ne payent pas d’impôts ne devrait pas être des citoyens actifs : tout le monde devrait payer des impôts dans une république.


                        • Olivier (---.---.176.131) 11 septembre 2006 09:55

                          « D’ailleur ce qui ne payent pas d’impôts ne devrait pas être des citoyens actifs : tout le monde devrait payer des impôts dans une république. »

                          C’est bon : il y a la TVA.


                        • anansi (---.---.125.33) 8 septembre 2006 19:27

                          analyse très simpliste en effet, avec des bon vieux raccourcis démagogiques.l’analyse selon laquelle, plus il y aura de riches, plus il y aura de miettes pour les pauvres me fait toujours bien marrer !  smiley


                          • Jesrad 8 septembre 2006 21:52

                            Attention vous êtes tout rouge ! Désolé, c’est ainsi : les gens ne sont vraiment égaux qu’une fois morts et digérés par les vers.


                          • Adolphos (---.---.59.170) 10 septembre 2006 00:52

                            Ce sont les riches qui font vivre tous les autres, je vous le rappel.


                          • Albert (---.---.174.139) 8 septembre 2006 20:53

                            J’ai aimé cet article. Il énonce des évidences, malheureusement trop peu connues. Dans le système économique, s’il n’y a pas de riches, tout le monde devient de plus en plus pauvre, puisqu’il y aura de moins en moins d’emplois proposés. Un équilibre « presque parfait » est difficile à trouver, et demanderait que les décisions soient prises par des spécialistes en économie, pas par des politiciens.


                            • termitor (---.---.109.37) 8 septembre 2006 21:58

                              • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2006 03:21

                                Anecdotiquement :

                                « Un plus gros gâteau conduirait naturellement à un partage plus équitable... »

                                Une nouvelle statistique aurait-elle démontré que plus un pays est riche, mieux la richesse est partagée ?

                                Sur le fond de l’article :

                                Ca a l’air beaucoup, 4 milliards ? Un récent rapport de la Cour des Comptes vient de détailler les politiques pour l’emploi, et constaté que l’essentiel - 30 milliards - est constitué de réductions de charges sectorielles pour les entreprises. L’essentiel a été décidé sous les gouvernements Raffarin et Villepin.

                                Selon la Cour :
                                - il n’existe pas la moindre évidence que ces réductions aient amélioré l’emploi en quoi que ce soit,
                                - aucune procédure n’a été mise en oeuvre pour les évaluer.

                                L’UMP a appliqué le credo libéral consistant à penser que l’on subissait une crise de l’offre et qu’une diminution du chômage pouvait être obtenue par une réduction du coût du travail. D’ailleurs, le pouvoir d’achat a baissé depuis quatre ans dans une proportion jusqu’ici inconnue. Mais cela a du satisfaire au passage quelques clientèlismes.

                                Nous ferons le bilan de tout cela l’an prochain.


                                • JDCh (---.---.25.6) 9 septembre 2006 09:36

                                  Forest

                                  nous sommes d’accord (pour une fois).

                                  Si tous les emplois créés sont des emplois au SMIC avec des exonérations de charges et une PPE, le système coule...

                                  Pour que cela ne soit pas le cas, il faut baisser le niveau de prélévements obligatoires sur tous les niveaux de revenus. C’est la thèse de mon « post ».

                                   smiley


                                • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2006 17:39

                                  « nous sommes d’accord pour une fois »

                                  C’est bien sûr tout à fait conjoncturel. smiley Mais je suis content de pouvoir controverser avec des libéraux, sinon chacun serait d’accord avec lui-même de son côté.

                                  Fondamentalement, nous ne partageons pas le même diagnostic. Pour moi, une politique procyclique comme une réduction massive de la dépense publique ne résoudrait aucun problème, et surtout pas celui du chômage.

                                  Ce que nous avons appris il y a quelques années a été détruit par la mondialisation : les profits des entreprises ne créent plus les emplois de demain, car elles les investissent ailleurs. Ceci ne vient pas d’un « déficit de compétitivité », mais d’une ouverture totale et irraisonnée des frontières.

                                  Il existe une solution simple au chômage, mais elle ne va pas vous arranger : 1) le protectionnisme : rétablir des douanes, contrôler les circulations de capitaux et stopper tout échange avec les paradis fiscaux 2) augmenter les impôts sur les sociétés

                                  Ce que vous proposez, réduction de la dépense publique et baisse du coût du travail, est une spirale sans fin vers le niveau de vie de la Mongolie.


                                • Jesrad 9 septembre 2006 22:07

                                  L’Estonie et l’Irlande l’ont fait, résultats ils ont retrouvé le plein emploi.


                                • Forest Ent Forest Ent 9 septembre 2006 23:58

                                  L’Estonie, je ne connais pas. L’Irlande, oui. La croissance spectaculaire de ce petit pays est entièrement due à un dumping fiscal permis par l’UE.


                                • Adolphos (---.---.59.170) 10 septembre 2006 01:04

                                  « Une nouvelle statistique aurait-elle démontré que plus un pays est riche, mieux la richesse est partagée ? »

                                  Les inégalité sont les même partout, Loi de Pareto. Mais bien sur, un pauvres ouvriers polonais sous le socialisme n’est pas un pauvre ouvrier Français sous VGE.

                                  « Ce que nous avons appris il y a quelques années a été détruit par la mondialisation : les profits des entreprises ne créent plus les emplois de demain, car elles les investissent ailleurs. Ceci ne vient pas d’un »déficit de compétitivité« , mais d’une ouverture totale et irraisonnée des frontières. »

                                  Donc d’un déficite de compétitivité. Vouloir fermer les frontiéres, ca veut dire que notre pays est tellement pourri que seul la répression peut encore le faire tenir quelques années. Les gens ne sont pas si stupide.

                                  « Il existe une solution simple au chômage, mais elle ne va pas vous arranger : 1) le protectionnisme : rétablir des douanes, contrôler les circulations de capitaux et stopper tout échange avec les paradis fiscaux 2) augmenter les impôts sur les sociétés »

                                  Ah AH AH AH !! Donc les entreprises restantent partiront (liberté de circulation des droit de l’homme, et représails des autres pays, et marché français sans interet) et les français payeront beaucoups plus cher tout leur produits. Magnifique.

                                  « Ce que vous proposez, réduction de la dépense publique et baisse du coût du travail, est une spirale sans fin vers le niveau de vie de la Mongolie. »

                                  Mais le niveau de vie va finir par baisser, puisque les impôts sont délirants et confiscatoire. D’ailleur c’est déja la cas, le français tombe au 19éme rang pour le PIB/Hab. Seul les emprunts permettent pour l’instant de faire croire. Selon certain, si on soustrait de la croissance du PIB les emprunts, il n’y aurait pas la moindre croissance réel en France depuis 15 ans..

                                  « L’Irlande, oui. La croissance spectaculaire de ce petit pays est entièrement due à un dumping fiscal permis par l’UE. »

                                  Le dumping fiscal, ca n’a pas de sens. Le niveau de prélévement de l’Irland est comparable à celui des USA, ou à celui de la France de De Gaulle et Pompidou. Pourquoi voulez vous que les autres pays se suicident parce que la France se suicide ? D’ailleur dans les fait, frontiére ouverte ou pas, il y a toujours compétition entre les pays.


                                • Forest Ent Forest Ent 10 septembre 2006 01:22

                                  « Les inégalités sont les mêmes partout. »

                                  Mais il y en a qui sont plus les mêmes que d’autres.

                                  « Ceci ne vient pas d’un »déficit de compétitivité« , mais d’une ouverture totale et irraisonnée des frontières. » « Donc d’un déficite de compétitivité. »

                                  Oui si l’on considère que pour être compétitif, les salaires doivent tendre vers ceux de la Mongolie.

                                  « les entreprises restantent partiront et les français payeront beaucoups plus cher tout leur produits. »

                                  Les entreprises partent de toutes façons. Les français payeront plus cher, mais ils auront des salaires.

                                  « Seul les emprunts permettent pour l’instant de faire croire. Selon certain, si on soustrait de la croissance du PIB les emprunts, il n’y aurait pas la moindre croissance réel en France depuis 15 ans.. »

                                  Les US sont deux fois plus endettés par habitant que la France.

                                  « La croissance spectaculaire de ce petit pays est entièrement due à un dumping fiscal permis par l’UE. » « Le dumping fiscal, ca n’a pas de sens. Le niveau de prélévement de l’Irlande est comparable à celui des USA. »

                                  Ca fait longtemps que vous n’avez pas fait de business. Les fiscalités européennes sont en concurrence dans un espace sans frontières intérieures. C’est du simple délire. L’Irlande en avait sans doute besoin, mais il faut quand même savoir de quoi il s’agit. Comme pour le Luxembourg.


                                • (---.---.59.170) 11 septembre 2006 09:19

                                  «  »Les inégalités sont les mêmes partout." Mais il y en a qui sont plus les mêmes que d’autres."

                                  Non, quelque soit le pays et le systéme (Pareto à étudier l’URSS aussi), les inégalité sont les même. La lutte prétendu contre l’inégalité est une foutaise.

                                  « Oui si l’on considère que pour être compétitif, les salaires doivent tendre vers ceux de la Mongolie. »

                                  Bien. Alors quel sont vos solutions pour augmenter la productivité des français ? Et pourquoi est-ce que les Français devraient être plus payé que les mongol, qu’est-ce qui le justifie, ce sont une race supérieur ? Juste parce qu’ils sont né du bon coté de la barriére ?

                                  « Les entreprises partent de toutes façons. Les français payeront plus cher, mais ils auront des salaires. »

                                  Avec des stupidités comme cela, vous allez trés vite rejoindre le niveau de vie de l’ouvrier polonais des année 80, qui avait aussi un salaire, mais devait compter sur l’aide alimentaire que lui envoyaient les français pour survivre... Est-ce que votre méthode fonctionne pour la corse ?

                                  « Les US sont deux fois plus endettés par habitant que la France. »

                                  Faux. Les USA sont endettés à 66%, comme nous, sauf que nous n’avons pas intégré à ce chiffres plein de chose, et que notre dette est plutôt entre 90 et 120%.

                                  « Les fiscalités européennes sont en concurrence dans un espace sans frontières intérieures. C’est du simple délire. »

                                  Les fiscalités européennes sont en concurrence avec celles des USA, celles d’Asie aussi, votre propos n’a aucun sens.


                                • Forest Ent Forest Ent 11 septembre 2006 10:49

                                  @IP:xxx.x7.59.170

                                  Votre réponse suppose qu’il existe un marché international dont la France fait partie. Cela suppose que les pays n’existent pas. C’est effectivement une tendance très à la mode. Cela permet d’aligner un peu partout les revenus du travail vers le bas et ceux du capital vers le haut. Je pense que les habitants de Mongolie et nous nous porterions beaucoup mieux en ne commerçant pas mutuellement.

                                  Je ne propose pas d’améliorer la productivité française, qui est déjà élevée. Je propose de fermer nos frontières aux produits venant de pays à faible coût de travail, ou tout au moins de taxer la différence.

                                  C’est ce que tous les gens raisonnables ont fait au long des siècles, et il n’y a que l’Europe depuis 20 ans pour l’avoir oublié.


                                • Forest Ent Forest Ent 12 septembre 2006 03:16

                                  Extrait de « La tribune » du 12/9/6, le journal de Bernard Arnault :

                                  "Les entreprises privilégient les investissements financiers. Cette situation inquiète la Banque de France.

                                  (...) Les profits des entreprises n’ont jamais été aussi florissants. En 2005, les entreprises du G7 (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie) ont prêté 1.300 milliards de dollars au reste de l’économie. Une situation « sans précédent, [...] paradoxale et lourde de conséquences », s’inquiète la Banque de France dans son bulletin d’août.

                                  Dans de nombreux pays, les profits des entreprises sont à « leur plus haut niveau depuis des décennies », indique la Banque de France. Ils dépassent 10 % du PIB aux États-Unis et s’en approchent en Allemagne et au Japon. Le chef économiste d’Ixis, Patrick Artus, y voit une évolution structurelle. « Il est probable que le fonctionnement du marché du travail a évolué dans un sens défavorable aux salariés, permettant une hausse des taux de marge des entreprises, malgré le caractère plus concurrentiel des marchés de biens. » Voilà plusieurs années que les salaires augmentent moins vite que la productivité dans de nombreux pays.

                                  Malheureusement, le bon vieux théorème du chancellier allemand Helmut Schmidt, selon lequel les « profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après demain », a pris un sérieux coup de vieux. Les profits record n’alimentent plus l’investissement. « Le ratio investissement/PIB se situe à son plus bas niveau depuis des dizaines d’années dans l’ensemble des pays du G7 ! », souligne la Banque de France. Aux États-Unis, le taux d’investissement des entreprises atteint tout juste 14,1 %, soit son plus bas niveau depuis onze ans.

                                  Alors que font les entreprises de leurs profits ? Elles accumulent des liquidités considérables. Les 100 premières sociétés mondiales sont assises, selon les statistiques de Thomson Financial, sur plus de 1.100 milliards de dollars de liquidité ! Un niveau sans précédent. Les actifs liquides représentent 9 % du total de leurs bilans. C’est plutôt inquiétant. C’est en effet le signe que, globalement, les entreprises ne savent pas quoi faire de leur argent et qu’elles privilégient les placements financiers sur les investissements physiques. Une tendance dont la pratique, de plus en plus répandue, de rachat d’actions serait l’illustration la plus caricaturale.

                                  (...)"


                                • Jesrad (---.---.20.126) 13 septembre 2006 13:03

                                  les entreprises ne savent pas quoi faire de leur argent et qu’elles privilégient les placements financiers sur les investissements physiques.

                                  Nous avons déjà débattu de ce sujet ensemble, il me semble. Je partage votre inquiétude sur le fait que l’investissement productif s’éteint au profit de la spéculation financière, mais je ne suis pas d’accord sur les causes de cette préférence : il ne faut pas prendre ces investisseurs pour des imbéciles, ils ne font que constater qu’investir « productif » dans un pays comme la France, qui ne fait que confisquer l’essentiel des bénéfices qu’ils en tireraient, c’est pire que jouer à la loterie spéculative.

                                  Adolphos a raison sur un point essentiel : de quel droit paierait-on plus un français qu’un irlandais pour faire exactement le même boulot, si le premier ne peut pas être aussi efficace pour les mêmes conditions demandées ? Votre proposition de solution pour combattre le chômage est proprement ubuesque, et mènerait le pays bien vite au niveau du Bouthan, sauf qu’on aurait en plus des usines désaffectées, des routes non-entretenues, das ports vides, des gares rouillant dans l’inactivité totale.

                                  Laissez-moi vous parler de l’Estonie : voilà un pays qui, confronté à un excès d’administration (ex-république soviétique socialiste), à une récession grave (rouble en chute libre) et à un taux de chômage alarmant, a passé les mesures que vous dénoncez furieusement : abolition du protectionnisme, privatisation de tout ce qui peut l’être, baisse des impôts et simplification des démarches administratives, libéralisation du marché interieur, etc... Résultat : loin de « rejoindre la Mongolie » ils ont créé Skype, retrouvé le plein emploi, oublié les déficits budgétaires et surfent sur une croissance soutenue.


                                • Forest Ent Forest Ent 14 septembre 2006 18:43

                                  Si j’étais dans un pays ex-soviétique, j’aurais sans doute une répulsion atavique contre tout ce qui est étatique et ce serait justifié. Mais l’excès nuit en tout. Il faut toujours un compromis entre état et marché.

                                  L’histoire de l’UE montre que les stratégies et les destins des petits pays diffèrent de ceux des grands. On ne peut pas extrapoler à l’Allemagne et à la France les stratégies de l’Irlande et du Luxembourg.

                                  « Pourquoi payer plus cher un français qu’un chinois ? » Et pourquoi payer un chinois moins cher qu’un français ?

                                  Le protectionnisme n’est pas le diable. C’est un moyen de gestion comme un autre. Le commerce n’est pas toujours profitable.

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