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Accueil du site > Actualités > Economie > La prospective économique des banques

La prospective économique des banques

On sait maintenant que les banques et établissements financiers américains sont à l’origine de la crise financière. La perspectives de gains faciles ont conduit les banques européennes et françaises, par une mauvaise appréciation ou une mauvaise gestion du risque, à se porter propriétaires de produits financiers toxiques auprès d’intermédiaires ou directement après d’établissements américains.
Il s’en suit la panique entrevue en octobre et l’intervention des états et de l’Etat français en particulier pour ce qui nous concerne.
 
L’Etat français met donc en place un dispositif de caution et de mise à disposition de fonds pour les principales banques françaises.
 
Dans un premier temps certaines banques s’auto-congratulent en affirmant ne pas avoir besoin de fonds, pour dans un second temps toutes adhérer et bénéficier des garanties et des fonds apportés par l’état.
 
Les banques françaises encaisseront finalement 10,5 milliards d’euros.
 
Le Crédit agricole recevra 3 milliards, BNP Paribas 2,55 milliards, la Société générale 1,7 milliard, Crédit Mutuel 1,2 milliard, les Caisses d’épargne 1,1 milliard et les Banques populaires 950 millions.
 
Sauf erreur, les conditions d’attribution et de remboursement de ces prêts restent occultes.
 
Il s’agit pourtant, quoiqu’en disent les intervenants, de l’argent public collectés auprès des particuliers et des entreprises.
 
Ce qui est choquant déjà, dans un premier temps, pour ce même particulier ou cette même entreprise, c’est de constater qu’une banque peut perdre beaucoup d’argent sans trop se soucier de son devenir, puisque l’état (avec de l’argent public) intervient à son rétablissement.
 
Bon nombre de citoyens et d’entreprises souhaiteraient bénéficier des mêmes faveurs.
En principe dans « la vraie vie » si l’on rapportait proportionnellement les erreurs d’appréciations qu’ont faites les banques à une erreur de même type à une entreprise ou à un particulier, la sanction serait respectivement le dépôt de bilan et la rue.
 
Maintenant on nous dit qu’en contrepartie des aides de l’état, les banques doivent faciliter le crédit aux PME, aux collectivités locales et aux ménages.
 
Les banques effectivement affirment toutes que le robinet du crédit est ouvert aux entreprises « saines » et aux particuliers « sans risque ». Pas question évidement de prendre des risques. Evidement, on ne peut pas interdire au banques de faire de la prospective économique par une excellente gestion du risque qu’elles n’ont pas sut faire avec les Subprimes ou autres incidents…

Une enquête trimestrielle de la Banque de France montre que plus des deux tiers des banques ont l’intention de resserrer à nouveau leurs critères d’attribution et la Banque de France observe qu’au troisième trimestre, plus des 3/4 des banques ont durci leurs critères d’attribution de crédit aux entreprises.
 
Récemment, plus de 150 entreprises ont été recensées par le médiateur du crédit comme ayant de vraies difficultés de financement et selon le quotidien économique les échos, une centaine de dossiers concernent des sociétés saines dont les flux financiers sont en train de se tarir, une cinquantaine d’autres correspond aux cas "inadmissibles" dénoncés par Nicolas Sarkozy, où la banque a fermé le robinet du crédit brutalement, sans préavis ni justification.
 
Donc pour résumer brièvement, et non sans malice : le président annonçait il y a pas si longtemps qu’il fallait trouver et punir les responsables de la crise.
 
En France on a quand même identifié, semble t-il, ceux qui sont tout du moins, les plus responsables.
 
La punition sera exemplaire : une caution de 300 milliard d’euros et un prêt de 10 milliard d’euros. Servez-vous…
 
Les banques conscientes de leurs responsabilités ont donc, dans un grand élan de compassion, décidé d’employer ces fonds à financer uniquement ceux qui restent debout et en bonne santé : pas les entreprises devenues à risques pour cause de chiffre d’affaire à la baisse, pas les particuliers déjà endettés et inquiets de la crise, pas les chômeurs nouvellement licenciés, tous, ont pourtant contribué par leurs impôts directs ou indirects aux 10 milliards prêtés.

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7 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 20 décembre 2008 13:04

    Et si quelqu’un imaginait de construire des banques concurentes sur le trottoir d’en face ?


    • Fadge Fadge 21 décembre 2008 00:41

      LES BANQUES NE SONT PLUS LEGITIMES A GERER LA CREATION MONETAIRE
      Les banques privées ont triché, menti, dissimulé, blanchi de l’argent sale. Elle sont incontrolables par leur science de l’opacité.
      De plus, depuis 1973, l’Etat Francais c’est interdis de s’emprunter a lui même l’argent a taux 0 dont il a besoin pour ses investissements. Résultat : depuis 1973 nous avons remboursé 1300 Milliards d’euros de notre dette qui s’eleve a 1250 milliards d’euro. Aujourd’hui, on ne rembourse plus de capital, mais seulement des interets. La BCE ne rend de compte a personne. Elle est controlé par des britaniques qui ne sont même pas dans la zone euro. Il n’y a aucun compte rendu de ses reunions. La FED est entièrement privé, et a même décidé recemment de ne plus publier le M3 (la masse monétaire créée).
      Les banques sont elles plus sage qu’un Etat pour la création monétaire. Eh bien non. Le privé a créer beaucoup plus d’argent que n’en avais jamais fait le public, avec une moyenne de 11% d’augmentation de la masse monétaire tous les ans, générant une inflation record.

      LA SOLUTION EST SIMPLE :
      LA CREATION MONETAIRE DOIT ETRE PUBLIQUE comme elle n’aurais jamais du cessé de l’être.
      * transparence : comptes publics ouvert a tous
      * Plus d’interets, taux 0
      * Plus d’inflation

      C’EST POURTANT SIMPLE !!

      Mobilisez-vous pour la création monétaire publique


      • ObjectifObjectif 21 décembre 2008 13:25

        @ Fadge :

        Je partage tout à fait votre diagnostic, mais pas la solution. En effet, les états sont verrouillés et nous ne sommes plus en démocratie : cf. clerocratie

        La solution ne peut passer que par des solution individuelles appliquées solidairement.

        Quand vous dites "LA CREATION MONETAIRE DOIT ETRE PUBLIQUE", je suis d’accord, mais sans impliquer Public=état. Je propose plutôt Public=collectivité, association.

        Les systèmes de SEL Système d’Echange Local me paraissent répondrent tout à fait à votre diagnostic, en créant en plus du lien local, de la solidarité.

        J’ai essayé d’apporter une vue plus large ici...



      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 21 décembre 2008 04:20

        " Donc pour résumer brièvement, et non sans malice : le président annonçait il y a pas si longtemps qu’il fallait trouver et punir les responsables de la crise."


        Un plan de relance qui consiste à soutenir le batiment et les travaux publics, tient du slogan d’antan qui disait : Quand le batiment va...tout va  ! C’est une nouvelle erreur. Quand le batiment va de l’avant, c’est parce que tout le reste crée une demande qui entraine l’extension du batiment et des travaux publics. Le batiment actuellement joue le jeu des banques qui vident les centre villes de leurs habitants et donc, pousse ses clients vers de nouvelles proches banlieues.

        Leur offrir les frais d’un plan de relance, c’est payer la contravention des chauffards qui ont enfreint les règles qui nous ont entrainées dans la crise. C’est donc la dernière chose à faire. Non seulement le Président ne semble pas avoir trouvé les responsables de la crise, mais en plus il ne les punit pas comme il l’a déclaré. On pourrait lui pardonner sauf s’il fait le contraire exact de ce qu’il a promis...avec les dents.

        On ne peut évidemment pas reprocher à notre jeune capitaine, fraichement aux commandes, la disparition des petits commerces de centre ville et villages, le démentèlement de tant d’infrastructures payées par l’impôt des français et la fin de l’Eglise...Il est effectivement bien seul face à une situation complexe qui s’est installée depuis la fin des trente glorieuses. 

        Lorsqu’on écoute les français qui décident avec courage de téléphoner à des radios, on entend très souvent des citoyens commus inconnus déclarer avec justesse des vérités qui mériteraient d’être citées comme pures expertises. On a coutume de dire que la vérité sort de la bouche des enfants, si tant est qu’on puisse considérer ces français comme de naïfs anonymes, il ne serait pas inutile que notre Président sache qu’il pourrait bien avoir aujourd’hui, tout particulièrement besoin de plus petits que lui. L.S.


        • Blé 21 décembre 2008 08:28

          Juste une idée en passant.

          Que tous ceux et celles qui ont perdu leur emploi aillent de manière pacifique occuper les banques, les ANPE et les ASSEDIC. Quelle sera la réponse du gouvernement ? La matraque ou bien une vrai réponse appropriée aux problèmes du plus grand nombre de nos concitoyens ?


          • ObjectifObjectif 21 décembre 2008 13:02

            @ Blé :

            Surtout pas de mouvements de foules : c’est ce que cherchent les pouvoirs, pour faire monter la pression, le sentiment d’insécurité, les émotions fortes, qui justifieront toutes les mesures diminuant les libertés et augmentant encore la pression. Regarder les autres articles sur les provocations dans des manifestations pacifiques....

            Le danger de la situation actuelle est lié aux réactions émotionnelles (peur, tristesse, colère) de masse. Et tout est fait dans le système d’éducation/de dressage pour créer des failles émotionnelles qui créent une dépendance au système économique et politique.

            La seule solution à la crise qui s’annonce réside dans la prise de conscience de la responsabilité et du pouvoir personnels, à l’échelle individuelle :

            Prendre conscience de ses dépendances liées aux émotions enfouies (peur, tristesse colère), pour se libérer des propagandes de masse et penser librement et objectivement :

            cf. www.thierrycros.net/ParcheminAccordsTolt eques.html et le livre d’origine.

            Le livre de Laurent Gounelle peut être une autre entrée en matière, selon les inclinations personnelles.

            L’ironie de la situation financière actuelle est qu’elle touche surtout les personnes qui croyaient aveuglément en la valeur de l’argent.

            Pour les autres, cela va-t-il changer les choses importantes de notre vie ? La manière dont les plantes poussent pour nous nourrir, dont le pain se fabrique ?

            En confiant l’argent aux banques, chacun soutien le système financier moribond. Pour abréger ses souffrances, le plus rapide serait de chacun retirer l’argent de sa banque. Seule la peur peut nous en empécher, soigneusement entretenue par les pouvoirs qui en bénéficient.


            Pour avancer à court terme, "
            Que tous ceux et celles qui ont perdu leur emploi" recréent eux-mêmes leur système économique, par exemple avec un SEL : Système d’Echange Local. Et créent ainsi des liens de solidarité entre eux...





          • Daniel Roux Daniel R 21 décembre 2008 11:01

            Pourquoi le Petit Timonier et les autres dirigeants planétaires veulent-ils à tout prix sauver les banques ?

            Cela semble à priori un contresens du dogme ultra-libéral fondé sur la sélection naturelle. Les plus forts et les plus malins méritent seuls d’exister et de décider. A contrario, les plus faibles et les moins malins, doivent disparaître. Beaucoup de banques auraient dû faire faillite mais cela ne doit pas arriver. Lehman Brothers devait servir d’exemple mais l’exemple sera paradoxal. Les Marchés ont envoyé un signal : ne toucher pas aux banques ou tout s’effondrera.

            Les banques doivent être sauvées parce qu’elles sont le coeur, littéralement et trivialement, la pompe à fric, qui permet à l’économie physique de vivre. Supprimer le coeur et la mort survient rapidement.

            Le vrai problème est que ce coeur est constitué d’entreprises privées dont le seul but est le profit. Les dirigeants de ces établissements vitaux ne doivent de compte qu’à leurs actionnaires.

            Ce qui est scandaleux et immoral est qu’en cas de gains, ce sont les actionnaires qui rafle la mise mais qu’en cas de perte, c’est le peuple, à travers l’argent public, qui doit renflouer. En toute logique, les grandes banques ne pouvant pas faire faillites, devraient être nationalisées.

            Le peuple a une place à part dans le système uttra libéral : Faible et encombrant mais nécessaire, hélas diront certains. Nécessaire comme consommateur et comme main d’oeuvre. Il doit se soumettre à la classe dominante et renoncer à ses prétentions démocratiques utopiques.

            Mais ça, le Petit Timonier, ne le fera pas parce que ce serait se couper de ses sponsors et se fermer les portes de la haute société. Est-il seulement capable de l’envisager ?


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