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Accueil du site > Actualités > Economie > La raison des Bourses est toujours la meilleure !

La raison des Bourses est toujours la meilleure !

Les Bourses sont fébriles, les Bourses menacent. Il semblerait en effet que les ingrédients d’une correction boursière substantielle soient réunis, les récentes volatilités étant bien-sûr imputées à la fermeté - suite à la défaite cuisante des Démocrates à la Sénatoriale du Massachusetts - du Président Obama vis-à-vis des établissements financiers à risque et aux tergiversations du Congrès dans la reconduction du mandat de Bernanke à la Présidence de la Fed.

A priori, l’explication de cette fièvre boursière serait donc que les marchés craindraient un départ de Bernanke qui fragiliserait une économie toujours sur la corde raide. Pourtant, une analyse brève des événements démontre que les marchés boursiers ont systématiquement forcé la main du Congrès en faveur de décisions impopulaires, voire injustifiables, ces dix-huit derniers mois.

L’indice Dow Jones ne s’est-il pas ainsi effondré de 777 points en ce jour de Septembre 2008 où le plan de sauvetage de Paulson (TARP) avait été rejeté par les parlementaires en première lecture ? Plan qui fut finalement adopté une semaine plus tard au prix d’une intense pression exercée par les principaux acteurs du marché, dont Buffet, qui mettaient en garde le Congrès contre une liquéfaction des marchés financiers en cas de refus d’obtempérer... Ce même Buffet ne fit-il pas preuve d’un activisme à toute épreuve lorsque le Congrès hésita à confirmer Geithner au poste de Secrétaire d’Etat au Trésor sous le prétexte - incompréhensible et négligeable pour Wall Street - qu’il s’était trompé dans sa déclaration d’impôts ?

Aujourd’hui, les Bourses font parvenir des signaux d’alerte aux membres du Congrès tout comme Buffet du reste qui craint une rechute d’autant plus sévère en cas de départ de Bernanke que l’Administration Obama n’est en mesure de proposer nulle autre personnalité qui bénéficierait de la confiance - et de la complaisance - des marchés. L’accès de faiblesse récent constituera-t-il un avertissement suffisant ou les marchés devront-ils envoyer des coups de semonce nettement plus explicites à un Sénat qui, immanquablement, cèderait alors sous cette pression intense ? Pression qui, à coup sûr, ne se relâchera que dès lors que le second mandat de Bernanke sera officiellement confirmé.

Les marchés financiers étant pertinemment conscients que seules de nouvelles tourmentes boursières contraindront les parlementaires à hâter une telle décision, le Président de la Réserve Fédérale Américaine devra-t-il ainsi son siège et sera-t-il sauvé par une rechute des Bourses ?

Pourtant, et même si le personnage de Bernanke est en lui-même relativement peu populaire auprès du citoyen moyen, changer de personne ne changera pas l’institution car les Présidents de la Réserve Fédérale US - et les Congrès - se succèdent sans jamais montrer de volonté réformatrice. Cela étant, loin d’être révolutionnaires, les voies du changement sont élémentaires.

Pourquoi en effet rechigner à enrichir la Fed, qui domine en maîtresse absolue le domaine de la recherche en matière de politique monétaire, de Gouverneurs qui n’appartiendraient pas forcément à l’école néo classique ? Et pourquoi cet établissement promoteur de tant de bulles ne serait-il pas subdivisé en une branche qui superviserait les Banques de détail et en un autre qui surveillerait le marché des crédits et qui, à ce titre, serait donc directement responsable de ces dérapages spéculatifs ayant abouti à la crise des subprimes ?

En réalité, changer Bernanke - qui sera fatalement reconduit - ou remplacer Geithner ne modifiera en rien ces institutions, à savoir la Fed ou le Département du Trésor, qui ont plus que jamais besoin de profonds changements structurels. Il est temps de mettre au chômage forcé un nombre respectable d’économistes et d’analystes actuellement employés par ces deux maisons. Ces crises à répétition consacrant l’échec patent de l’obédience néo classique, du Keynésiannisme et de l’école de Chicago, un nouveau paradigme économique s’impose.
 
 

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10 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 27 janvier 2010 10:04

    le CAC40 apparemment était pas à l’écoute de Talonette 1er qui promettait le recul du chomage et l’améliration , ça fait deux jours qu’il plonge !


    • JL JL 27 janvier 2010 11:37

      Bah, la bourse ! Pour changer, pourquoi pas un article sur la météo du jour ? Tiens, j’invite Pauline, miss météo à Canal+, à venir faire son apparition quotidienne ici ! Si la photo est bonne, je voterai pour, en modé !


      • thejoker 27 janvier 2010 11:49

        tres bon article
        pouvez vous nous devoiler l’alternative a l’ecole de chicago ?
        connaissez vous l’alternative promue par Lyndon Larouche ?


        • King Al Batar Albatar 27 janvier 2010 12:34

          Moi aussi mes bourses se portent bien....

          Je vais la sortir à ma femme quand elle sera fatiguée celle là :
          « Mais cherie, la raison des bourses est toujours la meilleure ! » je suis sur qu’elle y adherera....


          • FritzTheCat FritzTheCat 27 janvier 2010 13:46

            La hausse des Bourses mondiales (Wall Street comprise) n’est due, pour une très grosse part, qu’à la spéculation de ces mêmes banques copieusement arrosées par les deniers public (2.000 milliards -officiellement- UE + US si ma mémoire ne me fait pas défaut). Le plus drôle étant que cet argent lâché a grandes brassées, n’est soumis à aucune contrepartie en matière de droits et devoirs des banques. On se serait attendu à une prise de contrôle ferme et un retour à plus de modération … rien n’en a été (voire même avec un message subliminal « vous pouvez continuer à faire les mêmes conneries, on vous couvre !! »).

            Bref, cette hausse n’est qu’un leurre, une bulle de plus qui ne va tarder à exploser.

            Encore un commentaire, le corollaire du renflouement du système financier est une dette publique qui atteint les sommets avec un crack obligataire en ligne de mire. Actuellement, la FED achète la dette fédérale en faisant fonctionner la planche à billets à plein régime, 80% de la dette émise en 2009 aurait ainsi été achetée par la Federal Reserve…

            Qu’est le $, si ce n’est de la monnaie de singe ?

            Quant à Bernanke que peut on réellement attendre d’un ancien de cette association de malfaiteurs qu’est Goldman Sachs ?


            • alberto alberto 27 janvier 2010 13:54

              Si j’ai bien compris votre conclusion, Mr. Santi, en matière de finance, on sait ce qu’il ne faut plus faire, mais on ne sait toujours pas ce qu’il faudrait faire !

              Notez que cette conclusion pourrait s’appliquer en de nombreux domaines...

              Bien à vous.


              • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 2010 17:36

                Exact. Comme l’un entraine l’autre.
                Je viens de lancer un avis dans ce sens.


                • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 2010 17:41

                  « un nouveau paradigme économique s’impose »

                  Vous parlez de l’obsolescence du keynésisme. En fait, ce n’est pas le concept « de plein emploi » qui est faux, en fait, il manque des mots deux mots au concept « ... du temps ».
                  Le temps, ce n’est pas nécessairement « travailler », c’est aussi se recycler en permanence.
                  Là, aussi il faut du temps. Du temps, que la communauté, que l’Etat devrait pouvoir assumer par son intervention.
                  Être en jachère n’est pas un drame si on prévoit de combler ce temps par quelque chose d’utile.
                  Se remettre à niveau en fait partie.
                   smiley


                  • Loup des mers 27 janvier 2010 21:34

                    Timothy Geithner (Ministre des finances étatsunnien)
                    Ben Bernanke (Directeur de la Banque Centrale Etasunnienne)
                    Lloyd Blankfein (Patron de la plus puissante Banque de Wall Street)
                    Lawrence Summers (Mr Sectrétaire au question économiques du Président des Etats-Unis)

                    Ont ceci en commun d’être tous les 4 juifs. Soit 100% du top 4 de la finance de la premiére puissance économique mondiale occupé par des personnes appartenant à un groupe culturel représentant à peine 3% de la population des Etats-Unis et moins de 0,1% de la population mondiale.

                    Quelqu’un aurait-il une explication à cette curiosité statistique ?

                    Même question par rapport aux patrons de la MPAA (Motion Picture Américan Asociation).


                    • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 2010 22:37

                      Loup des mers,
                       Je crois qu’une telle question mériterait bien plus qu’une réponse dans le présent.
                       C’est toute l’histoire qu’elle entraîne.
                       Mais, il ne faut pas beaucoup de déduction à faire pour le comprendre.
                       Maintenant, encore une fois, il y a des exceptions qui confirment les règles.
                       Cherchez et vous trouverez. smiley

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