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La récession menace de nombreux pays

Depuis le début de l’année, le CAC40 a perdu près de 20 %, revenant au niveau de novembre 2005 et effaçant ainsi deux années de belle hausse. Il faut dire que les mauvaises nouvelles d’indicateurs économiques pleuvent, aux Etats-Unis comme en Europe. Petit tour d’horizon et perspectives.

Montée du chômage aux Etats-Unis et en Espagne, baisse de la construction et des ventes d’automobiles partout, inflation généralisée... Il y a peu de répit ces derniers temps dans les chiffres économiques : la crise, ou au moins le ralentissement marqué, est partout.

L’euro continue de monter face au dollar, car une légère hausse des taux directeurs de la BCE en juillet (d’1/4 de points à 4,25 %) se fait plus probable, alors que la Federal Reserve américaine va laisser les siens à 2 % pendant plusieurs mois encore. Je pense que cette tendance finira par s’inverser en 2009 : la Fed pourrait augmenter ses taux suite à un rebond de la croissance et de l’inflation alors que la BCE devra baisser les siens en raison d’une dégradation de la conjoncture économique sur le vieux continent.

Un élément fort a renforcé cette idée mercredi 25 juin 2008 : en Irlande, pays très touché par la crise des subprimes et le ralentissement de l’activité dans le bâtiment, l’Economic and Social Research Institute (ESRI), très réputé dans l’île, a dit tabler désormais sur un repli de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) cette année, autrement dit une récession (si le référendum pour le Traité de Lisbonne avait été fait il y a un an quand la croissance était encore supérieure à 5 %, l’issue du scrutin aurait-elle été différente ?)

En Espagne, la forte croissance des années 2000 a été nourrie par une bulle immobilière (le pays construisait chaque année davantage de logements que l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France réunis) qui éclate aujourd’hui avec une violence décuplée par la récente envolée du taux de l’Euribor qui se répercute directement sur les 98 % de prêts immobiliers espagnols qui sont à taux variables. Le Premier ministre José Luiz Rodriguez Zapatero a décidé lundi 23 juin le gel de l’évolution de son salaire (alors que d’autres s’augmentent de 170 %...) ainsi que ceux des hauts fonctionnaires du pays, ce qui s’apparente à montrer aux Espagnols ce qui les attend, et ce alors que l’inflation est voisine de 5 % ! Au moins, l’Espagne avait eu le bon réflexe de dégager des excédents budgétaires, c’est-à-dire de rembourser une partie de sa dette publique, pendant les périodes fastes pour se créer une marge de manœuvre en cas de problème.

Et dans le reste de l’Europe, la situation n’est guère florissante. Au Royaume-Uni, la croissance pourrait rester légèrement supérieure à zéro sur l’année. Mais, à l’Est, les Pays baltes entrent aussi en récession après de longues années de folle croissance. Tandis qu’à l’Ouest le Portugal a vu son PIB se réduire entre le 4e trimestre 2007 et le 1er trimestre 2008, les Pays-Bas et la Suisse ont connu une croissance quasi nulle, ce qui est aussi le cas des Etats-Unis. La Hongrie, très mauvaise élève en matière de comptes publics ces dernières années (j’y reviendrai bientôt dans une note dédiée sur mon blog), connaît une croissance proche de zéro depuis plusieurs trimestres, tout comme l’Italie. En Nouvelle-Zélande, l’indice de confiance des ménages Westpac a enregistré une baisse sensible, atteignant un niveau caractéristique d’une récession là aussi.

La France, dont l’économie très sociale avec ses forts matelas de sécurité (hausse automatique du Smic pour compenser l’inflation, indemnisations chômage...) subit moins les chocs externes que les autres (à la hausse comme à la baisse) s’en sort relativement bien pour l’instant et se retrouve dans la moyenne européenne pour la croissance (ce qui reste médiocre étant donné que notre croissance démographique est supérieure d’1/2 %). Elle est aidée en cela par la performance remarquable de l’Allemagne (+1,5 % d’un trimestre sur l’autre, ce qui ferait plus de 6 % par an à ce rythme !), qui tire l’ensemble de ses voisins : Pologne, République tchèque, Slovaquie, Autriche et France en particulier. L’Allemagne tire profit de ses efforts de productivité des années passées (modération des salaires, transfert de la fiscalité des coûts salariaux vers la TVA... j’y reviendrai aussi dans une note dédiée) mais aussi bien sûr d’une demande forte des pays émergents pour ses machines et équipements industriels.

Cela durera-t-il ? On peut en douter. Car les deux principales causes du rebond de l’inflation depuis un an, la hausse du prix des carburants et de la nourriture, ont un impact beaucoup plus fort dans les pays pauvres et émergents que chez nous. La récession pourrait donc y être plus sévère. C’est bien simple - et on s’en rend tous compte - lorsque le prix des produits augmente plus vite que nos revenus, on achète moins de choses qu’avant. Et donc les entreprises produisent moins de biens et services qu’avant, autrement dit le PIB se contracte : c’est ce qu’on appelle une récession. Partout où on n’arrivera pas à augmenter la productivité on connaîtra une récession ou une croissance nulle du PIB par habitant, avec comme conséquence immédiate une hausse du chômage et des déficits publics ce qui a des répercussions sur chacun d’entre nous.

En France en 2007, la hausse de l’emploi salarié a été de 2,1 %, égale à la hausse du PIB. Autrement dit, même si le chômage à court terme a baissé, la productivité - la production par actif - n’a pas augmenté, contrairement à sa tendance de long terme de +0,7 % par an. Difficile dans ces conditions d’imaginer une croissance des prochains trimestres nettement supérieure à zéro dans l’Hexagone.

Pourvu que nos exportations d’automobiles ne flanchent pas !

www.NonALaDette.fr

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La récession menace de nombreux pays
par Nono Ladette (son site) jeudi 26 juin 2008 - 33 réactions
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  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 26 juin 2008 12:38
    Forest Ent

    Vraiment pas terrible, cet article.

    la Federal Reserve américaine va laisser les siens à 2 % pendant plusieurs mois encore. Je pense que cette tendance finira par s’inverser en 2009 : la Fed pourrait augmenter ses taux suite à un rebond de la croissance et de l’inflation.

    La fed a le choix entre tuer l’économie US ou le dollar. Son choix ne fait pas de doute. Elle fera ce qui est en son pouvoir pour lancer l’hyperinflation. Si elle voulait sauver le dollar, elle aurait déjà relevé ses taux, mais elle n’en a pas les moyens. Par contre, de là à prédire un "rebond de la croissance", il faut plus que de l’optimisme.

    La France, dont l’économie très sociale avec ses forts matelas de sécurité (hausse automatique du Smic pour compenser l’inflation, indemnisations chômage...) subit moins les chocs externes que les autres (à la hausse comme à la baisse) s’en sort relativement bien pour l’instant.

    N’est-ce pas ce même auteur qui nous expliquait avant la crise que la France était un pays pourri à cause de sa dette publique créée par ses systèmes sociaux ? smiley

    Elle est aidée en cela par la performance remarquable de l’Allemagne (+1,5 % d’un trimestre sur l’autre, ce qui ferait plus de 6 % par an à ce rythme !), qui tire l’ensemble de ses voisins.

    MDR. smiley L’Allemagne vient juste de surmonter le choc de la hausse de TVA en 2007, d’où ce chiffre atypique, parfaitement pipeau, et elle "tire ses voisins" vers le bas suite à l’arrêt de sa consommation.

    L’Allemagne tire profit de ses efforts de productivité des années passées (modération des salaires, transfert de la fiscalité des coûts salariaux vers la TVA... j’y reviendrai aussi dans une note dédiée) mais aussi bien sûr d’une demande forte des pays émergents pour ses machines et équipements industriels.

    Non, ses exportations ont à peine augmenté. Ce sont ses importations qui ont stoppé. C’est un "profit" douteux, et une stratégie anti-européenne.

    Car les deux principales causes du rebond de l’inflation depuis un an, la hausse du prix des carburants et de la nourriture, ont un impact beaucoup plus fort dans les pays pauvres et émergents que chez nous. La récession pourrait donc y être plus sévère.

    Ah tiens ! Vous non plus ne croyez pas à la "théorie du découplage" ? Et au fait, d’où vient cette inflation ? smiley

    C’est bien simple - et on s’en rend tous compte - lorsque le prix des produits augmente plus vite que nos revenus, on achète moins de choses qu’avant. Et donc les entreprises produisent moins de biens et services qu’avant, autrement dit le PIB se contracte : c’est ce qu’on appelle une récession.

    Non. Une récession en période de forte hausse des prix, ça a un autre nom, encore moins sympathique.

    Partout où on n’arrivera pas à augmenter la productivité on connaîtra une récession ou une croissance nulle.

    Alors celle-là il faut l’encadrer !  Pourriez-vous expliciter cette assertion à l’apparence tout à fait paradoxale ?

    Pourvu que nos exportations d’automobiles ne flanchent pas !

    Ou bien que, pour préserver leur marge, nos industriels n’aient pas l’idée saugrenue de finir de transférer leur production en Roumanie, aux confins de l’UE. Mais ils n’auraient jamais une idée pareille, n’est-ce pas ?

  • Par stephanemot (xxx.xxx.xxx.4) 26 juin 2008 17:27
    stephanemot

    Cet article m’a effectivement bien fait rire.

    A la decharge de l’auteur, les analystes financiers ne produisent pas non plus des chefs d’oeuvre ces derniers temps (y compris parmi ceux qui ne sont pas a la fois juge et partie).

    Jusqu’a present, on a vu des consequences deja dramatiques dans de nombreux pays, mais sur le fond la crise ne s’est pas encore developpee jusqu’au bout. Et les remedes apportes jusqu’a present sont au mieux navrants... cela se limite a du tactique et du court terme, sans aucune vision strategique (a commencer par Bernanke et Paulson).

    Si la purge n’a pas encore eu lieu, c’est en grande partie en raison du decalage entre l’economie reelle, ses indicateurs et la perception qu’en a le public, avec une masse de speculateurs pas vraiment inspires. Au dela des "experts" habituels, une foultitude de nouveaux riches (et pas que dans les pays emergeants) qui bondissent sur la moindre opportunite ou rumeur d’inversion de tendance ce qui accentue le decalage.

    On peut les considerer comme des renards dans un poulailler, mais beaucoup finiront comme le dindon de la farce.

    Une chose ne change pas : ceux qui sont deja au dessous de la ligne de flottaison ne se releveront pas de sitot.

  • Par kolymine (xxx.xxx.xxx.215) 26 juin 2008 11:27

    oh oui c’est vrai. modele exemplaire. Quelques mots :

    Benidorm

    Beton sur les plages.

    Grues das la paysage.

    Tout vos propriétaires sont surtout propriétaire de leur dette, pareil que leur homologue américains, qui sont la source de la crise.

     

    Lerma quand on sait pas, on se tait.

     

  • Par Forest Ent (xxx.xxx.xxx.205) 26 juin 2008 23:12
    Forest Ent

    Non. Ce n’est pas que pour de faire de l’autopromo d’AgoraVox, mais vous n’aurez pas une analyse meilleure ou plus cohérente en lisant la presse financière. Je pense même que vous aurez été mieux informé sur cette crise ici que dans "les échos" ou "la tribune". Pas parce que nous sommes plus intelligents, mais parce que nous sommes plus libres d’écriture. Nous n’avons pas de "directeur de la rédaction".

    A travers les opinions qui s’affrontent ici, vous avez aussi une réplique de débats qui agitent, souvent plus discrètement, les "milieux bien informés". S’il y a une chose certaine, c’est qu’il n’y a pas de consensus actuellement sur la situation macro.

    Nous venons par exemple d’aborder les causes de l’inflation, monétaires ou marché. Ce débat vient d’avoir lieu au G8 pour le pétrole. Ca devrait suffire à illustrer la perplexité actuelle.

    Vous allez devoir vous faire votre opinion vous-même, ce qui est plus productif que d’emmagasiner ce qu’en a dit TF1.

    J’ai personnellement une certitude sur la nature de la crise actuelle, que j’exprime ici depuis 14 mois :

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    http://www.agoravox.fr/article.php3...

    Il y a d’autres opinions qui s’expriment ici. Tout se discute. La macro n’est pas une science exacte et même, àmha, ce n’est pas une science du tout.

    L’auteur constate que ça va mal dans certains pays : US, Espagne, Irlande, etc ... Tout le monde le sait. Ce serait plus instructif si soit il l’avait prévu, soit il pouvait l’expliquer, soit il apportait des solutions. Mais la seule chose que je vois dans l’article est d’affirmer péremptoirement qu’il faut "augmenter la productivité". Ca me fait doucement rigoler quand je vois que les pays qu’il cite sont ceux dont on vantait la "productivité" il y a seulement 2 ans, US inclus. Plus généralement, je me marre à lire les libertariens expliquer que le libertarianisme est la solution aux problèmes causés par le libertarianisme.

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