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Accueil du site > Actualités > Economie > La réduction du déficit de la France passe par la taxation des revenus du (...)

La réduction du déficit de la France passe par la taxation des revenus du capital (et c’est un libéral qui l’a dit !)

Dans un entretien accordé samedi dernier au journal Le Monde, Patrick Artus, directeur des études économiques de la société bancaire Natixis,a fait preuve d’un grand scepticisme quant à l’efficacité des mesures d’austérité annoncées un peu partout en Europe, aussi bien pour les divers plans de rigueur préparés notamment en Grèce, en Espagne, en Irlande, au Portugal, en Roumanie et en Italie, que pour les « efforts » attendus des Français par le gouvernement Fillon... Le lecteur notera au passage, grâce à cet extrait d’Arrêt sur images, la subtilité lexicale de nos chers ministres ! Selon Patrick Artus la recette appliquée à ces différents pays - toujours la même ! - ne peut conduire qu’à aggraver la situation : « Personne n’a encore dit que réduire les dépenses publiques de 1 point de PIB ne réduit pas le déficit public de 1 point de PIB. Il faut prendre en compte l’effet négatif sur la croissance. Baisser les dépenses publiques, réduire les salaires des fonctionnaires, augmenter la TVA, tout cela entraîne une moindre consommation, donc une baisse du PIB. Moins de PIB signifie moins d’impôts ». Résultat des courses l’Espagne, par exemple, ne parviendra pas à atteindre son objectif qui est de ramener son déficit à 5% du PIB en 2011 : « il devrait se situer autour de 8% ».
 
Une chose est sûre, c’est que la Grèce n’arrivera pas à remonter la pente avant un bon moment, suite à la saignée que lui ont imposé les autres États européens, en échange de leur « aide » - dont l’objectif (non avoué) était de plutôt de sauver les banques. Les chances de voir la dette grecque diminuer dans les années qui viennent sont presque nulles, car la croissance de ce pays est doublement handicapée : par la réduction drastique des dépenses publiques imposée par la « solidarité » européenne, et par les difficultés qu’il connaît actuellement en matière de tourisme, un secteur non négligeable puisqu’il représente 17% de son PIB.
 
Selon l’économiste Frédéric Lordon, invité vendredi dernier dans l’émission Arrêt sur images, le plan d’aide à la Grèce semble voué à l’échec : « Il impose à l’économie grecque une telle restriction budgétaire qu’il ne peut s’ensuivre autre chose qu’un ralentissement de croissance encore plus profond que celui qui est déjà à l’oeuvre, de telle sorte que l’ajustement budgétaire aura toujours un temps de retard sur l’effondrement des recettes fiscales ». Ce constat s’appuie notamment sur le cas de la Lettonie, « qui a reçu l’aide du FMI et de l’Union européenne, moyennant quoi elle a dû s’imposer une potion des plus sévères, au terme de laquelle le déficit public letton s’est accru au lieu de se réduire. Il va certes se réduire un petit peu l’année prochaine, prévoit-on, mais pour passer de 9% à 8,5% - c’est un gain évidemment triomphal, pour des douleurs en contrepartie qui sont phénoménales. La Lettonie est en train de se taper une récession monumentale  ». Par conséquent : «  dans le pire des cas le déficit budgétaire grec ne se réduira pas, dans le meilleur il se réduira à un rythme si lent que l’économie grecque est partie pour une décennie d’austérité et de chômage de masse (...), alors que l’ajustement budgétaire normalement ça se fait essentiellement par le retour à la croissance  ».
 
Après avoir effectué ce petit détour par la Grèce, qui paraissait nécessaire - car personne n’en a parlé dans ces termes, pas même Patrick Artus - revenons-en au cas de la France et à notre article du Monde. Lorsque la journaliste du Monde demande innocemment « La France n’est pas l’Espagne, mais doit aussi réduire son déficit. Le plan Fillon suffira-t-il ?  », la réponse de Patrick Artus montre qu’il ne se fait aucune illusion : « Selon nos calculs, il faudrait qu’en deux ans la France réduise son déficit de 96 milliards d’euros. Le gouvernement assure que la croissance apportera 20 milliards d’euros, mais il se fonde sur une prévision optimiste de 2,5%. S’il faut trouver 96 milliards de réduction de nos déficits structurels, ce sera compliqué. Cela représente deux siècles de bouclier fiscal !  ». Jusque là, rien de bien nouveau sous le soleil me direz-vous ! C’est que le meilleur est à venir : « On peut toujours, comme en Grèce, décider de ne plus payer les retraites ni les fonctionnaires. Ce n’est pas efficace. La seule façon de faire, c’est de procéder à une grande réforme fiscale, en alignant la taxation des revenus du capital sur celle du travail. Cela pourrait rapporter 100 milliards d’euros, sans dégât économique puisque ces revenus sont épargnés ».
 
Oui, vous avez bien lu ! Ce monsieur, directeur des études économiques de Natixis (un véritable repaire de trotskystes, n’est-ce pas ?), préconise de réduire le déficit public de la France en taxant les revenus du capital autant que ceux du travail. Et il affirme que cela ne causerait aucun dégât économique ! Mais alors... Pourquoi Mélenchon, Buffet, Besancenot et tous ceux qui proposent cette solution depuis des décennies ont-ils toujours été pris de haut par leurs adversaires politiques et par les « chiens de garde », comme si leurs propos n’avaient aucun sens ? Et pourquoi tous les gouvernements - de droite comme de « gauche » - persistent-ils à rogner des miettes sur les retraites et sur le nombre de fonctionnaires, si même les financiers estiment que cette méthode n’est pas efficace ? En réalité il n’y a pas besoin d’être un génie de l’économie pour comprendre que la quasi-totalité des retraites et des salaires versés aux fonctionnaires est réinjectée dans l’économie, contribuant ainsi à la croissance... Le fait est que la solution miracle sans arrêt préconisée contre la dette publique par le FMI et par les gouvernements n’a jamais fait ses preuves, bien au contraire...
 
Pour une analyse très pertinente de l’actualité économique, je vous conseille de jeter un œil à l’émission "Parlons net" du 14 mai, qui donnait la parole à Jacques Généreux, qui est professeur d’économie à Sciences Po, ainsi qu’au dernier billet du blog de Jean-Luc Mélenchon.
 

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31 réactions à cet article    


  • FRIDA FRIDA 18 mai 2010 09:25

    L’objectif est de chercher par des pseudo solutions à casser et affaiblir l’Etat au lieu de le renforcer et d’arranger la situation de l’économie national,
    souvent on soulève deux possibilités : soit l’incompètence soit la collusion, et c’est plutôt la deuxième hypothèse qui l’emporte. Vouloir continuer dans une voie alors que l’on constate les dégâts depuis des annnées, c’est de la politique de gens qui ne sont à l’écoute que d’une oligarchie rapace. les démonstration et les preuves ne manque pas qui montrent que ce système est basé sur la spoliation.


    • kiouty 18 mai 2010 12:11

      Mais la réponse est toute simple. Si les politiques néo-libérales imposées par le FMI et la banque mondiale (avec la complicité de Bruxelles et des partenaires européens de surcroit dans le cas de la Grèce) aux pays qui ne sont pas en position de refuser leur condition continuent à être effectivement imposées malgré leur échec évident (pauvreté, chômage, croissance ultra-molle, oblitération des services publics), c’est parce que l’échec n’en est pas un pour tout le monde.

      Quand on dépèce un état de la façon dont le fait le FMI, c’est pour générer des profits monstrueux pour certains grand groupes (américains ? chinois ?) qui aspirent alors l’argent du public vers le secteur privé et financier qui attend tranquillement au tournant.

      Merci Bruxelles !


    • Alpo47 Alpo47 18 mai 2010 09:44

      Pourquoi... pourquoi ... ?
      A quoi bon poser des questions auxquelles tout le monde connait les réponses ?
      Parce qu’« ILS » servent d’abord et uniquement les intérêts des « élites.

      Il y a quelques années, les politiques dits »de gauche« défendaient encore le principe des prélèvements proportionnels qui permettaient davantage de justice sociale. Ils se sont depuis ralliés aux »forces du marché« et préconisent, comme tout libéral qui se respecte, plutôt l’emprunt, c’est à dire qu’ils demandent de l’argent aux classes les plus aisées et LES REMBOURSENT AVEC INTERETS ...
      Cela change évidemment tout, en augmentant leurs revenus, donc leur richesse globale, alors que le poids de l’impôt et des remboursements repose sur les plus imposables, les »classes moyennes« .
      C’est un nouveau siphonnage des revenus, vers les »élites".

      Peu de gens sont conscients du processus en cours. Et c’est un nouvelle preuve de la compromission de nos politiques.


      • Traroth Traroth 19 mai 2010 10:50

        La droite est dans son rôle. D’ailleurs elle se fait toujours élire en faisant des promesses empruntées à la gauche (« fracture sociale », « président du pouvoir d’achat ») qui sont évidemment toujours passées à la trappe immédiatement après l’élection.

        Ce qui est plus scandaleux, c’est que des partis se revendiquant comme étant de gauche participent à la même logique : le PS, les verts, les radicaux de gauche... Autant de partis objectivement de droite dans leurs actes et de plus en plus dans leurs paroles !

        Quand ils s’aventurent encore par accident dans la défense des intérêts populaires, le discours est d’une mollesse... La dénonciation des projets gouvernementaux en matière de retraites n’utilise aucun des nombreux arguments vraiment percutants pourtant évidents :

        • La durée de cotisation, qu’on justifie par l’allongement de la durée de la vie, a DEJA largement eu lieu, puisqu’il y a quelques années, il fallait cotiser 37,5 années et maintenant 41 (et bientôt 42, comme la réforme Fillon de 2004 le prévoit déjà). De combien s’est donc accrue la durée de la vie pour qu’on aille encore plus loin ?
        • Seul un actif sur 2 de plus 55 ans a un emploi. Le même constat est fait lors de chaque réforme des retraites, et le gouvernement promet alors de remédier à cette situation. Force est de constater que ça n’a pas été fait. Peut-on alors accepter de prolonger la durée de cotisation, d’augmenter l’âge de la retraite, en comptant sur les mêmes promesses sans lendemain ?

        Tout cela, j’attends encore que des gens du PS le disent !

      • leypanou 18 mai 2010 10:12

        Excellent post. Combien de fois avons nous vu Frédéric Lordon, Jacques Généreux ou d’autres économistes du même genre invités à C dans l’air ou aux journaux de 20h ? Et si on compare par rapport au nombre de fois où Elie Cohen -par exemple- est invité ? On est là en face d’un cas flagrant de pensée unique où on assène les mêmes types de vérité concernant l’économie, l’éducation, les impôts, la sécurité, etc, etc. De temps de temps, pour se donner bonne conscience, on les « invite » mais pas trop. Il faut par exemple lire ce que dit F. Lordon sur certains économistes dans le Monde Diplomatique pour avoir une idée plus précise du type d’estime qu’il a pour ces confrères. La lutte pour une information pluraliste est une lutte de tous les jours et devrait être menée par tous ceux qui sont conscients et chacun à son niveau. Ce serait effectivement bien que Patrick Artuis puisse donner son opinion au journal de 20h : manque de bol, le 20h est réservé presque exclusivement à la pensée unique.


        • lemexicain lemexicain 19 mai 2010 00:44

          Il est clair que les commentateurs intervenant régulièrement sur les plateaux télé pour « faire de la pédagogie » sur l’économie — Elie Cohen, Marc Touati et leurs acolytes — font œuvre de propagande. Tout en se donnant des grands airs d’observateurs objectifs, ils peuvent asséner quotidiennement leur catéchisme libéral dans les médias de masse, sans jamais personne en face pour leur apporter la contradiction... Je ne sais pas si vous avez vu l’émission d’Arrêt sur images opposant Mélenchon à Touati (elle est librement accessible par ici), mais il font tout de suite moins les malins quand on démonte le mécanisme auquel ils ont recours pour embobiner les gens et manipuler l’opinion... En les titillant un peu, on arrive même à leur faire dire que la dette a du bon ! En revanche malheur à quiconque avance des noms lorsqu’il critique la pensée médiatique unique, car la corporation en fait aussitôt une « chasse aux sorcières »...


        • Cug Cug 18 mai 2010 11:52

          Natixis c’est tellement fait plumer par la finance qu’il doit avoir un compte à régler ...


          • gnarf 18 mai 2010 12:20

            Arthus c’est un ponte de la Caisse des Depots et Consignations. Vous savez, ce monopole etatique tentaculaire au chiffre d’affaire de 1000 milliards d’euros passes qui est absolument partout mais dont vous entendez si peu parler.

            Il est pas liberal, il est Keynesien... donc pour lui la croissance generee par les monstres etatiques est plus precieuse que celle generee par la societe civile et il faut la proteger en premier.

            C’est une vision des choses.


            • sisyphe sisyphe 18 mai 2010 14:16


              C’est une vision des choses.

              Oui ; c’est le moins qu’on puisse dire... smiley
              VOTRE vision des choses ; du même type que celles qui ont amené le monde dans la crise où il est...
              « monstres étatiques », « monopole étatique tentaculaire » :
              Une « vision » qui est celle des mafias qui mettent le monde en coupe réglée, qui ont déclaré la guerre aux pays, aux états, aux démocraties, pour faire régner leur NON-LOI du plus fort, et - ENFIN - privatiser la monde entier !

              Touche pas au grisbi, salope d’état
               !! (sauf pour nous renflouer, quand on a trop déconné au casino de la vie.... faut c’qui faut, quand même, hein...)

              gnarf, hein ?
              Un pseudo qui traduit bien le cynisme des prédateurs...
              Bien choisi !
               smiley


            • Ethers 18 mai 2010 16:16

              Le post de Gnarf est très bon, mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !!!
              En effet, l’article porte une faille dès son titre : « et c’est un libéral qui le dit ». Une fois précisé que Arthus n’est pas libéral mais keynésien, ie. dans la droite ligne de la pensée économique du PS, ce semblant du justification recherché par l’auteur tombe.
              Mais attention, ceci ne remet pas en cause cela, et vous ne l’avez pas compris, enfermé que vous êtes dans vos schémas de pensée « prêt-à-penser » !!! (du genre « çui qui critique çui qui dit que le libéralisme c’est pas bien, eh ben, c’est un enc... de libéral aussi »)

              Par ailleurs, Gnarf a bien le droit de penser que le keynésianisme a également échoué : les faits le montrent aussi bien que ceux montrant que l’ultra libérlisme est un naufrage ! L’idéologie keynésienne est un des fondements de la crise actuelle que vous le veuillez ou non.
              Ce que l’on peut même observer en étant un peu moins borné, c’est que l’ultralibéralisme et le keynésianisme semblent plus « interopérables » qu’on aurait pu le penser : pendant des années ils ont été déclarés incompatibles, mais au moins dans leurs effet pervers il semblent que ceci soit largement faux : les feux des marchés étant aujourd’hui effectivement alimentés par le bois des dépenses publiques...

              Cordialement


            • sisyphe sisyphe 18 mai 2010 18:08

              Aïe !

              Voici le coupable désigné à la vindicte absolue : Keynes, et le « keynesianisme » !!

              De quoi rigoler (façon de parler) quand on sait que la politique libérale, en train de submerger le monde, est l’inverse même du « keynesianisme » et l’application, de plus en plus stricte, des théories freidmaniennes, entamées sous Pinochet, puis continuées par Reagan puis Thatcher, et tout le monde occidental, à la suite des accords scélérats de 73 et 76, sur la création de l’argent, interdite aux états, et allouée aux banques privées...

              Décidément, comme vous le dites, il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre, et pire aveugle que celui qui refuse de voir ...

              Mais bon ; comme disait Pierre Dac, on a l’avenir devant nous, et on l’aura dans le dos à chaque fois qu’on se retourne... smiley


            • foufouille foufouille 18 mai 2010 20:44

              « Keynes est le Viagra du communiste qui ne bande plus. »
              et peripate peut plus bander depuis un coup de fourche


            • sisyphe sisyphe 18 mai 2010 21:20

              Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.149) 18 mai 18:11

              Keynes est le Viagra du communiste qui ne bande plus.

              Et Friedman la bible de ceux qui croient au saint marché... 

              Rigolo, d’ailleurs, de constater que les seuls qui parlent de Keynes................. sont les libéraux, pour s’en servir de repoussoir...

              En manque de viagra ?  smiley


            • Le péripate Le péripate 18 mai 2010 21:23

              Petite forme les gars.

              Un coup de mou ?


            • lemexicain lemexicain 19 mai 2010 01:57

              Je suis désolé d’avoir choqué vos convictions économiques en qualifiant Artus de libéral... Il se trouve que j’ai fâcheusement tendance à taxer de « libéraux » tous les accompagnateurs du capitalisme, quelle que soit la couleur de leurs poils. Le titre que j’ai choisi — un peu dans la précipitation, je l’admets — n’est pas très heureux si l’on s’amuse à jouer sur les mots et si l’on s’en tient comme vous à une définition rigoureuse du mot « libéral »... Cependant, je m’en voudrais si mon manque total d’intérêt pour ces personnages vous perturbait au point d’en occulter le contenu de mon « article ».

              Le fait est que ce personnage, que Ethers (voir son commentaire) situe « dans la droite ligne de la pensée économique du PS », préconise une solution qui est loin d’être celle des « socialistes » — à moins que le vent ait tourné... — et qui n’a pas très souvent la possibilité d’être exprimée dans les médias. Comme il est plutôt rare de voir des « experts » issus de gros groupes financiers donner raison à des revendications constamment mises sur la table par la gauche anticapitaliste, j’ai cru bon de faire circuler l’information... Je comprends que le sujet ne vous passionne pas — il paraît que certains se contrefoutent de l’économie au point de confondre keynésiens et libéraux — mais vous pourriez au moins me concéder le fait que les experts du tonneau d’Artus ne se sont jamais bousculés pour aller répandre dans les médias l’idée qu’il était nocif de mener des politiques de rigueur budgétaire, mais nécessaire, normal et sans danger de taxer les revenus du capital... Non ?


            • Le péripate Le péripate 19 mai 2010 05:23

              Appelez ceci des convictions économiques. Pour moi il s’agit de faits : le capital n’a pas de revenu. C’est toujours du travail.


            • sisyphe sisyphe 18 mai 2010 14:08

              Constat absolument évident.

              Mais qu’on ne risque d’entendre répercuté par les médias et les partis mainstream....

              Sinon, on vit une époque formidable : les spéculateurs ont provoqué l’énorme crise financière, économique, dans laquelle le monde (occidental, essentiellement, mais pas que) se trouve plongé.
              Comme solution, on n’a rien trouvé d’autre que de renflouer les banques ; c’est à dire de redonner aux spéculateurs tous les « outils » que la crise qu’ils avaient provoquée risquait de leur faire perdre...
              Renfloués, rassurés, rassérénés, ils ont pu ainsi reprendre leurs magouilles spéculatives......cette fois-ci contre les pays qui les avaient renfloué, à cause de leur endettement...(déjà joli, non ? )

              Du coup, recours aux solutions genre FMI ; on vous prête de l’argent, à condition que vous procédiez à des coupes sombres dans vos budgets (entretemps, la spéculation bat son plein, augmentant les taux d’intérêt des sommes prêtées aux pays en difficulté)...

              Ok ; les pays adoptent les mesures drastiques demandées ; allongements de la durée de travail, baisse des salaires, des retraites, suppression de fonctionnaires (donc, augmentation du chômage), suppression des droits sociaux, démantèlement des systèmes sociaux, etc...
              Et alors....... les spéculateurs, du coup, continuent à spéculer contre ces pays, en arguant que ces budgets de crise ..... vont nuire à la croissance, et diminuer les recettes des états, pour rembourser leurs dettes... smiley smiley smiley

              L’exemple-type de ce que l’on appelle précisément un CERCLE VICIEUX !

              Bah oui ; mais les « marchés » (terme commode pour parler des mafias) ont besoin d’être rassurés ; rien de plus sensible que ces petites bêtes là... le moindre petit coup de froid, et hop..... à la baisse....

              Donc, le monde continue de subir la DICTATURE des mafias ; en faisant toutes les contorsions possibles pour essayer de les rassurer, de leur plaire, en étant prêt à toutes les concessions, les sacrifices, les exercices d’auto-destruction, comme dans tout bon couple sado-maso...

              Mais ................ pas touche au système monétaire et financier ; pas touche aux mafieux, aux prédateurs, aux banksters, aux vampires de la finance ; juste ramper dans le bon sens, pour qu’ils ne soient pas trop méchants...

              On vit une époque formidable, non ?
               smiley


              • Le péripate Le péripate 18 mai 2010 17:40

                Peut-être parce dans la chute le seul moment dangereux est l’arrivée.

                Mais rassurez-vous : quelques manifs, un bon lobbying, une élection en vue, et on n’en parlera plus... jusqu’à la prochaine fois. On prends les paris ?


              • foufouille foufouille 18 mai 2010 20:41

                « Peut-être parce dans la chute le seul moment dangereux est l’arrivée. »
                non seul le fusil du culto est dangereux


              • Le péripate Le péripate 18 mai 2010 17:35

                Arthus, libéral.....

                Allez, hop, poubelle.


                • Le péripate Le péripate 18 mai 2010 17:37

                  Et Lordon ultra- libéral surement.


                • Le péripate Le péripate 18 mai 2010 18:37

                  Quand même, je reviens, c’est trop drôle.

                  Quel est le libéral à talonnettes qui a dit la phrase suivante, qui lui a valu les félicitations d’un autre libéral, Hugo Chavez dit El Lider Rondissimo :
                  l’idéologie de la dictature des marchés et de l’impuissance publique est morte
                  .

                  C’est très difficile, attention. Une place à l’Université d’été du Parti Socialiste est offerte gracieusement au gagnant (écrire à la rédaction).


                  • Daniel Roux Daniel Roux 18 mai 2010 19:16

                    La taxation du capital n’est pas une option négociable pour Sarkozy. De toute façon, le plus gros du magot échappe aux fiscs de tous les pays, bien à l’abri dans les paradis fiscaux qui se portent toujours très bien, merci pour eux.

                    Sarkozy préfère favoriser les spéculateurs américains aux dépends du peuple Français :

                    Borloo, sur ordre d’en haut n’en doutons pas, a autoriser JP morgan et Goldman Sachs de négocier sur le gaz en France au début de l’année.

                    Tout le monde sait que ce sont des banques (sauf peut-être Sarkozy) et qu’elles vont spéculer (sauf peut-être Borloo).

                    Vers la création d’une grosse bulle de méthane sous Sarkozy qui se tournerais vers Borloo en se pinçant le nez ?


                    • agent orange agent orange 18 mai 2010 20:56

                      La réduction du déficit de la France (comme partout ailleurs) passe par la taxation des revenus du capital.

                      Truisme. Il faut chercher l’argent là où il se trouve !


                      • agent orange agent orange 18 mai 2010 21:21

                        Il fallait lire : Il faut prendre l’argent là où il est  !


                      • Yohan Yohan 18 mai 2010 21:28

                        Encore une fois, la preuve est apportée que c’est en période de croissance et de boom économique que l’on doit s’employer à réduire ses déficits et son endettement, et non quand tout va mal où l’effort doit converger sur l’économie et non sur les économies, nuance


                          • fifilafiloche fifilafiloche 23 mai 2010 02:53

                            Attendons nous a de nouvelles vagues d’exode du capital après ces menaces confiscatoires. La semaine dernière déjà, il a été remarqué d’importants transferts vers des zones transfrontalières (de l’Allemagne vers la Suisse). Il restera toujours l’immobilier à taxer, celui la ne peut se délocaliser.


                            • mokhtar h 23 mai 2010 18:02

                              Artus a dit une lapalissade
                              Il faut chercher l’argent là où il se trouve. C’est le bon sens dans toute sa splendeur
                              Dans les revenus du Capital : avec des taxes modulées selon les niveaux de risques. Modulées selon la destination du Capital:modérées lorsqu’il s’agit de capitaux réservés à la sphère de l’économie réelle, et lourdes lorsque les capitaux sont investis dans des activités spéculatives.
                              Et puis l’institution d’une tva plus forte sur les intérêts perçus.
                              C’est l’enfance de l’art. Répartir équitablement les efforts de redressements des pays. Pas simplement avec de minables plans d’austérité à la charge des pauvres et pus pauvres. C’est toute la différence entre Louis XIV et Louis XVI : ce dernier, devant la crise en France au 18e siècle, n’avait pas osé taxer la noblesse.


                              • Hugo 23 mai 2010 19:15

                                Ca été dit : il est abusif de traiter Artus de « libéral ». Certes il est indéniable qu’il « fait partie du système » mais il fait partie des économistes plutôt d’inspiration keynésienne voire de l’école de la régulation avec de plus une excellente maitrise des (et référence aux) théories dites de l’« économie classique ». Ce qui est rare (et peut donc être relevé) chez les « conjoncturistes ».

                                http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_classique


                                • georges 24 mai 2010 04:31

                                  les francais etant riches l etat etant pauvre la solution est hélas toute trouvée . daccord mais en contrepartie pourquoi ne pas privatiser certains secteurs pubics ? il faut enfin cesser de regarder le privé comme le diable dans ce pays et accepter son efficacité , il faut cesser aussi de vouloir trouver l argent « la ou il se trouve » c est une vue de l esprit pour se defouler les riches . tous ceux qui ont les moyens , cad les plus grands patrimoines-ce qu il en reste- ne vont pas se faire prier pou rejoindre ceux partis suite a 81 et ce deferlement communiste qui a pulverisé l economie francaise

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