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Accueil du site > Actualités > Economie > La régulation financière joue l’arlésienne

La régulation financière joue l’arlésienne

Au cas où certains auraient abusé sur les pilules roses, voici une sorte de résumé d’une étude sur le lobbying anti-réforme dans banques, auprès de la Commission européenne censée prendre les mesures en matière de régulation financière. Depuis le début de la crise, outre leurs activités spéculatives traditionnelles, les banques ont mis le paquet sur le lobbying (mais officieux) auprès, notamment, de la Commission européenne.


C’est ALTER EU (Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation), un groupe d’information sur le lobbying à Bruxelles, qui met les points sur les ’i’ : la grande majorité des experts financiers qui conseillent la Commission européenne représentent des banques et des investisseurs responsables de la crise économique globale. C’est ce que dit un rapport intitulé "Une Commission captive".

On sait au vu des textes européens que ladite Commission a une fâcheuse tendance à prêter une oreille attentive aux lobbies divers et variés. Mais, surtout ceux des banques (cf. CECA, Marché commun, "concurrence libre et non faussée", euro etc.).
En général, les lobbies et autres s’incrustent dans les groupes d’experts que la commission réunit systématiquement avant de légiférer. Ou alors, ils sont carrément à l’origine des textes.
En l’occurrence, il s’agit de peser sur les décisions qui seront prises (ou pas, du coup), en matière de régulation.

Le système est simple : des "groupes d’experts" (qui pullulent) conseillent les représentants européens de la Commission en matière de finances.
Détail important : les groupes d’experts en question sont largement composés de personnes issues de l’industrie financière, y compris celle des paradis fiscaux. Dans les 19 de ces groupes qui conseillent en matière de politique financière, il y a 229 personnes issues de ladite industrie, contre 150 issues de la société civile.
Et c’est pareil dans tous les groupes, en fait. Alter Eu a observé au moins 110 groupes d’experts dans lesquels les représentants du monde des affaires sont le groupe le plus important, et 40 dans lesquels ils sont plus nombreux que les représentants de la société civile, les élus, les syndicats etc.

Du coup, pour résumer, les banques fixent elles-mêmes les risques qui leur conviennent. Comme par hasard, depuis des plombes, la tendance est au laxisme. Ce qui nous a amené là où on en est aujourd’hui. Mais, bref.

C’est ainsi que, par exemple :
la régulation des hedge fund a été confiée à des groupes d’experts qui ont recommandé de continuer avec la régulation "light" qui a tant bénéficié à tout le monde...
les agences de notation des crédits (qui sont censées évaluer les risques encourus avec un crédit ou une obligation) ont expliqué à la Commission que des règles de notation n’étaient pas nécessaires. Pourtant, il est vrai que les notations excessivement euphoriques desdites agences ont largement contribué à l’emballement sur les crédits pourris qui a mené à la crise.
 
On retrouve donc des personnes représentant de banques telles que Barclays, ABN Amro, Merrill Lynch, Lloyds, Goldman Sachs, Paribas, BNP… qui ont participé aux groupes de travail préparatoires au FSAP (Financial Services Action Plan) de la Commission, censé réguler le secteur financier européen. Sans surprise, les normes sont un peu moins contraignantes à chaque révision.
Après avoir établi ces normes, la Commission s’est occupée en 2001 de réformer la manière dont sont prises les décisions européennes en matière de régulation financière, afin de les « harmoniser » et de créer un marché commun des services financiers. Détail significatif : on appelle ça le « Lamfalussy Process  », du nom du banquier qui a piloté le groupe de travail.
Je vous le donne en mille : ledit groupe était composé de huit personnes, dont 4 membres de fonds d’investissement, deux banquiers nationaux, et un du New York Stock Exchange.
A aucun moment du processus de décision, le Parlement n’est consulté.
 
Bank_Loan_Humor_copie_1Ce sont des groupes comme le Committee of European Banking Supervisors (CEBS), le Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors (CEIOPS, dont 14 des 17 membres sont liés au secteur financier privé), et le Committee of European Securities Regulators (CESR, composé de 13 représentants du secteur financier privé) qui mettent les réformes sur les rails et les font avancer jusqu’au bout.
 
En pleine crise, le « groupe de Larosière », du nom du leader du groupe1] qui est aussi conseiller du PDG de BNP Paribas, est mis en place pour conseiller la Commission sur les moyens de réformer l’industrie financière. La Commission, fort conciliante (ou confiante, on ne sait trop), a déclaré d’avance qu’elle serait d’accord avec les conclusions du groupe, histoire de mettre tout le monde en confiance.
Sur huit membres, quatre sont liés aux grandes multinationales de la finance impliquées dans la crise, à savoir Lehman Brothers (représentée par Rainer Masera), Goldman Sachs (par Otmar Issing), BNP Paribas (de Larosière) et City group (Onno Ruding). Un cinquième, Callum McCarthy était à la tête de l’autorité de régulation des Services Financiers anglais, et un autre s’est déjà affiché par son opposition à toute régulation.
Au final, au lieu de régulation, on a parlé de mettre en place des « systèmes d’alerte ». Même Le Monde l’a dit : « Le groupe d’experts renoncerait, en revanche, à la mise au point de règles de contrôle uniformes pour l’ensemble des Vingt-Sept, comme le réclamaient certains Etats ». Et hop, un beau travail de sape de réussi !
 
Le processus normatif : entre initiés
 
Les propositions de la Commission en matière financière sont principalement initiées par la Direction Générale du Marché Intérieur, dirigée par Charlie Mc Creevy. Cette DG utilise les expertises de 19 groupes composés de 538 experts. Un seul de ces groupes a à peu près autant de membres issus des ONG que des entreprises financières. Au final, 84% des « membres de la société civile » viennent tout droit de l’industrie financière, en particulier de la Deutsche Bank, BNP Paribas, la Société Générale et SWIFT, un système d’échanges européen.
 
Pourquoi la crise est elle survenue ? A cause de l’absence de contrôle et de régulation des activités spéculatives. Alors le citoyen peut s’interroger : pourquoi a-t-on laissé des margoulins jouer avec des milliards, sans aucun contrôle ?
Eh bien, tout simplement parce que ce sont les margoulins en question qui ont fait les règles en matière de contrôle et de régulation. Conclusion : l’auto régulation fut un bide. Total.
En 2004, le Basel Committee on Banking Supervision (BCBS), le comité de Bâle, crée par les gouverneurs des banques centrales d’une dizaine de pays, a élaboré la norme Basel II ( ou Bâle II). Le but était officiellement de calculer un standard de cash que les banques doivent avoir pour assurer leurs énormes crédits. Mais au final, la norme n’est pas obligatoire…
Bâle II, évidemment, a été élaborée par les mêmes groupes d’experts que les « normes » précédentes, si toutefois on peut encore parler de normes, et le BCBS est composé de représentants des banques centrales et des pays du G-10.
Bâle II, donc, permettait aux banques d’évaluer elles-mêmes les risques liés à leurs investissements, ce qui leur a permis de faire apparaître des actifs toxiques comme solides. On ne s’étonnera donc pas que Lehman Brothers, par exemple, était encore notée AAA la veille de sa faillite.
Et puis, les agences de notation des crédits n’ont pas été regardantes non plus : normal, elles sont payées par les banques et assurances qu’elles auditent !
Bâle II, finalement, préconise que les banques aient dans leurs caisses… 8% du total des crédits qu’elles ont en cours.
 
La Commission européenne, toujours pressée de transposer les pires dérives, s’est empressée d’inclure Bâle II 10_milliards_pour_les_banquesdans la « Capital Requirements Directive  », la directive sur l’adéquation des fonds propres du 14 juin 2006. Précision : une directive n’a pas à être entérinée par le Parlement. Et deux ans plus tard, à l’aune de la crise, il faut déjà la réviser. On constate l’efficacité de l’auto régulation, qui avait pourtant été choisie après moult et moult discussions au cours desquelles nos pauvres banquiers ont crié au péril de leur profession si jamais on s’avisait de les réguler nous-mêmes…
Enfin bref, la Commission a aussi réuni ses groupes d’experts, dont le groupe d’experts bancaires dont 22 des 23 membres sont issus de l’industrie financière (BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale, Banco Bilbao etc.). Et l’organisme chargé d’élaborer la législation n’était autre que le Committee on European Banking Supervision (CEBS), dominé comme par hasard par les représentants des grandes banques, telles que la Credit Suisse, BNP Paribas, Deutsche Bank, the Dunbar Bank, the Royal Bank of Scotland, Skandinaviska Enskilda Banken, mais aussi la European Banking Industry Commission, the Portuguese and Polish Banking Associations, the Spanish Federation of Savings Banks, and the Danish Bankers Association. Et, sans surprise, ils n’ont pas recommandé un contrôle externe.

En février 2009, le groupe de Larosière conclut que Basel II « a sous estimé d’importants risques et a surestimé la capacité des banques de les supporter ».
 
Le processus a été le même pour réguler les hedge fund, les agences de notation de crédit etc. Pour ces dernières, c’est un groupe d’experts composé de KPMG, Price Waterhouse Coopers, Deloitte, Ernst & Young et surtout l’European Round Table qui est si souvent à l’origine des directives de la commission, qui a travaillé sur la réforme.
Si bien qu’il a été impossible de créer des standards comptables pertinents : l’International Accounting Standards Board (IASB) était encore le fruit d’une auto régulation. Certaines normes, comme IAS 32 et IAS 39, portant sur les fonds propres, ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses et vives polémiques.
 
00_banque_alternativeLes agences de notation de crédit sont des institutions privées qui analysent et classifient les risques liés aux différents produits financiers. Le hic : les spéculateur leur ont fait une confiance aveugle. Le scandale Enron, où on a vu l’agence d’audit Andersen surnoter la boîte dont les comptes bidon étaient en réalité dans le rouge depuis des plombes. Au final l’Etat avait (un peu) resserré la vis aux dites agences.
En 2004, la Commission consulte le Committee of European Securities Regulators afin qu’il mette au point un système de régulation. Que fait le CESR en premier lieu ? Nommer un groupe d’experts. Et pour ceux qui ont suivi, quel est le point de vue dudit groupe d’experts ? Qu’il n’y a pas besoin de réguler les agences de notation, pardi !
Tout ceci, évidemment, est le fruit de longues réflexions menées avec les agences de crédit et un groupe d’experts du CESR largement composé de banquiers et d’investisseurs2.

Mais deux ans plus tard, avec la crise, un autre groupe d’experts a dit que les agences de notation étaient en grande partie responsables des dérives du système qui ont mené au krach. Alors on a fait un accord sur la régulation des agences de notation (et leur supervision par un organisme européen), un peu plus restrictif que les autres.
 
Alors…
 
On pourrait faire la morale et parler du krach de 1929. Faire comprendre qu’il est temps de prendre les choses 1703_illustration_glez_crise_alimentaireen main. Cet hiver, ils ont été nombreux à s’agiter, à vanter ce « nouvel ordre mondial » de la finance, ces sommets où Sarko a dirigé le monde vers la régulation et la fin des privilèges. Et puis, l’éléphant a accouché d’une souris. La mauvaise foi est intrinsèque à ce système financier, où les banques ont tout le pouvoir puisqu’ils tiennent la bourse.
 
On aurait pu croire qu’avec la crise, les banquiers et spéculateurs de tout poil auraient compris qu’il est temps de réformer sérieusement les choses. Sarko s’est agité tout l’hiver pour réformer la finance mondiale, paraît-il, et les médias français n’ont pas manqué d’applaudir (on a eu droit à des titres tels que « Sarkozy a transcendé les écarts sur la régulation  » ou « Accord historique au G 20 », etc »…).
En fait -qui s’en serait douté ?- rien n’a changé, non rien de rien.
Prenons juste un exemple : au G 20, en fait, il a surtout été question de ne rien changer3]. Et les quelques timides décisions qui ont été prises n’ont toujours amené aucune réforme, six mois après. On a parlé d’un nouveau monde, ou presque, mais de quelles mesures s’agit-il ?
augmentation des pouvoirs et des fonds du FMI (quant à la « réforme » annoncée, je me demande de quoi il s’agit : le fonctionnement et les principes sont les mêmes, les Etats-Unis ont toujours un droit de veto avec 17% des voix, les conditions des prêts n’ont pas changé non plus)
fixation presque maniaque sur les rémunérations des traders. Ce qui, en plus d’être accessoire, n’a servi à rien,
pseudo contraintes à quelques paradis fiscaux, mais en effet quand on sait que BNP Paribas, par exemple, a 189 filiales dans des paradis fiscaux, on comprend que les mesures n’aient pas été contraignantes là non plus4]  ;
« maintien des politiques expansionnistes  » pilotées par les banques centrales et ce « d’une manière compatible avec la stabilité des prix  » (c’est-à-dire qu’il faut limiter l’inflation, donc les salaires, selon la logiques desdites banques centrales)
« renforcement » de la coopération internationale pour établir des systèmes d’alerte précoces en cas de crise. Bonne idée, mais comment ? Avec quels instruments ? Quelle autorité ? Quels pouvoirs ?
reconnaissance de la nécessité d’améliorer les normes comptables. Super, et après ?
 
Au final, on a continué avec exactement les mêmes acteurs, les mêmes règles et le même système. On a endormi l’opinion publique avec des titres grandiloquents et des discours, mais rien ne se passe.
Ah, si. En fait, les banques ont recommencé à spéculer sur des produits toxiques, les agences de notation à fermer les yeux, et les contribuables ont mis des milliards sur la table5].
 
2009_02_03_OneTouchFeb03200941Pour en finir avec toutes ces conneries, appelons un chat un chat, il serait temps de réformer -pour faire rapide- les banques centrales et le système d’émission du crédit (donc, de la monnaie). Il fut un temps où ce pouvoir appartenait au roi, dans la mesure où il n’avait pas besoin de fonds des banquiers, puis Napoléon a transmis ce pouvoir aux banquiers à peine 12 ans après la révolution.
Mais au final, qui s’enrichit quand l’Etat s’endette ? Qui s’enrichit quand les ménages s’endettent ? Quand il y a une guerre ? Quand on brade le patrimoine de l’Etat ? Quand les actionnaires s’engraissent ?
Au lieu de faire du replâtrage d’amateur, autant « réformer le capitalisme », comme ils disaient, et réviser tout le système. Parce que depuis que le capitalisme existe, les krachs se sont succédés et les avancées sociales sont toujours restées limitées. Question de répartition…
 

 
[1] Pour qui la crise est due aux taux d’intérêt trop bas de la Réserve Fédérale US, plus qu’aux dérives du système financier et de la spéculation, couplée avec une politique d’austérité salariale qui pousse les gens à s’endetter pour consommer. Il a beau jeu, aujourd’hui, de prôner une régulation qu’il n’a pas préconisée quelques temps plus tôt.
 
[2] Tels que Banco Comercial Português, Centrobanca, Deutsche Bank, AXA Investment Managers, Euroclear Bank, BNP Paribas, Spanish Association of Investment and Pension Funds (INVERCO)
 
[3] Ce qui ‘na pas empêché Sarko de déclarer que les résultats du G 20 étaient « au-delà de ce que nous pouvions imaginer  » et que « Contrôler les fonds spéculatifs ne crée pas d’emplois dans l’industrie française du textile, mais tourne la page de la folie de toutes ces années de dérégulation ».
 
[4] On se rappelle que même pour établir la liste des paradis fiscaux, il y a eu plusieurs mois de négociation
 
[5] 11.000 milliards de dollars aux Etats-Unis, notamment
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.59/5   (29 votes)




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34 réactions à cet article    


  • John Lloyds John Lloyds 12 novembre 2009 15:54

    Régulation et réforme ? De la poudre aux yeux pour illusionner le public et de l’utopie pour le faire rêver d’un monde meilleur.

    Le problème central de l’empire financier était, est, et sera la Fed. Un kyste dans l’état, un kyste privé, totalement opaque, résistant à toutes les demandes d’audits et de transparence, qui donne ses ordres à Obama. Bernanke, reconduit par Obama, se permet même un doigt d’honneur quand la commission l’interroge :

    - Sur quels comptes européens ont été transférés les fonds ?

    B. - Je ne sais pas

    - Pouvez-vous nous donner les noms des bénéficiaires ?

    B. - NON !!! (voir l’excellent reportage « Fall of the Republic »)

    Quand le système va se casser la gueule (même le gourou des bourses mondiales, Roubini, l’a annoncé), Les gens s’entretueront pour un bout de pain, et eux, qui détiendront or, matières premières, mines, immobiliers et peut-être liquidité (si elle vaut encore quelque chose), continueront à vous la mettre encore plus profond.


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 12 novembre 2009 16:04

      Oui, enfin, tout le monde a compris qu’il ne s’agit pas de réguler le système, mais de parler de la régulation du système, ce qui est très différent. Mais que voulez-vous, c’est l’époque qui veut ça. Tant qu’on aura pas eu d’émeutes populaires et d’attaques physiques de banquiers, rien ne bougera.


      • ZEN ZEN 13 novembre 2009 09:16

        VPC
        Bonjour
        ’il ne s’agit pas de réguler le système, mais de parler de la régulation du système,

        C’est tout à fait ça !
        Voir mon post plus bas


      • plancherDesVaches 12 novembre 2009 16:07

        Hhmm..
        Vous vous focalisez sur l’Europe et sur sarko, mais le problème est bien plus large. Et surtout ailleurs.
        Balayons sarko, déjà : il ne fait qu’utiliser le système à son propre compte. Le reste est litérature.

        L’Europe, maintenant.
        Ne perdez jamais de vue que, par exemple, la suppression de la règle du mark-to-market aux US a entrainé... : la même chose en Europe.
        (évidemment, sinon les banques US auraient paru beaucoup plus en forte que les banques européennes. Ce qui aurait entrainé un différentiel énorme de concurrence)

        TOUT le souci vient de l’autre coté de l’Atlantique.
        Mais plus pour longtemp.

        Des infos toujours utiles pour mesurer l’ampleur de ce qui va nous tomber dessus :
        http://ftalphaville.ft.com/blog/2009/11/12/82926/a-balance-sheet-comparison/

        (et vous remarquerez que nous sommes moins dans la « me*** » que les anglosaxons)

        (et ce qui explique qu’une régulation, soit un début de semblant d’ébauche de commencement de soupçon de projet de vérité est devenu... : impossible)


        • sisyphe sisyphe 12 novembre 2009 16:41

          "On aurait pu croire qu’avec la crise, les banquiers et spéculateurs de tout poil auraient compris qu’il est temps de réformer sérieusement les choses."

          On aurait pu croire ????
          Qui ?
          Ceux qui croient au Père Noël ?

          Merci pour cet article et la démonstration très détaillée de ce que tout le monde sait bien : le système financier ne sera JAMAIS régulé, tant qu’il sera aux mains de ceux qui en profitent, avalisés par leurs dociles serviteurs politiques.

          La SEULE solution est celle (ben oui, je n’arrêterai pas de me répéter) d’une réelle et décisive REFORME MONETAIRE ; qui supprime le pouvoir de création de l’argent aux banques et organismes financiers, et le rend aux états, ou à un organisme central, chargé de le distribuer aux états, et aux états seulement, selon leurs budgets établis sur des règles de saine politique, respectant une juste rétribution des salaires, un service public et social efficace et solidaire, les travaux d’infrastructure à réaliser, faculté de prêts, etc, etc....
          Différenciation des banques de dépôt, et des banques d’affaires, avec interdiction, pour ces dernières, d’investir plus d’argent dans des opérations financières, que celui qu’elles possèdent réellement. Les états pourraient leur prêter de l’argent, avec intérêt, évidemment, ce qui, au lieu de les endetter, leur assurerait des revenus supplémentaires, pour financer leurs besoins.

          Suppression, évidemment, des paradis fiscaux, taxation des bénéfices des opérations purement spéculatives, pour alimenter les fonds internationaux d’aide aux pays en difficulté, sans condition de démantèlement de leurs services sociaux, ni gel des salaires, mise hors du champ de la spéculation des produits de première nécessité ; travail, logement, nourriture, santé, etc, etc...

          Utopie ?
          Dans l’état actuel des choses, hélas, certainement ; et pourtant, la seule solution pour éviter que les mêmes causes continuent de produire des effets de plus en plus dévastateurs pour l’ensemble des citoyens de la planète, jusqu’au pire ; à savoir l’inévitable embrasement mondial, dont la seule question est de savoir quelle forme il revêtira... mais on sait par avance, ceux qui en seront les victimes, comme toujours..

          La seule vraie utopie est de penser que ça pourra être évité, avec la perpétuation du système actuel ; et celle-ci d’utopie, est diablement à l’œuvre, et pour le pire....


          • JL JL 12 novembre 2009 23:37

            « La SEULE solution est celle d’une réelle et décisive REFORME MONETAIRE ; qui supprime le pouvoir de création de l’argent aux banques et organismes financiers, et le rend aux états, ou à un organisme central, chargé de le distribuer aux états » (Sisyphe)

            La révolution, on va dire pour faire court, « conservatrice », a insidieusement renversé les rôles respectifs de l’Etat et des banques. Aujourd’hui, seule une autre révolution pourrait redonner le pouvoir à la démocratie. Je crains que cela soit désormais trop tard. Le pouvoir en place - il manque un mot pour le désigner - règne désormais par la peur et la coercition : peurs des possédants et peurs des possédés. Peur d’une révolte du coté des possédants et peur des turpitudes du coté des possédés. La menace d’une pandémie comme la peur de perdre son emploi entretiennent cette seconde catégorie de peurs.


          • plancherDesVaches 12 novembre 2009 16:51

            Hé hé...

            Les rats n’ont pas encore quitté le navire qu’ils commencent déjà à être remplacés... :
            http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=7954
            « Hamelin, USA : à Atlanta, frappée par la crise, les rats sont les seuls à prospérer (ABC) »

            Et, bientôt en France :
            http://contreinfo.info/breve.php3?id_breve=7952
            « USA : la veille du versement des allocations, des familles sans plus de ressources pour se nourrir attendent minuit et une minute pour aller faire leurs courses (NYT) »


            • Cipango 12 novembre 2009 18:00

              Excellent article, je connaissais grosso modo ces dérives mais n avais aucun détail. Pour ce qui est de réformer le capitalisme, ou changer de système, cela ne viendra pas des décideurs (politiques ou financiers), mais de la pression populaire.


              • Ceri Ceri 12 novembre 2009 19:33

                Il est effectivement temps de prendre le taureau par les cornes

                Au lieu de lutter d’un coté pour l’écologie, de l’autre pour les droits sociaux, de l’autre contre la répression policière, de l’autre encore, contre les lois anti immigration etc.

                Pourquoi ne pas s’attaquer à la seule cause de l’ensemble des problèmes : le systèmes des banques centrales.

                Pourquoi moi qui ai fait une licence d’histoire, une maitrise de sciences po et une autre de journalisme, je n’ai jamais eu un seul cours sur le fonctionnement des banques centrales ni sur leur histoire ?

                Informons sur ce qu’est ce système, ce sera déjà un pas, après les gens devraient comprendre qu’on s’est fait spolier, en fait.


                • Cipango 12 novembre 2009 20:50

                  pourquoi vous ? Sans doute que vous avez ou tentez de garder l’esprit critique, que vous ne profitez pas de ce système donc rien à perdre en le dénoncant.
                  Cela dit, les banques ont su profiter des faiblesses des populations / individus (gagner plus, posséder plus, égoisme, compétition, peurs). C’est un peu comme les dictatures en fait, les banques ne seraient pas devenus ce qu’elles sont sans l’aval des populations.


                • perlseb 12 novembre 2009 19:38

                  Peut-être que sans, aucune réforme, le système va finir par s’auto-réformer par un dégoût généralisé. Mais on doit en être encore un peu loin.

                  Je m’explique. Si des « gros banquiers, dirigeants ou industriels » disent qu’ils possèdent légalement toute la fortune mondiale et que vous, vous n’avez que des miettes, pourquoi est-ce que vous irez travailler ? Car quand vous travaillez, vous les enrichissez encore plus et si on compare les générations, on a tendance à s’appauvrir : s’endetter à 2 salaires sur 25 ans pour une simple maison, mais où va-t-on ? Une petite maison, sans les contraintes de lois (permis de construire) de temps perdu (travail obligatoire pour le compte d’autres) ou de normes industrielles (respect des NF), ça peut se construire en quelques mois.

                  Donc si on arrête de travailler en tant que salarié et qu’on réinvente le troc pour ceux qui cherchent à s’en sortir (réel travail utile), alors tous ces oligarques pourront mourir de faim avec tout leur argent. Il ne faut plus faire confiance à l’argent. Il faut échanger avec des gens qui se donnent de la peine, pas avec des voleurs/exploiteurs qui n’ont rien inventé mais ne font que profiter du système dont ils écrivent les règles.

                  Certains me diront, quelle régression de revenir au troc ! Mais je ne sais pas si le salariat/chômage n’est pas la plus grande régression.


                  • PhilVite PhilVite 13 novembre 2009 14:02

                    Je crois que vous avez raison.

                    Pour ma part, j’ai toujours vu dans le salariat la forme moderne de l’esclavage, et dans l’argent l’instrument de cette condition. En fait, il faut en élargir le champ. La plupart des indépendants et des patrons de petites boîtes sont tout autant des esclaves. La contrainte financière ne leur laisse guère plus de liberté.
                     
                    La seule solution individuelle consiste à se retirer autant que possible de ce système. Et cela passe notamment par une remise en cause de sa propre façon de consommer. Effectivement, comme vous le dites, troquer autant que possible, faire soi-même plutôt qu’acheter, acheter au ’’bon’’ prix, refuser d’engraisser les intermédiaires inutiles...etc.
                    Ce n’est pas grand-chose, mais ça permet d’échapper un peu à ce pénible sentiment de n’être qu’un pion.

                    En fait, il semble bien qu’aujourd’hui notre façon de consommer ait plus de poids que notre bulletin de vote. Il faut donc en user intelligemment...en attendant le grand ménage !


                  • pseudo 12 novembre 2009 20:13

                    Nous sommes dans un monde d’athée avec comme unique Dieu l’argent. Les banquiers ne sont que des suppôts de satan, les plus dévoués d’entre nous. Avoir basé nos sociétés sur la seule valeur d’un billet banque fait de nous des complices du système. Avant de vouloir changer le système il faut faire un travail personnel et collectif pour créer un nouvel ordre financier. Ce nouvel ordre financier sera mis sous tutelle de l’état , des entreprises, des associations pour une société plus humaine. La création de la monnaie et des prêts reviendraient logiquement à l’état donc plus problème de dette. Ne soyons pas naïf ! les banquiers ne lâcherons riens de leur pouvoir total sur nos sociétés, nos vies, sans que le peuple en prenne conscience de l’arnaque du système et agisse. Les banquiers sont de grand sorcier capable prestidigitation, ils n’ont jamais gagnés autant d’argent que pendant la crise ? Alors qu’ils ont perdu des milliards quand l’économie était au plus haut ! Trop fort



                    • plancherDesVaches 12 novembre 2009 20:17

                      http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2881

                      A réfléchir. Sachant que seulement 25% des yankee pensent que leur capitalisme va bien smiley


                      • intactsaphir 12 novembre 2009 21:21

                        Bonjour,

                        Un petit documents sous forme de BD : la dette ex nihilo

                        www.factum911.com

                        Merci pour l’article et les commentaires


                        • Emin Bernar Paşa Paşa 12 novembre 2009 21:46

                          « Et l’organisme chargé d’élaborer la législation n’était autre que le Committee on European Banking Supervision (CEBS), dominé comme par hasard par les représentants des grandes banques, telles que la Credit Suisse, BNP Paribas, Deutsche Bank, the Dunbar Bank, the Royal Bank of Scotland, Skandinaviska Enskilda Banken »
                          VOUS DITES N’IMPORTE QUOI : LE CEBS REUNIT DES REPRESENTANTS DES BANQUES CENTRALES, POUR LA FRANCE MME DANIELE NOUY REPRESENTE LA BANQUE DE FRANCE .
                          IL SUFFIT D’ALLER SUR CEBS.ORG POUR VERIFIER...


                          • Ceri Ceri 12 novembre 2009 22:11

                            et quelles sont les banques qui font partie de la banque centrale ?


                          • Emin Bernar Paşa Paşa 12 novembre 2009 21:49

                            A FORCE DE VOIR DES COMPLOTS PARTOUT ON FINIT PAR DESINFORMER...


                            • Ceri Ceri 12 novembre 2009 22:11

                              dites moi où je parle de complot...


                            • Emin Bernar Paşa Paşa 12 novembre 2009 23:10

                              « et quelles sont les banques qui font partie de la banque centrale ? »

                              VOUS AGGRAVEZ VOTRE CAS !!! RAPPELEZ VOUS QU’ EN 1936 QUE LES STATUTS DE LA BANQUE DE FRANCE ONT ETE REFORMES METTANT FIN A LA TUTELLE DE 200 GROS ACTIONNAIRES !!!


                              • ZEN ZEN 12 novembre 2009 23:20

                                Excellent article, Ceri
                                Qui rejoint les préoccupations de Krugman lui-même et les craintes de Rubini
                                100% d’accord avec Sisyphe
                                Maurice Allais voyait clair sur ce point depuis longtemps
                                Je ne connaissais pas ce type de lobbying à Bruxelles
                                Cela donne la nausée, après la mascarade du G20
                                Voilà qui prolonge les analyses de Jennar sur La trahison des élites


                                • Emin Bernar Paşa Paşa 12 novembre 2009 23:20

                                   LA BANQUE DE FRANCE FUT NATIONALISEE EN 1945 !!!!


                                  • Emin Bernar Paşa Paşa 12 novembre 2009 23:25

                                    RESUME DES PRECEDENTS EPISODES :
                                    LE CEBS N EST PAS DOMINE PAR LES BANQUES !!!
                                    LA BANQUE DE FRANCE NON PLUS !!!

                                    la régulation financière mérite des analyses sérieuses !!!


                                    • Pascalou 13 novembre 2009 01:21

                                      Si vous pouviez cesser svp d’écrire en MAJUSCULES & de coller des ! de partout en (sur)nombre - et au lieu de balancer des phrases du type « la régulation financière mérite des analyses sérieuses !!! » tel l’aigle du Muppet show, développer ou apporter des précisions u-t-i-l-e-s... merci !


                                    • Le péripate Le péripate 12 novembre 2009 23:41

                                      Il ne peut avoir d’authentique régulation de la finance qu’avec une vraie monnaie.

                                      Une vraie monnaie résiste aux manipulations. C’est une marchandise qui a un autre usage que l’échange, qui a un prix. C’est de l’or, de l’argent, des cigarettes...

                                      Hors de ça, les disputes politiques autour de la finance sont des disputes de brigands pour le butin.


                                      • ZEN ZEN 12 novembre 2009 23:47

                                        De l’or ?
                                        La Chine fait le plein...
                                        inquiétant signal pour le dollar , dont la valeur risque de s’effondrer assez vite


                                        • Jean-Jean Valjeanjean 13 novembre 2009 01:07

                                          Mince ! Ça m’scie les pattes, ça, comment ça s’fait ?


                                          • ZEN ZEN 13 novembre 2009 08:49

                                            La régulation bancaire : paroles, paroles....

                                            « L’Europe ne dit pas ce qu’elle fait ; elle ne fait pas ce qu’elle dit. Elle dit ce qu’elle ne fait pas ; elle fait ce qu’elle ne dit pas. Cette Europe qu’on nous construit, c’est une Europe en trompe l’oeil »(P.Bourdieu)


                                            - "Les accords conclus aujourd’hui entre 27 grands pays sont essentiels, car ils établissent de nouvelles règles de régulation bancaire et de surveillance, à l’échelle globale"( le président de la Banque Centrale Européenne Jean-Claude Trichet)


                                            • colza 13 novembre 2009 08:55

                                              Maintenant que le Traité de Lisbonne est définitivement entériné et applicable, le règne de la Commission Européenne et des Lobbies qui la pilotent va pouvoir prendre toute sa mesure
                                              Ca nous promet des jours heureux, lorsqu’on voit ce qu’ils ont fait jusqu’à présent.
                                              Je suis d’accord avec periseb, ce n’est que par l’arrêt de la participation de la population au fonctionnement de la société de consommation et la création d’une économie parallèle basée sur le troc et l’échange qu’on pourra la faire s’écrouler.
                                              Ca ne serait ni dur ni long à obtenir.


                                                • wesson wesson 13 novembre 2009 17:00

                                                  Bonjour l’auteur,

                                                  rien à dire sur le mal, il est connu depuis longtemps et finalement pas mal de personnes savent où tout cela va nous mener.

                                                  Par contre, la nouveauté avec cette crise, c’est la prise de conscience de la résistance des élites à toute forme de changement.

                                                  En effet, après les vociférations, les déclarations avec des trémolos dans la voix, rien !

                                                  L’Europe est toujours la même, et son orientation politique, largement co-responsable de la crise actuelle n’a pas changé d’un iota, malgré un scrutin européen dont la campagne fut largement placé sous le thème de la nécessaire re-régulation financière. Pis, l’adoption en catimini et à marche forcé du traité de lisbonne -qui grave dans le marbre l’orientation actuelle - a été obtenu au terme d’une campagne médiatique ou le chantage fait au peuple Irlandais y apparaissait de manière limpide.

                                                  Et personnellement cela m’a fait comprendre une chose. Je sais le système actuel organiquement vicié et pas réformable de l’intérieur, mais jusqu’alors je pensais que notre vote pouvait arriver à changer cela.

                                                  Ce que j’ai fini par comprendre, c’est que même pas notre vote n’aura un effet, tant la vulgate médiatique s’évertue en fait à nous présenter comme candidat que des personnes qui soutiennent objectivement ces systèmes en place.

                                                  C’est pourquoi je suis maintenant parfaitement convaincu qu’une réforme sérieuse du système qui a failli maintenant ne pourra se faire que à l’issue d’un évènement de type guerrier ou révolutionnaire, en tout cas d’inspiration populaire et court-court-circuitant les canaux médiatiques.

                                                  Et force est de constater que l’histoire me donne raison : les hommes d’état français ayant une réelle envergure politique (tels que Napoléon ou De Gaulle) n’arrivent au pouvoir qu’a l’occasion de tels évènements.


                                                  • herve herve 15 novembre 2009 12:12

                                                    Bonjour,


                                                    Excellent article, très bien documenté. S’il ne nous apprend rien, il a l’immense mérite de confirmer, enquête à l’appui, nos doutes sur le sérieux de la reprise en main de la Finance mondiale. 
                                                    Beaucoup de commentaires sur la Révolution, redoutée par les uns, et attendue par les autres. 
                                                    Pour ma part, je considère que la Révolution est déjà en marche ! Au moyen d’internet. Certains des contributeurs en savent plus ici que nombre d’experts qui se répandent en analyses dans les médias traditionnels. Sauf que... désormais ils ont le moyen de s’exprimer et d’informer. ça vacille côté des « élites » établies, et elles le savent. Ce qui leur fait dire parfois n’importe quoi comme « internet, la poubelle du monde ».
                                                    S’informer et Informer c’est déjà Top. Mais Internet c’est aussi Agir
                                                    Le Capitalisme ne pourra être réformé que par nous, qui en voyons chaque jour les limites ET qui n’en bénéficions pas. Tandis que les Experts ardents défenseurs du système en place, en voient tout comme nous les limites MAIS bénéficient de ses retombées (sonnantes et trébuchantes).
                                                    Il est des moyens d’agir grâce à Internet, car Internet est un outil collaboratif par excellence. Nous savons tous que la richesse provient de la Coopération et non de la détention du Capital. L’argent permet d’initier le processus collaboratif, c’est tout. Or Internet peut sur ce plan avantageusement remplacer l’argent. Alors puisqu’il n’est plus nécessaire d’avoir de l’argent pour entreprendre, qu’attendons-nous ? 
                                                    C’est ce que je propose sur http://boursomissions.fr mais il existe plein d’autres initiatives !


                                                    • BA 16 novembre 2009 00:45

                                                      LEAP/E2020 est une entreprise de prospective. LEAP/E2020 vient de diffuser son dernier bulletin de prévision le 15 novembre 2009.

                                                      Lisez cet article exceptionnel :

                                                      «  Les Etats face aux trois options brutales de 2010  : inflation, forte pression fiscale, ou cessation de paiement.

                                                      Comme anticipé par LEAP/E2020 en Février dernier, faute de refonte majeure du système monétaire international, le monde est bien en train d’entrer actuellement dans la phase de dislocation géopolitique mondiale de la crise systémique globale. Pour l’année 2010, sur fond de dépression économique et sociale, et de protectionnisme accru, cette évolution va ainsi condamner un grand nombre d’Etats à choisir entre trois options brutales, à savoir  : l’inflation, la forte hausse de la pression fiscale, ou la cessation de paiement.

                                                      http://www.europe2020.org/spip.php?article625&lang=fr

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