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La régulation impossible ?

Avec les conséquences sociales de la crise financière que connaît le monde, il n’est plus personne qui défende un capitalisme sans fond car trop ravageur. Partout, dans les discours plus que dans les actes, le terme « régulation » est brandit comme la solution miracle. Le problème qui demeure avec ce type solution, c’est son caractère équivoque. Si « régulation » est sur toutes les lèvres, il est possible de penser que chacun donne à ce terme un sens différent, et pire encore, une signification susceptible de préserver son propre confort. Ainsi, en fonction de la place où il se trouve, chacun des acteurs économiques, qu’il soit producteur ou consommateur, porte une vision beaucoup moins consensuelle. Ainsi, pouvons-nous dire que les mots –qui plus est quand ils sont vagues - nourrissent plus aisément le consensus que les actes. Une fois chacun rassuré par des mots, c’est pourtant bien grâce à des actes, que la sortie de crise s’effectuera. Et ce sera le temps des contradictions.

« Contradiction ? » c’est ainsi que Laurent JOFFRIN débutait son éditorial le week end dernier. En s’interrogeant sur les propres contradictions de la ligne éditoriale de Libération l’éditorialiste apporte un éclairage assez objectif sur le savant dosage que nécessite la régulation économique. Imperméable aux discours qui ne se réduisent qu’à quelques vœux pieux, le journaliste met tout de go les pieds dans le plat. Il pointe au sein même de la ligne éditoriale, deux points de vue, en apparence contradictoires, du quotidien qu’il dirige.
 
En effet, au cours de la même semaine, Libération, sur deux sujets brûlant de l’actualité défend tantôt le service public version nationalisation et tantôt jeu de la concurrence en soutenant l’idée de l’autorisation d’un nouvel opérateur téléphonique. Et de conclure qu’il n’y a finalement pas la moindre contradiction. En effet, dans les deux cas, il y a intervention de l’Etat cependant sous des formes différentes. Dans le premier cas, l’Etat est actionnaire majoritaire et fixe donc les règles du jeu et dans l’autre, l’Etat prend la décision d’étendre la concurrence à un nouvel opérateur dans un marché déjà concurrentiel.
Dans les deux cas, l’Etat est acteur. Tout l’enjeu réside dans le bon dosage de cet interventionnisme. Et la question demeure comme toujours : de la justice sociale ou de l’équité, où se trouve le juste milieu ? Un jeu d’adresse pour un équilibriste. Et encore un sujet politique ! Faut-il que tout nous ramène à la politique. Dans son ouvrage le capitalisme est-il moral ? récement remis à jour, le philosophe André Comte-sponville s’interroge en effet sur le fait que même si tous les sujets sont d’ordre politique, la Politique ne peut être la solution à tous les maux. Lionel JOSPIN, pour avoir fait ce même aveu, s’en ai mordu les doigts en 2002. Et qu’en pense Platon ?
Christine Lagarde, quant à elle, interviewée sur le projet de libéralisation de la poste argue qu’il n’est pas question de privatisation. Sur le fond, et en jouant un peu sur les mots, la ministre de l’économie n’a pas tout à fait tort. L’Etat va demeurer coûte que coûte actionnaire, mais minoritaire.
Alors comment définir une ligne de conduite face à toutes ces incertitudes ? Comment savamment mesurer la présence d’un Etat ? En se reportant à des valeurs communes peut-être ?
Pour Jean-François KAHN, dans Où va-t-on ? esquisse, en substance, cette analyse. La sagesse voudrait que la vérité se trouve au centre de toute chose. Pourtant quand on recherche la véritable justesse, celle-ci est un curseur qui varie entre deux extrêmes mais ne s’arrête jamais exactement au milieu. Autrement dit, les choses ne sont jamais toute noire ou toute blanche certes. Mais même dans le gris, il faut distinguer des nuances. Et cela est vrai pour tout ce qui concerne l’activité humaine. Celui-ci varie en fonction du contexte certes mais également en fonction du choix de société, autrement dit du projet politique défendu. Certains vont même jusqu’à parler de politique de civilisation comme Edgar Morin. Il faut nécessairement dès le départ fixer des priorités qui serviront de cadre à l’action politique. Des sujets auxquels l’Etat ne pourra déroger. L’Education comme priorité par exemple fait l’unanimité là-dessus. Personne n’a jamais évoqué l’idée de privatiser le système éducatif en France.
Ainsi, il n’y a pas de règles en soi, mais un raisonnement à appliquer le plus fidèlement.

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