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La robinsonade des poissons fumés

Le paradoxe de l’argent des intérêts d’un prêt. Un banquier prête 100 à un emprunteur et lui demande de rembourser 110. Mais où donc l’emprunteur peut-t-il trouver les 10, qui n’existent pas, pour le paiement des intérêts ? Certains pensent que ce n’est pas possible sans fraude. Ils y voient la preuve qu’il existerait une contradiction dans le principe de la création monétaire. Selon eux, cette contradiction serait une contradiction de principe et expliquerait la crise monétaire. D’autres voient dans ce paradoxe la preuve d’une escroquerie des banquiers.

Certains imaginent que la nécessité de payer des intérêts expliquerait que les banquiers seraient contraints à fabriquer de la monnaie qui servira au paiement des intérêts. Ceux-là imaginent alors une sorte de spirale exponentielle de création monétaire. Une sorte d’escroquerie pyramidale, une sorte de fuite en avant qui ne pourrait se terminer que par un catastrophe.
 
Le philosophe Aristote commettait, lui aussi, l’erreur de dire que le principe du prêt d’or avec un intérêt serait contraire à la nature, puisque l’or ne produit pas d’or. Cet argument d’Aristote était inexact. Depuis cette antique époque, certains esprits, pourtant pertinents dans d’autres domaines de la connaissance, ont continuer à commettre cette même erreur. Récemment, une vidéo sur la création monétaire, celle de Paul Grignon, tombait dans cette même erreur de raisonnement. Ce paradoxe de l’argent des intérêts du prêt est mal compris.
 
Il n’y a pas de contradiction dans le paradoxe de l’apparente inexistence de l’argent des prêts d’un emprunt. Ce paradoxe de l’argent des intérêts d’un prêt n’est ni une contradiction ni une escroquerie. Il est donc utile d’expliquer comment cet apparent paradoxe de l’argent du prêt provient d’une ignorance de la nature et du fonctionnement de la monnaie.
 
Le paradoxe s’exprime de la manière suivante : le banquier prête 100 et demande 110, en incluant les intérêts. Le paradoxe est de savoir où trouver les 10 qui n’ont pas été créés. Je vais tenter d’expliquer par une robinsonade, c’est à dire une fable de deux individus sur une île déserte que ce paradoxe ne contient pas de contradiction. Une robinsonade est un procédé de raisonnement qui tente de fabriquer un environnement artificiel pour isoler un problème théorique.

Sur une île déserte, deux individus ont choisi des grammes d’or comme monnaie pour s’échanger leurs productions respectives. Un individu est pêcheur. L’autre est agriculteur. Le pêcheur de poissons a l’habitude de vendre son poisson fumé au prix de 1 gramme d’or pièce. Et l’agriculteur à l’habitude de vendre 1 gramme d’or chaque kilo de blé. Les deux habitants acceptent volontiers ces prix d’échange et les considèrent comme équilibrés.

Su l’île déserte, la quantité de grammes d’or est limitée à 100 grammes d’or. L’agriculteur prête 100 grammes d’or au pêcheur. Le prêteur, c’est à dire l’agriculteur, demande à l’emprunteur, c’est a dire le pêcheur, de lui rembourser 110 grammes d’or. La situation du prêteur est celle du banquier qui prête de la monnaie.

Nous sommes ici exactement dans le cas du paradoxe que nous voulons étudier. Une dette de 110 grammes d’or, alors qu’il n’existe que 100 grammes d’or sur l"île déserte. Et pourtant l’emprunteur va rembourser les 110 grammes d’or au prêteur. Comment va-t-il faire ? Non, il n’y aura ni magie, ni escroquerie. Seulement une grande logique fondée sur la nature exacte du billet de banque.

L’emprunteur est le pêcheur. L’agriculteur est le prêteur. Le pêcheur produit des richesses et pêchant et en fumant ses poissons. Son client est le prêteur agriculteur. A chaque fois que le pêcheur-emprunteur vend un poisson fumé à l’agriculteur prêteur, le pêcheur reçoit 1 gramme d’or. Lorsqu’il a vendu 100 poissons, le pêcheur emprunteur possède 100 grammes d’or. Il rembourse le prêteur agriculteur des 100 grammes d’or de l’emprunt.
 
Ensuite, le pêcheur continue à vendre 10 poissons au prêteur et obtient ainsi 10 grammes d’or. Puis, il remet ces 10 grammes d’or au prêteur en paiement des 10 grammes d’or des intérêts dus. Ainsi l’emprunteur a remboursé 100+10 grammes d’or. L’emprunteur a alors entièrement remboursé sa dette de 110 grammes d’or.

C’est une erreur fréquente de croire qu’il existerait autant de masse monétaire que de quantité de marchandises à vendre. Le remboursement des intérêts d’un prêt est une transaction commerciale parmi d’autres. La masse monétaire est 1000 fois moindre que le volume des transactions commerciales. La quantité de monnaie importe peu pour assurer les échanges monétaires.
 
Cette erreur de raisonnement économique est toujours à l’origine de ceux qui voient une contradiction dans ce paradoxe. La robinsonade des poissons fumés témoigne que la quantité de monnaie importe peu pour assurer la possibilité des échanges.

par gdm (son site) jeudi 1er janvier 2009 - 54 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.105) 1er janvier 2009 11:59
    Claude Simon

    Robinsonade vrai en monnaie or, complètement fausse en monnaie électronique actuelle.

    Car le capital (les 100 euros) sont crées lors de l’emprunt, et détruit lors du remboursement.

    Si dans votre robinsonade, vous détruisez les 100 grammes d’or, vous serez de bonne foi. Et vous m’en direz les conclusions.

    Pour l’heure, c’est une débandade.

  • Par Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.105) 1er janvier 2009 12:06
    Claude Simon

    Excusez les fautes d’orthographe précédentes, mais elles me semblent plus futiles que votre faute de logique ou votre mauvaise foi.

    Retournez lire la robinsonade de Mac Douglas, l’île des naufragés, elle est actualisée par rapport à la votre de quelques siècles, sinon quelques millénaires.

  • Par Tzecoatl (xxx.xxx.xxx.171) 1er janvier 2009 13:44
    Claude Simon

    @Le Spéripate :

    "Donc, la quantité de monnaie est sans importance pour assurer les échanges, ce qui est bien démontré. "
    Ce qui absolument faux, ce n’est pas 100 grammes d’or qui feront tourner l’économie mondiale (Pas plus que les 145000 tonnes exploitées jusqu’à aujourd’hui), et si c’était le cas, je ne suis pas sûr qu’un atome d’or (pour peu que ce soit pratique) qui puisse rémunérer le salaire journalier du plus pauvre esclave de cette terre.
    Et qu’un défenseur de la liberté autour de la réserve fractionnaire vienne nous donner des leçons, c’est le pompon.

    Par ailleurs, je comprends très bien que tu veuilles détourner l’attention de l’ineptie de cet article, dans une cathédrale idiologique aussi solide que le nauséux libéralisme que tu défends et dont tu dois certainement jouir.

    Gdm insulte Aristote et par voie de conséquence lui-même. Nous sommes bien en système exponentiel.

    1kg d’or en l’an 0 à 5% vaudrait aujourd’hui plus de la masse de la terre en or.

    Où les banques privées iront-elles trouver cette exponentialité ? En multipliant la monétisation de matières premières, via la réserve fractionnaire.


    Votre discours tient surtout à sécuriser les rentes du système financier,par un discours sans aucun fondement philosophique, mais uniquement corporatiste : valeur-temps, "l’argent travaille", "le temps c’est de l’argent", l’échange crée de la valeur.
    Cela permet facilement de s’approprier à bon compter la valeur du travail d’autrui, sa propriété, reportant sur le reste de l’économie une casse cyclique, suite à des objectifs globalement et strictement intenables et outrageusement usuraires.

    Mais l’hypocrisie des monnaies libérales sert surtout à faire perdre du temps et de l’énergie à ses contradicteurs, n’est ce pas ? Ou encore d’entretenir le mythe fallacieux (reconnu par des libéraux) du système bancaire écossais.

  • Par marcoB12 (xxx.xxx.xxx.123) 1er janvier 2009 14:01
    jjwaDal

    C’est gentil d’avoir essayé, mais vous n’êtes pas convaincant du tout.
    Votre opinion vaut celle-là, assez incompatible avec la vôtre vous en
    conviendrez.
    On sait que les banquiers crée l’argent des prêts ex-nihilo, que cela ne
    nécessite aucun travail significatif avec des équipes d’ouvriers sur le
    chantier durant des mois (contrairement à la construction d’une maison par
    ex).
    Expliquez-nous pourquoi, alors que l’achat d’une habitation est un coût majeur
    pour tous les budgets, quand nous devons emprunter 100000 euros pour devenir
    propriétaire d’une habitation (dont le prix a doublé quasiment en 10 ans
    quand nos salaires stagnaient) nous devrions rembourser qui 140000 euros et
    qui 175000 ?
    Quel travail rémunérons-nous à un tel niveau ?
    Qu’est-ce qui empêche l’Etat de créer à taux zéro des prêts immobiliers en
    se couvrant simplement sur les menus frais engendrés par le suivi des
    remboursements et les vérifications de niveau d’endettement en amont ?
    Un commandement divin, une loi fondamentale de l’Univers comme la constante
    de structure hyperfine ou la vitesse de C dans le vide ?
    Quand des Etats, des individus en sont à emprunter pour payer seulement le
    service de la dette, tout le monde comprend que le système a abordé une vrille
    potentiellement mortelle.
    Autre chose, le taux de croissance de l’économie à ses limites. Quand une
    économie de 100 milliards de $ de PNB passe à 105 elle a crû de 5%. Quand
    elle atteindra 1000 milliards de $, une augmentation de 10 milliard en un
    an de PNB donnera 1% seulement de taux de croissance.
    Le principe du prêt avec intérêt ignore cette tendance vers le zéro du taux de croissance
    dans un monde finis..

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