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Accueil du site > Actualités > Economie > La science-économique est-elle une science exacte ?

La science-économique est-elle une science exacte ?

Une science est dite exacte si elle constitue un ensemble de connaissances d’une valeur universelle, caractérisée par un objet, une méthode déterminée et fondée sur des relations objectives et vérifiables. L’expression dite science-exacte englobe donc les sciences dites « de la nature » (Chimie, physique, …) ainsi que les sciences dites « formelles » (mathématiques, informatique, physique théorique…). Ces sciences sont considérées comme étant en bon terme avec la notion de « vérité », et leurs fondements théoriques et empiriques parfaitement définis et reconnus universellement en permettent une utilisation massive. C’est bien ainsi que l’on croit pouvoir dire que leurs affirmations, théorèmes et principes restent vérifiables et leurs expériences reproductibles à l’identique et à l’infini. 

Mais si la science-économique est « la science de l’administration des ressources rares, qu’elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources, qu’elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux, nombreux et illimités » d’après Raymond Barre, cette science là peut-elle prétendre à disposer de la même autorité et faire partie de leur famille ? Ici, le débat anime les esprits et les divise. 

Si l’on se penche avec attention sur la nature même de son objet, demander à la science économique d’être exacte relève presque de l’absurde : elle étudie l’activité humaine ! Cette chose instable, imprévisible, aussi têtue que dérangeante, guidée par les passions et perméable à tous les aléas. Nous ne voulons surtout pas avancer que les sciences exactes pourraient être associées à des vérités figées, à des modèles désespérément exactes et de tristes immobilismes. Mais l’économie ne mesure-t-elle pas avant toute chose l’échange de richesse infiniment aléatoire en composant avec une réalité sociale plurielle et impétueuse ?

Car s’il est vrai que les sciences-exactes ou dures permettent un raisonnement déductif, s’il est vrai que leurs modèles parfaits sont autant de tiroirs dans lesquels chaque objet qu’elles peuvent étudier trouve une place sur mesure, la science économique quant à elle est davantage inductive. Elle part du particulier et essaye, le terme est important, d’établir des modèles généraux et valides. Elle s’expose donc constamment à l’imperfection !

Ainsi, à titre d’exemple, les outils même utilisés en sciences économiques sont très souvent de vaines tentatives pour rendre compte de la réalité. Le PNB par exemple : « une suite d’approximations, d’absurdités et de difficultés incroyables » disait l’économiste Morgenstern. Nous ne souhaitons même pas évoquer la question de la soi-disant validité de certains modèles du monde de la finance frénétiquement diffusés, exportés et dont on connait les excès, ni celui de la macroéconomie qui « n’est pas une science exacte, et est incapable d’en être une » écrivit Samuelson dans un réalisme remarquable.

La réputation et les connaissances de cet homme dans l’univers des sciences-économiques font argument d’autorité, et cette déclaration péremptoire nous invite à réfléchir sur les fondements même de la thèse que nous essayons de défendre.

Finalement, l’essentiel n’est peut-être pas de continuer le vain et stérile débat sur « la science-économique est-elle une science exacte ? », mais bien d’étudier en quoi celle-ci est recevable en tant que science tout court, en quoi c’est la démarche scientifique qui importe finalement ! Il s’agit également, d’une certaine façon, de voir en quoi elle reste crédible et parfaitement digne de sa pérennité… Car si la science-économique n’est pas une science exacte (comme la physique et la médecine d’ailleurs si l’on s’en réfère à Karl Popper), elle sait en revanche se servir d’une autre science qui l’est irréfutablement et qui reste l’une des disciplines les plus sophistiquées : l’économétrie, utilisant les mathématiques. La dérive sémantique d’économétrie est d’ailleurs édifiante, et le nombre de calculs et de théories absolument considérable.

Tous sont pourtant plus complexes les uns que les autres et une nouvelle fois, Robert Solow, dans un souci perceptible de redonner le gout de l’économie aux élèves, s’insurge contre un constat maintes fois fait… : La science-économique se mathématise à l’excès (cf. jusqu’à l’absurde) même si ses disciples, souvent des forces de la nature, à l’esprit d’une rigueur et d’une puissance comparable à celui des plus grands génies des sciences-dures prétendent à un formalisme universel aléatoire. 

Si les résultats des études économiques sont intrinsèquement incapables d’être tout à fait justes, ils mériteraient de l’être au regard des efforts déployés pour les enfanter. Malgré leur élaboration et leur intelligence, et c’est là leur grand drame, on ne peut en effet si fier aveuglement. Cependant, « All model are wrong, but some are useful” ! (Georges Edward Pelham Bord). Là est toute la vérité de l’efficience des sciences-économiques, et leur moyen de parader devant les plus éminents concepts physico-chimiques. A défaut donc d’être tout à fait exacts, les leurs sont fort pratiques. Certes, ils ne fourniront jamais de données parfaitement exhaustives du fait de l’infinité des critères et variables qu’ils tentent de combiner, mais existe-t-il une autre façon d’appréhender des phénomènes économiques complexes pour les généraliser, les universaliser ? Non.

Le monde est donc ainsi fait, il faut l’admettre, pardonner ses défauts et composer avec. Devenir un économiste efficace signifie accepter l’imperfection à jamais irréductible pour pouvoir agir enfin.

Empêchons l’asymétrie d’information là où il nous est possible de le faire. Généralisons le R2 ! Ferrons chaque résultat à son écart type ! Comme il est tentant de faire croire que les anticipations de l’évolution économique et la glorification du libre marché sont exactement fondées, et exempts de toute critique dubitative ! Qu’il est confortable d’être à la tête d’une économie « sûre et solide ». Une honnêteté accrue par l’acceptation de ses faiblesses exempterait la science économique de beaucoup de critiques.

Aussi, laissons-lui sa chance même si elle ne pourra jamais prétendre à l’exactitude ! Car l’heureuse vérité est que la science économique est une science de l’incertain, qui dépasse l’angoisse du doute, ouvre une porte sur la redécouverte de l’imagination, de la liberté et du désir (Pierre Montfrais). 

Pascal de Lima est économiste en chef - Altran Financial Services - et Enseignant à Sciences-po, Clémentine Aymard est étudiante à Sciences-po. 


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20 réactions à cet article    


  • Lucien Denfer Lucien Denfer 10 février 2010 11:05

    Question intéressante mais l’évidence de la réponse crève les yeux. 

    Une autre question, l’économie doit elle être considérée comme une entité distincte faisant l’objet d’études et de théories ou comme une discipline au service de l’homme, de la productivité des entreprises ?


    • Pierre 10 février 2010 11:35

      NON.

      J’ai bon ?
      pourquoi en faire un article...


      • JL JL 10 février 2010 11:40

        L’économie est de toutes les sciences la moins neutre. Ce qui fait que, même si elle était une science exacte, nous ne serions pas beaucoup plus rassurés.

        Une citation, si vous permettez :

        « Lorsqu’on tente d’utiliser une relation économétrique à des fins de contrôle politique, elle se transforme ». Charles Goodhart (Banque d’Angleterre)


        • Daniel Roux Daniel Roux 10 février 2010 11:43

          Personne ne prétend sérieusement que l’économie est une science exacte. Le paradoxe est qu’il faut posséder de solides connaissances mathématiques pour l’aborder.

          L’économie fait partie est une science humaine, inexacte généraliste et transversale. Chaque spécialiste peut l’aborder légitimement de son point de vue, qu’il soit anthropologue, démographe, informaticien, mathématicien ou philosophe.

          Il y aurait beaucoup à dire cependant sur les sciences dites exactes. Ne croyez pas par exemple, que tout est transparent dans le milieu de la recherche. Il y a là comme ailleurs des modes, des chapelles, des mandarins qui décident de ce qui est correct de chercher et de trouver ou non, ainsi que des carrières en fonction des gages de soumission et des relations personnelles.

          De nos jours et sous ce régime qui pourrit tout depuis 40 ans, il vaut mieux porter les valises des mandarins ou être fils de.. que brillant scientifique sans relation.

          L’université est un univers feutré mais hiérarchisé, cruel et injuste qui n’encourage ni l’originalité, ni l’excellence.


          • Mycroft 10 février 2010 12:17

            Article qui néglige le principal argument permettant de dire que l’économie n’est pas une science « dure » terme plus usité qu’« exacte » qui a tendance à ne concerner que les mathématiques et l’informatique. En effet, en économie, ce qui manque, c’est l’expérimentation renouvelable et mettant toutes choses égales par ailleurs.

            En physique, en médecine, en biologie, les modèles aussi sont imparfaits. Ce n’est pas le cas en mathématique ou en informatique, parce que dans ces domaines, le modèle est ce qui nous intéresse, et non une représentation utilisable de la réalité. C’est ce qui distingue une science « dure » d’une science « exacte ». Mais ce qui rend ces modèles utilisables, c’est justement qu’ils concordent avec l’expérimentation. Et c’est aussi ce qui fait qu’une science est une science, et pas une croyance ou une philosophie. Il faut être en mesure d’isoler l’hypothèse qu’on veut démontrer des autres facteurs à même de perturber l’expérience.

            C’est complètement impossible en macro-économie, et particulièrement difficile en micro économie, car il faudrait étudier les choses sur des individus complètement identiques du point de vue de notre domaine d’étude à une différence près, celle qui nous occupe. Pour prendre une métaphore que j’aime beaucoup, si on fait concourir une voiture rouge et une voiture bleu, si la rouge gagne, on ne peut en déduire que « le rouge ça va plus vite », sauf si la couleur est véritablement la seule différence entre les voitures, et que l’expérience a été répété un nombre suffisant de fois. Et pourtant, c’est un raisonnement analogue qui est suivit en économie, notamment pour justifier de la performance du modèle anglo-saxon.

            Vous prétendez que l’économie est une science parce qu’elle se base sur des formules mathématiques. Mais la numérologie, sorte d’astrologie utilisant les mathématique au lieux des planètes pour prétendre prévoir le futur des personnes , fais de même, et il faut être bien crédule pour prendre cela pour une science.

            L’économie n’est qu’un aspect de la philosophie, qui utilise des mathématique (ce qui permet aux économistes d’être un peu moins à l’ouest qu’un BHL moyen), rien de plus.


            • andqui 11 février 2010 10:36

              Je partage ce point de vue ; l’économie n’est pas une science et ses théories ne répondent pas aux principaux critères qui les feraient « scientifiques ». En gros, elles sont généralement incapables de prédictions et se contentent souvent d’expliquer... le passé.
              C’est au mieux une discipline, comme le psychologie ou la psychanalyse. Ce qui ne veut pas dire que ce soit inutile.
              A cet égard, le prix nobel d’économie est aussi peu significatif que le prix Nobel de la paix.


            • thejoker 10 février 2010 12:20

              d’apres lyndon larouche, l’economie est une science exacte mais pas dans les termes communement admis par les « economistes »

              pour l’apprhender comme une science exacte, il faut se baser sur leibniz, riemmann , carey, list et larouche : il s’agit alors d’economie physique
              pour faire court il faut apprehender la dynamique des flux dans le cadre de zone à potentiel de densité demographique relative.
              http://www.solidariteetprogres.org/sp_Dossier_EconomiePhysique.php
              et plus precisement
              http://www.solidariteetprogres.org/article370.html
              "Nous cherchons donc plus généralement à trouver une fonction qui puisse rendre compte du progrès humain.

              Dans l’un de ses écrits, En défense du sens commun, ou comment s’affranchir de la méthode logico-déductive (note 1), LaRouche décrit la fonction recherchée comme suit :

              « La forme générale de la fonction est donnée de la manière suivante :

              1. Le progrès technologique favorise une augmentation du potentiel de densité démographique.
              2. L’augmentation du potentiel de densité démographique qui en résulte favorise les conditions pour faire progresser le niveau de technologie des activités courantes.
              3. Cela, s’il est réalisé, favorise à son tour une augmentation du potentiel de densité démographique. »

              • thejoker 10 février 2010 12:42

                la definition de l’economie actuelle ne sert que les interets des dominants

                l’economie c’est autre chose au sens classique :
                qui ici a lu leibniz ? larouche ?


                • plancherDesVaches 10 février 2010 15:22

                  Bien vu, Thejoker.

                  Ainsi, tout comme les Mathématiques sont une science exacte qui sert aux financiers pour se faire du fric, la Physique est celle qui sert aux militaires à tuer.

                  Toute avancée humaine peut donc servir l’Humain autant que le desservir.

                  Einstein en avait parfaitement saisi le principe...


                  • Aspiral Aspiral 10 février 2010 18:15

                    Toutes les sciences de la vie ont dérivé sous l’effet du mythe scientifique. Confusion entre la recherche des lois de la nature humaine et les soi-disant causes de tout ce qui ne va pas. La médecine autant que l’agriculture en sont victimes. Que dire de l’économie ? Il y en a même qui seraient tentés de faire du droit aussi une « science ».


                    • Heum, heum,... 10 février 2010 20:15

                      Pour qu’une science puisse être considérée comme exacte, il n’y a aucun besoin de nombres et d’équations mathématique : il faut qu’elle énonce des lois et que ces lois permettent de faire des prédictions qui se réalisent. par exemple un événement, une tendance, ou un renversement de tendance.


                      Or, la science économique est complètement incapable de prédire quoique ce soit. Elle pérore interminablement sur l’inflation, la dette, le chômage, le rôle néfaste de l’État, la main invisible, et autres thèmes qu’elle affectionne. C’est typiquement un discours idéologique.

                      Même les plus grosses crises, comme celle de 2008, ne sont pas prévues par les économistes (Par exemple, Paul Jorion est à la base un anthropologue, pas un des nombreux profs qui enseignent l’économie dans le supérieur).

                      Vous faites une erreur sur l’objet de la science économique, on voit que vous êtes un individualiste : la science économique ne porte pas sur « le comportement humain », mais plutôt sur les sociétés et des comportement qui sont sociaux (ceux des consommateurs, des employeurs,..). 

                      Ce n’est pas une science humaine, mais une science sociale.





                      • Francis48 10 février 2010 21:50

                        « L’économie n’est qu’un aspect de la philosophie, qui utilise des mathématique (ce qui permet aux économistes d’être un peu moins à l’ouest qu’un BHL moyen), rien de plus. »

                        Bonne reflexion qui en suscite une autre un peu moins sympa mais si on réfléchie un temps soit peu à ce que sont véritablement l’économie et les économistes on ne peu que s’interroger sur leur place et leur véritable rôle dans le jeu complexe de la finance.
                        Sont ils des historiens de l’activité financiére ?
                        Sont ils des observateurs de certains comportements humains face à l’argent ?
                        Sont ils des chercheurs de martingales capables d’apporter des solutions à tous ceux qui veulent s’enrichir facilement.....
                        Sont ils des frustés qui pour masquer leur manque de courage en bourse se parent d’une pseudo science ?
                        En fait la comparaison avec l’astrologie est assez bonne puisque dans l’un et l’autre cas il s’agit de donner une honorabilité scientifique à une activité qui ne repose sur aucun critére scientifique au sens propre du mot.
                        L’économie et l’art de vendre du vent, d’orienter les achats ou les ventes de la pauvre dame de Carpentras qui à le tort de se fier à l’avis de ces beaux parleur fussent ils diplômé d’une fac quelconque.....
                        Il faut de tout pour faire un monde mais pendant que les économistes s’échineront à discuter sur le pourquoi et le comment de tel ou tel évènement boursier il y aura un autodidacte qui montera une entreprise à la force du poignet comme on dit et qui fera fortune sans jamais avoir lu Keyne ni une quelconque théorie des frontiéres (Malthus)pas plus que le cycle du porc ou pour finir calculer le p.e.r d’une action.


                        • ddacoudre ddacoudre 10 février 2010 22:25

                          bonjour francis48

                          voilà un commentaire que devrait lire les étudiants en économie.

                          cordialement.


                        • Francis48 10 février 2010 23:34

                          Bonjour DDacoudre.

                          Je l’ai fait il ya quelques années et il faut croire que cela n’a pas servi a grand chose.
                          Soupir.
                          La seule chose que j’ai retiré de mes études en économie c’est de surtout pas être un économiste ni un spéculateur boursier......Pour faire court cela m’a permis de comprendre qu’il ne faut pas confondre le confort matériel, l’argent , le pouvoir de l’argent avec le bonheur.
                          Bref.....
                          Cela étant dit, j’ai retrouvé le même phénomène et les même discutions avec la musique
                          On à voulu faire d’un art une science, former des techniciens de la musique qui étudient à perte de vue le comment du pourquoi tel morceau devient une oeuvre immortelle sans jamais arriver à composer une seulle chansonnette......
                          Mais le géni d’un Mozart ,d’un Bach, d’un Wagner ne s’apprend pas au conservatoire.

                          Pas plus que le géni de la finance ou l’intelligence de la politique ne s’apprend sur les bancs de la fac.

                          Vouloir à tout pris faire croire qu’à force d’études de recettes aprises par coeur on va former une multitude de petits as dans tous les domaines est une grossiére ereur.
                          En fait on ne fait que donner à des individus pour la plus part sans foie ni loi les moyens
                          de satisfaire leur plus bas instincts.
                          La preuve : il n’y a qu’à voir la situation catastrophique dans laquelle on est......

                          Pas étonnant puisque la société nous engage à acquérir la richesse par tous les moyens.
                          Et comme il n’y a plus beaucoup de morale, tous les moyens sont bons.

                          Pour citer Carrel « les êtres humains n’ont pas grandi (moralement) en même temps que les institutions issues de leur cerveau »
                          Science sans conscience......

                          Cordialement


                        • raoul coutant 10 février 2010 22:35


                          l’économie ne peut être une science exacte puisqu’elle repose sur le comportement des humains, dont le comportement économique est fortement modifié par la connaissance qu’il a de son propre rôle.
                          « un homme averti économiquement (par les sondages, par les prix, par la publicité, par l’idéologie politique, etc..) en vaut deux »...

                          Un article intéressant sur comment la « science budgétaire » peut être démocratique et directe :
                          http://nous-utiles-et-solidaires.blog4ever.com/blog/lire-article-294976-1183115-consultation_budgetaire_directe.html
                          ou
                          http://citoyencobudo.skyblog.com/ 
                          ou
                          http://www.agoravox.fr/IMG/COBUDO.doc

                          Longue vie à AgoraVox !

                          Raoul


                          • ddacoudre ddacoudre 11 février 2010 00:25

                            bonjour lima

                            bon article que je complète.

                            Par analogie, notre monde ressemblerait à un puzzle en expansion où chaque pièce se renouvelle, se multiplie, varie de forme, de couleur, de place, et modèlerait une image sans cesse changeante. Un puzzle que nous n’avons aucune chance de lire dans son ensemble par notre seul regard, et même si nous nous situions dans une position hypothétique d’observateur, nous ne pourrions observer et comprendre que le passé, car le temps de décoder ce que nous observons, l’image que nous définissons n’existe plus. Si bien que l’étroitesse de notre regard ne nous permet d’exister que par défaut tout en étant partie intégrante du monde objectif. Monde objectif que nous devons percevoir par nos sens, et c’est cet apparent paradoxe qui a certainement donné naissance à la récurrente querelle des matérialistes et des spiritualistes.

                             

                            Pourtant, toute cette complexité peut être formulée par des règles mathématiques, qui sans être absolues, réduisent l’incertitude des probabilités dans la survenance d’un événement, et elles nous ont ouvert la porte à ce que nous ne voyons pas.

                            Ceci en gardant à l’esprit, que les mathématiques qui ont fait sauter tant de verrous, ne pouvant calculer de nombres infinis, il y a forcément un point où tout cela s’effondre ; et tout raisonnement, également, a un point où il y a un absolu, un point ou il y a une place pour ceux qui ont besoin d’une « Vérité », une place où l’on peut mettre un Dieu, un abri où l’homme peut reposer sa vigilance et poser ses secrets.

                             

                            De telle manière que l’animal que nous sommes qui a besoin de vérité, et qui se croit, civilisé parce qu’il se dit « bonjour », ne s’ouvre aux autres que de manière hégémonique, et il laisse le travail de corrélation, d’acculturation au « temps », parce qu’il n’a pas de contrôle sur lui.

                             

                            En effet, ce sont les mathématiques[1] qui sont devenues le langage de la concrétisation scientifique, de l’ensemble de nos théories bâties par la pensée, et elles ont permis d’en faire la vérification et l’application. Bien que ce soit les deux, littérature et mathématique, qui associées et vulgarisées, permettent à chacun, de naviguer dans toutes les autres disciplines. La construction du raisonnement repose tout autant sur la connaissance du langage lexical qui permet le développement de la pensée abstraite, que des mathématiques qui offre la logique déductive, et séparer les deux n’est pas sans incidence sur l’appréciation de notre existence.

                            Ainsi par soucis d’organisation nous déterminons des normes par l’usage du vocabulaire et des mathématiques, et de fait, ces déterminants restent aléatoires car ils peuvent se déplacer sur une échelle de 0 à l’infini, ils sont donc relatifs.

                             

                            Il ne sert alors à rien d’espérer trouver une valeur marchande se définissant par une loi invariable qui nous dispenserait de la responsabilité d’acteur afin d’apprécier nos agissements sociaux aléatoires, issue de l’événement culturel généré par notre activité cérébrale.

                             

                             

                             


                            [1] La spécificité des mathématiques. En premier lieu, il est vrai que les mathématiques ne sont pas une science, si l’on entend par science une discipline vouée à la description de la nature et de ses lois. L’objet des mathématiques est plutôt de prouver les conséquences logiques d’ensembles donnés de suppositions. Il est par conséquent possible de ne pas les inclure dans la liste des sciences et de les considérer comme un sujet intéressant en soi ainsi que comme un instrument des plus utile à la science (mathématiques pures et appliquées). Un autre regard sur les mathématiques consiste à considérer que les mathématiques appliquées s’intéressent aux structures apparaissant en théories scientifiques, tandis que les mathématiques pures couvrent non seulement ces structures mais également toutes celles qui auraient pu (ou qui pourraient un jour) se présenter en science. Les mathématiques sont alors l’étude rigoureuse des mondes hypothétiques. De ce point de vu, elles sont une sorte de science – La science de ce qu’il aurait pu être, de ce qu’il pourrait être, aussi bien de ce qu’il est. Ainsi considérées les mathématiques ne sont-elles pas alors la plus fondamentale des sciences ? Murray Gell-mann. Le quartz et le jaguar. Edition Flammarion. Pp 129/130).


                            • stephanemot stephanemot 11 février 2010 06:18

                              A mon avis, l’economie est une science du vivant et ne saurait donc etre exacte.

                              Certaines branches s’apparentant aux mathematiques peuvent faire illusion, mais l’economie demeure l’etude des impacts d’une activite sur un environnement ou tout point de vue est necessairement subjectif.


                              • nhjsenior 11 février 2010 15:41

                                J’ai tellement ri à la lecture de cet article que j’en ai les zigomatiques crispées

                                L’économie est à la gestion de l’homme ce que la psychiatrie est à la folie, à savoir une pseudo pratique prétendant expliquer sans jamais apporter la guérison.

                                Il suffit de se rappeler que le prix Nobel de l’économie fut attribué à Friedman. Cet individu à lui seul est responsable de la mort de centaines de millions d’être humains et à la misère d’une grande part de la population mondiale. Le monde se relève à peine des méfaits commis par son école dite de Chicago.

                                L’economie est une pseudo science inventée par les classes dominantes pour tromper les masses populaires et les perdre sous des termes complexes et incompréhensibles. Je me plais à imaginer qu’un enseignant en économie un tant soit peut honnête avec lui même doit avoir du mal à se regarder dans son miroir le matin et ne souhaiter qu’une chose, changer de métier le plus vite possible


                                • Tiberius Tiberius 11 février 2010 15:41

                                  Si une science est définie comme inexacte du simple fait qu’elle a pour vocation l’étude de phénomènes « instables et imprévisibles », alors on pourrait en dire autant de la volcanologie, la météorologie et toutes les autres sciences dont l’étude se rapporte à des phénomènes chaotiques (théorie du chaos). Non ?! smiley


                                  • Blackeagle 11 février 2010 16:00

                                    Prétendre que l’économie comme discipline est une science est totalement absurde.
                                    Se poser la question de savoir si c’est une science exact est totalement stupide.
                                     
                                    Enfin, une science de l’incertain ne rentre pas en opposition avec une science exact. (x. La physique et son principe d’incertitude quantique)

                                    L’économie n’est pas une science (contrairement au sciences sociales). L’économie s’approche plus de l’alchimie que d’autre chose. TOus ces gens qui recherchent désespérément des loi « naturelle » de l’économie. L’économie n’est que le produit des interaction humaine, les règles qu’elle suit sont trés exactement celle que lui donne les homme. Il n’y a pas à aller chercher plus loin. Et quand les hommes ne lui donne plus de loi ( ultraliberalisme), c’est la loi du plus fort qui s’applique. Le problème principale de l’économie en tant que discipline est qu’elle cherche à expliquer quelque chose qui dépent des relation humaine (en gros de la sociologie) par des lois mathématique complètement décorélées des comportement sociologique. De cette maniéré, elle cours après une chimère qu’elle ne trouvera jamais.

                                     Keynes avait compris cet aspect de l’économie, c’est bien pour delà qu’il ne voyait cette discipline (changer les règle que l’on applique dans le domaine économique de façon volontariste) comme un moyen de faire évoluer lasociété.

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